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27/02/2015

Islam : BASTA des jérémiades victimaires !

jordanien brulé en cage.jpg

 

Je viens d'entendre, plus que d'écouter, le chroniqueur politique de France Inter - le ci-devant Guetta - s'offusquer que des représentants du peuple français soient allés tenter d'ouvrir un dialogue avec Bachar el Assad. Et de se draper dans sa dignité pour fustiger ces irresponsables qui osent penser que Bachar pourrait être un allié efficace contre notre principal ennemi : l'Etat islamique, ramassis d'égorgeur et de barbares !

 

Puis voilà Abd el Malick, pour qui j'avais beaucoup de respect et même de sincère admiration, qui révèle sur cette même chaîne une partie de sa pensée : les musulmans sont des victimes, ils sont sans cesse ostracisés, et la liberté d'expression est une notion qui n'est pas non négociable, et bla blabla. Entendre dans sa bouche parler des « laïcards » file un sacré coup frein à mon admiration pour ce monsieur ! Il pleurniche encore, lui aussi, sur la pauvre condition des malheureux musulmans en France, et gnan gnan gnan. Mais basta avec ça ! BASTA !

 

Les musulmans ? Connait pas. Je connais des citoyens français, c'est tout. Si certains veulent aliéner leur existence à quelque névroses collectives appelées « religions », libre à eux. Qu'ils fassent leurs simagrées chez eux. Dans leur espace privé. La laïcité leur en donne toute latitude. Mais qu'ils ne prétendent pas que leurs « croyances » puissent influer sur la marche de la république, ni surtout que leurs « lois » prétendument « divines » priment sur celle de l'Etat. Basta ! Plus de reculade, pas « d’accommodements raisonnables ». Tous ceux qui viennent d'ailleurs bénéficient des bienfaits de notre république qui met à leur disposition, imparfaitement bien sûr, mais égalitairement les moyens d'être logés, nourris, soignés, sinon éduqués du moins instruits. A eux de se démerder pour évoluer. Des générations d'Italiens, d'Espagnols, de Polonais, d'Arméniens l'ont fait. Des générations de Vietnamiens, Cambodgiens, Laotiens, Chinois, Indiens le font. Sans faire d'histoire, sans rien vouloir imposer, en s'intégrant harmonieusement dans le pays qui leur ouvre les bras. Et parce qu'ils sont musulmans, certains – je dis bien certains – n'en seraient pas capables ? Allons, allons... Il y en a dans ma famille immédiate qui sont parfaitement intégrés, ne font pas d'histoires, ne revendiquent rien de plus mais rien de moins que les autres citoyens, participent à la vie collective, et réussissent parfaitement dans leur vie professionnelle et personnelle.

 

Plus que les jérémiades d'Abd el Malick, je préfère les propos de cet intellectuel récemment disparu, Abdelwahab Meddeb, considéré comme le Voltaire arabe qui déclarait: « Ce n’est pas à l’Europe de s’adapter à l’islam, c’est à l’islam de s’adapter à l’Europe, à l’islam d’apprendre à subir la critique même la plus offensante sans en venir au crime de sang pour se défendre […]. C’est en Europe que le sujet d’islam doit sentir la part manifestement obsolète de son héritage. Ici, il doit savoir que le respect de la croyance n’a pas à entraver l’expression des opinions. »

 

Les déluges de massacres, égorgements, assassinats, tortures perpétrés chaque jour au nom de l'islam donne de cette idéologie une image effroyable. Nous sommes tous concernés par ces exactions puisqu'elles arrivent sur nos terres, même si les musulmans en sont les premières et les plus nombreuses victimes. Chaque jour, à Bagdad, à Karachi, à Kaboul, à Alep, à Homs, à Kobané, à Tripoli, à Beyrouth, en Afrique de l'Ouest, en Somalie des hommes et des femmes meurent dans l’indifférence, assassinés par des terroristes financés par les fortunes du Golfe qui restent pourtant les meilleurs alliés de l’Occident.

 

Quand nos responsables politiques auront-ils le courage de laisser leur culte du fric de côté pour regarder les choses en face : comment considérer l'Arabie saoudite et le Qatar comme des pays amis alors qu'ils financent et exportent partout dans le monde des « prêcheurs » qui vident l'islam de sa spiritualité pour en faire une machine de mort ? Les militants de la liberté comme Abdelwahab Meddeb ou Abdenour Bidar manquent de soutien tandis que les prêcheurs fanatiques, ces ennemis de la vie, ces fossoyeurs de la culture croulent sous les pétro-dollars.

 

Écoutons plutôt Abdenour Bidar : « Ces musulmanes et ces musulmans qui regardent vers l'avenir ne sont pas encore assez nombreux, ni leur parole, assez puissante. Tous ceux-là, dont je salue la lucidité et le courage, ont parfaitement vu que c'est l'état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes aux noms d'Al-Qaïda, Jabhat Al-Nosra, Aqmi ou « Etat islamique ». Ils ont bien compris que ce ne sont là que les symptômes les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes : impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion ; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l'égalité, de la responsabilité et de la liberté ; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l'autorité de la religion ; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.

 

Tout cela serait-il donc la faute de l'Occident ? Combien de temps précieux vas-tu perdre encore, ô cher monde musulman, avec cette accusation stupide à laquelle toi-même tu ne crois plus, et derrière laquelle tu te caches pour continuer à te mentir à toi-même ?

 

Depuis le XVIIIe siècle en particulier, il est temps de te l'avouer, tu as été incapable de répondre au défi de l'Occident. Tu t'es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l'intérieur de tes frontières - un wahhabisme que tu répands à partir de tes Lieux saints de l'Arabie saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même !

 

(…/...) Qu'as-tu d'admirable aujourd'hui, mon ami ? Qu'est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect des autres peuples et civilisations de la Terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes ? Qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ? Où sont tes grands penseurs dont les livres devraient être lus dans le monde entier comme au temps où les mathématiciens et les philosophes arabes ou persans faisaient référence de l'Inde à l'Espagne ? En réalité, tu es devenu si faible derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même... Tu ne sais plus du tout qui tu es, ni où tu veux aller, et cela te rend aussi malheureux qu'agressif... Tu t'obstines à ne pas écouter ceux qui t'appellent à changer en te libérant enfin de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie tout entière.

 

Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l'islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l’État que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu'à l'intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d'imposer que l'islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu'« il n'y a pas de contrainte en religion » (La ikraha fi Dîn). Tu as fait de son appel à la liberté l'empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ?

 

Voilà qui nous change des jérémiades faussement républicaines d'Abd el Malik, non ?

 


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26/02/2015

« Les ennemis de mes ennemis sont mes amis ! » Bachar el Assad et...Poutine incontournables !

syrie,irak

 

Horreur ! Ils ont osé aller parler avec Bachar el Assad ! Quatre députés français. Ben dis donc ! On aurait dit qu'ils avaient pété dans la sacristie !

 

Ah les jocrisses ! Ah les faux-culs ! Pas ceux qui sont allés en Syrie, non : ceux qui s'offusquent de cette démarche. Pourtant regardons les choses de près. Qui est l'ennemi qui menace réellement notre pays ? Les nazislamistes de l’État islamiste et leurs frères ennemis d'Al Qaïda avec leurs diverses franchises locales (Chebab, Al nostra, Boko haram, etc.).

 

Selon le principe de sagesse qui dit que « les ennemis de mes ennemis sont mes amis » regardons les choses à travers le prisme de la raison, même cynique, plutôt qu'à travers celui d'un sentimentalisme bêlant. Les seules forces capables de lutter victorieusement, sur le terrain, au sol, avec les nazislamistes de l'E.I. sont au nombre de deux : - l'armée régulière de la Syrie, donc celle de Bachar el Assad ; - les forces iraniennes. Point barre.

 

Dès lors une politique étrangère réaliste implique de se rapprocher de Bachar el Assad et de l'Iran ! Tout le reste, c'est de la pisse de chat. Donc la démarche des quatre députés français est aussi réaliste que censée. Et on ne fera pas croire qu'ils ont initié cette opération sans que le Quai d'Orsay ne soit au courant et ait donné son accord tacite. Ce qui prouve que François a dû lire Machiavel et sait être le digne élève de tonton Mitterrand quand il veut ! En matière de politique, il n'y a pas d'amis, pas d'alliés, uniquement des rapports de force et des conflits d'intérêts. Et devinez qui ces députés ont rencontré, grenouillant dans les coulisses du pouvoir syrien ? Des Etazuniens, bien sûr. Les mêmes que l'on trouve...à Téhéran.

 

On nage dans un marais particulièrement fétide la-bas. En effet ces djihdistes de l’État islamiste contre lesquels la coalition internationale envoie ses bombes, ce sont ceux qui ont été armés, soutenus, financés par les Zoccidentaux, les Israéliens et leurs larbins d'Arabie saoudite, du Qatar et autres états-confettis esclavagistes pétroliers ! Ceux dont l'objectif était de faire tomber le gouvernement de Bachar el Assad...

 

Dans ce marais fétide, deux idéologies s'affrontent.

 

Celle de l'Etat islamiste : recréer un califat des pays arabo-musulmans faisant fi des frontières. Rêve - ou cauchemar – illusoire tant les ethnies, les sectes religieuses, les intérêts sont différents et antagonistes dans cette région.

 

Celle des Etazuniens et de leur prolongement (ou mentor?!) israélien : le redécoupage des états arabes sous forme ethnico-religieuse en plusieurs mini-états. Une balkanisation créant des états faibles, donc faciles à contrôler, sur le modèle du Koweit, du Qatar, des Emirats-Arabes-Unis, du Barhein. Sous protectorat étazunien évidemment. Dans ce schéma, la Syrie serait découpé en trois mini-états alaouite, sunnite et druze. L'Irak en mini-états chiite, sunnite et kurde.

 

Seulement voilà, ça ne sa passe pas comme ça. Dès lors, notre intérêt bien compris est de lutter contre l'ennemi le plus dangereux pour nous de par le fait qu'il bénéficie d'une cinquième colonne ayant montré il y a peu son efficience mortelle chez nous. C'est l’État islamique. Á partir de cette constatation, un gouvernement soucieux de la sécurité de ses ressortissants ne doit hésiter à s'allier avec le diable, si le diable peut l'aider à se débarrasser de ses ennemis. Bachar al Assal devient donc un interlocuteur incontournable. Et avec lui son allié le plus fidèle qui est...la Russie de Poutine !

 

 Allez, François, mets-toi les mains dans la merde s'il le faut, mais montre que tu es à la hauteur !
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25/02/2015

Au bistro de la toile: rugby, Grèce, Ukraine

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- ...teng ! Ils se font allumer les rugbymen ! Elles en prennent un sacré coup les valeurs du rugby : solidarité, esprit de sacrifice, humilité, respect de l'adversaire et de l'arbitre, etc. Paraît que nos puissants héros ne seraient que des « cyclistes d'avant Festina » comme les autres.

 

- Ouais, mais c'était dans les années 70-80 si l'on en croit ceux qui secouent le cocotier : le journaliste Pierre Ballester ces jours-ci et avant lui Laurent Bénézech, ancien talonneur international, en avril 2013. Selon eux, la culture du dopage s'est depuis longtemps répandu dans ce sport. Les amphétamines étaient souvent au menu ! C'était dans tous les sports à cette époque. Mais on ne cherchait que dans le cyclisme...

 

- Et tu crois que ça a changé ?

