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30/07/2015

Grandes voix : Yanis Varouflakis

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Pendant six mois, seule contre tous, la Grèce a été clouée au pilori par ses partenaires lors de réunions innombrables et interminables. L’Union européenne a dévoilé à cette occasion un visage intraitable, vindicatif, qui a parfois surpris. Ministre grec des finances pendant ces affrontements entre Bruxelles, Berlin et Athènes, M. Yanis Varoufakis revient sur les divers épisodes de la guerre d’usure qu’il a vécue.

 

« Leur seul objectif était de nous humilier »

 

En 2010, l’Etat grec a perdu la capacité d’assurer le service de sa dette. En d’autres termes, il est devenu insolvable et s’est vu privé d’accès aux marchés de capitaux.

Soucieuse d’éviter le défaut de banques françaises et allemandes déjà fragiles, qui avaient prêté des milliards à des gouvernements grecs aussi irresponsables qu’elles, l’Europe a décidé d’accorder à Athènes le plus important plan d’aide de l’histoire. A une condition : que le pays procède à une consolidation budgétaire (phénomène plus connu sous le nom d’austérité) d’une ampleur jamais imaginée auparavant. Sans surprise, l’opération a provoqué une chute du revenu national sans précédent depuis la Grande Dépression. C’est ainsi que s’est enclenché un cercle vicieux : la déflation (1), conséquence directe de l’austérité, a alourdi le fardeau de la dette et propulsé l’hypothèse de son remboursement dans le domaine du chimérique, ouvrant la voie à une crise humanitaire majeure.

Pendant cinq ans, la « troïka » des créanciers —le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne représentant les Etats membres qui avaient prêté à Athènes— s’est entêtée dans cette impasse, pour laquelle les spécialistes de la finance ont un nom : extend and pretend, ou stratégie du « comme si ». Cela consiste à prêter toujours davantage à un débiteur insolvable comme s’il ne l’était pas, afin de ne pas avoir à enregistrer des pertes sur ses titres. Plus les créanciers s’obstinaient, plus la Grèce s’enfonçait dans la crise économique et sociale, et moins elle devenait réformable. Pendant ce temps, les pertes potentielles des créditeurs gonflaient et gonflaient encore.

C’est la raison pour laquelle notre parti, Syriza, a remporté les élections législatives de janvier dernier. Si la population avait été convaincue que la Grèce se redressait, nous n’aurions pas été élus

Notre mandat était clair : en finir avec la stratégie du « comme si » et avec l’austérité qui l’accompagne, un cocktail qui avait déjà fait mordre la poussière au secteur privé grec ; démontrer que l’on pouvait opérer les réformes profondes dont le pays avait besoin avec l’assentiment populaire.

Lors de ma première réunion de l’Eurogroupe (2), le 11 février, j’ai délivré à mes interlocuteurs un message simple : « Notre gouvernement sera un partenaire digne de confiance. Nous ferons tout pour trouver un terrain d’entente avec l’Eurogroupe sur la base d’une stratégie en trois points, afin de répondre aux difficultés économiques de la Grèce : 1. une série de réformes profondes visant à améliorer l’efficacité de nos institutions et à lutter contre la corruption, l’évasion fiscale, l’oligarchie et la rente ; 2. l’assainissement des finances de l’Etat grâce à un excédent primaire (3) modeste mais viable, qui n’exige pas d’efforts trop importants du secteur privé ; 3. une rationalisation, ou un reprofilage, de la structure de notre dette, de façon à obtenir cet excédent primaire et le taux de croissance requis pour optimiser le remboursement de nos créanciers. »

Quelques jours plus tôt, le 5 février, j’avais rendu ma première visite à M. Wolfgang Schäuble, le ministre des finances allemand. J’avais cherché à le rassurer : il pouvait compter sur nous pour formuler des propositions qui iraient non pas dans l’intérêt de la seule population grecque, mais dans celui de toutes les populations européennes — allemande, française, slovaque, finlandaise, espagnole, italienne, etc.

Hélas, aucune de nos nobles intentions ne suscitait le moindre intérêt auprès des gens aux commandes dans l’Union. Nous allions en faire le rude apprentissage au cours des cinq mois de négociations qui allaient suivre…

Le 30 janvier, quelques jours après ma nomination au poste de ministre des finances, le président de l’Eurogroupe, M. Jeroen Dijsselbloem, m’a rendu visite. Il s’était à peine écoulé quelques minutes qu’il me demandait déjà ce que je comptais faire au sujet du mémorandum, l’accord que le précédent gouvernement avait signé avec la « troïka ». Je lui ai répondu que notre gouvernement avait été élu pour le renégocier ; bref, que nous allions solliciter la révision, dans leurs grandes lignes, des politiques budgétaires et des mesures qui avaient causé tant de dégâts au cours des cinq dernières années : chute d’un tiers du revenu national et mobilisation de l’ensemble de la société contre l’idée même de réforme.

La réponse de M. Dijsselbloem fut aussi immédiate que catégorique : « Cela ne marchera pas. C’est le mémorandum ou l’échec du programme. » En d’autres termes : soit nous acceptions les politiques imposées aux gouvernements précédents, alors même que nous avions été élus pour les remettre en question puisqu’elles avaient si lamentablement échoué, soit nos banques seraient fermées. Car voici, en termes concrets, ce qu’implique un « échec du programme » pour un Etat membre qui se retrouve privé d’accès aux marchés : la BCE coupe tout financement à ses banques, qui n’ont alors d’autre choix que de fermer leurs portes et de mettre hors service leurs distributeurs de billets.

Cette tentative à peine voilée d’exercer un chantage sur un gouvernement fraîchement — et démocratiquement — élu n’a pas été la seule. Lors de la réunion de l’Eurogroupe onze jours plus tard, M. Dijsselbloem a confirmé son mépris des principes démocratiques les plus élémentaires. Mais M. Schäuble est parvenu à surenchérir. Le ministre des finances français Michel Sapin venait de prendre la parole pour inviter chacun à trouver un moyen de concilier, d’une part, la validité de l’accord en vigueur et, d’autre part, le droit du peuple grec à nous donner un mandat pour en renégocier des pans importants. Intervenant juste après lui, M. Schäuble n’a pas perdu un instant pour remettre M. Sapin à ce qu’il estimait être sa place : « On ne peut pas laisser des élections changer quoi que ce soit », a-t-il tranché, cependant qu’une large majorité des ministres présents opinaient du chef.

A la fin de cette même réunion, alors que nous préparions la déclaration commune qui devait être publiée, j’ai demandé que nous accolions le terme « amendé » à une référence au mémorandum. Il s’agissait d’une phrase où notre gouvernement s’engageait à en respecter les termes. M. Schäuble a mis son veto à ma proposition, arguant qu’il n’était pas question que l’accord soit renégocié au seul prétexte qu’un nouveau gouvernement avait été élu. Après quelques heures passées à essayer de sortir de cette impasse, M. Dijsselbloem m’a mis en garde contre un « naufrage imminent du programme », ce qui se traduirait par la fermeture des banques le 28 février, si je persistais à vouloir adjoindre le terme « amendé » à la référence au mémorandum. Le premier ministre Alexis Tsipras m’a invité à quitter la réunion sans que nous nous soyons entendus sur un communiqué, préférant ignorer la menace de M. Dijsselbloem, qui ne fut pas directement mise à exécution. Mais ce n’était qu’une question de temps.

J’ai perdu le compte du nombre de fois où l’on a brandi devant nous le spectre d’une fermeture de nos banques lorsque nous refusions d’accepter un programme qui avait fait la démonstration de son inefficacité. Les créanciers et l’Eurogroupe restaient sourds à nos arguments économiques. Ils exigeaient que nous capitulions. Ils m’ont même reproché d’avoir osé leur « faire la leçon »…

Voilà, en substance, l’atmosphère dans laquelle les négociations avec les créanciers se sont déroulées : sous la menace. Et il ne s’agissait pas de paroles en l’air ; nous l’avons très vite compris. Mais nous n’étions pas disposés à baisser la garde ou à abandonner l’espoir que l’Europe change d’attitude.

Un mois avant notre élection, le précédent gouvernement, de mèche avec le gouverneur de la Banque de Grèce, ancien ministre des finances du même gouvernement, avait déclenché à titre d’avertissement une mini-panique bancaire.

Quelques semaines après notre prise de fonctions, la BCE multipliait les signaux suggérant qu’elle couperait le robinet de financement du système bancaire grec. Au moment le plus opportun pour l’Eurogroupe, elle aggravait de la sorte la fuite des capitaux, phénomène qui allait « justifier » la fermeture des guichets, comme nous en avait avertis M. Dijsselbloem.

L’entrée des technocrates dans la ronde des négociations a confirmé nos pires craintes. En public, les créanciers clamaient leur souhait de récupérer leur argent et de voir la Grèce se réformer. En réalité, ils n’avaient qu’un objectif : humilier notre gouvernement et nous forcer à capituler, même si cela signifiait l’impossibilité définitive pour les nations prêteuses de récupérer leur mise ou l’échec du programme de réformes que nous seuls pouvions convaincre les Grecs d’accepter.

Á de multiples reprises, nous avons proposé de concentrer nos efforts législatifs sur trois ou quatre domaines, en accord avec les « institutions » : des mesures visant à limiter l’évasion fiscale, à protéger le fisc des pressions des pouvoirs politique et économique, à lutter contre la corruption dans l’attribution des contrats publics, à réformer l’appareil judiciaire, etc. Chaque fois, la réponse a été la même : « Certainement pas ! » Aucune loi ne devait être votée avant la fin d’un examen approfondi de notre situation.

Lors des négociations au sein du « groupe de Bruxelles (4) » , on nous demandait par exemple de présenter notre plan pour réformer la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Avant même que nous ayons pu parvenir à un accord sur cette question, les représentants de la « troïka » décidaient de passer à la question de la réforme des retraites. A peine avaient-ils entendu nos propositions qu’ils les estimaient bonnes pour la corbeille à papier et passaient, par exemple, au droit du travail. Une fois notre offre balayée dans ce domaine aussi, il fallait en venir aux privatisations ; et ainsi de suite. De sorte que les discussions passaient d’un sujet à l’autre sans que nous puissions nous mettre d’accord sur quoi que ce soit, ni négocier sérieusement. Pendant de longs mois, les représentants de la « troïka » se sont employés à faire obstruction à la bonne marche des pourparlers, insistant pour que nous couvrions l’ensemble des sujets, ce qui revenait à n’en régler concrètement aucun. Un chat poursuivant sa propre queue n’aurait pas été moins efficace.

