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16/08/2017

Au bistro de la toile : des œufs au fipro quoi ? Fipronil...

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- Allo. Salut Victor. Toujours dans tes Hautes Terres je vois. Quoi de neuf ?

- Hier j’ai mangé l’omelette aux girolles, puis les tripoux avec l’aligot. Le matin il fait entre 6 et 10° et on dort bien.

- Une omelette ? Avec des œufs ? T’as pas peur du Fipronil ?

- Ici, les œufs, c’est la voisine, Marguerite, qui me les apporte, direct du cul de ses poules. Des gallines qui cavalent partout, taquinent le ver de terre, coursent la sauterelle et se gavent de salade des champs. Le Fipronil, rien à foutre ! Mais ce truc à la kon montre les ravages de l’industrialisation de l’agriculture, poussant dehors les paysans pour les remplacer par des « exploitants agricoles » formés par les écoles d’agriculture, conditionnés par les chambres d’agricultures et dont la FNSEA bourre le crâne du grand credo ultralibéral de l’agriculture productiviste. Produire toujours plus, mais surtout au prix le plus bas. Tout cela pour satisfaire non pas le client, le consommateur, mais pour conforter les dividendes de la grande distribution, dictatoriale en la matière.

- Ouais mais ici, comment tu fais pour acheter des œufs disons « fiables ». Comment tu fais ici ? En ville, on n’a pas le cul des poules de Marguerite sous la main…

- Les œufs, je les achète au marché, à « Madame Teuf » comme je l’appelle. Une adorable fermière qui nous apporte chaque semaine la production de ses poules, pondue de la veille. Pour te dire que si on veut, on trouve.

- Ouais mais si on n’a pas le temps, on va au supermarché, et on prend ce qu’on trouve. Et puis, Victor, faut donner aux choses l’importance qu’elles ont : il faudrait manger 10 œufs par jour pour être intoxiqué par ce pesticide à la kon. On en est loin.

- Peut-être pas si loin que ça Loulle. Les œufs sont partout dans la bouffe actuelle. Dans les pâtes, dans la pâtisserie, dans les glaces, etc. Fait le compte, t’arriveras vite à tes dix œufs trafiqués. Et puis il y a autre chose. La prétendue faible toxicité pour l’homme de ce pesticide, c’est prôné par qui ? Par les « zautorités » compétentes, c’est-à-dire notre ministre de l’agriculture calquant son attitude sur celle de la Commission de Bruxelles. À noter que, dans un premier temps, les médias « mène strime » montraient des cartes avec la France épargnée ! « Pellerin, sort de ce corps ! » Comme au temps de Tchernobyl, le Fiponil s’était arrêté aux frontières ! Mais ça n’a pas duré. Faut savoir aussi que l’un des premiers « spécialiste autorisé » à avoir largement minimisé les effets néfastes de cette merde, c’est un très éminent toxicologue anglais, le Pr Bobbis clamant que ces doses étaient totalement inoffensives. Il faut savoir que ce type est vice-président du conseil d’administration de ILSI Europe, un puissant lobby étasunien dédié à la « sécurité alimentaire », mais qui est financé par Monsanto, Cargill, Danone, Coca Cola, Procter and Gamble, Syngenta, Nestlé et autres. Et ce puissant lobby noyaute à outrance l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA)… À savoir encore que ce type a aussi efficacement défendu les perturbateurs endocriniens, dont le glyphosate de Monsanto. Voilà le genre de pèlerin auquel on se fie…

- Mouais… Ça va foutre en bas encore quelques entreprises agricoles…

- Si ce sont des marchands de merde, tant mieux si elles disparaissent. Le populo semble enfin prendre conscience de sa puissance : c’est lui qui sort ses sous ! Donc il doit pouvoir choisir. D’où le développement du bio (encore que… depuis que c’est un créneau juteux et que la grande distribution s’en mêle, faut être dubitatif). Le (pas si) con-sommateur cherche de plus en plus les produits locaux, privilégie les circuits courts et se méfie du bourrage de crâne.

- Ouais. Ça, c’est pour ceux qui ont le temps et quelques moyens, les autres, ceux qui triment pour une poignée de figues quand ils ont un boulot ou survivent avec les minima sociaux, ceux-là, ils vont dans les grandes surfaces et achètent toujours le moins cher, donc toujours de la merde…

- Et ouais Loulle. Allez, je te laisse. Paie une tournée sur mon compte.

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

15/08/2017

« Il est encore fécond le ventre de la Bête ».

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Le Mémorial d’Eygalayes dans la Drôme, en mémoire de 35 maquisards massacrés en 1944, a été pour la seconde fois victime de dégradations cette année. Ce monument rappelle le massacre du 22 février 1944. Cet hiver-là, 35 maquisards du Maquis Ventoux - installés depuis décembre 1943 à Izon la Bruisse, près du village de Sèderon, dans la Drôme, près du Ventoux - étaient assassinés par surprise par les nazis, sur dénonciation de miliciens français, par une troupe allemande partie d’Orange avec un fort groupe de Français engagés volontaires dans l’armée allemande. Ces maquisards étaient Français pour la plupart, surtout de la région provençale, mais aussi de St Nazaire, de la Moselle, de Montpellier et de Paris. Il y avait aussi deux Allemands israélites, un Roumain israélite, deux Polonais israélites, des Italiens et des Espagnols.

Derrière ces exactions, il y a ce renouveau de l’extrême droite, des groupuscules qui rêvent de « réveiller la bête ».

Derrière ce monument profané, il a des hommes qui avaient pris les armes contre l’occupant en des temps tragiques où il était plus tentant de « faire du marché noir » que de risquer sa peau.

