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19/09/2017

La « droite mélenchonienne » !

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Je suis en train d’entendre sur France Inter les propos d’un type qui s’exprime bien, qui pourfend le CETA, qui veut s’attaquer aux diktats de la grande distribution, qui s’en prend aux exilés fiscaux, à ce système de la rente et de la finance toute puissante, qui veut réformer le statut des élus, etc. Et je me dis : « Tiens, tonton Demorand a invité un Insoumis ! C’est bien » ! Et puis… voilà que le journaleux cite le nom de son invité, et c’est le dénommé Guillaume Pelletier, un type qui se veut le poil à gratter de… la droite ! On aura tout entendu… Que penser ? Ça change tellement des dégueulis de Waukiez qu’on se gratte le ciboulot, perplexe, en se disant que c’est peut-être de l’enfumage.

Ce pillage du programme des Insoumis de Mélenchon, ce « red washing » pour parler « branché » n’est pas nouveau : le FN de Marine-Philippot en a fait une spécialité, avec succès d’ailleurs puisque – hélas – l’essentiel des classes populaires a voté pour ce parti. Alors cette politique du rémora qui a réussi au FN, pourquoi ne pas l’utiliser pour revigorer « une droite rance » comme la qualifie Pelletier ?

Et puis voilà que le héraut de la « droite mélenchonienne » comme le classifie Demorand commence à feller Sarko ! Et le masque commence à branler sérieusement… Alors je vais voir dans Interniais qui est ce Guillaume Pelletier. Et j’apprends que c’est un cul béni, ancien membre du Front national de la jeunesse (FNJ), proche du père de Marion Maréchal-Le Pen, grenouillant avec les cathos intégristes ; puis il choisit Megret contre Le Pen père. On le retrouve dans l’entourage de Charles Millon et de Philippe de Villiers. Il se ramasse aux législatives en 2002 avec 2,89 % et est condamné à un an d’inéligibilité pour une histoire de comptes de campagne. Puis le voilà dans la sphère dirigeante du MPF de De Villiers. Il se ramasse encore quelques gamelles électorales et le voilà fin prêt pour passer à l’UMP où la magouille est une qualité reconnue. Il fait ses classes dans ce parti auprès de Hortefeux, puis de Sarko, enfin il passe chez Fillon à la primaire de la droite. On le voit sur les plateaux télé mais aussi… dans le bureau des juges (Le 11 décembre 2014, il est placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête pour délit de favoritisme et prise illégale d’intérêts à la mairie de Menton. Aucune charge n’est retenue contre lui.) Il est finalement élu cette année député LR du Loir-et-Cher.

Alors le masque est tombé. Qu’attendre d’une telle girouette sinon un énième enfumage. La droite reste la droite. Michel Onfray en a bien décortiqué la pensée : « la métaphysique de droite, la pensée de droite, l’ontologie de droite : l’existence d’idées pures sans relations avec le monde. Le Mal, le Bien, les Bons, les Méchants, et l’on peut ainsi continuer : les Courageux, les Fainéants, les Travailleurs, les Assistés, un genre de théâtre sur lequel chacun joue son rôle, écrit bien en amont par un Destin qui organise tout. Un Destin ou Dieu si l’on veut. Ainsi le Gendarme, le Policier, le Juge, le Soldat, le Militaire et, en face, le Criminel, le Délinquant, le Contrevenant, l’Ennemi. Logique de guerre qui interdit toute paix possible un jour. »

Les idées des uns ou des autres, les tiennes, les miennes, sont naturellement égoïstes, individualistes plutôt que collectives, réactionnaires, sujettes aux peurs, au désir de repli, de fermeture, de rejet de l’inconnu, de l’étrange, de l’inquiétant, du mal compris, de l’Autre, de l’Avenir, du désordre… Si l’on ne fait pas un effort intellectuel, les idées pencheront naturellement vers le facile, la droite… Pour être « de droite » radicalement, il suffit de se laisser aller.

Être de gauche, ou d’une droite antifasciste et respectueuse des droits, genre Bayrou et peut-être Macron, ce n’est pas forcément être meilleur, plus gentil, plus humain. C’est surtout être moins kon ! C’est penser les phénomènes dans leur histoire et n’approuver que les décisions politiques qui, à terme, ne rendent impossibles ni le progrès des libertés ni l’amélioration du « vivre ensemble ».

Il a encore du chemin à faire notre héraut de la « droite mélenchonienne » !


Illustration: merci à Large

 

18/09/2017

Des sous et des seins

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Ecoute ! Ecoute !

 

Un type arrive chez son meilleur pote, c'est sa femme qui lui ouvre. 
- Eh ! Salut Sophie. Il est pas là François ? Faut que je le vois ! 
- Ah non il est parti faire une course, mais il ne va pas être long. 
- Je peux l'attendre ? 
- Sûr ! Entre et assoies-toi ! Je t'amène à boire. 
Comme elle revenait avec deux bières, le copain lui dit : 
- Tu sais, Sophie, t'as vraiment les plus beaux seins de la terre, je paierais bien 250 pionss pour en voir un ! 
Sophie réfléchit une seconde et se dit que puisque son mari les voit tous les jours gratos, il n'y a pas de raison que son copain n'en profite pas non plus. Elle ouvre donc son corsage et sort un sein pour le montrer. 
- Ce qu'il est beau ! C'est dommage de n'en voir qu'un... Tiens je te file encore 250 pions et tu me montres les deux ! 
Au point où elle en était, Sophie se dénude complètement la poitrine. 
Le copain la remercie chaleureusement et dépose un billet de 500 euros sur la table puis s'en va. 
Un peu plus tard, le mari revient, sa femme lui dit que son copain est passé. 
- Ah, répondit le mari, il t'a laissé les 500 euros qu'il me devait ? 

 

Photo X - Droits réservés

17/09/2017

Ouiquinde gastronomique: le boeuf à l'Hermitage des bâteliers de Condrieu

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Au sortir de Lyon, le fleuve - lourd des masses

De séracs écroulés, et des torrents de glace,

Et des prairies de neige, et des mers domestiques

Qu'a enfanté pour lui la vigueur helvétique ­

Se joint à l'opulence des grandes eaux de Saône

Pour mériter enfin son nom de Dieu: le Rhône.

Il plonge vers le Sud voluptueusement

Pour créer sa vallée de soleil et de vent.

Il féconde en roulant, et la terre, et la pierre

Pour engendrer la Vigne et ses grains de lumière.

Dans le Septentrion, les vignes du vertige,

Sur les coteaux du Sud, celles du Félibrige.

Vignerons sur les roches, mariniers sur les eaux,

Qui avec ses tonneaux, qui avec ses bateaux,

Les hommes du grand fleuve étaient tous des gagneurs

Car à fleuve divin, il sied d'être un seigneur.

En ces temps là, petit, le Rhône était un dieu

Et sa Jérusalem était à Condrieu.

Ce bourg de pierres blondes, entre l'eau et les vignes,

Engendra les meilleurs, les plus forts, les plus dignes

De ces seigneurs du fleuve. Ah ! il fallait les voir

Les longs trains de bateaux, lorsque tombait le soir

S'arrimer à la rive. Vingt-cinq hommes par rigue

Et autant de chevaux débarquaient dans le bourg

Pour boire, manger, chanter et chasser la fatigue,

Pour se battre parfois, et pour faire l'amour.

Partout dans les auberges, les troquets, les bord' eaux

On débitait friture, vin fort et fricandeaux,

Mais ce que préféraient, avant l'appareillage

Les mariniers, c'était le bœuf à l'Hermitage.

Ce petit port du Rhône, en face de Tournon,

Escarpe sa syrah aux flancs d'un mamelon

Et produit l'un des meilleurs vins rouges qui soit,

Puissant comme un volcan, souple comme la soie.

C'est dans sa robe pourpre que les bons cuisiniers

Mettent à mariner le bœuf des mariniers.

Deux kilos et demi de paleron d'Aubrac

Coupés en gros morceaux et disposés en vrac

Dans un profond faitout avec thym et laurier,

Sel, poivre du moulin et un bel ail entier,

Un verre d'huile d'olive, du marc de Condrieu

Ainsi qu'une bouteille d'Hermitage un peu vieux.

Le lendemain matin, tu fais la retirade

Du bœuf bien imprégné avec ta marinade.

Dispose les morceaux dans un poêlon onché,

Avec plusieurs oignons grossièrement hachés.

Alterne bien les strates de viande et de légumes,

Pour finir, une couche d'oignons de beau volume.

Verse sur l'appareil ton jus de marinade,

Fait cuire à feu très doux, couvert, à l'estouffade.

Un quart d'heure plus tard, du vinaigre, un bon verre,

Ainsi que de gros sel une bonne cuillère.

Tu laisses encore un heure mijoter au frisson.

Pendant ce temps, prépare donc la liaison.

Tu haches finement deux anchois dessalés

Avec deux gousses d'ail, du persil ciselé,

Deux cornichons hachés, saupoudre de farine,

Mouille avec la bonne huile d'olive comtadine.

Puis verse doucement ce bol de liaison

Pour bien l'incorporer à la préparation.

Tu laisses mijoter encore cinq minutes

C'est prêt, tu sers très chaud, et la fête débute.

En accompagnement, quelques pommes vapeur,

Ou bien des pâtes fraîches, et vive le bonheur!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Vallée du Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 2,5 kilos de paleron de bœuf d'Aubrac (si possible), - 2 verres d'huile d'olive de la vallée des Baux, - 1 verre de marc, - 1 bouteille d'Hermi­tage, - 1 verre de vinaigre, - 4 gros oignons, - 2 gousses d'ail, - 2 anchois en filets, - 2 cornichons, - sel, poivre, thym, laurier, farine, - 2 kilos de pommes de terre vapeur ou 1 kilo de pâtes fraîches.

 

Les vins conseillés:

Essentiellement des vins rouges des Côtes-du-Rhône septentrionales: - Condrieu, - Hermitage, - Crozes-Hermitage, - Côte-Rôtie, - Saint-Jo­seph, - Cornas.

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

16/09/2017

Ouiquinde érotico-mystique avec Théophile Gautier

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Le signe de la croix

 

Adorez la croix de l'amour

Qui se forme de quatre roses,

Deux en bouton, et deux écloses,

Trois fleurs de nuit, une de jour.

 

Voici pour ce Dieu que j'honore

Le symbole qui dit: Je crois!

Quatre baisers donnés en croix

Sur les quatre fleurs qu'il colore :

 

Sur les lèvres, dont le carmin

Fait honte aux roses purpurines,

Où deux beaux rangs de perles fines

Brillent, comme dans un écrin;

 

Puis, en descendant de la bouche

A gauche, à droite tour à tour,

Sur deux seins dont le pur contour

Frémit du baiser qui les touche;

 

Et plus bas, sur celle des fleurs

Qui ne reçoit, tendre et craintive,

L'ardent baiser d'une foi vive

Qu'en y répondant par des pleurs.

 

De ce culte tel est l'emblème,

Quand finit, quand renaît le jour,

Signez-vous de la croix d'amour

Devant la beauté qui vous aime.

 

Théophile Gautier

 

Photo X - Droits réservés

14/09/2017

Au bistro de la toile : les Jeux Olympiques rendent Victor ronchon !

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- Oh ! Victor, t’as l’air ronchon ce matin. On t’a mangé ta soupe ou quoi ? Ou alors c’est l’ouragan ? Ou peut-être les jeux olympiques ?

- C’est un peu de tout ça Loulle. Tè, l’ouragan par exemple. Il faut voir les mémères décolorées qui squattent les écrans pour nous faire pleurer sur leur hôtel inondé tout en pourrissant les « zautorités » qui ont été incapables d’anticiper, de prévoir les dégâts de cette rugueuse d’Irma ! Moi, j’ai donné dix pour cent de ma pension à Caroline, une Ardéchoise de mes amies qui a construit une école pour les pauvres, école saccagée par l’ouragan et qu’il faut aider. Au fait Loulle, je crois que tu devrais organiser dans ton rade une collecte pour la villa de Johnny Halliday, pour celle de l’oligarque ruscof Abramovitch, et bien d’autres : sept palaces 5 étoiles (3 000 euros la nuitée) et les quelque 600 villas (jusqu’à 80 000 euros la semaine). Et aussi une collecte pour les yachts qui ont été un peu bousculés dans les baies (loués 150 000 euros la semaine). Toute la misère du monde Loulle.

- C’est vrai ça, Victor. Je vais y penser. Mais enfin, il n’y a pas que des riches à Saint-Barth.

