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24/07/2016

Ouiquinde gastronomique: Les pavés de sandre au beurre rouge.

sandre.jpg

 

Connaissez-vous le sandre ?

Un poisson carnassier assez facile à prendre

Pour mon ami Alain, ce pirate du Rhône

Qui, parfois, fanfaronne

En m'apportant, heureux, l’œil frisant de plaisir

Plusieurs de ces poissons qu'il me laisse choisir.

Un autre mien ami m'a offert la recette

Qui va faire du sandre un prince de l'assiette :

C'est les pavés de sandre en sauce au beurre rouge.

Hum ! J'en ai déjà les moustaches qui bougent !

Prenez un beau poisson d'environ un kilo

Dont il vous faut lever les filets et la peau,

Détaillez en portions de 150 grammes

Mais si c'est en peu plus, n'en faites pas un drame.

Pour cuire le poisson, il y a deux écoles :

Au cuit-vapeur pour ceux qui ont du cholestérol,

Ou bien au four avec sel, poivre du moulin,

Un demi verre d'eau, comme pour le colin,

Recouvrez l'appareil d'une feuille d'alu

Mais enfin, ce n'est pas un besoin absolu.

Four à 180 et cuisson 20 minutes

Et attaquez la sauce sans perdre une minute.

Dans une casserole, réduisez à feu vif

Un flacon de vin rouge de Saumur-Champigny

Musclé de deux cuillers de vinaigre de vin.

Réduisez des deux-tiers ce mélange angevin.

Ciselez finement deux belles échalotes

Mais pas des hollandaises, c'est de la camelote.

Ajoutez-les alors à votre réduction

Ainsi qu'un pot de crème. Tournez sans componction.

Incorporez deux hectos de beurre ramolli

En le montant au fouet, comme pour l'aïoli.

Assaisonnez le tout par le sel et le poivre

Puis passez l'appareil dedans une passoire.

Servez avec fierté, juste après l'apéro,

Nappé de sauce rouge, votre sandre bien chaud

Que vous dégusterez en bonne compagnie,

Accompagné bien sûr de Saumur Champigny.

Cessons pour aujourd'hui ces contes culinaires

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

D'un grand vin rouge ou blanc de nos terroirs de France

Synonyme d'amour, plaisir et abondance.

 

Illustration X - Droits réservés

 

23/07/2016

Ouiquinde érotique avec Charles Collé et les sourires d'en-bas.

bouche-chatte.jpg

 

 

La marchande de cons

Je vends des cons,
Bruns, noirs et blonds,
Châtains-mêlés,
Gris-pommelés,

 

Rasés,
Frisés,
Barbus,
Crépus,
Tondus,
Dodus,

 

Et peu fendus.

J'en ai d'unis
Á juste prix ;
D'autres garnis
De clitoris,

 

Qui vont
Au fond

 

Et vous le font !

Je vends des cons,
Bruns, noirs et blonds,
Châtains-mêlés,
Gris-pommelés,

 

Rasés,
Frisés,
Barbus,
Crépus,
Tondus,
Dodus,

 

Et peu fendus.

Je garantis
Qu'ils sont petits,
Et, dans tout temps,
Je les reprends,

 

Quand les gens

 

Les trouvent trop grands !

Je vends des cons,
Bruns, noirs et blonds,
Châtains-mêlés,
Gris-pommelés,

 

Rasés,
Frisés,
Barbus,
Crépus,
Tondus,
Dodus,

 

Et peu fendus.

 

 

 

Charles Collé

 

21/07/2016

Tour de France : L'Ennui, maillot jaune !

Bobet Izoard.jpg

 

Je suis accro. Au tour de France. Lorsque j'étais miston, j'étais Bobet ou Rivière appuyant comme un fada sur les pédales de ma vieille cranque. Mes potes étaient Kubler ou Van Stenberguen, certains osaient même être Fausto Copi, le dieu ! Les résultats du jour étaient affichés dans tous les bistros du pays. Il n'y avait pas la télé mais on écoutait, béats, les retransmissions s de Georges Briquet. J'ai vu Bobet gagner à Avignon, sur les Allées de Loulle, devant Malléjac, après avoir battu tous ses concurrents dans la montée du Ventoux. Plus tard, jeune journaliste, j'ai suivi de près le drame de Simpson crevant sous le soleil menteur de ce même Ventoux et j'ai eu la chance et l'honneur de boire des canons avec Antoine Blondin. Bref, j'ai toujours été accro à cette formidable aventure qu'est le Tour de France.

Eh bien depuis plusieurs années, le Tour me gonfle les aliboffis. Pire, il m'emmerde profondément tellement il est devenu soporifique, prévisible, sans surprise. Heureusement il reste ce formidable survol de notre beau pays, et des pays limitrophes visités. Au fait, et si le Tour, je veux dire la course, n'était plus qu'un prétexte pour faire découvrir au monde entier les paysages somptueux de notre beau pays, filmés avec des débauches de moyens, nous faire découvrir des lieux discrets, retrouver des stars du paysage français comme le Mont-St-Michel, les Gorges de l'Ardèche ou le Mont-Blanc, les grandes cathédrales, les châteaux chargés d'histoire, s'extasier devant la beauté intimidante des grandes montagnes, lieux mystérieux entre tous, où se forgent les légendes.

Oui mais… Et la course ?

Le Tour, c'est aussi et surtout une grande caravane publicitaire, un outil gigantesque de bourrage de crâne commercial camouflé derrière un raout folklorique et festif. Pourquoi pas ? Mais le sport la-dedans ?

Le sport ? La course ?

Elle se résume à une confrontation plus ou moins virulente entre quelques équipes qui sont des machines de guerre au seul service du lideur, du chef. Il y a celles qui jouent en première division, les Sky de Froome, les Astana de Nibali, la Tinkoff de Contador et. Puis il y a les autres...

Les Sky, c'est l'équivalent en budget (20 millions) de celui de l'Agence mondiale antidopage (AMA) ! Astana, c'est 15 millions et l'appui d'un pays à la morale « pittoresque », le Kazakhstan dont la capitale se nomme...Astana ! Quant à Tinkoff, elle appartient à un bankster milliardaire russe...

Ces équipes sont là pour gagner, pas pour soulever l’enthousiasme, encore moins pour faire rêver. Le Tour, pour eux, c'est du business. Il faut gagner, et tous les moyens sont bons.

Les moyens organisationnels : embaucher les meilleurs coureurs qui doivent dès lors, moyennant des salaires conséquents, renoncer à toute ambition sportive individuelle pour se mettre au service exclusif de leur lideur. Ces machines à rouler tuent la course en neutralisant toute tentative de bagarre. C'et ce qui se passe dans tous les cols, c'est ce qui se passe même sur les étapes de plat où les machines à rouler se mettent au service du sprinter maison. Et puis ces sordides « oreillettes » qui enlèvent toute initiative aux coureurs...

Plus de grandes chevauchés solitaires, plus de Koblet tenant – seul - à distance, pendant 140 kilomètres une meute de poursuivants ayant nom Bobet, Coppi, Ockers, Kubler, excusez du peu, lors d'une étape de légende entre Brive et Agen. Plus de Fausto Coppi et de Gino Bartali arrivant au pied des Alpes avec 30 minutes de retard sur le maillot jaune et prenant le maillot le soir. Plus de Bobet attaquant dans Vars, soutenu dans la Vallée du Guil pat son fidèle Deledda parti dès le départ de Gap, puis réussissant une formidable chevauchée solitaire, survolant les terribles cols de Vars et d'Izoard.

Maintenant, on s'emmerde…

Les moyens physiologiques : on se demande pourquoi ces gaillards sportifs jeunes, en pleine forme, ont besoin d'être suivis par des escouades de « médecins »... Le soupçon (??!!) de dopage est toujours là. Comme dans tous les sports professionnels d'ailleurs, football, tennis, rugby, athlétisme et autres. Pourquoi les autobus des grosses équipes sont-ils protégés par des vitres fumées et fermés comme des coffre-forts ? Les voleurs ayant toujours une longueur d'avance sur les gendarmes, beaucoup de traitement sont indétectables. Les « médecins » sont là pour faire en sorte que les coureurs « traités » respectent les périodes d'incubation, que les « traitements » se fassent dans des périodes précises avant les courses. Pas vu, pas pris. Et seuls les crétins se font prendre. Et pas question de balancer ! Sinon les lendemains seront durs pour la balance. Pareil pour les anciens champions s'ils ne veulent pas être éjectés du milieu qui est toute leur vie... Quant aux médias, les journalistes « sportifs » restent désespérément discret à ce sujet…

Les moyens techniques : Cette année, il y a commissaires à moto qui, paraît-il, détectent au moyen d'étranges tablettes, les éventuels moteurs électriques. Il est vrai que cette année, on n'a pas encore vu Froome faire comme l'an passé, dans la montée vers la Pierre-Saint-Martin, lorsqu’il a démarré comme s'il avait une mobylette ! Comme il l'avait fait au Ventoux en 2013. Ça donne à réfléchir. Les vélos peuvent être changés sans contrôle en cours de course. Ils sont rarement vérifiés à l'arrivée où, dans la cohue, il est très facile de remplacer un vélo « motorisé » par un vélo « propre…

Est-ce vraiment nouveau ? C'était mieux avant ? Plus propre ? Ça faisait rêver ? Le rêve n'a plus de raison d'être dans le monde du fric-roi. Et puis soyons honnêtes : où sont les champions, les « campionissimo » d'avant ? La plupart sont...morts, jeunes ! Bobet : mort. Coppi : mort. Koblet : mort. Anquetil : mort. Fignon : mort. Etc. Restent tout de même Poulidor, Thevenet et Mercx. Il faut croire qu'ils sont plus solides que les autres…

Bon. Allez, il n'empêche que je vais regarder l'étape de montagne contre la montre ! On peut toujours espérer…

 

Photo X - Droits réservés

 

19/07/2016

Le Frexit ou le fric : conseils d’un cochon de payant au ci-devant président !

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Le ci-devant Valls Manuel, Premier ministre s’est fait confortablement huer lors de la dégoulinante compassionnelle de Nice. Le ci-devant Hollande François, président de la République, plus finaud, a, quant à lui, évité de se rendre à Nice. Pas bon tout ça avant la Mère de toutes les élections, la présidentielle. François, comme Manu, navigue dans les abysses sondagiers. Eh bien moi, simple pékin, je vais vous donner quelques tuyaux pour faire un rebond spectaculaire dans les sondages et remporter confortablement le prochain scrutin!

 

C’est le Brexit qui m’a donné la solution, Camarade président ! Les Britanniques ont réussi, depuis leur entrée dans l’Europe, à se tailler un costard à leur taille : ils ont toute sorte d’avantages et évitent l’essentiel des inconvénients. Peut-on le leur reprocher ? Et, pour éviter le Brexit, les (ir) responsables de l’U.E. ont encore accepté toute de demandes extravagantes de Cameron. Malgré cela, le Peuple britannique a voté pour le Brexit.

