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22/06/2017

Au Bistro de la Toile : Chaud devant, chaud !

chimulus bistro copie.jpg

 

- Oh ! Victor, Qué cagnasse ! Pourtant t’as pas l’air d’avoir chaud toi ? Comment tu fais ?

- Eh ! C’est le vent que font les ministres qui arrivent et qui s’en vont qui nous rafraîchit, Loulle.

- C’est vrai que ça ventile sérieux, pire que le mistral. Tè, tonton Bayrou par exemple, en voilà un qui a fait un passage éclair. Il a giclé vite fait comme un pet sur une toile ciré. Sous prétexte de quelques magouilles qui sont admises, consacrées, presque naturelles dans le milieu politicard. Décidément, celui-là, c’est le roi de la louze !

- Pas sûr Loulle, pas sûr. Son équation personnelle, en tant qu’homme politique, en prend un coup, là oui c’est la louze. Mais le chef de parti, lui a réussi un formidable hold-up ! Regardons de plus près. Son parti, le Mouvement Démocrate ou MODEM, ne comptait qu’un seul député dans la précédente législature. Au niveau de l’influence, rien. Il avait eu autour de 450 000 voix aux législatives précédentes. À 1,68 euro la voix, ça fait dans les 756 000 euros selon la loi du 11 mars 1988 du financement des partis. C’est beaucoup mais pas bézef pour faire tourner un parti. Mais en venant au secours de la victoire de Macron, il a doublé son nombre de voix, passant à 930 000 qui lui rapportent chaque année 1,56 million de bons euros d’argent public. Et une influence qui passe à 42 députés qui rapportent, eux aussi 42 228 euros chacun au parti, soit 1,77 million ! Eh ! C’est pas pareil.

- Vu sous cet angle, il n’est pas si cocu que ça tonton Bayrou… Mais son ego doit en prendre un sacré coup…

- Bayrou, il a raté son coup en 2007. Au premier tour des présidentielles, il arrivait troisième avec plus de 18 % des voix, derrière Sarko qui faisait 31 % et Ségolène Royal qui faisait 25 %. Entre les deux tours, il a été sollicité discrètement par Ségolène, avec probablement la place de Premier ministre s’il se ralliait, ce qui assurait la victoire contre Sarko et nous aurait évités cinq ans de galère avec Sarko et cinq autres avec Hollande… Mais Bayrou, c’est comme un puceau qui s’astique frénétiquement le créateur en pensant à une belle fille et, lorsque la fille de ses rêves accepte enfin ses avances, se retrouve en panne, avec le goumi regardant ses chaussures… La belle fille, c’était le pouvoir partagé que lui proposait Ségolène Royal. Il n’a pas osé « monter l’escalier » qui le menait à son paradis. Zorba a dit : « Il n’y a qu’un péché mortel, c’est quand une femme t’appelle pour l’Amour et que tu n’y vas pas. » Bayrou, c’est ça…

- C’est vrai. Bon et ce Macron, qu’est-ce qu’il faut en attendre ?

- Ça dépend qui. Les patrons, les nantis, les financiers, beaucoup, les autres plus de coups que de caresses…

- Mais enfin, il a déjà réussi une belle chose : un formidable coup d’escoube en mettant à la porte une énorme palanquée de ces professionnels de la politique, élus et réélus grâce à un système bien rodé de clientélisme, tous ces vieux kroumirs du Péhesse et du Hélaire qui ont largement démontré leur incompétence depuis trois décennies. Rien que pour ça, on peut lui donner sa chance.

- C’est vrai. Mais est-ce qu’on ne va pas changer ces parasites politicards pour les lobbyistes chargés de défendre les intérêts de telle ou telle force économique, comme cela se fait aux États-Unis, pays de référence de Macron ?

- Pas de procès d’intention Victor. On verra à l’usage. Et on peut compter sur Méluche pour dénoncer toute embrouille trop visible!

- Heureusement Loulle. Heureusement. Parce qu’on risque de voir arriver, les dents raclant le parquet, tous les privilégiés, les favoris du système, les représentants des banques, des multinationales, des assurances et autres structures aussi parasites qu’avides et sans états d’âme.

- C’est vrai que ceux-là sont maintenant au pouvoir.

Ils sont même le pouvoir. Les lobbies font la loi, parce que le Peuple s’abstient Loulle… 27 millions de citoyens a fait la grève du vote. C’est 56,6 % soit la grosse majorité des électeurs.

- Ouais mais, oh, Victor, si tu ne votes pas, t’as plus qu’à fermer ta gueule. Abstention, piège à kons !

- Je suis d’accord Loulle. Mais on peut être d’autant plus marris que sur ces 26 ou 27 millions de grévistes du bulletin de vote, il y a une grosse partie des 18 millions de salariés, ceux qui vont encore plus en chier avec la mise en pièces du Code du travail.

- Rien n’est encore fait.

- Allez, laissons voir ce qu’il va faire le minot. S’il arrive à faire bouger l’Europe dans le bon sens, on lui pardonnera beaucoup…

- À la nôtre !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

 

11/06/2017

Tè! Je vais voter puis je fais l'Aïoli !

 

Je viens de mettre le vin blanc au frais, de sortir les œufs, l’huile d’olive, les aulx, le lourd mortier en marbre blanc et le trisson en bois d’olivier pour que tout soit à la même température. La "merlusse" (la morue) finit de se dessaler dans le réservoir d'eau du cagadou (du chiotte) comme font les Portos, puis je vais finir de libérer la France et à midi, on se fait un aïoli du tron de dieu à l’ombre du pin parasol !

 

Aïoli pour web.jpg

 

Tè. Je vous donne la recette de

 L'Aïoli des Académiciens

 

Aïoli! Mot sonnant comme un salut gaillard!

D'Avignon à Marseille il est un étendard.

Emblème culinaire en terres de Provence

Il engendre gaieté, amour et pétulance.

Pour unir ceux qui l'aiment, il est avantageux

Tant son parfum puissant éloigne les fâcheux.

L'aïoli est en soi un éloquent symbole

Des valeurs des pays où court la Farandole:

L'or de l'œuf est fortune, rondeur, fécondité,

L'ail est puissance mâle, santé, virilité

Quand à l'huile d'olive, impériale maîtresse

C'est elle l'unité, 1 'harmonie, la richesse.

L'aïoli est parfait quand fou trissoun ten dré (1),

Quand le pilon de bois, dans la sauce dorée,

Tient droit tel Priape redoutable et vainqueur

Dans l'onctueux parfum qui chavire les cœurs.

L'Académie des Amoureux de l'Aïoli,

Chaque année, réunie en un conclave, élit

Parmi les cuisiniers du pays des cigales

Celui dont la recette lui paraît idéale.

Voici celle que fait, lors de grandes agapes,

Henry Estévenin, de Châteauneuf-du-Pape.

Truculent moustachu, buveur et quintalien 

Il est le "Grand Aillé"  des Académiciens.

Pour que ton aïoli soit de bonne facture

Tout doit bien être à la même température :

L'huile, l'ail et les œufs, le mortier, le pilon

Sont préparés la veille ou le matin selon

Que tes invités viennent dîner ou souper:

Car voilà un travers qu'il convient de stopper,

On n'est pas dans le nord, c'est à midi qu'on dîne

Et le soir que l'on soupe en terres comtadines!

Pour six convives il te faut douze gousses d'ail

Dont tu ôtes les germes pour faire un bon travail.

Quatre beaux jaunes d'œuf, du sel, du poivre blanc,

Beaucoup de jus de coude et un pichet de blanc.

Le vin, dans l'aïoli, ce n'est pas pour la sauce

Mais pour le cuisinier dont la soif est très grosse!

À l'aide du pilon, dans un mortier de marbre,

Tu écrases en pommade ail et sel, sans palabre.

Tu mets tes jaunes d'œufs et tu tournes, tu tournes,

Qu'aucune distraction, jamais, ne te détourne,

Pendant deux, trois minutes pour tout bien mélanger.

Puis laisse reposer dans un coin ombragé,

Juste le temps de boire deux ou trois bons canons

Avec tes acolytes, devant le cabanon.

Reprend ton appareil et coince le mortier

Entre tes deux genoux, et serre volontiers.

Eloignes les badauds et concentre-toi bien,

C'est là que ça se passe: ou c'est tout, ou c'est rien!

Tu commences à verser ton huile goutte à goutte

En tournant de bon cœur, d'un seul sens, tu t'en doutes.

Si tu suis la recette très rigoureusement,

L'émulsion doit se faire assez rapidement.

Quand l'aïoli a pris, verse en un fin filet

Ta bonne huile d'olive. Mais pas sur ton gilet!

Maintiens ton mouvement régulier jusqu'au bout

Ne mollit pas surtout. S'arrêter, c'est tabou.

Si elle est réussie, elle doit être épaisse,

Onctueuse, dorée, mais pleine de finesse.

Le pilon, en son sein, tient droit sans se vautrer.

Présentant ton chef d' œuvre, dit: "Lou trissoun ten dré" !

Traditionnellement, l'aïoli accompagne

La morue dessalée, seul poisson des campagnes.

Fait-là tremper deux jours dans de l'eau fraîche et claire

Que tu changes souvent sans souci des horaires.

En de belles portions il te la faut trancher,

Juste avant de servir tu la feras pocher.

Fais bouillir à l'avance œufs durs et escargots,

Du chou-fleur, des carottes et de verts haricots,

Des patates, bien sûr, une pleine fourchée

Que, pas plus que les œufs, il ne faut éplucher.

Sers ces aliments chauds dans des plats séparés

Et, trônant au milieu, l'aïoli vénéré.

Que boire avec ce plat? La question reste ouverte.

Sur ce point important, l'Académie concerte.