- Ouais. Il y a aussi ceux qui trafiquent la drogue, et puis, enfin, ceux qui travaillent pour faire la vie belle à ces parasites. Ceux-ci sont généralement des émigrés, clandestins ou non de Haïti. Ce sont eux que l’on doit aider.

- Là, où on peut être content et rassuré, Victor, c’est qu’au niveau de la prévision de quelques prochaines catastrophes… imprévues, on a un trio d’experts de haute volée. Ce sont Mlle Le Pen, MM Ciotti et Mélenchon, qui savent exactement ce qu’il aurait fallu faire (mais ne l’ont pas dit avant) et qui préparent le dispositif préventif, réactif, efficace et adapté, à mettre en place d’urgence en prévision de l’éruption volcanique sur les Champs-Élysées et des inondations du Mont Ventoux. Sans parler de la coulée de boue sur Saint-Julien-Molin-Molette et de l’incendie des digues de Saint-Malo.

- C’est rassurant Loulle, on peut dormir tranquilles !

- Bof, heureusement qu’il y a les Jiho.. On a gagné Victor ! On-na-ga-gné ! On-na-ga-gné ! On-na-ga-gné!

- Ah ! Ah ! Ah ! Tu parles d’une victoire ! Depuis ce matin, ils nous gonflent les aliboffis avec cette « superbe victoire de la France » qui a gagné les Jeux Olympiques. On a gagné quoi ? Mon cul… Contre plus personne. Parce que plus personne n’en voulait de ces J.O. L’une après l’autre, les villes concurrentes - Rome, Budapest, Boston ou Hambourg – ont abandonné, sous la pression de leurs populations qui n’avaient pas envie de se retrouver dans la situation d’Athènes ou de Rio, ruinées pour des décennies. Quant à la dernière ville concurrente, Los Angeles, ça s’est réglé à coups de gros sous : Paris aurait fait un chèque de près de 80 millions d’euros à Los Angeles pour qu’elle accepte de passer la fois d’après. Ce qui file le tracsir à ces margoulins du C.I.O. (Comité International Olympique) qui sont bien contents d’avoir pu caser leur barnum quadriennal deux fois de suite ! Les candidats ne se bousculent plus au portillon… Faut dire que ça coûte un bras d’organiser cette konnerie. Les sommes dépensées pour Athènes en 2004 ont porté un coup fatal à la Grèce. Une fois les Jeux terminés, la plupart de la vingtaine de bâtiments construits pour l’occasion n’a en effet plus jamais été utilisée. Une aberration au regard du budget dépensé : de 4,6 milliards d’euros prévus au départ, il est passé, selon les chiffres officiels, à 11,2 milliards. Selon des estimations indépendantes, il serait en fait grimpé à 20 milliards d’euros. Avec la ruine du pays à la clé… Pour Rio on en est dans les 16 à 20 milliards de dollars. Sans évoquer le coût exceptionnel de Pékin 2 008 à 32 milliards €. Record battu par les JO d’hiver de Sotchi 2 014 qui ont coûté 50 milliards $ !

- Ouais mais chez nous, selon les « milieux autorisés » - c’est pas nous Victor – le budget total des jeux de Paris est de 6,6 milliards d’euros, la moitié pour des investissements d’infrastructures qui seront réutilisées, l’autre pour les dépenses opérationnelles.

- Ouais. On en reparlera Loulle. Le « village olympique » sera financé par un PPP (partenariat public privé) c’est-à-dire du pognon sorti des poches du public pour engraisser les multinationales privées. L’expérience montre que les dépassements sont toujours de l’ordre de 200 à 300 %. Et les frais de la sécurité ? Qui les paient ? Et combien ça coûtera ?

- Oui mais il faut regarder les retombées aussi Victor.

- Mouais… Entre 5,3 et 10,7 milliards d’euros de recettes. Bonjour la précision ! En grande partie pour les secteurs du tourisme (de 27 % à 35 % des retombées) et de la construction (autour de 18 % des retombées). Selon une étude financée par… le comité d’organisation !

- N’oublie pas l’image Victor. Le formidable coup de projecteur sur l’excellence de la France. Pom pom pom….pom pom pom pom….pom om !

- Pourquoi pas. Sauf s’il y a un attentat… Enfin, les dépenses, on peut les quantifier, les retombées, beaucoup moins. D’autant que les États accueillant les JO sont tenus d’adopter une « loi olympique » qui prime sur le droit commun ! Cette loi d’exception « suspend, dans un espace donné et à un moment donné, la loi ordinaire. Adoptée par les parlements des États, elle a pour objectif de sécuriser l’événement olympique. Les États remettent finalement une partie de leurs pouvoirs régaliens à une institution extérieure », c’est-à-dire au CIO. Le marché est simple : si tu veux les jeux, tu acceptes les conditions du Comité International Olympique. Celui-ci a en effet des contrats avec des sponsors, des exclusivités avec des dispositions particulières et si le droit de l’État ne permet pas que le contrat s’applique, l’État devra modifier sa législation. Tout simplement. Sans oublier cette horreur économique qu’est l’exonération fiscale, probablement du même genre que celle ayant sévi lors de l’Euro 2 016 de football : aucun impôt sur les bénéfices, pas de cotisations sociales, et zéro taxe d’apprentissage. Tout bénef pour les sponsors et les organisateurs, toute la merde pour l’État organisateur…

- Bon, t’es ronchon aujourd’hui Victor, tu roumègues. Tè ! Bois un coup, c’est ma tournée olympique.

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

11:13 Publié dans actualités, humour, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j.o.

12/09/2017

Fainéants de tous les pays, unissez-vous !

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Cynique, fainéant et fier de l’être, puis-je me permettre de te donner un petit conseil, Jupiter (disons plutôt Zeus, mieux vaut l’original que la copie) ? Trouve un coin peinard dans ton Olympe et demande à un de tes potes – Dionysos par exemple – de t’initier à ce subtil bonheur : glander ! Marcher avec le temps au lieu de te laisser dévorer par lui. Ecouter ta vie. Réfléchir au lieu de t’agiter.

En ex-Indochine, un proverbe dit : « Les Vietnamiens plantent le riz, les Cambodgiens le regardent pousser, les Laotiens l’écoutent pousser ». Toute une philosophie de vie qui désacralise le « travail ». « Travail » (du latin tripalium, instrument de torture). Ils sont bien plus valorisants les termes « labeurer » ou « labourer » plus spécifique et « œuvrer », accomplir une œuvre.

Le travail implique contrainte, souffrance, malédiction divine. Le sinistre M. Thiers, dans le sein de la Commission sur l’instruction primaire de 1849, disait : « Je veux rendre toute-puissante l’influence du clergé, parce que je compte sur lui pour propager cette bonne philosophie qui apprend à l’homme qu’il est ici-bas pour souffrir et non cette autre philosophie qui dit au contraire à l’homme : "Jouis". » Thiers – fossoyeur de la Commune - formulait la morale de la classe bourgeoise dont il incarna l’égoïsme féroce et l’intelligence étroite. Il a eu cinq longues et sombres années durant un digne successeur en la personne de Sarkozy et de son « travailler plus pour… ».

La paresse, la fainéantise, le glandage sont l’apanage d’une élite. On naît fainéant. C’est une chance immense et une injustice pour les autres. L’art de ne rien faire est difficile et ne semble pas donné à tout le monde. Même les loisirs en prennent un coup : le temps libre est de plus en plus confisqué par la télévision et les industriels des loisirs. Nombreux sont ceux qui redoutent l’inaction et réclament un ordre du jour même pendant leurs vacances. Comme s’ils craignaient de se laisser aller, de se laisser guider par la fantaisie. Peut-être par peur de se retrouver seuls avec eux-mêmes ?

Nous sommes influencés par cette culture où le religieux ("Tu te nourriras à la sueur de ton front !") se mêle à l’économique (travailler plus pour gagner plus) et condamne l’oisif à travailler. Sauf s’il est rentier ou/et actionnaires ! Dans ce cas, c’est son capital qui travaille pour lui, c’est-à-dire vous, moi, les cochons de payants de la France d’en-bas.

Après des siècles de christianisme et avec l’esprit du capitalisme, on n’imagine pas passer sa vie dans l’inactivité, à moins de passer pour un marginal ou un illuminé. Et malheur à vous si vous avez la malchance d’être au chômage ou si vous avez choisi de faire passer votre vie personnelle avant le travail. On aura vite fait de vous soupçonner de paresse, fainéantise ou de manque d’ambition. Et vous perdrez votre vie à la gagner. Et pourtant ! Dans une autre vie, j’ai même été « chef d’entreprise ». Et je n’embauchais que des fainéants avoués. Ils sont les plus fiables, les plus efficaces des collaborateurs : un fainéant œuvre vite pour avoir plus vite fini et bien pour ne pas avoir à y revenir

Il y a dans l’art de ne rien faire le signe d’une conscience vraiment affranchie des multiples contraintes qui, de la naissance à la mort, font de la vie une frénétique production de néant. Niquer ces contraintes est une libération.

Dans le système capitaliste d’exploitation de l’humain, il y a de la malice, assurément, à en faire le moins possible pour un patron, à s’arrêter dès qu’il a le dos tourné, à saboter les cadences et les machines, à pratiquer l’art de l’absence justifiée. La paresse ici sauvegarde la santé et prête à la subversion un caractère plaisant. Elle rompt l’ennui de la servitude, elle brise le mot d’ordre, elle rend la monnaie de sa pièce à ce temps qui vous ôte huit heures de vie et qu’aucun salaire ne vous laissera récupérer. Elle double avec un sauvage acharnement les minutes volées à l’horloge pointeuse, où le décompte de la journée accroît le profit patronal. Voler ainsi un patron, n’est-ce pas de la récupération ?

Pourtant, il plane sur la paresse une telle culpabilité que peu osent la revendiquer comme un temps d’arrêt salutaire, qui permet de se ressaisir et de ne pas aller plus avant dans l’ornière où le vieux monde s’enlise. Encore que ! Certaines entreprises découvrent les bienfaits de la sieste !

Qui, des allocataires sociaux, proclamera qu’il découvre dans l’existence des richesses que la plupart cherchent où elles ne sont pas ? Ils n’ont nul plaisir à ne rien faire, ils ne songent pas à inventer, à créer, à rêver, à imaginer. Ils ont honte le plus souvent d’être privés d’un abrutissement salarié qui les privait d’une paix dont ils disposent maintenant sans oser s’y installer.

La culpabilité dégrade et pervertit la paresse, elle en interdit l’état de grâce, elle la dépouille de son intelligence. Pourtant ils feraient dans la fainéantise d’étonnantes découvertes : un coucher de soleil, le scintillement de la lumière dans les sous-bois, l’odeur des champignons, le goût du pain qu’il a pétri et cuit, le chant des cigales, la conformation troublante de l’orchidée, les rêveries de la terre à l’heure de la rosée, sans oublier les formidables rêves érotiques !

- Oh ! Victor ! Bois un coup, ça te passera !

- Merci !

« Nous aurons bien mérité la retraite » soupirent les travailleurs. Ce qui se mérite, dans la logique de la rentabilité, a déjà été payé dix fois plutôt qu’une !

Si la paresse s’accommodait de la veulerie, de la servitude, de l’obscurantisme, elle ne tarderait pas à entrer dans les programmes d’État qui, prévoyant la liquidation des droits sociaux, mettent en place des organismes caritatifs privés qui y suppléeront : un système de mendicité où s’effaceront les revendications qui, il est vrai, en prennent docilement le chemin si l’on en juge par les dernières supplications publiques sur le leitmotiv « donnez-nous de l’argent ! ». L’affairisme de type mafieux en quoi se reconvertit l’économie en déclin ne saurait coexister qu’avec une oisiveté vidée de toute signification humaine.

La paresse est jouissance de soi ou elle n’est pas. N’espérez pas qu’elle vous soit accordée par vos maîtres ou par leurs dieux. On y vient comme l’enfant par une naturelle inclination à chercher le plaisir et à tourner ce qui le contrarie. C’est une simplicité que l’âge adulte excelle à compliquer.

Que l’on en finisse donc avec la confusion qui allie à la paresse du corps le ramollissement mental appelé paresse de l’esprit - comme si l’esprit n’était pas la forme aliénée de la conscience du corps.

L’intelligence de soi qu’exige la paresse n’est autre que l’intelligence des désirs dont le microcosme corporel a besoin pour s’affranchir du travail qui l’entrave depuis des siècles.

La paresse est un moment de la jouissance de soi, une création, en somme ! Le fainéant est un créateur naturel. Un créateur de bonheur !

