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23/11/2014

Ouiquinde bacchique: des goûts et des liqueurs.

Triomphe de Bacchus par Cornelis de Vos.jpg

 

Le meilleur vin

 

Le vin dans les humeurs verse son influence :

Est-il noir? Dans le sang il répand l'indolence.

J'estime un vin mûri dont la chaude liqueur

Fait sauter le bouchon et ravit le buveur;

Quand sa vertu dénote une illustre vieillesse,

De ses dons généreux usons avec sagesse.

Je cherche dans un vin le brillant, la couleur,

J'y cherche plus encor le bouquet, la chaleur ;

Je veux qu'il ait du corps, une teinte écarlate,

Que pétillant, mousseux, en écume il éclate.

À l'écume le vin se jugera d'abord:

Bon, elle reste au centre, et, mauvais, court au bord.

 

 

Effets du bon vin.

 

Le bon vin au vieillard rend vigueur de jeunesse;

Au jeune homme un vin plat prête un air de vieillesse.

Le vin pur réjouit le cerveau contristé,

Et verse à l'estomac un ferment de gaieté.

Il chasse les vapeurs et les met en déroute,

Des viscères trop pleins il dégage la route,

De l'oreille plus fine aiguise les ressorts,

Donne à l'œil plus d'éclat, plus d'embonpoint au corps,

De l'homme plus robuste allonge l'existence,

Et de l'esprit dormant réveille la puissance.

De ta table aie bien soin d'exclure

Le pain encore chaud et le pain qui moisit,

Le dur biscuit, les pâtes en friture.

Que ton pain soit d'un bon grain, bien cuit,

Plein d’yeux et peu salé, ce pain fait un bon chyle.

 

 

Bière

 

La bière qui me plaît n'a point un goût acide;

Sa ligueur offre à l'œil une clarté limpide.

Faite de grains bien mûrs, meilleure en vieillissant,

Elle ne charge point l'estomac faiblissant.

Elle épaissit l'humeur, dans les veines serpente

En longs ruisseaux de sang, nourrit la chair, augmente

La force et l'embonpoint; l'urine accroît son cours;

Et du ventre amolli se gonflent les contours.

 

 

L'eau comme boisson

 

L'eau, fatale boisson, nuisible en un repas,

Refroidit l'estomac qui ne digère pas:

Bois-en, soit, mais très peu, si la soif te talonne;

Assez, pas trop: ainsi la sagesse l'ordonne.

D'une eau trop abondante en l'estomac noyé,

Ne va pas submerger l'aliment délayé.

Pour éteindre le feu de ta soif dévorante,

Ne bois pas à longs traits une eau froide et courante,

D'un peu d'eau fraîche humecte un gosier irrité.

Au tempérament buveur, inspirant la gaieté,

Dissolvant et cuisant tous mets, l'eau pluviale

Propice à la santé, ne craint pas la rivale.

La source, à l'est coulant, se boit avec plaisir;

Descend-elle du midi? réprime ton désir.

 

 

Des excréments, des vents et de l’urine.

 

Pissez six fois par jour, et dans le même temps

Rendez deux ou trois fois les plus gros excréments.

De péter en pissant ne faites pas mystère

C'est un ancien usage, aux reins fort salutaire ;

Pratiquez-le sans honte, ou bien dans l'intestin,

Reste un gaz malfaisant rapporté du festin.

En grande pompe un roi traverse-t-il la ville?

Occupé de pisser, demeurez immobile.

Ta main, pressant ton ventre empêchera souvent

Qu'il ne s'y loge à l'aise et n'y séjourne un vent;

Aux replis d'intestin sa nuisible présence

D'un mal long et secret peut hâter la naissance.

 

 

Contre l'excès de boisson

 

Si pour avoir trop bu la nuit,

Vers le matin il t'en cuit,

Dès le matin, reprends la bouteille:

Le remède fera merveille.

 

 Jean de Milan - De l'École de Salerne  -  (fin XIème - début XIIème) - traduction en vers français par Charles Meaux-Saint-Marc.

 

 Photo X - Droits réservés

 

22/11/2014

Le Beaujolpif et le Côtes-du-Rhône nouveaux coulent à flots. Soyons paillards!

 

 

 

ivrogne.jpg

 

Narguons les pédants, les dévots,
Qui veulent effrayer nos âmes;
Aimons en dépit des cagots
Les vins vieux et les jeunes femmes. 
Dieu créa pour notre bonheur
La beauté, le jus de la treille.

Je veux ce soir en son honneur
Chanter le con et la bouteille.

 

AphroditePan.jpg

 

 

On ne peut pas toujours bander
Au vit le temps borne l’usage.
Il n’est qu’un temps pour bien baiser;
Pour bien pinter, il n’est point d’âge.
Vieillards, avec vos froids couillons,
Sachez mieux employer vos veilles :

Quand on ne bouche plus de cons,
Il faut déboucher des bouteilles.

 

allemande sexy 2.png

 

Dans les bassinets féminins,
Quand on a brûlé trop d’amorces, 
Quelques bouteilles de vieux vins
Au vit rendent toutes ses forces.
Amis, plus on boit, plus on fout:
Un buveur décharge à merveille...

Enfin, le vin, pour dire tout,
C'est du foutre mis en bouteille.

 

bollywood2.jpg

 

Par malheur, depuis quelque temps,
Pour punir nos fautes maudites,
Le ciel a fait les cons trop grands
Et les bouteilles trop petites !
Grands dieux, accordez-moi le don
De pouvoir, par une merveille,

Trouver toujours le fond d’un con,
Jamais celui d`une bouteille.

 

cul béni.JPG

 

 

Dans l’Olympe, séjour des dieux,
On boit, on patine des fesses,
Et ce nectar si précieux
N’est que le foutre des déesses.
Si j’y vais un jour, Apollon
Ne choquera plus mes oreilles:

A Vénus je saisis le con,
A Bacchus je prends sa bouteille.

 

 

filles de zeus.jpg

 

 

Illustrations X - Droits réservés

21/11/2014

Ras-le-bol des pubs intempestives sur la Toile ? Bloquez-les !

âne qui rit.jpg

 

 

Marre d'être pris pour un âne !

 

Qui n'a pas été mis en rogne par l'intrusion intempestive d'une konnerie publicitaire en pleine lecture d'un article intéressant ? Personne... Pourtant il faut bien que quelqu'un paie pour le contenu de la Toile. Et c'est généralement la pub. Á moins d'accepter de payer pour un contenu, pour un site défini. C'est le cas pour Mediapart par exemple. Ou de s'abonner, comme pour le Monde Diplomatique. Ou de faire un don, comme pour Agoravox ou Urtikan. C'est ce que je fais. Mais ceci ne vous empêchera pas de subir ces pubs irritantes.

 

Sauf si vous avez pris la précaution d'intégrer à votre machine un logiciel de blocage de ces pubs ! Mais si ça existe. Il y a longtemps que, personnellement, je ne suis plus emmerdé par ces insupportables intrusions. Et je ne suis pas seul ! Quelque 150 millions d'internautes de par le monde ont installé un de ces modules permettant de bloquer ces pubs. C'est gratos et certains vous permettent même d'éviter certains types de messages et d'en laisser passer d'autres que vous acceptez. Il existe aussi des modules permettant d'éviter toute trace de votre navigation, et n'enregistrant pas votre carte de visite électronique : votre IP.

 

C'est très bien tout ça. Et ça fait bouger dans le Lanterneau des marchands de soupe électronique. Annonceurs, régies publicitaires, éditeurs sont fort préoccupés. En effet pensent-ils, pourquoi dépenser des millions pour produire et diffuser des pubs que la cible (vous, moi) peut facilement refuser de voir ? Eh oui, coco ! Faut rester discret, modéré, par trop agresser le pékin sinon il prend la rabia et ferme la porte !

 

Sauf que...le bourrage de crâne mercantile, que vous croyez mettre à la porte avec ces bloqueurs...rentre par le fenêtre. Parce que les bloqueurs sont du même bord que ceux contre lesquels ils proposent un service gratuit. Alors ils négocient en espèces sonnantes et trébuchantes avec les plus grosses régies leur inscription sur une liste blanche...pour que leurs pubs ne soient pas bloquées ! C'est la prime au plus gros - Amazon, Google, ,etc. ,- et c'est l'internaute qui se fait encore une fois enfumer...

 

Par ailleurs, les éditeurs de pub ont la possibilité de refuser l'accès au contenu intéressant de leur site si la pub qui y est associée est bloquée...

 

Enfin, dernière avancée technologique pour nous bourrer le mou, il existe maintenant des bloqueurs...de bloqueurs de pub ! Bref on navigue en plein bordel.

 

En attendant, on peut actuellement (mais pour combien de temps?) lutter contre ces intrusions publicitaires qui gonflent les aliboffis. C'est ce que j'ai fait depuis quelques mois et je m'en porte fort bien : j'ai débarrassé mon ordinateur de Google, de Chrome, d'Internet explorer et autres moteurs de recherches de cet acabit. À la place, il suffit d'installer Firefox Mozilla  et de le compléter avec Ixquick , métamoteur plus puissant encore que Google et ne dévoilant jamais votre adresse IP. Avec en plus Qwant.com, moteur de recherche français! 