Du rouge, du blanc sec, ou même du rosé

Si c'est servi bien frais, on peut tout écluser.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 Pour la sauce: - six gousses d'aï!, blanc de préférence, desquelles vous enlever les germes, - deux cuillerées à café de sel fin, - quelques tours de poivre blanc du moulin, - deux jaunes d'œuf, - trois-quarts de litre d'huile d'olive vierge extra A.O.C.. Vallée des Baux.

Attention: faites en sorte que tous ces ingrédients soient à la même température. C'est primordial pour prévenir tout ratage (on dit alors, si ce malheur arrive, que l'aïoli a "cagué").

Pour le plat: - un kilo de morue sèche que vous ferez dessaler, - un kilo de carottes, - un kilo de haricots verts, éventuellement quelques betteraves rouges, - douze œufs durs, - trois douzaines d'escargots de mer (les "bioù", escargots dont la coquille présente des cornes), - trois douzaines d'escargots des garrigues provençales, - 3 kilos de pommes-de-terre cuites à la vapeur.

Les vins conseillés

L'Académie des Amoureux de l'Aïoli, autorité incontestée en la matière, a longuement travaillé - verre en main - sur le délicat problème des vins les plus aptes à accompagner l'aïoli.

Le poisson qui en constitue une partie essentielle incite à pencher pour des vins blancs secs. Les légumes cuits à la vapeur appellent des vins rosés. La délicatesse des fragrances de l'huile d'olive s’accommode fort bien de vins rouges charpentés. Mais la puissance de la sauce dominée par l'ail ne s’accommode que... d'eau prétendent certains Académiciens. On ne peut tout de même pas aller jusqu'à de telles extrémités !

Essayez donc des blancs de Cassis, Chateauneuf-du-Pape, Cairanne, Rochegude, Picpoul de Pinet ; des rosés Tavel, Chusc1an, Valréas, Vaison­le-Romaine, Côtes-de-Provence; des rouges de Vacqueyras, de Lirac, de Sablet, de Rasteau, de Violès, des Costières de Nîmes.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

09/06/2017

Au bistro de la Toile : nostalgies sarko-hollandiennes.

chimulus bistro copie.jpg

- Oh ! Victor, tu te fais rare au bistro de la Toile ! T’es pas malade non ? T’es pas tomber végane ou antialcolo, non ? Ne me fais pas peur.

- Non loulle. Mais je suis un peu dévarié.

- Qu’est-ce qu’il t’arrive ?

- C’est à cause des élections Loulle. Tout s’écroule autour de nous. On ne sait plus où donner de la verve… Pfff.

- Tè ! Bois un coup, ça te remontera. Pourquoi ? Il ne t’inspire pas Macron ?

- Bof… Quand on a connu Sarko, puis Hollande, Macron paraît bien transparent.

- Évidemment. Mais ne désespère pas. Il est jeune le minot. Et un jeune, c’est jamais qu’un vieux kon en devenir, Victor ! Laisse-lui faire ses preuves.

- Quand même Loulle. Il ressemble à ce qu’il est, un employé de banque… Quand on a connu Sarko…

- Tu déprimes là, Victor. Et tu es injuste. Laisse-lui faire ses preuves je te dis. Il est vrai qu’au niveau têtaclaques, avec Sarko, on a atteint des sommets. Un type qui va se mettre à genoux devant le pape, qui reçoit les pontes de la Scientologie, qui a un langage savoureux - « Cass’toi, pauv’kon ! » -, qui va séduire sa nana à Disneyland, etc.

sarcasmes- Arrête, Loulle. Tu me fais mal. Sarko, c’était un bonheur pour les mauvais esprits comme nous. Au moins une konnerie par jour. Et des mimiques, des tics à faire pâlir et à rendre jaloux tous les comiques troupiers.

- Eh oui, Victor. C’était le bon temps… Tu te rappelles, Sarko avec Kadhafi qui campe à deux doigts des Champzés ! Et Sarko en teckel de Merkel ! Et Sarko bourré à la vodka chez Poutine !

- Et Sarko en voyage en Pologne, qui offre une fausse vieille boutanche de Cognac à tonton Tusk, le président polack de l’époque. Faire ça des Polonais ! Et la « coache » particulière qui se rend à l’Élysée pour faire faire à Sarko sa gymnastique du périnée afin qu'il puisse décemment faire reluire sa belle nana... Et il n’était pas seul : rappelons-nous avec émotion les couenneries de Morano, de Copé, de Guaino… La Dream team de la konnerie.

- Ah ! C’était le bon temps… C’est vrai qu’il a mis la barre haute le chanoine de Latran. Mais regarde, Victor. Tu as eu le même coup de déprime quand Hollande est arrivé. Et pourtant, voilà quelqu’un qui s’est révélé ! Ce mec aura relancé d’entrée l’industrie du parapluie ! Tu le mets dehors : il pleut !

- C’est vrai ce que tu dis Loulle. Hollande s’est vite révélé comme une têtaclaques de haute lignée. Le coup du scooter pour aller refaire les niveaux chez sa nana, avec l’attaché militaire qui suit discrètement avec la petite valise du bouton de la Bombe ! C’était un grand moment. Tè ! Tu me remontes le moral Loulle ! Il va bien se révéler Macron, t'as raison, ne désespérons pas !

- Eh ! Il y a déjà son Premier ministre. Je sais pas si t’as remarqué, mais il me fait furieusement Landru-journal.jpgpenser à Landru !

- Mais c’est vrai ce que tu dis Loulle ! On va suivre de près sa cuisine de celui-là !

- Aqueste cop ! À la bonne heure, Victor ! Ils vont se révéler, il faut les laisser faire leurs preuves : les konneries sont au bout ! Tè, pour arroser ça, je te sers un jaune, un flaille. Ça te changera de ton rouquin habituel.

- Et pourquoi tu me sers un Ricard ?

- Parce que Pernod-Ricard, qui ne recule devant rien pour faire sa pube, a décrété un « Responsib’All Day », une « journée mondiale de la responsabilité », célébrée dans les 85 pays où le groupe est présent. En France, les Ricard’boys ont construit… quatre-vingts ruches pour mettre des abeilles au charbon sur les toits de Paris.

- Des abeilles empéguées au Ricard ! Pas mal, pas mal. Eh ! Gaffe Loulle, tu vas me le noyer !

- À la nôtre !

 

Illustrations: merci à Chimulus, Karinevillard et X.

06/06/2017

Arithmétique de la terreur : Foutoir au Moyen-Orient = massacres en Europe.

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Massacres à Londres, comme à Paris, comme à Manchester, comme à Nice, comme en Belgique, comme à Berlin. Des dizaines de morts innocents. Oui mais ce sont des koufars, des infidèles, des mécréants, des corrompus qui font la fête, écoutent de la musique, boivent de l’alcool, mangent du porc et – horreur suprême ! - considèrent que la femme est l’égale de l’homme ! Bref des ennemis de tonton Allah. Donc, comme dit le verset 33 de la Sourate 5 : « La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment… ». Ben voyons !

Mais aussi – et à bien plus grande échelle – massacres à Kaboul, massacres à Istanbul, massacres à Bagdad, massacres au Yemen. Et là ce sont des centaines et pas des dizaines de morts. Toujours au nom de tonton Allah… Oui mais ceux-là pourtant, ils sont musulmans. Ah ! Tss… Oui mais pas du bon bord. Alors Boum ! Un camion avec une tonne d’explosif, voilà qui requinque la foi… La vraie bien sûr. Celle prônée partout dans le monde par nos grands amis Qataris et Arabosaoudiens : la « foi » wahhabite : un reliquat de stupidités sorties des temps les plus bornés du Moyen-Âge.

Le wahhabisme – fondement de l’Arabie saoudite - est un courant islamique qui veut revenir aux sources de l’islam, c’est-à-dire qui veut que les musulmans actuels vivent comme les musulmans vivaient au 1er siècle de l’islam. L’islamisme, c’est une démission de la pensée, un suicide de l’intelligence, la soumission volontaire du croyant, à l’ère du téléphone portable, exactement comme au temps de l’analphabétisme mecquois du VIIe siècle. Bonjour le modernisme !

Et ce sont ces idées obscurantistes, cette idéologie mortifère que la lâcheté et la cupidité de nos gouvernants avides des montagnes de fric des monarchies du Golfe laissent pourrir les esprits des jeunes de tradition familiale musulmane de France, d’Angleterre, de Belgique, d’Allemagne, de toute l'Europe. Il est vrai que les religions sont comme les vers-luisants : elle ne brillent que dans l’obscurité…

Or voilà que pépé Trump est allé semer sa zone parmi les « croyants » ! Enfin, ceux qu’il a choisis, c’est-à-dire ceux qui lui ont signé 400 milliards de dollars à répartir entre ses potes milliardaires du complexe militaro industriel, marchands de belles machines à hacher la viande humaine, à faire des trous bien saignants, à générer des torrents de larmes et des montagnes de haine.

Autant prendre les plus riches : c’est donc l’Arabie saoudite qu’a choisi Trump plutôt que ces gagne-petit de Qataris, tout juste bons à acheter le pays des mangeurs de fromages-qui-puent. Et puis, à y être, pépé Trump lâche un pet sonore sur l’Iran, ennemi intime de ces grands démocrates que sont les Arabosaoudiens. En plus, ça emmerde Obama ! Que du bon.

Allez, pour marquer le coup l’Arabie saoudite rompt ses relations diplomatiques avec son voisin et concurrent pétroleur qatari. Et pour faire bonne mesure, elle entraîne dans sa « croissanade » ses obligés des Émirats Arabes Unis, de Bahreïn et même le poids lourd régional : l’Égypte ! Il faut dire que ce sont les Saoud qui paient les factures de Sissi…

Et pourquoi tout ce ramdam en plein ramadan ? Parce que l’Arabie saoudite accuse le Qatar… de soutenir et de financer le terrorisme, canal Frères musulmans ! L’hôpital qui se moque de la Charité… Le Qatar est en bons termes avec l’Iran, l’ennemi séculaire des Arabosaoudiens. Et ça, c’est rédhibitoire.