Au fait, Jupiter, ne serais-tu pas un peu feignant, toi ? Feignant, pas fainéant. Celui qui feint, qui fait semblant…

 

Illustration X - Droits réservés

11/09/2017

Scandale EPR Flamanville : derniers jours pour soutenir l’ASN contre le lobby nucléocrate.

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Derniers carats pour refuser que des fous volent l’avenir de nos enfants. C’est mardi 12 septembre que s’arrête la « procédure de participation du public » confidentiellement lancée par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) concernant une sérieuse anomalie de la composition chimique de l’acier de la cuve du réacteur EPR de Flamanville, pouvant conduire à dégrader sa capacité à résister à la propagation d’une fissure. Autrement dit risquer une rupture de la cuve et une catastrophe du genre Three Miles Island, voire Tchernobyl ou Fukushima. Vous pouvez approfondir votre connaissance du dossier et donner votre avis sur le site de l’ASN :

 

ICI

 

La cuve est le récipient dans lequel se passe la réaction nucléaire. C’est une pièce cylindrique de 11 mètres de hauteur, de 7 mètres de diamètre, avec un fond et un couvercle (calotte) soudés. Elle ne doit en aucun cas se rompre sous peine de catastrophe genre Tchernobyl ou Fukushima. L’acier qui la compose se doit donc de répondre à des critères métallurgiques précis. Or ce n’est pas le cas. Les pièces ont échoué aux tests de résilience, qui mesurent la capacité de l’acier à encaisser un choc sans se rompre en cas de choc de température chaud ou froid.

Les industriels ont déjà englouti 10,5 milliards dans cette réalisation d’un autre âge. Plutôt que d’interrompre le projet le temps de réaliser tous les tests et de s’assurer de la bonne tenue des pièces défectueuses, EDF et Areva se sont dépêchés de poursuivre les travaux, mettant ainsi l’ASN devant le fait accompli. Embrouille bien dans la ligne de tous les magouillages, de toutes les connivences, de tous les maquillages de documents toujours présents dans ce redoutable dossier, comme dans tout ce qui touche au nucléaire d’ailleurs.

Le fond de cuve et le couvercle ont été fabriqués par les forges du Creusot, entreprises n’ayant pas les capacités technologiques pour réaliser un travail aussi complexe et délicat dans la précision des dosages des alliages utilisés. Ces entreprises (coulage, forge, usinage) ont été des fleurons de l’industrie française mais, de manque de modernisation en rachats douteux dans lesquels on trouve un Bolloré, elles ont perdu bien de leurs capacités.

Le coulage de ces pièces a débuté en 2005, la réalisation impliquant trois sites industriels Industeel (Arcelor) Creusot Forge (pour les opérations de forge proprement dite) et Creusot Mécanique (pour l’usinage de la pièce). EDF, comme Areva connaissaient ces problèmes et la pièce aurait dû être refusée. Mais, d’atermoiements en dissimulation, il a fallu attendre dix ans pour que l’ASN puisse décide. Et voilà qu’arrive très opportunément une dérogation à la réglementation qui fait que l’ASN, malgré ses réticences, doit émettre un avis favorable à la mise en service de la cuve de l’EPR, sous certaines conditions elles-mêmes discutables.

Pourquoi une telle dérogation ? Parce que EDF a créé une situation irréversible en installant la cuve qu’elle savait défectueuse mais dont le remplacement coûterait deux bras et engendrerait de nouveau des retards considérables. Pas bon pour « la filière nucléaire » ça, Coco ! Alors roule…

Une telle dérogation n’est pas acceptable car elle porte sur deux éléments de la cuve du réacteur, dont la rupture pourrait provoquer un accident grave, voire majeur.

La France fait dès à présent figure de dinosaure ringard en Europe avec son industrie du passé ! Nous gaspillons des montagnes de pognon à maintenir en place un parc de centrales nucléaires dépassées, vieilles, devenues très dangereuses comme l’a révélé Fukushima. Nous construisons à coups de milliards toujours plus nombreux un EPR ringard puisque n’étant que le prolongement technologique même pas amélioré des centrales existantes. Tout le pognon que notre pays jette dans le gouffre du nucléaire ne serait-il pas plus utile en matière d’éoliennes, de photovoltaïque, de géothermie, d’économie d’énergie, de bâtiments à bilan énergétique neutre, etc. ! Toutes matières neuves, d’avenir, pourvoyeuses d’emplois et de devises à l’exportation. C’est le choix qu’ont fait les Allemands depuis des années. Et nous nous essoufflerons à leur courir après dans l’avenir à cause de la lâcheté de gouvernants inféodés au lobby des nucléocrates…

Même si notre avis risque de ne pas peser lourd face aux « intérêts de la filière nucléaire » et aux lobbies de la mafia des nucléocrates, donnons notre avis à l’ASN qui a besoin de nous pour résister :

 

ICI

 

Sources :

https://www.dropbox.com/s/ai35jjjhioyv965/Note%20ASN%20en%20vue%20de%20la%20r%C3%A9union%20du%2023%20mars%202016%20avec%20le%20HCTISN.pdf?dl=0

https://www.lalettrea.fr/strategies-d-entreprise/2016/09/29/un-bollore-derriere-les-cuves-defaillantes-de-l-epr-normand, 108183321-ARL

https://www.asn.fr/Reglementer/Participation-du-public/Co...

https://blogs.mediapart.fr/jfvictor2icloudcom/blog/140817...

 

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10/09/2017

Ouiquinde gastronomique stellaire

 

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Sabine

 

Dans l’été parfumé, un peu avant minuit

Antoine va rejoindre Sabine dans la nuit.

Sous un bouquet de pins perché sur la falaise

Ils se creusent un lit d’amour et de liesse,

 

Puis, gonflés de désir, leurs deux corps dénudés,

Se jettent l’un sur l’autre avec voracité.

Emportés par l’élan de leurs folles étreintes

Ils goûtent sans compter un plaisir sans contrainte.

 

Enfin le corps repu ils s’étendent sans voiles

Pour écouter la nuit et parler aux étoiles.

Ils appellent Deneb, Véga et Altaïr,

 

Complices de leurs jeux, témoins de leur plaisir.

Plus tard lorsque la vie les aura séparés

Ils se retrouveront en voyant Cassiopée.

 

 

L'agneau en tajine

 

- L’on ne vit pas toujours que d’amour et d’eau fraîche

Et lorsque Cupidon a remballé ses flèches,

Quand le corps est comblé, il faut bien le remplir

Pour lui donner les forces d’où monte le désir.

Manger sous les étoiles est un plaisir subtil

Qui joint élégamment l’agréable à l’utile.

Je te propose donc, pour Antoine et Sabine

Un plat oriental : de l’agneau en tajine.

Les tajines se font toujours à l’étouffée

Et sont encor meilleurs lorsqu’ils sont réchauffés.

Tu désosses au couteau une épaule d’agneau

Que tu vas découper en assez gros morceaux.

Avec huile et oignon, tu les fais rissoler,

Qu’ils soient juste dorés et l’oignon pas brûlé.

Tout en surveillant bien, met dans une coupelle

Du gingembre râpé, ail, poudre de cannelle,

Un zeste de citron, un peu de persil plat

Puis tu verses l’ensemble, en tournant, dans ton plat.

Ajoute poivre et sel et mouille à ras d’eau chaude,

Monte à ébullition et couvre avec méthode.

Tu laisses cuire une heure, en couvrant ta cocotte

Puis tu vas rajouter un kilo de carottes,

Une botte de feuilles de coriandre hachée,

Tu trouves cette plante chez les bons maraîchers,

Et enfin n’oublie pas, pour couronner tout ça

Une grosse cuillère à café d’harissa,

Mélange emblématique dans le nord de l’Afrique

Qui redonne du nerf aux plus neurasthéniques !

Tu trouves ça en tube ou en boite, tout prêt

Mais tu peux aisément, aussi, le préparer.

Tu piles deux ou trois gousses d’ail au mortier,

Du coriandre frais, des piments antillais,

Algériens, tunisiens, ou encor marocains,

Une cuillère d’eau, du sel et du cumin.

Puis tu fais revenir dans de l’huile, à feu doux.

Ton harissa est prêt et, “ Ah, dis donc, Doudou ! ”

Il y a là de quoi relever les ardeurs

Amoureuses de trois régiments d’artilleurs !

Pour demi heure encore tu laisses mijoter,

Puis tu mets des olives noires dénoyautées.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 1 épaule d'agneau désossée, - 4 oignons émincés, - 1 kilo de carottes, - 1 botte de coriandre frais, - 6 branches de persil plat, - 1 bon morceau de gingembre frais râpé, - 3 gousses d'ail, - 1 cuillerée à café de poudre de cannelle, - 1 cuillerée à café d'harissa, - 3 hectos d'olives noires dénoyautées.

 

Les vins conseillés:

À plat puissant, vins généreux. Pour l'agneau en tajine, en vins de la vallée du Rhône: Cairanne, Vinsobres, Visan, Tulette, Rochegude, Suzette, Séguret, Violès, Rasteau, Sérignan-du­-Comtat, Beaumes-de-Venise, Lirac, Bédarrides, St-Gervais, St-Victor-Lacoste, Estézargues, Domazan.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Pic-­Saint-Loup, Saint-Georges-d'Orques, La Méjanelle, Faugères, Minervois, Fitou, Corbières, Collioure

En vins de Provence: Bandol, Palette, Barjols, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Cogolin, Le Cannet-des-Maures, Bellet.

 

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09/09/2017

Ouiquinde sulfureux avec un grand Monsieur: Louis Aragon

 

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Le con d'Irène

 

Si petit et si grand ! C’est ici que tu es à ton aise, homme enfin digne de ton nom, c’est ici que tu te retrouves à l’échelle de tes désirs. Ce lieu, ne crains pas d’en approcher ta figure, et déjà ta langue, la bavarde, ne tient plus en place, ce lieu de délice et d’ombre, ce patio d’ardeur, dans ses limites nacrées, la belle image du pessimisme. Ô fente, fente humide et douce, cher abîme vertigineux.

C'est dans ce sillage humain que les navires enfin perdus, leur machinerie désormais inutilisable, revenant à l'enfance des voyages, dressent à un mât de fortune la voilure du désespoir. Entre les poils frisés comme la chair est belle sous cette broderie bien partagée par la hache amoureuse, amoureusement la peau apparaît pure, écumeuse, lactée. Et les plis joints d'abord des grandes lèvres bâillent. Charmantes lèvres, votre bouche est pareille à celle d'un visage qui se penche sur un dormeur, non pas transverse et parallèle à toutes les bouches du monde, mais fine et longue, et cruciale aux lèvres parleuses qui la tentent dans leur silence, prête à un long baiser ponctuel, lèvres adorables qui avez su donner aux baisers un sens nouveau et terrible, un sens à jamais perverti.

Que j'aime voir un con rebondir.

Comme il se tend vers nos yeux, comme il bombe, attirant et gonflé, avec sa chevelure d’où sort, pareil aux trois déesses nues au-dessus des arbres du Mont Ida, l’éclat incomparable du ventre et des deux cuisses. Touchez mais touchez donc vous ne sauriez faire un meilleur emploi de vos mains. Touchez ce sourire voluptueux, dessinez de vos doigts l’hiatus ravissant. Là que vos deux paumes immobiles, vos phalanges éprises à cette courbe avancée se joignent vers le point le plus dur, le meilleur, qui soulève l’ogive sainte à son sommet, ô mon église.

Ne bougez plus, restez, et maintenant avec deux pouces caresseurs, profitez de la bonne volonté de cette enfant lassée, enfoncez, avec vos deux pouces caresseurs écartez doucement, plus doucement, les belles lèvres, avec vos deux pouces caresseurs, vos deux pouces. Et maintenant, salut à toi, palais rose, écrin pâle, alcôve un peu défaite par la joie grave de l’amour, vulve dans son ampleur à l’instant apparue. Sous le satin griffé de l’aurore, la couleur de l’été quand on ferme les yeux.

Ce n’est pas pour rien, ni hasard ni préméditation, mais par ce BONHEUR d’expression qui est pareil à la jouissance, à la chute, à l’abolition de l’être au milieu du foutre lâché, que ces petites sœurs des grandes lèvres ont reçu comme une bénédiction céleste le nom de nymphes qui leur va comme un gant. Nymphes au bord des vasques, au cœur des eaux jaillissantes, nymphes dont l’incarnat se joue à la margelle d’ombre, plus variables que le vent, à peine une ondulation gracieuse chez Irène, et chez mille autres mille effets découpés, déchirés, dentelles de l’amour, nymphes qui vous joignez sur un nœud de plaisir, et c’est le bouton adorable qui frémit du regard qui se pose sur lui, le bouton que j’effleure à peine que tout change. Et le ciel devient pur, et le corps est plus blanc. Manions-le, cet avertisseur d’incendie.