Leur peau, ils l’ont laissée ces héros de l’ombre. Je vais vous en raconter l’histoire. Je la tiens personnellement de la bouche même du seul survivant de ce massacre, Laurent Pascal, maintenant disparu, en mémoire duquel l’association Mémoire Résistance des Hautes Baronnies va en septembre inaugurer le « Sentier de la Liberté-Laurent Pascal ».


Écoutons Laurent Pascal, « Rolland » de son nom de maquis:

 

« Il est environ 13 heures. Un beau soleil fait scintiller la neige autour de nous.

Un soleil menteur…

- Vous quatre là. Avancez. Allez ! Plus vite que ça !

Ce sont ceux qui se trouvent du côté d’Eygalayes. Je me trouve moi-même à l’autre extrémité de la colonne. Ils partent derrière le bâtiment. Nous ne voyons pas ce qui se passe mais nous entendons une première, puis une seconde rafale de mitraillette : les quatre premiers fusillés d’Izon viennent d’être abattus…

Le premier tueur, un milicien, un Français comme nous, sa sale besogne terminée, revient. Un autre "prend livraison" des quatre victimes suivantes, toujours à partir de l’autre bout de la colonne. Il les conduit derrière la ferme en passant par l’angle Ouest alors que les premiers étaient passés par l’angle Est.

Rafales…

Mes camarades, pétrifiés mais courageux, attendent la mort…

Les bourreaux, se remplaçant, alterneront ainsi côté Est et côté Ouest jusqu’aux quatre derniers : le Toubib, un jeune homme de Saint-Auban, un autre jeune et moi.

C’est notre tour…

Nous savons parfaitement ce qui nous attend. Les rafales de mitraillettes et les plaintes de nos camarades ne nous laissent aucun doute sur ce qui se passe derrière la ferme.

Je suis pourtant étonnamment lucide. Crever pour crever, je ne vais pas me laisser tuer comme un mouton. Je suis décidé à tenter ma chance.

Le milicien dont c’est le tour de nous conduire au massacre, un homme d’une quarantaine d’années, nous fait passer devant lui. Je l’observe en marchant. Il n’est pas très à l’aise me semble-t-il. Arrivé au coin de la ferme, j’aperçois les cadavres ensanglantés de mes camarades étendus dans la neige. Le Toubib, qui est derrière moi, a compris que je veux tenter quelque chose.

Je regarde une dernière fois le tueur, puis mes camarades morts. Le Toubib se rapproche de moi et me souffle :

- « C’est le moment. Vas-y ! »

Je me rue en avant. J’ai le temps d’entendre mon copain Blanchet, abattu mais pas encore mort me crier : « Merde ! Rolland. » C’était son vœu de bonne chance. Un cri qui me va droit au cœur et me donne des ailes. Je cours de toutes mes forces. C’est un pré nu et plat, sans le moindre obstacle. Il y a bien une rangée de pommiers en contrebas, mais je préfère foncer droit devant moi.

Les souliers de Toto - que j’ai maudit ce matin - me serrent et tiennent bien à mes pieds malgré l’absence de lacets. Une chance. J’entends le bruit sec des mitraillettes et des fusils. Les balles sifflent autour de moi, ricochent en miaulant sur des rochers… J’ai environ 400 mètres à parcourir, à découvert, dans la neige.

Les premiers instants de surprise passés, tous les boches et les miliciens, qui attendaient, décontractés, que le massacre fut terminé, réagissent et me tirent comme un lapin. J’entends des éclats de voix, des ordres aboyés en allemand. Je perçois des éclatements de grenades autour de moi…

Je ne pense à rien. Je fonce, je fonce…

Cette course éperdue dure environ une minute. Il me semble que je n’arriverai jamais au bout du champ. Mon cœur bat la chamade, mais j’ai conscience que j’ai la joie de le sentir battre !

J’arrive au bout du champ. Je saute un petit mur qui me met provisoirement à l’abri des tirs de mes poursuivants. J’ai la présence d’esprit de ruser pour les égarer : je fonce ostensiblement en direction du village, puis, en me baissant, je remonte dans mes traces et fonce vers la montagne, en direction opposée.

La ruse a pris : les Boches se ruent vers la route. Ils me chercheront tout d’abord en direction de Séderon, me laissant quelques précieuses minutes de répit. Maintenant à couvert, je grimpe à toutes jambes les premiers escarpements au-dessus d’Eygalayes. Je passe devant une ferme. Le paysan, qui a assisté impuissant à la fusillade de la fenêtre de sa chambre, craint que je ne m’arrête chez lui. Je n’en ai pas la moindre intention et je le lui dis.

À ce moment-là je me considère comme presque sauvé. J’ai en tout cas gagné la première manche. Je connais parfaitement la montagne, je suis jeune, fort et entraîné. Et puis j’ai ma peau à sauver… »

Laurent Pascal la sauvera sa peau. Il sera le seul… Il pense qu’il doit la vie à son camarade « le Toubib », plus âgé et moins leste que lui, qui l’a suivi dans sa course et lui a servi – volontairement et en toute connaissance de cause, pensait-il - de bouclier vivant contre les balles des tueurs.

 

Illustration X – Droits réservés

13/08/2017

Ouiquinde gastronomique corse

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Regina


C'est à Porto Poli, près de Pila Canale

Que vivait Regina sur sa Corse natale

Les pouristes n’avaient pas encore envahis

Les criques parfumées de ce si beau pays

 

Je plongeais au corail et chassais la girelle

Dans la mer cristalline ou bien sous les tonnelles

De la guinguette bleue où, aux parfums du soir,

La jeunesse dansait quand chantaient les guitares.