 

Avec ça, depuis, je fais un doigt d'honneur à Google et à la NSA !

 

Enfin, contre les pubs, j'ai installé Adblock Plus. Très efficace.

 

Et puis, après tout, faites comme vous le voulez. Certains aiment les pubs. Il en faut pour tous les goûts...

 

Photo X - Droits réservés

20/11/2014

Mistral gagnant... Mistral perdant... (à la façon de Renaud)

mistral russe.jpg

 

 

- François si tu avais

Les couilles bien pendues

Tu me livrerais

Ce qui m'est dû

 

 

Si t'avais quelque chose

De dur dans le calbar

T'enverrais chier

Tous ces konnards

 

 

Les Rosbifs les Ricains

Les Polaks la Merkel

Et les fachos de Kiel

 

 

Si on se met d'accord

Ils tomberont sur un os

Les va-t'en-guerre de l'Otan

Avec nos Mistral gagnant

 

 

 

- La France et la Russie

Ne sont pas ennemis

Pas question

De se chercher des crosses

 

 

T'as payé les bateaux

Nous les avons construits

Grâce à toi

Cinq mille ouvriers bossent

 

 

Ils font des ronds dans l'eau

Tes matafs sont formés

- Alors qu'est-ce que t'attends ?

Si t'as des couilles au cul

Tu dis merde à l'Otan

Pour nos Mistral gagnant.

 

 

 

- Oui mais y a Obama

C'est qu'il est chatouilleux

Et Merkel

Qui me fait les gros yeux

 

 

Cette affaire d'Ukraine

Là t'es pas très gentil

Ça m'agace

Tè ! J'en perds ma bedaine

 

 

- Arrête tes konneries

Et pense à tes Rafales

Qu'tu veux vendre aux Indiens

 

Françoa si tu t'affales

Ta parole n'vaut plus rien

Et c'est Mistral perdant.

 

10:42 Publié dans actualités, humour, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mistral

19/11/2014

ALERTE ! Les banksters s'apprêtent à supprimer les emprunts à taux fixe.

banquiers voyous.gif

 

La crise des « subprimes », vous vous souvenez ? Oui, mais en fait késaco ? Ce sont des banques étazuniennes qui ont prêté généreusement de l'argent pour acheter leur maison à des gens modestes baratinés par des courtiers voyous. Seulement ces prêts, alléchants au départ, étaient des prêts à taux variable. Qui ont – on s'en doute – varié dans le sens d'une augmentation vertigineuse. Résultats : les emprunteurs incapables de rembourser, les maisons saisies par les organismes bancaires, ces prêts pourris noyés dans des titres, ces titres refilés aux banques, des banques qui perdent du pognon et viennent pleurer dans le giron de l’État, l’État qui renfloue les banksters et qui va chercher le pognon dans la poche des contribuables. La crise quoi... La routine.

 

En France lorsque vous voulez acheter votre maison ou votre appartement, vous négociez avec votre banquier ou un organisme de prêt un emprunt à taux fixe. C'est-à-dire que sur 20 ans, vous savez que vous paierez tant par mois, ni plus, ni moins. Vous pouvez organiser votre investissement sur la durée.

 

Il faut savoir que votre banque vous prête du pognon qu'elle n'a pas, en vertu du principe même de cette activité d'escrocs appelée « activité bancaire » : une banque n'est obligée d'avoir en caisse (en fonds propres comme ils disent, ce qui laisse entendre que le reste est sale !) que 8% du montant du prêt qu'elle accorde. Où prend-elle alors le pognon nécessaire ? Ce sont les dépôts des clients (dans les banques de dépôt) et si nécessaire elle l'emprunte à la Banque Centrale Européenne (en zone Euro, ce qui nous intéresse) actuellement à taux proche de zéro. Mais si votre taux de remboursement est fixe, le taux de ré-emprunt de la banque peu varier. Á la hausse comme à la baisse. La banque prend donc un risque. Oh ! Le gros mot ! Eh bien c'est ce risque (très théorique car les banques s'en préservent à travers des systèmes compliqués d'assurance – les « SWAP de taux » - qu'elles font payer quelque part à leurs clients !), ce risque donc, les banques ne veulent plus l'assumer. Pour ce faire, la combine est de remplacer les prêts à taux fixe par des prêts à taux variable. Autrement dit transférer le risque sur l'emprunteur. Ben voyons !

 

C'est le Comité de Bâle , organisme où sont traités, quatre fois par an, les sujets relatifs à la supervision bancaire, qui est chargé d'imposer ce changement radical. Sous la pression des banksters anglo-saxons qui tiennent la finance mondiale. Il faut savoir que ce système à taux fixe est une très positive exception française. Il faut donc la foutre en bas.

 

Ce méfait - catastrophique pour la marché immobilier français – devrait être décidé avant la fin de l'année pour une mise en place dès 2015. Attendez-vous donc à une visite mielleuse de votre banquier qui va tenter de vous enfumer en vous faisant miroiter les « avantages » des taux variables !

 

ATTENTION ! MEFFI ! Et faites-le savoir.

 

18/11/2014

Fonctionnaires, mais si on vous aime ! Quand vous fonctionnez...

dubout fonctionnaires.jpg

 

Je racontais, dans une chronique du 29 septembre le redoutable parcours du combattant qu'a dû effectuer un ami afin d'aider son petit-fils à s'inscrire dans un cursus d'apprentissage. Il paraît qu'on manque d'apprentis en France, que not'bon président est favorable à cette filière et qu'il a lancé un grand chantier de simplification des procédures administratives. On devrait donc s'attendre à ce que les jeunes désireux de suivre cette voie soient accueillis à bras ouverts, et facilement.

 

Mouais... Tè ! Fume...

 

Revenons au petit-fils de mon pote. Après des jours de recherche, des dizaines de coups de téléphone, des visites nombreuses dans diverses administrations, le tout avec beaucoup de bonne volonté, de pugnacité et de suite dans les idées, notre binôme petit-fils-grand-père a réussi à trouver un chef d'entreprise acceptant le jeune homme. Tout rentre donc dans l'ordre, semble-t-il. Ben, non !

 

La Chambre de commerce de Nîmes, partenaire de l'opération, envoie au chef d'entreprise non pas le contrat d'apprentissage mais...un « projet de contrat d'apprentissage ». Et oui : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. Elle réclame aussi et avant toute chose un chèque de 72 euros ! Pour quoi ? Pour envoyer un formulaire de contrat tenant sur une simple feuille. Ça fait cher de la photocopie !

 

Imaginez la tête du chef de PME, qui accepte de jouer le jeu de l'apprentissage ! Il considère cette demande de pognon comme du racket et on le comprend. Il refuse donc, prend son téléphone et remonte les bretelles de ses interlocuteurs de la CCI ! Cause à mon cul, ma tête est malade... Aucun résultat.

 

Voilà donc notre jeune impétrant apprenti le cul entre deux chaises. Le grand-père (ancien chef d'entreprise) a les aliboffis qui gonfle et il se rend au CFA où il plante un peu la zone. Un responsable, pour se débarrasser de l'emmerdeur, se charge de l'affaire. Il donne deux coups de téléphone... et débloque le schmilblick ! Comme quoi ce n'était pas très difficile. Tout est bien qui finit bien. Eh ! Pas tout à fait. Vous allez voir.

 

Le contrat est signé le 4 novembre avec l'employeur, puis retour au CFA pour connaître la date de début des cours.
 

- « Jeune homme, vous commencerez le 3 novembre ». Soit...la veille du jour de signature du contrat ! Ce doit être ça la relativité, l'espace-temps d'Einstein.

 

Bon. Aux dernières nouvelles, le jeune Nils, impétrant apprenti, a commencé son apprentissage dans l'entreprise et commencera ses cours le 24 novembre... Ouf !

 

Eh ! Tonton Courteline, ça va où tu es ? Ici, rien n'a changé...

 

Illustration: merci à l'irremplaçable et irremplacé Dubout.

 

17/11/2014

Au bistro de la toile : pourquoi la mort sur les ponts submersibles du Gard ?

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Alors Loulle, quoi d'intéressant dans tes canards ?

 

- Cinq morts dans le Gard. Noyés. Leurs bagnoles emportées par les eaux. Sur des ponts submersibles... Puteng, merde ! Pourquoi des ponts submersibles ? Pourquoi pas de garde-fou pour arrêter le cas échéant les voitures qui s'engagent ? Et pourquoi ces bagnoles s'engagent-elles ?

 

- C'est dramatique. Pourquoi des ponts submersibles ? Eh ! Loulle, tu connais ces coins des Cévennes aussi bien que moi, c'est à côté : il y a beaucoup de ruisseaux toujours à sec, comme des oueds, sauf lorsqu'il y a de gros orages. Alors construire des ouvrages gigantesques pour assurer le passage de petites routes peu fréquentées, ce n'est pas économiquement raisonnable. D'où ces ponts submersibles.