 

- Probablement. Disons que c'est moins voyant. Et puis les amphés ont laissé la place à d'autres saloperies. « Entre une surveillance et des contrôles qui débouchent au mieux sur des soupçons, entre des molécules connues mais indétectables, d'autres, inconnues, qui arrivent sur le marché, le juteux business qui en découle, des pays qui n'ont pas de réglementation ou si peu, la lutte antidopage se casse les dents sur un mur », écrit le journaliste Pierre Ballester qui sort un livre sur ce sujet sulfureux.

 

- Et le professionnalisme n'arrange pas les choses.

 

- Bien au contraire. Elle met des moyens conséquents au service des tricheurs. Et ne soyons pas dupes : toutes les équipes professionnelles sont dans le même sac. Et tous les sports professionnels, pas seulement le vélo ou le rugby, mais le foot, le tennis, etc. Enfin, Loulle, soyons sérieux : les rugbymen professionnels ne sont pas des surhommes. Il y a trop de rencontres, des entraînements très durs, des obligations de résultats imposés par les « sponsors » maquereaux. Résultats : le quart des joueurs d'une équipe est en arrêt de travail pour blessure. Inacceptable.

 

- Allez, changeons de sujet. Alors, nos amis les Grecs, ils ont gagné ou ils se sont couchés devant les euro-crapules ?

 

- Bof. Les deux mon général... Le document qu'ils ont envoyé aux euro-crapules contiennent des réformes structurelles indispensables, comme imposer davantage les plus riches, endiguer la fraude fiscale qui est gigantesque, lutter contre la corruption qui sévit à tous les niveaux, le blanchiment d'argent, le trafic de produits pétroliers, etc. Mais on aimerait que le gouvernement grec s'attaque à la base : instituer enfin un cadastre, faire payer la très riche église orthodoxe, exonérée de tout impôt, taxer les armateurs, eux aussi exonérés de tout impôt.

 

- Concrètement, ils ont obtenu quoi les Grecs ?

 

- Eh bien la Grèce n’est plus obligée d’atteindre un excédent budgétaire primaire de 3% cette année. L’équilibre seul est exigé. Le « contrat » qui court sur 4 mois est explicitement désigné comme une transition vers un nouveau contrat, qui reste à définir. La « Troïka » tant abhorrée n’existe plus en temps qu'institution, même si chacune de ses composantes continue d’exister. C’en est donc fini des équipes d’hommes en noir qui venaient dicter leurs conditions à Athènes. La Grèce écrira désormais l’ordre du jour des réformes, et elle l’écrira seule. Les institutions donneront leur avis, mais ne pourront plus faire d’un point particulier de ces réformes une obligation impérieuse pour Athènes. Puis, un avantage plus discret est que le Gouvernement grec a brisé l’unanimité de façade de l’Eurogroupe et a obligé l’Allemagne à dévoiler ses positions. Mais, la Grèce a accepté de reconnaître – pour l’instant – l’ensemble de ses dettes. Il n’y a eu aucun progrès sur ce point, et aucun signe d’un changement d’attitude de l’Allemagne, toujours arque-boutée sur ses principes ultralibéraux austéritaires. Hier soir, un excellent documentaire diffusé sur Arte a montré et démontré l'horreur imposée non seulement aux Grecs, mais aussi aux Portugais par ce trio de vautours aussi vorace que cupide appelé « troïka ». Pour des dettes plus que douteuses résultant pour l'essentiel de prêts consentis sans restriction par des banques françaises et allemandes pour l'achat d'armes françaises et allemandes ! Ça file la rabia !

 

- Mouais. C'est pas gagné. « Ouate ainsi »... Bon. Et l'Ukraine ?

 

- Le cessez-le feu semble tenir, les armes lourdes se taisent. Des prisonniers ont été échangés. Ça va permettre aux pauvres gens qui crèvent sous les bombes de souffler, de se soigner, de bouffer. Pour combien de temps ? Le cow-boy Kerry est toujours derrière les fantoches de Kiev pour mettre de l'huile sur le feu. L'armée de ces fantoches, formée en majorité des néo-nazis des milices d'extrême-droite, a pris pâtée sur pâtée face à des mineurs et des paysans ! S'ils ont accepté le cessez-le-feu, les rigolos de Kiev, c'était parce que leur « armée » morflait partout. Mais nous sommes dans une partie d'échec. Et à ce jeu, les Russes sont les maîtres. La paix – relative – ne tiendra solidement que lorsque l'Ukraine reconnaîtra aux provinces de l'est-sud-est une très large autonomie dans une structure fédérale et qu'elle abandonnera définitivement toute velléité d'intégrer l'Otan. Parions que d'ici là, les « rebelles » auront pris Mariopoul et ainsi établi une continuité territoriale avec la Crimée... Et les cocus ne seront pas les Russes !

 

- Allez ! Á la nôtre !

 

Illustration : merci à Chimulus

 

24/02/2015

GRANDES VOIX : Elizabeth Badinter sur la laïcité.

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Eric Conan : En 1989, lors de la première affaire médiatisée de voile à l’école, à Creil, vous avez, avec quelques autres, lancé dans le Nouvel Observateur un appel à défendre la laïcité. Où en sommes-nous un quart de siècle plus tard ?

 
Élisabeth Badinter : Il s’est produit un renversement à gauche sur la laïcité, produit d’une gêne considérable face à la montée de l’islamisme. Tétanisée à l’idée d’être taxée de stigmatisation d’une population d’origine immigrée, la gauche s’est empêchée de traiter cette situation nouvelle, mais pas si différente de l’affrontement avec l’Église un siècle plus tôt. C’est la phrase stupéfiante de Lionel Jospin à l’Assemblée : « Nous essaierons de les convaincre d’ôter ce signe religieux, mais, si elles ne veulent pas, nous les accepterons. » La gauche, à rebours de sa longue tradition, admettait que la religion entre à l’école publique, et son Premier ministre se défaussait sur l’avis du Conseil d’état qui l’organisa.

 


E.C. : Était-ce un oubli du sens de la laïcité ou une décision d’y mettre un terme ?

 
E.B. : Je ne crois pas à l’oubli. Si cela avait été une provocation de catholiques intégristes avec de grosses croix, cela ne se serait pas passé ainsi. Le complexe de culpabilité face à des populations symbolisant les anciens colonisés a été le plus fort dans cette génération de socialistes qui ont ainsi favorisé, dans leurs propres rangs, la montée du communautarisme, cette idée que tous les rituels culturels ou religieux, y compris les plus intégristes, sont respectables et doivent être respectés.  A cette époque, je me suis sévèrement fait taper sur les doigts pour délit d’« ethnocentrisme » par Mme Mitterrand et Jack Lang parce que je combattais l’acceptation de la polygamie et de l’excision ! Nous n’en sommes heureusement plus là, mais il me semble aussi désolant que la gauche accorde un tel pouvoir aux curés, aux imams et aux rabbins : c’est religieux, c’est sacré ! Ce fut un choc, à l’époque, de se découvrir soudain minoritaire à gauche.

 


E.C. : Pourquoi cette minorité, dont vous faisiez partie à gauche, est-elle restée fidèle à sa tradition laïque ?

 
E.B. : Il y a plusieurs raisons en ce qui me concerne. Je suis d’abord, philosophiquement, universaliste. Je crois aux bienfaits des valeurs universelles : on a toujours intérêt à mettre en avant nos ressemblances plutôt que nos différences. Je ne crois pas à la différence heureuse.
Ensuite, je suis juive : l’histoire familiale m’a appris que l’on avait tout intérêt à ne former qu’une seule humanité. Je regrette d’ailleurs que, en réaction à l’abdication de la laïcité face à l’intégrisme musulman, la partie communautariste des juifs se soit renforcée, développant le port de la kippa en public, et que certains catholiques réagissent de même, comme on vient de le voir à propos des crèches dans les mairies. Enfin, je suis féministe et je me méfie extraordinairement du pouvoir des religieux et de leur vision de la femme. Que l’on impose aux femmes de cacher leurs cheveux parce que des hommes les tiennent responsables d’un désir sexuel qu’ils ne savent pas maîtriser me fait bondir. Il m’est insupportable que la gauche l’accepte, notamment au sein de l’école publique, censée avoir pour objectif de développer la raison et de lutter contre les préjugés !  On est passé du
cogito ergo sum – « Je pense donc je suis » - au credo – « Je crois, donc j’existe »… C’est une trahison bouleversante pour ma génération, qui avait une autre conception de l’école comme outil d’émancipation, en particulier des filles.

Le pire de cette gauche communautariste est d’avoir accepté le concept d’« islamophobie » – qui a foutu en l’air le principe de laïcité, car s’élever contre des signes religieux devenait un crime – et l’invention de ce terme au sens propre insensé de « racisme anti-musulman ». D’où l’intimidation, qui a fonctionné sur de plus en plus de gens à gauche, se taisant par peur d’être dénoncés parce que la laïcité, devenue synonyme d’islamophobie, a été abandonnée à Marine Le Pen. Cela, je ne le pardonne pas à la gauche.

 


E.C. : Ce revirement, empreint de gêne et de malaise, n’est pas franchement revendiqué : durant ces vingt-cinq années, la plupart des élus de gauche ont voté ou ne se sont pas opposés – se réfugiant dans l’abstention – aux lois de laïcité proposées par la droite…

 
E.B. : Parce que, globalement, la gauche n’est pas au clair, qu’il n’y a plus de position majoritaire en son sein sur le sujet et qu’elle fait tout pour ne pas en débattre franchement. D’abord par manque de courage. Sur l’interdiction de la burqa, par exemple, il y avait à l’Assemblé nationale des pour et des contre qui ne s’assumaient pas : c’est pour cela qu’à sept exceptions près, ils se sont tous abstenus… Ce manque de courage prend de plus en plus la forme du déni : pour avoir la paix, on pense qu’il suffit de nier les problèmes. Comme la position comique du nouvel Observatoire de la laïcité, cet édredon qui a remplacé le Haut Conseil à l’intégration : il n’y a pas de problèmes, c’est vous qui les inventez, c’est pas si grave…
Mais il ne faut pas sous-estimer dans cette hésitation le rôle du calcul politique, électoral : le Parti socialiste a quand même gagné les élections avec les voix des musulmans des banlieues, donc, après les effets de la théorie du genre, ce n’est pas le moment de se les mettre à dos ! C’est pourquoi on laisse la laïcité, déjà bien attaquée par Sarkozy, se vider de son contenu originel : « laïcité ouverte », « laïcité positive » : la laïcité aujourd’hui, c’est « chacun fait ce qu’il veut » et, au nom de la religion, « on a tous les droits ». Le comble est de voir des défenseurs de la laïcité plaidant pour que les religions soient plus discrètes se faire traiter d’« ayatollahs de la laïcité » ou de « laïcards », le terme de Maurras… Voilà pourquoi, pour les mères voilées en sortie scolaire, on recommence comme en 1989 : la gêne, la confusion et la défausse sur les juges au nom du « cas par cas » !

 

 

E.C. : Vous n’êtes guère optimiste sur l’avenir…

 
E.B. : Je suis moins optimiste à court terme qu’à moyen terme. Je pense que l’on va redécouvrir que l’on ne peut pas se passer du concept de laïcité, nécessité absolue pour la paix sociale entre personnes d’origines différentes.
Les religions peuvent devenir des facteurs de guerre épouvantables, on en a d’ailleurs la preuve tous les jours dans le monde. Et il y a une telle exaspération qui monte à l’égard des exigences des uns et des autres, de la constitution de séparatismes culturels revendiqués – par exemple pour éviter de côtoyer « l’impureté » – que l’observation rigoureuse des règles laïques va redevenir un impératif pour le bien commun, pour vivre en paix les uns avec les autres

 

 

Propos recueillis par Eric Conan

 

Publié dans '' Marianne '' le mardi 03 Février 2015

Source de l'article :
http://www.marianne.net/elisabeth-badinter-je-ne-pardonne...