Pendant ce temps, sans même avoir formulé la moindre suggestion et en nous menaçant d’interrompre les discussions si nous avions l’audace de publier nos propres documents, ils organisaient la fuite de leurs confidences dans la presse, prétendant que nos propositions étaient « faibles », « mal conçues », « peu crédibles ». Dans l’espoir qu’un jour ils accepteraient de jouer le jeu et de nous retrouver à la moitié du chemin, nous avons cependant consenti à participer à cette mascarade.

Pour que les négociations se déroulent dans de bonnes conditions, il aurait aussi fallu que nos interlocuteurs soient moins divisés. La position du FMI rejoignait la nôtre sur la question de la restructuration de la dette, mais le Fonds insistait pour que nous détruisions ce qu’il restait de droit du travail tout en supprimant les garde-fous protégeant les professions libérales. La Commission s’avérait plus souple sur les questions sociales, mais ne voulait pas entendre parler de restructuration de la dette. La BCE avait elle aussi son idée sur ce qu’il convenait de faire. Bref, chaque institution affichait ses propres lignes rouges, lesquelles finissaient par tisser une toile d’araignée dans laquelle nous étions pris.

Il nous fallait de surcroît subir la « fracture verticale » de nos interlocuteurs : de la même façon que les dirigeants du FMI et de la Commission avaient des priorités distinctes de celles de leurs sbires, les ministres des finances allemand et autrichien défendaient des pistes en contradiction avec les objectifs fixés par leurs chanceliers respectifs.

Le plus accablant a sans doute été d’assister à l’humiliation de la Commission et des rares ministres des finances bienveillants à notre égard. M’entendre dire, par des gens haut placés dans la Commission et au sein du gouvernement français, que « la Commission doit s’en remettre aux conclusions du président de l’Eurogroupe », ou que « la France n’est plus ce qu’elle était », m’a presque tiré des larmes. Sans parler de ma déception lorsque le ministre des finances allemand m’a expliqué, le 8 juin dans son bureau, qu’il n’avait pas le moindre conseil à prodiguer sur le meilleur moyen d’éviter un accident — une sortie de l’euro — qui, pourtant, se serait révélé extrêmement coûteux pour l’Europe.

A la fin juin, nous avions abdiqué et accepté la plupart des exigences de la « troïka ». A une exception près : nous insistions pour obtenir une légère restructuration de notre dette, sans décote, au moyen d’échanges de titres. Le 25 juin, j’ai participé à mon avant-dernier Eurogroupe. On m’y a présenté la dernière offre de la « troïka », « à prendre ou à laisser ». Nous avions cédé sur neuf dixièmes des exigences de nos interlocuteurs et nous attendions d’eux qu’ils fassent un effort afin que nous parvenions à quelque chose qui ressemble à un accord honorable. Ils ont choisi au contraire de durcir le ton, sur la TVA par exemple. Le doute n’était plus permis. Si nous acceptions de le signer, ce texte détruisait les derniers vestiges de l’État social grec. On exigeait de nous une capitulation à grand spectacle qui montre aux yeux du monde notre agenouillement.

Le jour suivant, le premier ministre Tsipras annonçait qu’il soumettrait l’ultimatum de la « troïka » à un référendum. Vingt-quatre heures plus tard, le samedi 27 juin, je participais à ma dernière réunion de l’Eurogroupe, celle qui a déclenché le processus de fermeture des banques grecques ; une façon de nous punir d’avoir eu l’audace de consulter la population de notre pays.

Au cours de cette rencontre, le président Dijsselbloem a annoncé qu’il était sur le point de convoquer un second rendez-vous, le soir même, mais sans moi. Sans que la Grèce soit représentée. J’ai protesté, soulignant qu’il n’avait pas le droit, seul, d’exclure le ministre des finances d’un Etat membre de la zone euro, et j’ai exigé une clarification juridique à ce sujet.

Après une brève pause, le secrétariat nous a répondu : « L’Eurogroupe n’a pas d’existence légale. Il s’agit d’un groupe informel et, en conséquence, aucune loi écrite ne limite l’action de son président. » Ces mots ont résonné à mes oreilles comme l’épitaphe de l’Europe que Konrad Adenauer, Charles de Gaulle, Willy Brandt, Valéry Giscard d’Estaing, Helmut Schmidt, Helmut Kohl, François Mitterrand et bien d’autres avaient cherché à créer. D’une Europe que j’avais toujours considérée, depuis l’adolescence, comme ma boussole.

Quelques jours plus tard, en dépit de la fermeture des banques et de la campagne de terreur orchestrée par des médias corrompus, le peuple grec a clamé haut et fort son « non ». Lors du sommet des chefs d’État de la zone euro qui a suivi, le premier ministre Tsipras s’est vu imposer un accord qu’on ne saurait décrire autrement que comme une reddition. L’arme de chantage utilisée ? La perspective, illégale, d’une expulsion de la zone euro.

Qu’importe l’opinion que chacun se fait de notre gouvernement : cet épisode restera dans l’histoire comme le moment où les représentants officiels de l’Europe ont utilisé des institutions (l’Eurogroupe, le sommet des chefs d’Etat de la zone euro) et des méthodes qu’aucun traité ne légitimait pour briser l’idéal d’une union véritablement démocratique. La Grèce a capitulé, mais c’est le projet européen qui a été défait.

Aucun peuple de la région ne doit plus jamais avoir à négocier dans la peur.

 

Yanis Varoufakis Ancien ministre des finances grec, député Syriza.

 

Publié dans Le Monde Diplomatique d’août 2015

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29/07/2015

TAFTA : menace de mort pour les éleveurs français et européens !

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Les éleveurs français sont en effervescence. Raison principale : ils ne parviennent plus à vivre de leur travail. Leur révolte est donc légitime car vitale pour eux. Responsables désignés : les grandes surfaces, les abatteurs et les transformateurs qui privilégient l'achat de viandes européennes (allemande, polonaise, espagnole) moins chère car produites dans des conditions considérées comme déloyales : main d’œuvre « détachée » à bas coût, conditions de travail déplorables, horaires aberrants, normes environnementales et sociales moins sévères. Les viandes « étrangères » arrivent donc à des prix inférieurs. Et toute une clientèle (cantines, restaurants d'entreprises, d'hôpitaux, etc.) considère le prix comme la donnée principale dans leur choix d'achat. Mais ne se trompent-ils pas d'adversaire?

 

Et pourtant... Et pourtant, la distorsion de prix entre viandes françaises et viandes « européenne » tourne autour de quelques dizaines d'euros à la tonne. Mais se présente à l'horizon une menace d'un tout autre calibre, qui risque de balayer irrémédiablement non seulement l'élevage français (axé sur la qualité et les exploitations de 80 à 200 bêtes) mais aussi européens (axé, en Allemagne, au Pays-Bas, sur les volumes et les exploitations de 1000 à 3000 têtes). Cette menace de mort à nom TAFTA.

 

Il est prévu, dans ces accords transatlantiques menés dans la plus sournoise opacité, l'importation annuelle en Europe de 300.000 à 600.000 tonnes de bœuf, soit entre 4 et 8%, de la production européenne, en provenance du Canada, des Etats-Unis, et du Brésil, puisqu'un accord doit être signé simultanément entre les Etats membres du Mercosur et de l'Europe. Des viandes produites dans des conditions qui n'ont rien à voir avec ce qui se fait en Europe !

 

Qu'on en juge :

Sanitaire.

En Europe, la traçabilité est strictement établie à tous les stades, de la naissance à la commercialisation de l'animal. Aucune traçabilité aux États-Unis et au Brésil.

Alimentation.

- Aux États-Unis et au Brésil, les hormones et les antibiotiques comme facilitateurs de croissance sont la norme. Ces produits sont strictement interdits en Europe pour des raisons sanitaires et surtout de risque de résistance aux antibiotiques.

- Outre-Atlantique, les farines animales, les litières de volailles sont autorisées dans la nourriture de ces bovins « mange-merde » ! Ils sont rigoureusement interdits en Europe depuis la catastrophe de la « vache folle ».

- Dans les gigantesques parcs de gavage des bovins (jusqu'à 30.000 bêtes dans chaque « feedlots »), la nourriture des animaux comportent à plus de 80 % des maïs et des sojas OGM. Eu Europe, en tout cas en France, les animaux sont nourris à 70 % de fourrages et de céréales produits sur l'exploitation ou dans la région. Les OGM sont interdits (encore que...)

Environnement.

Les méthodes de production français et américains, tant dans les normes que dans les pratiques, sont radicalement opposés :

- Les éleveurs français produisent l'alimentation de leurs troupeaux (fourrage, ensilage). Les éleveurs américains (étazuniens, brésiliens) ont recours à des achats d'aliments industriels bourrés d'OGM, d'antibiotiques et autres délicatesses.

- En France, il y des levées de boucliers lorsqu'un industriel veut mettre en œuvre une « ferme des mille vaches ». Outre-Atlantique, ce sont des entassements d'un minimum de 30.000 bêtes chiant des milliers de tonnes d'excréments azotés, polluant les sols et les eaux de ruissellement jusqu'aux nappes phréatiques.

 

Quant au bien-être animal, toujours présent chez les éleveurs français, les Américains, qu'ils soient des États-Unis ou du Brésil, s'en branlent éperdument. Les bêtes sont les unes sur les autres, sans espace vital, ne voient que rarement un brin d'herbe et voyagent dans des conditions répugnantes (28 heures de transport maximum sans pause aux États-Unis et au Brésil, contre 14 heures maximum en Europe). Á noter que ce sont ces gens qui s'offusquent et boycottent notre foie gras !

 

Voilà donc quelques éléments pour envisager ce qui risque d'arriver dans nos assiettes si le TAFTA est signé...

 

Et puis, sur un strict plan financier, puisque c'est le principal critère pris en compte par les ultralibéraux, que feront les éleveurs français et européens lorsque arriveront d'outre-Atlantique ces carcasses dégueulasses à 150 euros la tonne contre environ 300 euros pour les bovins européens ?

 

Ils fermeront boutique et n'auront plus qu'à se pendre...

 

Photo X - Droits réservés

 

28/07/2015

Au bistro de la toile : gros kons en 4x4, pipothérapie

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- Oh ! Victor, t'en fait une gueule ! On t'a mangé ta soupe ? T'as croisé Sarkozy ? T'as les hémorroïdes ?

 

- J'ai la rabia Loulle. Même au village la konnerie triomphe. Je suis monté à vélo. Et ça monte ! Voilà qu’arrive derrière moi – à un endroit rétréci par les terre-pleins directionnels destinés à modérer la vitesse des bagnoles – un de ces énormes engins 4x4 fumant, puant et pétaradant. Le chauffeur klaxonne. « Cause à mon cul, ma tête est malade, gros kon. Tu attendras »  me dis-je in petto dans les boyaux de ma tête.