Pourquoi pas de garde-fou, de parapets ? Parce que ces parapets pourraient éventuellement arrêter une bagnole mal engagée, mais ils arrêteraient aussi et surtout des tas de branches, créant ce qu'on appelle des embâcles, amoncellement de branches, d'arbres, de toutes sortes de déchets qui forment alors barrage. Et lorsque cet embâcle est emporté par le courant, c'est une énorme vague qui déferle vers l'aval et ravage tout. Beaucoup trop dangereux.

 

- Alors reste la question « pourquoi les bagnoles s'engagent-elles ? »

 

- C'est là qu'est la principale question. Et la solution. Actuellement ces ponts submersibles sont signalés quelques dizaines de mètres avant. Ce n'est pas suffisant, pas assez dissuasif. Et d'autant plus inefficace que les gens qui circulent sur ces routes et empruntent donc ces ouvrages sont des gens du pays, qui connaissent bien les lieux, et la routine l'emporte sur la prudence. La famille qui s'est faite emporter habitait à quelques encablures du ruisseau fatal, mais de l'autre côté. Tu connais comme moi la gloriole des mecs. Il a pensé qu'il pouvait passer. Seulement sa bagnole – bobine mouillée ou autre - a calé au milieu du gué. Et comme la montée des eaux, en Cévennes, est très rapide, la voiture a très vite été poussée vers l'aval et est tombé du pont... Avec les résultats catastrophiques que l'on sait. Et c'est pareil pour l'autre accident : même cause, même résultat.

 

- ...teng ! Mais c'est dingue ça. C'est comme si on laissait des passages-à-niveau sans surveillance et sans barrière.

 

- C'est la bonne comparaison Loulle. Et la solution. Il faut mettre de chaque côté de ces ponts submersibles des barrières qui s'abaissent automatiquement lorsque l'eau atteint un certain niveau.

 

- Facile à dire. Moins facile à faire...

 

- Pas du tout. Revenons à ta comparaison avec les passages-à-niveau. L'abaissement des barrières est commandé par le passage, bien en avant, d'un train sur un signal qui déclenche l'abaissement des barrières. Sur ces ponts submersibles, la fermeture de barrières pourraient être déclenchées par un simple système mécanique basé sur le principe...des chiottes ! C'est d'ailleurs là que j'ai eu cette idée ce matin ! Imagine, plaqué contre l'amont du pont, une boite enfermant un gros flotteur relié à un système de déclenchement mécanique ou mieux hydraulique, lâchant les barrières qui tombent alors seule, par gravité, dès que l'eau atteint une hauteur dangereuse. Tout comme le flotteur de la chasse d'eau ferme l'arrivée de flotte. Rien de compliqué à mettre au point pour le moindre ingénieur. Et pour un coût pas dissuasif du tout...

 

- Pas mal Victor. Pas mal ! Ils devraient t'embaucher à la DDE.

 

- D'autant plus que fainéant comme je suis, je ne déparerais pas... Bon. Toute cette eau, ça me donne soif. Sers ma tournée Loulle !

 

- Allez. Á la nôtre !

 

pont submersible pompiers.jpg

 

 

Illustration : merci à Chimulus - photo X - Droits réservés

 

 

16/11/2014

Ouiquinde gastronomique au Bosphore

femme magritte.jpg

 

 

On sait être coquin du côté du Bosphore
Faire vibrer les sens et jubiler les corps,
Car au pays du grand Nasr Eddin Hodja
Ce savoureux poète, celui qui érigea
Dans son œuvre subtile un monument d’humour
Où bon sens, paillardise riment avec amour,
On aime conjuguer les plaisirs de la table
Avec ceux du divan, tout aussi agréables.
C’est ainsi que l’on mange, près du pont Galata
Les « cuisses de jolies femmes » : Kadinbudu kofta.

Faites cuire à grande eau un grand verre de riz
Et préparez le reste durant le temps qu’il cuit :
Emincez une oignon de taille convenable,
Hachez une livre de bœuf de bonne étable
Malaxez à la main tout en incorporant
Une cuillère à soupe de baies qui, au Levant
Portent le nom de kuş uzumu, à défaut
Mettez des baies de myrtes ; ça c’est une info
Me venant d’une Etoile qui connaît le pays
Pour y avoir vécu, et aimé, et joui !
Ajoutez une cuillère à café de piments
Rouges, des pignons ; salez normalement
Puis une cuillerée de poudre de cannelle
Du persil, de l’aneth pour le goût sensuel,
Vous ajoutez un œuf puis le riz égoutté
Malaxez bien le tout ; avec un doigt, goûtez,
Remontez en épices si c’est indispensable
Enfin confectionnez sur le bord de la table
Des fuseaux allongés comme cuisses de femmes
Objets de nos désirs autant que de nos flammes.
Puis dans deux œufs battus vous passez les boulettes
Un peu de chapelure et les cuisses sont prêtes.
Faites-les frire à l’huile et servez sans maraude :
Les cuisses les meilleures sont toujours les plus chaudes !
Cessons pour aujourd’hui ces contes culinaires,
Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

KADINBUDU KOFTE.jpg



Ingrédients et proportions pour six personnes :
1/2kg de viande de bœuf hachée, 1 verre à thé (100 ml) de riz, 1 oignon de taille moyenne, 1 cuillère à soupe de pignons, 1 cuillère à soupe de kuş uzumu (C'est très petit, rond et noir. C’est une petite baie comme la myrte. Les Turcs l’utilisent séchée), 1 cuillère à thé de piment rouge, 1 cuillère à thé de cannelle
1 cuillère à café de sel,1 œuf, un peu d’aneth et un peu de persil. Pour couvrir les boules avant de les frire:
2 œufs battus et de la chapelure.

Boissons conseillées :
Bien sûr le thé si on veut se la jouer à l’orientale… mais on n’est pas obligé !
Ce plat parfumé et relevé s’accorde parfaitement avec des vins rosés frais, soyeux et parfumés comme…des cuisses de femmes. N'oubliez pas, messieurs, que le vin n'est jamais autant aphrodisiaque que lorsque ce sont les femmes qui le boivent!

 

Illustrations: Magritte -  photo X - droits réservés

15/11/2014

Ouiquinde érotique avec Pierre de Larivey

bouche-chatte.jpg

 

Une femme qui pile

 

Je vis ces jours passez une fort belle garce

Négligemment coiffée, assise sur du foin,

Ayant ses deux genoux l'un de l'autre si loin

Au large escarquillez qu'ils occupaient la place.

 

Ses cuisses elle ouvroit d'une si bonne grace

Qu'on voyait entre deux, vers le haut, en un coin,

Un trou large et ouvert à y mettre le pain,

Mais qui faisait, ce semble, une laide grimace.

 

Joyeuse, elle tenait à belles plaines mains

Un chose gros et long d'un quartier pour le moins

Qu'elle mettait dedans d'une mine asseurée;

 

Et, remuant tousjours, si fort elle pressoit

Que jamais en repos elle ne la laissoit

Qu'une douce liqueur elle n'en eut tirée.

 

 

Pierre de Larivey

 

 

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Photos X - Droits réservés

14/11/2014

Radios, télés, journaux et magazines : outils du bourrage de crânes ultralibéral.

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Françoa, Valls, Macron, vous pouvez y aller ! Appliquez sans états d'âme le programme du Medef : les boyaux de la tête du peuple sont plus que correctement malaxés, massés, gavés à l'idéologie ultralibérale par les outils les plus efficaces pour le bourrage de crâne : radios, télés, journaux et magazines.

 

Dès le matin, les machines à bruits résonnent de la bouillie ultralibérale qui travaille au lavage de cerveau des populations. Sur la radio publique, c'est Cohen, Seux et compagnie. Sur les lucarnes à décerveler, il est – toujours sur le service public - une émission de plus en plus outrageusement morpionnisée par la cohorte des employés des boites de propagande du patronat, sous la baguette complice du ci-devant Calvi. Quant à la presse écrite, même les journaux dit «  de gôôche » sont tenus par des banquiers, des bétonneurs et des marchands d'armes. Bonjour la pluralité !

 

On est loin du programme du Conseil national de la Résistance sur la presse ! Contrairement aux lois sortis de la Résistance, les banquiers, les marchands d’armes, les marchands de béton et autres industriels ont mis leurs griffes sur la presse.

 

Libération, journal des bobos de gôôche (on est loin du Libé des débuts, fondé par Sartre !), convaincu des « bienfaits » de l’ultra libéralisme, a été renfloué par Rothschild, a appartenu à Bergé et est passé dans les pognes d'un autre requin : l'homme d’affaires franco-israélien Patrick Drahi, propriétaire des sociétés Numéricable et SFR.

 

Le Nouvel’Obs rebaptisé L'OBS et son groupe ( L'OBS, Sciences et Avenir, Challenges, Rue89)  appartenait au fabriquant de baignoires, de spas, de sanibroyeurs Claude Perdriel qui l'a cédé récemment aux actionnaires du « Monde », le trio Bergé-Neel-Pigasse.

 

Le Point appartient à François Pinault, industriel sulfureux engraissé sur les dépouilles d’entreprises en difficulté avec la complicité des plus hautes instances politiques.

 

Le Monde, qui fut LE journal de référence est devenu un torchon ultralibéral depuis qu’il est la propriété des hommes d’affaires Pierre Bergé (confection de luxe, haute couture), Mathieu Pigasse (Banque Lazard) et Xavier Niel (Free, après avoir fait fortune avec le minitel rose, les peep-show et les sex-shop).