 

Moi j’avais dix-huit ans, elle tout juste seize

Je sentais contre moi frémir son corps de braise

Elle m’a serré fort quand je l’ai caressée,

 

J’ai plongé dans ses yeux et je l’ai embrassé.

Le lendemain matin, c’était une autre affaire 

Quand ses frères m’ont dit : “ Qu’est-ce que tu comptes faire ? ! ”

 

 

- Bon. Et alors, Victor ! Franchement, qu’as-tu fait ?

- Ils n’étaient pas méchants, ils voulaient m’esbrouffer,

Ça m’a coûté plusieurs tournées de Casanis

Si bien qu’en rien de temps, nous étions des amis.

Je suis allé chez eux et nous avons mangé

Ce que j’avais pêché : de superbes rougets.

Le père était pêcheur et s’appelait Toussaint,

Il a fait les rougets à la crème d’oursins.

Tu comptes deux poissons moyens par invité,

Alors, par les ouïes, il te faut les vider,

C’est assez délicat mais c’est indispensable,

Avec un peu de soin, tu en seras capable.

Tu vas les écailler, les rincer, les sécher,

Dans un plat les saler, poivrer et asperger

D’huile d’olive corse et puis les oublier

Pendant trente minutes, au frais, dans le cellier.

Pendant ce temps, petit, tu prépares ta farce

Tout en buvant un coup avec quelques comparses.

Un peu de mie de pain humectée dans du lait,

Des feuilles de myrte fraîches finement ciselées,

Sel, poivre, jaune d’œuf, du beurre ramolli,

Gousses d’ail écrasées comme pour l’aïoli,

Tu pistes bien le tout dans le creux d’un mortier

Met de l’huile d’olive et tourne pour lier.

Avec cet appareil, tu farcis tes poissons,

Toujours par les ouïes, c’est la seule façon.

Place chaque rouget sur un papier d’alu,

Saupoudre avec du sel et du poivre moulu,

Ferme tes papillotes, glisses-les sous la cendre

Chaude mais pas brûlante. Dessus tu vas répandre

Des braises rougeoyantes avec la pince en fer.

Laisse-les comme ça, un quart d’heure, sans t’en faire.

Pendant ce temps, occupe-toi de tes oursins.

Tu les ouvres au ciseau, pas comme un assassin,

Bien délicatement tu en sors le corail,

Tu récupères l’eau ainsi que la mouscaille

Qu’il te faudra filtrer finement au chinois,

Un peu d’huile d’olive et du beurre une noix,

Tu mélanges le tout et fouettes vivement

Afin d’émulsionner ces quatre ingrédients.

Tu sers tes papillotes ouvertes sur l’assiette,

Et nappes avec ta crème d’oursins à peine tiède.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :


Pour les poissons et leur farce:

- 12 rougets de roche vidés par les ouïes, - 2 douzaines de feuilles de myrtes fraîche (à défaut prenez du basilic), - 3 jaunes d'œuf, - gros comme un œuf de beurre ramolli (sorti du frigo une heure avant), - de la mie de pain humectée de lait (la valeur d'un bol), - 3 gousses d'ail, - 3 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - sel, - poivre.

Pour la sauce:

- 3 douzaines d'oursins, - 1 cuillerée à soupe d'huile d'olive, - 1 noix de beurre ramolli.

 

Les vins conseillés:

Les vins corses sont évidemment idéaux pour cette recette insulaire. Rosés Patrimonio, de Figari, d’Ajaccio, rosés de la côte orientale. Mais les Côtes-du-Rhône blancs et rosés accompagnent à la perfection ce plat souriant, parfumé, velouté au palais: Faucon, Vinsobre, Cairanne, Puyméras, Richerenches, Rousset-les-Vi­gnes, Villedieu, Visan, Beaumes-de-Venise, Camaret, Séguret, Cornillon, Vénéjean, St-Paulet-de-Caisson, St-Michel-d'Euzet, St-Étienne-des-Sorts, Montfrin, Pujaut, Saint-Hilaire-d'Ozilhan.

En vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian bien sûr, Faugères, Maury, Fitou.

En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, La Cadière-d'Azur, Coteaux-d'Aix-en-Provence, Bellet.

 

 

Photo X – Droits réservés

12/08/2017

Ouiquinde érotique avec Albert Patin

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Les souvenirs

Combien j'ai douce souvenance
De nos amours, ô ma Clémence,
Ces jours à jamais effacés,

J'y pense,

Où sont nos coïts insensés

Passés !

 


Te souvient-il lorsque ma pine,
Luxurieuse et libertine,
Entre tes lèvres se glissant,

Coquine

Tu me suçais en rougissant

Souvent ?

 


Dis-moi, te souvient-il encore
De ces caresses que j'adore :
Ma langue avide en frémissant

Dévore

Ton clitoris rose et dardant

Son gland.

 


Te souvient-il du tour agile
De notre tête-bêche habile,
Quand ma langue, du cul au con,

   Docile,

Répondait à ton postillon

    Mignon ?

 


Te souvient-il de ta sœur Luce
Qui me branlottait le prépuce,
Tandis que toi, tu lui mettais

En puce

Ta langue au con et lui faisais

Minet ?

 


Oh ! qui nous rendra nos foutries,
Nos jouissances, nos orgies ?
Oh ! qui nous rendra ces amours

     Jolies

Qui doraient nos nuits et nos jours

Toujours !

 

 

Albert Patin de la Fizelière

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

 

10/08/2017

Donald. Kim. BOUM ??????