Pour doubler, le type franchit rageusement le terre-plein, s’engage en faisant hurler son bourrin et crisser ses pneus sur la voie de gauche, accélère à fond en zigzagant, plus maître de son tas de ferraille. Une bagnole descendant en face doit monter sur le trottoir pour ne pas se faire encadrer. Et le débile continue, s’engageant à fond, sans regarder, sur la place…

Attends ! C’était pas le petit 4x4 frimeur que la jolie maman - qui a monnayé son cul contre le compte en banque confortable de son cocu de mari - gare sur le trottoir pour aller chercher ses lardons à l’école. Non. Un engin type ricain débile, avec énorme pare buffle (on ne tient jamais assez compte du danger que représentent les buffles dans les rues de nos villes ou les petites routes de nos cambrousses) et écusson de supporter du PSG.

 

- Victor, les 4x4, en soi, sont des engins fort utiles en cambrousse, à la montagne, en pays de neige. Mais en ville, ils sont devenus de véritables D.D.K. (détecteur de kons).

 

- C'est vrai Loulle. Ceux qui en ont se ressemblent tous. Ce sont les mêmes qui jettent leurs mégots allumés par la portière l’été et foutent le feu, qui roulent comme des dingues, qui ne paient pas leurs impôts, qui vont brailler au foot, qui téléphonent en gueulant avec leur portable dans le train, qui se bourrent la gueule à la bière et cassent leurs canettes, qui dégueulassent les rues avec leurs emballages de maquedo, etc.

Ils font un transfert vers leur puissant engin en ferraille pour compenser le complexe de leur dérisoire petite bite souffreteuse… (je les soupçonne même de voter Sarko ou Le Pen !)

 

- Tu vois Victor, les 4x4, c’est comme les hémorroïdes : les trous du cul finissent toujours par en avoir…

Bon. Parlons d'autre chose. Sais-tu, Victor que nous sommes des bienfaiteurs de l'humanité ?

 

- Ah ! J'en suis fort aise, comme disait l'autre. Précise un peu Loulle.

 

- Tiens, lis cette excellente nouvelle :

« Réalisée par la très sérieuse Université de Caroline du Sud, une étude a prouvé que les femmes qui pratiquent, à raison d'une à deux fois par semaine, la fellation, réduiraient le risque d'attraper le cancer du sein de 40%. 

Cette étude a été réalisée auprès de 15.000 femmes supposées avoir pratiqué la fellation de manière régulière ces dix dernières années. Les chercheurs ont ainsi pu conclure qu'à raison d'une à deux fois par semaine, la fellation diminuait de manière considérable le risque d'attraper le cancer du sein.

La recherche a porté sur deux groupes, soit 6.246 femmes âgées de 25 à 45 ans qui ont pratiqué la fellation de manière régulière au long des 5 à 10 dernières années et 9.728 femmes qui ne la pratiquaient que peu ou pas du tout.

Dans le premier groupe de femmes, 1,9% des femmes ont été touchées par le cancer du sein, contre 10,4% dans le second groupe

 « Je suis assez étonné par les résultats de cette étude, mais également agréablement surpris que les chercheurs aient trouvé un moyen relativement simple de diminuer les risques de cancer du sein », avoue le Dr B. J. Sooner, de l'école de médecine John Hopkins.

« Ce n'est que par une pratique régulière de la fellation que l'on peut réduire de manière significative le risque de cancer » ajoute aussi le docteur Inserta Shafteer, qui a participé à l'étude. »

 

- Fatche ! Ça me réconcilie avec l'humanité. Tiens alors, cher docteur Loulle, toi qui es comme nous tous dans ce rade un pratiquant enthousiaste de la pipothérapie, sert donc une tournée générale !

 

- Avec joie docteur Victor !

 

Illustration : merci à Chimulus

 

 

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Pour lire sur le sable :

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27/07/2015

Sous la burqa, la MORT

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- Maman ! J'ai mal ! Ouin ! Ouiiin !

- Qu'est-ce que tu as ma chérie ?

- Ouin ! Ouiin ! Ça me brûle... Là. La jambe. Ouin ! Ouiin !

 

La maman de la petite Sophie, en vacances sur les plages de La Grande-Motte, s'affole un peu. Un attroupement de baigneurs se fait autour de la gamine qui pleure. Puis les nageurs-sauveteurs arrivent et prennent les choses en main. C'est une méduse. Ils rincent soigneusement la partie attaquée par les redoutables tentacules urticants, frottent avec du sable mouillé, rincent de nouveau, sèchent la partie endolorie au soleil puis appliquent une pommade. Dans quelques heures, Jennifer aura oublié sa mésaventure. Ce sont les dangers de la plage... Douloureux mais dérisoires.

* * * *

Á Maroua, dans le nord du Cameroun, l'atmosphère est lourde en ce samedi soir. Pas seulement à cause de la chaleur humide mais par suite du terrible attentat qui s'est déroulé trois jours avant : deux fillettes en burqa ont explosé au beau milieu du marché, tuant 13 personnes et en blessant des dizaines d'autres.

 

Á quelques kilomètres de là, il y a un camp nomade de Boko Haram. Sous la hutte qui sert de madrassa, une douzaine de fillettes annone des versets du coran sous la conduite sévère d'un imam dont la longue baguette, par des coups précis, réveille les ardeurs de la foi de ces gamines. Devant lui, il y a Fatou, une jolie adolescente. On lui a dit qu'elle avait été choisie...

 

Choisie pour quoi ? Trois jours plus tôt, c'est Babila et Mankap qui ont été « choisies ». Elles sont parties avec Salim et Rachid. On ne leur a pas dit pourquoi ni où. Mais elles ne sont jamais revenues. Et le soir, il y a eu une fête dans le camp. Ce doit être une bonne chose d'être « choisie » pense Fatou...

 

La nuit était tombée très vite, comme toujours sous les tropiques. Les bêtes nocturnes et les insectes prenaient possession de la savane bruissante par un fond sonore continu fait de crissements, de sifflements, de hululements auxquels se mêlaient les croassements des batraciens et les feulements inquiétants de fauves en maraude. Salim et Rachid avaient donné à Fatou le gilet qu'on imposait aux fillettes de porter sous leur burqa lorsqu'elle sortaient dans le camp. C'était lourd et pas pratique, mais c'était la loi, leur disait les hommes. Bof. Les filles, les femmes sont habituées à obéir sans rechigner, à trimer sans se plaindre en terres d'islam...

 

Puis Fatou et ses deux accompagnateurs sont partis en 4x4 vers la ville. C'est la première fois, depuis qu'elle avait été enlevée de son école, plusieurs mois avant, que Fatou quittait le camp. La première fois qu'elle allait retourner en ville !

 

Les hommes ont arrêté leur véhicule à l'entrée de la ville. Ils ont conduit Fatou vers le centre. Pour la fillette, c'est un émerveillement. Des lumières, des gens qui flânent, des hommes qui rient, des femmes en boubou, d'autres en burqa noire, comme elle. Des enfants qui crient et se poursuivent en riant. Des odeurs d'épices, de viande grillée.

 

On approche du Pont Vert, l'un des quartiers les plus animés de cette petite cité camerounaise du nord. Salim et Rachid lui disent : « Allez ! Tu es une de nos meilleures jeunes filles. C'est pour ça que tu as été choisie pour te distraire un peu en ville. Tu peux flâner dans le marché. Mais ne traîne pas trop longtemps et ne nous fait pas honte. Nous avons quelque chose à faire, attends-nous au grand bar Le Boucan. C'est là-bas. Tu vois. Tiens, voilà des sous, tu iras boire une gazoz. Ils lui donnent quelques pièces et la quittent.

 

Fatou est impressionnée. Son cœur bat la chamade, autant de crainte devant tout ce bruits, toutes ces lumières que de se trouver seule, libre, LIBRE ! Et si elle s'échappait ?

 

Des idées contradictoires se bousculent dans la tête de la fillette. Partir, mais où ? Finalement, ils ne sont ps si méchants que ça puisqu'ils lui permettent de retrouver la vie. LA VIE !

 

Fatou s'approche du grand bar. Aura-t-elle le courage de s'asseoir ? De parler à un homme pour demander une gazoz ? La voilà toute proche, entre deux petites boutiques de vente de bonnes choses à emporter. Il y a foule. Ça sent bon. Humm ! Fatou a les yeux qui s'agrandissent, elle sourit sous sa burqa...

 

Á deux cents mètres de là, au coin de la rue, Salim sort son téléphone portable. Il tape un numéro et...

 

afrique,massacres

...devant le marchand de nourriture, Fatou vient d'exploser... La bombe qu'elle portait à son insu vient de tuer une vingtaine d'innocents, d'en blesser des dizaines d'autres, semant l'horreur et la terreur.

 

Salim range son téléphone puis s'éloigne avec son compère Rachid...

 

Deux fillettes, deux destins...

 

Pour l'une, sous le sable de la plage, la méduse.

 

Pour l'autre, sous la burqa, la mort...

 

Photos X - Droits réservés

 

 

26/07/2015

Ouiquinde gastronomique rural: les pieds de cochon !

 

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Lucie

 

C'est le jour du saigneur, du saigneur de cochons évidemment. Je suis allé acheter douze pieds de cochons chez Fabre, je vais mettre le foudaoù de cuistot, et Á l'attaque!
Je vais faire à mes invités les pieds de cochons à la manière sulfureuse de Lucifer! En pensant aux cuisses crémeuses de Lucie...



Je retrouvais Lucie avec grande émotion
Lorsqu’elle s’échappait de sa triste pension.
Nous prenions rendez-vous, souvent, dans une église
Communiant corps et âme dans son ombre propice.

Nous nous sommes aimés serrés sur un prie-dieu
Et, comblé de bonheur, j’ai cru entendre Dieu
Disant à Lucifer : « Laisse-moi ces deux-là,
Un amour aussi beau, c’est un apostolat ! »

Depuis ce jour l’encens envoûtant des chapelles
A pour moi la saveur troublante des dentelles.
Dois-je, pour ces pensées, faire mea-culpa ?

Quand vers l’un de ces temples se dirigent mes pas
Je pénètre en ces lieux dévolus au Messie,
Mais, pour l’amour de Dieu ou celui de Lucie ?