 

L’Express appartient au plus important groupe de presse-purée belge (Roularta Media Group) qui l’a racheté à Dassault. Le même Dassault (fabriquant d’avions de combat – Rafale, Mirage, etc. – d’avions civils – Falcon – et de systèmes électroniques) est propriétaire du Figaro. Il est question qu’il rachète Le Parisien.

 

Et n’oublions pas le marchand de béton Bouygues chez TF1… Etc. Etc.

 

Ces organes de presse peuvent s'appuyer sur des officines dévolues aux idées du grand patronat (pas des PME, nuance). Officines qui souvent se débrouillent pour être déclarées « d'utilité publique » et sont dès lors payées...par les deniers publics !

 

L'AFEP (association française des entreprises privées). Fondé par Ambroise Roux (Compagnie Générale des Eaux, rebaptisée Vivendi et Veolia) à l'arrivée de Mitterrand au pouvoir. C'est un lobby patronal puissant chargé d’influencer les politiques économiques et sociales : droit du travail,fiscalité, énergie, environnement. On y trouve toutes les entreprises du CAC 40. Présidée par Pierre Pringuet (Directeur général de Pernod Ricard) depuis juin 2012, l’Afep a porté à sa tête cinq autres présidents depuis sa création en 1982 : Ambroise Roux, son fondateur, jusqu’en 1999, Didier Pineau-Valencienne (Schneider Electric) jusqu’en 2001, Bertrand Collomb (Lafarge) jusqu’en 2007, Jean-Martin Folz (Peugeot SA) jusqu’en mars 2010 puis Maurice Lévy (Publicis). Elle dispose d'un bureau de lobbying à Bruxelles.

 

L'IFRAP (Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques), il a été fondé en 1985 par Bernard Zimmern, un ancien trésorier du lobby anti-impôt les Contribuables associés. Officine proche de Valeurs actuelles (!?) dont la directrice Agnès Verdier-Molinié, est l’un des piliers de l’émission « C dans l’air ». Son credo, en s'appuyant sur des « expertises » bidons : pri-va-ti-ser ! Ses méthodes : influencer l’opinion publique à coups d’« études » souvent bidonnées ou faire du lobbying auprès des parlementaires ou du gouvernement.

 

L’INSTITUT SUPÉRIEUR DU TRAVAIL (IST). Cette officine se présente comme un « organisme d’expertise et de formation sur le fait syndical, la représentation du personnel et les relations sociales ». En fait, sous couvert de s'intéresser aux syndicats, cet « institut » a pour finalité de contrer le mouvement ouvrier. Fondée en 1969 par le vichyste et ancien collaborateur Georges Albertini (homme politique socialiste et pacifiste avant la Seconde guerre mondiale, passé à l'extrême-droite et engagé dans la collaboration), l’IST sera chargé par le patronat, et singulièrement celui de la métallurgie, de former l’encadrement pour lutter pied à pied contre la CGT dans les entreprises. Son directeur, Bernard Vivier, dispense ses « analyses » et ses « expertises » sur les plateaux de radios et télés. Un des piliers de « C dans l'air ».

 

L’INSTITUT DE L’ENTREPRISE. Il se présente comme la « boite à idées », le « think tank » de l'entreprise. Son crédo : le profit. Son cheval de bataille : « la réduction de la dépense publique et des prélèvements obligatoires ». Et donc le financement de la Sécurité sociale par l'impôt. On y retrouve Vinci, Axa, BNP Paribas, PSA parmi 120 grosses entreprises.

 

COE-REXECODE ( Centre d’observation économique et de recherches pour l’expansion de l’économie et le développement des entreprises. Ouf!). Encore un institut privé qui fournit des « études économiques, des veilles conjoncturelles et des prévisions » pour « participer au débat de politique économique ». En leit-motiv : la durée du temps de travail. On y retrouve les grandes banques et assurances ainsi de grands groupes tels EDF, Bouygues et des organisations patronales comme l'UIMM.

 

Tous ces braves gens ne tiennent pas trop à ce que le bon populo soit trop bien informé. On comprend pourquoi on nous bourre le mou avec de l’émotionnel, de l’accessoire, du fait-divers et du sport…

 

Le travail de ce type d'officines et de journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des puissances de l’Argent.

 

Ils sont les outils obéissants des puissants et des riches qui tirent les ficelles dans les coulisses.

 

Leurs talents, leurs facultés et leurs vies appartiennent à ceux qui les paient. Ils sont comme les prostiputes : elles vendent leur cul, ils vendent leurs cerveaux…

 

Moralité : si vous voulez avoir des informations un peu plus fiables, cherchez-les dans internet où s'imposent quelques journaux en lignes (Médiapart, Agoravox) et une profusion de sites et de blogs n'ayant aucune accointance avec les requins de la finance et des multinationales ! Encore faut-il ne pas avoir le cerveau déjà rendu irrécupérable par TF1 et consort, en avoir la volonté et...le temps.

 

Une des sources :lien

 

Illustration X - Droits réservés.

 

 

13/11/2014

Au bistro de la Toile : de Rosetta à Siné.

chimulus bistro copie.jpg

 

« Depuis que je suis amoureux de toi
Rosetta
Je voudrais le crier sur les toits
Oui Rosetta
Moi qui ne croyais pas à l´amour
Je deviens pour toi le troubadour... »

 

- Fatche, Victor. T'es en forme ce matin ! Qui c'est cette Rosetta qui te fait grimper aux rideaux ?

 

- Eh ! Bougre de nifle. Qu'est qu'il y a sur les canards que tu vends ? Qu'est-ce que t’entends depuis hier dans les machines à bruits ? Qu'est-ce que tu vois dans les lucarnes à décerveler ? Rosetta ! Et son miston, Philoe !

 

- Ah! Bon. Compris. Tu chantes le succès de ce frigo qu'on a envoyé sur un glaçon. Généralement c'est un glaçon dans le frigo, mais là, c'est le contraire...

 

- T'es un indécrottable terre-à-terre, mastroquet de mon cœur... Le frigo en question, le faire se poser sur le glaçon - pour me mettre à portée des boyaux de ta tête – c'est comme si un moustique arrivait à se poser sur une de tes boules pendant que tu tires dans la dernière mène d'une partie de pétanque ! Et même plus compliqué que ça. Non mais tu imagines, Loulle : réussir à faire se poser un frigo, comme tu dis, sur ce minuscule glaçon, mais à 500 millions de km d'ici Loulle ! Après un voyage de dix ans et un trajet de 6 milliards de kilomètres !

 

- ..teng! C'est vrai que c'est un truc de ouf quand on y réfléchit. Mais comment ? Comment des humains peuvent-ils guider, depuis la Terre, une telle manœuvre.

 

- J'en sais rien Loulle. Mais moi aussi ça m'espante.

 

- Eh ! Les Humains qui ont réussi ça, c'est nous ! L’Humain n'est pas qu'un chiapacan, Victor. On sait en faire des choses. De quoi retrouver un peu de fierté. D'autant plus que c'est nous, les Zeuropéoches ! Pas les Zétazuniens, les Ruskofs ou les Chinetoks. Allez, buvons à Philoe ! Je paie le jaune, puisqu'il a le glaçon !

 

- Ça change des konneries de notre petit monde de cloportes. T'as entendu, ce matin, Cazeneuve qui ramait comme d'Abboville au milieu de l'océan pour nous faire avaler qu'il n'a pas raconté des craques concernant le meurtre de ce jeune, au barrage de Sivens, la colonne vertébrale explosée par une grenade de ses archers. Lamentable.

 

- Et les autres guignols, Fillon, Jouyet, qui se réunissent dans une somptueuse gamelle. Pourquoi ? Qu'ont-ils à faire ensemble sinon profiter de leur connivence de caste - Ena et compagnie – pour fomenter je ne sais quelle magouille...

 

- Intérêts croisés entre « élus » professionnels, arrangements entre « camarades de promotion », magouilles et corruption, renvoi d'ascenseur, etc. Avec pour résultats : blocage de la démocratie, rejet de la politique et surtout des « politiques », et enfin la désespérance qui pousse à l'égoïsme corporatiste et finalement au vote FN.

 

- Allez. Buvons à Philae et à ta Rosetta.

 

« ...Oui Rosetta
Moi qui ne croyais pas à l´amour
Je deviens pour toi le troubadour... » !

 

Illustration : merci à Chimulus.

 

* * * * * * * * * * * * * * * *

 Copinage:

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SINÉ ! Même un pied dans la tombe, notre flamboyant pourfendeur de la konnerie lance un SOS.

 

Son magazine – SINÉ MENSUEL – est à portée de fusil des banquiers rapaces qui veulent sa peau. Dans sa « zone »du dernier numéro, il écrit : « (…) Comme l'espoir fait vivre et qu'on n'a pas envie de baisser les bras, on a décidé d'attendre jusqu'à la dernière minute pour nous résoudre à cette extrémité (fermer la boutique). Vous pouvez encore nous sauver en envoyant vos dons fissa à www.sinemensuel.com. Si vous nous sortez de là, promis, tournée générale ! »

 

Eh ! Bob. Tiens-toi aux branches, on arrive. Et puis, meffi ! Si tu meurs, je te tue !