 

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L’intérêt de l’arme nucléaire réside dans le fait que c’est une assurance vie : celui qui la possède ne risque pas d’être attaqué, parce que, même s’il est plus faible que l’adversaire éventuel, il pourra, en représailles, infliger à celui-ci des pertes incommensurables. C’est le terrible « équilibre de la terreur ». Mais encore faut-il que cet équilibre repose sur des décisionnaires finaux sains d’esprit. Ce qui ne semble pas être le cas concernant tant le Donald que le Kim…

Obama a eu le courage d’aller affronter le regard des gens de Hiroshima. Son successeur, Trump, entre en compétition d’hyper konnerie avec Kim Jong je ne sais plus quoi, enfin Kim Féchié, l’autre taré de Corée du Nord. Pour aider ces deux docteurs Folamour à prendre conscience de ce à quoi ils risquent de plonger le monde, rappelons-leur ces minutes parmi les pires que l’Humanité ait connues.

Saluons au passage la chaîne Arte qui a diffusé un documentaire édifiant sur la véritable histoire de Hiroshima.

Il faisait un grand soleil ce matin-là sur Hiroshima. Yoko venait juste de prendre son service à l’hôpital Shima, en plein centre-ville. Ouvrant en grand les fenêtres du dortoir des contagieux, elle laissa aller un regard sur la ville puis, entendant un bruit d’avions, elle leva les yeux vers le gouffre du ciel. Un dernier regard… Alors, de la voûte azurée des cieux fondirent sur sa ville, en une explosion de mille soleils, les chevaux de l’apocalypse…

Dans le ciel radieux de ce 6 août 1945 autour de huit heures du matin, trois bombardiers américains B-29 Superfortress arrivaient sur la ville. « Enola Gay », « The great Artist » et « Necessary Evil ». Ils étaient partis vers 2 h 45 de l’île Tinian, occupée par les forces américaines, dans le Pacifique. Aux commandes du premier appareil, un solide gars de l’Illinois, Paul Tibbets, 40 ans. C’est lui qui avait baptisé son bombardier du nom de sa mère. Ça porte bonheur disait-il… Ça dépend pour qui. Dans sa soute : « Little Boy »… Un « petit garçon » ventru que le capitaine William Parsons arma précautionneusement dans l’heure suivant le décollage…

A 8 h 15, les trois appareils arrivèrent à la verticale de l’hôpital Shima, à un peu moins de 10 000 mètres d’altitude. Les équipages avaient chaussé des lunettes de précaution spéciales. Pour un dernier regard…

A 8 heures 16 minutes et 2 secondes, « Little Boy » était largué. Le « petit garçon » brillant fonça vers le sol. 43 secondes de chute puis des capteurs d’altitude et d’autres dispositifs automatiques déclenchèrent la mise à feu, à 580 mètres d’altitude.

Dans les premières microsecondes, l’énergie libérée par la réaction nucléaire se fit essentiellement sous forme de rayons γ et de neutrons. Ces rayonnements étant absorbés par l’air en quelques mètres, un dégagement de chaleur eut lieu, la température dépassant localement le million de degrés Celsius. Cet air surchauffé forma alors une "boule de feu" (masse sphérique de gaz incandescents) de quelques dizaines de mètres. Se comportant comme un corps noir, elle émit un rayonnement thermique intense, d’abord sous forme de rayons X. L’atmosphère étant peu transparente à ces derniers, ils furent réabsorbés en quelques mètres. Dans les millisecondes qui suivirent la boule de feu se dilata et se refroidit. Son rayonnement thermique « glissa » vers l’ultraviolet, la lumière visible et l’infrarouge. L’air étant transparent à ces longueurs d’onde, le rayonnement thermique put alors se propager à plusieurs dizaines de kilomètres. En quelques secondes, la boule de feu qui continuait de se refroidir atteignit son diamètre maximal — autour de 2,2 km en 10 secondes pour 1 Mt. Cette dilatation ayant lieu initialement à vitesse supersonique, elle généra une onde de choc suivie d’un effet de souffle. Par convection, la boule de feu s’éleva rapidement du fait de sa chaleur. En se refroidissant, elle cessa d’émettre de la lumière visible et donc cessa d’être incandescente. L’explosion généra d’énormes quantités de vapeur d’eau, de poussières et de débris qui se condensèrent, formant le sommet du sinistre champignon atomique. Il atteignit la stratosphère, à environ 20 km d’altitude et s’écrasa horizontalement sur quelque 35 km de diamètre…

Au sol, là où était quelques secondes plus tôt la ville de 350 000 habitants, de dessous une lourde dalle, un gros scorpion sortit, queue recourbée et dard tendu. Il avait résisté sans encombre à la Bombe, lui…

Ouais, dit la propagande des vainqueurs, mais le feu atomique a permis de terminer très vite la guerre avec les Japonais, évitant ainsi la perte d’un million de vies (sous-entendu « de soldats étasuniens »). Sauf que c’est loin d’être vrai.

- Le projet Manhattan lancé par le président Roosevlt en 1942, pour doter ls USA de l'arme nucléaire, faisait suite aux informations des services secrets américains et britanniques selon lesquelles Hitleret les savants nazis travaillaient à un projet identique depuis plusieurs années.

- L’Allemagne nazie capitulait le 8 mai 1945, alors qu’à Palo Alto (désert du Nevada), la dernière main et les derniers essais de Manhattan étaient encore en cours.

- Le pacte secret passé à Yalta, en février 1945, entre Staline et un Roosevelt pressé de voir capituler le Japon, prévoyait que 3 mois au plus après la capitulation allemande, l’Armée Rouge devrait retourner ses forces du front occidental et, au terme d’un transfert de plusieurs milliers de kilomètres, déclarer la guerre et attaquer le Japon. Ce qu’elle fit le 2 août.