L’Arabie saoudite, où ce grand démocrate de Trump est allé faire la danse du sabre, c’est le top des tops ! C’est le pays de 57.000 esclaves, le pays champion du monde du raccourcissement au sabre. C’est le pays où la femme est reléguée à un tas de merde caché sous une prison de toile. L’Arabie saoudite est le pays le plus barbare, qui décapite parce qu’on ne croit pas en dieu (enfin, en son dieu), un pays où on lapide une femme qui s’est fait violer, un pays où on pend des gays, un pays où on coupe les mains des voleurs, un pays qui alimente le terrorisme international etc. L’Arabie saoudite c’est un pays qui justifie la peine de mort pour : adultère, apostasie, blasphème, cambriolage, fornication, trafic de drogue, sodomie, idolâtrie, rébellion, conduite sexuelle immorale, sorcellerie, vol, trahison, conduite irréligieuse. Cette interprétation très rigoriste de la Charia laisse l’État saoudien libre d’envoyer à l’échafaud qui bon lui semble, dans un simulacre de justice. L’Arabie, c’est le modèle, le financeur et le pourvoyeur de l’idéologie wahhabite de Daech.

Ce pays – le phare des mahométans sunnites, protecteur des « leurs saints » - a mis le feu au Moyen-Orient – qui n’avait pas besoin de ça – en envahissant le Yemen en 2015. Avec la bénédiction des Étasuniens et l’aide de quelques grandes « démocraties » régionales : l’Égypte, la Jordanie, le Soudan, le Pakistan et même le Maroc. Voilà une belle guerre de religions entre les sunnites arabes et les chiites iraniens. Parce que derrière les « rebelles » yéménites, ces Houtis de confession zaïdite, une branche de l’islam chiite, il y a l’Iran. Et derrière le masque de la religion, il y a la rivalité millénaire entre les Arabes et les Perses.

La guerre cachée du Yemen, ce sont des milliers de civils écrasés sous les bombes saoudiennes, et des millions de déplacés qui vont prendre la route… de l’Europe. Mais aussi des milliards de pétrodollars qui vont engraisser les marchands d’armes étasuniens mais encore français, allemands, britanniques, etc.

La guerre en Syrie, c’est du lever de rideau. La pièce principale arrive : c’est une guerre de religion à l’ancienne. Entre peuples fanatisés. En fait, on assiste aux derniers soubresauts de la main mise anglo-franco-étazunienne sur les pays du Moyen-Orient de l’ex-empire ottoman. Les frontières artificielles - dessinées pour séparer afin de mieux régner pour mieux piller - s’effacent. Place au grand affrontement religieux intra-islamique entre les chiites de l’Iran et d’une grande partie de la population de l’Irak et les sunnites du reste du Moyen-Orient. Entre Perses et Arabes, rivaux ancestraux. Ça prend de l’ampleur au Yémen. Et ça, risque de prendre une tout autre tournure. Les tarés d’Arabie saoudite coupent les tronches de quelques chiites, les Iraniens foutent le feu à l’ambassade des coupeurs de viande vivante. Les deux rompent toutes relations diplomatiques. Et le Qatar, qui penche plutôt pour le pays des Ayatollah, est une victime collatérale de la belle et saignante chicorne qui se profile entre les rivaux de toujours : les Arabes et les Perses.

N’oublions surtout pas, dans le foutoir du Moyen-Orient – sur fond de pillage pétrolier - la responsabilité écrasante des États-Unis et de leurs féaux européens avec l’invasion de l’Irak faisant suite à celle de l’Afghanistan.

Rappelons-nous encore – pour la regretter amèrement – l’attitude machiavélique et suicidaire des Occidentaux il y a soixante ans : tout faire pour foutre en bas les régimes progressistes et laïques qui se levaient au Moyen-Orient. Nasser en Égypte et les partis Baas en Syrie et en Irak. Pour contrer ces mouvements salutaires d’émancipation populaire, les apprentis sorciers étasuniens et rosbifs ont facilité, aidé, financé les mouvements religieux les plus rétrogrades, en particulier les Frères Musulmans, et conforté le pouvoir de la dynastie wahhabite des Saoudi en Arabie.

Dès lors, comment espérer endiguer la vague de terrorisme qui endeuille l’Europe alors que nos pays se font les complices des bombardeurs saoudiens qu’ils ont mis en place et qu’ils protègent ?


Photo X - Droits réservés

03/06/2017

Ouiquinde érotique avec un sacré pointeur !

coeur fleur 2.jpg

Sonnet pointu


Reviens sur moi ! Je sens ton amour qui se dresse ;
Viens, j'ouvre mon désir au tien, mon jeune amant.
Là... Tiens... Doucement... Va plus doucement...
Je sens, tout au fond, ta chair qui me presse.

Rythme bien ton ardente caresse 
Au gré de mon balancement, 
Ô mon âme... Lentement, 
Prolongeons l'instant d'ivresse. 


Là... Vite ! Plus longtemps ! 
Je fonds ! Attends, 
Oui, je t'adore... 


Va ! va ! va ! 
Encore. 
Ah !

 

Edmond Haraucourt 

29/05/2017

L’amitié franco-russe, ce n’est pas du flan.

flan franco-russe2.jpg

Le roi (telet) – soleil reçoit le tsar de toutes les Russies ! En cela, Macron se montre bien plus fin politique que ses deux prédécesseurs. Pragmatique le jeunot ! Il a compris que se couper d’une puissance à la fois européenne et asiatique comme la Russie était non seulement ridicule au point de vue de la géographie et de l’histoire, mais improductif au niveau économique et éminemment dangereux côté militaire.

Macron reçoit donc le grand méchant ours, Vlad-le-terrible, ce Poutine que la propagande ultralibérale affuble de tous les défauts et traite d’infâme dictateur liberticide. Pire encore : protecteur de Bachar el Assad, suppôt de l’enfer !

Ne faisons pas d’angélisme : Poutine est loin d’être un gentil. Mais y a-t-il place pour les gentils en matière de géopolitique où tout n’est que rapport de force ?

Il ne faut pas méconnaître le rôle que peut jouer le sentiment de l’humiliation ou de la dignité blessée dans l’Histoire des peuples. Lorsqu’il a été élu, en 2000, Poutine, va prendre en main un pays humilié, en pleine désintégration, saccagé par des oligarques avides cornaqués par des officines occidentales - surtout yankees ou allemandes - leur déléguant des « experts » préconisant des thérapies ultralibérales. Résultat : une chute du PIB russe de près de la moitié entre 1990 à 1998, la paupérisation de la moitié de la population accrue par les privatisations et l’accaparement des richesses par une mafia. C’était la grande époque de la curée de ce pays « dirigé » par l’ivrogne Elsine, pantin des Étasuniens.

Poutine va changer tout ça. Il va rétablir l’État frappé par une profonde crise de légitimité. Il oblige les grandes sociétés à payer leurs impôts. Les rentrées fiscales se redressent sensiblement de 24 % du PIB en 1998 à 32 % en 2004. La décennie 2 000 à 2 010 est marquée par une croissance annuelle remarquable de 7 %.

Il est populaire chez lui Poutine parce qu’il a mis un terme à la désagrégation du pays et aux humiliations infligées à la Russie par l’extension de l’OTAN (trahissant les promesses faites à Gorbachev) mais aussi à travers les bombardements de la Yougoslavie et l’occupation du Kosovo en 1 999. Les relations politiques vont se détériorer avec les « révolutions de couleur » fomentées par les États-Unis en Géorgie et en Ukraine avec velléités d’intégrer ces marches de la Russie dans l’Otan. L’encerclement militaire de la Russie par les forces belliqueuses de l’Otan justifie les réactions de Poutine, tant en Crimée qu’en Ukraine. S’ensuivent les attaques économiques contre la Russie à travers la baisse du prix du pétrole orchestrée par l’Arabie saoudite et les États-Unis et les sanctions économiques. Celles-ci s’avèrent contre-productives tant pour la Russie que pour l’Europe. Mais pas trop pour le principal fauteur de trouble, les États-Unis…

Ces sanctions sont une faute géopolitique grave, car elles rejettent la Russie vers l’Asie et principalement vers la Chine. Macron osera-t-il les dénoncer ? Ce serait faire preuve de pragmatisme économique car l’effet d’éviction du marché russe pour les entreprises européennes sera durable. Or, le peuple russe est un grand peuple européen. La Russie est un acteur majeur de la politique européenne depuis la fin du XVIIIe siècle.

La Russie est évidemment européenne. De Gaulle ne parlait-il pas de « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » ? Elle est européenne par la géographie, par la population, par la (les) religion(s), par la civilisation, par l’histoire. Cette grande nation qui a donné au monde les écrivains Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevski, mais aussi les musiciens Borodine, Rimski-Korsakov, Moussorgski, Rachmaninov, Tchaïkovski, mais encore Mendeleïev, génie de la physique qui a réalisé la classification des éléments de la nature, etc., etc. et - cerise sur le vatrouchka – le pays qui a envoyé le premier homme dans l’espace et le seul actuellement capable de ravitailler la station internationale orbitale !

C’est une civilisation jumelle, imbriquée depuis toujours à la nôtre. Ils connaissent nos penseurs, nos artistes, nos idées. Ils ont parlé français dans les hautes sphères pendant deux siècles.

Les Russies, ce sont des terres infinies, de l’Arctique au Pacifique, de la Sibérie à la Mer Noire. C’est une mosaïque de peuples mêlant les blonds vikings des terres du froid aux yeux obliques des steppes d’Asie. Et nous les méprisons ?