 

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Alors, si vous n'avez pas un oursin dans une poche et une bogue de châtaigne dans l'autre,

 

AIDEZ

SINÉ MENSUEL !

 

 

Le bulletin d'abonnement, les numéros spéciaux dont le formidable : « Ma vie, mon œuvre, mon cul », et même le tee-shirt illustré, c'est là :

 

http://www.sinemensuel.com/boutique/

 

 

12/11/2014

Ubu-Sarko et Ubu-Françoa. Mais kikinouzami des guignols pareils ?

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Mais kikakassé le mur de Berlin ?

C’est Ubu-Sarko !

Mais kikamarché sur la Lune ?

C’est Ubu-Françoa !

Mais kikadécouvert la Relativité ?

C’est Ubu-Sarko !

Mais kika-inventé le cassoulet ?

C’est Ubu-Françoa !

Mais kika-inventé l’imprimerie ?

C’est Ubu-Sarko !

Mais kikakassé le vase de Soisson ?

C’est Ubu-Françoa !

Mais kika-écrit La princesse de Clèves ?

C’est Ubu-Sarko !

Mais kika inventé la boussole ?

C’est Ubu-Françoa !

Mais kike, s’il avait inventé la poudre

Elle ne pèterait pas fort ?

C’est Ubu-Sarko !

Et kiki tire des plombs sur la comète ?

C’est Ubu-Françoa !

Et kiki transcende la konnerie ?

C’est Ubu-Françoa et Ubu-Sarko !

Mais kika donné les clefs de la baraque

Á ces deux comiques troupiers ?

C’est nous les cocus-électeurs…

Et kiki ricane dans sa barbe ?

C’est la Bête

Que notre stupidité fait renaître…

 

 Illustration X - Droits réservés

 

11/11/2014

Dis, papet. C’est quoi la GUERRE ?

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La guerre, ce n’est pas une mission humanitaire.

Ce n’est pas le défilé pimpant, presque gai derrière les musiques martiales de ces beaux jeunes gens solides, virils et disciplinés.

La guerre, ça pue le sang, la merde, la peur, la mort...

La guerre, c'est l'ombre omniprésente de la mort. De celle qu'on donne comme de celle qu'on redoute.

La guerre, ça sent la poudre qui excite, mais ça sent surtout la sueur aigre de la trouille, la merde du camarade qui se chie dessus, l'odeur doucereuse et écœurante du cadavre qui gonfle au soleil puis dont le ventre éclate, libérant la tripaille putride où grouillent les vers.

La guerre, c'est le fracas des explosions, le cliquetis rageur des tirs, le sifflement menaçant des balles qui vous cherchent, qui ricochent autour de vous, ou qui vous hachent en morceaux de viande palpitante.

La guerre, l'embuscade, c'est le corps qui s'efforce de se rétrécir au delà du possible, qui voudrait s'infiltrer dans le plus petit interstice, qui voudrait se fondre dans la boue de la tranchée, la caillasse du djebel ou la vase de la rizière.

La guerre, ce sont les ongles qui se crispent sur la terre à chaque rafale qui vous cherche, qui va vous trouver.

La guerre, c'est la haine de l'autre, de celui qui a tué votre camarade, qui veut votre peau comme vous voulez la sienne. C'est le doigt qui ne relâche plus la détente de votre fusil dérisoire.

La guerre, ce sont les cris de douleur du camarade touché, les hurlements et les sanglots, les aboiements somme toute rassurants de la vieille bête d'adjudant qui hurle ses ordres.

La guerre, c'est le désespoir du camarade touché et qui attend des secours qui ne peuvent venir.

La guerre, c'est l'égoïsme salvateur, primordial qui vous fait penser - lorsque votre voisin d'attaque tombe à côté de vous, haché par une rafale ou la tête explosée par une roquette – qui vous fait crier dans votre pauvre tronche: « ouf, c'est lui, c'est pas moi! »

La guerre, c'est de la merde.

 

Pendant la grande boucherie 14-18, les profiteurs et fauteurs de guerre se la faisaient belle. Les grands boulevards de Paris affichaient une vie trépidante ; les théâtres, les brasseries, les cafés concerts, les boites de nuits regorgeaient de fêtards…

 

Pendant que les Français Schneider, De Wendel et autres faisaient discrètement la bringue avec leurs homologues, rivaux et…amis allemands Krupp, Thyssen et autres fabricants de choses en aciers bien pointues, bien aiguisées, qui entrent dans les viandes, qui labourent les chairs, qui brisent les os, qui éclatent les cranes, qui arrachent les yeux, qui explosent en beaux feux d’artifices de mort, la France d’en-bas s’étripait avec l’Allemagne d’en-bas. Pour le plus grand profit des précédents.

 

La droite la plus bornée, la plus avide, la plus lâche se lâchait, se goinfrait, s’engraissait, se tapissait la tripe de sauces chaudes et onctueuses pendant que les « pauv’cons » se faisaient trouer la viande. C’est cette même droite que l’on retrouvera parmi les vichystes, les patrons et les collabos en 40 pendant que les cocos, au coude à coude avec la droite républicaine gaulliste, se battaient. C’est cette même droite sans vergogne, cupide, inculte, avide, pleine de morgue, la droite - du Fouquet’s comme celle des « copains et des coquins » de la promotion Voltaire - qui gouverne et tient le haut du pavé derrière ses marionnette Ubu-Sarko hier, Ubu-François aujourd’hui.

 

 La guerre est « l’art » de faire s’entretuer des gens pauvres, qui ne se connaissent pas, au profit de gens riches qui, eux, se connaissent… Cette maxime à la véracité sans cesse renouvelée à travers les époques a été superbement illustrée par cette chanson qui marque le désespoir, la résignation mais aussi la révolte de ceux qu’on envoyait à l’abattoir pour rien, sinon transcender la connerie humaine, seule approche que l’on puisse avoir de l’infini…

 

 

La chanson de Craonne

 

Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé

On va reprendre les tranchées,

Notre place est si utile

Que sans nous on prend la pile

Mais c'est bien fini, on en a assez

Personne ne veut plus marcher

Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot

On dit adieu aux civ'lots

Même sans tambours, même sans trompettes

On s'en va là-haut en baissant la tête

 

- Refrain :

Adieu la vie, adieu l'amour,

Adieu toutes les femmes

C'est bien fini, c'est pour toujours

De cette guerre infâme

C'est à Craonne sur le plateau

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

C'est nous les sacrifiés

 

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance

Pourtant on a l'espérance

Que ce soir viendra la r'lève

Que nous attendons sans trêve

Soudain dans la nuit et le silence

On voit quelqu'un qui s'avance

C'est un officier de chasseurs à pied

Qui vient pour nous remplacer

Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe

Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

 

- Refrain -

 

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards

Tous ces gros qui font la foire

Si pour eux la vie est rose

Pour nous c'est pas la même chose

Au lieu d'se cacher tous ces embusqués

Feraient mieux d'monter aux tranchées

Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien

Nous autres les pauv' purotins

Tous les camarades sont enterrés là

Pour défendr' les biens de ces messieurs là

 

- Refrain :

Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendront

Car c'est pour eux qu'on crève

Mais c'est fini, car les trouffions

Vont tous se mettre en grève

Ce s'ra votre tour messieurs les gros

De monter sur l'plateau

Car si vous voulez faire la guerre

Payez-la de votre peau

 

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Photos X - Droits réservés

 

10/11/2014

La république des copains et des coquins au sommet !

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Et une saloperie de plus. Une ! Illustrée par ce repas de copains et de coquins entre Fillon et Jouyet. Magouilles à tous les niveaux, et surtout aux plus hauts. Accointances et petits arrangements entre « pairs », quels que soient les drapeaux politiques affichés.

 

- « Eh ! Tu ne pourrais pas m'aider à...bipbipbip. C'est entre nous, bien sûr. Tu sais que je te revaudrais ça.

- Je vais voir ce que je peux faire. Mais c'est « off record », hein ! »

 

Ces compromissions sont les fruits empoisonnés de cette caste des « zélites » qui se reproduisent entre eux. Ces fils et filles de bourgeois se retrouvent sur les bancs des mêmes grandes « écoles » – ENA, Polytechnique, HEC, etc. - où, outre un savoir stéréotypé, ils se créent un carnet d'adresse fort utile pour leur « carrière ». Au sortir de ces moules de la pensée unique ultralibérale, ils choisissent le bord politique où ils vont sévir non pas en fonction de leurs convictions – ils n'en ont pas – mais en fonction des opportunités à saisir. Ainsi le fils de grand bourgeois Fabius se retrouve dans les basques de Mitterrand, homme de droite devenu le chef emblématique de la gôôche. Ainsi le grand bourgeois Jouyet, influent entre tous, faiseur ou défaiseur de carrière, capable d'évoluer sans vergogne d'un ministère chez Sarko au secrétariat de la présidence de la République sous François.