Déjà une fine sueur perle la chair à l’horizon de mes désirs. Déjà les caravanes du spasme apparaissent dans le lointain des sables. Ils ont marché, ces voyageurs, portant la poudre en poire, et les pacotilles dans des caisses aux clous rouillés, depuis les villes des terrasses et les longs chemins d’eaux qu’endiguent les docks noirs. Ils ont dépassé les montagnes. Les voici dans leurs manteaux rayés. Voyageurs, voyageurs, votre douce fatigue est pareille à la nuit. Les chameaux les suivent, porteurs de denrées. Le guide agite son bâton, et le simoun se lève de terre, Irène se souvient soudain de l’ouragan. Le mirage apparaît, et ses belles fontaines... Le mirage est assis tout nu dans le vent pur. Beau mirage membré comme un marteau-pilon. Beau mirage de l’homme entrant dans la moniche. Beau mirage de source et de fruits lourds fondant. Voici les voyageurs fous à frotter leurs lèvres. Irène est comme une arche au-dessus de la mer. Je n’ai pas bu depuis cent jours, et les soupirs me désaltèrent. Han, han. Ire appelle son amant. Son amant qui bande à distance. Han, han. Irène agonise et se tord. Il bande comme un dieu au-dessus de l’abîme. Elle bouge, il la fuit, elle bouge et se tend. Han. L’oasis se penche avec ses hautes palmes. Voyageurs vos burnous tournent dans les sablons. Irène à se briser halète. Il la contemple. Le con est embué par l’attente du vit. Sur le chott illusoire, une ombre de gazelle...

Enfer, que tes damnés se branlent, Irène a déchargé.

 

Louis Aragon

 

 

 

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07/09/2017

Mais qu'est-ce qu'il veut tonton Kim ?

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Il mange trop, tonton Kim !

On nous gonfle les aliboffis avec le risque de guerre nucléaire résultant des « provocations » de tonton Kim en Corée du Nord. Risque nul en vérité, quoique… avec Trump à la tête de la nation la plus puissante, la plus armée (le budget militaire des USA est équivalent à la somme de tous les autres budgets défense du reste du monde !), la plus belliqueuse sur terre…

Risque malgré tout très faible par le pouvoir « magique » de la dissuasion : « si tu me crames, tu es sûr que toi aussi tu seras cramé ! ». Peu de risques non plus de guerre conventionnelle : un bombardement US sur la Corée du Nord signifierait immédiatement des millions de morts en Corée du sud, les zones très peuplées près de la capitale de ce pays satellite des États-Unis étant à portée directe de l’artillerie du Nord.

Mais au fait, quel est le « crime » de tonton Kim ? Que réclame-t-il ?

Il faut revenir à la genèse de l’État que sa dynastie gouverne.

L’ensemble de la péninsule coréenne était sous occupation japonaise depuis 2010. Suite à la capitulation du Japon, en 1945, les États-Unis et l’Union-Soviétique occupèrent la Corée, les uns au Sud, les autres au Nord d’une ligne tampon établie au 38e parallèle. S’ensuivit une tentative d’élections libres qui échoua, débouchant sur une partition de fait puis de droit, la partie nord mettant en place un gouvernement communiste et la partie sud un gouvernement pro américain.

Qui provoqua l’autre ? Toujours est-il qu’une guerre ouverte s’établit entre les deux Corée, avec invasion de la partie sud par les armées du nord, bien mieux préparées. L’ONU, sans les Soviétiques, vota une intervention militaire. Plus de 340 000 soldats, essentiellement étasuniens, avec des corps expéditionnaires d’une vingtaine de nations, notamment français, renforcèrent l’armée du sud. Ces forces, sous le commandement de Mac Arthur, repoussèrent les nordistes loin au-delà du 38e parallèle, jusqu’aux abords de la frontière chinoise.

C’en était trop pour la Chine qui entra dans la danse au côté de la Corée du nord avec pas moins de 1,7 million de « volontaires ». Les forces onusiennes furent refoulées, Séoul fut occupé par les nordistes, puis repris par les sudistes. Le front s’établit de nouveau autour du 38e parallèle qui devint une frontière avec une zone tampon démilitarisée suite à la signature d’un armistice et d’un pacte de non-agression entre les deux frères ennemis.

Les deux Corée se développèrent différemment selon le modèle de leurs « protecteurs ». Mais les deux pays restent officiellement en état de guerre puisque aucun traité de paix n’a jamais été signé ! Ceci à cause des États-Unis qui l’on toujours refusé. Cette guerre fut cruelle : près d’un million de morts militaires, deux millions de morts civils, trois millions de réfugiés. Séoul fut détruit aux trois-quarts ainsi que la plupart de villes du nord.

L’essentiel des ressources de la Corée du nord va à l’armée qui est très puissante et bien équipée. Les fusées et les bombes A puis maintenant H montrent à la face du monde un potentiel technologique remarquable et largement sous-estimé. Ces armements garantissent à Kim qu’il ne subira pas, de la part de qui que ce soit, le sort de Saddam Hussain et de Kadhafi. Si la bombe est une assurance vie pour nous, elle l’est aussi pour les Coréens du nord.

De plus la Chine tient à l'existence de ce voisin remuant car elle ne veut en aucune manière avoir une frontière directe avec la Corée du sud et ses troupes « amies » étasuniennes...

Qu’est-ce qu’il demande tonton Kim ? Tout simplement la signature d’un traité de paix et la reconnaissance internationale. Sont-ce vraiment des prétentions exorbitantes ?


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06/09/2017

Grandes voix : IBN KHALDOUN — Les Prolégomènes.

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Ibn Khaldoun (1332 - 1406) de son nom complet Abou Zeid Abd ur-Rahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami, est un historien, philosophe, diplomate et homme politique d’origine arabe. Il est issu d'une tribu bédouine, originaire de la région de l'Hadramaout au Yémen, qui s'est ensuite déplacée en Espagne au début de la conquête musulmane au VIIIe siècle. Ibn Khaldoun est aussi un historien de premier plan auquel on doit la Muqaddima (traduite en Prolégomènes).

Ibn Khaldoun est né à Tunis en 1332 et mort en Égypte en 1406. Dans ses Prolégomènes, il présente une description de l’islam incluant le concept de jihad offensif sur lesquels des islamistes du XXe siècle comme Hassan al-Banna, Sayyid Qutb et Syed Maududi ont amplement commenté. Notez que son traducteur français du XIXe siècle utilise le terme islamisme au lieu d’islam :

Dans l’islamisme, la guerre contre les infidèles est d’obligation divine, parce que cette religion s’adresse à tous les hommes et qu’ils doivent l’embrasser de bon gré ou de force. On a donc établi chez les musulmans la souveraineté spirituelle et la souveraineté temporelle, afin que ces deux pouvoirs s’emploient simultanément dans ce double but. Les autres religions ne s’adressent pas à la totalité des hommes; aussi n’imposent-elles pas le devoir de faire la guerre aux infidèles; elles permettent seulement de combattre pour (leur) propre défense. Pour cette raison, les chefs de ces religions ne s’occupent en rien de l’administration politique. (Partie 1 – p. 469 Google Livres)

 

Allez, donnons la parole à ce monument de l'islam. Mais ça ne va pas plaire à tout le monde...

Extrait de Les Prolégomènes troisième partie – page 311 et suite :

« Les Arabes ne peuvent établir leur domination que dans les pays de plaines.

Le naturel farouche des Arabes en a fait une race de pillards et de brigands. Toutes les fois qu’ils peuvent enlever un butin sans courir un danger ou soutenir une lutte, ils n’hésitent pas à s’en emparer et à rentrer au plus vite dans la partie du désert où ils font paître leurs troupeaux. Jamais ils ne marchent contre un ennemi pour *270 le combattre ouvertement, à moins que le soin de leur propre défense ne les y oblige. Si, pendant leurs expéditions, ils rencontrent des emplacements fortifiés,des localités d’un abord difficile, ils s’en détournent pour rentrer dans le plat pays. Les tribus (berbères) se tiennent à l’abri d’insultes, sur leurs montagnes escarpées, et défient l’esprit dévastateur qui anime les Arabes. En effet ceux-ci n’oseraient pas les y attaquer ; ils auraient à gravir des collines abruptes, à s’engager dans des chemins presque impraticables et à s’exposer aux plus p.310 grands dangers. Il en est autrement dans les plaines ; s’il n’y a pas de troupes pour les garder, et si le gouvernement établi montre de la faiblesse, elles deviennent la proie des Arabes, la curée dont ils se repaissent. Ces nomades y renouvellent leurs incursions, et, comme ils peuvent en parcourir toute l’étendue très facilement, ils s’y livrent au pillage et aux actes de dévastation, jusqu’à ce que les habitants se résignent à les accepter pour maîtres. La possession de ces malheureuses contrées passe ensuite d’une tribu à une autre ; tout s’y désor-ganise, et la civilisation en disparaît tout à fait. Dieu seul a du pouvoir sur ses créatures.

Tout pays conquis par les Arabes est bientôt ruiné.

Les habitudes et les usages de la vie nomade ont fait des Arabes un peuple rude et farouche. La grossièreté des mœurs est devenue pour eux une seconde nature, un état dans lequel ils se complaisent, parce qu’il leur assure la liberté et l’indépendance. Une telle disposition s’oppose au progrès de la civilisation.

Se transporter de lieu en lieu, parcourir les déserts, voilà, depuis les temps les plus reculés, leur principale occupation. Autant la vie sédentaire est favorable au progrès de la civilisation,autant la vie nomade lui est contraire. Si les Arabes ont besoin de pierres pour servir d’appuis à leurs marmites, ils dégradent les bâtiments afin de se les procurer ; s’il leur faut du bois pour en faire des piquets ou des soutiens de tente, ils*271 détruisent les toits des maisons pour en avoir. Par la nature mêmede leur vie, ils sont hostiles à tout ce qui est édifice ; or, construire desédifices, c’est faire le premier pas dans la civilisation. Tels sont les Arabes nomades en général ; ajoutons que, par leur disposition naturelle, ils sont toujours prêts à enlever de force le bien d’autrui, à chercher les richesses les armes à la main 1et à piller sans mesure et sans retenue. Toutes les fois qu’ils jettent leurs regards sur un beau troupeau, sur un objet d’ameublement, sur un ustensile quelconque, ils l’enlèvent de force.