Les pieds de cochon comme chez Lucifer


— Ben mon cochon, Victor ! Ça alors, faut le faire !
Mais c’est bien innocent pour te valoir l’enfer.
Ces lieux sont dévolus parait-il à l’Amour,
Des dieux ou du prochain, c’est de l’amour toujours.
— D’autant plus que l’enfer, c’est dans le cœur des Hommes
Qu’il se loge et non pas dans les élans de mômes
Qui découvrent la vie et se sucent la poire,
Fusse dans les lieux saints qui cachent le ciboire.
— Tu parles d’or, Victor ! Vive la vie, bon sang,
Et trinquons sans tarder à ces jeux innocents,
Puis je vais te donner une étrange recette
Qui correspond, je crois, à ta belle amourette.
Bon marché, délicieux, très faciles à faire,
C’est les pieds de cochons « comme chez Lucifer ».
Tu prends chez ton boucher quatre pieds de pourceaux
Ou plus selon le nombre de tes commensaux,
Tu vas les faire cuire dans un bon court-bouillon
Parfumé au safran, ail, sel, poivre et oignon.
Cuis à tout petit feu pour deux tours de tocante
Afin de parfumer et d’attendrir la viande.
Pendant ce temps tu ne va pas rester inerte :
Il te faut préparer ta bonne sauce verte.
Tu piles au mortier persil, thym, vert de blette,
Oseille, basilic, estragon et sarriette,
Ail, poivre vert, cannelle et gingembre râpé,
Mouille au vinaigre fort mais garde assez épais.
Réserve et fais confire quelques oignons hachés
Dans de l’huile d’olive, sans laisser attacher,
Mets un peu de moutarde et le jus d’un citron,
Puis pense un peu à toi et débouche un litron.
Bois un canon ou deux et quand tu es à l’aise,
Au barbecue ou l’âtre, prépare de la braise.
Sors les pieds du bouillon, sèche-les, coupe-les
Puis sur ton gril ardent, il te faut les hâler,
Les faire bien dorer sans pourtant qu’ils ne grillent,
Leur odeur va déjà t’exciter les papilles !
Dans un plat de service, mets tes oignons en lit
Dispose par dessus tes pieds fort embellis,
Entoure l’appareil avec ta sauce verte.
Au moment de servir, d’un coup de pince experte
Tu places sur les pieds quelques charbons ardents,
Le gras des pieds grésille et fûmèle en fondant.
À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour
À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour les pieds: - 6 pieds de cochons flambés et lavés, - safran, - sel, - poivre, - 2 oignons piqués de 2 clous de girofle, - eau.
Pour la sauce verte: - 1 bouquet de persil plat, - le vert de 6 feuilles de blette (sans les côtes), - 2 cuillerées à soupe de thym, - 6 feuilles d'oseille (ou plus si les feuilles sont petites), - 3 branches de sarriette (supprimer les parties ligneuses), - 1 bouquet de basilic frais, - 1 bouquet d'estragon frais, - 6 gousses d'ail, - 1 cuillerée à soupe de grains de poivre vert, - 1 cuillerée à soupe bombée de gingembre frais râpé, - cannelle, - 1 verre de bon vinaigre, - huile d'olive, - moutarde, - 2 citrons, - sel, - poivre du moulin.

Les vins conseillés:
Les pieds de cochon acceptent des vins éclectiques. Essayez donc de les déguster avec des blancs, avec des Viognier par exemple: Condrieu, Saint-Gervais, Uchaux, en vallée du Rhône.
La Clape, Clairette de Ceyras, Adissan, Saint-André-de-Sangonis en Languedoc. Cassis, Palette, Bellet en Provence.
Appréciez-les avec des vins primeurs ou très jeunes, des vins de soif: Tulette, Travaillan, Chusclan, Roquemaure en vallée du Rhône. Saint Guiraud, Arboras, Castelnau-le-Lez en vins du Languedoc. Barjols, Nans-les-Pins, Carcès, Le Castellet, La Croix-Valmer en vins de Provence.

 

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25/07/2015

Ouiquinde érotique avec Pierre Louÿs: nos amis les bêtes !

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Je n’aime pas à voir la princesse autrichienne
Qui fait raidir le vit de son grand lévrier,
Puis se courbe sous lui pour lui servir de chienne
Avant que l’empereur songe à la marier.


Je n’aime pas qu’Alice en rut lève son linge
Montre son clitoris dardé, rouge et durci,
Long comme un vit de chien, droit comme un vit de singe,
Et soupire : « Ah ! Ma gousse ! Un coup de langue ici ! »


Je n’aime pas à voir qu’une fille de ferme
Fourre un vit de cheval au con d’une jument
Et racle avec la main tout le surplus du sperme
Pour se lécher la patte au soleil, goulûment.


Je n’aime pas à voir derrière une roulotte
La gitane en levrette et qui baise trop bien,
Ruisselle par la croupe, inonde la culotte,
Puis se torche le cul dans l’herbe comme un chien.


Je n’aime pas, Judith, celles pour qui tu mouilles ;
Ces vaches de Lesbos qui n’ont pas de taureaux,
Prennent tous les tétons pour des paires de couilles
Et les godemichés pour des godelureaux.


Je n’aime pas à voir la jeune chevrière
Qui présente au bouc noir son petit cul tout nu
Mais se fourre le vit du bouc dans le derrière
De peur d’avoir un fils ruminant et cornu.


Je n’aime pas à voir le cocher de remise
Qui, sur le quai désert, enfile sa jument
Puis essuie à l’écart son vit dans sa chemise
Et regarde le con qui bâille encor fumant.

 

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24/07/2015

Grandes voix. Victor Hugo et le travail des enfants

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Où vont tous ces enfants...

 

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu: - Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes !
Ô servitude infâme imposée à l'enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,
Et qui ferait - c'est là son fruit le plus certain ! -
D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !
Progrès dont on demande : Où va-t-il ? que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l'homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,
Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux !

 


Victor Hugo

 

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23/07/2015

Agriculteurs, buralistes, même combat ?

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C'est pas des vacances faciles qui se profilent pour L'Audacieux et son gouvernement. Valls rame comme un galérien catalan, quant à Le Foll, il doit avoir une indigestion de couleuvres ! Les agriculteurs, leurs tracteurs à 90 boules et leur fumier d'un côté, les buralistes de l'autre. Empoisonneurs aux pesticides d'un côté, empoisonneurs au tabac de l'autre. Et au milieu les bons kons qui voudraient bien profiter un peu de leurs vacances...

 

Les buralistes qui gueulent, on peut comprendre ceux qui sont en zones frontalières. Les autres... Plus les prix augmentent, plus ils gagnent ! Sauf si la consommation baisse. Ça le fait un peu, mais pas longtemps... Actuellement, ils gueulent contre le « risque » de banalisation des paquets de cigarettes ! Non seulement ils vendent de la merde, mais en plus ils revendiquent le droit de continuer à l'envelopper de papier doré ! Bof. On a là un épiphénomène strictement corporatiste. Il faut savoir que, à présent, les taxes prélevées sur le tabac vont intégralement à la Sécu. Et puis, moi, je ne fume pas. Le paquet à 10 euros je trouverais ça très bien. Alors, égoïstement, leur combat, je m'en fous...

 

Ah ! Il y a les paysans aussi. Ça a commencé, comme souvent, en Bretagne puis – ça se précise - partout en France, ils arrosent copieusement de lisier les rues et les établissements administratifs, ils ne sont jamais avares de fumiers les FNSEA-boy's !

 

Leur action est contradictoire : d'un côté ils pourrissent les rues et la ville avec leur fumier et leur lisier, de l'autre ils distribuent des packs de lait. D'un côté ils saccagent, de l'autre ils veulent faire jouer la fibre patriotique en demandant Français de manger « français »... Ils salopent et veulent se faire aimer...

 

On peut comprendre leur rabia lorsque l'on sait que les cantines d'écoles, les hôpitaux et autres restaurants de collectivités utilisent une majorité de viandes, de produits laitiers, de fruits et légumes étrangers ! On touche là une des stupidités de la « libre concurrence » européenne... L'école ou l’hôpital de Chateaurenard – au centre d'un des jardins de la France - sont incités à acheter des fruits espagnols et des patates allemandes ! Les écoles et les hôpitaux de Plougastel font de même avec la viande de cochon !

 

Ils gueulent surtout parce qu'ils ne gagnent plus un fifrelin à cause d'une distorsion de concurrence avec les producteurs espagnols, allemands, polonais et autres qui n'ont pas les mêmes normes sociales et environnementales. Ils gueulent contre les usines à viande allemandes qui utilisent une main d’œuvre étrangère (Bulgares, Roumains, Polonais, Tchèques, Turcs) sous payée, travaillant dans des conditions sordides et avec des horaires déments. C'est ça la « concurrence libre et non faussée » imposée par cette Europe – hélas ! - maintenant honnie. Quant aux abatteurs et aux industriels français, ils se torchent voluptueusement l'oigne avec leurs promesses...

 

Mais leur véritable adversaire, ce sont les centrales d'achat sévissant pour le compte des grandes surfaces. Ces centrales d'achat se comptent à présent sur les doigts de la main avec les rapprochements de Système U et Auchan, d'Intermarché et de Casino, de Carrefour et de Cora. Elles se retrouvent en situation de quasi monopoles, en totale contradiction avec l'idéologie ultralibérale de « concurrence libre et non faussée ». Elles agissent comme un cartel et s'entendent vraisemblablement entre elles pour tondre la laine sur le dos de leurs fournisseurs. Et donc des agriculteurs et éleveurs. C'est donc là qu'ils devraient agir les agricolos en colère. Foutre systématiquement du fumier et de la pisse de vache devant l'entrée des grandes surfaces. Pas bon pour la clientèle , Coco ! Et s'intéresser - comme ils l'ont fait en d'autres temps avec le bureau de Mme Voynet, à l'époque ministre qui ne leur plaisait pas – aux sièges des centrales d'achat. De toute façon, ils ne risquent rien. Sauf bien sûr s'ils sont de la Confédération paysanne...

 

Les agriculteurs ont perdu depuis longtemps ce bon sens terrien qui faisait leur spécificité. Ils ne méritent plus le beau nom de paysans... Et ils n'ont donc – pour la majorité - que les syndicats qu'ils méritent. La FNSEA ne fait rien pour inciter ses troupes à opter pour un modèle agricole différent, plus respectueux des humains comme de la nature, qui les sorte de cette course au moins disant en matière sociale et environnementale.

 

Certains s'en sortent fort honorablement. Ce sont ceux qui se groupent à quelques-uns pour transformer leurs produits et les vendre directement. Seulement, va demander à des agriculteurs farouchement individualistes, incapables de se grouper en GAEC pour utiliser en commun leurs machines, de se mettre ensemble pour court-circuiter leurs adversaires (ennemis presque)...

 

Ah ! Ça ira... Ça ira... Ça ira...

 

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22/07/2015

Au bistro de la Toile : le lait et la viande de la colère.