Vous imaginez la puissance d’une entité Europe Russie de Lisbonne à Vladivostok ? Un bloc continu, possédant toutes les matières premières voulues, fort d’une population de 700 millions de personnes éduquées, dynamiques, fruit de la filiation civilisationnelle allant d’Athènes, Rome et Byzance à la Renaissance, aux Lumières, à la Science moderne, aux Droits de l’Homme, à la Liberté. Le cœur, la quintessence de la civilisation occidentale. La Russie ne devrait-elle pas être invitée à la réalisation de ce grand dessein ? La Russie manque à l’Europe comme l’Europe manque à la Russie. Si on ne l’y invite pas, c’est par lâcheté, veulerie, vassalité, servitude volontaire envers ces États-Unis lointains, méprisants et nuisibles prédateurs du globe.

En fait, ce que nous reprochons aux Russes, c’est d’être ce que nous ne sommes plus : un pays fier, conscient de sa force. Un pays qui croit encore à l’instruction, au savoir, en ses institutions. Qui croit en son destin quand nous confions le nôtre aux cours de la Bourse et aux banquiers de Wall Street, de Francfort et de la City.

Il a su tenir tête au bouffon yankee, on verra vite si ce n'est pas du flan et s’il y a du De Gaulle dans Macron !

 

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28/05/2017

La bourride de La Lionne

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Nicole

 

Dans la chambre aux fenêtres closes

La vue de sa peau dénudée

Plus enivrante que la rose,

Plus somptueuse que l’orchidée,

 

Met mon cœur et mon corps en transes

Depuis ce si beau jour d’été

Où le ciel m’a donné la chance

D’avoir l’honneur de la goûter.

 

Nicole est une fleur sauvage

Que j’eus le bonheur de cueillir

Dans les dunes, près des rivages

 

Où Phébus la faisait fleurir.

Depuis ce jour je suis ravi :

C’est elle l’amour de ma vie.

 

 

Pour Nicole : La bourride de La Lionne

 

- Compagne de ma vie en restant ma maîtresse

Elle mêle à souhait la fougue et la tendresse.

Sa peau de soie moirée, ses yeux de velours vert

Sa grâce de félin sensuel et pervers,

Le dangereux désir qui effraie et passionne

Font que je la surnomme, fièrement, La Lionne.

- Oh ! Victor ! Cette fois t’es mordu ! Qui l’eût cru ?

T’as pas peur, quand tu dors, qu’elle te bouffe cru ?

Il faut se méfier des mantes religieuses :

Elles croquent leurs mâles lorsqu’elles sont heureuses !

- Vivre heureux même si c’est dangereusement

Tel a toujours été le credo des amants.

Et puis, si ses étreintes sont longues et torrides,

Pour manger, elle préfère encore la bourride !

- A queste co, Victor ! Voilà qui est rassurant

Car il faut savoir fuir un amour dévorant.

Maintenant sa bourride, qu’elle en est la recette ?

- C’est, en un peu plus riche, la bourride de Sète.

Première opération, prépare un court bouillon :

Deux carottes, un poireau, du fenouil, deux oignons,

Plus un zeste d’orange, du laurier et du thym,

Fleur de sel de Camargue et poivre du moulin.

Un litre et demi d’eau, demi-litre de blanc

De Laudun ou Pujaut, quelques brins de safran.

Mets la tête d’un congre, deux poignées de favouilles,

Fais cuire vingt minutes, à feu vif, que ça bouille.

Passe au presse-légumes, puis exprime au torchon.

Pendant que ça tiédit, fais péter un bouchon.

Dans ce jus, mets ta lotte dix minutes en cuisson.

Tes loups et ton colin débités en tronçons

Tu les rajoutes alors, mais pas comme une brute,

Et les cuis en faisant frissonner dix minutes.

Retire les poissons que tu réserves au chaud,

Tu reprends ton bouillon et le passes à nouveau.

Pendant que ça cuisait tu as fait l’aïoli,

Soit généreux car en manquer est impoli,

Pour la changer en rouille, une fois qu’elle est faite,

Tu va incorporer du piment d’Espelette,

Ça va te la muscler et te la colorer.

En deux portions égales tu vas la séparer :

La moitié dans un bol, pour manger le poisson,

L’autre te servira à lisser le bouillon.

Dans une casserole, pour cela incorpore

Deux ou trois jaunes d’œuf. Tu dois tourner encore

En versant doucement le bouillon toujours chaud.

Tu remets à feu doux sur le bord du réchaud

Et tu tournes comme pour une crème anglaise.

Quand la cuillère nappe, ton bouillon est à l’aise.

Tu mets dans les assiettes quelques croûtons dorés,

Frottés d’ail et couverts avec la rouille ambrée,

Que chacun mouillera comme il veut de bouillon

Et tu sers à côté le plat de tes poissons.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour le bouillon: - 6 carottes, - 3 poireaux, - 3 oignons piqués de clous de gi­rofles, - 3 branches de fenouil, - 1 gros bouquet garni, - l zeste d'orange, - 3 cuillerées à soupe rase de sel de Ca­margue, - safran, - 2 têtes de congre, - 1 kilo de petits crabes (appelés favouilles en Provence), - 1 litre de vin blanc sec.

Pour les poissons: - 3 queues de baudroie (appelées aussi lotte) coupées en tron­çons épais, - 3 loups (appelés encore bars) coupés en darnes, - 6 darnes de colin.

Pour la rouille: - 1 demi litre d’huile d'olive, - 6 gousses d'ail, - 1 jaune d' œuf.

- 1 cuillerée à café de piment d'Espelette, - sel.

Pour la liaison: - 6 jaunes d'œuf.

Pour le service: - croûtons de pain séchés au four et frottés d'ail.

 

Les vins conseillés:

La bourride fait bon ménage avec tous les vins blancs secs de la vallée du Rhône: Côtes-du-Rhône, Coteaux-du-Tricastin, Coteaux-du-Diois, Coteaux-du-Luberon, Côtes-du-Ventoux, Costières-de-Nîmes.

En vins du Languedoc: Picpoul-de-Pinet, blancs de La Clape.

En vins de Provence: Cassis, Palette, Coteaux-d'Aix.

 

Photo X - Droits réservés

 

27/05/2017

Ouiquinde érotique victorayolien

amour,sexe

 

Femme ! l'image qui me hante

C'est la couture de ta fente

Le délicat ourlet de chair

Qui clôt ton ciel et ton enfer.

 

J'accepterais tous les martyres

Pour goûter ton rose sourire

Lèvres fendues de haut en bas,

A la fois bouche,...et repas.

 

Ouvre ta blessure sacrée,

Tes doux replis de chair nacrée,

Fleurant les fragrances marines

Et l'opium des nuits de Chine.

 

Dresse pour moi ton clitoris,

Plus fier qu'une fleur de lys,

Royal héraut de ton désir,

Détonateur de ton plaisir,

 

Lui qui commande la laitance

Qui jaillit de ta jouissance,

Ambroisie, divine liqueur

Qui embrase mon corps et mon cœur.

 

Femme, viens ! Cessons d'être sage

Mets ton minou sur mon visage

Pour un sexe-à-bouche de rois

Pour la plus charnelle des croix.

 

VictorAyoli

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26/05/2017

Pour nous purger les boyaux de la tête: Desproges !

 

 

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Je ne bois jamais à outrance, je ne sais même pas où c'est.

L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne !

Je n'ai jamais abusé de l'alcool, il a toujours été consentant.

Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant... S'il vous répond, vous êtes schizophrène.

Cinq fruits et légumes par jour, ils me font marrer... Moi , à la troisième pastèque, je cale.

L'alcool tue mais combien sont nés grâce à lui ?

Un jour j'irai vivre en Théorie, car en Théorie tout se passe bien.

La médecine du travail est la preuve que le travail est bien une maladie !

Le Lundi, je suis comme Robinson Crusoé, j'attends Vendredi.

IKEA est le meilleur prénom pour une femme : suédoise, bon marché, à emmener aussitôt chez soi et facile à monter.

Dieu a donné un cerveau et un sexe à l'homme mais pas assez de sang pour irriguer les deux à la fois.

La lampe torche. Le PQ aussi.

La pression, il vaut mieux la boire que la subir.

Jésus changeait l'eau en vin...et tu t'étonnes que douze mecs le suivaient partout !

Si la violence ne résout pas ton problème, c'est que tu ne frappes pas assez fort.

Travailler n'a jamais tué personne mais pourquoi prendre le risque ?

 

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25/05/2017

Les rois des ponts !

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Nous sommes incontestablement les rois des ponts ! Le mois de mai reste le domaine de prédilections des pontonniers hexagonaux. La fête des travailleurs du 1er, la victoire du 8, puis les fêtes des curés : Ascension puis Pentecôtes. A ces jours fériés s’ajoutent les fameux ponts.

Un pont, en France, ce n’est pas – d’abord – un ouvrage d’art destiné à franchir un obstacle naturel, fleuve ou talweg, c’est surtout une manière astucieuse de sauter d’un jour de congé habituel (samedi et dimanche) à un jour de congé aléatoire. Le « pont » consiste donc à s’octroyer un, voire deux jours de congés supplémentaires pour passer d’un de ces jours de congés classiques à un des jours de congés aléatoires.

« Vive les pontonniers madame,

Vive les pontonniers

Ils tirent au cul comme des malades

Vive les pontonniers ! »

Cette idée subtile a du naître dans le cerveau fécond d’un fonctionnaire, gros bourreaux de travail comme chacun sait. Ils ont été suivis par ces autres stakhanovistes de l’effort que sont les employés de banque. Puis c’est toute la gent laborieuse qui s’est engouffrée dans la brèche.

Du point de vue des salariés, c’est une bonne chose que ces ponts. Une manière de récupérer un peu, de casser les cadences infernales, de se retrouver en famille, d’avoir une vie autre que celle de son emploi. Cela me va bien à moi, fainéant robuste !

Du point de vue des entreprises, c’est une autre histoire. Production amputée, commercialisation freinée, trésorerie mise à mal. Ayant été des deux côtés de la barrière, j’apprécie le bonheur offert de quelques jours supplémentaires de glandage épicurien ; mais je me souviens de l’angoisse qui était la mienne lorsqu’arrivait ce joli mois de mai… Personne pour faire le boulot, des clients qui renvoient la signature de contrats au mois suivant ou…après les vacances d’été. Bonjour la trésorerie !