Si, par la conquête d’une province par la fondation d’une dynastie, ils se sont mis en état d’assouvir leur rapacité, ils méprisent tous les règlements qui servent à protéger les propriétés et les richesses des habitants. Sous leur domination, la ruine envahit tout. Ils imposent aux gens de métier et aux artisans des corvées pour lesquelles ils ne jugent pas convenable d’offrir une rétribution. Or l’exercice des arts et des métiers est la véritable source de richesses, ainsi que nous le démontrerons plus tard. Si les professions manuelles rencontrent des entraves et cessent d’être profitables, on perd l’espoir du gain et l’on renonce au travail ; l’ordre établi se dérange et la civilisation recule. Ajoutons que les Arabes négligent tous les soins du gouvernement ; ils ne cherchent pas à empêcher les crimes ; ils ne veillent pas à la sûreté publique ; leur unique souci c’est de tirer de leurs sujets de l’argent, soit par la violence, soit par des avanies. Pourvu qu’ils parviennent à ce but, nul autre souci ne les occupe. Régulariser l’administration de l’État, pourvoir au bien-être du peuple soumis, et contenir les malfaiteurs sont des occupations auxquelles ils ne pensent même pas. Se conformant à l’usage qui a toujours existé chez eux, ils remplacent les peines corporelles par des amendes, afin d’en tirer profit et d’accroître leurs revenus. Or de simples amendes ne suffisent pas pour empêcher les crimes et pour réprimer les tentatives des malfaiteurs ; au contraire, elles encouragent les gens mal intentionnés, qui regardent une peine pécuniaire comme peu de chose, pourvu qu’ils accomplissent leurs projets criminels ; aussi les sujets d’une tribu arabe restent a peu près sans gouvernement, et un tel état de choses détruit également la population d’un pays et sa prospérité. Nous avons dit, vers le commencement de cette section, que le gouvernement monarchique convient d’une manière spéciale à la nature de l’espèce humaine ; sans lui, la société et même les individus n’ont qu’une existence bien précaire. Ajoutons encore que les nomades sont avides du pouvoir et qu’à peine en trouvera-t-on parmi eux un seul qui consentirait à remettre l’autorité entre les mains d’un autre ; un Arabe, exerçant un commandement ne le céderait ni à son père, ni à son frère, ni au chef de sa famille. S’il y consentait, ce serait à contre-cœur et par égard pour les convenances ; aussi trouve-t-on chez les Arabes beaucoup de chefs et de gens revêtus d’une certaine autorité. Tous ces personnages s’occupent, les uns après les autres, à pressurer la race conquise et à la tyranniser. Cela suffit pour ruiner la civilisation. Le khalife Abd-el-Mélek (Ibn Merouan) demanda un jour à un Arabe du désert en quel état il avait laissé El-Haddjadj, pensant qu’il entendrait l’éloge de cet officier, dont l’excellente administration avait maintenu la prospérité de la province qu’il gouvernait. Le Bédouin lui répondit en ces termes : « Quand je le quittai, il faisait du tort à lui seul»

Voyez tous les pays que les Arabes ont conquis depuis les siècles les plus reculés : la civilisation en a disparu, ainsi que la population ; le sol même paraît avoir changé de nature. Dans le Yémen, tous les centres de la population sont abandonnés, à l’exception de quelques grandes villes ; dans l’Irac arabe, il en est de même ; toutes les belles cultures dont les Perses l’avaient couvert ont cessé d’exister. De nos jours, la Syrie est ruinée ; l’Ifrîkiya et le Maghreb souffrent encore des dévastations commises par les Arabes. Au cinquième siècle de l’hégire, les Beni-Hilal et les Soleïm y firent irruption, et, pendant trois siècles et demi, ils ont continué à s’acharner sur ces pays; aussi la dévastation et la solitude y règnent encore. Avant cette invasion, toute la région qui s’étend depuis le pays des Noirs jusqu’à la Méditerranée était bien habitée : les traces d’une ancienne civilisation, les débris de monuments et d’édifices, les ruines de villes et de villages sont là pour l’attester. Dieu est héritier de la terre et de tout ce qu’elle porte ; il est le meilleur des héritiers. (Coran, sour. XXI, vers 89

Voyez, par exemple, la Perse : aussitôt que les musulmans se furent emparés d’El-Medaïn, capitale de cet empire, toute la puissance des Perses fut anéantie. Les provinces frontières étaient cependant restées au pouvoir de Yezdeguird ; mais cela ne lui servit de rien. Il en fut tout le contraire de la domination de l’empire grec en Syrie : lorsque les musulmans eurent enlevé ce pays aux Grecs, ceux-ci se retirèrent vers Constantinople, siège de leur empire ; aussi la perte de la Syrie ne leur nuisit pas. En effet, leur puissance se maintiendra jusqu’à ce que Dieu veuille en permettre la chute. Voyez aussi les Arabes dans les premiers temps de l’islamisme. Comme ils étaient très nombreux, ils s’emparèrent facilement des pays voisins : la Syrie, l’Irac et l’Égypte tombèrent promptement entre leurs mains. Alors ils portèrent leurs armes plus loin et envahirent le Sind, l’Abyssinie, l’Ifrîkiya et le Maghreb ; ensuite ils pénétrèrent en Espagne. S’étant fractionnés en bandes, afin d’occuper ces royaumes et de garder ces frontières étendues, ils finirent par perdre de leur force et se trouvèrent dans l’impossibilité de faire de nouvelles conquêtes ; aussi l’islamisme se trouva-t-il arrêté dans son progrès et n’alla pas plus loin. Parvenue à cette limite extrême, la domination musulmane commença un mouvement rétrograde qui doit continuer jusqu’à ce que Dieu permette la ruine de cet empire. Tel a été le sort des États qui se sont formés depuis (l’établissement de l’islamisme) ; qu’ils aient eu à leur disposition beaucoup de troupes ou peu, aussitôt qu’ils les eurent distribuées dans les provinces, ils ne purent plus effectuer des conquêtes. »

Source : https://www.amazon.fr/prol%C3%A9gom%C3%A8nes-Troisi%C3%A8me-partie-Ibn-Khaldoun/dp/1514712679

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04/09/2017

Migrants : comment et pourquoi « Out of Africa… »

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À l’invitation de la France, le Tchad, le Niger, la Libye (laquelle ? !), l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne ont débattu des questions migratoires, le 28 août dernier. Écoutons le président français, hôte de ce mini-sommet : lien

« Le sujet de la réunion du jour était donc celui des migrations et des flux migratoires illégaux et massifs que nous connaissons depuis plusieurs années et qui affectent chacun de nos pays de façon très différente mais qui nous déstabilisent tous parce que nous ne sommes pas parvenus à les maîtriser et que nous continuons à les subir. Il y a d’abord eu la route de la Méditerranée orientale où les flux se sont aujourd’hui considérablement réduits ; c’est sur les routes de la Méditerranée centrale aujourd’hui que les problèmes se concentrent, même si durant les mois de juillet et août, les flux ont baissé ; et de la Méditerranée occidentale, où les flux augmentent à nouveau, que se portent nos préoccupations. »

/… le fait que certains groupes de trafiquants qui sont les trafiquants d’armes, les trafiquants de vies humaines, de drogue et les groupes liés au terrorisme et qui ont fait du désert en Afrique un cimetière et de la Méditerranée, un cimetière. Ce sont les mêmes qui sont profondément liés au terrorisme. Et donc lorsque nous voulons traiter ces sujets, nous traitons la chaîne continue de ces problèmes.

Les flux ont baissé surtout parce que l’Italie, excédé par l’abandon européen et épuisé de supporter seule des flux migratoires incessants, a négocié avec le gouvernement libyen un arrêt des départs de migrants vers ses côtes contre un soutien aux garde-côtes libyens, des équipements, des bateaux, de l’argent. Les efforts du « gouvernement » libyen ne dureront évidemment que tant que durera l’aide italienne… Les mafias qui se disputent ces juteux trafics d’êtres humains tout le long du littoral, de la frontière tunisienne à Tripoli, et maintenant à l’est de cette ville, veulent toutes « en croquer » !

Donnant, donnant ! Comme au temps de Khadafi qui, jusqu’à ce qu’il soit assassiné par Sarko au nom du peuple français, se servait du robinet à migrants pour obtenir ce qu’il voulait de l’Italie et des autres pays européens. Et puis… le complexe pétrolier de Mellitah, à Zouara, est exploité par la Libye et la compagnie italienne ENI. Il y aurait même paraît-il, un camp d’internement pour migrants dans une raffinerie, duquel les migrants seraient forcés à travailler gratuitement…

Ces flux de migrants ont baissé aussi depuis que l’Italie a mis le holà sur la complicité de ces navires d’ONG pseudo-humanitaires avec les trafiquants de chair humaine ! Depuis la mi juillet, le nombre d’arrivée de migrants en Italie a considérablement chuté, les groupes armés qui régissent le trafic jouant même un rôle actif pour empêcher les départs, en gardant dans des camps de rétention les malheureuses victimes du mirage européen, esclaves aux mains de voyous sans scrupule pour lesquels ils sont une main-d’œuvre et des sources d’organes à trafiquer, comme les armes, l’or ou la drogue. L'important pour eux, c'est le pognon, qu'il vienne de l'exportation de migrants ou de leur utilisation, sur pied ou en pièces détachées sur place. Cynisme mais , hélas, réalité sordide.

Facile de s’en prendre aux Italiens. Ils sont en première ligne depuis des années. Il n’est guère étonnant qu’ils essaient des solutions réalistes même si elles offusquent les fines bouches…

Macron précise :…/… Nous allons avec nos partenaires européens renforcer la coopération avec les pays d’origine et les pays de transit pour démanteler ces réseaux de trafiquants illégaux…/… démanteler ces réseaux et une aide au retour dans les pays d’origine. À cela s’ajoutent les mécanismes de contrôle aux frontières, les actions ciblées mais également le développement économique des communautés locales qui permet à celles et ceux qui sont parfois tombés dans le trafic ou l’économie du trafic de trouver d’autres perspectives locales de développement…/… la possibilité d’organiser un retour vers les pays d’origine qui sera organisée à travers justement notre action directe par des actions de coopération directe, pays par pays, avec les pays d’origine et par une action en matière de développement à cet égard.

Jupiter aborde enfin le fond du problème :

/… nous souhaitons conduire, nous, pays européens, en lien avec l’Union européenne, à savoir une politique de développement puisqu’une grande majorité justement de ces migrants qui prennent ces routes de la nécessité au péril de leur vie, font vivre les trafiquants parce qu’ils n’arrivent pas à avoir une vie normale et un développement normal dans leur pays. Et donc la politique de développement que l’Union européenne conduit et que nous conduisons sur le plan bilatéral, doit évidemment être renforcée et c’est ce que ce texte acte aussi, qui nous permettra d’aller en ce sens et c’est le cadre d’ensemble dans lequel nous inscrivons la démarche d’aujourd’hui. »

L’Afrique est une des clés du maintien ou non de la paix, de la démocratie, de l’existence même de l’Europe confronté à une invasion rampante. Les guerres, l'insécurité sont des causes, mais la cause de fond reste soigneusement occultée, frappée par un tabou pourtant bousculé dernièrement par Macron : il s'agit de la progression géométrique de sa population à comparer avec la progression arithmétique de ses ressources vivrières. Avec pour conséquences évidentes une pression toujours plus grande d’une émigration d’une partie de sa population vers l’Europe. Pression migratoire qui ne pourra se réguler qu’en mettant sur pied un véritable plan de développement de l’Afrique sur place. Encore faudrait-il que ces pays soient en paix… Entre eux et à l’intérieur de chaque pays. Ce qui n’est pas le cas et même l’exception. Et ne nous faisons pas d’illusion : il n’est pas dans le pouvoir de l’Europe de pacifier ces régions. François « Normalou » Hollande en sait quelque chose. Merci à Sarkozy à qui nous devons – entre autres - le foutoir libyen.

Macron, lui, parle d’un plan de développement sur place. Mais un plan de développement efficace doit être débarrassé du racket et de l’exploitation par les multinationales des ressources gigantesques de cet énorme continent. Dehors Areva ! Où paye. Dehors Bolloré ! Ou paye. Dehors Total ! Ou paye. Dehors Nestlé ! Ou paye. Dehors Bill Gates ! Ou paye.

L’Afrique attire les « investisseurs » internationaux. Mais pour quel développement ? Pour un développement prédateur, néocolonialiste. Ces firmes voyous saccagent les forêts, extraient les arbres les plus rentables, puis déboisent et plantent des palmiers à huile. Et ça rapporte quoi aux Africains ça ? Rien. Par contre ça les envoie à travers déserts et Méditerranée vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe. Le « progrès » des tracteurs a ruiné l’agriculture vivrière en détruisant la mince couche de terre arable patiemment fabriquée par des générations de petits cultivateurs. Oui mais ça engraisse Deutz, McCormick et autres…

Les firmes voyous qui néocolonialisent l’Afrique – françaises, européennes, étasuniennes et maintenant surtout chinoises - extraits les minerais d’uranium, de cuivre, de cobalt, d’or, de diamants et laissent une terre ruinée de latérite stérile et polluée. Et ça rapporte quoi aux Africains ça ? Rien. Par contre ça les envoie à travers déserts et Méditerranée vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.

À côté des firmes voyous, il y a les Etats voyous, Etats voleurs de terre : (Chine, Corée du Sud, Arabie saoudite, Libye, Qatar, etc.) et les investisseurs voyous privés (fonds de pensions, banques, etc.). Ces bandits achètent la terre, le territoire, envoient les bulldozers, saccagent, défrichent, font fuir les paysans avec l’aide musclée des potentats locaux à la patte abondamment graissée, puis plantent des cultures d’exportation (cacao, arachide, café, riz, fleurs). Et ça rapporte quoi aux Africains ça ? Rien. Par contre ça les envoie à travers déserts et Méditerranée vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.

Et que dire de ce pillage des élites africaines ? ! « Il y a plus de médecins béninois en région parisienne que dans tout le Bénin ». Il en est de même pour les ingénieurs et les techniciens pourtant indispensables au développement de ces pays.