- S’il est évident que les 2 bombes du 6 et du 10 août (Hiroshima et Nagasaki) n’ont pu que précipiter la capitulation, force est de reconnaître que, même sans les bombes, le Japon était déjà le dos au mur avec la hantise de Hiro Hito : l’entrée au Japon des troupes soviétiques et la chute de la dynastie impériale. La capitulation rapide devant les États-Unis était pour lui la seule issue, les mêmes États-Unis, craignant toute dérive communiste dans l’Empire du Soleil Levant, ayant fait le choix du maintien de la dynastie sur son trône donc d'absoudre de toute responsabilité le principal responsable de la guerre. Bonjour la justice...

- C’est à Potsdam (Allemagne), en pleine conférence interalliée (EU-GB-URSS) que le Président Truman donna l’ordre définitif de larguer « Little Boy » sur Hiroshima, abattant ainsi sur le tapis vert de la négociation avec Staline, au cœur de l’Allemagne vaincue, le joker de la suprématie militaire complète.

- La bombe de Nagasaki (au plutonium) était d’une autre technologie que celle de Hiroshima (à l’uranium enrichi). Il fallait donc l’essayer aussi, tant qu’à y être… Quelques centaines de milliers de civils grillés, bof ! C'est pour la science.

Les habitants de Hiroshima ont été sacrifiés avant tout pour impressionner un allié, l’URSS, et établir la suprématie militaire des USA. Ceux de Nagasaki l’ont été pour satisfaire quelques savants fous.

De tels agissements ont un nom : ce sont des crimes de guerre. Mais les crimes de guerre, c’est pour les vaincus, jamais pour les vainqueurs…

 

 

Photo X - Droits réservés.

 

07/08/2017

Au bistro de la toile : j'en ai marre du lavage de cerveau !

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- Oh ! Loulle. Quoi de neuf dans tes canards laquais ?

- Némar, Némar, Némar. A t'en donner le racabomi, le dégueuli de ce fouteux acheté comme de la barbaque par les esclavagistes qataris. Et puis le kon de bestiau chinois qui a accouché. Et puis un peu Hussain Bolt.

- En voilà des choses importantes Loulle ! Il faut « divertir » le populo Loulle. Du pain et des jeux. C'est vieux comme le monde. Ça consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. On nous met sous le nez Némar pour nous cacher la Loi Travail et autres joyeusetés macroniennes.

- Et pourquoi c'est comme ça Victor ?

- Parce que, bafouant les lois sortis de la Résistance, les banquiers, les marchands d’armes, les marchands de béton et autres industriels ont mis leurs griffes sur la presse. Parce que les plumitifs sont payés – mal pour la plupart - pour dire ce que veulent les patrons des organes de presse. Ils sont les outils obéissants des puissants et des riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Leurs talents, leurs facultés et leurs vies appartiennent à ceux qui les paient. Ils sont comme les prostiputes : elles vendent leur cul, ils vendent leurs cerveaux…

Et là, on est loin du programme du Conseil national de la Résistance sur la presse ! Ce que veulent ceux qui tiennent les me(r)dias, c'est imposer aux gens une société qui les prive de leurs libertés tout en les empêchant de s’en rendre compte, par exemple en détournant leur attention sur des sujets futiles ou en leur faisant croire que ce sont des mesures nécessaires pour les protéger, tout en causant sournoisement ce qui nécessite ces mesures de protection.

Quant aux médias qui ne sont pas « dans la ligne », il faut les foutre en bas. Ainsi le Monde Diplomatique exclut des aides à la presse. Ainsi, il y a deux ou trois ans, l'offensive fiscale contre Médiapart, média encore libre qui dérange et auquel les vautours de Bercy réclament plus de 4 millions. En espérant ainsi le fusiller...

- C'est de la manipulation, tu veux dire...

- Exactement. Et ceux qui nous manipulent sont des pros en la matière. Tiens, par exemple ce que ces voyous cyniques nomment « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine ou des attentats sanglants afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics. On est en plein dedans avec Macron.

- Mais comment se fait-il que nous soyons si kons ?

- Parce qu'on nous rend kons. Pour cela il y des méthodes éprouvés. En premier lieu faire appel à l'émotionnel pour court-circuiter le rationnel et donc le sens critique. Tiens par exemple, ton bestiau chinois qui a chié un lardon. L'émotionnel, c'est cette bouboule de poil qui donne naissance à des jumeaux, et, cerise sur le gâteau émotionnel, voilà qu'une de ces mignonnes petites bébêtes crève. C'est bon ça Coco, ça fait pleurer dans les chaumières. Le rationnel, on le cache soigneusement : c'est que ce couple de bestiaux ridicules coûte à la France, donc à nous, un million par an de location aux Chinetoques ! Si ça c'est pas nous prendre pour des kons, je n'y comprend plus rien.

L’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements… Ainsi la vision ad nauseam des corps de pauvres Africains noyés et au contraire les images réconfortantes de « sauveteurs » altruistes montés sur les navires des ONG permet de faire accepter l'invasion des migrants, conséquence du pillage des richesses de l'Afrique, pour le plus grand profit des patronats avides de main d’œuvre quasi-esclave et de clientèle pour des produits inutiles. .

Pour nous rendre kons, la publicité est aussi une arme redoutable. La publicité s'adresse au public comme à des enfants en bas-âge. La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisant, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant.