 

La République crève de cette endogamie qui voit les « zélites » de coopter et s'incruster. Toujours les mêmes, issus des mêmes milieux favorisés, n'ayant pour horizons que la défense de leurs propres intérêts et de ceux de leurs comparses. Ils sont « conseillers » dans les ministères tenus par leurs camarades de promotion. Puis ils vont pantoufler dans les grandes entreprises, dans les grandes banques pour l'intérêt desquelles ils ont « conseillé » leurs ministres de tutelle.

 

C'est le sinistre Cahuzac, alors ministre, faisant preuve de mansuétude vis-à-vis de Woerth sur l'affaire de l'hippodrome de Compiègne. Le même Woerth ayant été averti lorsqu'il était ministre du budget des anomalies dans le compte fiscal de Cahuzac sans bouger un doigt. lien

 

C'est l'existence la Cour de Justice de la République – ce tribunal spécial fait pour blanchir les puissants.

 

Ce sont les affaires Lagarde-Tapie, Cahuzac, Woerth, Bettencourt, Sarkozy, Takiedinne, les sous-marins du Pakistan, les contrats avec les féodalités pétrolières du golfe, etc.

 

Cette main-mise d'une caste sur le pays, ces scandales à répétition, jamais sanctionnés, ce non-renouvellement des élites sont les principales causes du désaveu des institutions par le peuple, du rejet du parlementarisme, de la montée des populismes.

 

Le "suicide de le France"? Ce n'est pas un suicide, c'est un assassinat...

 

Et ki qui se frotte les mains ?

 

 

Illustration: merci à Deligne

 

09/11/2014

Ouiquinde gastronomique : l'homo parasitus en croûte.

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Prenez un homo parasitus bien gras

C’est facile à trouver, il n’y a pas d’embarras :

Banquier, patron voyou ou élu cumulard,

Curé, imam, rabbin, juge, flic ou bavard,

Faites à votre goût, ou selon l’arrivage,

Sans souci de couleurs, de sexe ou bien d’âge.

Tous sont aptes à fournir matière à bon mâchon.

Á défaut, vous pouvez vous servir d’un cochon

Il doit être saigné, vidé, émasculé

Si mâle (garder les attributs dans du lait)

Garnissez l’intérieur d’herbes aromatiques,

Thym, romarin, oignons coupés façon rustique,

Quatre ou cinq têtes d’ail, trois poignées de gros sel,

Salez bien tout le corps, cuisses, dos, fesses, aisselles,

Entourez le porc long de feuilles de fougères

Puis recouvrez le tout d’argile ménagère.

Vous avez préparé, à l’avance, un foyer

Dont le fond est garni de pierres, de galet

Chauffés à blanc par un grand feu de bois bien sec.

Dégagez-en les braises, allongez-y le mec,

Puis recouvrez de braises, de pierres et de terre,

De saisines d’huissiers, de relevés bancaires…

Laissez cuire douze heures, au moins, à l’étouffé,

Cette douce cuisson efface les méfaits.

Enfin, sortez le mets de sa croûte de gangue

Et régalez-vous en, ça craque sous la langue !

Ainsi, même les pires, retenons la leçon,

Peuvent avoir du bon : c’est question de cuisson !

 

 

Illustration X – Droits réservés

 

08/11/2014

Ouiquinde érotique potager avec tonton Georges!

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Les radis

 

Chacun sait qu'autrefois les femm's convaincues d'adultère
Se voyaient enfoncer dans un endroit qu'il me faut taire
Par modestie...
Un énorme radis.

Or quand j'étais tout gosse, un jour de foire en mon village,
J'eus la douleur de voir punir d'une épouse volage
La perfidie,
Au moyen du radis.

La malheureuse fut traînée sur la place publique
Par le cruel cornard armé du radis symbolique,
Ah ! sapristi,
Mes aïeux quel radis !

Vers la pauvre martyre on vit courir les bonn's épouses
Qui, soit dit entre nous, de sa débauche étaient jalouses.
Je n'ai pas dit :
Jalouses du radis.

Si j'étais dans les rangs de cette avide et basse troupe,
C'est qu'à cette époqu'-là j' n'avais encor' pas vu de croupe
Ni de radis,
Ça m'était interdit.

Le cornard attendit que le forum fût noir de monde
Pour se mettre en devoir d'accomplir l'empal'ment immonde,
Lors il brandit
Le colossal radis.

La victime acceptait le châtiment avec noblesse,
Mais il faut convenir qu'elle serrait bien fort les fesses
Qui, du radis,
Allaient être nanties.

Le cornard mit l' radis dans cet endroit qu'il me faut taire,
Où les honnêtes gens ne laissent entrer que des clystères.
On applaudit
Les progrès du radis.

La pampe du légume était seule à présent visible,
La plante était allée jusqu'aux limites du possible,
On attendit
Les effets du radis.

Or, à l'étonnement du cornard et des gross's pécores
L'empalée enchantée criait : "Encore, encore, encore,
Hardi hardi,
Pousse le radis, dis !"

Ell' dit à pleine voix : "J' n'aurais pas cru qu'un tel supplice
Pût en si peu de temps me procurer un tel délice !
Mais les radis
Mènent en paradis !"

Ell' n'avait pas fini de chanter le panégyrique
Du légume en question que toutes les pécor's lubriques
Avaient bondi
Vers les champs de radis.

L'œil fou, l'écume aux dents, ces furies se jetèrent en meute
Dans les champs de radis qui devinrent des champs d'émeute.
Y en aura-t-y
Pour toutes, des radis ?

Ell's firent un désastre et laissèrent loin derrière elles
Les ravages causés par les nuées de sauterelles.
Dans le pays,
Plus l'ombre d'un radis.

Beaucoup de maraîchers constatèrent qu'en certain nombre
Il leur manquait aussi des betterav's et des concombres
Raflés pardi
Comme de vils radis.

Tout le temps que dura cette manie contre nature,
Les innocents radis en vir'nt de vert's et de pas mûres,
Pauvres radis,
Héros de tragédie.

Lassés d'être enfoncés dans cet endroit qu'il me faut taire,
Les plus intelligents de ces légumes méditèrent.
Ils se sont dit :
"Cessons d'être radis !"

Alors les maraîchers semant des radis récoltèrent
Des melons, des choux-fleurs, des artichauts, des pomm's de terre
Et des orties,
Mais pas un seul radis.

A partir de ce jour, la bonne plante potagère
Devint dans le village une des denrées les plus chères
Plus de radis
Pour les gagne-petit.

Certain's pécor's fûtées dir'nt sans façons : "Nous, on s'en fiche
De cette pénurie, on emploie le radis postiche
Qui garantit
Du manque de radis."

La mode du radis réduisant le nombre de mères
Qui donnaient au village une postérité, le maire,
Dans un édit
Prohiba le radis.

Un crieur annonça : "Toute femme prise à se mettre
Dans l'endroit réservé au clystère et au thermomètre
Même posti-
Che un semblant de radis

Sera livrée aux mains d'une maîtresse couturière
Qui, sans aucun délai, lui faufilera le derrière
Pour interdi-
Re l'accès du radis."

Cette loi draconienne eut raison de l'usage louche
D'absorber le radis par d'autres voies que par la bouche,
Et le radis,
Le légume maudit,

Ne fut plus désormais l'instrument de basses manœuvres
Et n'entra plus que dans la composition des hors-d'œuvre
Qui, à midi,
Aiguisent l'appétit.

 

 

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Paroles: Georges Brassens. Musique: Georges Brassens   1957 © Editions musicales 57

 

 

Ecoutez cette excellente interprétation de Pacachade  :

 

http://www.youtube.com/watch?v=SkpWp1gCgRg

 

 

Photos X - Droits réservés

07/11/2014

Luxembourg, pays forban de l'U.E. : Junker contre Junker !

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- Eh, Junker, ton prédécesseur, Barroso, t'a laissé un joli cadeau avant de partir : cette commission d'enquête sur les pratiques d'un pays qui a bâti sa richesse sur le maquereautage des autres pays de l'Union européenne ! Ceci à travers un régime fiscal au service de « l'optimisation fiscale » des grands groupes mondiaux. Eh ! Monsieur le président de la commission européenne, c'est un sale coup pour le Luxembourg ça.

 

- Oh, Junker, qui est-ce qui était le premier ministre du Luxembourg lorsque ces accords ont été signés ? C'est bien toi, Junker ! Alors maintenant que tu es président de la Commission, tu vas devoir faire plier Xavier Bettel, ton successeur à la tête de notre pays ! Assez cocasse comme position. Je suppose que tu ne feras pas trop de zèle pour démolir ce que tu as bâti...

 

- Junker, sache que je n'interviendrais pas dans ce bras de fer entre moi, Junker président de la Com, et le successeur de toi-moi à la tête du Luxembourg, Xavier Bettel.

 

- Eh ! Junker, tu sais comment les autres pays européens qualifie mon-ton-notre pays ? De pays-voyou, de forban de l'Europe, de maquereau.