 

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23/02/2015

BIG BROTHER, TE VOILA ! LE « PUÇAGE » DES SALARIÉS ARRIVE...

puce électronique visage.jpg

 

Quelle est la similitude entre ces belles vaches qui font la joie des visiteurs du Salon de l'Agriculture et les salariés de l'entreprise suédoise Epicenter ? Les deux sont identifiés, contrôlés, « gérés » comme on dit maintenant par des puces RFID implantées sous leur peau ! Big brother, te voilà...

 

Les vaches, avec les puces RFID qui les identifient, voient leur nourriture, les médicaments qui « amélioreront » leur productivité, etc. délivrés en fonction de leurs besoins (enfin, des besoins de leurs propriétaires). Les vaches n'ont pas demandé à être pucées. Mais les vaches ne sont que des machines à lait et à viande. Des esclaves.

 

Chez Epicenter, entreprise « branchée » très créative, 450 des 700 salariés ont accepté volontairement l'implantation de cette puce RFID sous leur peau ! (Ce qui reste rassurant c'est que 250 salariés ont refusé cette incroyable aliénation. Mais pour combien de temps s'ils ne veulent pas être virés ?) Les « volontaires » sont donc allés chez un tatoueur (!!??) qui leur a implanté cette «puce » électronique sous la peau, entre le pouce et l'index.

 

Pour accepter une telle sujétion il faut que cette « puce » apporte au salarié des avantages formidables j'espère ? Mouais... Ben voyons : ils n'ont plus besoin de badge, ni de clés, ni de cartes, ni de codes à se rappeler pour ouvrir les portes, se servir de la photocopieuse et payer leur café à la caféréria maison ! « Sésame, ouvre toi ! » Formidable non ? Et c'est pour ça que ces salariés acceptent cette servitude volontaire ? Aux fous !

 

Avec cette puce – qui permet la géolocalisation par satellites de l'individu porteur, qui intègre des tas de données personnelles, d'identité, d'adresse, de santé, de coordonnées bancaires, de cartes de crédit, etc. - le bétail humain devient aussi traçable que les vaches...

 

Avant qu'un nouveau « 11 septembre » fournisse le prétexte de rendre l'implantation de cette horreur obligatoire, de multiples moyens sont mis en œuvre pour préparer les « bonkons » à accepter la puce. Pour la rendre « branchée », des discothèques proposent leur implantation permettant d'entrer et sortir sans problème, payer son verre, etc. Elle peut être intégrée dans des tatouages (voir chez Epicenter), des piercings, des implants en silicones, etc. Mais la méthode la plus efficace est de la rendre désirable par les « bonkons avec des prétextes médicaux. Que n'accepterions-nous pas pour la santé ! Ainsi certains hôpitaux étazuniens incitent fortement les patients à se faire implanter une puce contenant leurs données médicales, traitements en cours, groupe sanguin, en prétextant ainsi d'éviter tout risque d'erreur d’identification et de traitement, mais aussi une surveillance médicale à distance. Séduisant, non ?

 

La surveillance par la puce RFID est déjà une réalité dans certaines écoles aux États-Unis, intégrée pour l'instant dans la carte d'identité scolaire obligatoire et dans les uniformes des élèves. Elle permet ainsi de suivre tous les mouvements des gosses ! Et comme les appareils de lecture de ces cartes fonctionnent discrètement, ils peuvent être clandestins, et permettent le pistage des élèves non seulement par les autorités de l'école mais par n'importe qui : organismes gouvernementaux, commerciaux, voire sectes...

 

Mais il y a mieux – ou pire - qui s'annonce. Ce sont des circuits électroniques intégrés dans la peau. Jusqu'à maintenant, les circuits électroniques sont durs parce que tributaires d'un support minéral. Mais des chercheurs ont mis au point un « système électronique épidermique » (EES) qui est un circuit électronique intégré sur la peau, conçu pour suivre parfaitement les mouvements de la peau, s'étirer, de tordre, se fléchir, etc. tout comme les mouvements du corps.

 

Le clivage entre l'homme et la machine est sur le point de disparaître. Ces circuits sont montés sur des substrats plastiques ultra minces, genre patchs appliqués sur la peau avec de l'eau, comme les tatouages provisoires. Il y a là des solutions médicales évidemment séduisantes (surveillance cardiaque, du métabolisme, réadaptation physique, surveillance du sommeil, lutte contre l'apnée du sommeil, soins néonataux, etc.

 

Mais aussi tous les traçages, tous les flicages possibles, voire...l'élimination discrète d'un individu devenu encombrant dans une société totalitaire comme celles que nous imposent sournoisement l'ultralibéralisme triomphant...

 

« Science sans conscience n'est que ruine de l'âme » disait Rabelais...

 

 

Illustration X – Droits réservés

 

22/02/2015

La Bombine ardéchoise de Mamé Zizou.

Bombine pour web.jpg

 

 

Les temps de pénurie ne sont guère de mise

Et chacun, plus ou moins, peut manger à sa guise

Bien sûr, ce sont souvent des bouffes dégueulasses :

Sous vide, surgelés ou conserves fadasses.

Le pire étant bien sûr ces affreux "hambourgeois"

Dont les Zétazuniens, puritains rabat-joie,

Punissent tristement tout le reste du monde

En voulant le gaver de leur pâtée immonde :

Un peu de vache folle en tranche agglomérée

Prise entre deux éponges assaisonnées diarrhée

Pourtant, il y a peu – trois, quatre décennies –

Faire bouillir la marmite donnait des insomnies

À bien des ménagères. Mais avec presque rien,

Des patates, des restes, et du goût, ô combien!

Elles vous mitonnaient de solides gamelles

Qui régalaient le ventre mieux que des regardelles.

René-Louis Thomas, mon ami ardéchois,

Grand amateur de vins et de repas de choix

M'a préparé un jour - j'en lèche mes babines –

De sa Mamé Zizou la fameuse Bombine.

- Je t écoute Victor : comment ça se prépare,

Avec quels ingrédients, cette recette rare ?

Ce n'est pas compliqué comme tu vas le voir,

Pourtant c'est un bouquet de saveurs du terroir.

Hache fin deux ou trois cèbes de Lézignan

Que tu feras blondir dans l'huile lentement.

Quand je dis dans de l'huile, c'est d'olive bien sûr

Et non les jus douteux de quelques grains obscurs.

Ajoute des lardons, si possible un peu rances,

Ça apporte un parfum, mais évite l'outrance.

Il est temps maintenant de remplir ta toupine

De ce qui constitue le corps de la bombine :

Des rattes de l'année, entières, avec leur peau,

Mêlées de rattes vieilles, pelées et en morceaux.

Couvre juste à niveau d'eau chaude assez salée,

Met une gousse d'ail, du laurier et du thym

N'oublie pas d'ajouter un verre de bon vin,

Ferme et met en cuisson deux heures d'affilée,

À petit feu bien sûr, il faut que ça mijote.

Ce plat de fin de mois des montagnes gavottes

Te remplit le palais de fragrances rugueuses.

Il cala l'estomac des gavots et des gueuses

L'arrosant de clinton, ce cépage ardéchois

Qui te chauffe la tête et maltraite le foie.

Mais, comme dit Ferrat, il fait des centenaires

Qui ne vont pas souvent chez les apothicaires.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire.

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.



 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 ou 4 cèbes de Lézignan (ou autres oignons doux si vous n'en trouvez pas), - 2 hectos de lards (si possible un peu rance), - 1 kilo de pommes de terre rattes nouvelles, - 1 kilo de rattes vieilles, - 1 cuillerée à soupe de gros sel, - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - 2 litres d'eau améliorée d’un verre de vin blanc.

 

Les vins conseillés:

Vous ne trouverez plus de clinton, ce cépage qui poussait sur les arides restanques ardéchoises, car, dangereux, il est interdit et c'est une bonne chose. Mais essayez un de ces rouges étonnants de fraîcheur et de parfum des Coteaux ardéchois : Saint-Désirat, Saint-Joseph, Tournon, La Roche-de-Glun ; des rouges des Corbières ; des rouges des Coteaux varois.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

21/02/2015

Ouiquinde érotique avec Marie Krysinska

Bacchanalia.jpg

 

 

Bacchanale


Sous les lampadaires verts des chênes,
La farouche et rythmique extase se déchaîne.

Les torses, aussi beaux que des ciels d'été,
Souplement ondoient. Et les seins lactés -
Ainsi que d'ivres nébuleuses -
Voguent au gué des danses amoureuses.

Et le flot du vin odorant se mêle
Aux flots des chevelures qui follement ruissellent.

Sous les lampadaires verts des chênes,
La farouche et rythmique extase se déchaîne.

Les susurrants tambourins échappent aux mains lassées.
Et de plus âpres étreintes font les formes enlacées.

Ainsi que des lianes caressantes
De frêles bras s'éprennent des épaules puissantes ;
Et le saont Délire, en tournoyantes rondes,
Constelle l'horizon rose de chairs blondes.

Le rire divin sonne de somptueux tocsins,
Les lèvres rient, aussi les yeux, aussi les seins...
Et, tandis que la fin du jour déploie ses pompes,
Les Satyres, enflant leurs joues, soufflent dans les trompes.

Marie Krysinska

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

20/02/2015

Agriculture française: la qualité résistera-t-elle à l’industrialisation galopante ?

manif contre millevache.jpg

 

 

Aujourd’hui s’ouvre à Paris la « plus grande ferme du monde », c’est-à-dire le Salon de l’agriculture. Cette exposition de la qualité de l’agriculture française cache pourtant une réalité moins glorieuse : l’industrialisation de l’agriculture française. Au détriment évidemment de la qualité des produits qui sont à la base de ce fleuron du savoir-faire français : la gastronomie. Mais aussi de la qualité de ce chacun de nous mange tous les jours. Avec peut-être des problèmes de santé publique…

 La Confédération paysanne vient de publier une carte fort documentée sur les installations géantes, existantes ou à venir, qui tendent à faire de l’agriculture française une agriculture allemande ou hollandaise comme les autres…

Á vous de juger.

 

Ferme-usine de Monts (37)

Projet d’extension d’une exploitation laitière, objectif :
420 vaches laitières, 260 Génisses, 210 Taurillons, 1300 chèvres, soit 2200 animaux au total.
Acteurs : GAEC de la Tardivière
Avancement : Suite à l’enquête publique, avis favorable du commissaire enquêteur avec réserves environnementales
Autorisation préfectorale non encore délivrée
Mairie de Monts opposée

Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires :
Pas de création d’emplois
Bâtiments à une centaine de mètres des premières habitations
10 000 m3 de lisier à épandre sur 883 ha sur 7 communes

Opposants : Le collectif « Des fermes, pas des usines » (Riverains + Confédération paysanne + Aspie + EELV + Nouvelle donne + PG)

http://www.politis.fr/Encore-plus-fort-que-la-ferme-des,2...

 

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Usine à porcelets du Trébrivan (22)

Maternité industrielle de 900 truies pour 23 000 porcelets par an
Acteurs : Sofiprotéol, via la filiale SCEA Kerloann, est apporteur de capital et de garanties bancaires - 4 exploitations agricoles des Côtes d’Armor
Avancement : En activité depuis 2012
Les opposants ont obtenu par deux fois la suspension d’exercice de la maternité au tribunal administratif. A chaque fois le préfet des Côtes d’Armor a pris un arrêté autorisant l’exploitation
Financements : Investissement d’1,9 millions d’euros
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : 3 emplois (emploi divisé par 4 au regard de la taille moyenne nationale des naisseurs porcins)
Chaine de production entièrement robotisée.
5 millions de litres de lisiers + 7 tonnes d’ammoniac, zones d’épandage sur 480ha.
Département français le plus touché par les algues vertes
Risque de pollution de l’eau dans une zone fragile, château d’eau de la Bretagne. Risque reconnu par le tribunal administratif
Opposants : Combat depuis 2008
L’association « Sous le vent, les pieds sur terre », Eaux & rivières de Bretagne, Confédération paysanne, ATTAC

http://www.liberation.fr/economie/2014/11/13/a-trebrivan-...