Ce public, il faut le maintenir dans l'ignorance et la bêtise. Les séries télés et les jeux débilitants sont là pour ça. Les séries matraquent à longueur d'antennes le « mode de vie » de l'Empire étazunien. Les radios déculturent les auditeurs en imposant des sous-merde « musicales » dans la langue du « maître ». Et l'éducation n'arrange pas les choses. Sous la pression de « l'éduquer utile » prôné par les patrons, les programmes de l'école doivent faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. Ainsi de l'implantation de puces RFID a des fins « récréatives » ou de facilité. Ça arrive à grands pas. Il est bon aussi d'encourager le public à se complaire dans la médiocrité, à trouver « cool » le fait d'être stupide, vulgaire et inculte. D'où le succès d'Hanouna, enfant chéri de Bolloré.

- Merde, c'est vrai ce que tu dis Victor. Et on ne s'en rend pas compte. On culpabilise même de ne pas « réussir »...

- Eh oui Loulle. Le fin du fin c'est de remplacer, dans les boyaux de la tête de la « populace », la révolte par la culpabilité. Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !

- Mais enfin Victor, comment « ils » - ceux qui nous manipulent et nous gouvernent – arrivent à nous prendre ainsi pour des kons ?

- Parce qu'ils nous connaissent par cœur. Depuis quelques décennies les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système - tenu par les Google, Amazon et autres multinationales s'imposant hors des lois - détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes. De plus, l'individu lamba se complaît à se livrer pieds et poings liés à ceux qui le manipulent. A travers les instruments vicelards que sont les réseaux sociaux, genre facebook ou les gens se livrent entièrement, avec une naïveté confondante, à la cupidité marchande mais aussi aux pouvoirs occultes qui régissent les politiques !

- Ben dis donc ! On n'est pas sorti de l'auberge...

- Allez, sers ma tournée ! C'est toujours ça « qu'ils » n'auront pas. Et ouvre un peu la porte, il fait trop chaud !

 

 

Illustrations: merci à Chimulus et X - droits réservés

06/08/2017

Hommage au grand, au monumental, à l'Universel RABELAIS !

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Il est des petits plaisirs qui, pour être humbles et quotidiens, n'en sont pas moins très jouissifs. Ainsi, chaque matin, lorsque je vais « téléphoner au Medef » selon mon expression, ces quelques minutes de transfert libèrent tant les boyaux de la tête que ceux du ventre ! Des idées agréables s'enchainent, des images lumineuses se bousculent tandis que la nature reprend ses dons dans le chuintement d'une douce musicalité.

Puis vient le moment de se torcher le cul... La fonctionnalité de notre monde actuel a dévolu au papier le soin de s'acquitter de cette tâche. D'autres préfèrent les pierres, les feuilles, voire tout simplement le doigt qui libère ensuite sa créativité en virgules et autres arabesques et portraits selon l'abondance.

Bien. Mais nous avons-nous-même, depuis bien des longtemps, creusé cette question essentielle. La plus belle illustration de ces recherches hédonistes nous vient de notre grand Rabelais. Je vous la délivre avec délectation :

« Les cents et une manières de se torcher le cul.

J'ay (respondit Gargantua) par longue et curieuse experience inventé un moyen de me torcher le cul, le plus seigneurial, le plus expedient que jamais feut veu.
- Quel ? dict Grandgousier.
- Comme vous le raconteray (dist Gargantua) presentement.
« Je me torchay une foys d'un cachelet de velours de une damoiselle, et le trouvay bon, car la mollice de sa soye me causoit au fondement une volupté bien grande;
« une aultre foys d'un chapron d'ycelles, et feut de mesmes;
« une aultre foys d'un cache coul;
« une aultre foys des aureillettes de satin cramoysi, mais la dorure d'un tas de spheres de merde qui y estoient m'escorcherent tout le derrière; que le feu sainct Antoine arde le boyau cullier de l'orfebvre qui les feist et de la damoiselle qui les portoit!
« Ce mal passa me torchant d'un bonnet de paige, bien emplumé à la Souice.
« Puis, fiantant derrière un buisson, trouvay un chat de Mars; d'icelluy me torchay, mais ses gryphes me exulcererent tout le perinée.
« De ce me gueryz au lendemain, me torchant des guands de ma mere, bien parfumez de maujoin.
« Puis me torchay de saulge, de fenoil, de l'aneth, de marjolaine, de roses, de fueilles de courles, de choulx, de bettes, de pampre, de guymaulves, de verbasce (qui est escarlatte de cul), de lactues et de fueilles de espinards, - le tout me feist grand bien à ma jambe, - de mercuriale, de persiguire, de orties, de consolde; mais j'en eu la cacquesangue de Lombard, dont feu gary me torchant de ma braguette.
« Puis me torchay aux linceux, à la couverture, aux rideaulx, d'un coissin, d'un tapiz, d'un verd, d'une mappe, d'une serviette, d'un mouschenez, d'un peignouoir. En tout je trouvay de plaisir plus que ne ont les roigneux quand on les estrille.
- Voyre, mais (dist Grandgousier) lequel torchecul trouvas tu meilleur ?
- Je y estois (dist Gargantua), et bien toust en sçaurez le tu autem. Je me torchay de foin, de paille, de bauduffe, de bourre, de laine, de papier. Mais
Tousjours laisse aux couillons esmorche
Qui son hord cul de papier torche.
- Quoy! (dist Grandgousier) mon petit couillon, as tu prins au pot, veu que tu rimes desjà ?
- Ouy dea (respondit Gargantua), mon roy, je rime tant et plus, et en rimant souvent m'enrime. Escoutez que dict nostre retraict aux fianteurs :
Chiart,
Foirart,
Petart,
Brenous,
Ton lard
Chappart
S'espart
Sur nous.
Hordous,
Merdous,
Esgous,
Le feu de sainct Antoine te ard!
Sy tous
Tes trous
Esclous
Tu ne torche avant ton depart !
« En voulez vous dadventaige ?
- Ouy dea, respondit Grandgousier.
- Adoncq dist Gargantua :


RONDEAU
En chiant l'aultre hyer senty
La guabelle que à mon cul doibs;
L'odeur feut aultre que cuydois :
J'en feuz du tout empuanty.
O ! si quelc'un eust consenty
M'amener une que attendoys
En chiant !
Car je luy eusse assimenty
Son trou d'urine à mon lourdoys;
Cependant eust avec ses doigtz
Mon trou de merde guarenty
En chiant.