 

Partant de ce constat factuel, voilà ce que j’ose me permettre de te conseiller, camarade Président.

 

1er conseil : La France contribue chaque année au budget de l’Union Européenne au niveau de 22,6 milliards d’euros. Elle bénéficie des financements européens au niveau de 14,2 milliards d’euros. Le différentiel est donc de 8,4 milliards d’euros. Premier conseil : François, fait comme Maâme Thatcher en son temps : tape sur la table en gueulant « Je veux récupérer mon pognon ! » comme la dame de ferraille criait « I want my money back ! ». Ce que les Anglais ont obtenu, arguant de leur situation économique difficile de l’époque, tu dois pouvoir l’obtenir, eu égard à la nôtre de situation économique, pas très brillante. Voilà comment récupérer déjà plus de 8 milliards chaque année. Il va de soi qu’il te faut, pour obtenir gain de cause, agiter la menace d’un Frexit, d’un référendum proposant la sortie de la France de l’U.E. Car sans la Grande-Bretagne, l’U.E. peut vivre, mais sans la France, elle est définitivement morte. Alors les milliers d’eurocrates grassement payés de Bruxelles seront autant d’alliés de circonstances pour te soutenir.

 

2ème conseil : La France est le seul pays de l’U.E. (avec les Britanniques, mais ceux-ci sont maintenant hors-jeu) à lutter de manière significative dans le monde contre la menace terroriste qui est présente dans toute l’Europe. Un porte-avions contre les djihadistes, des frappes aériennes en Irak, la traque des terroristes au Sahel, le maintien de la paix en Centrafrique… Avec environ 9 000 hommes déployés en mission à l’étranger, la France est sur tous les fronts et ses « opérations extérieures », ou Opex, ont rarement coûté aussi cher. Indispensable projection de force à l’étranger, elles n’en posent donc pas moins un problème financier des plus épineux au gouvernement par ces temps de disette budgétaire.

Notre République dépense donc son argent (enfin, le nôtre !) pour défendre l’ensemble de l’Europe. Et ça coûte cher tout ça. Les autorités militaires annoncent un budget de 450 millions d’euros. La Cour des comptes dénonce des fantaisies comptables permettant d’arriver à ce montant, mais parle plutôt d’une somme qui dépasse chaque année le milliard d’euros. Cette dépense française étant faite pour le bénéfice de toute l’Europe, il serait normal que l’ensemble des pays de l’Union européenne participe à ces frais de défense. Voilà un milliard de plus à récupérer. On en est déjà à neuf. Eh ! Il n’y a pas de petits profits, ci-devant François ! Mais ce n’est pas tout.

 

3ème conseil : La France, de par son action militaire, expose ses citoyens soldats aux aléas de la guerre : les blessures physiques et morales, les amputations, la mort. On compte actuellement 627 morts et des centaines de blessés, traumatisés a vie. C’est le prix du sang. Il a un coût.

De même, l’action militaire de la France pour défendre l’ensemble de l’Europe en fait une cible pour les attentats. La tuerie de Nice, après celles du Bataclan et des terrasses parisiennes, après celles de Charly Hebdo et du super-casher et d’autres encore ont déjà fait plus de 300 morts. C’est le prix du risque. Il a un coût.

Comment calculer ce coût ? Il serait logique de l’aligner sur le coût du préjudice moral le plus élevé accordé à une victime en France. C’est celui accordé au ci-devant Tapie Bernard. Il est de 45 millions d’euros. Soit pour environ un millier de victimes, une somme de 45 milliards. À réclamer évidemment à l’Europe puisque ces victimes ont laissé leur vie pour la défense de l’U.E.

 

Tiens, prends ta calculette, citoyen président. Ça fait 8 + 1 + 45 = 54 milliards ! Un pactole qui te permettra de supprimer le déficit du pays, de moderniser l’Armée, la Police, la Justice.

 

Il suffit d’agiter la menace du Frexit. Seulement voilà, pour ça, encore faudrait-il en avoir…

 

Photo X - Droits réservés

18/07/2016

Au bistro de la toile : les Pieds Nickelés font un coup d'Etat !

chimulus bistro copie.jpg

 

- Ben dis donc, Victor. Il s’en passe des choses cet été. Et pas très réjouissantes… Chez nous, c’est l’insécurité qui devient la règle. Avec son cortège de méfiance, de suspicion, de risque de dérives. Chez les Yankees, les argousins se font flinguer et chez les Turcs, les troufions sortent de leurs casernes, font un coup d'État… et se font promptement rembarrer puis embastiller par les partisans du sultan!

 

- C’est vrai que ce coup d'État, ça pourrait ressembler à une franche rigolade s’il n’y avait près de 300 morts et, surtout, une répression terrible qui mène ce pays redoutable vers un régime dictatorial. Si les putschistes ont voulu stopper la dérive islamiste d’Erdogan et son autoritarisme, c’est raté. Leur action brouillonne conforte plutôt le pouvoir autocratique de ce mégalo qui se rêve en sultan d’un Empire ottoman ressuscité ! Leur action manquée suite à la descente dans la rue des partisans d’Erdogan semble prouver, au contraire, que celui-ci bénéficie d’un large soutien populaire – ce qui est vrai puisqu’il a été élu démocratiquement.

 

- D’après les images qu’on nous a montrées, les foules descendues dans la rue contre les troufions putschistes étaient surtout composées d’hommes, jeunes, souvent barbus. Bref, la frange radicale, islamiste du pays. Ça ne fait pas un soulèvement populaire global.

 

- Bien observé Loulle. Ce putsch ressemble à une embrouille menée par des incompétents, par les Pieds Nickelés du coup d'État ! Parce qu’en matière de coups d’État, l’armée turque a pourtant un indéniable « savoir-faire » ! Si bien que si l’on n’est pas trop naïf, on peut légitimement penser que ce putsch d’amateurs a té téléguidé par le pouvoir, organisé par quelques officiers manipulés à leur insu par Erdogan, réalisés par quelques milliers de troufions pas très motivés. S’ils avaient vraiment voulu, les putschistes seraient allés, avant tout, arrêter Erdogan qui était en vacances au bord de la Méditerranée, à Gokcek. Au lieu de ça, ils ont fait vrombir quelques avions dans le ciel d’Istanbul, ont envoyés quelques chars d’assaut sur les ponts et devant l’aéroport et fait diffuser un communiqué à la télé. L’autre, comme s’il s’y attendait, a téléphoné à une chaîne de télé privée, comme par hasard pas occupée par les Pieds Nickelés, et appelé ses partisans à descendre dans la rue au moyen de son téléphone portable. Mort de rire ! Ça pue la manip bien huilée !

 

- Effectivement, ce n’est pas très crédible. Mais enfin, il y a eu tout de même 260 morts.

 

- Et tu crois que ça peut arrêter un dictateur, 260 morts ? Au contraire, ça donne de la crédibilité au putsch. Et c’est ce qu’on appelle dans le langage fleuri des « puissants » des dommages collatéraux… Maintenant, l’islamiste Erdogan a les coudées franches pour détruire toutes les avancées laïques d’Atatürk. Celui-ci, fondateur de la Turquie moderne, laïque, avait fait de l’armée la garante de la Constitution et de la Laïcité. Erdogan veut effacer tout ce qui reste de son illustre prédécesseur. Il a commencé une purge gigantesque dans tout ce qui pouvait lui résister. L’armée est épurée comme il dit, de même que la magistrature. Ne resteront que les officiers de son bord et les magistrats qui lui font allégeance. Les autres sont embastillés par le fait du prince (enfin, du sultan), en attendant d’être passés par les armes, puisque ce grand démocrate - amie de Frau Merkel qui se prosterne devant lui - envisage de rétablir la peine de mort. Quant à la presse, celle qui va avoir le droit de s’exprimer sera obligatoirement sous la coupe du pouvoir. Les journalistes les plus critiques sont déjà en taule… La prochaine étape sera de dissoudre le Parlement et de changer la Constitution afin de légitimer sa prise de pouvoir autocratique sur la Turquie.

 

- Après tout, ça les regarde, les Turcs. On a suffisamment de problèmes chez nous pour s’occuper de ceux des autres.

 

- Ne crois pas ça Loulle. La Turquie est en passe d’entrer dans l’Union Européenne. Merkel, de son propre chef, a promis à Erdogan de supprimer les visas pour les Turcs voulant venir en Europe. Elle pompe notre fric – six milliards – pour le refiler à Erdogan. Elle a fait pression sur le Commission européenne pour accélérer les négociations d’admission de la Turquie. J’espère que les évènements actuels vont définitivement stopper cette ineptie monstrueuse que serait l’entrée de la Turquie – et de ses 80 millions de musulmans – dans l’E.U.

 

- Mouais. Comme dit Memet, mon maçon, Erdogan yok taman ! A la nôtre tout de même. Chéréfé arkadech Victor ! Charab çök güzel !

 

 Illustration: merci à Chimulus

16/07/2016

Nous sommes en GUERRE ? Alors FAISONS-LA !

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Nous sommes en guerre nous serinent nos responsables. Et dans cette guerre nous venons de perdre une nouvelle bataille. Avec des dizaines de morts civils innocents. Le jour même où défilaient gaillardement nos forces armées sur « la plus belle avenue du monde », en un lieu où la foule heureuse saluait les gerbes lumineuses du traditionnel feu d’artifice, marqueur traditionnel de notre Fête Nationale. Fête qui exalte nos valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, valeurs conquises dans le sang et les larmes contre la dictature des monarques et l’obscurantisme des religieux.

Ce sont justement ces symboles qu’abhorrent les ennemis qui tuent chez nous. Ennemis qu’il faut savoir nommer : les adeptes de l’islam salafiste. Ennemis enfermés dans des luttes sanguinaires mais archaïques jusque dans leur vocabulaire, parlant de « croisés », de « mécréants », d'« infidèles ». On cauchemarde devant tant de débilité mentale.

Ceux-là détestent la Fête.

Ceux-là rejettent l’égalité, en particulier celle homme femme.

Ceux-là se qualifient entre eux de Frères, mais rejettent tous ceux qui ne sont pas strictement de leur secte.

Ceux-là se réfèrent à une idéologie obscurantiste n’admettant aucune contradiction.

Ceux-là vénèrent la mort, celle des autres comme la leur.

Ceux-là se revendiquent d’une névrose collective appelée « religion », canal islam wahabite.

Ceux-là ont déclaré la guerre aux valeurs de l’Occident en date du 11 septembre 2001.