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- Oh ! Loulle, t’aurais pas du lait des fois à nous faire boire. C’est pas qu’on aime ça, mais c’est pour soutenir les producteurs…

 

- Du lait dans mon rade…N’importe quoi Victor… Qu’est-ce qu’il leur arrive encore aux agricolos ? Qu’est-ce qu’ils veulent ? Des sous je suppose ?

 

- Ben, comme tout le monde. Ils voudraient bien pouvoir vivre de leur travail. Sur les hautes terres où j’évite les grosses chaleurs de l’été, j’avais un pote, Denis. Il avait une trentaine de  montbéliardes, il se lèvait à six heures du mat et à neuf heures du soir, il lèvait encore la merde de ses vaches. Et ça sept jours sur sept, 365 jours par an ! Et tu sais ce qu’il gagnait ? Il me l’avait avoué, avec un peu de honte : « Je touche 1500 euros par mois de la vente de mon lait. Là-dessus, je dois rembourser 1000 euros pour l’engrais. Il me reste 500 euros pour faire vivre ma famille. » Et encore Denis travaillait sur une propriété familiale, donc sans foncier à rembourser, seul avec sa femme. Les vacances ? Jamais… Les sorties ? Jamais… Le restau ? Jamais… Les fringues ? Une salopette et des bottes, plus un costume du dimanche – celui de son mariage sûrement ! – qu’il met pour les enterrements ou pour aller « au docteur ». Celui qu’on lui a mis pour son enterrement. Parce qu’il est mort mon pote Denis. Usé jusqu’à la corde, physiquement et moralement. A 61 ans…

 

- Ouais... Effectivement, c’est pas le pied. Mais enfin, tu viens de me dire qu’il devait rembourser 1000 euros par mois d’engrais ! Mais c’est un truc de fou ! Les agricolos, poussés par leurs organismes professionnels – chambres d’agricultures, FNSEA, Crédit agricole – ont perdu leur âme. Ils ont saccagé leurs champs avec le cercle vicelard engrais-pesticide. Ils ont fragilisé leurs bêtes avec le cercle vicelard insémination, vaccins, antibio et autres saloperies. Tout le pognon qu’ils gagnent – plus celui qu’ils touchent en subventions multiples ! – va dans la poche des multinationales agrochimiques et des labos. Après, ils pleurent…

 

- Ils sont aussi victimes de réalités qui les dépassent. Au niveau mondial, c’est l’interdiction stupide de vendre à la Russie, tant le lait que certainement parties de la viande que les Français ne mangent pas mais dont les Russes raffolent. C’est aussi la baisse des importations chinoises. Au niveau européen aussi, ce sont les traités – en particulier les articles 38 et 39 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) – qui impose à nos paysans, enfin, disons plutôt agriculteurs – une concurrence déloyale avec des agriculteurs travaillant dans des Etats européens dont les normes salariales, sociales et fiscales sont très inférieures à celles de chez nous. Ainsi en Allemagne où il n’existe pas de Smic pour les agriculteurs, qui emploient des travailleurs « détachés » venant de Roumanie, de Bulgarie, de Pologne, payés à coups de lance-pierre. Et où le modèle d’exploitation est industriels avec des exploitations de 1500 à 3000 animaux,  où les vaches ne voient jamais le soleil, ne mangent jamais un brin d’herbe.

 

- Évidemment, on est loin du petit troupeau de ton pote Denis…

 

- L’Europe et son modèle ultralibéral ne sont pas compatibles avec le modèle agricole français, basé sur la notion de terroir, sur des exploitations familiales et axé vers une production de qualité. L’Europe pousse les exploitations à grandir sans cesse en fixant des objectifs de rentabilité et de profits maxis, sans se soucier de l’environnement et de la qualité de vie. Les bureaucrates grassement payés de Bruxelles travaillent au service exclusif des grands groupes de l’agroalimentaire et de la grande distribution. Faut du pognon pour les actionnaires, Loulle ! Alors on autorise sournoisement les OGM et les farines animales dans les saloperies que l’on fait bouffer aux bêtes. Tout ça avec la complicité du principal syndicat agricole, la FNSEA, qui utilise la piétaille des petits paysans pour le plus grand profit des gros céréaliers et betteraviers.

 

- Pas étonnant que les fermes…ferment !

 

- Eh oui Loulle. A mon village des Hautes Terres, il y avait cinq éleveurs de vaches. Il n’y en a plus que deux. Ils s’encroument pour construire de grands bâtiments, pour acheter de très gros tracteurs… Et se mettre dans les griffes du Crédit agricole… Il y avait 3 millions d’exploitations agricoles en 1960, il n’y en a plus que 450.000 aujourd’hui. C’est la fin programmée de l’agriculture française.

 

- C’est dégueulasse. On est tous des paysans. Il suffit de remonter deux générations.

 

- C’est vrai. Et puis Loulle, les produits des agriculteurs n’ont de valeur que s’ils sont transformés et proposés à la vente. Par les abattoirs et les metteurs en marché. Et ceux-là, les problèmes des agriculteurs, ils s’en foutent ! Ils peuvent s’approvisionner ailleurs en Europe, en Allemagne, Hollande ou Danemark où sévissent les usines à lait et à barbaque. Quant aux grandes surfaces, les produits laitiers et même la viande ne sont pas grand-chose dans leur chiffre d’affaire.

 

- Alors quoi faire ?

 

- Pour s’en sortir, il faudrait que les agriculteurs organisent eux-mêmes leur filière. Qu’ils mettent en place leurs propres centrales de vente de lait, de conditionnement de viande, leurs propres unités de transformation au lieu de laisser ça aux industriels qui les plument sans vergogne. Pour cela, il faudrait d’abord qu’ils foutent en l’air, ou qu’ils transforment radicalement de l’intérieur leur syndicat majoritaire, cette FNSEA qui a toujours  été à la solde de l’industrie agroalimentaire et qui défend avant tout les gros céréaliers et betteraviers.

 

- …et en plus qui les poussent à voter pour la droite la plus archaïque, la plus cupide, la plus avide.

 

- Allez Loulle ! Sert-nous une tournée. Mais du rouge ! Pas du lait.

 

Illustration: merci à Chimulus

 

21/07/2015

Saint-Martin-de-Crau : des munitions en libre service ?

 

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On se souvient de l'émoi légitime soulevé par le vol de munitions sur un site militaire, il y a quelques semaines, à Miramas. Protection dérisoire, danger énorme. Irresponsabilité coupable.

Une mienne connaissance de la blogosphère, fort active et impliquée, m’a fait connaître les faits suivants :

 

« Dans la nuit du 06 au 07 juillet 2015, un véritable arsenal de guerre composé de grenades, de détonateurs et de pains de plastic étaient dérobés sur le site militaire de Miramas. Le Ministère de la Défense s'en est ému en demandant sous quinzaine une évaluation de la protection des sites militaires de stockage de munitions. Mais la question des sites privés, comme celui de la Carougnade, à Saint-Martin-de-Crau ne semble perturber personne. (dans les Bouches-du-Rhône, près d’Arles – NDLR)

 

Le site en question, qui appartenait à la Société Industrielle de Munitions et Travaux (SIMT) est à l'abandon depuis des années. Il servait à retraiter des armes et munitions de l'armée française. Confrontée à des problèmes financiers, la SIMT avait fait le choix d’enfouir plusieurs tonnes d’explosifs plutôt que de les traiter, réalisant ainsi des plus values  juteuses.

 

Depuis juillet 2013, nous dénonçons cette situation (cf article en bas de page). Mais depuis, rien n'a bougé !

 

Deux questions fondamentales restent toujours en suspend :

 

·         quel est l'impact des déchets et munitions enfouis au niveau de la pollution de la nappe

 

·         quels sont les risques encourus par les personnes qui habitent à proximité mais aussi par les Saint-Martinois quand on sait que des obus sont entreposés au dessus d'un pipe-line ?

 

Au regard de l'actualité survenue à Miramas, à ces questions, il faut rajouter celle légitime qui consiste à se demander si le site ne risque pas de devenir un "libre service militaire" avec toutes les conséquences que cela pourrait avoir.

 

Nous demandons donc au maire de Saint-Martin-de-Crau, au Préfet et au sous-Préfet d'apporter toutes les réponses nécessaires avant que ce dossier ne fasse l'objet du prochain scandale local. »

 

On peut trouver tout le dossier ici : http://www.agirpourlacrau.fr/parcs-photovoltaiques/le-dossier-explosif-de-saint-martin-de-crau

 

 

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 Une pancarte rouillée "Défense d'entrer - Danger de mort" et un vague grillage...

 

 

 Illustrations X - Droits réservés

 

20/07/2015

Réflexion depuis mon hamac : la machine à laver les boyaux de la tête !

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Depuis le printemps, les médias nous ont gonflés avec Roland-Garros, les machins d’Europe de basket et en ce moment le Tour de France, sans oublier le raout pour essayer encore une fois de se coltiner dans quelques années les jeux olympiques. Voilà une illustration parfaite de cet élément primordial du contrôle social : la stratégie de la diversion. Elle consiste à détourner l'attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d'informations insignifiantes.

La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s'intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l'économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.

Garder l'attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux !

 

Et la censure ? Elle revient sous une forme directe contre ces extraordinaires espaces de liberté que sont (qu’étaient ?) les blogs. Ceci à travers des officines douteuses utilisant des logiciels robots. Elle prend la forme d’autocensure chez les professionnels de l’information…qui ménagent leurs employeurs et donc les consortiums financiers, marchands d’armes ou de béton qui les contrôlent.

Toute la subtilité de la censure moderne réside dans l'absence de censeurs. Ceux-ci ont été efficacement remplacés par la « loi du marché » et la « loi de l'audience ». Par le simple jeu de conditions économiques habilement créées, les chaînes de télévision – puisque la télé demeure le plus puissant, le plus influent des média - n'ont plus les moyens de financer le travail d'enquête du vrai journalisme, alors que dans le même temps, le reality-show et les micro-trottoir font plus d'audience avec un coût de production réduit.

 

Même les évènements importants sont traités sous un angle « magazine », par le petit bout de la lorgnette. Ainsi, un sommet international donnera lieu à une interview du chef cuistot chargé du repas, à des images de limousines officielles et de salutations devant un bâtiment, mais aucune information ni analyse à propos des sujets débattus par les chefs d'états. De même, un attentat sera traité par des micros-trottoirs sur les lieux du drame, avec les impressions et témoignages des passants, ou une interview d'un secouriste ou d'un policier.

 

A ces insignifiances s'ajouteront le sport, les faits-divers, les reportages pittoresques sur les villages de la France profonde, sans oublier les pubs déguisées pour les produits culturels faisant l'objet d'une campagne de promotion (spectacles, films, livres, disques...).