« Or dictes maintenant que je n'y sçay rien! Par la mer Dé, je ne les ay faict mie, mais les oyant reciter à dame grand que voyez cy, les ay retenu en la gibbessiere de ma memoire.
- Retournons (dist Grandgousier) à nostre propos.
- Quel ? (dist Gargantua) chier ?
- Non (dist Grandgousier), mais torcher le cul.
- Mais (dist Gargantua) voulez vous payer un bussart de vin Breton si je vous foys quinault en ce propos ?
- Ouy vrayement, dist Grandgousier.
- Il n'est (dist Gargantua) poinct besoing torcher cul, sinon qu'il y ayt ordure; ordure n' y peut estre si on n'a chié; chier doncques nous fault davant que le cul torcher.
- O (dist Grangousier) que tu as bon sens, petit guarsonnet! Ces premiers jours je te feray passer docteur en gaie science, par Dieu! car tu as de raison plus que d'aage. Or poursuiz ce propos torcheculatif, je t'en prie. Et, par ma barbe! pour un bussart tu auras soixante pippes, j'entends de ce bon vin Breton, lequel poinct ne croist en Bretaigne, mais en ce bon pays de Verron.
- Je me torchay après (dist Gargantua) d'un couvre chief, d'un aureiller, d'ugne pantophle, d'ugne gibbessiere, d'un panier, - mais ô le mal plaisant torchecul! - puis d'un chappeau. Et notez que les chappeaulx, les uns sont ras, les aultres à poil, les aultres veloutez, les aultres taffetasser, les aultres satinizez. Le meilleur de tous est celluy de poil, car il faict très bonne abstersion de la matiere fecale.
« Puis me torchay d'une poulle, d'un coq, d'un poulet, de la peau d'un veau, d'un lievre, d'un pigeon, d'un cormoran, d'un sac d'advocat, d'une barbute, d'une coyphe, d'un leurre.
« Mais, concluent, je dys et mantiens qu'il n'y a tel torchecul que d'un oyzon bien dumeté, pourveu qu'on luy tienne la teste entre les jambes. Et m'en croyez sus mon honneur. Car vous sentez au trou du cul une volupté mirificque, tant par la doulceur d'icelluy dumet que par la chaleur temperée de l'oizon, laquelle facilement est communicquée au boyau culier et aultres intestines, jusques à venir à la region du cuers et du cerveau. Et ne pensez que la beatitude des heroes et semi dieux, qui sont par les Champs Elysiens, soit en leur asphodele, ou ambrosie, ou nectar, comme disent ces vieilles ycy. Elle est (scelon mon opinion) en ce qu'ilz se torchent le cul d'un oyzon, et telle est l'opinion de Maistre Jehan d'Escosse. »

 

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« Mondial Rabelais » : Concours international des meilleurs saucissons.

 

Lorsque Gargantua sorti de Gargamelle

Avant de se jeter sur les grasses mamelles,

Claquant sa langue dans son immense clapoir,

Il a crié : « A BOIRE ! »

On lui servit un seau à vendange de vin

Puis lorsqu'il eu torché le breuvage divin

Pour réclamer du rab, remettre les consos

De son énorme zob il frappa sur le seau

Par six fois, assoiffé, réclamant sa boisson

Et il sortit du SEAU SIX SONS !

Ainsi fut prononcée, pour la première fois,

Rabelais s'en souvient, il est digne de foi,

Ce vocable sublime, le mot de SAUCISSON

Qui rime avec cochon tout comme avec boisson.

 

Présenté officiellement le 28 Juillet dernier, le premier concours international des meilleurs saucissons « Médaille Rabelais » a déclenché un sympathique raz de marée médiatique et les quelques bénévoles de l’Académie Ardéchoise des Amateurs de Saucisson peinent à répondre aux demandes de renseignements et, déjà, aux inscriptions.

Comme il fallait s’y attendre, les meilleurs charcutiers de France, petits et grands, connus et inconnus, se préparent à présenter des échantillons et, avec eux, des Italiens, des Espagnols, mais aussi des Portugais, des Polonais et, même, des Suisses.

Le record de distance avec l’Ardèche revient toutefois à la charcuterie Amar, située…en Australie et qui a confirmé sa candidature samedi 5 août.

Le premier « Mondial Rabelais » devrait se dérouler, comme prévu, au printemps 2018 en Ardèche, dans le charmant village de caractère Vanosc, non loin d’Annonay. avec le soutien du Département, de la Région, de l’association AIRE-N7 Territoire de terroirs, la bienveillance du ministère de l’Agriculture, d’une très large part de la profession et l’intérêt de plusieurs associations de consommateurs.