Il faut dès lors bien admettre cet état de guerre et agir en conséquence. La guerre, ce n’est pas la discussion de café du commerce ; c’est une chose horrible qu’il faut livrer « in fine » avec tous les moyens dont on dispose, une priorité absolue et une stratégie claire et pérenne. Tous les moyens, cela veut dire tous les moyens. Une stratégie claire dans le contexte actuel consisterait à éradiquer l’islamisme en y mettant tous les moyens policiers, militaires et citoyens disponibles, tout en luttant avec acharnement, culturellement et politiquement contre l’islamisation rampante de la société avec les lois de la République et la défense intransigeante de la laïcité. Ce qui serait aussi rendre service aux musulmans de France qui souhaitent vivre en paix et que la République a le devoir de protéger. Comme elle a le devoir de protéger les athées, aussi.

Qu’est-ce qui motive ces tueurs de masse ? La haine de notre mode de vie fait d’un goût du vivre ensemble, d’égalité homme femme, de tolérance envers les choix de vie y compris sexuels, du goût de la fête, du rejet de tous les tabous, d’acceptation de toutes les religions et de ne pas avoir de religion du tout, etc.

Les tueurs sont parmi nous, ils sont de chez nous, ils sont souvent s sur notre sol, ont été éduqués selon nos valeurs. Et pourtant ils tuent. Ils nous tuent au nom d’une dérive sectaire qui, certes, n’est pas l’islam, mais qui pourtant s’en revendique. Ces tueurs lobotomisés sont responsables de leurs actes. Ils ne sont ni des malades mentaux, ni des « loups solitaires » victime d’une société qui les rejetterait (selon la doxa des idiots utiles des nazislamistes). Mais ils partagent cette responsabilité avec ceux qui les endoctrinent et les poussent à l’acte : les imams ultra-radicaux qui puisent leur idéologie haineuse dans la doctrine des frères musulmans et du salafisme. Ce sont eux qui encouragent et légitiment les actes les plus barbares.

Qui est-il cet assassin du carnage de Nice ? Ce serait, paraît-il une petite racaille venue du Maghreb pratiquer ses talents nuisibles sur la Côte d’azur. Ils sont nombreux à franchir impunément la Méditerranée pour venir sévir chez nous. S’est-il « radicalisé » sur internet ? A-t-il été sensible aux prêches de ces imams salafistes envoyés par nos « amis » de l’Arabie saoudite pour pourrir notre pays de l’intérieur ?

Ou bien est-il allé faire ses classes de tueur dans les universités de l’État Islamique, section poids lourd ? Il y a plus d’un millier de Français qui sont allés y « faire leurs études de tueur ». Ils seraient paraît-il parmi les plus sanguinaires. Et ils sont des centaines à revenir. Pour se repentir ou pour former des cellules dormantes prêtes à être activées ? Comment peut-on avoir la naïveté de croire que les tueurs de l’État Islamique accepteraient de voir retourner dans leur pays d’origine des « volontaires » qui se dégonfleraient ? Les lâches, chez eux, sont tout simplement tués pour l’exemple. Donc tous ceux qui reviennent sont des tueurs de confiance, des durs fanatiques, des endoctrinés à mort.

« Non, l’islam, ce n’est pas ça » s’égosillent les islamo-gaucho-bobos qui déguisent leur peur en tolérance et dont les jérémiades incitent à la résignation.

« Nous sommes en guerre » nous serinent Hollande et Valls. Mais pour faire la guerre, il faut combattre. Avoir peur de se battre, se résigner, c’est déjà avoir perdu. La guerre, si on la fait, il faut se donner les moyens de la gagner sinon on se soumet et on rampe, sans honneur ni dignité.

Dès lors puisque « nous sommes en guerre » ce sont donc les lois de la guerre qui doivent s’appliquer, pas le droit commun. En temps de guerre, les citoyens d’un pays qui passent à l’ennemi sont des traîtres, des déserteurs et doivent être traités comme tels, sans s’empêtrer dans des considérations morales contre des ennemis qui se torchent souverainement avec toute morale.

Les moyens, ils sont ceux de la police, de l’armée, surtout du renseignement puisque l’ennemi est dans la place « comme une poisson dans l'eau ». Mais pour ce faire, encore faut-il ne pas casser ce qui existe, comme Sarko supprimant les Renseignements Généraux et supprimant 13 000 policiers. Les services ne sont pas coordonnés, ils se tirent la bourre, ne se communiquent pas, ou avec réticence, leurs informations, les gendarmes, pourtant au plus près de la population, ne sont même pas intégrés aux services de renseignement. Et que dire de ces services au niveau européen ! Nul ! Scandaleusement nul !

Les moyens doivent être au service d’une stratégie. La stratégie actuelle à pour but de rassurer. C’est le plan Vigipirate, l’opération Sentinelle, les soldats patrouillant dans les gares, etc. Ça rassure, mais ça n’empêche rien. Le carnage de Nice en est l’illustration dramatique…

En temps de guerre, il faut apprendre à vivre avec le danger d’être tué sournoisement, lâchement. Ça, c’est pour la mentalité des citoyens. Finie la belle tranquillité d’esprit : « Les guerres, c’est loin ». Non, maintenant c’est ici. Le danger est partout et tous les jours. Tout peut être une arme par destination, comme ce camion. Et les tueurs potentiels susceptibles de les activer sont partout, sous l'influence de ces sectes barbares appelant quotidiennement au meurtre des « mécréants ».

Les autorités doivent donc passer à une stratégie différente.

D’abord sécuriser tous les lieux publics écoles, stades, aéroports, gares, etc. Non pas par des vérifications aléatoires, mais par le passage sous des portiques de détection, la fouille systématique de tous les sacs, etc. C’est très chiant, c'est cher, ça demande beaucoup de personnel. C’est vrai, mais puisque c’est la guerre, il faut en passer par là et se donner les moyens de lutter. On ne vit pas en temps de guerre avec l'insouciance confortable des temps de paix. Il reste encore bien des vieux de la vieille qui peuvent en témoigner.

Ne pas laisser rentrer n'importe qui venant de pays où vivent des gens potentiellement hostiles. Et expulser sans état d 'âme tout étranger condamné pour quelque fait que ce soit. Mettre en rétention tout individu classé S.

Traquer et « neutraliser » les salafistes « jusque dans les chiottes » comme disait Poutine. Pour cela, il est indispensable de s’appuyer sur les Français de culture musulmane, les mieux placés pour détecter les tueurs potentiels. D’autant plus que la « communauté musulmane » y semble prête. La marche de Mantes-la-jolie en solidarité avec les deux policiers lâchement assassinés marque une prise de conscience très positive. Comme les prises de position immédiate et sans restriction des diverses organisations musulmanes comme la Mosquée de Paris de Boubaqueur et même l’UOIF.

S’occuper de cette jeunesse issue de l’immigration afin de détourner les plus fragiles de l'idéologie de mort que leur propose les salafistes. En soutenant, en aidant ceux qui le méritent, quitte à instituer dans une certaine mesure et provisoirement une « discrimination positive ». Mais aussi en mettant hors d’état de nuire sans faiblesse les quelques milliers de racailles qui pourrissent la vie des cités. Pour ce faire, la légalisation du cannabis couperait l’herbe sous les pieds de tous ces petits délinquants, viviers des salafistes.

Enfin, sur les « opex », les théâtres d'opération extérieur, il convient d'être pragmatique pour être efficace et non satisfaire les lubies mercantiles des Etasuniens ou de Frau Merkel. Ce qui veut dire s'allier avec ceux qui, réellement, luttent contre l’État Islamique : l'armée de Bachar el Assad, les Kurdes et les Russes. Hors de ça, point de salut.

La France est un peuple guerrier. C’est comme ça. Alors cessons les jérémiades, cessons les « Je suis Charlie », cessons les « Priez pour Nice », cessons les « Aux larmes citoyens » et les dessins de colombe qui pleure, cessons d'être des moutons bêlant sous le couteau de l'égorgeur, cessons de laisser nos ennemis « venir jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes. »

Le moment est revenue de criez « Aux armes citoyens » et de « former nos bataillons ».

Puisque nous sommes en guerre, faisons-là !

 

Photo X - Droits réservés

 

14/07/2016

Fêtons le 14 juillet avec le grand Victor Hugo.

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Célébration du 14 juillet dans la forêt.

Qu'il est joyeux aujourd'hui
Le chêne aux rameaux sans nombre,
Mystérieux point d'appui
De toute la forêt sombre !

Comme quand nous triomphons,
Il frémit, l'arbre civique ;
Il répand à plis profonds
Sa grande ombre magnifique.

D'où lui vient cette gaieté ?
D'où vient qu'il vibre et se dresse,
Et semble faire à l'été
Une plus fière caresse ?

C'est le quatorze juillet.
À pareil jour, sur la terre
La liberté s'éveillait
Et riait dans le tonnerre.

Peuple, à pareil jour râlait
Le passé, ce noir pirate ;
Paris prenait au collet
La Bastille scélérate.

À pareil jour, un décret
Chassait la nuit de la France,
Et l'infini s'éclairait
Du côté de l'espérance.

Tous les ans, à pareil jour,
Le chêne au Dieu qui nous crée
Envoie un frisson d'amour,
Et rit à l'aube sacrée.

Il se souvient, tout joyeux,
Comme on lui prenait ses branches !
L'âme humaine dans les cieux,
Fière, ouvrait ses ailes blanches.

Car le vieux chêne est gaulois :
Il hait la nuit et le cloître ;
Il ne sait pas d'autres lois
Que d'être grand et de croître.

Il est grec, il est romain ;
Sa cime monte, âpre et noire,
Au-dessus du genre humain
Dans une lueur de gloire.

Sa feuille, chère aux soldats,
Va, sans peur et sans reproche,
Du front d'Epaminondas
À l'uniforme de Hoche.

Il est le vieillard des bois ;
Il a, richesse de l'âge,
Dans sa racine Autrefois,
Et Demain dans son feuillage.

Les rayons, les vents, les eaux,
Tremblent dans toutes ses fibres ;
Comme il a besoin d'oiseaux,
Il aime les peuples libres.

C'est son jour. Il est content.
C'est l'immense anniversaire.
Paris était haletant.
La lumière était sincère.

Au loin roulait le tambour...?
Jour béni ! jour populaire,
Où l'on vit un chant d'amour
Sortir d'un cri de colère !

Il tressaille, aux vents bercé,
Colosse où dans l'ombre austère
L'avenir et le passé
Mêlent leur double mystère.

Les éclipses, s'il en est,
Ce vieux naïf les ignore.
Il sait que tout ce qui naît,
L'oeuf muet, le vent sonore,

Le nid rempli de bonheur,
La fleur sortant des décombres,
Est la parole d'honneur
Que Dieu donne aux vivants sombres.

Il sait, calme et souriant,
Sérénité formidable !
Qu'un peuple est un orient,
Et que l'astre est imperdable.

Il me salue en passant,
L'arbre auguste et centenaire ;
Et dans le bois innocent
Qui chante et que je vénère,

Étalant mille couleurs,
Autour du chêne superbe
Toutes les petites fleurs
Font leur toilette dans l'herbe.