Au lieu de cette économie de prédation, ne vaudrait-il pas mieux mettre en place une réforme agraire en expulsant les grands propriétaires terriens pour partager, avec le soutien financier et réglementaire de l’État, les terrains en petites exploitations principalement axées sur les cultures et l’élevage vivriers ? ! Il y aura forcément une faible productivité, mais tant mieux : ça donnera du travail aux populations locales. Mais attention au syndrome « Zimbabwe » ou une réforme agraire de ce type mal menée a ruiné le pays…

Ne vaudrait-il pas mieux mettre en place de petites unités industrielles locales, directement en prise avec les besoins locaux : fabrication d’outils, de vêtements, de biens de consommation, d’habitations préfabriquées, de véhicules bon marché adaptés au pays, etc. ? ! Et même les pousser à exporter mais en assortissant ce développement local d’un indispensable protectionnisme vis-à-vis de la concurrence des grands pays développés qui subventionnent leurs exportations, refilent aux Africains leurs produits de seconde zone et tuent ainsi dans l’œuf toutes les initiatives locales.

Ce modèle de développement, aux antipodes de celui proposé, imposé plutôt par les organisations prédatrices que sont le FMI (Fond Monétaire International), la Banque mondiale, l’OMC (Organisation mondiale du commerce), a réussi il y a quelques décennies en Corée du Sud, en Malaisie, au Vietnam.

Ne serait-il pas plus réaliste, et efficace, de s’inspirer de ce qui a réussi ailleurs plutôt que de laisser la bride sur le cou à toutes ces institutions, multinationales et États nuisibles ? L’acceptation des investissements des états et firmes prédatrices devrait s’assortir d’un accord de ce genre : sur 1 000 que vous investissez, on vous en concède 500 pour vos cultures exportatrices, mais on vous impose d’investir 500 pour le développement de cultures vivrières à travers une aide financière et technique aux petits paysans locaux. Et idem pour les implantations industrielles venant en appui de l’artisanat et à la petite industrie locale. Pour que ça rapporte enfin aux Africains, que ça leur rende la fierté de leurs pays, et que leur enlève de l’esprit ce mirage qui les envoie, à travers déserts et Méditerranée, vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.

On nous rétorquera que l’argent de l’aide internationale coule à flots en Afrique… Mais il coule dans quelles poches ? Car peut-on envisager un tel développement positif avec des dirigeants et des administrations corrompus jusqu’à la moelle ? Mais qui dit corrompus dit corrupteurs. Et les corrupteurs, qui sont-ils ? Et où sont-ils ? Devinez… En plus, il faut relativiser cette aide financière. Elle est actuellement inférieure au transfert d’argent provenant de la diaspora africaine en Europe…

Enfin, il est une question taboue qu’il faut pourtant bien aborder : les bienfaits de la médecine moderne ont fait chuter heureusement la mortalité infantile. On s’en réjouit. L’espérance de vie s’en est trouvée allongée. Et donc la démographie a explosé tandis que la production restait au niveau d’une agriculture de subsistance, elle-même ruinée par les exportations subventionnées de produits européens.

Conclusion : une aide massive ne s’évaporant pas dans des poches corrompues doit se conjuguer avec une régulation efficace de la surpopulation. Les Chinois l’on fait, les Indiens tentent de le faire. Mais, au-delà de toute coercition, la manière la plus efficace de limiter les naissances, c’est l’éducation. Mais débarrassée des carcans de l'islam et du christianisme avec leur natalisme forcené.

Faute de résoudre ce double défi : développement économique de l’Afrique et limitation des naissances, l’Europe va se trouver confronter, dans les décennies qui viennent, à une gigantesque question migratoire. Qui ne se résoudra pas avec le sourire…

Ne jamais oublier les paroles de Boumedienne qui déclarait, en 1974 devant l’assemblée de l’ONU : « Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour faire irruption dans l’hémisphère nord. Et certainement pas en amis. Car ils y feront irruption pour le conquérir. Et ils le conquerront en le peuplant de leurs fils, c’est le ventre de nos femmes qui nous offrira la victoire. »

Allez, pour finir sur une note positive, merci à Borloo de se décarcasser pour donner « la lumière pour tous » les Africains et enfin merci à tous ces talentueux footballeurs africains qui sont la richesse et font la fierté de l'équipe France ! Sauf s'ils tombent sur Joubert...


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03/09/2017

Ouiquinde gastronomique braconnier

lapins de champs  pour le web.jpg

 

Les lapins de champs du Grand Gaby

 

Grand long, dégingandé, sec

Perché sur un long cou d'échassier famélique,

Le Grand Gaby est un Prince de la barrique.

Ce fervent défenseur de l'ardeur vigneronne

Est médaillé d'honneur de la Coste-du-Rhône :

N'a-t-il pas englouti, pour se mouiller la glotte

Six cents hectos de vin, sans un verre de flotte!

Ceci en soixante ans d'une soif flamboyante,

Éteinte verre en bouche, de manière constante.

Tout comme d'autres tirent, Gaby boit des deux mains,

En saluant la foule, tel un tribun romain.

Le Grand Gaby, doté d'un vigoureux sésame

Est, cela va de soi, le chéri de ses dames.

Minettes délurées, bourgeoises en goguette

Attirées par sa réputation d'athlète,

Négligeant les on-dit qui prédisent leur perte,

Viennent à son mazet, ouvertes et offertes.

Elles doivent aimer le suint de sanglier

Car leur amant dégage un fumet de gibier.

Priape, Éros, Bacchus, protecteurs de Gaby,

Bénissent les amours cachés dans son gourbi.

Ses conquêtes, souvent, mangeront du lapin

Lorsque leur étalon part avec ses copains...

Le lapin, il est vrai, est sa spécialité,

Tant dans la casserole que contre ses beautés.

Souvent le Grand Gaby, quand vient le crépuscule,

Part hanter la garrigue où la chouette hulule.

Silencieusement, tous les sens aux aguets,

Il s'en va, dans la nuit, pour tendre ses arqués (1) :

De puissants pièges ronds, tendus par un ressort,

Pour les lapins de champs, synonymes de mort...

Quant l'aube aux doigts de roses éveille la nature

Gaby est déjà là pour prendre ses captures.

Les gardes le connaissent, tous veulent le coincer,

Mais le Grand, plus malin que la maréchaussée,

A toujours évité les rencontres néfastes

Tant, de son territoire, sa connaissance est vaste.

- Oh ! Victor, ton Gaby, c'est un bel oiseau rare !

Mais ses lapins de champs, comment il les prépare ?

- Espuillés (2), étripés, coupés en huit morceaux,

Un lapin de garenne chaque deux commensaux,

Tu frottes du thym sec de la dernière estive,

Tu arroses le tout de bonne huile d'olive,

Sel, poivre du moulin et quelques aromates

Et tu fais reposer cela dans une jatte.

Dans ta sartan (3), fonds du petit-salé en dés

Dans un peu de saindoux, quantité limitée.

Quand c'est cuit, mets de l'ail, trois oignons émincés

Trois tomates pelées, soigneusement pressées,

Fais réduire à feu vif sans cesser de tourner,

Rajoute ton lapin à peine fariné,

Fais prendre la couleur en remuant l'ensemble,

Trois verres de vin blanc ou plus si bon te semble,

Plus un morceau de sucre dans quelques verres d'eau.

Encore que la flotte ne soit pas mon credo. . .

Fais cuire sans couvrir, vivement, demi-heure.

Le Gaby l'accompagne par des pâtes au beurre.

Parmi les invités de ces repas de maître,

Le Grand convie parfois...notre garde-champêtre!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- 3 lapins de champs (de garenne), - 2 verres d'huile d'olive la vallée des Baux, - thym sec émietté, - sarriette, - laurier, - sel, - poivre du moulin, ­2 noix de saindoux, - 2 hectos de petit-salé, - 6 gousses d'ail pelé et écrasé, 3 oignons finement émincés, - 3 tomates pelées, mondées, épépinées, - 1 cuillerée à soupe de farine, - 3 grands verres de vin blanc, - 1 morceau de sucre, - 3 verres d'eau, - 1 kilo de pâtes.

 

Les vins conseillés:

 Tous les vins rosés bien frais: Côtes-du-Rhône, Tricastin, Ventoux, Lu­beron, Costières de Nîmes, Coteaux du Languedoc, Côtes de Provence, Coteaux varois.

 

(1) arqués: pièges demi-circulaires à ressort central.

(2) espuillé : écorché.

(3) sartan : poêle.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

02/09/2017

Ouiquinde érotique rimbaldien

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La serveuse

Verger de la Christine aux relents de cloaque, 
Buisson mouillé portant quelques morpions pour baies, 
Une motte à feux roux comme la haie 
En août d'une femme sans époques. 

Mais quelles fesses, voyez-vous ! 
Fesses magistrales, comtales, princières, 
Bonnes à condamner à la dossière 
La verge ponceau des récureurs d’égouts. 

Mais la langue vive et la bouche 
Baveuse et buveuse d'orgeats ! 
Langue fourrée, langue pineuse d'entrechats 
Ou d'entre-fesses ! Et les chibres qu'elle débouche ! 

Goulot d'amour, sa poitrine fleurie, ô ses seins ! 
Mammes roussottes ! Son anus rond : mon ergastule. 
- Gare, Christine ! si jamais je pars et te décule 
Et te brise les colonnades du bassin. 

 

Arthur Rimbaud

 

 

Photo X - Droits réservés

 

 

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Pour lire sur le sable :

Savourez un sulfureux Voyage

livre,chiloum

Livre classique ICI !

ou e-book  LA !

Mieux encore:

Feuilletez-le gratos ICI !

 

31/08/2017

Pollution : je vais chez Loulle boire l’apéro, mais j’y vais à pied !

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Quand j’aurai le temps, j’aurai honte… Honte de mon comportement citoyen déplorable qui porte atteinte à l’existence même de la planète et met en danger la vie de milliers d’innocents ; en effet, je suis redescendu de mes quartiers d’été sur les Hautes Terres du Gévaudan pour rejoindre mes pénates provençales. La honte, c’est que j’ai fait ce voyage dans ma petite bagnole, et que cette caisse marche au diesel ! Oui, vous avez bien lu, au diesel !

La honte donc. Enfin, celle qu' « on » voudrait nous insuffler, à nous, les ignobles salauds qui roulons en petite bagnole diesel ! Et pour nous remettre dans le droit chemin, on va nous taxer un peu plus. Bof, on a l’habitude et en fait on s’en fout. Mais l’embrouille c’est de vouloir nous culpabiliser pour camoufler l’arnaque : le passage de millions d’automobilistes du diesel vers l’essence, compte tenu de la plus grande dépense de carburant des voitures à essence, rapportera des millions voire des milliards de plus en taxes à l’État !

Bon. Voilà. J’ai fait mon caca nerveux. Maintenant on va parler plus sérieusement de la pollution, de ses dangers, de ses véritables responsables. Et de la mondialisation qui nous amène, depuis le bout du monde, l’essentiel des produits que nous consommons. Autant que les faibles coûts de main-d'œuvre, ce sont les coûts dérisoires du transport maritime qui saccagent nos industries et jettent au chômage des millions de pauvres types… Parce que 95 % ces produits arrivent dans les soutes d’énormes cargos et sur les ponts de gigantesques porte-conteneurs.

Les données confidentielles fournies par les initiés de l’industrie maritime en fonction de la taille du moteur et de la qualité du carburant généralement utilisé par les navires et les voitures montrent que seulement 15 des plus grands navires du monde peuvent émettre autant de pollution que toutes les 760 millions de voitures du monde. Le carburant de soute de navire de faible teneur (ou le mazout) a jusqu’à 2 000 fois la teneur en soufre du carburant diesel utilisé dans les automobiles européennes, asiatiques et américaines. La pollution des 90 000 navires de charge mondiaux entraîne 60 000 décès par an et coûte jusqu’à 330 milliards de dollars par année dans les coûts de santé liés aux maladies pulmonaires et cardiaques ! Voilà qui relativise les dangers générés par ma petite Sandero diesel…

La pollution par les navires reste l’une des parties les moins réglementées de notre système mondial de transport. Aujourd’hui, les entreprises maritimes ne réalisent pas moins de 450 milliards de dollars de bénéfices. Entre les mains d’une poignée de personnes, ces entreprises contrôlent notre système de consommation. De plus, chaque année, on comptabilise 122 naufrages, soit un naufrage tous les trois jours pour des navires de plus de 300 conteneurs. Tous les ans, 1,8 million de tonnes de produits toxiques contaminent nos mers, soit 5 000 tonnes par jour. C’est ce qu’on appelle les « marées blanches ». Bonjour les dégâts !