Allez, ça fait tout de même les choux gras du secteur du tourisme. Pour ceux qui ont un boulot et donc un peu de thunes superflues à dépenser…

Les marchands de vacances peuvent alors chanter :

« Vive les pontonniers madame,

Vive les pontonniers

Sans eux on s’rait dans la panade

Vive les pontonniers ! »

 

Illustration X – Droits réservés

*********************

 

Écoute ! Écoute !

 

Jésus choisit Marseille pour revenir sur Terre. 

Afin de trouver du monde et se faire connaître, il entre dans un bistrot: 
- Salut les gars, je suis Jésus, je suis redescendu sur Terre...
 
- …taing ! Je te crois pas.
 
- Si, Si, je suis Jésus.
 
- Prouve-le !
 

Un handicapé passait par là dans son fauteuil roulant, Jésus lui met la main sur l'épaule et le paralytique se lève et marche. 

Un aveugle buvait tranquillement son pastis, Jésus lui met la main sur les yeux et l'aveugle retrouve une vision 10/10. 

Jésus s'approche d'un troisième et l'autre crie : 
- Ne me touche pas, NE ME TOUCHE PAS ! ! !
 
- Mais pourquoi donc, je ne te veux aucun de mal, seulement te guérir.
 
- Ne me touche pas, je suis fonctionnaire et il n'y a que 15 jours que je suis en arrêt maladie !

22/05/2017

Voilà revenu le temps des enfumages de l'été.

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C'est reparti. Non, je ne veux pas parler des élections législatives mais des traditionnelles manifestations de bourrage de crâne du début de l'été : le festival de Cannes puis Roland-Garros.

Cannes, j'y est habité lorsque j'étais un peu plus jeune. Beaucoup de Cannois fuient leur ville quand débarquent les hordes de shootés à la péloche. Comme les Avignonnais durant le festival de théâtre. Et – pas kons – ils louent à tarif salé leurs turnes aux festivaliers.

Cannes, c'est le festival de l'illusion, du mensonge, du m'as-tu-vu, de la niaisitude triomphante où s'exposent, où s'étalent des montagnes de vanité, des tombereaux de nullités à paillettes. Et les merdias de nous rebattre les esgourdes avec les insignifiances de quelque « star », de nous goinfrer les mirettes avec les images fugitives du calbar en dentelles d'une « vedette ». Les états d'âmes des gens du vide ! Bof…

Puis dans la foulée, on va subir les « exploits » de quelques klampins qui se renvoient laborieusement une petite baballe jaune en criant, à Rolland-Garros.

Ah ! N'oublions pas les mononeuronnés qui vont rouler à fond la caisse, comme un pet sur une toile cirée, devant le plus beau ramassis d'escrocs que le monde puisse porter : le grand prix de Monaco…

Enfumage général. Occuper l'esprit de la « populasse » (c'est ainsi qu'ils parlent de nous entre eux, les parasites qui nous gouvernent si mal) avec de l'émotionnel, du fait-divers, des « peoples », du sport. On va savoir de quelle couleur est la culotte de Bella Hadid. On va flasher sur les nichons d’Elizabeth Olsen ou les cuisses de je ne sais quelle belle nana. Parait même que les nazislamistes vont profiter de la caisse de résonance cannoise pour ressortir leur burkini.

Faire la Une avec ces couenneries ou les douleurs de dos de Tsonga et les crampes de Nadal, voilà ce qui est important ! Et insinuer au « populo », sournoisement, la peur via l'insécurité sociale organisée. La peur via les risques d'attentat. Et avant tout la peur du chomdu. La peur incite à la soumission envers ceux qui prétendent pouvoir les « protéger »... Tremblez, braves gens, et obéissez servilement : Big Brother et Big Bâton veillent sur vous !

Et puis, ça évite de parler d'une réalité qui n'a pas changée malgré la nouvelle donne politique : problèmes de chômage récurrents, de rabotage des libertés, de hausse des prix, des escroqueries sans vergogne des politicards de tous bords, de léchage du cul des banques, de la montée des nationalismes partout dans le monde, du terrorisme de plus en plus présent, du flicage généralisé, de la volonté de manipulation des « Zélites », des cleptocraties qui font main basse sur le monde à travers la mondialisation ultralibérale.

Nous allons pourtant encore voter dans trois semaines. Et ça, c'est important. Enfin, ça devrait l'être… Le suffrage universel dit que c'est le peuple qui doit décider. Tè ! Fumes... Aujourd'hui nous n'élisons plus nos représentants mais nos maîtres, quasi inamovibles, tout puissants et juridiquement intouchables. Ceux-ci – les politiques - n'étant que les marionnettes interchangeables des « maîtres du monde » occultes : les mafieux de la finance. Bref, c'est le retour vers la féodalité avec les techniques d'abrutissement en plus…

Faudra tout de même aller le mettre notre petit bulletin, seul moyen qui nous est octroyé épisodiquement pour faire entendre notre (petite) voix. Et virer les sortants en continuant la saine œuvre de dégagisme commencé à la présidentielle.

Après, on aura le Tour de France et le mois de bronzage de cul traditionnel. D'autres, nouveaux venus sur la scène politique, seront – eux – au boulot pour détricoter...le code du boulot !

 

Illustration: merci à Luc Arnault

21/05/2017

L'alose. Je viens d'en cuisiner huit !

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En voici la recette, à ma manière :

 

L'alose d'Avignon comme ma mère

 

- Regarde bien, petit, cette superbe alose

Les anciens l'appelaient «la princesso dou Rose»

Éclair de vif argent, longue, fine et puissante

Bien que lourde des flancs, elle reste élégante.

Sais-tu que c'est l'amour dont elle est satisfaite

Qui va te l'amener, demain, dans ton assiette?

Respecte-la, petit, et débouche le vin

Car manger de l'amour est un plaisir divin.

C'est un poisson magique, délicieux à manger

En bonne compagnie. Et subtil à pêcher!

Lorsque le Rhône était le Fleuve-Dieu sauvage,

Point encore castré par digues et barrages,

Indomptable et fougueux quand le mistral le fouette,

Crainte des riverains et bonheur des poètes,

Braconniers et pêcheurs, au mois des primes roses

Armaient les vire-vire pour pêcher les aloses.

C'étaient des bateaux larges aux ailes de moulin

Arrimés à la rive par quatre gros filins.

Deux paniers grillagés, avec le courant, tournent.

Lorsque l'un est en haut, son opposé s'enfourne

Dans l'onde trouble et vive où peinent les aloses

Cherchant un abri sûr pour que leurs œufs éclosent.

Beaucoup n'arriveront jamais à leur frayère,

Cueillies par les paniers montant vers la lumière.

Enlevée dans les airs, l'alose se tortille

Dans une pluie dorée de gouttes qui scintillent.

Elle tombe, ahurie, dans le fond de la barque

Où le fil de sa vie est coupé par les Parques.

Le pêcheur, averti, en interrompt sa sieste,

Achève le poisson d'un coup de barre preste,

Bois un coup de rosé si sa gorge s'assèche,

Puis se rendort, heureux: pour lui le Rhône pêche!

Cette façon subtile, je crois unique en France

N'a pu être inventée que chez nous, en Provence!

Il paraît que certains, les nuits de pleine lune,

Jouant flûte et violon au bord de la lagune

Ont eu, comme Aristote, la fantastique chance

De voir, debout sur l'eau, les aloses qui dansent...

Les belles ménagères avaient leur opinion:

"Les meilleures sont les aloses d'Avignon."

En dessous d'Aramon, elles sentaient la vase,

Et après Caderousse, ce n'était que carcasses,

Mais dans le Rhône vif courant sur les galets

Roulés de Villeneuve, ou au pied du Palais

Des Papes d'Avignon, elles étaient à point:

Dévasées, mais encor avec de l'embonpoint.

- Et comment tu la cuis, ton alose, Victor?

- Oh ! Vaï t'en plan, pitchoun, y a pas lou fio a bord!

Sers-moi d'abord un coup de rosé du Ventoux

Ou de Côtes-du-Rhône, et je te dirais tout.

L'alose, tu la laves, tu l'écailles, la vides.

Tu réserves les œufs dans un torchon humide,

Prends-en un soin jaloux, c'est les meilleurs morceaux.

Pour les gourmets, c'est le caviar des Provençaux.

Puis tu tranches la tête et la fends en longueur,

Coupe l'alose en darnes de deux doigts d'épaisseur.

Tu auras pris chez un compère jardinier

Une brassée d'oseille, des épinards triés.

Tu vas hacher ces herbes assez grossièrement:

Elles vont te servir en accompagnement.

Tu prends une cocotte, mais une vrai, en fonte!

Des cocottes-minute n'accepte pas la honte.

Tu graisses bien le fond, mais à l'huile d'olive

C'est le nec plus ultra, faut pas que tu t'en prives.

Au tonneau de vin blanc, tu remplis un cruchon,

Puis tu places la tête, ouverte, sur le fond.

Tu recouvres d'un lit d'oseille et d'épinards

Sel, poivre noir, muscade, va-z-y, sois pas flemmard.

Tu dois y mettre aussi des oignons émincés,

Certains cuistots rajoutent... oui, du petit-salé.

De ton huile d'olive, une bonne giclée

Car pour ta réussite c'est là l'une des clés.

Mets tes darnes à plat, sur l'herbe, bien serrées,

Qu'elles ne bougent pas quand ça va macérer.

Un autre lit d'oseille, encore un de poisson

Chaque fois sel et poivre et de l'huile, un soupçon.

Lorsque tout est placé, bien délicatement,

Tu poses sur le tout les œufs avec leur poche.