L'aurore aux pavots dormants
Verse sa coupe enchantée ;
Le lys met ses diamants ;
La rose est décolletée.

Aux chenilles de velours
Le jasmin tend ses aiguières ;
L'arum conte ses amours,
Et la garance ses guerres.

Le moineau-franc, gai, taquin,
Dans le houx qui se pavoise,
D'un refrain républicain
Orne sa chanson grivoise.

L'ajonc rit près du chemin ;
Tous les buissons des ravines
Ont leur bouquet à la main ;
L'air est plein de voix divines.

Et ce doux monde charmant,
Heureux sous le ciel prospère,
Épanoui, dit gaiement :
C'est la fête du grand-père.

 

Victor Hugo

Lettre à Monsieur mon député Patrice Prat, frondeur démissionnaire du PS

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Si tu es député c'est – un peu – grâce à mon bulletin. Et je te sais donc gré d'avoir le courage de tes convictions en démissionnant du Parti Socialiste et du groupe parlementaire socialiste à l'Assemblée Nationale. Bravo et merci camarade !

Comme moi, comme beaucoup, comme des millions d'électeurs, tu considères que la politique menée par ceux que nous avons contribué à mettre au pouvoir ne correspond plus du tout à ce qu'impliquait ton, notre engagement. Nous - simples citoyens dont la seule arme est ce petit bulletin de vote nous permettant d'exprimer nos choix très épisodiquement – ne pouvons pas beaucoup peser, sinon par la rue. Mais toi, camarade député, tu peux (un peu!) plus.

Ainsi, par deux fois tu as voté la motion de censure contre ce gouvernement censé être l’outil de mise en œuvre de nos idées et qui fait tout le contraire, trahissant sans vergogne toutes les promesses électorales, nous prenant ainsi ouvertement pour des kons. Tu t’es opposé en particulier aux réformes Macron, à la déchéance de nationalité et très récemment au projet de loi Travail. Ta démission est à la fois courageuse et cohérente. Bravo et merci.

Parlementaire depuis 2012, tu t’es appliqué le principe du non-cumul des mandats afin de montrer l’exemple, démissionnant de tes mandats de conseiller général du Gard et de président de ta communauté de communes. En la matière, tu fais figure d’exception… Cet exemple est méritoire en ces temps de profonde défiance du peuple envers la classe politique et toutes les élites en général. Bravo et merci.

Tu estimes, et je te cite que « le travail des idées est devenu secondaire. Or, les Français ont besoin de réponses et d’actes concrets. La politique est ainsi devenue la supplétive des pouvoirs, économique et financier. Elle n’est plus capable de fournir un nouveau cadre d’actions, d’énoncer des objectifs clairs et de se projeter au-delà de la durée d’un quinquennat… Selon moi, le débat de la recomposition du champ politique est la mère de toutes les batailles. La France a besoin d’une nouvelle gauche et d’une nouvelle droite. Je veux un grand renouveau français à partir du triptyque : renouvellement des générations, des idées et des pratiques. ». Tu as tout compris. La déferlante des abstentions ainsi que le vote vers les extrêmes découlent directement de ces réalités que tu constates.

Comme toi, beaucoup de citoyens pensent que les partis politiques sont devenus plus des freins que des tremplins. Le pays est divisé et la révolte gronde. Pendant ce temps, complètement coupés semble-t-il de la réalité, les partis passent la majeure partie de leur temps, usent l’essentiel de leur énergie à « gérer des carrières et des situations conflictuelles inextricables, la conquête du pouvoir ayant tout éclipsé »

« Chaque jour, constates-tu, le monde nouveau naît sous nos yeux, à notre porte, près de chez nous sans même l’appui des politiques. L’innovation y est permanente. La société change tandis que la politique n’est plus qu’un champ de dispute permanente. »

Tu dénonces l’attitude ringarde des partis politiques que tu continues pourtant à juger nécessaires, ce qui est vrai, mais tu déplores qu’ils soient « des machines à gérer les carrières et à investir les candidats qui ne sont plus le réceptacle des bouillonnements de la société civile » et que le monde politique « passe l’essentiel de son temps à mentir et à trahir. » Bravo et merci, camarade.

Et maintenant ? Quoi faire ? Que feras-tu aux prochaines législatives sans le soutien d’une « grosse machine » politique ? Comme toi, je pense que le système est usé jusqu’à la corde, qu’il doit changer, radicalement, sous peine de voir arriver la catastrophe de l’extrême droite.

Vas-tu susciter une vague de démissions semblables à la tienne parmi les frondeurs ? Et avec qui recomposer ce paysage politique ? Qui est capable de faire encore rêver ? De donner un sens au combat politique ? De redonner de l’espoir, de restaurer une confiance perdue ? Hulot ? Il a renoncé, le cuir encore trop tendre. Macron ? Eh ! Oh ! Taubira ? La France est-elle prête ? Montebourg ? Pourquoi pas.

Ou alors Mélenchon.

En attendant, bravo et merci, Monsieur mon député pour cet acte plein de cohérence et de courage. Mais aussi de panache.

 

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12/07/2016

Au bistro de la toile. Et Vlan ! Sacré Portugais va !

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- Portos nous l'Aramis Athos, dans l'os et sans Vanaos !

- Eh, Victor, les Portos méritaient autant que nous de gagner. Et puis ils sont sympas les Porto, ce sont des frères. Notre vraie victoire, c'est d'avoir remis à leur place les Allemands.

- Eh, Loulle, c'est pas de foot dont je te parle. Mais d'un Portos particulièrement nuisible, le dénommé Barosso.

- C’est un remplaçant ?

- Ne joue pas au kon Loulle, Barosso, c’est ce personnage qui a dirigé la Commission européenne pendant 10 ans, qui a donc eu une influence considérable sur la conduite de la politique et de l’économie de l’Europe. Et ce type a été embauché par la pire organisation de Banksters qui soit, la banque Goldman Sachs. Président « non exécutif » du conseil d’administration de Goldman Sachs International (GSI) et également conseiller auprès de cette pieuvre de la pire finance internationale à Wall Street. Il sera basé évidemment à la City de Londres, avec pour « mission » « d’atténuer les effets du Brexit » pour le compte de ses employeurs.

- Ben ! C’est une belle reconversion.

- Mais un sacré coup de pied dans la crédibilité déjà bien basse de cette Commission européenne qu’il aura fortement contribué à faire honnir par les Européens… Surtout juste après le Brexit. Goldman Sachs continue ainsi, sans vergogne, d’établir sa main mise sur les institutions européennes. Parce que ce poste était occupé jusqu’à mai 2015 par l’Irlandais Peter Sutherland, ex-président du GATT, puis de l’OMC, et ancien commissaire européen à la concurrence.

- Puteng ! Tu voudrais ridiculiser la Commission pour l’éternité, tu ne t’y prendrais pas autrement.

- Mais attend, le Barosso, c’est pas son premier pantouflage. On peut dire qu’il a bien profité de son passage catastrophique à la Commission pour se préparer son beurre. Il est, parmi 22 postes qu’il a accepté, rémunérés ou non, président d’honneur du European Business Summit, une conférence annuelle organisée par le lobby européen des grandes entreprises et membre du groupe de pilotage des conférences Bilderberg.

- Coucou ! Les revoilou ceux-là ! Mais enfin Victor, il n’y a pas de règles dans les rouages de l’Europe régissant ces pantouflages ?

- Mouais… Il a été mis en place, seulement en 2010, un « code de conduite » pour surveiller les pantouflages des anciens commissaires. Mais elles sont très mal appliquées et ne concernent que les 18 mois suivant le départ des intéressés. Or Barosso a quitté son poste à la tête de la Commission fin octobre 2014. Il peut donc faire ce qu’il veut… Et il va mettre ses connaissances des gens influents et des rouages de la mécanique européenne au service de la pire organisation financière qu’il soit, notamment dans le cadre des négociations pour le nouveau statut de la Grande-Bretagne vis-à-vis de l’Europe et de l’accès aux marchés financiers européennes pour les banques de la City. On ne peut être plus traître à sa fonction.

Mais le cas Barosso, s’il est le plus choquant, n’est qu’un parmi d’autres passages du public u privé pour les responsables européens. Ils appellent ça les « portes tournantes », les « revolving doors ». Ainsi en 2014, la députée européenne Sharon Bowles, ex-présidente de la Commission des affaires économiques et financières, un poste clé pendant la crise financière de 2008, a rejoint… la City de Londres, repaire mondial des banksters. Ainsi la Néerlandaise Neelie Kroes, qui était commissaire à la concurrence, puis au marché numérique, durant les mandats de Barroso, est allé « conseiller pour les affaires européennes » la puissante institution étsunienne Bank of America Merrill Lynch… avant d’aller cher la très sulfureuse multinationale yankee de voitures avec chauffeur Uber ! Ainsi le Belge Karel de Gucht, ex-commissaire au commerce, celui qui a lancé les transactions TAFTA en 2013 pantoufle au groupe de télécommunication Belgacom. Et il y en a d’autres…

- Mais qu’est-ce que c’est que ce Goldman Sachs qui semble avoir un tel attrait pour les Eurocrates ?

- C’est simplement ne banque étasunienne. Mais d’une puissance telle qu’elle est, dans le monde ultralibéral actuel, « intouchable », « too bid to fail » comme ils disent. Cette banque est le symbole de toutes les mauvaises pratique de la corporation. Elle est absolument sans vergogne lorsqu’il s’agit de faire de la thune, et tous les moyens lui sont bons. C’est elle qui est à la base de la crise des « subprimes » au États-Unis, cette magouille qui a ruiné des centaines de milliers d’Étasuniens parmi les plus fragiles, et qui a déclenché a crise financière puis économique mondiale. Elle se vantait d’voir gagné 51 millions de dollars en un jour en pariant sur l’effondrement des titre « subprimes » à risques qu’elle avait contribué a créer ! Elle a dans cette embrouille bénéficié de plusieurs milliards de dollars d’aide de la part du Trésor américain ! Pourris jusqu’à la moelle. C’est elle qui a « conseillé les gouvernements grecs de droite pour magouiller leurs comptes afin d’être admis dans l’Euro groupe. C’est elle qui, ensuite, a spéculé contre cette même Grèce au abois. Des crapules intégrales. C’est elle qui jugeait bon de conseiller à la France de baisser tous les salaires du pays de 30 % pour enrayer la crise et de privatiser tous les services publics.

- Et c’est chez ces mafieux que Barosso va travailler ?