Une seule organisation a les moyens de prendre des mesures restrictives pour faire cesser ce scandale et cette tragédie, c’est l’OMI (Organisation Maritime Internationale) qui siège au sein même de l’ONU. En revanche, celle-ci est dirigée par les pays possédant les plus grandes flottes de cargos. Et qui sont-elles ? Le Panama, le Liberia et les Îles Marshall… Des pays qui permettent à ces navires de complaisances de passer inaperçus dans les hautes mers. L’OMI est donc aux mains des pays qui vendent leur nationalité aux armateurs les moins consciencieux. Ils ont donc tout pouvoir, ils ont le droit de vie et de mort… Mais c’est motus et bouche cousue.

Le transport maritime est responsable de 18 à 30 % de la pollution mondiale des oxydes d’azote (NOx) et de 9 % de la pollution mondiale par oxyde de soufre (SOx). Un grand navire peut générer environ 5 000 tonnes d’oxyde de soufre (SOx) en un an.

La Chine est devenue l’atelier de fabrication de l’essentiel des produits consommés dans le monde. Ces produits, il faut bien les transporter. Ça se fait donc par mer. Une nouvelle génération d’énormes conteneurs intercontinentaux, longs comme quatre terrains de football, a été développée : ils sont extrêmement rentables. Cependant, il utilise des moteurs diesel aussi puissants que les centrales électriques terrestres mais avec un carburant de qualité très inférieure puisqu’il s’agit des déchets du raffinage.

On pourrait élargir le débat aux avions, autres énormes pollueurs qui échappent largement à la réglementation, ou encore à l’agriculture et à ses tracteurs monstrueux. Sans oublier les poids lourds et les autobus, qui s’arrangent toujours pour échapper aux taxes qui retombent sur les malheureux automobilistes.

Bon, je vais chez Loulle boire l’apéro. Et j’y vais à pied !


Source:

https://www.france.tv/documentaires/animaux-nature/15747-le-monde-en-face-cargos-la-face-cachee-du-fret.html

https://www.theguardian.com/environment/2009/apr/09/shipp...

https://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/...


 

26/08/2017

Ouiquinde érotique avec Pierre Motin

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Stances

 

Ces petits Cons, dont l'on fait fête,
Où le Vit ne met que la tête,
N'assouvissent point mon désir ;
J'aime les Cons de belles marges,
Les grands Cons qui sont gros et larges,
Où je m'enfonce à mon plaisir.

Les Cons si étroits de clôture
Et le laissent sans mouvement ;
J'aimerais mieux branler la pique
Que de foutre en paralytique :
Le plaisir gît au remuement.

Dans le grand Con de ma Maîtresse,
Mon Vit peut montrer son adresse,
Aller le trot, aller le pas,
Chercher partout son avantage,
Et monter d'étage en étage,
Maintenant haut, maintenant bas.

Comme le Monarque des Perses,
Jadis, par les saisons diverses,
Avait de diverses maisons,
D'un vit la majesté suprême
Dans un grand Con peut, tout de même,
Se loger en toutes saisons.

Foutre du Con de ces pucelles,
Serrez comme des escarcelles,
Où le Vit n'est en liberté !
J'ai, dans le Con de ma voisine,
Ma chambre, antichambre et cuisine,
Logis d'hiver, logis d'été.

Pierre Motin - 1618

 

 

Photo X – Droits réservés

 

20/08/2017

« ISLAMOPHOBE ! »

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A-t-on le droit de critiquer l’idéologie mortifère qui sous-tend les massacres de Barcelone, de Paris, Londres, Kaboul, Le Caire et ailleurs ? Dangereux : vous risquez l' « excommunication » sous la forme d’un mot-condamnation : « ISLAMOPHOBE ! »

« Islamophobe » ! Ce mot, loin de désigner un quelconque racisme – une religion est-elle une « race » ? - a été inventé de toutes pièces par les islamogauchistes pour disqualifier ceux qui résistent aux intégristes de tous poils. Pourquoi ne devrai-je pas avoir peur de l’idéologie chrétienne, de l’idéologie musulmane, comme de l’idéologie trumpienne, marxiste ou ultralibérale ?

Pourtant, dès que vous prétendez critiquer cette dangereuse névrose collective qu’est l’islam (sans majuscule) on vous jette cet anathème définitif, censé vous rouler dans la fosse de la honte et de l’opprobre : « vous êtes islamophobe ! » Voilà l’arme nucléaire des islamogauchisme qui - hélas – sévissent dans bien des milieux « autorisés » et particulièrement dans les médias, du Monde à Libération (journaux de milliardaires) sans oublier – hélas – Médiapart.

Les islamogauchistes, que j’appelle d’un nom plus précis - les « nazislamistes » - sont ces archéo-nostalgiques du Grand Soir. Comme ils ont léché le cul de Staline en d’autres temps, ils lèchent les babouches des tueurs d’allah (sans majuscule bien sûr). Ils voudraient nous rouler dans la culpabilisation : « Ces malheureux (ils parlent des tueurs, pas des victimes) sont victimes du colonialisme, ils ont subi l’esclavage, nous pillons leurs pays, et gnagnagna… ».

En fait, ces planqués sont des lâches et de vulgaires collabos : ils pensent qu'en léchant les babouches de cette minorité de fanatiques voulant imposer partout la terreur théocratique, leurs « maîtres » leur seront reconnaissants et les remercieront chaleureusement… Comme les « idiots utiles » de Staline.

Y a-t-il au monde peuples plus colonialistes que les arabo-musulmans ? Ils ont colonisé une partie du monde, de l’Indonésie à l’Atlantique, du Caucase à l’Atlas ! La colonisation la plus brutale qui soit : massacre systématique des hommes, table rase de toute trace de civilisation précédant leur arrivée, création de sous-hommes, les « dhimmis », établissement de l’esclavage à grande échelle, mépris des femmes, etc.

Y a-t-il au monde peuples plus esclavagistes que les arabo-musulmans ? Les razzias des arabo-musulmans ont saigné l’Afrique bien avant et bien plus que la sordide traite atlantique. Et elle dure toujours, en Mauritanie, en Arabie saoudite entre autres ! Dans les sociétés musulmanes, l’esclave était (est ?) considéré comme une chose, un meuble, un outil. Il peut donc être vendu, donné, légué, loué. Il n’est, à ce titre qu’une « simple marchandise ». Il se range, en règle générale, dans la même catégorie que les animaux.

 

Êtes-vous « islamophobe » ?

 

Comptez vos réponses affirmatives)

* Êtes-vous pour une égalité entre hommes et femmes ?

* Êtes-vous opposé à la lapidation des femmes adultères ?

* Êtes-vous pour l’école obligatoire pour les filles partout dans le monde ?

* Êtes-vous opposé à l’esclavage et à la prostitution enfantine ?

* Êtes-vous pour une liberté totale de l’expression et de la presse ?

* Êtes-vous pour la liberté de chacun de choisir sa religion ? Et d’en sortir ? Et de ne pas en avoir ?

* Êtes-vous contre les gouvernements et mosquées qui soutiennent les publications antisémites ?

* Êtes-vous opposé au port de la burqa dans les lieux publics, écoles… ?

* Êtes-vous opposé à la ségrégation sexuelle ?

* Êtes-vous contre la peine de mort pour les personnes (musulmanes ou non) qui se convertissent à une autre religion ?

* Êtes-vous opposé aux « crimes d’honneur » ?

* Êtes-vous opposé aux mutilations génitales ?

* Êtes-vous opposé aux relations sexuelles forcées ?

* Êtes-vous opposé à la discrimination des homosexuels ?

* Êtes-vous pour le droit à la critique des religions ?

* Êtes-vous opposé à la polygamie ?

* Êtes-vous opposé aux mariages des enfants ou aux mariages forcés ?

* Êtes-vous opposé à l’ordre coranique de tuer les apostats et non musulmans ?

* Êtes-vous opposé à des tribunaux de la charia en plus des tribunaux légaux ?

* Êtes-vous opposé au coran qui affirme la supériorité de l’Islam sur les autres religions ?

 

Résultats :

-Si vous avez répondu par OUI à l’une des questions, alors vous pouvez certainement être taxé « d’islamophobie. »

-Si vous avez répondu NON à toutes, vous pouvez l’être aussi !

 

Alors, toujours adepte du politiquement correct ? De cette lâche « pudeur » à l'égard de tout ce qui touche à l'islam ?

 

 

Illustration X - Droits réservés

19/08/2017

C’est nouveau, ça vient de sortir : Le terrorisme « low cost » !

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Le tour d’Europe de la barbarie islamique continue. Maintenant l’Espagne. Les méthodes évoluent, le djihad se vulgarise : on en est à l’attentat « low cost » comme disait je ne sais quelle « personnalité autorisée » sur je ne sais plus quelle lucarne à décerveler. Fini les lourdes logistiques des détournements d’avion, voire de massacres à la kalach minutieusement organisés comme à Paris. La « mode » est à la banalisation de l’attentat. Avec une arme qu’on trouve partout, qu’on n’a pas besoin de dissimuler : un simple véhicule. Eh ! C’est qu’un barlut voire une simple caisse lancée à toute blinde dans une foule, ça vaut toutes les kalachs ! C’est l’attentat à la portée du premier débile dont la cervelle aura été travaillée comme il faut dans une madrasa, une mosquée ou – plus moderne – une chaîne télé et surtout quelques sites internet particulièrement sanglants.

Qu’y apprend-on ? Que le coran, nihiliste, dicte toute la conduite du musulman, en particulier vis-à-vis du mécréant, de « l’infidèle » qu’il faut soumettre ou convertir de gré ou de force, sinon supprimer. Qui sème l’islam récolte la charia ! Et rappelons que près d’un tiers des musulmans de France sont des islamistes rigoristes qui considèrent la charia au-dessus des lois de la République…

Les tueurs d’allah ont frappé sans distinction à Barcelone, comme à Paris, Londres ou Berlin. Femmes, enfants, hommes, « mécréants » ou musulmans, c’est pareil pour eux. Parce ce que leur idéologie obscurantisme leur fait haïr, ce sont toutes nos valeurs de liberté, d’égalité en particulier entre homme en femmes, c’est la laïcité qui permet de croire – chez soi – ou non.

Ce sont justement ces symboles qu’abhorrent les ennemis qui tuent chez nous comme à Barcelone et dans toute l’Europe. Ennemis qu’il faut savoir nommer : les adeptes de l’islam salafiste. Ennemis enfermés dans des luttes sanguinaires mais archaïques jusque dans leur vocabulaire, parlant de « croisés », de « mécréants », d'« infidèles ». On cauchemarde devant tant de débilité mentale.

Qu’est-ce qui motive ces tueurs de masse ? La haine de notre mode de vie fait d’un goût du vivre ensemble, d’égalité homme femme, de tolérance envers les choix de vie y compris sexuels, du goût de la fête, du rejet de tous les tabous, d’acceptation de toutes les religions et de ne pas avoir de religion du tout, etc.

Ceux-là détestent la Fête. Ceux-là rejettent l’égalité, en particulier celle homme femme. Ceux-là se qualifient entre eux de Frères, mais rejettent tous ceux qui ne sont pas strictement de leur secte. Ceux-là se réfèrent à une idéologie obscurantiste n’admettant aucune contradiction. Ceux-là vénèrent la mort, celle des autres comme la leur. Ceux-là se revendiquent d’une névrose collective appelée « religion », canal islam wahhabite.

Regardons les choses en face. Les massacres en France, en Allemagne, au Royaume Uni, en Espagne maintenant, mais aussi et encore plus à Kaboul, Bagdad ou au Nigeria ne sont pas commis par des athées, des agnostiques, de mécréants, des païens, des apostats. Ils sont le fait de musulmans. Canal sunnite ou chiite, mais c’est pareil. Ils sont commis par des individus mâles se réclamant de l’islam. Et toutes les circonvolutions sémantiques, toutes les dénégations des autorités et des idiots utiles nazislamistes qui sévissent chez islamo-bobo-gauchos n’y feront rien. Tous les meurtres, écrasements, explosions, égorgements, éviscérations, décapitations actuels le sont au nom de la religion. Et particulièrement au nom de la religion musulmane. Les beaux esprits se gaussent de cet adage « tous les musulmans ne sont pas des terroristes, mais tous les terroristes sont des musulmans ». Et d’autres temps et d’autres lieux, ce fut, c’est encore des chrétiens, des hindouistes, des bouddhistes. Mais c’est toujours au nom d’une de ces terribles névroses collectives appelées religion qu’une partie de la population s’en prend à l’autre sous prétexte de faire son bonheur !