N'aie pas peur de forcer sur l'assaisonnement

Car ce n'est qu'un poisson, et pas de la bidoche.

On atteint maintenant un moment crucial,

Pour réussir ton plat, voilà le principal:

Tu arroses le tout de trois verres de gnole.

Des verres de soiffards, pas des verres symboles.

Enfin tu mouilles avec du blanc sec de Laudun,

Mais pas trop tout de même: ce qui est opportun.

Tu fermes ta cocotte bien hermétiquement

Avec la mie de pain mouillée légèrement.

Arrive maintenant le temps de la cuisson,

Sa longueur fondra les arêtes du poisson.

C'est sous la cendre chaude, dans un cantoun de l'âtre

Que doit cuire l'alose, dans les braises rougeâtres.

Cuit-la huit heures au moins d'une chaleur tranquille

Le tout sera confit. Une alchimie subtile

Des herbes et de l'alcool dissoudra les arêtes.

Petit, sers-moi à boire, ou sinon je m'arrête!

C'est un plat rituel pour tous les gens du Rhône.

Enfin, écoute-moi: l'alose est très friponne,

Après tout le plaisir qu'elle te donne à table

Elle fera de toi un gaillard redoutable!

Tu seras comme un cerf quand résonne son brame:

Ce plat est souverain... pour le bonheur des dames.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

cuisine

 

 

20/05/2017

Ouiquinde érotique encore avec Paul Verlaine

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Séguedille

 

Brune encore non eue,
Je te veux presque nue
Sur un canapé noir
Dans un jaune boudoir,
Comme en mil huit cent trente.

Presque nue et non nue
A travers une nue
De dentelles montrant
Ta chair où va courant
Ma bouche délirante.

Je te veux trop rieuse
Et très impérieuse,
Méchante et mauvaise et
Pire s’il te plaisait,
Mais si luxurieuse !

Ah ! ton corps noir et rose
Et clair de lune ! Ah ! pose
Ton coude sur mon cœur,
Et tout ton corps vainqueur,
Tout ton corps que j’adore !

Ah ! ton corps, qu’il repose
Sur mon âme morose
Et l’étouffe s’il le peut,
Si ton caprice veut !
Encore, encore, encore !

Splendides, glorieuses,
Bellement furieuses
Dans leurs jeunes ébats,
Fous mon orgueil en bas
Sous tes fesses joyeuses !

 

Paul Verlaine

 

Photo X - Droits réservés

18/05/2017

Habemus imperium ! Laissons-le travailler.

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Depuis quarante ans le pays subit des gouvernements alternativement « de droite » et « de gauche ». Des gouvernements partisans, avec des membres tous issus du même moule et formant une caste inamovible de « professionnels » de la politique aussi opiniâtrement accrochés à leur fromage qu'un morpion sur le pubis d'un moine. Avec des résultats dont il serait hasardeux de dire qu'ils ont été brillants : fracture sociale béante, déficits abyssaux , désindustrialisation effarante, chômage endémique, enseignement inefficace, insécurité, etc. Alors ne crions pas avant d'avoir mal et laissons travailler ce gouvernement venu d'ailleurs. Sans pourtant être naïf et en attendre la lune, d'autant plus qu'il risque de n'être qu'un gouvernement de passage, le vrai ne pouvant être en place qu'au lendemain du 18 juin, jour du second tour des élections législatives.

Regardons tout de même d'où viennent quelques-uns de ses membres et à commencer par le premier : Edouard Philippe. Il a été directeur des Affaires publiques d’Areva de 2007 à 2010. Il a voté contre les lois de transition énergétique et sur la biodiversité et s’est dit favorable à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Un passé pas très compatible avec l’objectif de Macron d’abaisser à 50 % la part du nucléaire dans le mix énergétique français et qui ne rassure guère sur le projet d’enfouissement des déchets nucléaires Cigéo. Voilà qui promet bien des « séquences – huuummmfff – passion - huuummmfff » avec Nicolas Hulot chargé, lui, justement de cette transition énergétique.

Ce matin sur France Inter, le premier ministre assumait avec fierté son passé « dans une grande entreprise industrielle française » (poussée à la faillite par des dirigeants incompétents, à l'époque où Édouard Philippe y travaillait). Mais il faisait sienne l'optique de son patron de faire sérieusement évoluer le contenu du panier énergétique français, avec moins de nucléaire et plus d'énergies nouvelles. Concernant l'aéroport contesté de Notre-Dame-des-landes, il s'appuie sur les résultats d'un référendum douteux mais doit bien accepter ce que veut son patron : un médiateur qui mettra tout à plat afin de donner à Macron tous les éléments pour décider. A voir.

Bien sûr ce sont quelques vieux briscards blanchis sous le harnois, de Collomb à Drian en passant par Beyrou et Lemaire, qui tiennent les portefeuilles les plus importants, mais ce ne sont pas les pires. Quant aux femmes, l'une d'elles va diriger les armées ! Du jamais vu. Bravo. Mais aurait pu mieux faire, les autres étant cantonnées à des postes certes indispensables mais moins « prestigieux : l'enseignement, le soin des gens, la solidarité.

Ah ! Au fait, Emmanuel Macron, comme Edouard Philippe et Sylvie Goulard sont adoubés par le groupe de Bilderberg…

Donc, répétons-le, ne crions pas avant d'avoir mal, ne faisons pas de procès d'intention à ce gouvernement mais restons vigilants. Et faisons en sorte qu'il sorte des prochaines législatives une puissante composante réellement de gauche.


Photo X - Droits réservés

 

 

16/05/2017

Macron chez Frau Merkel : et de trois !

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Macron est le troisième président français a aller écouter les chants plus ou moins mélodieux de l'inoxydable Lorelei d’outre-Rhin. Puisse-t-il être plus efficace que ses prédécesseurs Sarko et Hollande !

L’Europe est la plus belle idée du siècle passé. Elle a bercé nos rêves, suscité beaucoup d’espoirs. Elle est aussi – hélas – une grande déception car cette belle idée a été dévoyée. Au lieu de bâtir une Europe des solidarités, les technocrates — non élus et mis en place par les lobbies financiers multinationaux — ont établi une Europe de la concurrence sauvage non seulement entre les nations mais surtout entre les peuples qui la constituent.

Il n’est pas inutile de revenir à ce qui a été la véritable volonté des Pères Fondateurs : la paix et la réconciliation entre l’Allemagne et la France. Ce but — ô combien difficile à seulement envisager à cette époque — est atteint au-delà de toute espérance. Dès lors, faut-il que ces deux grands pays se diluent dans une construction complexe, sans ambition ni frontières qui les met au même niveau que Malte, Chypre ou la Lituanie ? Certainement pas. Le Non français au projet de constitution européenne d’inspiration ultralibérale — en cassant cette marche vers la simple zone de libre-échange appelée de leurs vœux par les Anglais — aurait dû inciter France et Allemagne à avancer dans le sens d’une intégration politique, militaire et diplomatique réelle sous peine d’être reléguées au rang de la Hongrie ou du Portugal. Ça n’a pas été le cas.

Après l’épisode Merkozy, où la France n’était que la carpette de l’Allemagne, on aurait pu croire en la diplomatie tranquille de François Hollande pour faire bouger les lignes. Il n’en a rien été.

Macron fera-t-il mieux ? Les temps ont changé. Le rejet de l’Europe est la conséquence évidente de cette cassure béante entre les peuples de l’Union Européenne et ses institutions. Ce rejet génère la montée constante d’une vague nationaliste d’extrême droite dans tous les pays de l’Union. Le pays le plus important de l’Europe – la France – a vu passer le boulet très près. Si rien ne change, la prochaine salve sera fatale. Frau Merkel – hélas bien partie pour un nouveau mandat – semble cette fois l’avoir compris, qui envisage devant Macron une possible révision des traités allant dans le sens d’une plus grande démocratie de l’Europe, afin qu’elle soit mise au service des peuples et non plus seulement des entreprises et de la finance.

Arriveront-ils par réalisme à conduire France et Allemagne à un mariage de raison à défaut d’amour ? Il serait temps, car la tentation de cavalier seul de l’Allemagne réveille partout en Europe un anti-germanisme de fort mauvais aloi. Cette tentation est due pour une bonne partie au décrochage économique de la France par rapport à son grand partenaire. Pourtant, hors de cette imbrication entre les deux pays, pas de salut.

Pourront-ils ranimer la flamme entre les deux vieux amants terribles ? Cette Françallemagne, englobant évidemment la Belgique, cohérente géographiquement, atteindrait la taille critique tant en matière démographique (autant que la Russie) qu’économique (autant que le Japon). Elle constituerait une entité stratégique réelle capable de parler d’autant plus haut et fort qu’elle pourrait s’appuyer sur une puissance militaire conséquente, restant à bâtir (faut pas être angélique). Dès lors le siège de la France — de la Françallemagne — au Conseil de sécurité de l’Onu ne pourrait plus être contesté. Et le reste de l’Europe aurait un noyau fort autour duquel se constituer politiquement. La fuite des Anglais - farouchement opposés cette perspective - ouvre bien des perspectives dans ce sens.

Si cette utopie ne devient pas réalité rapidement, l’histoire montre que les relations entre les deux pays glisseront vers l’incompréhension, de l’incompréhension vers la défiance, de la défiance vers la rivalité, de la rivalité vers…

Ne cauchemardons pas. Merkel et Macron en sont presque aux bisous ! C’est plus rassurant !

 

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09:19 Publié dans actualités, Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : macron, merkel

14/05/2017

Gastronomie légumière

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Margot roulait à bicyclette

Par des chemins de fruits dorés.

Dans le vent volait sa jupette

Sur de longues cuisses dorées.

 

Comme un champion du Tour de France

Moi, derrière, je salivais,

Fasciné par les abondances

Que par éclair je découvrais.

 

Percés au cœur par Cupidon

Devant son lascif abandon,

Gonflé d’amour j’ai eu l’honneur

 

De butiner cette orchidée.