 

- Dis, Junker, puisque c'est toi qui les as signé ces accords « scélérats » comme « ils » disent, rafraîchis-moi la mémoire. Comment ça marche cette « optimisation fiscale »

 

- Eh bien voilà, Junker. Au Luxembourg, petit État membre et l'un des fondateurs de l'Union européenne, les sociétés sont imposées à 29 %. Mais les entreprises ont la possibilité de conclure des accords au cas par cas, dits "tax rulings", avec les autorités de notre pays. Tu comprends bien, Junker, que ces négociations ne sont pas pour les PME ou les artisans. Ceux-là paient plein pot. Non, c'est pour les grands groupes mondiaux, les grandes multinationales. Celles-ci comme ceux-là mandatent de grands cabinets de conseil, au premier rang desquels PricewaterhouseCoopers. Et au final, le taux d'imposition est quasiment nul. Mais pour l’État luxembourgeois, ces quelques pour-cents de taxes laissent de très juteux revenus, étant donné l'énormité des sommes en question. L'idéal, c'est les « royalties ». Une entreprise multinationale crée une filiale chez nous, celle-ci facture à toutes les entités du groupe qui vendent un service effectif en France, en Allemagne, en Italie, bref partout, des « royalties », des redevances pour l'utilisation de la marque ! Ces redevances sont énormes et couvrent l'essentiel des bénefs de la société en question qui dès lors ne gagne plus d'argent en France, en Allemagne, en Italie ou ailleurs. Et donc ne paie pas d'impôt, ou si peu, dans les pays où elle gagne son argent, grugeant ainsi les services fiscaux locaux. Chez nous, grâce aux « tax rulings », elle paie des impôts très minimes, mais qui laissent de beaux revenu au Luxembourg.

 

- Tiens, une autre combine que tu-je as cautionné : les « pertes gagnantes ». L'entreprise, par des transferts entre filiales, se débrouille à avoir de grosses pertes, rapatriés dans sa filiale du Luxembourg, et chez nous, elle peut déduire ces pertes jusque dans ses bénéfices futurs ! Sans oublier les prêts internes d'une filiale à l'autre.

Tu n'as pas oublié tout ça Junker, maintenant que tu as monté en grade??!!

 

- Ben, tu sais Junker, maintenant que je suis président de la Commission, j'ai d'autres problèmes à résoudre alors tu comprendras que j'ai tendance à oublier ce que j'ai signé lorsque j'étais toi, premier ministre du Luxembourg

 

- Eh ! Junker, les problèmes de mémoire arrivent à tout le monde... J'espère tout de même que tu n'oublieras pas d'où tu viens, ni qui t'as fait roi ! Et que tu sauras tempérer les ardeurs des « justiciers » de ta Commission...

 

- Bien sûr, mais discrètement Junker. Discrètement...

 

 

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06/11/2014

Au bistro de la toile : buralistes et agriculteurs.



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- Oh ! Loulle, tu fais pas la manif des buralistes ?

 

- Eh ! T'as mis tes lunettes en peau de saucisson ? Tu ne t'es pas encore rendu compte que je désaltère mes clients assoiffés, je leur vends les journaux mais pas de tabac !

 

- Ça va Loulle. C'est pour un peu te faire encagner !

 

- Remarque, les buralistes qui gueulent, on peut comprendre ceux qui sont en zones frontalières. Les autres... Plus les prix augmentent, plus ils gagnent ! Sauf si la consommation baisse. Ça le fait un peu, mais pas longtemps... Actuellement, ils gueulent contre l'augmentation des taxes sur les cigares (Le Davidof est un produit de pauvres, c'est bien connu) et contre le « risque » de banalisation des paquets de cigarettes.

 

- Bof. On a là un épiphénomène strictement corporatiste. Il faut savoir que, à présent, les taxes prélevées sur le tabac vont intégralement à la Sécu. Et puis, moi, je ne fume pas. Alors, égoïstement, leur combat, je m'en fous...

 

- Ah ! Il y a les paysans aussi. Ils ont balancé, partout en France, des patates, des pommes, ils ont arrosés copieusement de lisier les rues et les établissements administratifs, ils n'ont pas été avares de fumiers les FNSEA-boy's !

 

- Leur action a été contradictoire : d'un côté ils pourrissent les rues et la ville avec leur fumier et leur lisier, de l'autre ils distribuent gratos leurs produits. D'un côté ils saccagent, de l'autre ils veulent faire jouer la fibre patriotique en demandant Français de manger « français »... Ils salopent et veulent se faire aimer...

 

- On peut comprendre leur rabia,Victor, lorsque l'on sait que les cantines d'écoles, les hôpitaux et autres restaurants de collectivités utilisent une majorité de fruits et légumes étrangers !

 

- On touche là une des stupidités de la « libre concurrence » européenne... L'école ou l’hôpital de Chateaurenard – au centre d'un des jardins de la France - sont incités à acheter des fruits espagnols et des patates allemandes !

 

- Ils gueulent aussi parce qu'ils ne gagnent plus un fifrelin à cause d'une distorsion de concurrence avec les producteurs espagnols, allemands, polonais et autres qui n'ont pas es mêmes normes sociales et environnementales.

 

- Ah ! Ces fameuses « contraintes environnementales » ! En fait Loulle, la FNSEA – syndicat productiviste s'il en est – rugit dans les brancards contre la directive Nitrates qui impose depuis l’été dernier aux exploitants d’investir du pognon pour limiter la pollution des eaux par ces dérivés d’engrais azotés qui sont les premiers responsables de la prolifération des algues vertes !

 

- Sans oublier les pesticides... Quand je vais pédaler dans la Barthelasse, je fuis vite vite quand j'entends les souffleries de ces énormes machines qui balancent des nuages de pesticides sur pommes, poires, pêches !

 

- Et tu sais ce qu'ils répondent les exploitants agricoles si tu leur parles de ça ? Et les pesticides ? « Au nom de quoi on devrait arrêter de traiter, même si ça impacte le milieu et la santé des agriculteurs ? J’ai choisi d’être agriculteur pour produire, or on ne peut pas nourrir la population sur un modèle bio, c’est réservé à une élite»,

 

- Les agriculteurs ont perdus depuis longtemps ce bon sens terrien qui faisait leur spécificité. Ils ne méritent plus le beau nom de paysans...

 

- On n'a que les syndicats que l'on mérite. Et la FNSEA ne fait rien pour inciter ses troupes à opter pour un modèle agricole différent, plus respectueux des humains comme de la nature, et surtout qui les sorte de cette course au moins disant en matière sociale et environnementale. Sans oublier qu'ils ont déjà beaucoup obtenus : abandon de l'écotaxe, agrandissement des porcheries, détaxe du gazole, etc.

 

- De toute façon, ils peuvent gueuler, casser, saccager, ils savent qu'ils ne risquent rien.

 

- S'ils sont de la FNSEA. Par contre s'ils sont de la Confédération paysanne : au trou ! Comme les déboulonneurs de l'usine aux mille vaches de la Somme...

 

- Allez ! Á la nôtre !

 

Illustration : merci à Chimulus

 

 

* * * * * * * *

 

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Manitas de plata. Notre ami. Mon ami...

Ce flamboyant magicien de la guitare est aller agrémenter

les fêtes dans les vignes du seigneur.

 

Levons nos verres en sa mémoire.

 

Adios, amigo !

 

https://www.youtube.com/watch?v=lj_WZZqyMoI&index=2&a...

 

 

05/11/2014

Conquérir les grands projets inutiles : mode d'emploi.

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Le barrage de Sivens (huit millions, un mort) comme l'aéroport de Notre-dame-des-Landes illustrent jusqu'à la caricature cette passion de nos « zélus » et de nos « zélites » pour ces cathédrales modernes : les grands projets inutiles.

 

Les projecteurs sont actuellement braqués sur ce fumeux barrage de Sirvens (au sujet duquel Ségolène a décidé...de ne rien décider ! Il est vrai qu'on ne vit pas impunément des décennies avec François sans que ça déteigne...). Mais il n'est que l'un parmi tant d'autres de ces projets pharaoniques qui ne servent à rien sinon à caresser dans le sens du poil l'ego m'as-tu-vu de quelques potentats locaux. On a daubé sur les Espagnols et leurs aéroports vides, leurs lotissements vides. Mais nous aussi on jette des milliards en l'air (pardon, dans la poche de quelques grands groupes) sans aucun avantage pour la population. Ces « grands projets » sont les fruits empoisonnés de la folie des grandeurs de « décideurs » stupides et pour certains magouillant sans vergogne avec quelques grandes compagnies de travaux publics…

 

Notre-Dame-des-Landes. Á tout seigneur tout honneur. Notre-Dame-des-Landes est l’expression de la mégalomanie de quelques satrapes locaux voulant péter plus haut que leur cul. L'aéroport actuel est loin d'être saturé et la région, en cul-de-sac, accueille déjà douze aéroports ! L’aéroport de Gatwick, à une quarantaine de km de Londres, traite 34 millions de passagers par an, contre 3,5 à Nantes, dix fois plus, et 242.000 mouvements d’avion, avec une piste plus courte, sans être saturé pour autant ! Idem pour celui de Genève. En mépris du rejet par la population, les mégalos locaux viennent de recevoir le soutien de Valls...

 

La « ferme des 1.000 vaches ». Exploitée depuis septembre dans la Somme, avec un premier troupeau de 500 vaches laitières, cette « méga-ferme » se double d’un méthaniseur qui produit de l’électricité à partir des rejets des bestiaux. Une noria de camion chaque jour sur les routes pour évacuer le lait. Réalisation portée par un millionnaire du BTP. Y'a bon les subventions!