 

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Usine à porcelets du Poiroux (85)

Maternité industrielle de 900 truies pour 23 000 porcelets par an
Acteurs : Sofiprotéol via la filiale SCEA Kerloann est apporteur de capital et de garanties bancaires - 3 exploitations agricoles de Vendée, Charentes-maritimes, Finistère + une société spécialisée dans la production d’électricité.
Avancement : Refus d’autorisation d’exploiter par le préfet en 2010. Décision cassée par le tribunal administratif début 2013, puis autorisation d’exploiter accordée par le préfet.
Recours des opposants en cours. Début des travaux prévus pour mi-février 2015
Financement : Investissement de 2,3 millions d’euros
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : 4 emplois (emploi divisé par 3 par rapport à la moyenne des naisseurs porcins). Chaîne de production entièrement robotisée.
5 millions de litres de lisiers + 7 tonnes d’ammoniac, zones d’épandage sur 200ha sur 3 communes, 7 sources concernées, qui se jettent dans 2 bassins ostréicoles et mytilicoles (60 emplois de paysans de la mer menacés).
Risques d’algues vertes aux sables d’Olonne
Opposants : Collectif contre le projet d’usine à porcelet du Poiroux, composé d’Avigen, la Feve et Terres et rivières, Confédération paysanne, ATTAC

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/agricultur...

 

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1000 taurillons de la Courtine (23)

Centre d’engraissement de 1000 taurillons sur le plateau de Millevaches (1400 jeunes bovins par an). Projet de panneaux photovoltaïques + méthaniseur.
Acteurs : SAS Alliance Millevaches - SVA Jean Rozé (filiale d’intermarché)
Avancement : Permis de construire + autorisation d’exploiter délivrés par le préfet.
En travaux. Mise en activité au printemps 2015.
Financement : Coût du projet : 1,4 millions d’euros - Plus de 75% du projet financé par des fonds publics (Etat, région, département, communauté de commune)
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : 3 emplois crées et éleveurs sous contrat de la SVA Jean Rozé.
Adossé à la production d’énergie, ce projet va tirer les prix à la baisse, pénalisant ainsi les autres éleveurs.
15 000 tonnes / an d’effluents d’élevage + 18 000 tonnes de déchets (dont déchets abattoirs) pour le méthaniseur.
Projet en plein cœur du parc national régional Millevaches
Bilan carbone catastrophique : les taurillons seront découpés à Rennes pour être ensuite envoyés au Maghreb.
Opposants : Collectif « 1000 voix – NOVISSEN Creuse » - Confédération paysanne du Limousin

http://www.lepopulaire.fr/limousin/actualite/departement/...

 

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3000 porcs à Loueuse (60)

Projet d'extension d'un élevage porcin à 3000 places.
Acteurs :
SCEA Borgoo-Martin - Projet accompagné par la Cooperl (1er opérateur du porc en France)
Avancements : Avis favorable de l'enquête publique en janvier 2015. Décision du préfet attendue pour le mois de juin.
Financement : 800 000€ nécessaires pour l'extension.
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : Au cœur de la Picardie verte, dans le cadre de zone Natura 2000 et des zones d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZIEFF).
5000 m3 de lisier épandus sur 400 ha.
Opposants : Novissen - Decicamp : Démocratie pour les citoyens des campagnes.

 

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Ferme-usine de 4500 porcs par an d'Heuringhem (62)

Projet d'engraissement de 4500 porcs par an.
Acteurs : EARL Bridault - Chevalier
Avancements : Malgré l'autorisation d'exploiter et le permis de construire délivrés par le préfet du Nord-Pas-de-Calais en mars 2013, les travaux ont été suspendus par le Tribunal administratif en octobre 2013.
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : Epandage en zone humide, sur le « château d'eau » de la région.
Opposants : Aives (association d'opposants locaux, 600 membres)
Confédération paysanne du Nord-Pas-de-Calais

 

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250 000 poules pondeuses à Doullens (80)

250 000 poules pondeuses à Doullens. Objectif de 400 millions d’œufs par an.
Acteurs : Pascal Lemaire, président de la société de conditionnement Œuf Nord Europe. Une partie des œufs à destination d’Ovoproduits pour une filiale de Lactalis.
Avancement : Projet incomplet selon la préfecture.
Financement : Investissement de 7 millions d’euros

 

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2000 taurillons dans l'Aube (10)

Centre d'engraissement de 2000 taurillons à Arcis-sur-Aube.
Les déjections des taurillons seront valorisées dans une unité de méthanisation
Acteurs : Copélis, société crée par la coopérative Cialyn assurera la gestion de l'engraissement.
La SAS Biogaz d'Arcis pour la méthanisation. Une société de déconditionnement organique s'occupera de récupérer les déchets issus des industries agro-alimentaires pour les méthaniser.
Avancement : Démarrage prévu pour le premier trimestre 2016
Financement : Investissement de 3 millions d'euros
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : Epandage sur 15 000 hectares dans un rayon de 15 km.

 

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25 ha de serres de tomates à Echillais (17)

25 ha de serres de tomates hors sol chauffée avec la chaleur émise par un méga incinérateur.
50 tonnes de tomates produites par jour, 9 000 tonnes par an
Acteurs : Le SIL (Syndicat intercommunautaire du littoral) qui représente 5 communautés de communes. L'incinérateur sera construit par Vinci pour le compte du SIL. Une entreprise de BTP
Société hollandaise A&G Van den Bosch, adossée au groupe Greenery, multinationale néerlandaise de commerce de fruits et légumes frais (CA 1,5 milliards d'euros).
Avancement : 810 observations défavorables dans l'enquête publiques contre 6 favorables. Le commissaire enquêteur rend un avis positif. Feu vert pour la construction de l'incinérateur en septembre 2014. Occupation en cours par une trentaine de zadistes.
Financement : 100 millions d'euros pour l'incinérateur (fonds publics) ; 27 millions d'euros pour les serres à tomates.
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires :
Risque important de rejets de dioxines, particules fines, métaux lourds et perturbateurs endocriniens dans les zones environnantes.  Problématique de la gestion des rejets de produits phytosanitaires. Inquiétude pour l'activité ostréicole et mytilicole proche

Opposants : Pays rochefortais alerte (1000 adhérents), ATTAC, Confédération paysanne.

Incinérateur : http://multinationales.org/Vive-contestation-d-un-projet-d
Tomates : http://www.sudouest.fr/2014/11/13/l-une-des-plus-grandes-...

 

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Usine des 1000 vaches (80)

Elevage de 1000 vaches laitières et 750 génisses, adossé à un méthaniseur de 0,6 MW
Acteurs : Michel Ramery (349ème fortune de France) via la SCEA Côte de la Justice, SA Ramery (BTP) et la SCL Lait Pis Carde.
Avancement : Usine en activité avec 500 vaches laitières. Demande d’autorisation pour 899 dans les mois à venir. Objectif de 1000 officiellement confirmé. Le méthaniseur n'est pas encore construit.
Procédures en cours au Tribunal administratif par les opposants.
Financement : 11 millions d'euros d'investissement (SA Ramery) dont des subventions estimées à 2 millions d'euros d'aides publiques à l'investissement et 2 millions d'aides diverses à l'année.
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : Une dizaine d'emplois salariés pour la partie laitière. Nombre d’emplois divisés par quatre par rapport à la moyenne nationale des élevages laitiers.
Prix du lait tiré vers le bas (270€ la tonne annoncé), alors que les éleveurs s’en sortent à peine à 350€ la tonne. Le lait devient un sous-produit des déjections animales.
Accaparement de 3000 ha de foncier par des montages sociétaires.
Risque de lessivage des épandages dans la baie de Somme avoisinante, classée au patrimoine mondial de l'Humanité.
Opposants : Novissen (Nos villages se soucient de leur environnement, 2400 membres) -
Confédération paysanne, 9 militants condamnés le 28 octobre 2014, 6 avec des peines de prison avec sursis dont 5 mois pour Laurent Pinatel, son porte-parole.

http://confederationpaysanne.fr/gen_article.php?id=2874

 

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1000 jeunes bovins de Saint-Didier-d'Aussiat (01)

Projet d’engraissement de 1000 jeunes bovins.
Acteurs : GAEC de l’Espérance
Avancement : Autorisé début Janvier 2015

http://www.ain.gouv.fr/IMG/pdf/GAEC_DE_L_ESPERANCE_APA_05...

 

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350 000 poulets à Missé (79)

Extension d’un poulailler de 91 000 volailles à 350 000 volailles.
Acteurs : EARL Biavi
Avancement : Autorisé juillet 2014
Financement : Investissement d’1 million d’euros
Opposants :  Bon vent, Bien vivre à Doret, Confédération paysanne

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Actualite/...

 

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15 000 porcs à Vitry-le-François (51)

Projet d’extension d‘un élevage porcin à 15 600 places de porcs - 1100 truies reproductrices / 30 000 porcs engraissés par an
Acteurs : SCEA la Certine
Acheteur : Carrefour
Avancement : Réalisé
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : En plus des 580 ha de céréales produites sur l’exploitation, il faut huit camions par semaine pour apporter l’alimentation animale.
50 000 m3 de lisier / Epandages sur 2700 ha / 15 communes

 

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1,2 million de volailles à Pamproux (79)

Elevage de 600 000 poulettes - Plus de 600 000 poules pondeuses - 700 millions d’œufs commercialisés par an - Préparation de 13 000 tonnes d’ovoproduits (produits à base d’œufs pour l’industrie agro-alimentaire) - 2600 ha de productions céréalières - CA de 64 millions. d’euros
Acteur : Pampr’oeuf

Avancement : Réalisé

 

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25 ha de serre de tomates à Brécey (50)

25 ha de serres de tomates hors sol chauffée.
50 tonnes de tomates produites par jour, 9 000 tonnes par an
Acteurs :Mêmes protagonistes qu’à Echillais (17) : Une entreprise de BTP
Société hollandaise A&G Van den Bosch, adossée au groupe Greenery, multinationale néerlandaise de commerce de fruits et légumes frais (CA 1,5 milliards d'euros).
Avancement : En projet.

http://www.lagazettedelamanche.fr/2014/11/06/economie-120...

 

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8ha de serres de tomates à Lapouyade (33)

8ha de tomates pour une production annuelle de 4000 tonnes - Chaleur fournie par une unité de biogaz issu d’un site d'enfouissement de déchets ultimes Veolia.
Acteurs : Union des paysans de Rougeline
Avancement : Permis de construire accordé fin 2014 - Les travaux devraient être finalisés à l'été 2015 - Premiers plants attendues en Novembre pour une première récolte en février...
Financement : 10 millions d'euros pour les serres à tomate - 5 millions d’euros pour le système de biogaz

http://www.sudouest.fr/2015/01/07/des-serres-de-tomates-c...