- Il n’est pas le seul membre de la pieuvre a sévir en Europe. La plupart des personnes qui ont géré la crise de la zone euro sont passés, ou ont été recrutés par la suite par la pieuvre étasunienne. Ainsi Mario Monti, à la tête du gouvernement italien en pleine crise politique dans la péninsule, fut conseiller international de Goldman Sachs de 2005 à 2011 ; Monti avait lui aussi été commissaire européen à la concurrence de1999 à 2004. Et comme Barroso aujourd’hui, son travail à l’époque consistait à « ouvrir les portes » de l’Europe pour Goldman Sachs. Un autre Italien, Mario Draghi, est également concerné : l’actuel président de la Banque centrale européenne (BCE) fut vice-président de Goldman Sachs International pour l’Europe entre 2002 et 2005. Quant à Lucas Papademos, ex-gouverneur de la banque centrale grecque et ex-premier ministre de la Grèce, il est soupçonné d’avoir joué un rôle de premier plan dans le maquillage des comptes publics de la Grèce, avec la complicité de Goldman Sachs.

- Il est finalement « normal » qu’un type comme Barosso, après avoir bien servi, à la tête de la Commission, les intérêts de cette banque de crapules, aille toucher… ses commissions !

- D’autant plus que le même Barosso, lorsqu’il était premier ministre du Portugal, a été un des plus fervents supports en Europe pour le déclenchement de la guerre de Bush en Irak. Les États-Unis lui doivent bien ça…

- Tous ces « responsables européens ne sont que les marionnettes des lobbies financiers et des multinationales US. Avec ces représentants et cette commission non élue, il n’est pas étonnant que cette Europe, simulacre de démocratie, soit rejetée par les peuples qui la compose. Et ça, c’est criminel, car l’idée européenne est formidable. Mais elle a été laissée aux mains des margoulins, de boutiquiers et des mafias étasuniennes.

- Alors, il faut faire comme les Rosbifs ?

- Certainement pas. Il ne faut pas la quitter, encore moins la casser, mais la refonder, sur une base confédérale, à partir du noyau dur des pays fondateurs, et en mettant en principe économique de base la solidarité à la place de la concurrence « libre et non faussée ».

- Ce qui veut dire renverser la table… Pas évident. A la nôtre !

 

Illustration: merci à Chimulus

 

10/07/2016

Ouiquinde gastronomique au Bosphore

 

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Katy

 

J’ai rencontré Katy sur un paquebot turc

Qui reliait Marseille au pays d’Atatürk

Longue, fine, élancée, androgyne et très blonde,

En voyage de noce elle courait le monde.

 

Un regard prometteur longuement échangé,

Deux verres de raki, près du bar, partagés,

Et nous nous retrouvons, sans parole inutile,

Sur le pont, envoûtés, commençant une idylle.

 

Je cueille sur ses lèvres un baiser épicé,

Je roule entre mes doigts ses petits seins dressés

Elle m’offre, cambré, le bas de son échine

 

Et nous faisons l’amour, au rythme des machines

Nous grimpons, enlacés, vers le septième ciel

Croquant à belles dents dans sa lune de miel !

 

 

Les “ Dolma yalanci ” – Les feuilles de vignes farçies

 

Le mari de Katy, un pasteur anglican

Pratiquait avec flegme une juste devise :

“ Mieux vaut une participation sur un volcan

Que l’exclusivité d’une froide banquise ! ”

Nous nous sommes aimés de fougue et d’abondance

De Marseille à Capri, du Pirée à Byzance,

Au hasard des recoins du bateau haletant

Toujours sur le qui-vive et pressés par le temps,

Sur des bâches pliées, sur des tas de cordages,

Mais surtout dans les chaloupes de sauvetage.

Grand, solide et rougeaud, le regard ironique,

Le pasteur buvait sec du rhum de Martinique

Il connaissait les hommes, les femmes et le péché

Et savait que Katy, sa belle amourachée

Lui reviendrait bientôt, et sans perdre la boule,

Sitôt que le bateau atteindrait Istamboul…

Le pasteur généreux, grand seigneur, m’invita

Dans un resto flottant, sous le pont Galata,

Il reprit possession, avec verve et humour

De sa volage épouse, de sa poupée d’amour,

Et la gorge serrée, je dus rendre les armes

Quand Katy me quitta, sans verser une larme…

- Eh ! Victor, ici bas, chacun porte sa croix,

Et souvent, le cocu n’est pas celui qu’on croit !

Il t’a bien fait marron, le serviteur de dieu !

Mais qu’avez-vous mangé comme repas d’adieu ?

- Un plat oriental, les “ Dolma yalanci ”,

On connaît : ce sont les feuilles de vignes farcies.

Tu fais blanchir trente secondes,

Dans de l’eau bouillante et salée,

Des feuilles de vignes que tu émondes

Des nervures et parties talées.

Tu les sèches sur du sopalin

Et tu te bois un coup de vin.

Tu colores un oignon et de l’agneau haché

Dans de l’huile d’olive sans laisser attacher,

Un verre de riz sec, laisse prendre du goût,

Puis recouvre d’un doigt d’eau, citronnée surtout.

Laisse cuire dix minutes, rajoute des raisins

Secs trempés, égouttés, cannelle, pignons de pin,

Sale, poivre, cuis à absorber le liquide,

Vide ton verre plein et plains ton verre vide.

Dispose cette farce sur tes portions de feuilles

Roule-les en cylindres, c’est fait en un clin d’œil,

Et pour ne pas qu’ils s’ouvrent, avec un cure-dent

Tu rapproches les bords et tu piques dedans.

Dans le fond d’une poêle, met ces petits rouleaux,

Un peu d’huile d’olives, un demi verre d’eau,

Et fais cuire à feu doux, vingt minutes à couvert.

C’est un plat délicieux, qui rend les hommes verts !

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

JVJ

 

 

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09/07/2016

Ouiqinde érotique baudelairien

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Les promesses d'un visage

J'aime, ô pâle beauté, tes sourcils surbaissés,
D'où semblent couler des ténèbres,
Tes yeux, quoique très noirs, m'inspirent des pensers
Qui ne sont pas du tout funèbres.

Tes yeux, qui sont d'accord avec tes noirs cheveux,
Avec ta crinière élastique,
Tes yeux, languissamment, me disent : " Si tu veux,
Amant de la muse plastique,

Suivre l'espoir qu'en toi nous avons excité,
Et tous les goûts que tu professes,
Tu pourras constater notre véracité
Depuis le nombril jusqu'aux fesses ;

Tu trouveras au bout de deux beaux seins bien lourds,
Deux larges médailles de bronze,
Et sous un ventre uni, doux comme du velours,
Bistré comme la peau d'un bonze,

Une riche toison qui, vraiment, est la sœur
De cette énorme chevelure,
Souple et frisée, et qui t'égale en épaisseur,
Nuit sans étoiles, Nuit obscure !

Charles Baudelaire

 

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08/07/2016

OTAN : les Charlots en manœuvre !

Blog exempt de fièvre fouteuse !

 

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Après les exercices BALTOPS 16 et Saber Strike 16 qui se sont déroulés du 3 au 19 juin, et impliquaient plus de 6 000 militaires de 15 pays membres de l’Otan, ainsi que des soldats suédois et finlandais ; après les exercices Saber Strike, qui ont réuni 13 Etats, et ont eu lieu en Lettonie, en Lituanie et en Estonie du 27 mai jusqu’au 22 juin, les États-Unis, à travers leur machine de guerre Otan, continuent leurs provocs aux frontières de la Russie. En Géorgie cette fois. Bof. Pas de quoi intimider l’ours russe !

 

Ce vendredi se retrouvent à Varsovie tous les pontes de cette alliance belliqueuse. La présence d’un prix Nobel de la paix, Barrack « Blackbush » Obama, donne à cette réunion des plus grands fauteurs de guerre du monde un côté cocasse ! A note que John Kerry, secrétaire d’état étasunien, rejoint cet aréopage après sa tournée en Georgie et en Ukraine où ils est allé porter la bonne parole « otanienne », laissant entendre notamment à la Géorgie la possibilité une prochaine intégration à l’Otan et… à l’Union Européenne. Non mais de quoi je me mêle ? Ce qui donne une surprenante idée de l’indépendance de l’U.E. par rapport aux États-Unis…

 

L’Otan est une machine de guerre n’ayant plus d’autre utilité – puisque le Pacte de Varsovie a été dissous – que de servir exclusivement les intérêts de la finance et des multinationales yankees dans leur volonté d’hégémonie mondiale et de pillage de la planète. L’Otan, bras armé d’un système de domination économique et financière étasunien en pleine déconfiture, conduit le monde à la guerre en soutenant les rodomontades des ex-pays de l’Est, Pologne, pays baltes, Ukraine, et maintenant Géorgie.

 

La France, sous De Gaulle, avait pris avec panache ses distances par rapport à l’Otan. Le Grand Charles ne transigeait pas lorsqu’il s’agissait de l’indépendance de la France. Depuis Sarkozy, suivi par Hollande, la France a réintégré, tel un toutou docile, la niche de l’Otan. Les conséquences négatives de cet alignement l’emportent largement sur les bénéfices escomptés en matière d’influence.

 

Notre retour dans le giron étasunien compromet gravement toute idée de défense européenne. Parce qu’il ne faut pas se leurrer : payant la moitié des dépenses et fournissant les trois-quarts des moyens militaires, les États-Unis imposent leur direction et le service avant tout de leurs intérêts, déterminant par cela la politique extérieure de leurs « alliés », de leurs vassaux plutôt. L’U.E. abdique par là même toute aspiration à jouer pleinement un rôle politique international, se contentant d’être une grosse larve promise à tous les pillages, ouverte à toutes les invasions.

 

Quant à nous, notre présence dans l’Otan présente des risques conséquents. Nous risquons d’être entraînés dans un conflit dont ne voulons pas, et sans que nos intérêts primordiaux ne soient menacés. Nous risquons de cautionner des décisions otaniennes, c’est-à-dire étasuniennes pouvant être considérés comme des provocations contre la Russie. C’est déjà le cas avec les déploiements de forces de l’Otan à proximité immédiate de la Russie, comme c’est le cas dans les Pays Baltes. C’est aussi le cas avec le déploiement de systèmes balistiques antimissiles en Pologne et en Roumanie… Et que dire de l’image de la France, ont l’influence planétaire était basée sur son indépendance ? Elle en a déjà pris un sacré coup.

 

Un gouvernement français digne de ce nom devrait commencer par s’opposer à tout élargissement de l’Otan, notamment à la Géorgie, l’Ukraine, voire bientôt le Monténégro et le Kosovo. Ceci afin de ne pas exacerber les tensions avec la Russie qui, il faut le rappeler, ne menace en aucune manière nos intérêts vitaux. Le fait d’avoir réintégré pleinement l’Otan donne à la France un droit de veto et donc la possibilité d’empêcher ces nouvelles entrées.

 

Mais pour cela, encore faudrait-il en avoir la volonté politique.

 

Enfin, les rodomontades étasuniennes doivent doucement faire rire Poutine, tant les forces en présence sont disproportionnées. En faveur des Russes.