Elle m’a donné du bonheur

Pour plus de mille éternités.

 

La boumiane.

 

- Oh ! Victor ! Tu tirais la langue

Pour suivre ta jolie mousmée,

Tu pédalais comme une branque

Dans son sillage parfumé !

- Crois-moi, pour garder la cadence

Je n’avais pas besoin d’EPO,

J’étais fasciné par la danse

De ces jolis éclairs de peau.

Nous allions sur les bords du Rhône

Vers quelques nids d’amour discrets

Et dans ses grands yeux de Madone

J’ai découvert le Grand Secret,

Celui qui fait tourner le monde,

Celui qui peint les cœurs en bleu,

Qui fait sourire la Joconde,

Le seul vrai dieu, l’Amour, parbleu !

- Mais vivre d’amour et d’eau fraîche

Ça ne dure qu’un temps, pardi !

Quand Cupidon lance ses flèches,

Elles ouvrent aussi l’appétit !

Je te propose un plat champêtre,

Simple, léger, plein d’agréments,

Suffisant pour faire renaître

La fougue ardente des amants :

C’est la succulente Boumiane

Que vénèrent les Provençaux.

Prends quelques belles mérinjanes

Que tu coupes en gros morceaux.

Tu les saupoudres de sel gros

Afin qu’elles crachent leur eau.

Au bout d’une heure tu les rinces,

Les recoupes en portions plus minces,

Puis dans une large sartan

Tu les fais frire en ajoutant

Un grand verre d’huile d’olive

Et tu fais cuire à flamme vive.

Tu tournes régulièrement

Pour éviter l’attachement.

Dans une poêle séparée,

Tu cuis des tomates parées,

Les Marmande sont les plus sûres

Mais surtout il les faut bien mûres.

Tu ajoutes un bouquet garni,

Du sel, du poivre en harmonie,

Une cuiller de sucre en poudre

Pour l’acidité à résoudre.

Lorsque le jus aura réduit

Amalgame les deux produits

Dans la plus grande de tes poêles

Et laisse cuire encore un poil.

Avant de servir tu complètes

D’un peu de piment d’Espelette,

De trois gousses d’ail écrasées.

Ça se mange chaud ou glacé.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 6 aubergines (appelées en Provence merinjanes), - 12 tomates (Saint-Pierre, Marmande ou Russes ; évitez les insipides tomates trop belles pour être bonnes que l'on impose dans les grandes surfaces), - huile d'olive, - gros sel, - 1 beau bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 2 cuillerées à café de sucre en poudre, - 3 gousses d'ail, - 2 pointes de couteau de piment d'Espelette.

 

Les vins conseillés:

La boumiane est un plat de légumes qui s'accompagne idéa­lement avec des vins primeurs, des vins de soif, gouleyants, joyeux et sans chichis: Tulette, Sainte-Cécile-les-Vignes, Ro­chegude, Gaugeac, Saze.

Ventoux de Mormoiron, Caromb, Bédoin. Tricastin. Coteaux-du-Languedoc. Côtes-de-Provence.

 

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13/05/2017

Ouiquide érotique avec Paul Verlaine

 

 

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Ouverture

Je veux m'abstraire vers vos cuisses et vos fesses,
Putains, du seul vrai Dieu seules prêtresses vraies,
Beautés mûres ou non, novices et professes,
Ô ne vivre plus qu'en vos fentes et vos raies !

Vos pieds sont merveilleux, qui ne sont qu'à l'amant,
Ne reviennent qu'avec l'amant, n'ont de répit
Qu'au lit pendant l'amour, puis flattent gentiment
Ceux de l'amant qui las et soufflant se tapit.

Pressés, fleurés, baisés, léchés depuis les plantes
Jusqu'aux orteils sucés les uns après les autres,
Jusqu'aux chevilles, jusqu'aux lacs des veines lentes,
Pieds plus beaux que des pieds de héros et d'apôtres !

J'aime fort votre bouche et ses jeux gracieux,
Ceux de la langue et des lèvres et ceux des dents
Mordillant notre langue et parfois même mieux,
Truc presque aussi gentil que de mettre dedans ;

Et vos seins, double mont d'orgueil et de luxure
Entre quels mon orgueil viril parfois se guinde
Pour s'y gonfler à l'aise et s'y frotter la hure :
Tel un sanglier ès vaux du Parnasse et du Pinde.

Vos bras, j'adore aussi vos bras si beaux, si blancs,
Tendres et durs, dodus, nerveux quand faut et beaux
Et blancs comme vos culs et presque aussi troublants,
Chauds dans l'amour, après frais comme des tombeaux.

Et les mains au bout de ces bras, que je les gobe !
La caresse et la paresse les ont bénies,
Rameneuses du gland transi qui se dérobe,
Branleuses aux sollicitudes infinies !

Mais quoi ? Tout ce n'est rien, Putains, aux pris de vos
Culs et cons dont la vue et le goût et l'odeur
Et le toucher font des élus de vos dévots,
Tabernacles et Saints des Saints de l'impudeur.

C'est pourquoi, mes sœurs, vers vos cuisses et vos fesses
Je veux m'abstraire tout, seules compagnes vraies,
Beautés mûres ou non, novices ou professes,
Et ne vivre plus qu'en vos fentes et vos raies

 

Paul Verlaine

 

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11/05/2017

Au bistro de la Toile : alors, à quelle sauce la Macronnade ?

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- Eh ! Victor, tu crois qu’ils vont s’inscrire à Pole Emploi tous les ministres et sous-ministres qui vont se faire lourder ? Ça devrait pouvoir être considéré comme un licenciement pour motif économique tu crois ?

- En quelque sorte, oui. Virés pour avoir été incapables, justement, d’améliorer l’économie de telle sorte que la hantise numéro Un des électeurs – le chomdu – recule réellement. Quant à leur propre sort, ils ont de grasses retraites, et un carnet d’adresse adossé sur des relations ouvrant à bien de juteux renvois d’ascenseur.

- Bon. Alors on a stoppé le risque Le Pen. Mais ce galopin de Macron, tu crois qu’il faut le suivre ?

- « Ouate-Inde-Scie » comme disent les Rosbifs. Mais puisqu’il est là, essayons d’être positifs, de ne pas lui faire de procès d’intention et de crier avant d’avant mal. Pas facile pour le minot de faire monter l’aïoli entre les idées de gauche – protection sociale, justice, égalité des chances – et la réalité de la mondialisation – capitalisme dérégulé uniquement axé sur le fric et faisant table rase de toutes dimensions sociales, écologiques, environnementales.

- Bon courage…

- Comme tu dis. Donc, comme on l’a pour cinq ans, il faut faire avec. Regardons ce qui est le plus craignos dans son programme.

C’est d’abord la loi Travail. Les accords d’entreprise l’emportent sur les accords de branche. C’est déjà inscrit dans la Loi El Khomri. Donc rien ne change. Mais il veut remettre le plafonnement, chez les prud’hommes, les indemnités de licenciement. Bof. Il suffit que les syndicats discutent sur une limite assez haute qui garantisse aux salariés lourdés abusivement des indemnités conséquentes, tout en freinant les patrons parce qu’ils sauront le prix des abus. La réduction du nombre de fonctionnaires. Il veut « réduire le nombre d’agents publics de 120 000 sur la durée du quinquennat ». Sur cinq ans, ça fait 24 000 par an. On est loin du programme Fillon. Un régime de retraite unique. Moi je n’y vois pas d’inconvénient.

Mais il veut redonner à la France sa place prépondérante en Europe et a explicitement parlé de rapprochement des normes sociales et fiscales dans les pays de l’Union, ce qui est une revendication essentielle des Insoumis. Il veut remettre en place un service national pour tous les jeunes. C’est très bien.

- Alors on lui laisse sa chance ?

- A-t-on le choix ? Tu vois le bordel qui se met en place pour les élections législatives !

À gauche ? C’est la bagarre entre les Insoumis de Mélenchon et les Communistes. C’est saccager le formidable espoir levé par les sept millions de voix alors que l’union pourrait, là encore, amener une force d’opposition redoutable. Lamentable. Les Socialistes ? Enfin, ce qu’il en reste – parce que beaucoup vont lécher les santiags du garnement pour essayer de sauver leur gamelle - ils abandonnent les idées innovantes de Hamon – revenu universel, taxer les robots – pour se recroqueviller sur des vieilles lunes ayant échoué.

À droite ? Là aussi beaucoup tentent de se recycler dans la Macronnade triomphante. Quelques autres – les moins mauvais - balancent à la poubelle le programme de leur candidat « pittoresque » pour tenter de retrouver l’esprit gaulliste. D’autres enfin franchissent le rubi (très) con et s’acoquinent avec le F.Haine. Parti qui, lui aussi se carcagne et qui n’est pas loin d’une nuit des longs couteaux…

- Et de François, qu’est-ce qu’il en reste ?

- Le mariage pour tous. Ce qui n’est tout de même pas négligeable.

- C’est vrai, mais ce n’est pas pour ça qu’on l’avait élu. Allez, à la nôtre !

 


Illustration: merci au regretté Chimulus

10/05/2017

Hommage à un vrai Grand Homme : Victor Schœlcher

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On fête l'abolition de l'esclavage. De l'esclavage atlantique s'entend. Parce qu'ailleurs...

A l’occasion d’une démarche administrative, il y a quelques années, j’ai eu en face de moi une fonctionnaire d’origine antillaise. Son nom était Schœlcher. Je me suis alors levé et lui ai demandé de me faire l’honneur de me toucher la main. C’était une descendante « naturelle » du grand Victor Schœlcher, l’homme qui a rendu son honneur à la France en abolissant l’esclavage. Esclavage une première fois aboli par la Révolution française puis rétabli par le sinistre Bonaparte. Cette mémoire douloureuse est mise en lumière aujourd’hui.