 

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125 000 poulets à Grillon (84)

Elevage de 850 000 poulets par an. 125 000 poulets en permanence. - Panneaux photovoltaïque sur les 11 000 m2 de bâtiments
Acteurs : Entreprise M. Vincent Vernet
Avancement : Recours au Tribunal administratif de Nîmes en cours - En construction
Opposants : Association pour la protection de l'environnement du Pays de Grignan

 

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115 000 poulets à Lannepax (32)

Elevage de 725 000 poulets par an. 115 000 poulets en permanence.
Acteurs : Issu d’un appel à projet de la coopérative Vivadour - Exploitante sous contrat avec la coopérative. Vivadour annonce aux candidats qu’une fois les emprunts remboursés, l’exploitant n’aura plus qu’à travailler deux heures par jour pour un revenu de 1700€ net par jour.
Avancement : En activité depuis fin 2013.
Annulation de l’autorisation d’exploiter par le Tribunal administratif fin 2014 - Début 2015, le préfet du Gers maintien l’activité du poulailler pour 2 mois.
Financement : 900 000€ prêtés par Vivadour
Opposants : Bien vivre dans le Gers, collectif regroupant 17 associations dont la Confédération paysanne.

http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/23/2016830-l-elev...

 

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115 000 poulets à Saint-Élix-Theux (32)

Elevage de 725 000 poulets par an. 115 000 poulets en permanence.
Acteurs : Issu d’un appel à projet de la coopérative Vivadour.  Exploitante sous contrat avec la coopérative. Vivadour annonce aux candidats qu’une fois les emprunts remboursés, l’exploitant n’aura plus qu’à travailler deux heures par jour pour un revenu de 1700€ net par jour.
Avancement : En activité depuis fin 2013.
Financement : Investissement de 900 000€
Opposants : Bien vivre dans le Gers, collectif regroupant 17 associations dont la Confédération paysanne.

 

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690 000 poules à Steinseltz (67)

Passer d’un élevage de 800 000 poulettes à l’année (306 000 poulettes en permanence) à un élevage de 1,5 million de poulettes par an (692 000 poulettes en permanence).
Acteurs : SARL Ferme Schafbusch
Coût : 1 million d’euros
Avancement : Autorisation préfectorale délivrée en mars 2014
Opposants : Alsace nature

 

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280 vaches laitières pour 4 robots de traite à Bréhan (56)

Elevage de 280 vaches laitières avec quatre robots de traite et deux robots de fonctionnement (racleur et affourragement).
Acteurs : EARL Ropert
Avancement : En activité
Financement : Investissement d’1,5 million d’euros
Enjeux : Robotisation totale : la partie laitière de l’exploitation n’occupe plus que 2 emplois (emploi divisé par 6 par rapport à la moyenne nationale)

http://www.ouest-france.fr/letable-xxl-de-brehan-et-ses-r...

 

 

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11 000 porcs à Saint Symphorien (33)

Projet d’extension d’un élevage de porcs de 7 000 à 11 000 places de porcs - Les surfaces d’épandage nécessaires seraient d’environ 1000 ha.
Acteurs : SAS Le Lay
Avancement : Enquête publique défavorable en mars 2014. En attente de décision préfectorale.

 

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1000 taurillons à Coussay-les-Bois (86)

Projet d’engraissement de 1 200 taurillons à Coussay-les-Bois. - 10 000 m2 de bâtiments - Projet de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments
Acteurs : Pierre Liot : éleveur et dirigeant d’une usine d’alimentation animale.
Entreprise technique solaire pour les bâtiments et les panneaux photovoltaïques
Avancement : Demande de permis de construire rejetée par le maire de la commune - Dossier dans les mains de la Direction Départementale des Territoires (DDT).
Opposants : ASPECT : association de sauvegarde et de la protection de l‘environnement de Coussay-les-Bois et de sa région thermale, Confédération paysanne

http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Econo...

 

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1000 taurillons à Landifay (02)

Projet d’engraissement de 1 500 taurillons à Landifay - Epandage sur 12 communes
Acteurs : SA Bertaignemont
Avancement : Projet validé - 650 taurillons pour le moment

http://www.aisnenouvelle.fr/region/deja-650-taurillons-en...

 

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Usine à porcelets de Luzay (79)

Projet de maternité de 1000 truies pour 25 000 porcelets par an.
Acteurs : SCEA la Micha, 6 éleveurs associés.
Avancement : Dossier accepté par la préfète en novembre 2011 - Procédure au Tribunal administratif en cours
Financement : Investissement de 4 millions d’euros
Opposants : Association Bon vent

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Actualite/...

 

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Engraissement de 120 000 agneaux par an (12)

Engraissement de 120 000 agneaux par an à Rullac-Saint-Cirq - Unité de méthanisation en activité.
Acteurs : Société Grimal
Avancement : En activité

 

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3000 brebis laitières et 300 chèvres à Espelette (64)

3000 brebis laitières et 300 chèvres à Espelette. Elevage conduit en hors sol.
Acteurs : EARL Kukulu.
Avancement : En activité

 

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4500 brebis laitières et 700 chèvres à Souraïde (64)

4500 brebis laitières et 700 chèvres en hors sol.
Acteurs : Entreprise MAIS ALDAPA
Avancement : En activité

 

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10 ha de serres de tomates à Parentis (40)

10ha de tomates hors sol pour une production de 5 000 tonnes de tomates par an.
Chaleur produite par une chaudière à bois de 2,5 MW (8500 tonnes de bois par an).
Acteurs : Les paysans de Rougeline
Avancement : En activité.
Financement : Pour les serres de tomates, investissement de 8 millions d’euros.  40% de la chaudière à bois financée par l’Ademe.

 

 

Photo X - Droits réservés

 

19/02/2015

Au bistro de la toile : 49,3 et proportionnelle.

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Oh Victor, qu'est-ce que je te sers ? Du 12,5, un 45, un 51 ou un 49,3 ?

 

- Commençons par un café. 49,3... C'est une disposition de la constitution qui permet de faire passer une décision de l'exécutif sans que les députés n'aient un mot à dire. Autrement dit une arme redoutable, voulue par De Gaulle en une époque troublée, mais destinée à sortir rapidement d'une situation dangereuse. N'oublions pas que la constitution de la 5ème a été écrite en pleine guerre d'Algérie, avec les exactions de l'OAS, et sur fond de guerre froide. Cet article n'est pas fait pour faire passer une quelconque loi qui « n'est pas la loi du siècle » comme dit François.

 

- Alors pourquoi Valls nous la ressert ?

 

- Pour soutenir son ministre de droite qui a concocté une loi de droite et que la droite elle-même ne veut pas voter alors qu'elle est foncièrement de droite ! Il s'étonne dès lors que quelques-uns des députés de gauche décident de voter contre celle loi de droite !

 

- Un vrai foutoir. Droite, gauche, c'est le bordel. Et c'est la fille du borgne qui engrange...

 

- On touche du doigt l'anachronisme de cette cinquième république, rappelons-le faite pour un géant et qui se meurt au milieu des magouilles de chacals...

 

- Alors que faire ?

 

- Changer de république, créer une constituante aux membres choisis par tirage au sort, puis revenir aux élections mais à la proportionnelle intégrale, avec une interdiction stricte de tout cumul de mandats et de mandatures.

 

- La proportionnelle, c'est l'arrivée en masse du Front national...

 

- Est-ce que la politique de l'autruche est meilleure ? Ceux qui votent pour le F.haine montent de plus en plus lors des élections qui se suivent. Les laisser en dehors de la représentation nationale est non seulement une injustice, mais surtout une konnerie. En effet, il est facile de gueuler en ne risquant pas de se salir les pognes à l'épreuve du pouvoir... C'est valable pour le F.haine comme pour le Front de gauche d'ailleurs. Est-il normal que des proportions de plus en plus importantes de couches de la population soient totalement en dehors des sphères décisionnelles ? C'est valable, répétons-le, pour le F.haine mais aussi pour la gauche vraie !

 

- La gauche vraie, comme tu dis, où est-elle ? Où est le Syriza français ? Où sont les Podemos français ? Ils se bouffent le nez entre chapelles concurrentes. Où est le Tsipras français ? Mélenchon ? Il a soulevé d'immenses espoirs par son charisme, ses qualités de tribun et son programme lors de la dernière campagne présidentielle. Puis il s'est gaspillé à Hénin je sais plus quoi... Besancenot ? Il n'existe plus, pas plus que son parti, réduit à un vague groupuscule depuis qu'il a voulu présenter une candidate islamiste aux élections ! Les Verts ? Ils ont fait illusion tant que Cohn-Bendit les tirait vers le haut. Alors on attend... On cherche, on espère notre Tsipras...

 

- En attendant, à la nôtre !

 

Illustration : merci à Chimulus

 

18/02/2015

En France, en Europe, dans le monde, on est dans quoi ? DANS LA MERDE ! chante Guy Béart...

estrons gateaux.jpg

 


Vous, les grands philosophes
Qui savez tout sur tout
Assez de catastrophes
Ce soir, écoutez-nous
La vie est toujours fête
Pourquoi pleurer sans fin ?
Vous cassez pas la tête
Nous allons vous mettre au parfum
(Nous allons vous mettre au parfum !)

{Refrain:}
Où étions-nous ? (Dans la merde)
Où sommes-nous ? (Dans la merde)
Où allons-nous ? (Vers la merde)
Pourquoi y aller ?
(Pour changer de merde)
(Et puis merde, merde, merde !)

Dans la guerre affolante
(Dans la guerre affolante)
On se bat, on se marre
(On se bat, on se marre)
Le coq français ne chante
Que les pieds dans la mare !
Pour sortir des salades
(Pour sortir des salades)
Seul le rire est vainqueur
(Seul le rire est vainqueur)
Marchons dans la panade
C'est ça qui nous porte bonheur !
(C'est ça qui nous porte bonheur !)

{au Refrain}

Célibataire (C'est la merde)
Marié (C'est la merde)
À la rue (C'est la merde)
Les familles (C'est la merde)
Le boulot (C'est la merde)
Le chômage (C'est la merde)
Dans les villes (C'est la merde)
À la ferme (C'est la merde)
Pourquoi y aller ?
(Pour changer de merde)
(Et puis merde, merde, merde)

Depuis qu' le monde est monde
(Depuis qu' le monde est monde)
C'est la même chanson
(C'est la même chanson)
Des mélasses profondes
Toujours nous sortirons
Dans la crise mondiale
(Dans la crise mondiale)
Vous parlez de mourir
(Vous parlez de mourir)
Et nous, c'est un scandale
On meurt d'amour, on meurt de rire !
(On meurt d'amour, on meurt de rire !)

Ha ha ha ha
(C'est la merde !)

 

Guy Béart

 

 

vin de merde.jpg

 

 

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17/02/2015

L'essentiel sur l'essentiel

 

varouflakis.jpg

Grèce. « Γαμήσου ! » Gamí̱sou ! Autrement dit « Va te faire foutre » ! C'est, en substance, ce qu'a répondu le ministre grec Yanis Varoufakis, au président de l'Eurogroupe le ci-devant Dijsselbloem, après que celui-ci aie retiré le texte de compromis proposé par la Commission européenne pour le remplacer par un texte imposant aux Grecs la reconduction pure et simple du « programme d'aide » honni, soit le retour de la Troïka qui contrôlerait de nouveau toutes les décisions du gouvernement, mettrait son veto sur ce qui ne lui plaît pas, imposerait de privatiser à tour de bras et continuerait à humilier tout un peuple. Bref, l'Eurogroupe, sous l'influence de Berlin, demande – sous forme d'ultimatum ! - aux Grecs de balayer tout ce pour quoi ils ont voté en masse pour Tsiripas !

« Παράλογο και απαράδεκτες » « Absurde et inacceptable » leur a répondu, avec raison, Yanis Varoufakis.

S'ils envoient le bouchon trop loin, les boutiquiers de l'U.E. pousseront la Grèce dans les bras de la Russie et de la Chine : - accord financier avec la Chine évacuant la « dette », - sortie de l'Otan, - accord militaire avec la Russie (avec une flotte russe au Pirée!!), - entrée de la Grèce dans les Bricks, etc. Donc – prenons les paris ! - les margoulins de l'Europe avaleront leur chapeau.