Forces russes : voir http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/manoeuvres-b....

 

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07/07/2016

Avignon, l'espace d'un Festival.

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Quand le soleil-lion de juillet écrase la ville de sa chape incandescente, quand les lancinantes stridulations des cigales font vibrer les vertes toisons aériennes des grands platanes, quand les monuments, les livrées et les tours semblent fumer sous la tremblante réverbération des murs gorgés de lumière, Avignon-la-Sensuelle, alanguie au bord du Rhône et cambrée sous les caresses du mistral, s'apprête à s'ouvrir et à s'offrir pour son grand rut de l'été. Une lune durant la belle va se donner sans retenue, de toutes ses pores de pierres, de toutes ses ruelles, de tous ses cloîtres, de toutes ses places, de tous ses patios mystérieux, de tous ses forums, de tous ses lieux scéniques à son dévorant amour estival : le Festival.

 

Troisième monument historique de la cité papale, après le célèbre Palais et le non moins fameux Pont-Saint-Bénézet, le Festival de théâtre - premier d'Europe - draine vers l'intérieur du collier de pierres blondes des remparts une foule cosmopolite et bigarrée d'artistes et de touristes, d'intellos et de clodos, de saltimbanques et de rêveurs, de poètes et de voleurs, tous attirés comme les éphémères par la flamme vers cette scène planétaire de l'illusion théâtrale, ce grand marché du rêve.

 

Acteurs et publics mêlés, le spectacle est partout. Avignon fait la fête, Avignon est la Fête.

 

Voici la Cour d'honneur, centre de gravité de la bourrasque festivalière. C'est en ce lieu fermé par les falaises minérales abruptes de la forteresse papale que tremblent et jouissent auteurs, metteurs en scène et acteurs. Là que se font et se défont les réputations. Là que l'aile de la grâce transforme de simples acteurs en monstres sacrés. Là que flotte la présence palpable des glorieux fantômes de Jean Vilar, de Gérard Philippe, de Daniel Sorano.

 

Voilà la Place de l'Horloge, tourbillon de couleurs et de bruits, forum grec où la cité festivalière joue, chante, danse, boit à longs traits des nectars odorants et capiteux sous l'ombre bruissante des platanes aux larges poitrails.

 

Enfin voici la ville entière dans toutes ses rues, ses places, ses venelles étroites, ses placettes. La cité est une énorme caisse de résonance où s'entrechoquent les musiques et les cultures, le drame et la comédie, le rire et les pleurs.

 

Les avignonnais ont une approche contradictoire de leur festival. Lorsqu'ils sont à l'extérieur de leur ville, ils ne tarissent pas d'éloge sur lui. Et à les entendre pérorer, tous ont bu le pastis avec Vilar, joué aux boules avec Philippe où mangé l'aïoli avec Darras. Ils sont fiers de ce monument virtuel même si beaucoup n'y mettent jamais les pieds. Mais pourtant, lorsque juillet annonce le grand chambardement, les avignonnais, en masse, fuient leur ville chérie, l'abandonnant pour une lune entière aux hordes lutéciennes et franchimanes, outre-quiévrines et bataves, albioniennes et tudesques, helvètes et transalpines, ibères et lusitaniennes, africaines et orientales, américaines et nipponnes. Ils retrouveront plus tard leur ville, cette somptueuse salope comblée, apaisée et fécondée par les semences mêlées de ses milliers d'amoureux de l'été.

 

Avignon, ma ville, aura, pour un temps, retrouvée son rang naturel de capitale.

 

L'espace d'un Festival.

 

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05/07/2016

Au bistro de la Toile : Bravo l'Islande !

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- Bravo l'Islande ! Olé pour les Islandais !

 

- Oh ! Victor, t'est devenu fouteux maintenant ?

 

- Je pourrais le devenir en voyant perdre avec panache ces coiffeurs, ces ouvriers, ces pêcheurs et autres dentistes islandais ne baissant jamais les bras devant les machines fouteuses bourrées de thunes des autres équipes de cet Euro de football. Mais si je suis un « fan » des Islandais, c'est pour autre chose Loulle, bien plus importante, pourtant illustrée à la marge par le comportement exemplaire tant des joueurs que des « supporters » de ce petit pays : le courage, l'imagination, la ténacité, la solidarité.

 

- Accouche.

 

- Eh bien, ce cailloux boréal juché sur des volcans, peuplé des descendants vikings d'Eric le Rouge, est un pays qui a su dire un retentissant MERDE aux banksters, MERDE au FMI, MERDE aux injonctions de la finance internationale.

Lors de la « crise » commencée en 2008, dans cette Islande laminée elle aussi par les banksters internationaux, le peuple a fait démissionner un gouvernement au grand complet. Les principales banques ont été nationalisées et il a été décidé, à l’issue de deux référendums, de ne pas payer la dette qu’elles avaient contractée auprès de banques en Grande Bretagne et en Hollande, dette générée par leur mauvaise politique financière. Et, cerise sur le gâteau, elle a mis en taule ces banquiers gangsters ainsi que quelques politicards complices !

Résultat, ce pays a renoué avec la croissance et les investisseurs se pressent à ses portes. De plus elle a proclamé une nouvelle constitution basée sur la démocratie la plus directe possible. Elle a été concoctée et rédigée par une Assemblée constituante de 25 citoyens élus au suffrage universel parmi 522 candidats ; elle se compose de 9 chapitres et de 114 articles ; elle a été adoptée en 2011. Cette Constitution prévoit un droit à l’information, avec un accès public pour les documents officiels (Article 15), la création d’un Comité de contrôle de la responsabilité du gouvernement (Article 63), un droit à la consultation directe (Article 65), un droit de veto sur les lois puisque 10 % des électeurs peuvent demander un référendum sur des lois votées par le Parlement, un droit d'initiative populaire puisque 2 % des électeurs peuvent soumettre une question au Parlement, etc. Cette constitution est véritablement révolutionnaire. Mais on n'en parle pas dans les me(r)dias. Trop dangereux, trop mauvais exemple. Vaut mieux exalter les fouteux !

 

- Continue, Victor, tu m'intéresses.

 

- Lorsqu’a éclatée la crise concoctée par les banksters étsuniens, en 2008, et contrairement aux autres nations européennes à plat ventre devant le FMI exigeant une austérité criminelle comme en Grèce, en Irlande, en Espagne, en Italie, l'Islande a choisi une autre voie. Les trois principales banques du pays, Glitnir, Landsbankinn et Kaupthing se sont effondrées, mais l’État islandais a refusé d’y injecter des fonds publics, comme dans le reste de l’Europe, et comme Sarko chez nous qui nous a fait les poches pour renflouer les banksters. Chez eux, au contraire l’État a nationalisé ces banques coupables.

Ce n'est pas tout. Par deux fois, en 2010 et 2011, un référendum est organisé pour demander au peuple s'il faut ou non payer la dette illégitime imposée au pays par les banquiers irresponsables. La réponse est évidement par deux fois NON. Et les responsables, banquiers et dirigeants marrons ont été mis en taule !

 

- Ouarf ! C'est des bons, de sacrés couillus ces Islandais !

 

- Tu l'as dit Loulle. Et ces remèdes de cheval ont porté leurs fruits : le pays est en pleine croissance, les investisseurs s'y pressent, le chômage est au plus bas et… ils dament le pion, balle au pied, aux plus grandes nations d'Europe.

 

- T'as raison Victor : vive les Islandais. Et pas seulement parce qu'ils jouent bien au foot

 

- Allez, Sköll ! A leur santé, et à la nôtre aussi.

 

Illustration : merci à Chimulus

 

03/07/2016

Ils ont censuré la chanson de Craonne !

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Je viens d'entendre sur France-inter que la « Chanson de Craonne » a été censurée au cours des commémorations de la pire boucherie de la « Grande guerre », la bataille de la Somme (500.000 morts dont 20.000 morts Britanniques le seul premier jour).

 

« Plus que les charges qui ressemblent à des revues, plus que les batailles visibles déployées comme des oriflammes, plus même que les corps à corps où l’on se démène en criant, cette guerre, c’est la fatigue épouvantable, surnaturelle, et l’eau jusqu’au ventre, et la boue et l’ordure et l’infâme saleté. C’est les faces moisies et les chairs en loques et les cadavres qui ne ressemblent même plus à des cadavres, surnageant sur la terre vorace. C’est cela, cette monotonie infinie de misères, interrompue par des drames aigues, c’est cela, et non pas la baïonnette qui étincelle comme de l’argent, ni le chant du coq du clairon au soleil ! » écrit Henri Barbusse dans « Le feu, journal d’une escouade ».

Eh oui, la guerre, ça pue le sang, la merde, la peur, la mort...

La guerre, c'est l'ombre omniprésente de la mort. De celle qu'on donne comme de celle qu'on redoute.

La guerre, ça sent la poudre qui excite, mais ça sent surtout la sueur aigre de la trouille, la merde du camarade qui se chie dessus, l'odeur doucereuse et écœurante du cadavre qui gonfle au soleil puis dont le ventre éclate, libérant la tripaille putride où grouillent les vers.

La guerre, c'est le désespoir du camarade touché et qui attend des secours qui ne peuvent venir.

La guerre, c'est l'égoïsme salvateur, primordial qui vous fait penser - lorsque votre voisin d'attaque tombe à côté de vous, haché par une rafale ou la tête explosée par une roquette – qui vous fait crier dans votre pauvre tronche: « ouf, c'est lui, c'est pas moi! »

La guerre, ce sont les cris de douleur du camarade touché, les hurlements et les sanglots, les aboiements somme toute rassurants de la vieille bête d'adjudant qui hurle ses ordres.

La guerre, l'embuscade, c'est le corps qui s'efforce de se rétrécir au delà du possible, qui voudrait s'infiltrer dans le plus petit interstice, qui voudrait se fondre dans la boue de la tranchée, la caillasse du djebel ou la vase de la rizière.

La guerre, ce sont les ongles qui se crispent sur la terre à chaque rafale qui vous cherche, qui va vous trouver. C'est la haine de l'autre, de celui qui veut votre peau. C'est le doigt qui ne relâche plus la détente de votre fusil dérisoire.

La guerre, c'est de la merde.

 

Pendant la grande boucherie 14-18, les profiteurs et fauteurs de guerre se la faisaient belle. Les grands boulevards de Paris affichaient une vie trépidante; les théâtres, les brasseries, les cafés concerts, les boites de nuits étaient pleins de fêtards…

 

Pendant que les Français Schneider, De Wendel et autres faisaient discrètement la bringue avec leurs homologues, rivaux et…amis allemands Krupp, Thyssen et autres fabricants de choses en aciers bien pointues, bien aiguisés, qui entrent dans les viandes, qui labourent les chairs, qui brisent les os, qui éclatent les crânes, qui arrachent les yeux, qui explosent en beaux feux d’artifices de mort, la France d’en-bas s’étripait avec l’Allemagne d’en-bas. Pour le plus grand profit des précédents.