Le vrai visage de la religion et surtout des monothéistes, c’est celui de la haine. Quelle soit « canal chrétien » ou « canal musulman », c’est toujours une idéologie de mort.

D’où viennent les djihadistes ? Souvent, hélas, de chez nous. Mais qui les enfantent ? Qui fait que des enfants nés chez nous se transforment en monstres hideux ? Ce sont des idées propagées à coups de pétrodollars par un ennemi qu’il faut savoir nommer : l’Arabie saoudite. Le vrai printemps arabe commencera le jour où ce foyer sombre sera éclairé par la révolte et le sursaut de son peuple qui tourne en rond autour d’une famille. C’est de là que nous viennent les idées qui transforment des gosses en tristes tueurs. Ce pays est l’incubateur historique du terrorisme islamique. Il exporte la doctrine wahhabite à travers le salafisme que prêchent dans le monde entier des imams fanatisés. L’État Islamiste n’est que le clone de l’Arabie saoudite, sponsor officiel de tous les groupes terroristes, de Daech à Boko Haram et Al Shahab. N’oublions pas non plus le frère ennemi » des Saoudiens, le Qatar.

Comment peut-on espérer éradiquer le terrorisme islamique dès lors qu’on se couche comme un chien attendant sa pâtée devant ces roitelets de pacotille qui idéologisent, forment et financent ceux qui viennent « jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes » ?

Ah ! C’est vrai : l’emploi, Coco, l’emploi ! Ils achètent nos rafales, nos frégates, nos missiles et toutes les belles machines qui explosent, écrasent, malaxent, percent, broient, cuisent la viande humaine.

Les affaires avant tout alors ? Évidemment, dans ce monde où la valeur primordiale est le fric…

Alors que faire ? La seule arme contre ces cancers de l’esprit que sot les religions et particulièrement l’islam canal salafiste, c’est l’éducation, l’école. Pour paraphraser Victor Hugo : « Tu ouvres une école, tu fermes une mosquée ou une église » !

Et le monde se portera mieux.

16/08/2017

Au bistro de la toile : des œufs au fipro quoi ? Fipronil...

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- Allo. Salut Victor. Toujours dans tes Hautes Terres je vois. Quoi de neuf ?

- Hier j’ai mangé l’omelette aux girolles, puis les tripoux avec l’aligot. Le matin il fait entre 6 et 10° et on dort bien.

- Une omelette ? Avec des œufs ? T’as pas peur du Fipronil ?

- Ici, les œufs, c’est la voisine, Marguerite, qui me les apporte, direct du cul de ses poules. Des gallines qui cavalent partout, taquinent le ver de terre, coursent la sauterelle et se gavent de salade des champs. Le Fipronil, rien à foutre ! Mais ce truc à la kon montre les ravages de l’industrialisation de l’agriculture, poussant dehors les paysans pour les remplacer par des « exploitants agricoles » formés par les écoles d’agriculture, conditionnés par les chambres d’agricultures et dont la FNSEA bourre le crâne du grand credo ultralibéral de l’agriculture productiviste. Produire toujours plus, mais surtout au prix le plus bas. Tout cela pour satisfaire non pas le client, le consommateur, mais pour conforter les dividendes de la grande distribution, dictatoriale en la matière.

- Ouais mais ici, comment tu fais pour acheter des œufs disons « fiables ». Comment tu fais ici ? En ville, on n’a pas le cul des poules de Marguerite sous la main…

- Les œufs, je les achète au marché, à « Madame Teuf » comme je l’appelle. Une adorable fermière qui nous apporte chaque semaine la production de ses poules, pondue de la veille. Pour te dire que si on veut, on trouve.

- Ouais mais si on n’a pas le temps, on va au supermarché, et on prend ce qu’on trouve. Et puis, Victor, faut donner aux choses l’importance qu’elles ont : il faudrait manger 10 œufs par jour pour être intoxiqué par ce pesticide à la kon. On en est loin.

- Peut-être pas si loin que ça Loulle. Les œufs sont partout dans la bouffe actuelle. Dans les pâtes, dans la pâtisserie, dans les glaces, etc. Fait le compte, t’arriveras vite à tes dix œufs trafiqués. Et puis il y a autre chose. La prétendue faible toxicité pour l’homme de ce pesticide, c’est prôné par qui ? Par les « zautorités » compétentes, c’est-à-dire notre ministre de l’agriculture calquant son attitude sur celle de la Commission de Bruxelles. À noter que, dans un premier temps, les médias « mène strime » montraient des cartes avec la France épargnée ! « Pellerin, sort de ce corps ! » Comme au temps de Tchernobyl, le Fiponil s’était arrêté aux frontières ! Mais ça n’a pas duré. Faut savoir aussi que l’un des premiers « spécialiste autorisé » à avoir largement minimisé les effets néfastes de cette merde, c’est un très éminent toxicologue anglais, le Pr Bobbis clamant que ces doses étaient totalement inoffensives. Il faut savoir que ce type est vice-président du conseil d’administration de ILSI Europe, un puissant lobby étasunien dédié à la « sécurité alimentaire », mais qui est financé par Monsanto, Cargill, Danone, Coca Cola, Procter and Gamble, Syngenta, Nestlé et autres. Et ce puissant lobby noyaute à outrance l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA)… À savoir encore que ce type a aussi efficacement défendu les perturbateurs endocriniens, dont le glyphosate de Monsanto. Voilà le genre de pèlerin auquel on se fie…

- Mouais… Ça va foutre en bas encore quelques entreprises agricoles…

- Si ce sont des marchands de merde, tant mieux si elles disparaissent. Le populo semble enfin prendre conscience de sa puissance : c’est lui qui sort ses sous ! Donc il doit pouvoir choisir. D’où le développement du bio (encore que… depuis que c’est un créneau juteux et que la grande distribution s’en mêle, faut être dubitatif). Le (pas si) con-sommateur cherche de plus en plus les produits locaux, privilégie les circuits courts et se méfie du bourrage de crâne.

- Ouais. Ça, c’est pour ceux qui ont le temps et quelques moyens, les autres, ceux qui triment pour une poignée de figues quand ils ont un boulot ou survivent avec les minima sociaux, ceux-là, ils vont dans les grandes surfaces et achètent toujours le moins cher, donc toujours de la merde…

- Et ouais Loulle. Allez, je te laisse. Paie une tournée sur mon compte.

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

15/08/2017

« Il est encore fécond le ventre de la Bête ».

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Le Mémorial d’Eygalayes dans la Drôme, en mémoire de 35 maquisards massacrés en 1944, a été pour la seconde fois victime de dégradations cette année. Ce monument rappelle le massacre du 22 février 1944. Cet hiver-là, 35 maquisards du Maquis Ventoux - installés depuis décembre 1943 à Izon la Bruisse, près du village de Sèderon, dans la Drôme, près du Ventoux - étaient assassinés par surprise par les nazis, sur dénonciation de miliciens français, par une troupe allemande partie d’Orange avec un fort groupe de Français engagés volontaires dans l’armée allemande. Ces maquisards étaient Français pour la plupart, surtout de la région provençale, mais aussi de St Nazaire, de la Moselle, de Montpellier et de Paris. Il y avait aussi deux Allemands israélites, un Roumain israélite, deux Polonais israélites, des Italiens et des Espagnols.

Derrière ces exactions, il y a ce renouveau de l’extrême droite, des groupuscules qui rêvent de « réveiller la bête ».

Derrière ce monument profané, il a des hommes qui avaient pris les armes contre l’occupant en des temps tragiques où il était plus tentant de « faire du marché noir » que de risquer sa peau.

Leur peau, ils l’ont laissée ces héros de l’ombre. Je vais vous en raconter l’histoire. Je la tiens personnellement de la bouche même du seul survivant de ce massacre, Laurent Pascal, maintenant disparu, en mémoire duquel l’association Mémoire Résistance des Hautes Baronnies va en septembre inaugurer le « Sentier de la Liberté-Laurent Pascal ».


Écoutons Laurent Pascal, « Rolland » de son nom de maquis:

 

« Il est environ 13 heures. Un beau soleil fait scintiller la neige autour de nous.

Un soleil menteur…

- Vous quatre là. Avancez. Allez ! Plus vite que ça !

Ce sont ceux qui se trouvent du côté d’Eygalayes. Je me trouve moi-même à l’autre extrémité de la colonne. Ils partent derrière le bâtiment. Nous ne voyons pas ce qui se passe mais nous entendons une première, puis une seconde rafale de mitraillette : les quatre premiers fusillés d’Izon viennent d’être abattus…

Le premier tueur, un milicien, un Français comme nous, sa sale besogne terminée, revient. Un autre "prend livraison" des quatre victimes suivantes, toujours à partir de l’autre bout de la colonne. Il les conduit derrière la ferme en passant par l’angle Ouest alors que les premiers étaient passés par l’angle Est.

Rafales…

Mes camarades, pétrifiés mais courageux, attendent la mort…

Les bourreaux, se remplaçant, alterneront ainsi côté Est et côté Ouest jusqu’aux quatre derniers : le Toubib, un jeune homme de Saint-Auban, un autre jeune et moi.

C’est notre tour…

Nous savons parfaitement ce qui nous attend. Les rafales de mitraillettes et les plaintes de nos camarades ne nous laissent aucun doute sur ce qui se passe derrière la ferme.

Je suis pourtant étonnamment lucide. Crever pour crever, je ne vais pas me laisser tuer comme un mouton. Je suis décidé à tenter ma chance.

Le milicien dont c’est le tour de nous conduire au massacre, un homme d’une quarantaine d’années, nous fait passer devant lui. Je l’observe en marchant. Il n’est pas très à l’aise me semble-t-il. Arrivé au coin de la ferme, j’aperçois les cadavres ensanglantés de mes camarades étendus dans la neige. Le Toubib, qui est derrière moi, a compris que je veux tenter quelque chose.

Je regarde une dernière fois le tueur, puis mes camarades morts. Le Toubib se rapproche de moi et me souffle :

- « C’est le moment. Vas-y ! »

Je me rue en avant. J’ai le temps d’entendre mon copain Blanchet, abattu mais pas encore mort me crier : « Merde ! Rolland. » C’était son vœu de bonne chance. Un cri qui me va droit au cœur et me donne des ailes. Je cours de toutes mes forces. C’est un pré nu et plat, sans le moindre obstacle. Il y a bien une rangée de pommiers en contrebas, mais je préfère foncer droit devant moi.

Les souliers de Toto - que j’ai maudit ce matin - me serrent et tiennent bien à mes pieds malgré l’absence de lacets. Une chance. J’entends le bruit sec des mitraillettes et des fusils. Les balles sifflent autour de moi, ricochent en miaulant sur des rochers… J’ai environ 400 mètres à parcourir, à découvert, dans la neige.

Les premiers instants de surprise passés, tous les boches et les miliciens, qui attendaient, décontractés, que le massacre fut terminé, réagissent et me tirent comme un lapin. J’entends des éclats de voix, des ordres aboyés en allemand. Je perçois des éclatements de grenades autour de moi…

Je ne pense à rien. Je fonce, je fonce…

Cette course éperdue dure environ une minute. Il me semble que je n’arriverai jamais au bout du champ. Mon cœur bat la chamade, mais j’ai conscience que j’ai la joie de le sentir battre !

J’arrive au bout du champ. Je saute un petit mur qui me met provisoirement à l’abri des tirs de mes poursuivants. J’ai la présence d’esprit de ruser pour les égarer : je fonce ostensiblement en direction du village, puis, en me baissant, je remonte dans mes traces et fonce vers la montagne, en direction opposée.

La ruse a pris : les Boches se ruent vers la route. Ils me chercheront tout d’abord en direction de Séderon, me laissant quelques précieuses minutes de répit. Maintenant à couvert, je grimpe à toutes jambes les premiers escarpements au-dessus d’Eygalayes. Je passe devant une ferme. Le paysan, qui a assisté impuissant à la fusillade de la fenêtre de sa chambre, craint que je ne m’arrête chez lui. Je n’en ai pas la moindre intention et je le lui dis.

À ce moment-là je me considère comme presque sauvé. J’ai en tout cas gagné la première manche. Je connais parfaitement la montagne, je suis jeune, fort et entraîné. Et puis j’ai ma peau à sauver… »

Laurent Pascal la sauvera sa peau. Il sera le seul… Il pense qu’il doit la vie à son camarade « le Toubib », plus âgé et moins leste que lui, qui l’a suivi dans sa course et lui a servi – volontairement et en toute connaissance de cause, pensait-il - de bouclier vivant contre les balles des tueurs.

 

Illustration X – Droits réservés