 

* * * * * * *

 

danemark fleurs pour tueur.jpgLes Danois découvrent avec stupeur la dure réalité : ils sont directement attaqués, sur leur sol, par les nazislamistes (des « islamofascistes » comme dit Manuel Valls). Au même titre que nous. Á part que nous, on a sur notre sol 5 à 6 millions de musulmans parce que notre histoire, pas toujours glorieuse, et les besoins des patrons nous les ont emmenés. Sans oublier le boulet psychologique d'une culpabilité un peu niaise, les générations actuelles n'étant pas responsables des exactions ni de la colonisation ni de l'esclavagisme. Mais eux, les Danois, ils sont victimes de leur générosité, de leur angélisme qui tangente la konnerie !

Société ouverte et tolérante, ils ont ouvert leur porte à tous les immigrants, à tous les réfugiés (vrais ou faux) fuyant les soubresauts d'un monde musulman où la violence et l'intolérance sont la règle. Ils sont arrivés de Turquie, de Palestine, de Somalie, du Pakistan, d'Irak, du Liban, maintenant de Syrie, de Libye. Ils représentent 5% de la population, restent regroupés en communautés, vivent de l'aide sociale de ce peuple généreux, prétendent imposer leur mode de vie, leurs usages, leurs burquas, leur charia, etc. Et les Danois, éberlués, ont vu ces gens venus d'ailleurs apporter des bouquets pour manifester leur solidarité avec le tueur de Copenhague, puis les provoquer en priant et en braillant - « Allah o akbar ! » - devant la demeure de l'assassin !

 

* * * * * * * *

 

macron.jpgChez nous, on en est à la loi Macron. Elle devrait passer aujourd'hui. Du bon et du mauvais, comme toujours. Le très mauvais a été enlevé. Il s'agissait de cet amendement sur la « sécurité du secret des affaires » qui avait pour effet principal de chasser les empêcheurs de magouiller en rond : lanceurs d'alerte, journalistes d'investigations risquaient la prison et d'énormes amendes. Ça a été évacué sous la pression populaire et des médias libres. Pour combien de temps ? Reste le travail du dimanche. Douze dimanche par an, bof, pas de quoi en faire un coffre, surtout si les travailleurs du dimanche sont payés double. Mais le problème c'est que la loi ne prévoit aucun plancher de majoration du salaire... Du bon : les transporteurs étrangers qui font du cabotage en France devront payer leurs employés, sur le territoire français, au Smic français. Mais qui va vérifier ?

 

* * * * * *

Et puis – Cocorico ! - on a enfin vendu des Rafales. Á des Égyptiens. Pas des modèles en matière de droit de l'homme. Mais ils ont l'immense avantage d'être des ennemis jurés de tous les nazislamistes. De plus, c'est le pays le plus puissant du monde musulman et le massacre de 21 de leurs ressortissants en Libye les a mis en rage. En vertu de l'adage « les ennemis de mes ennemis sont mes amis », on ne va pas faire la fine gueule. Les vrais ennemis, ils sont en Arabie saoudite, au Qatar et autres poussières d 'états pétroliers.

 

* * * * * *

N'oublions pas l'Ukraine. Le cessez-le-feu tiendra-t-il longtemps ? « Ouate ainsi » comme disent les rosbifophones...

 

16/02/2015

Au bistro de la toile : rugby, injustice.

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- ...teng ! Victor. On a encore pris la pâtée au rugby devant les Irlandais. Faut se rendre à l'évidence :on ne fait plus le poids.

 

- Faut pas exagérer Loulle. On a perdu ce match parce qu'on avait contre nous 15 Irlandais rugueux mais aussi, et même surtout, cette caricature d'arbitre nommée Barnes. Ce type est d'ailleurs dans le droit fil d'une réalité générale dans le rugby. Ce sport est et demeure un sport dominé et régit pas des Britanniques et autres anglo-saxons. Nous – et les Italiens - n'y sommes que tolérés comme faire-valoirs. L'arbitrage, très majoritairement anglo-saxon, nous est toujours défavorable et nous partons régulièrement avec 3 ou 4 pénalités bien placées contre nous, tant il est facile pour un arbitre de donner une pénalité de façon...arbitraire, dans les mols, le truc plaqueur-plaqué, les mêlées effondrées. Lorsque les attaquants français bataillaient devant la ligne d'essai adverse, Barnes leur a cassé la baraque en donnant une pénalité en faveur des autres. Les pénalités qu'il a accordé aux Français étaient en majorité dans notre camp, donc sans danger pour les Irlandais. Et c'était tout le contraire pour les Irlandais qui « bénéficiaient » de coups de pieds juste en face les piquets... Note qu'il en a été de même dimanche entre les Écossais et les Gallois. L'arbitre fait gagner qui il veut. C'est comme ça qu'on s'est fait voler comme dans un bois il y a quatre ans pour la coupe du monde en Nouvelle-Zélande. Le sinistre Joubert, arbitre de son état, a fait ce qu'il fallait pour que les All Blacks ne soient pas battus chez eux...

 

- Ça s'appelle l'injustice. Tè ! En la matière, il est en train de s'en commettre une, d'injustice, à Montpellier, bien pire qu'un match de rugby. C'est ce type qui a fait 11 ans de taule pour un crime qu'il n'avait pas commis et que la « Justice » française refuse d'indemniser...

 

- T'as raison Loulle. C'est un beau scandale cette histoire. Rappelons les faits. Deux petits délinquants – Azzimani et El Jabri ont été condamnés de façon un peu légère pour le meurtre d'un dealer, Abdelaziz Jhilal. Procès, appel, puis procès en révision suite au revirement du principal témoin à charge et à des analyses ADN innocentant les condamnés. Ce procès en révision – très rare en France – a acquitté les deux hommes au mois de juillet. Ils sont donc enfin libre après 13 ans de taule pour l'un, 11 ans pour l'autre. Ces deux hommes, victimes et non coupables, ont eu leur vie saccagée, leur santé délabrée. Ils réclament donc une très légitime indemnisation au ministère de la Justice. En dédommagement, leurs avocats ont réclamé, devant la cour d'appel de Nîmes 3,184 millions d'euros pour El Jabri, qui a passé 13 ans et 3 jours derrière les barreaux, et 2,945 millions d'euros pour Azzimani, qui a effectué 11 ans et 7 mois de détention. Mais l'avocat de l'agent du trésor affirme que, malgré ses démarches, il n'a pas trouvé trace de la détention dans le dossier informatique de M. El Jabri ! Pour lui, rien ne prouve qu'elle ait eu lieu ! Aussi, dans ses conclusions, il affirme que l'ancien détenu n'a pas droit à indemnisation... Non mais dans quel pays vit-on ? Á qui vont-ils faire croire qu'il n'y a pas trace du passage en taule d'un type, pour 11 ans ! Non mais, qu'est-ce que c'est que ce foutoir ?

 

- Ça s'appelle un délit de sale gueule Victor... Le dénommé Dills, accusé à tort lui aussi d'un sordide meurtre d'enfants, a fait 16 ans de taule pour rien. Pour une gueule qui ne revenait pas aux enquêteurs...

 

- Mondo cane... Tè, verse-nous à boire.

 

 

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15/02/2015

Ouiquinde gastronomique turc

 

femme au vent.jpg

Katy

 

J’ai rencontré Katy sur un paquebot turc

Qui reliait Marseille au pays d'Atatürk

Longue, fine, élancée, androgyne et très blonde,

En voyage de noce elle courait le monde.

 

Un regard prometteur longuement échangé,

Deux verres de raki, près du bar, partagés,

Et nous nous retrouvons, sans parole inutile,

Sur le pont, envoûtés, commençant une idylle.

 

Je cueille sur ses lèvres un baiser épicé,

Je roule entre mes doigts ses petits seins dressés

Elle m’offre, cambré, le bas de son échine

 

Et nous faisons l’amour, au rythme des machines

Nous grimpons, enlacés, vers le septième ciel

Croquant à belles dents dans sa lune de miel !

 

 

Les “ Dolma yalanci ” – Les feuilles de vignes farçies

 

Le mari de Katy, un pasteur anglican

Pratiquait avec flegme une juste devise :

“ Mieux vaut une participation sur un volcan

Que l’exclusivité d’une froide banquise ! ”

Nous nous sommes aimés de fougue et d’abondance

De Marseille à Capri, du Pirée à Byzance,

Au hasard des recoins du bateau haletant

Toujours sur le qui-vive et pressés par le temps,

Sur des bâches pliées, sur des tas de cordages,

Mais surtout dans les chaloupes de sauvetage.

Grand, solide et rougeaud, le regard ironique,

Le pasteur buvait sec du rhum de Martinique

Il connaissait les hommes, les femmes et le péché

Et savait que Katy, sa belle amourachée

Lui reviendrait bientôt, et sans perdre la boule,

Sitôt que le bateau atteindrait Istamboul…

Le pasteur généreux, grand seigneur, m’invita

Dans un resto flottant, sous le pont Galata,

Il reprit possession, avec verve et humour

De sa volage épouse, de sa poupée d’amour,

Et la gorge serrée, je dus rendre les armes

Quand Katy me quitta, sans verser une larme…

- Eh ! Victor, ici bas, chacun porte sa croix,

Et souvent, le cocu n’est pas celui qu’on croit !

Il t’a bien fait marron, le serviteur de dieu !

Mais qu’avez-vous mangé comme repas d’adieu ?

- Un plat oriental, les “ Dolma yalanci ”,

On connaît : ce sont les feuilles de vignes farcies.

Tu fais blanchir trente secondes,

Dans de l’eau bouillante et salée,

Des feuilles de vignes que tu émondes

Des nervures et parties talées.

Tu les sèches sur du sopalin

Et tu te bois un coup de vin.

Tu colores un oignon et de l’agneau haché

Dans de l’huile d’olive sans laisser attacher,

Un verre de riz sec, laisse prendre du goût,

Puis recouvre d’un doigt d’eau, citronnée surtout.

Laisse cuire dix minutes, rajoute des raisins

Secs trempés, égouttés, cannelle, pignons de pin,

Sale, poivre, cuis à absorber le liquide,

Vide ton verre plein et plains ton verre vide.

Dispose cette farce sur tes portions de feuilles

Roule-les en cylindres, c’est fait en un clin d’œil,

Et pour ne pas qu’ils s’ouvrent, avec un cure-dent

Tu rapproches les bords et tu piques dedans.

Dans le fond d’une poêle, met ces petits rouleaux,

Un peu d’huile d’olive, un demi verre d’eau,

Et fais cuire à feu doux, vingt minutes à couvert.

C’est un plat délicieux, qui rend les hommes verts !

Á nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

JVJ

 

 

Photo X - Droits réservés

 

 

 

14/02/2015

Á tire d'Elle

peynet coeur.jpg

 

Le temps marche sur moi, quant à toi, il t'effleure

Ma taille s'épaissit, mes cheveux ? Je les pleure...

Le temps est un voyou, un voleur de jeunesse,

Mais il transmute aussi la passion en tendresse.

 

Si le torrent fougueux de notre amour total

S’est calmé dans le lac du bonheur conjugal

Après plus de trente ans, il n’a pas une ride,

Et s’il est moins ardent, il n’est que plus solide.

 

Pour mon cœur, pour mon corps, tu restes la plus belle,

Ta mémoire s’estompe, ma Lionne d’amour

Et si tes souvenirs s’enfuient à tire-d’aile,

 

Pour tes yeux de velours je me fais troubadour

Et, pour Saint-Valentin, te dédie ce poème

Je t’aime.