 

Le site d’enfouissement nucléaire de Bure. Porté par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), il consiste à enterrer 80.000 m3 de résidus nucléaires à haute activité et à vie longue dans le sous-sol lorrain, à partir de 2025. Une poubelle nucléaire extrêmement aléatoire voire dangereuse qui se heurte depuis dix ans à l’hostilité de militants antinucléaires français et allemands.

 

La ligne à grande vitesse (LGV) Lyon-Turin. Son coût en est évalué à plus de 26 milliards d’euros dont plus de 10 milliards pour le seul tunnel sous les Alpes, long de 57 kilomètres, qui doit permettre de relier les deux métropoles en deux heures environ. Alors que la rentabilité des TGV est sérieusement remise en cause et que le réseau « normal », celui qu'utilisent « les Français d'en-bas » est laissé à l'abandon...

 

Le Grand Stade de Lyon. 640 millions d’euros pour cet équipement sportif, à Décines, en banlieue lyonnaise. Malgré 71 procédures lancés par les opposants, les travaux sont en route...

 

Et il y en a d'autres, partout. Á la lumière de ces « réussites », donnons quelques conseils aux maitres d’œuvre pour réussir au mieux à se remplir les poches avec ces projets inutiles, sur le dos des contribuables.

 

1 – Pour séduire vos interlocuteurs locaux, proposez des projets pharaoniques. La démesure doit être votre crédo. Faites jouer la concurrence entre métropoles. Tous les grands « zélus » rêvent du viaduc de Millau chez eux. Une fois que vous aurez conquis ces grands satrapes locaux, ceux-ci sauront gagner à votre cause les « zélus » secondaires (43 sur 45 conseillers généraux en faveur du barrage de Sirvens). N'oubliez pas de faire valoir de nombreux, de très nombreux emplois à la clé. Si ce n'est pas vrai, vous pourrez toujours arguer de « la crise ».

 

2 – Faites travailler des bureaux d'études sachant compliquer les choses pour rendre des dossiers indéchiffrables. Ça en impose toujours à l'élu de base de ne rien comprendre. Et ça décourage l'emmerdeur un peu trop curieux. Si ces bureaux d'études sont dans la mouvance des « zélus », c'est tout bénef.

 

3 - Mettez-vous dans la poche la presse locale. Ce n'est pas difficile : une visite de la maquette assortie d'un bon gueuleton pour les plumitifs et quelques pages publicitaires vous assureront la docilité d'alliés efficaces, aptes à encenser vos travaux et à démolir l'attitude « rétrograde » des éventuels opposants.

 

4 – Pour financer ces projets à la viabilité économique plus qu'aléatoire, proposez avec persuasion (discrète, bien ciblée, chiffrée) l'extraordinaire pompe à fric du fameux (et fumeux) Partenariat Public Privé (PPP). Á vous dès lors non seulement la construction mais aussi la maintenance, la gestion, l'exploitation de l'infrastructure en question. C'est pour vous une maîtrise complète et les collectivités n'auront plus qu'à casquer en loyers faramineux deux fois, voire trois fois plus que le prix total des travaux !

 

5 – Vous aurez à faire face à des associations d'opposants. Ce sont des amateurs : opposez à leurs arguments de bons rêveurs coupés de la dure réalité économique ceux, rigoureux, de vos spécialistes. Ridiculisez-les, brandissez l'étendard de l'intérêt national face à leur vision passéiste. N'hésitez pas à participer aux concertations publiques pour montrer votre sincérité. Noyez le poisson sous des chiffres et des termes incompréhensibles : l'alliance des « zélus » locaux et de la presse locale (annihilée par vos largesses publicitaires) feront le reste.

 

6 – Il est possible que vous deviez vous heurter à l'occupation du site en question. Á la légitimité revendiquée par les opposants – que vous devez qualifier « d'occupants » -, opposez la légalité institutionnelle. Montrez votre « détermination », assignez les organisations opposantes en justice et n'hésitez pas à faire appel à la force publique. Mais attention, cette option est délicate : des nuages de gaz lacrimo, tant que vous voulez, mais gare au syndrome de Sirvens : un mort peut tout foutre en l'air...

 

7 – Si vous perdez le gâteau, ne vous découragez pas, il y en a d'autres : stades, piscines, infrastructures sportives, centres commerciaux, tours « prestigieuses », centres hospitaliers, quartiers d'affaires, etc...

 

Enfin, n'oubliez pas l'essentiel pour vous : l'inutile, c'est très rentable !

 

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04/11/2014

Kamel Daoud parle des islamistes : courage, lucidité, talent.

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Sera-t-il couronné par le Goncourt demain, pour son roman "Meursault, contre-enquête", inspiré de Camus ? Ce matin, sur France-Inter, après les logorrhées habituelles du ci-devant Cohen Patrick, j’ai entendu, puis écouté des propos qui faisaient « tilt » à mes oreilles. Ces propos étaient ceux de Kamel Daoud, écrivain algérien. Je vous propose donc un texte lucide, courageux et sans langue de bois de ce grand monsieur :

 

Mais d’où nous viennent les islamistes ? par Kamel Daoud

La religion, c’est comme un appel en absence d’un numéro masqué : vous savez qu’on vous a appelé, mais vous ne savez pas qui. Alors, vous dites que c’est Allah, Dieu, Jéhovah, Bouddha ou le Râ. La révélation, c’est comme un SMS : cela doit vous dire tout, mais en trois lignes et 150 caractères. A vous d’interpréter. La foi est une ligne d’abonné. La croyance se recharge comme des unités. Trêve d’humour. Le sujet du jour est une question : pourquoi les islamistes sont des islamistes qui veulent imposer la chariâ partout ? Ils sont comme nous, vivent et respirent et vont aux toilettes. Pourquoi à un moment, ils se prennent pour les guichetiers du ciel et les émissaires de Dieu ? Pourquoi ils n’aiment pas la nudité, la femme, la liberté, le choix, l’homme, l’urne et le choix du choix ? Pourquoi ils sont comme ça : violents, laids, souffreteux et impénétrables aux nuances de l’humanité ? A quel moment un être humain devient un être islamiste ? Faute d’amour ? De bons livres ? D’accès à canal + ? D’attente déçue ? D’emploi ou de sens ? D’où viennent les Djihadistes justement ? Qui les enfantent ? D’où vient l’islamisme ?

 

Réponse : de l’école. Ensuite, plus profond, des livres qui sont en circulation, puis des chaines satellitaires religieuses, de la question palestinienne et des échecs sensuels et amoureux et de salaires et de voyages ratés. Ensuite ? Là, il faut le dire comme l’a dit un collègue : de l’Arabie Saoudite. Ce pays qui mange l’argent des pèlerins crédules et vit d’être le PDG des Lieux Saints, qui exporte le pétrole vers l’Occident et le wahabisme vers le monde « arabe ». C’est de là que viennent ces idées qui empêchent les femmes de prendre le volant des voitures et les « arabes » de prendre le volant du monde. C’est de là que vient l’argent des élections, des maquis, des Djihadistes. Et ce n’est pas de la propagande bas de gamme pro-occidentale mais la réalité : ce pays exporte la mort et forme nos malades tueurs de lueurs et de levers de soleil. La source du Mal est là : dans ce pays qui lutte contre le terrorisme chez lui mais l’encourage ailleurs comme un désert qui avance. Les islamistes sont les petits pupilles de cette nation familiale : ils y tètent les idées noires et l’irrespect des libertés au nom d’une obligation de croyance. C’est dans ce pays, et son sosie l’Iran, que naissent ces fatwas qui nous ridiculisent et ces Cheikhs pervers chevillés à la libido par la tête et la haine.

 

Car il faut se poser la question sur les « islamistes » et leur origine idéologique. Le rêve d’AQMI, c’est le remake pauvre de ce Royaume. La question a longtemps préoccupée le chroniqueur : d’où viennent les islamistes qui naissent comme nous avant de se transformer contre nous ? Qui a fait que des enfants se transforment en hideux guerriers d’AQMI et d’ailleurs ? Des idées. Des idées surtout qui viennent de ce pays de sable et de mort où un peuple entier est condamné à être serviteur des faux serviteurs de ces Lieux. Du coup, une conclusion : le vrai printemps arabe commencera le jour où ce foyer sombre sera éclairé par la révolte et le sursaut de son peuple qui tourne en rond autour d’une famille. C’est de là que nous viennent ces méchants tristes qui veulent emprisonner nos femmes, voler nos arbres, nous imposer les ablutions après les éternuements et nous faire croire que l’on peut marcher vers la lune, le front en semelle de leurs croyances. C’est le jour où l’on cassera le tabou derrière lequel se cache les Al Saoud pour se proclamer garants de nos croyances et gardiens des espaces sacrés, que nous entameront la marche du monde. AQMI et les autres ? Ce ne sont que les enfants perdus de la monstrueuse paternité de ce Royaume. Il ne sert à rien de lutter contre le terrorisme sans s’avouer qu’il a une origine et des Pères fondateurs.

 

Sources : http://nadorculturesuite.unblog.fr/2012/04/08/mais-dou-no...

 

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