 

            Information déstructurée pour mémorisation minimale. Tous les psychologues et spécialistes des neurosciences savent que la mémorisation des informations par le cerveau se fait d'autant mieux que ces informations sont présentées de façon structurée et hiérarchisée. La structuration et la hiérarchisation de l'information sont aussi des principes de base enseignés à tous les étudiants en journalisme.

 

Or depuis 20 ans, les journaux télévisés font exactement le contraire, en enchaînant dans le désordre des sujets hétéroclites et d'importance inégale (un fait divers, un peu de politique, du sport, un sujet social, un autre fait divers, puis à nouveau de la politique, etc.), comme si le but recherché était d'obtenir la plus mauvaise mémorisation possible des informations par le public. Une population amnésique est en effet beaucoup plus facile à manipuler...

 

C’est bon ça Coco ! C’est bon pour fournir du temps de cerveau disponible à caca-cola !

 

Bon, je retourne vers mon hamac.

 

Photo X - Droits réservés

 

19/07/2015

Ouiquinde gastronomique en Lozère

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Le sac d’os

 

- Dis-moi, sais-tu, petit, ce que c’est qu’un sac d’os ?

- C’est une jeune fille qu’est pour sûr pas très grosse…

- Ce parallèle-là n’est vraiment pas galant,

Pour la gent féminine, c’est bien désobligeant !

Non, petit, un sac d’os, même si c’est étrange,

C’est un plat délicieux, paysan, que l’on mange

Partout dans la Lozère lorsqu’on tue le cochon

Et non pas les appâts d’une maigre Fanchon.

Coupe en petits morceaux les os des côtelettes

En laissant de la viande, et pas qu’une lichette,

Coupe aussi tout petit un bon kilo de couennes

Met la queue du cochon, un peu de péritoine,

Dans une grande jatte, mélange tes parcelles

Avec de l’ail pilé, thym, laurier, poivre et sel.

Généreux sur le sel pour conserver le met,

Tu laisses reposer pendant que tu soumets

L’estomac du cochon à quelques tours de mains :

Retourner, bien gratter au couteau et laver

Soigneusement le tout dans de l’eau vinaigrée.

Puis tu remets d’aplomb cet estomac-saquette

Dans lequel tu ensaches couennes et côtelettes.

Tu fermes le sac d’os en cousant les entrées,

Saupoudre de gros sel et conserve aux frais.

Après trois quatre jours tu dessales une nuit

Alors, dans beaucoup d’eau, tu vas le faire cuire

Serre-le dans un linge pour ne pas qu’il éclate

Et à tout petit feu il mijote sans hâte

Trois ou quatre heures au moins pour qu’il s’épanouisse.

En bouche alors, petit, c’est un feu d’artifice !

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne !

 

Photo X - Droits réservés

 

18/07/2015

Ouiquinde érotique à Lesbos

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Amours de femme


Oui, ce sont des regards de femme
Que cherche son regard brûlant,
Elle a soif de l'ardeur infâme
Qu'une autre sait mettre en son flanc.

Les yeux hagards, le trouble à l'âme,
La langue aux lèvres se collant,
Chacune tour à tour se pâme,
Se tord et retombe en râlant.

Bientôt leur tendresse lascive,
Comme une chaîne qui les rive,
Dresse dans l'ombre leurs tombeaux ;

Et sur la pierre, quand arrive
Le soir à la marche craintive,
Pleurent les filles de Lesbos.



Albert Sémiane (1884)

17/07/2015

Au bistro de la toile : Froome, tour des filles, attaques terroristes...

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- Alors Loulle, quoi de neuf ?

 

- Je viens de lire dans je ne sais plus quel canard que le coureur Christopher Froome développe une puissance de plus de 1000 watts... Putaing ! Le mec je pourrais l'embaucher pour faire tourner la machine à café !

 

- J'ai entendu l'info aussi. Parait que ça suffirait pour faire marcher 86 vibromasseurs ! Tu te rends compte Loulle ! Ce mec, en quelques coups de pédale, peut procurer du plaisir à bien du monde ! Tu le mets en double avec Armstrong, ils te remplacent une centrale nucléaire ! La voilà la solution pour la transition énergétique. Et pour ça, ils ne mangent que des pâtes, parait-il...

 

- Des pâtes, des pâtes, oui mais des Pantani !

 

- Puisqu'on parle de vélo Loulle, tu sais que des femmes font le Tour de France, un jour avant les mâles ?

 

- Ben non... Personne n'en parle.

 

- C'est vrai. Mais c'est une démonstration, pas encore une course. C'est organisé par un des premiers clubs de vélo féminin de France, le Club de Courcouronne. Ça s'appelle « Donnons des Elle au Tour ». Les filles font 21 étapes, un jour avant les professionnels mâles. Ce sont 3.344 km de route de plaines et de cols. Elles font le job les filles !

 

- C'est sympa ça. Moi j'adore le sport des filles. Ça me fait rêver... Et puis ça nous change de ces étranges attaques contre des sites militaires ou Sévéso...

 

- C'est vrai que ça laisse perplexe... Á Miramas, des mecs entrent comme ils veulent dans l'enceinte d'un énorme dépôt militaire de munitions. Avec une simple cisaille à grillage et un pied de biche. Ils piquent une palanquée de pains de plastic, de détonateurs et de grenades offensives et défensives. Tu sais ce que c'est Loulle les grenades défensives ? C'est ces boules quadrillées qui, lorsqu'elles pètent, balancent plein de bouts de fer dans la viande des gens qui sont autour. Tu imagines deux ou trois de ces engins jetés à la Fête du 14 juillet, devant la tour Eiffel ? Où encore balancées dans la Cour d'honneur du Palais des papes à Avignon ? Ou encore piégées dans un des virages bourrées de monde du Tour de France ?

 

- T'as raison, Victor... Effroyable. Et les explosifs et les détonateurs ont peut-être déjà été utilisés puisque ce sont trois cuves énormes, de plus de 22.000 mètres cubes, qui ont été attaquées, à une vingtaine de km de Miramas...

 

- Exactement. Là encore, la protection du site est dérisoire : un mauvais grillage plein de trous et un portail rouillé que tu escalades comme une échelle ! Deux de ces dispositifs ont foutu le feu simultanément à deux cuves. Le troisième a foiré. Et, les « zautorités » parlent pudiquement « d'actes de malveillance » alors qu'il s'agit de véritables et graves attaques terroristes, sur notre sol !

 

- Ce sont des pudeurs pour ne pas trop effrayer les gogos en vacances...

 

- Par contre, François et Cazeneuve font un grand raout autour de l'arrestation de trois terroristes potentiels, projetant de faire perdre la tête à un troufion gradé sur un sémaphore militaire, près de Perpignan. Si c'est vrai, bravo aux flics et aux services de renseignements. Mais les mauvais esprits pourront penser perfidement que ça tombe à point au moment du vote sur la Loi Renseignement, fort décriée car fort dangereuse pour les libertés... Mais ça, Loulle, ce sont les « mauvais esprits » qui osent le penser...

 

- Heureusement que bientôt, on pourra aller passer ses vacances sur Pluton....

 

- D'autant plus qu'on ne craint pas la canicule sur cette planète : il y fait moins 240 degrés !

 

- ...teng ! Pas besoin de glaçon dans le pastaga !

 

- Á la nôtre.

 

Illustration: merci à Chimulus

 

16/07/2015

J'ai les boules : ce Tour m'emmerde...

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Eh oui. On en est à mi-tour et on s'emmerde... Sauf si on regarde surtout le fantastique survol de cette France si belle, si variée. Fotorino plus intéressant que les deux charlots duettistes. Mais tout de même, il faut une course !

 

Or cette course n'est plus qu'un prétexte : le Tour c'est avant tout des paysages somptueux, filmés avec des débauches de moyens, qui nous découvrir des lieux discrets, retrouver des stars du paysage français comme le Mont-St-Michel, les grandes cathédrales, les châteaux chargés d'histoire, s'extasier devant la beauté intimidante des grandes montagnes, lieux mystérieux entre tous, où se forgent les légendes. Le Tour, c'est aussi et surtout une grande caravane publicitaire, un outil gigantesque de bourrage crâne commercial camouflé derrière un raout folklorique et festif. Pourquoi pas ? Mais le sport la-dedans ?

 

Il se résume à une confrontation plus ou moins virulente entre quelques équipes qui sont des machines de guerre au seul service du lideur, du chef. Il y a celles qui jouent en première division, les Sky de Froome, les Astana de Nibali, la Tinkoff de Contador et. Puis il y a les autres...

 

Les Sky, c'est l'équivalent en budget (20 millions) de celui de l'Agence mondiale antidopage (AMA) ! Astana, c'est 15 millions et l'appui d'un pays à la morale « pittoresque », le Kazakhstan dont la capitale se nomme...Astana ! Quant à Tinkoff, elle appartient à un bankster milliardaire russe...

 

Ces équipes sont là pour gagner, pas pour soulever l’enthousiasme, encore moins pour faire rêver. Le Tour, pour eux, c'est du business. Il faut gagner, et tous les moyens sont bons.

 

Les moyens organisationnels : embaucher les meilleurs coureurs qui doivent dès lors, moyennant des salaires conséquents, renoncer à toute ambition sportive individuelle pour se mettre au service exclusif de leur lideur. Ces machines à rouler tuent la course en neutralisant toute tentative de bagarre. Et on s'emmerde...

 

Les moyens physiologiques : on se demande pourquoi ces gaillards sportifs jeunes, en pleine forme, ont besoin d'être suivis par des escouades de « médecins »... Le soupçon (??!!) de dopage est toujours là. Comme dans tous les sports professionnels d'ailleurs, football, tennis, rugby, athlétisme et autres. Pourquoi les autobus des grosses équipes sont-ils protégés par des vitres fumées et fermés comme des coffre-forts ? Les voleurs ayant toujours une longueur d'avance sur les gendarmes, beaucoup de traitement sont indétectables. Les « médecins » sont là pour faire en sorte que les coureurs « traités » respectent les périodes d'incubation, que les « traitements » se fassent dans des périodes précises avant les courses. Pas vu, pas pris. Et seuls les crétins se font prendre, comme l'autre, défoncé à la coco... Et pas question de balancer ! Sinon les lendemains seront durs pour la balance. Pareil pour les anciens champions s'ils ne veulent pas être éjectés du milieu qui est toute leur vie... Quant aux médias, les journalistes « sportifs » restent désespérément discret à ce sujet...

 

Les moyens techniques : Froome, dans la montée vers la Pierre-Saint-Martin, a démarré comme s'il avait une mobylette ! Comme il l'avait fait au Ventoux en 2013. Ça donne à réfléchir. Les vélos peuvent être changés sans contrôle en cours de course. Ils sont rarement vérifiés à l'arrivée où, dans la cohue, il est très facile de remplacer un vélo « motorisé » par un vélo « propre...