 

 

Merci à l’irremplacé Peynet

 

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13/02/2015

Au bistro de la toile : lueurs de paix en Ukraine.

chimulus bistro copie.jpg

 

- Oh ! Victor, t'as le pif ! Il y a quelques jours, tu nous parlais de « rumeurs de paix en Ukraine ». Ben, ça semble être fait. Chapeau. Tè ! Je mets ma tournée. C'est pas tous les jours qu'on peut lever son verre à la paix...

 

- Á la nôtre. Ces rumeurs de paix se sont transformées en lueurs de paix. Et c'est formidable en ces temps tout ce qu'il y a de perturbés... Ces accords sont ce qu'ils sont, c'est-à-dire fragiles, mais s'ils sauvent quelques vies, c'est déjà un beau résultat.

 

- Poutine a gagné, quoi, soyons réalistes.

 

- Poutine a gagné, et c'est très bien comme ça. Mais les indépendantistes de l'Est n'ont pas été officiellement partie prenante dans ces négociations. Se considéreront-ils liés entièrement à ces accords ? On verra. Et puis regardons les choses en face. Si les Ukrainiens de l'Est et leur gouvernement fantoche ont accepté toutes les concessions imposées par Poutine, c'est parce que leurs troupes régulières comme leurs milices nazies ont pris branlées sur branlées face à des « rebelles » qui se battaient pour l'existence même de leur territoire. Quant aux Atlantistes, qui, parmi eux a envie de se cogner militairement avec l'armée russe ?

 

- C'est quoi l'armée russe actuellement ?

 

- Énorme ! Les Forces armées de la Fédération de Russie comptent environ 1.150.000 soldats. Cependant, le président Poutine souhaite augmenter les effectifs de 500.000 soldats professionnels ce qui amènera son armée à environ 1.350.000 soldats professionnels d'ici 2017. Les Forces terrestres : environ 400.000 soldats, 9.000 chars (3.000 de dernière génération), 300 véhicules de soutien de chars (exclusifs à la Russie, surnommés les Russians terminators, 30.000 véhicules de transport, 500 véhicules de transports de blindés endommagés, 15.000 lance-roquettes multiples, 8.000 blindés anti-aériens (1.500 de dernière génération), 4 500 blindés tout-terrain. L'Armée de l'air : environ 180.000 soldats, 7.000 avions de combat (3.000 de dernière génération), 500 bombardiers stratégiques, 2.500 bombardiers lourds, 3.000 hélicoptères de combat (2.000 de dernière génération), 5.000 hélicoptères de transport, 2.000 avions de transport, 500 avions furtifs/d'espionnage, et environ 300 avions-radars à très longue portée. La Marine : environ 160.000 soldats, 50 destroyers, 7 porte-avions (1 en service), 200 sous-marins d'attaque (150 en service), 8.000 bâtiments de guerre, 26 porte-hélicoptères (28 en comptant les Mistral Français), 500 mouilleurs de mines, 5.000 bateaux d'intervention rapide et 5.000 bateaux de transport. Sans oublier une dizaine de milliers de missiles nucléaires à longue et moyenne portée... Qui a envie de s'attaquer à ça ???

 

- Les Ricains...

 

- C'est là le vrai danger. Ils sont tellement belliqueux, sûr de leur « bon droit », c'est-à-dire le « droit » qu'ils s'arrogent de dominer et piller le reste du monde, qu'ils sont capables de toutes les konneries. N'oublions pas qu'un autre Bush se profile à l'horizon des élections étazuniennes. En Ukraine ces dernières années, ils ont semés la merde. Mais s'ils ont été court-circuités dans ces négociations, ils l'ont en travers et vont chatouiller l'ours russe ailleurs. Ainsi l'Otan – bras armée des multinationales et de la finance yankee – envisage d'ouvrir, dans les six mois qui suivent, un centre de formation et d’entraînement en Géorgie ! Ce centre s'installera à Vaziani, à 25 km de Tbilissi, capitale de la Géorgie. Il s'y fera des exercices réguliers avec l'armée géorgienne et d'autres membres et partenaires de l'Otan. Cette présence permanente de l'Otan au flan de la Russie est une provocation de plus...

 

- Mouais... Cette fois, ce sera loin de chez nous... Allez, à la nôtre !

 

- Il y a une autre chose très positive dans ces accords: c'est qu'ils ont été menés sans les USA. Par les deux poids-lourds de l'Union européenne. Et ça c'est le signe d'une émancipation de l'UE par rapport aux USA. Reste encore à refuser le traité de vassalité Tafta. Mais c'est une autre histoire...

 

 

Illustration : merci à Chimulus

 

 

12/02/2015

Pour oublier la « morosité ambiante », quelques savoureuses « Desproges-rit » !

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L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne !

 

Je ne bois jamais à outrance, je ne sais même pas où c'est.

 

 

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Je n'ai jamais abusé de l'alcool, il a toujours été consentant. 

 

Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant... S'il vous répond, vous êtes schizophrène.

 

 

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5 fruits et légumes par jour, ils me font marrer... Moi , à la troisième pastèque, je cale.

 

L'alcool tue mais combien sont nés grâce à lui ?

 

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Un jour j'irai vivre en Théorie, car en Théorie tout se passe bien.

 

La médecine du travail est la preuve que le travail est bien une maladie !

 

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Dieu a donné un cerveau et un sexe à l'homme mais pas assez de sang pour irriguer les deux à la fois.

 

La lampe torche. Le PQ aussi.

 

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11/02/2015

Grèce : Tsipras dit « OXI !» - NON ! aux ultimatum germano-européens.

Tsipras Syriza.jpg

 

Tsipras n'a pas été impressionné par la volonté d'étranglement financier de l'Union européenne, sous la pression de la Frau Furher Merkel et avec le concours – la complicité - de la Banque centrale européenne. La BCE a tiré la première – prenant là une position politique qui outrepasse ses attributions – en annonçant couper les vivres aux banques grecques le jour même où se réunissait pour la première fois le Parlement grec fraîchement sorti des urnes !

 

Dans un discours musclé dimanche soir devant le Parlement, le premier ministre grec a martelé vouloir tenir toutes les promesses de son parti et notamment les mesures sociales. Il ne cache pas pour autant que la situation financière de son pays est très tendue puisque les rentrées fiscales ne sont pas encore au rendez-vous et que les riches profiteurs de l'ancien régime accélèrent la fuite des capitaux. Georges Stathakis, le solide ministre de l'économie grec estime que la Grèce a besoin de 4 à 5 milliards d'euros jusqu'en juin, le temps de négocier un nouvel accord avec ses créanciers. Et il n'hésite pas à agiter le spectre de la faillite de son pays « pour 5 milliards ! », à cause de la cuistrerie d'une Europe des banksters qui n'a d'Union que le nom.

 

Malgré les sourires faux-cul des dirigeants européens, Hollande et Renzi en premiers, les dirigeants européens s'alignent sur les diktats de la Teutonne en restant intransigeants, menaçant à mots de moins en moins couverts de jeter la Grèce hors de la zone euro (le « grexit » agité par Merkel). L'ultimatum est là : « Où vous acceptez entièrement le plan d'austérité signé par le gouvernement précédant, ou vous dégagez ».

 

L'Europe donne donc jusqu'au 16 février à la Grèce pour accepter l'extension du « plan de sauvetage » (!!??). Mais accepter ce diktat, c'est revoir la troïka honnie revenir à Athènes, contrôler toutes les décisions du gouvernement, mettre son veto sur ce qui ne lui plaît pas, continuer à humilier un pays qui a démocratiquement dit NON dans les urnes. Hors de question a dit et redit Tsipras, soutenu en cela par la majorité des Grecs, descendus dans la rue pour apporter leur soutien à leur nouveau gouvernement. Tsipras assume : il met un terme à ce « plan de sauvetage » et refuse les crédits qui vont avec. Entre la liberté, la dignité et quelques aumônes, il a choisi. Dans l'honneur.

 

Lors de leur tournée européenne, les responsables grecs ont demandé un crédit-relais ainsi qu'un peu de temps pour construire un véritable État et mettre en place de véritables réformes, notamment en matière d'évasion fiscale. On leur répond avec un ultimatum inacceptable...

 

Et la France, que dit-elle ? Hollande a reçu à bras ouverts le premier ministre grec, laissant penser qu'il se ferait l’intermédiaire, l'avocat de la Grèce auprès de l'Allemagne et des autres pays d'Europe. Mais il a suffi que la Teutonne fronce les sourcils pour qu'il s'aligne servilement...

 

Parlons-en de l'Allemagne... Elle s'assoit avec morgue sur ses Hénaurmes crimes passés. La nouvelle présidente du parlement grec, Zoé Konstantopoulou, a confirmé la réactivation de la structure sur les réparations de guerre dues à la Grèce par l'Allemagne, jamais honorées. Une facture qui s'élèverait à 163 milliards d'euros ! Et il y a d'autres contentieux, pas à l'avantage de l'Allemagne. Les responsables grecs disent vouloir rouvrir aussi des enquêtes sur des pots-de-vin qui auraient été versés par des sociétés allemandes à des fonctionnaires grecs et autres malversations où apparaissent des noms comme Siemens, Mercédès, BMW... Accusations de corruption balayés d'un revers de main méprisant par Wolfgang Schaüble, le ministre allemand des finances.

 

L'Union européenne prend donc le risque de sacrifier un des pays emblème de l'Europe pour 5 malheureux milliards.Á comparer avec les milliers de milliards que cette même Europe laisse s'échapper en magouilles fiscales, grâce à la complicité d'un pays confetti voyou, le Luxembourg, dont le metteur en scène de ces magouilles a été placé à la tête de la Commission. Ça donne envie de dégueuler...

 

 

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10/02/2015

Grandes voix. Victor Hugo « discours sur la misère» à l’Assemblée Nationale le 9 juillet 1849

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« Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas le fait, le devoir n’est pas rempli.

 

La misère, Messieurs, j’aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir où elle en est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu’où elle peut aller, jusqu’où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au moyen-âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?

 

Mon Dieu, je n’hésite pas à les citer, ces faits. Ils sont tristes, mais nécessaires à révéler ; et tenez, s’il faut dire toute ma pensée, je voudrais qu’il sortît de cette assemblée, et au besoin j’en ferai la proposition formelle, une grande et solennelle enquête sur la situation vraie des classes laborieuses et souffrantes en France. Je voudrais que tous les faits éclatassent au grand jour. Comment veut-on guérir le mal si l’on ne sonde pas les plaies ?

 

Voici donc ces faits :

 

Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l’émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n’ayant pour lits, n’ayant pour couvertures, j’ai presque dit pour vêtements, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures humaines s’enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l’hiver. Voilà un fait. En voici d’autres : Ces jours derniers, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n’épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l’on a constaté après sa mort qu’il n’avait pas mangé depuis six jours. Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon !

 

Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société toute entière ; que je m’en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l’homme, que ce sont des crimes envers Dieu !

 

Voilà pourquoi je suis pénétré, voilà pourquoi je voudrais pénétrer tous ceux qui m’écoutent de la haute importance de la proposition qui vous est soumise. Ce n’est qu’un premier pas, mais il est décisif. Je voudrais que cette assemblée, majorité et minorité, n’importe, je ne connais pas, moi de majorité et de minorité en de telles questions ; je voudrais que cette assemblée n’eût qu’une seule âme pour marcher à ce grand but, à ce but magnifique, à ce but sublime, l’abolition de la misère !

 

Et, messieurs, je ne m’adresse pas seulement à votre générosité, je m’adresse à ce qu’il y a de plus sérieux dans le sentiment politique d’une assemblée de législateurs ! Et à ce sujet, un dernier mot : je terminerai là.