Victor Schœlcher est né le samedi 22 juillet 1804 dans une famille bourgeoise originaire de Fessenheim (!!) en Alsace. Il fit ses études au lycée Condorcet. Le jugeant désœuvré, son père, porcelainier de renom, l'envoie au Mexique pour affaires en 1830. Visitant Cuba, il y est révolté par l'esclavage. De retour en France, il publie des articles, des ouvrages, multiplie ses déplacements d'information et adhère à la Société pour l'abolition de l'esclavage. Il n'aura de cesse que de lutter pour la libération des esclaves.

Le discours abolitionniste de Schœlcher évolue au cours de sa vie. En effet, au début de son engagement, il s'oppose à l'abolition immédiate de l'esclavage. En 1830, dans un article de la Revue de Paris, "Des Noirs", il demande ouvertement de laisser du temps aux choses. Cette vision de l'abolition qu'il a, se retrouve en 1833, dans son premier grand ouvrage sur les colonies : « De l'esclavage des Noirs et de la législation coloniale. » Pour lui, il serait dangereux de rendre instantanément la liberté aux noirs, parce que les esclaves ne sont pas préparés à la recevoir. Il souhaite même le maintien de la peine du fouet, sans laquelle les maîtres ne pourraient plus travailler dans les plantations. Il faut attendre un nouveau voyage dans les colonies pour qu'il se tourne vers une abolition immédiate.

Nommé dans le Gouvernement provisoire de 1848 Sous-secrétaire d'État à la Marine et aux colonies par le ministre François Arago, il contribue à faire adopter le décret sur l'abolition de l'esclavage dans les Colonies. Le décret signé par tous les membres du gouvernement paraît au Moniteur, le 5 mars. Député de la Martinique et de la Guadeloupe entre 1848 et 1850 il siège à gauche.

En tant que président de la commission d'abolition de l'esclavage, il est l'initiateur du décret du 27 avril 1848 abolissant définitivement l'esclavage en France et dans ses colonies. L'esclavage avait déjà été aboli en France à l'initiative de l'Abbé Henri Grégoire, pendant la Révolution française (4 février 1794, 16 pluviôse an II), puis rétabli par Bonaparte en 1802.

Républicain, défenseur des droits de la femme, adversaire de la peine de mort, il est proscrit durant le Second Empire par le coup d'état de Louis Napoléon Bonaparte. Il s'exile en Angleterre où il rencontre fréquemment son ami Victor Hugo. En 1870 il revient en France suite à la défaite de Sedan. Après l'abdication de Napoléon III, il est réélu député de la Martinique à l'Assemblée Nationale (1871). Le 16 décembre 1875, il est élu sénateur inamovible.

A la fin de sa vie, comme il ne s'était jamais marié et qu'il n'avait pas eu d'enfant, il décida de donner tout ce qu'il possédait. Enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise, ses cendres furent transférées au Panthéon le 20 mai 1949 en même temps que celles du Guyanais Félix Éboué (premier noir à y être inhumé).

En hommage à son combat contre l'esclavage, la commune Case-Navire (Martinique), prit le nom de Schœlcher en 1888.

L'esclavage atlantique a été une horreur, une tache indélébile au front de notre civilisation. Il a duré trois siècles et a déplacé entre 12 et 15 millions de personnes. On l'a aboli. On est conscient de cette honte. On s'en est repenti. On n'a pas réparé l'irréparable.

Mais il y a un autre esclavage étrangement passé sous silence, celui perpétué pendant treize siècles par les musulmans. La traite arabe a été la plus longue et la plus régulière des trois traites, ce qui explique qu'elle ait globalement été la plus importante en nombre d'individus asservis : 17 millions de noirs selon l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau, du VIIe siècle à 1920.

Une lecture édifiante : « Le génocide voilé » de Tidiane N'Diaye.

 

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08/05/2017

In memoriam. Le spectre de ce que l'élection de Macron éloigne de nous.

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On a un nouveau président. Jeune. Profondément européen. Bien élu. Bien élu ? Pas si sûr : beaucoup d'électeurs ont choisi son bulletin pour battre Le Pen, son parti et ce qu'il représente.

On est en paix avec nos voisins européens depuis 70 ans! Formidable, non? C'est à la construction européenne qu'on doit cela.

Le 8 mai, on commémore aussi la Victoire de 1945. Tout cela semble lointain, suranné, dépassé… Et pourtant, « il est encore fécond le ventre de la Bête ». Il a réuni 10 millions de voix… Effrayant, non ?

Tiens, je vais vous raconter une histoire. Une histoire authentique que je tiens de la bouche même de celui qui en fut le seul « héros » survivant.

Laurent Pascal était dans sa vingtaine année à la Libération. Cet homme a eu de la chance. Beaucoup de chance: il fut le seul rescapé, l'unique survivant d'un massacre au cours duquel trente-cinq de ses camarades du maquis Ventoux ont été assassinés par les Nazis et leurs sordides complices français de la milice. Cela s'est passé à Izon-la-Bruisse, petit village des contreforts drômois du massif du Ventoux, près de Sèderon. Leur section a été vendue par des miliciens. Prisonniers, ils vont être massacrés. Écoutons son récit :

 

« Il est environ 13 heures. Un beau soleil d'hiver fait scintiller la neige autour de nous.

 Un soleil menteur…

- Vous quatre là. Avancez. Allez! Plus vite que ça!

Ce sont ceux qui se trouvent du côté d'Eygalayes. Je me trouve moi-même à l'autre extrémité de la colonne. Ils partent derrière le bâtiment. Nous ne voyons pas ce qui se passe mais nous entendons une première, puis une seconde rafale de mitraillette: les quatre premiers fusillés d'Izon viennent d'être abattus...

Le premier tueur, un milicien, un Français comme nous, sa sale besogne terminée, revient. Un autre "prend livraison" des quatre victimes suivantes, toujours à partir de l'autre bout de la colonne. Il les conduit derrière la ferme en passant par l'angle Ouest alors que les premiers étaient passés par l'angle Est.

Rafales...

Mes camarades, pétrifiés mais courageux, attendent la mort...

Les bourreaux, se remplaçant, alterneront ainsi côté Est et côté Ouest jusqu'au quatre derniers: le Toubib, un jeune homme de Saint-Auban, un autre jeune et moi.

C'est notre tour...

Nous savons parfaitement ce qui nous attend. Les rafales de mitraillettes et les plaintes de nos camarades ne nous laissent aucun doute sur ce qui se passe derrière la ferme.

Je suis pourtant étonnamment lucide. Crever pour crever, je ne vais pas me laisser tuer comme un mouton. Je suis décidé à tenter ma chance.

Le milicien dont c'est le tour de nous conduire au massacre, un homme d'une quarantaine d'années, nous fait passer devant lui. Je l'observe en marchant. Il n'est pas très à l'aise me semble-t-il. Arrivé au coin de la ferme, j'aperçois les cadavres ensanglantés de mes camarades étendus dans la neige. Le Toubib, qui est derrière moi, a compris que je veux tenter quelque chose.

Je regarde une dernière fois le tueur, puis mes camarades morts. Le Toubib se rapproche de moi et me souffle:

- "C'est le moment. Vas-y!"

Je me rue en avant. J'ai le temps d'entendre mon copain Blanchet, abattu mais pas encore mort me crier: "Merde ! Rolland." C'était son vœu de bonne chance. Un cri qui me va droit au cœur et me donne des ailes. Je cours de toutes mes forces. C'est un pré nu et plat, sans le moindre obstacle. Il y a bien une rangée de pommiers en contrebas, mais je préfère foncer droit devant moi.

Le Toubib me suis. Mais il n'a pas ma jeunesse. Il sera mon bouclier. Volontairement? Je le crois...

Les souliers de Toto - que j'ai maudits ce matin - me serrent et tiennent bien à mes pieds malgré l'absence de lacets. Une chance. J’entends le bruit sec des mitraillettes et des fusils. Les balles sifflent autour de moi, ricochent en miaulant sur des rochers...J'ai environ 400 mètres à parcourir, à découvert, dans la neige.

Les premiers instants de surprise passés, tous les boches  et les miliciens, qui attendaient, décontractés, que le massacre fut terminé, réagissent et me tirent comme un lapin. J'entends des éclats de voix, des ordres aboyés en allemand. Je perçois des éclatements de grenades autour de moi...

Je ne pense à rien. Je fonce, je fonce...

Cette course éperdue dure environ une minute. Il me semble que je n'arriverai jamais au bout du champ. Mon cœur bat la chamade, mais j'ai conscience que j'ai la joie de le sentir battre!

J'arrive au bout du champ. Je saute un petit mur qui me met provisoirement à l'abri des tirs de mes poursuivants. J'ai la présence d'esprit de ruser pour les égarer: je fonce ostensiblement en direction du village, puis, en me baissant, je remonte dans mes traces et fonce vers la montagne, en direction opposée.

La ruse a pris: les Boches se ruent vers la route. Ils me chercheront tout d'abord en direction de Séderon, me laissant quelques précieuses minutes de répit. Maintenant à couvert, je grimpe à toutes jambes les premiers escarpements au-dessus d'Eygalayes. Je passe devant une ferme. Le paysan, qui a assisté impuissant à la fusillade de la fenêtre de sa chambre, craint que je ne m'arrête chez lui. Je n'en ai pas la moindre intention et je le lui dis.

Á ce moment-là je me considère comme presque sauvé. J'ai en tout cas gagné la première manche. Je connais parfaitement la montagne, je suis jeune, fort et entrainé. Et puis j'ai ma peau à sauver… »

 

Alors souvenons-nous, et méditons sur les redoutables tensions que des égoïsmes nationaux irresponsables font ressurgir.

Et remercions les Français de nous avoir éviter la catastrophe. Fût-ce au prix de l'élection de Macron a qui nous ne ferons pas de cadeau mais pas non plus de procès d'intention.

Bonne chance, Monsieur le Président.

 

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