 

La droite la plus bornée, la plus avide, la plus lâche se lâchait, se goinfrait, s’engraissait, se tapissait la tripe de sauces chaudes et onctueuses pendant que les « pauv’cons » et les « sans-dents » se faisaient trouer la viande. C’est cette même droite que l’on retrouvera parmi les vichystes, les patrons et les collabos en 40 pendant que les cocos, au coude à coude avec la droite républicaine gaulliste, se battaient. C’est cette même droite sans vergogne, cupide, inculte, avide, pleine de morgue, qui envisage sans vergogne de s’allier aux collabos du F.Haine

 

« La guerre est « l’art » de faire s’entretuer des gens pauvres, qui ne se connaissent pas, au profit de gens riches qui, eux, se connaissent… ». Cette maxime à la véracité sans cesse renouvelée à travers les époques a été superbement illustrée par cette chanson qui marque le désespoir, la résignation mais aussi la révolte de ceux qu’on envoyait à l’abattoir pour rien, sinon transcender la connerie humaine, seule approche que l’on puisse avoir de l’infini…

 

Alors la voilà la Chanson de Craonne, symbole de la révolte des « poilus » sacrifiés pour rien et osant le dire.

 

La chanson de Craonne

 

Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé

On va reprendre les tranchées,

Notre place est si utile

Que sans nous on prend la pile

Mais c'est bien fini, on en a assez

Personne ne veut plus marcher

Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot

On dit adieu aux civ'lots

Même sans tambours, même sans trompettes

On s'en va là-haut en baissant la tête

 

- Refrain :

Adieu la vie, adieu l'amour,

Adieu toutes les femmes

C'est bien fini, c'est pour toujours

De cette guerre infâme

C'est à Craonne sur le plateau

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

C'est nous les sacrifiés

 

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance

Pourtant on a l'espérance

Que ce soir viendra la r'lève

Que nous attendons sans trêve

Soudain dans la nuit et le silence

On voit quelqu'un qui s'avance

C'est un officier de chasseurs à pied

Qui vient pour nous remplacer

Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe

Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

 

- Refrain -

 

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards

Tous ces gros qui font la foire

Si pour eux la vie est rose

Pour nous c'est pas la même chose

Au lieu d'se cacher tous ces embusqués

Feraient mieux d'monter aux tranchées

Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien

Nous autres les pauv' purotins

Tous les camarades sont enterrés là

Pour défendr' les biens de ces messieurs là

 

- Refrain :

Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendront

Car c'est pour eux qu'on crève

Mais c'est fini, car les trouffions

Vont tous se mettre en grève

Ce s'ra votre tour messieurs les gros

De monter sur l'plateau

Car si vous voulez faire la guerre

Payez-la de votre peau

 

 

 

 

 https://www.youtube.com/watch?v=z-yRaEYQNQs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

02/07/2016

Ouiquinde érotique. Enfin c’est l’été. Au poil !

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Et voici revenu le temps des plages, le temps des belles alanguies sur le sable, dévoilant leur troublante quasi nudité. Et que remarque-t-on ? Le retour de la fourrure naturelle de nos compagnes, cette « touffe de noir Jésus » : le poil ! Enfin ! Des vedettes mondiales s’élèvent contre la dictature de la chatte rasée : Julia Roberts, Britney Spears, Drew Barrymore, Laetitia Casta, Kate Winslet reviennent, paraît-il, à la Nature ! Olé ! La victoire est en marche.

Foin de cette mode aux relents pédophiles qui transforment les femmes en petites filles aux allures d’actrices de films pornos, foin de ce diktat marketing de l’épilation à tous crins pour faire des jeunes des consommateurs moutonniers, foin de ces pseudos arguments d’hygiène imposant une aseptisation contre nature, le poil étant au contraire un rempart contre les invasions extérieures, un régulateur de la sudation, un terrain de sport pour les délicats morpions, un support pour les phéromones et les fragrances les plus intimes !

S’arracher des poils est bel et bien une mutilation, peu importe le prétexte : beauté (??), santé, soi-disant hygiène. S’arracher des poils ce n’est pas naturel, ça fait atrocement mal…

A quoi rime cette torture volontairement infligée ? La norme de beauté actuelle est d’être glabre. On est même en train d’essayer de ressembler à des œufs. Exit poils aux jambes, pubis, aisselles, visage, bras, tétons, ventre… Le poil n’est pas (plus) reconnu comme sexy... Or une femme belle et sexy est une femme qui n’a aucun complexe avec son propre corps. Elle dégage une violente attraction de par le bien-être qui émane d’elle. Alors « être femme » n’est-ce pas accepter le corps de la femme… Tout le corps ?

Refusons ce projet de société aseptisée, asexuée, faisant l’apologie des corps glabres, imberbes, lisses et profondément ennuyeux.

Refusons d’être pris pour des kons – le poil ça gratte, c’est sale, ça pue – les femmes n’ayant jamais eu de problèmes de cet ordre pendant des millénaires.

Vive le poil, le Poil, le POIL

 

Courbet lorigine du monde.jpg

 

Femme à poils

 

Rien n’est plus émouvant,

Rien n’est plus excitant

Rien n’est plus envoûtant

Qu’une bell' femme à poil

 

Sachez mesdemoiselles

Que pour le sensuel

Que pour le sexuel

Il faut avoir du poil !

 

Touffe noire

Ciboire

Touffe blonde

Profonde

Touffe rousse

Qui mousse

 

Écrin doux et soyeux

Du temple du désir

Toboggan broussailleux

Vers la grotte à plaisir

Le poil, le poil, le poil, le poiiiil

 

 

Photo X - Droits réservés

 

30/06/2016

Pendant le Brexit, les actes nuisibles de la Commission européenne continuent : le Glyphosate de nouveau autorisé.

 

 

Glyphosate.jpg

Au temps du désamour des peuples de l'Europe pour les institutions de l'U.E., désamour dramatiquement illustré par le Brexit, les responsables (??!!) européens, égaux à eux-mêmes, ont, sournoisement, toujours en loucedé, décidé de renouveler pour 18 mois l'utilisation du tant décrié glyphosate. ce poison reconnu mais...autorisé par l'U.E. On a échappé à son autorisation pour 15 ans comme le voulait Monsanto, mais c'est encore une fois une capitulation en rase-campagne (c'est le cas de la dire) des « zélites »devant les exigences du lobby des chimiqueurs.

Le lobby des empoisonneurs, très influent parmi les « on » qui décident pour nous, font la roue ( ! sonnante et trébuchante la roue ? Qui lo sa…) devant eux pour les séduire. Ca a failli marcher au mois de mars, mais une vague citoyenne a fait réfléchir les députés qui étaient prêts à donner quinze années supplémentaires d'autorisation d'utilisation de la molécule maudite. Ils ont alors repoussé leur décision plusieurs fois leur décision tout en laissant lrd produits en vente. Et maintenant, en pleine crise du Brexit, ils autorisent le glyphosota pour encore un an en demi, etplus si affinité.

Cette substance, que l'on retrouve dans l'herbicide RoundUp de Monsanto, a pourtant été classée cancérogène "probable" par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2015. Classement que réfute en bloc l'Autorité européenne de la sécurité des aliments (AESA) – chargée de veiller sur notre santé !!! - affirmant qu'au contraire la substance ne serait probablement pas cancérogène. Même l'OMS, travaillée au corps par les lobbies, remet en doute son précédent avis.

On assiste à un cas flagrant de prise de pouvoir des multinationales aux dépens de notre santé. En effet, la ré-autorisation proposée à Bruxelles, se base sur des évaluations fournies par la Glyphosate Task Force (GTF - groupe de travail sur le glyphosate), un consortium d'entreprises de l'agrochimie auquel appartient -- avec d'autres géants de l'agrochimie -- Monsanto. Quelle bonne surprise !

Le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) avait classé le glyphosate comme cancérogène "probable" en mars 2015 suite à la réunion d'un comité de 17 experts scientifiques indépendants ayant étudié pendant plus d'un an 260 études menées aux États-Unis, en Suède et au Canada depuis 2001. En d'autres termes, une classification prise au sérieux et basée sur des données scientifiques solides.

Monsanto, qui accuse le CIRC d'avoir écarté de son évaluation les études commissionnées par les industriels de l'agrochimie, ne dit pas toute la vérité. Comme le rappelle Kathryn Guyton, directrice de recherche au CIRC, les recherches menées par les industriels comme Monsanto n'ont jamais été publiées publiquement et n'ont donc pas pu être évaluées par les chercheurs indépendants.

A l'heure du rejet des institutions européennes par les populations, cette décision donne une fois de plus l'image désastreuse d'institutions européennes au service des multinationales et de la finance. Une occasion manquée de donner le signal d'un changement de comportement. Leur argumentation : les Etats membres ne parvenant pas à s'entendre sur la prolongation d'autorisation du glyphosate, la Commission lui accorde un nouveau délais de 18 mois… 18 mois de pression de Monsanto et des lobbies de l'agro-business.

Difficile de faire plus cynique et plus irresponsable.


Photo X - Droits réservés

27/06/2016

Au bistro de la toile : « Si le peuple vote mal, il faut changer le peuple » !

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- Alors Victor, il s'en passe des choses en ce moment ! C'est la valse des élections, chez les Rosbifs, chez les Espanches et même chez les Bretons… Et les électeurs ne votent pas « comme il faut » me semble-t-il !

 

- Parlons de chez les Rosbifs. Le peuple s'est exprimé. Et qu'est-ce qu'on entend dans toutes les machines à bruit, qu'est-ce qu'on voit sur toutes les lucarnes à décerveler ? Des interviews des perdants, des bobonimenteurs pourrissant la « stupidité » de cette populace qui n'a pas voté « comme il faut » ! On n'entend que ça. Et on met en avant une vague pétition réclamant rien moins...qu'un niveau référendum ! Et on fait parler des « brexiteurs » qui disent regretter leur vote.

Et l'on parle d'un pays qui se réveille comme après une grosse cuite. Et l'on oppose le vote des gens éduqués, aisés, propres sur eux de Londres aux ploucs puants de la gueule de la cambrousse qui ont voté contre le maintient dans cette Europe des banksters. Salaud de peuple va ! « Si le peuple vote mal, il faut changer le peuple » qu'il a dit un jour Berthold Brecht !

 

- S'il y avait un référendum en France, le résultat serait le même que chez les Rosbifs : il y a un rejet général de L'Europe telle qu'elle nous est infligée.

 

- « Infligée ». T'as trouvé le bon mot Loulle. Cette Europe qui nous est infligée par des traités scélérats n'est plus celle qui nous a tant fait rêver. Cette formidable utopie qui nous a amené la paix en nous réconciliant avec les Allemands a failli réussir. Et elle peut réussir maintenant qu'elle est débarrassée des Britanniques qui ont tout fait pour la casser.