 

Messieurs, comme je vous le disais tout à l’heure, vous venez avec le concours de la garde nationale, de l’armée et de toutes les forces vives du pays, vous venez de raffermir l’État ébranlé encore une fois. Vous n’avez reculé devant aucun péril, vous n’avez hésité devant aucun devoir. Vous avez sauvé la société régulière, le gouvernement légal, les institutions, la paix publique, la civilisation même. Vous avez fait une chose considérable… Eh bien ! Vous n’avez rien fait !

 

Vous n’avez rien fait, j’insiste sur ce point, tant que l’ordre matériel raffermi n’a point pour base l’ordre moral consolidé ! Vous n’avez rien fait tant que le peuple souffre ! Vous n’avez rien fait tant qu’il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère ! Vous n’avez rien fait, tant que ceux qui sont dans la force de l’âge et qui travaillent peuvent être sans pain ! Tant que ceux qui sont vieux et ont travaillé peuvent être sans asile ! Tant que l’usure dévore nos campagnes, tant qu’on meurt de faim dans nos villes tant qu’il n’y a pas des lois fraternelles, des lois évangéliques qui viennent de toutes parts en aide aux pauvres familles honnêtes, aux bons paysans, aux bons ouvriers, aux gens de cœur ! Vous n’avez rien fait, tant que l’esprit de révolution a pour auxiliaire la souffrance publique ! Vous n’avez rien fait, rien fait, tant que dans cette œuvre de destruction et de ténèbres, qui se continue souterrainement, l’homme méchant a pour collaborateur fatal l’homme malheureux ! »

 

Victor Hugo

 

Photo X - Droits réservés

 

 

 

09/02/2015

Rumeurs de paix en Ukraine ?

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Et pourquoi pas ? Pourquoi les Européens - et Merkel en premier lieu – ne s'affranchiraient-ils pas de la tutelle étazunienne, de plus en plus insupportable ? Pourquoi resterions-nous ces toutous impuissants léchant servilement la main de nos « maitres » yankees alors que la puissance économique de l'Union Européenne est supérieure à celle des Etas-Unis ? Pourquoi nous couperions-nous de ce formidable partenaire qu'est la fédération de Russie, bien plus proche de nous géographiquement et culturellement que ne sont les bouffeurs de hamburgers ?

 

La question ukrainienne est peut-être cette occasion. Tous les merdias français tapent à bras raccourcis sur la Russie, rendant Poutine responsable d'une « agression » contre son voisin ukrainien. Rappelons pourtant que cette crise ukrainienne a été créée, fomentée, organisée par les USA pour tout un faisceau de raisons plus ou moins occultes : - poursuivre et parachever leur œuvre d'encerclement militaire de la Russie par l'Otan ; - mettre la main sur les richesses de l'Ukraine ; - affaiblir la Russie et susciter un renversement de son leader pour le remplacer par un fantoche à leur botte ; - semer le chaos au sein de l'Europe en créant un antagonisme dangereux entre l'Union européenne et la Fédération de Russie, ceci dans le but de maintenir leur souveraineté sur le monde.

 

Seulement, ça ne marche pas. Hollande et Merkel ont enfin compris que les manœuvres yankees les desservaient grandement et faisaient des européens les dindons de la farce.

 

Pour les Ricains, le deal est simple : « Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi, ça se discute. » Tu acceptes et on te donnera quelques broutilles ; tu refuses et tu peux t'attendre à des représailles ; tu ne cèdes pas, alors « boum-boum » ! Le fer et le feu sur les récalcitrants puis...les Yankees s'en vont, laissant un effroyable chaos. Comme en Irak, comme en Afghanistan, comme en Syrie, comme aujourd'hui en Ukraine.

 

Pour les Russes, les priorités sont autres. D'abord et avant tout, ils ne veulent en aucune manière d'une menace encore aggravée de l'Otan à leurs frontières. Pour eux, l'Ukraine dans l'Otan et donc des bases US à quelques kilomètres de leur territoire, c'est un casus belli. Ensuite, ils sont très sourcilleux sur les pays de l'ex-URSS peuplés en grande partie de Russes ou de russophones qui – travaillés par la propagande US, les dollars et les coups fourrés de la CIA – voudraient échapper à ce qu'ils considèrent comme leur zone d'influence naturelle et leur glacis de sécurité militaire. Ils n'ont pas oublié la trahison de la parole donnée à Gorbatchev concernant le fait que les ex-républiques de l'Est ne devait pas adhérer à l'Otan. Enfin, les « rebelles » de l'Est de l'Ukraine mettent partout en déroute les troupes ukrainiennes (les premiers luttent pour l'existence même de leur pays, les autres - à part quelques régiments nazis - n'ont pas trop le cœur de tirer sur leurs frères de l'Est). Poutine a donc intérêt à gagner du temps de façon à laisser les « rebelles » agrandir leur territoire jusqu'à réaliser une continuité terrestre entre le territoire russe et la Crimée.

 

Quant aux Européens, surtout la France et l'Allemagne, ils devraient enfin ouvrir les yeux et comprendre que les USA n'agissent que dans leur propre intérêt (en fait celui de leurs multinationales et de leurs banques) et se foutent comme de leur premier génocide des intérêts de leurs vassaux... Qui subit le contrecoup des sanctions contre la Russie ? Pas les USA mais les Européens (Allemagne et Pologne en premier, sous la menace d'une coupure du gaz russe, Allemagne encore pour ses débouchés industriels, France pour ses ventes agroalimentaires, d'armements et de haute technologie). Seulement pour avoir voix au chapitre, encore faut-il avoir quelques muscles à montrer...

 

Les négociations actuelles « de la dernière chance » réussiront s'ils laissent les USA en dehors et aux conditions que nous venons de voir : - pas d'entrée de l'Ukraine dans l'Otan, - abolition des sanctions contre la Russie, - établissement d'une fédération ukrainienne laissant une large autonomie à des provinces de l'Est clairement définis géographiquement et viables économiquement.

 

Après quoi, rien n'empêchera d'établir des relations étroites entre l'UE et la Fédération de Russie, pour établir à long terme la plus formidable puissance qu'il soit, de Brest à Vladivostok.

 

Illustration: merci à Pinel

 

08/02/2015

Gastronomie dominicale à la cuisine Jonathan SWIFT

 

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L’écrivain Jonathan Swift, pour protester contre l’effroyable misère qui sévissait alors en Irlande sous domination anglaise, a écrit en 1729 un pamphlet aussi féroce que désespéré. L’Europe et la mondialisation ultra libérale donnent une nouvelle jeunesse à ce texte. En temps de crise, à lire et à méditer ce petit chef-d’œuvre de second degré et d’ironie sarcastique:

 

(…) Un Américain très avisé que j’ai connu à Londres m’a assuré qu’un jeune enfant en bonne santé et bien nourri constitue à l’âge d’un an un mets délicieux, nutritif et sain, qu’il soit cuit en daube, au pot, rôti à la broche ou au four, et j’ai tout lieu de croire qu’il s’accommode aussi bien en fricassée ou en ragoût.

 

(…) Je porte donc humblement à l’attention du public cette proposition : sur ce chiffre estimé de cent vingt mille enfants, on en garderait vingt mille pour la reproduction, dont un quart seulement de mâles - ce qui est plus que nous n’en accordons aux moutons, aux bovins et aux porcs -, la raison en étant que ces enfants sont rarement les fruits du mariage, formalité peu prisée de nos sauvages, et qu’en conséquence un seul mâle suffira à servir quatre femelles.

 

On mettrait en vente les cent mille autres à l’âge d’un an, pour les proposer aux personnes de bien et de qualité à travers le royaume, non sans recommander à la mère de les laisser téter à satiété pendant le dernier mois, de manière à les rendre dodus et gras à souhait pour une bonne table. Si l’on reçoit, on pourra faire deux plats d’un enfant, et si l’on dîne en famille, on pourra se contenter d’un quartier, épaule ou gigot, qui, assaisonné d’un peu de sel et de poivre, sera excellent cuit au pot le quatrième jour, particulièrement en hiver.

 

J’ai calculé qu’un nouveau-né pèse en moyenne douze livres et qu’il peut, en une année solaire, s’il est convenablement nourri, atteindre vingt-huit livres.

Je reconnais que ce comestible se révélera quelque peu onéreux, en quoi il conviendra parfaitement aux propriétaires terriens qui, ayant déjà sucé la moelle des pères, semblent les mieux qualifiés pour manger la chair des enfants.

 

(…) Ainsi que je l’ai précisé plus haut, subvenir aux besoins d’un enfant de mendiant (catégorie dans laquelle j’inclus les métayers, les journaliers et les quatre cinquièmes des fermiers) revient à deux shillings par an, haillons inclus, et je crois que pas un gentleman ne rechignera à débourser dix shillings pour un nourrisson de boucherie engraissé à point, qui, je le répète, fournira quatre plats d’une viande excellente et nourrissante, que l’on traite un ami ou que l’on dîne en famille. Ainsi, les hobereaux apprendront à être de bons propriétaires et verront leur popularité croître parmi leurs métayers, les mères feront un bénéfice net de huit shillings et seront aptes au travail jusqu’à ce qu’elles produisent un autre enfant.

 

Ceux qui sont économes (ce que réclame, je dois bien l’avouer, notre époque) pourront écorcher la pièce avant de la dépecer ; la peau, traitée comme il convient, fera d’admirables gants pour dames et des bottes d’été pour messieurs raffinés.

 

Quant à notre ville de Dublin, on pourrait y aménager des abattoirs, dans les quartiers les plus appropriés, et qu’on en soit assuré, les bouchers ne manqueront pas, bien que je recommande d’acheter plutôt les nourrissons vivants et de les préparer « au sang » comme les cochons à rôtir. (...)

 

(…) Nul doute que cet aliment attirerait de nombreux clients dans les auberges dont les patrons ne manqueraient pas de mettre au point les meilleures recettes pour le préparer à la perfection, et leurs établissements seraient ainsi fréquentés par les gentilshommes les plus distingués qui s’enorgueillissent à juste titre de leur science gastronomique ; un cuisinier habile, sachant obliger ses hôtes, trouvera la façon de l’accommoder en plats aussi fastueux qu’ils les affectionnent. (…)

 

(…)Nous devrions voir naître une saine émulation chez les femmes mariées - à celle qui apportera au marché le bébé le plus gras -, les hommes deviendraient aussi attentionnés envers leurs épouses, durant le temps de leur grossesse, qu’ils le sont aujourd’hui envers leurs juments ou leurs vaches pleines, envers leur truie prête à mettre bas, et la crainte d’une fausse couche les empêcherait de distribuer (ainsi qu’ils le font trop fréquemment) coups de poing ou de pied. (…)

 

(…)Je conjure les hommes d’État qui sont opposés à ma proposition, et assez hardis peut-être pour tenter d’apporter une autre réponse, d’aller auparavant demander aux parents de ces mortels s’ils ne regarderaient pas aujourd’hui comme un grand bonheur d’avoir été vendus comme viande de boucherie à l’âge d’un an, de la manière que je prescris, et d’avoir évité ainsi toute la série d’infortunes par lesquelles ils ont passé jusqu’ici, l’oppression des propriétaires, l’impossibilité de régler leurs termes sans argent ni travail, les privations de toutes sortes, sans toit ni vêtement pour les protéger des rigueurs de l’hiver, et la perspective inévitable de léguer pareille misère, ou pis encore, à leur progéniture, génération après génération. (…)

 

 

Jonathan SWIFT - 1729

 

 

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 Photo X - Droits réservés

 

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