 

Le pire, c'est que le public semble s'en foutre : « ils n'ont qu'à autoriser le dopage, ils seront tout chargés, et ça reviendra au même » entend-t-on dire... Bonjour l'exemple pour les jeunes !

 

Est-ce vraiment nouveau ? C'était mieux avant ? Plus propre ? Ça faisait rêver ? Le rêve n'a plus de raison d'être dans le monde du fric-roi. Et puis soyons honnêtes : où sont les champions, les « campionissimo » d'avant ? La plupart sont...morts, jeunes ! Bobet : mort. Coppi : mort. Koblet : mort. Anquetil : mort. Fignon : mort. Etc. Restent tout de même Poulidor, Thevenet et Mercx. Il faut croire qu'ils sont plus solides que les autres...

 

"Bon, Victor, t'as fini de baver, oui ? Allume ta télé : c'est l'étape du plateau de Beille."

 

C'est l'étape de l'Ariège ! Un pays cher à mon cœur, où j'ai été bûcheron dans une autre vie... Mon pote , Béguery, un colosse basque, sera devant chez lui, juste au pied de la terrible ascension vers Beille ! Je ne veux pas le manquer.

 

A ciao !

 

 

Photo X - Droits réservés

 

15/07/2015

CANICULE : VERS LA CLIMATISATION DES AISSELLES

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Chercheur au CIPC de Cros (Saint-Sylvestre, Ardèche), René-Louis Thomas, déconologue émérite, anime l’équipe qui met la dernière main au prototype de climatiseur à aisselles, rendu possible par l’extrême miniaturisation des composants et les progrès de la micro-électronique.

 

« Coiffant » un chapeau de soleil spécifique, très léger, des cellules photovoltaïques de dernière génération fournissent l’énergie nécessaire pour alimenter une minuscule pompe à chaleur inversible, une soufflante pas plus grosse qu’un dé à coudre et une régulation électronique relativement simple.

 

Complètement invisible, ce dispositif peut être connecté à deux conduits souples, transparents ou couleur chair, raccordés aux diffuseurs ergonomiques souples (moulés dans un matériau hypo-anallergique) placés sous les aisselles.

 

Le monde agricole, le secteur du BTP, l’armée…et les simples randonneurs sont intéressés par cette invention qui apporte un confort et une sensation de bien être spectaculaires. Il est évidemment possible de clipser des prolongateurs vers les chaussures ou vers le bas du dos et le scrotum, zones particulièrement sensibles aux effets de la canicule.

 

Chacun sait que l’échauffement des pieds et la macération qui en résulte provoquent des mycoses et il est, par ailleurs, scientifiquement démontré que l’échauffement prolongé des gonades réduit considérablement la fertilité masculine.

 

Qui a dit que les chercheurs français n'étaient pas des trouveurs ?

 

 

Contact presse :Laboratoire d’essais Véga du CIPC – CROS - 07440 SAINT-SYLVESTRE - tomaplats07@orange.fr

 

 Photo X - Droits réservés

 

14/07/2015

14 juillet. Les bastilles à abattre, elles sont au niveau de l'Europe.

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Les bastilles à abattre, aujourd'hui, elles sont au niveau de l'Europe.

La bastille de la Commission européenne, modèle d'anti-démocratie.

Le bastille du parlement européen, siège de l'incompétence et de l’inefficacité.

La bastille du Conseil européen, lieu de toutes les injustices où règne sans partage la loi du plus fort.

Les bastilles, surtout, de la finance et de l'ultralibéralisme sauvage, où le culte du fric balaie toutes valeurs d'humanisme, de solidarité, de justice.

 

Écoutons plutôt Victor Hugo:

 

Célébration du 14 juillet dans la forêt.

Qu'il est joyeux aujourd'hui
Le chêne aux rameaux sans nombre,
Mystérieux point d'appui
De toute la forêt sombre !

Comme quand nous triomphons,
Il frémit, l'arbre civique ;
Il répand à plis profonds
Sa grande ombre magnifique.

D'où lui vient cette gaieté ?
D'où vient qu'il vibre et se dresse,
Et semble faire à l'été
Une plus fière caresse ?

C'est le quatorze juillet.
À pareil jour, sur la terre
La liberté s'éveillait
Et riait dans le tonnerre.

Peuple, à pareil jour râlait
Le passé, ce noir pirate ;
Paris prenait au collet
La Bastille scélérate.

À pareil jour, un décret
Chassait la nuit de la France,
Et l'infini s'éclairait
Du côté de l'espérance.

Tous les ans, à pareil jour,
Le chêne au Dieu qui nous crée
Envoie un frisson d'amour,
Et rit à l'aube sacrée.

Il se souvient, tout joyeux,
Comme on lui prenait ses branches !
L'âme humaine dans les cieux,
Fière, ouvrait ses ailes blanches.

Car le vieux chêne est gaulois :
Il hait la nuit et le cloître ;
Il ne sait pas d'autres lois
Que d'être grand et de croître.

Il est grec, il est romain ;
Sa cime monte, âpre et noire,
Au-dessus du genre humain
Dans une lueur de gloire.

Sa feuille, chère aux soldats,
Va, sans peur et sans reproche,
Du front d'Epaminondas
À l'uniforme de Hoche.

Il est le vieillard des bois ;
Il a, richesse de l'âge,
Dans sa racine Autrefois,
Et Demain dans son feuillage.

Les rayons, les vents, les eaux,
Tremblent dans toutes ses fibres ;
Comme il a besoin d'oiseaux,
Il aime les peuples libres.

C'est son jour. Il est content.
C'est l'immense anniversaire.
Paris était haletant.
La lumière était sincère.

Au loin roulait le tambour...?
Jour béni ! jour populaire,
Où l'on vit un chant d'amour
Sortir d'un cri de colère !

Il tressaille, aux vents bercé,
Colosse où dans l'ombre austère
L'avenir et le passé
Mêlent leur double mystère.

Les éclipses, s'il en est,
Ce vieux naïf les ignore.
Il sait que tout ce qui naît,
L'oeuf muet, le vent sonore,

Le nid rempli de bonheur,
La fleur sortant des décombres,
Est la parole d'honneur
Que Dieu donne aux vivants sombres.

Il sait, calme et souriant,
Sérénité formidable !
Qu'un peuple est un orient,
Et que l'astre est imperdable.

Il me salue en passant,
L'arbre auguste et centenaire ;
Et dans le bois innocent
Qui chante et que je vénère,

Étalant mille couleurs,
Autour du chêne superbe
Toutes les petites fleurs
Font leur toilette dans l'herbe.

L'aurore aux pavots dormants
Verse sa coupe enchantée ;
Le lys met ses diamants ;
La rose est décolletée.

Aux chenilles de velours
Le jasmin tend ses aiguières ;
L'arum conte ses amours,
Et la garance ses guerres.

Le moineau-franc, gai, taquin,
Dans le houx qui se pavoise,
D'un refrain républicain
Orne sa chanson grivoise.

L'ajonc rit près du chemin ;
Tous les buissons des ravines
Ont leur bouquet à la main ;
L'air est plein de voix divines.

Et ce doux monde charmant,
Heureux sous le ciel prospère,
Épanoui, dit gaiement :
C'est la fête du grand-père.


Victor Hugo

13/07/2015

"Deutschland über Alles" ! BASTA

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BASTA du terrorisme que le nouveau Reich allemand fait subir au reste de l'Europe, avec la complicité des boutiquiers de la Hollande et l'aide de supplétifs comme la Finlande, la Slovaquie, les pays baltes et autres passagers clandestins de l'Europe imposées par Tonton Sammy et son caniche Rosbif suite à l'implosion de l'URSS.

 

Les Grecs de Tsipras peuvent faire tout ce qu'ils peuvent, accepter toutes les concessions qu'ils veulent pour complaire à l'Eurogroupe au garde-à-vous devant Bismarkel et l'avorteuton Chat-au-bleu, rien n'y fera. Ce que veulent les Germains (de moins en moins cousins) qui mènent la danse au bal des Eurocrates, c'est SE DEBARRASSER DU GOUVERNEMENT TSIPRAS pour prouver qu'il n'y a pas la place pour un gouvernement authentiquement de gauche en Europe. Ils veulent faire un exemple pour remettre au pas l'Espagne, le Portugal. Et surtout faire planer une menace sur la France, seul pays capable de faire face aux prétentions exorbitantes des Teutons.

 

L'histoire, hélas, se répète. C'est la troisième fois que l'Allemagne met toute sa puissance, son organisation, sa population au service d'un même dessein : dominer l'Europe...en la transformant en champs de ruines ! Ce qu'elle n'a pas réussi, au prix de millions de morts, par les armes, elle est en passe de le réussir par l'économie. Et, le pire, en toute bonne foi... Ce que redoutait, avec lucidité et dépit leur ancien ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer qui expliquait en 2012 qu’« il serait à la fois tragique et ironique que l’Allemagne réunifiée provoque pour la troisième fois, par des moyens pacifiques cette fois et avec les meilleures intentions du monde, la ruine de l’ordre européen ».

 

Varoufakis, le charismatique autant que très compétent ex ministre de l'économie grecque, ne s'y trompe pas : « Ma conviction, écrit-il dans une chronique parue dans le Gardian britannique, est que le ministre des Finances allemand veut que la Grèce soit poussée hors de la monnaie unique pour insuffler la crainte de Dieu chez les Français et leur faire accepter son modèle d'Eurozone disciplinaire. »

 

Et qu'est-ce-qu'ils disent les Français ? Rien ou pas grand-chose. Hollande et Sapin veulent donner le change en proclamant du bout des lèvres « qu'il faut tout faire pour maintenir la Grèce dans l'Euro. » Mais, Nom de Zeus, qu'attendent-ils pour ouvrir enfin leur gueule ? Et dire leur fait à nos « amis allemands ».

 

Le blocage paranoïaque autour de la crise grecque, les braillements qui l'accompagnent assortis de nauséeux relents nationalistes sont en train de mettre en pièce soixante ans d'efforts consentis par toute l'Europe, et en premier chef l'Allemagne elle-même, pour remettre ce pays dans le concert européen et lui accorder la confiance qu'elle mérite. La germanophobie monte dans toute l'Europe. Et – pour de stupides questions de boutiquiers – voilà que, dans l'esprit des peuples d'Europe, le Bôche renaît tandis que l'Allemand s'efface.

 

L’arrogance des députés, des fonctionnaires et des ministres d'outre-Rhin qui font passer les Grecs pour des imbéciles, des corrompus et des fainéants, dépasse l’insolence. La stratégie de la chancelière, qui ne fait qu’inciter les spéculateurs à faire grimper les taux d’intérêts vis-à-vis de la Grèce jusqu’à ce que sa faillite devienne inévitable, relève de l’irresponsabilité la plus totale face à ses partenaires européens.