 

- Aussi, pourquoi les avoir fait entrer les British ?

 

- Parce que les Etasuniens l'ont imposé. Faisons un petit retour en arrière. Á l'époque de la création du Marché Commun, la Grande-Bretagne a tout fait pour le contrer, notamment en créant parallèlement une « zone de libre- échange » avec quelques pays de l'Europe du Nord. Mais les milieux d'affaires britanniques, assistant impuissants au rapide développement économique du Marché Commun sans en profiter, ont poussé les politiques à demander leur adhésion.

De Gaulle – qui les connaissait bien - s'est en son temps farouchement opposé à leur entrée, en 1963 puis en 1967. Pour des raisons stratégiques : il avait compris que la Grande-Bretagne serait le cheval de Troie des États-Unis. Ce en quoi, là encore, sa vision était pertinente. Mais Rothschild-Pompidou, à la solde la City de Londres, leur ouvrit les portes et, après deux ans de négociations, la Grande-Bretagne adhéra à l'Europe en 1972, amenant dans ses bagages l'Irlande et le Danemark.

La Grande-Bretagne s'est tout de suite opposé à la seule réalisation européenne tangible, la politique agricole commune. Et le bordel européen a commencé... Souvenons-nous de la Thatcher réclamant, telle une virago : « I want my money back ! » Et obtenant un chèque annuel de restitution de tout ce que la Grande-Bretagne verse au budget de l'Europe. Et ça dure toujours !!! De même, Thatcher s'opposa aux tentatives de Jacques Delors d'avancer vers une certaine fédéralisation, vers une Europe intégrée d’États-Nations.

De tous temps, lorsqu'elle met le pied dans une organisation, la Grande-Bretagne n'a qu'une chose en tête : la dominer et la façonner selon ses seuls intérêts ou sinon la faire capoter. Le premier terme de l'alternative n'étant pas réalisable, il fallait donc couler l'Europe, la faire échouer en tant que puissance politique, diplomatique, militaire. Ceci évidemment en étroite concertation avec les États-Unis.

 

- Comment ?

 

- D'abord en poussant à un élargissement sans frein, et le plus rapidement possible. Et ça a été l'intégration catastrophique de tous les pays de l'Est... 28 États dans une organisation où les décisions se prennent à l'unanimité ! Un « machin » rigoureusement ingouvernable, donc paralysé. C'est ce qui se passe actuellement.

Ensuite freiner, par tous les moyens, toute avancée vers une plus grande intégration fédéraliste.

Puis influer pour ouvrir cette Europe passoire à tous les vents d'une « mondialisation » façonnée par et pour les États-Unis (et leur cheval de Troie britannique).

Puis vint Maastricht et la création de l'Euro. Ce sont les Britanniques qui ont lutté farouchement, et avec succès, pour que la fiscalité et le social soient exclus des lois communes européennes. C'est donc à eux que l'on doit la concurrence sauvage entre pays vers le moins-disant fiscal et social. C'est à cause d'eux que des pays sans scrupules comme le Luxembourg et les Pays-Bas ont mis au point des mécanismes exploitant cette faille et livrent l'Europe aux appétits sans frein des multinationales. C'est à cause d'eux que celles-ci ne paient pas d'impôts.

Quant à l'euro, non seulement ils n'y sont pas entré, mais ils en profitent outrageusement grâce à la puissance financière de leurs nid de banksters qu'est la City…

 

- Il faut en revenir aux pays fondateurs. D'ailleurs ça bouge. Les six fondateurs discutent ensemble pour un nouveau départ.

- Il serait temps. Mais attention à l'Allemagne qui est liée « à l'insu de son plein gré » aux Etats-Unies. La fable qui nous est racontée – en France essentiellement, et dans le but de manipuler mentalement nos seuls compatriotes – serait que le « couple franco-allemand » constituerait l’axe fondamental de la stratégie internationale des deux États, et la clé de voûte de la « construction européenne ».

Pourtant le traité de l’Élysée signé par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer le 22 janvier 1963 fut entièrement dénaturé, 5 mois après, par un fameux « préambule interprétatif » voté sans crier gare par le Bundestag allemand le 15 juin 1963 au moment de sa ratification.

Ce « préambule interprétatif » réintroduisit unilatéralement, sans l’accord de la France, tous les éléments que Charles de Gaulle avait justement délibérément exclus du traité, dans l’objectif de desserrer les liens entre l’Allemagne et les États-Unis afin de soustraire l’Europe à l’hégémonie américaine.

Les députés allemands, dûment chapitrés par les émissaires de Washington, insistèrent donc dans ce « préambule interprétatif » – qui devrait plutôt être qualifié de « préambule destructeur » http://www.assemblee-nationale.fr/14/evenements/50-ans-tr...

 

- Ouais. On comprend mieux l'attitude de Frau Merkel qui freine des quatre fers pour dégager le Royaume-Uni rapidement de l'Europe, selon le souhait de ses électeurs. Barrack « Blackbush » Obama a dû lui passer un coup de fil lui rappelant sa vassalisation signée vis-à-vis des USA !

 

- Exact. Avec la défection des Rosbifs, elle perd un allié ultra-libéral de taille et se retrouve seule face à la France plus ou moins soutenue par les pays du Sud plus qu'irrités par les diktats allemands et pour lesquels l'Europe sociale et politique compte plus que l'économie austéritaire à la Wolfganf Schäuble.

- « Ouate Inde scie »… Allez, à la nôtre.


Illustration:merci à Chimulus

09:48 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : europe

26/06/2016

Gastronomie dominicale : le Brexit Pudding

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Pas moyen d’y couper, tous les médias s’excitent

Autour de ce bonheur issu de leur « Brexit »

Moi, j’aime le Rosbif bien rouge et bien saignant !

J’ai connu Margaret, dont le corps enseignant

M’a donné quelques cours d’amour et de…cuisine !

Voici une recette venue de ma copine :

 

— Nous avons, nous aussi, dans la vieille Angleterre

Quelques spécialités, au plan alimentaire.

Celle que nous aimons, celle qui nous rend dingue

Même avec le « Brexit »: c’est Le Royal pouddingue !

Un gâteau bien épais, bien lourd, poisseux et gras,

Qui envahit la bouche et cale l’estomac !

Je vais vous révéler, peuplades autochtones

Le secret de ce savoureux joyau de la Couronne.

Allons. Listen to me ! Et prenez tous des notes

Pour goûter aux plaisirs de mes compatriotes.

Demander au boucher deux gros rognons de bœuf…

— Eh ! Oh ! Arrêtez-là ! Allez chercher les « keufs » !

Rien que d’entendre ça, j’ai la cervelle molle !

Margareth, ton pudding, c’est de la vache folle ?

— …Vous en ôtez la graisse et vous la moulinez

Avec du vieux pain sec de Guinness imbibé.

Hachez grossièrement des raisins de Corinthe,

Des écorces confites d’orange et coloquinte.

Dans une grande jatte, ajoutez la farine,

Des fruits confis hachés, un peu de gélatine,

Amandes effilées, sucre roux et mélasse…

— Arrête Margareth ! C’est trop, c’est dégueulasse…

— …Muscade râpée fin, gingembre, et cannelle

Vous mouillez à la bière, cognac, un peu de sel.

Travaillez à la main cette pâte onctueuse…

— Margot ! Ça ira mieux avec la bétonneuse !

— …Vous couvrez votre jatte et laissez reposer,

Huit à dix jours au moins. Chaque jour, malaxez !

— Margareth, maintenant, il te faut nous instruire :

Ce plat, tu nous le fais pour manger…ou construire ?

— …Au bout de tout ce temps, mettez des œufs battus…

— C’est pour améliorer ton tas de détritus ?

— …Beurrez soigneusement une grande terrine

Saupoudrez-là ensuite avec de la farine,

Vous y versez la pâte et vous la tassez bien…

— C’est du béton vibré, ou je n’y connais rien !

— …Enveloppez le tout avec un grand torchon

Dont vous nouerez les coins tout comme un baluchon

Plongez alors le tout dans un pot d’eau bouillante

Laissez cuire cinq heures dans cette eau frémissante.

— Tu rajoutes une pierre de margelle du puits,

Quand le caillou est tendre, Eh ! Le pudding est cuit !

— Retirez le pudding et laissez-le tiédir

Puis vous le retournez sur un plat à servir,

Nappez de sucre roux et flambez au Cognac

Au rhum brun de Cuba  ou au vieil Armagnac,

Et alors, n’en déplaise à ce vieillard maniaque

Vous aimerez, je crois, les goûts de l’Union Jack !

 

VictorAyoli

 

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25/06/2016

Ouiquinde érotique avec Paul Verlaine

 

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Ouverture



Je veux m'abstraire vers vos cuisses et vos fesses,
Putains, du seul vrai Dieu seules prêtresses vraies,
Beautés mûres ou non, novices et professes,
Ô ne vivre plus qu'en vos fentes et vos raies !

Vos pieds sont merveilleux, qui ne sont qu'à l'amant,
Ne reviennent qu'avec l'amant, n'ont de répit
Qu'au lit pendant l'amour, puis flattent gentiment
Ceux de l'amant qui las et soufflant se tapit.

Pressés, fleurés, baisés, léchés depuis les plantes
Jusqu'aux orteils sucés les uns après les autres,
Jusqu'aux chevilles, jusqu'aux lacs des veines lentes,
Pieds plus beaux que des pieds de héros et d'apôtres !

J'aime fort votre bouche et ses jeux gracieux,
Ceux de la langue et des lèvres et ceux des dents
Mordillant notre langue et parfois même mieux,
Truc presque aussi gentil que de mettre dedans ;

Et vos seins, double mont d'orgueil et de luxure
Entre quels mon orgueil viril parfois se guinde
Pour s'y gonfler à l'aise et s'y frotter la hure :
Tel un sanglier ès vaux du Parnasse et du Pinde.

Vos bras, j'adore aussi vos bras si beaux, si blancs,
Tendres et durs, dodus, nerveux quand faut et beaux
Et blancs comme vos culs et presque aussi troublants,
Chauds dans l'amour, après frais comme des tombeaux.

Et les mains au bout de ces bras, que je les gobe !
La caresse et la paresse les ont bénies,
Rameneuses du gland transi qui se dérobe,
Branleuses aux sollicitudes infinies !

Mais quoi ? Tout ce n'est rien, Putains, aux pris de vos
Culs et cons dont la vue et le goût et l'odeur
Et le toucher font des élus de vos dévots,
Tabernacles et Saints des Saints de l'impudeur.

C'est pourquoi, mes sœurs, vers vos cuisses et vos fesses
Je veux m'abstraire tout, seules compagnes vraies,
Beautés mûres ou non, novices ou professes,
Et ne vivre plus qu'en vos fentes et vos raies.

 

Paul Verlaine

 

 

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