 

Et si ceux-ci exigeaient non pas le « Grexit » mais la sortie de l'Allemagne de la zone euro ? Parce que les problèmes de la monnaie européenne viennent moins de la Grèce que du soi-disant bon élève allemand. L'euro a été créé par les Allemands, pour les Allemands. C'est en fait le mark qui a changé de nom. D'ailleurs, c'est le mark qui a servi d'étalon (1 euro = 2 marks) et c'est en Allemagne que se trouve la banque européenne. Conçu pour l'économie allemande, basée sur l'exportation de machines-outils et de grosses voitures, produits toujours demandés par les pays se développant et donc s'industrialisant. Et pas pour les pays du sud comme la Grèce, sans industrie et important presque tout. Cette monnaie forte a, en quelques années, ruinée les pays du sud, avec la complicité des banques (allemandes et françaises pour le cas de la Grèce) poussant ces pays et leurs populations à vivre à crédit quasiment sans compter. On sait ce qu'il est advenu : endettements insupportables des particuliers, des entreprises, des états. Crise et hold up faramineux : les banques privées, mises à mal par leur gestion irresponsable (prêts inconsidérés) ont refilé leurs dettes au public. Les pays les plus faibles, ou les plus réceptifs aux sirènes des banquiers-banksters, se retrouvent endettés jusqu'au cou, donc à la merci de leurs créanciers. Et ceux-ci leur imposent des plans d'austérités aberrants, le saccage des services publics, la privatisation-braderie des meilleurs fleurons industriels et économiques, la baisse des salaires, la misère pour les populations pauvres et le pillages des richesses par les riches locaux ou étrangers, avec évasion des capitaux, etc. Voilà le résultat du système ultralibéral triomphant.

 

Pour en sortir, pourquoi ne pas « conseiller » fermement à l'Allemagne, seule bénéficiaire de l'euro, de reprendre son cher mark ? On les voit d'ici, nos « cousins germains », avec leur sentiment de supériorité, mépriser ceux à qui ils auront laissé un euro qui perdra immédiatement de sa valeur. Mais l'euphorie ne durerait pas longtemps... Car qu'est-ce qui arriverait alors ? Le mark serait immédiatement réévalué de 30% au moins. Quel bonheur et quelle chance pour le reste de l'Europe ! Car ceci donnerait un énorme avantage concurrentiel à l'Italie, à la France et à tous les autres pays de l'euro, générant un véritable boum des exportations, en particulier...vers l'Allemagne ! Et qu'est-ce qu'ils feront les Allemands avec leur beau mark puissant ? Le fameux « made in Germany » deviendra trop cher et les exportations allemandes s'effondreront. Ce que la France, l'Italie, l'Espagne et autres vendront en plus, c'est autant que les entreprises allemandes ne vendront plus ! Le chômage augmentera, de même que la dette publique, creusée par l’accroissement des allocations à verser. La croissance allemande, qui repose exclusivement sur les exportations, s’essoufflera. Le coût de la main-d’œuvre augmentant, le gel des salaires deviendra inévitable. Puis, au bout de quelques années, viendra le temps des privations. Sans oublier les pertes des banques et assurances allemandes par une diminution automatique de leurs avoirs européens (600 milliards d'euros). Pertes qui se monteraient à 200 milliards.

 

C'est ça qu'ils veulent nos « amis allemands » ? C'est ça la saine gestion de ces gens qui prétendent donner des leçons à tout le monde ? Parce que le « grexit », s'il a lieu, marquera le point de départ de la désintégration de l'euro. L'Espagne sortira, le Portugal aussi, pourquoi pas l'Italie et la France ? Ce qui reviendra au même que la sortie de l'Allemagne !

 

Les conditions qui se dessinent à Bruxelles sont monstrueuses. Humiliation d'un pays que l'on prétend mettre sous tutelle. Vol des meilleurs actifs grecs qui seraient mis virtuellement à l'abri chez le receleur luxembourgeois. Colonisation politique de la Grèce avec une supervision en amont de toutes les décisions de ce pays. Etc.

 

Et puis, il faut sortir de cette mentalité de boutiquiers qui ne voient pas plus loin que le bout de leur carte de crédit. La Grèce peut trouver auprès de la Russie les quelques sous qu'on lui refuse.

 

La flotte russe au Pirée, c'est ça la vision géopolitique de Frau Merkel ?

 

Les flots de réfugiés auxquels la Grèce donnera généreusement un visa pour traverser son territoire pour aller en Allemagne, en Suède, en France, c'est ça qu'il veut le ridicule Chat-au-bleu ?

 

Le « couple franco-allemand » n'est plus qu'une illusion. Alors, François, tu as les cartes en mains. Et tes cartes sont meilleures que celles de Frau Merkel. Tu peux (enfin, la France) sauver l'Europe, lui redonner une colonne vertébrale, un sens et un avenir autre que celui d'une grosse larve économique, voire une dictature molle.

 

La Teutonne n'est qu'une boutiquière égoïste, dogmatique, arrogante et brutale. Son action imbécile est en train de détruire l'Europe une nouvelle fois. Montre-toi à la hauteur. Fais-nous voir que tu en as !

 

Sinon, cette construction européenne qui se fait contre les peuples devient nuisible et n'a plus de raison d'être. C'est devenu une dictature froide, il faut la laisser crever.

 

Et repartir sur de nouvelles bases, avec un nouveau traité, et des partenaires restreints.

 


Photo X - Droits réservés

 

12/07/2015

Gastronomie du ouiquinde du 14 juillet : l’homo parasitus en croûte d'argile.

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Prenez un homo parasitus bien gras

C’est facile à trouver, il n’y a pas d’embarras :

Banquier, patron voyou ou élu cumulard

Curé, imam, rabbin, juge, flic ou bavard,

Faites à votre goût, ou selon l’arrivage,

Sans souci de couleurs, de sexe ou bien d’âge.

Tous sont aptes à fournir matière à bon mâchon.

A défaut, vous pouvez vous servir d’un cochon

Il doit être saigné, vidé, émasculé

Si mâle (garder les attributs dans du lait)

Garnissez l’intérieur d’herbes aromatiques,

Thym, romarin, oignons coupés façon rustique,

Quatre ou cinq têtes d’ail, trois poignés de gros sel,

Salez bien tout le corps, cuisses, dos, fesses, aisselles,

Entourez le porc long de feuilles de fougères

Puis recouvrez le tout d’argile ménagère.

Vous avez préparé, à l’avance, un foyer

Dont le fond est garni de pierres, de galets

Chauffés à blanc par un grand feu de bois bien sec.

Dégagez-en les braises, allongez-y le mec,

Puis recouvrez de braises, de pierres et de terre,

De saisines d’huissiers, de relevés bancaires…

Laissez cuire douze heures, au moins, à l’étouffé,

Cette douce cuisson efface les méfaits.

Enfin, sortez le mets de sa croûte de gangue

Et régalez vous en, ça craque sous la langue !

Ainsi, même les pires, retenons la leçon,

Peuvent avoir du bon : c’est question de cuisson !

 

 

Illustrations X – Droits réservés

 

11/07/2015

Ouiquinde érotique plutôt voyeur...

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L'occasion perdue recouverte 


(...)
Par une secrette avenue,
Il fut dans son appartement,
Et la trouva nonchalamment
Dormant sur son lit étendue :
Mais, dieux ! que devint-il alors ?
En approchant de ce beau corps,
Il eut de mouvements étranges,
Lorsqu'une cuisse à découvert
Lui fit voir le bonheur des Anges
Et le ciel de l'Amour ouvert.

Dans cette agréable surprise
Où Cloris n'avait pas songé,
Elle avait assez mal rangé
Et ses jupes et sa chemise ;
Lisandre aussi, trop curieux,
Vit lors les délices des dieux,
La peine et le plaisir des hommes,
Nôtre tombe et nôtre berceau,
Ce qui nous fait ce que nous sommes
Et ce qui nous brûle dans l'eau.

Aimant de la Nature humaine,
Bijou chatouilleux et cuisant,
Précipice affreux et plaisant,
Cruel repos, aimable peine,
Remède et poison de l'amour,
Bûcher ardent, humide four
Où les hommes se doivent cuire,
Jardin d'épines et de fleurs,
Sombre fanal qui fait reluire
Nos fortunes et nos malheurs ;

Nid branlant qui nous sert de mue,
Asile où l'on est en danger,
Raccourci qui fait allonger
La chose la moins étendue,
Fort qui se donne et qui se prend,
Œil couvert qui rit en pleurant,
Bel or, beau corail, belle ivoire,
Doux canal de vie et de mort
Où, pour acquérir de la gloire,
L'on fait naufrage dans le port.

Petit trésor de la Nature, 
Etroite et charmante prison, 
Doux tyran de nôtre raison, 
Vivifiante sépulture, 
Autel que l'on sert à genoux, 
Dont l'offrande est le sang de tous, 
Sangsue avide et libérale, 
Roi de la honte et de l'honneur, 
Permettez que ma plume étale 
Ce que Lisandre eut de bonheur. 

Beau composé, belle partie,
Je sais bien que, lorsqu'il vous vit,
II n'observa dessus ce lit
Ni l'honneur ni la modestie ;
Mu d'amour et de charité
Il couvrit votre nudité,
Pour faire évaporer sa flamme,
Et savoura tous les plaisirs
Que le corps fait sentir à l'âme
Dans le transport de nos désirs

Ce beau dédale qu'il contemple
Avec des yeux étincelants
Fait naître et couler dans ses sens
Une ardeur qui n'a point d'exemple.
Ce feu qui consume son cœur
Porte partout sa vive ardeur,
Eclate enfin sur son visage.
Et ce lâche de l'autre jour (1),
Se raidissant d'un fier courage,
Ecume le feu de l'amour.

Plein d'ardeur, d'audace et de joie 
De remporter un si beau prix, 
Le galant sauta sur Cloris, 
Comme un faucon dessus sa proie, 
Quand cette belle, ouvrant les yeux, 
Vit Lisandre, victorieux, 
Forçant ses défences secrètes, 
Et, la tenant par les deux bras, 
Entrer, tout fier de ses conquêtes. 
En un lieu qu'on ne nomme pas. 
(...)

 

Jean Benech De Cantenac (1630-1714) 

 

In Poésies nouvelles et autres œuvres galantes (1662) ce poème d’amour fut attribué un temps, par erreur, à Corneille. On ne prête qu’aux riches

 

(1) dans une précédente tentative, Lisandre…resta piteusement en panne !

 

 

Illustration X - Droits réservés