Le concours de dégustation proprement dit, anonyme et contrôlé par huissier, ne sera pas ouvert au public. Seuls opéreront les jurés (non professionnels de la charcuterie), formés par le Laboratoire d’analyse sensorielle LACO, de Suze-la-Rousse et managés par un coach spécial, dont les décisions seront souveraines. Le public sera admis à la proclamation des résultats et au buffet final…avec dégustation.

Les plus grands experts mondiaux en matière de salaisons sont aujourd’hui membres du Comité Scientifique de l’Académie, avec quelques sommités de l’alimentation, du goût et de la gastronomie, comme Jacques Puisais, fondateur de l’Université du Goût, ou encore Régis Marcon, président du Bocuse d’Or.

Pour la présentation officielle de l’événement, le recteur René-Louis Thomas avait à ses côtés Bernard Delaye, président du Grand Concours des Vins de France , ainsi qu’ Andrée Jovine, directrice du Laboratoire d’analyse sensorielle LACO, de Suze-la-Rousse.

Le prochain concours doit beaucoup à la « civilisation du vin », symbolisée par la mise en avant des « vins qui vont avec » les meilleurs saucissons et que représenteront quatre vignerons mousquetaires. Les deux premiers étaient présents fin juillet : pour la Nord, Patrick Meyet, de Chiroubles, pour le sud, Frédéric Penne, de Sainte-Cécile-les-vignes.

Le concours international des meilleurs saucissons « Médaille Rabelais » n’a pas vocation à sacrer le meilleur saucisson du monde, qui n’existe pas, mais à distinguer et mettre en avant les producteurs de qualité, gros, moyens, petits ou très petits, entreprises ou artisans, qui honorent leur profession et respectent les consommateurs.

L’Académie s’appuie sur les recherches des meilleurs experts mondiaux en matière de salaisons, engagés dans la réduction des taux de sel et de salpêtre, la recherche du goût juste, la qualité organoleptique, la santé et le plaisir des consommateurs. Elle défend la notion française d’appellation d’origine et la promotion des IGP.

Pour toutes infos : htttp://www.mondialdusaucisson.com

 

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05/08/2017

Ouiquinde érotique avec "Bébert" Glatigny.

 

Je veux vous adorer ainsi qu'une déesse,
Et, quand le ciel mettra son manteau brun du soir,
J'élèverai vers vous, Ô blonde enchanteresse !

Ma pine, comme un encensoir !


Et je ferai sortir en blanchissante écume,
Le foutre parfumé de ce rude flacon,
Et je transvaserai cette liqueur qui fume,

Dans le vase de votre con !


Votre con, si barbu qu'un sapeur de la Garde,
En voyant sa toison, est devenu jaloux,
Ô madame ! j'en veux faire le corps de garde

Où campe mon vit en courroux !


J'y veux fourrer mon nez, j'y veux plonger ma langue,
Et noyé dans cette ombre, alors, j'irai cherchant
Tous les mots inconnus de la molle harangue

Que l'on fait en gamahuchant !

 

Albert Glatigny (1839-1873) Poète satirique et comédien fut l'un des principaux animateurs du Théâtre érotique de la rue de la Santé. On lui doit entre autres œuvres le fameux recueil érotique « Joyeusetés galantes et autres du vidame Bonaventure de la Braguette. »

 

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04/08/2017

Migrants : l’Italie excédée saisit le navire d’une ONG.

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Dans le cadre d’une enquête commencée en octobre dernier, le procureur de Trapani en Sicile, M. Ambrogio Cartosio, a ordonné la saisie préventive du « Juventa », un chalutier armé par l’ONG allemande Jugend rittet et battant pavillon hollandais. Le magistrat italien n’a pas agi de manière inconsidérée, la justice italienne possède en effet les preuves de la connivence entre cette ONG et les passeurs libyens. Les deux partenaires organisent ensemble le passage de migrants : ils donnent aux passeurs un rendez-vous en mer, par tous les moyens de communication modernes, mais aussi par signalisations optiques. Une fois les bateaux bondés arrivés au lieu de transfert, les migrants montent à bord du navire de l’ONG puis les passeurs récupèrent les bateaux vides pour un nouveau transfert. La police italienne a réussi à filmer ces opérations et c’est avec ces preuves que le procureur Cartosio a ordonné la saisie du bateau.

L’Italie, en première ligne face à la déferlante des migrants, n’en peut plus et n’en veut plus. Depuis plusieurs semaines, elle ouvre enfin les yeux et change de comportement face à ces ONG qui, sous couvert « d’humanitaire » favorisent voire organisent de véritables navettes faisant passer les migrants de Libye vers l’Italie. Depuis 2015, une douzaine de navires « humanitaires » privés patrouillent au large de la Libye et se partagent ce trafic d’êtres humains, en complicité avec les passeurs libyens.

Pour faire le tri entre ces associations, l’Italie a mis récemment en place un code de « bonne conduite » en treize points qui interdit notamment aux navires d’entrer dans les eaux libyennes et de communiquer avec les passeurs, y compris au moyen de toute forme de signaux lumineux et imposant la présence à bord de policiers italiens. Les ONG – qui voient là un sérieux frein à leur activité – rechignent à signer la charte… C’est le cas de « Jugend rittet » et donc la raison de la saisie de son outil de travail, le navire Juventa.

La Commission européenne semble, depuis quelques semaines, prendre enfin, bien que timidement, la mesure du problème de ces ONG qui, sous couvert de sauvetages humanitaires, assurent un véritable service de navette pour les populations africaines en quête d’Europe. Et ceci en complicité avec les passeurs.

Comment ça marche ? Ce sont les gardes-côtes italiens qui, prévenus à l’avance par les passeurs, appellent les navires des ONG pour les orienter 10 ou 12 heures à l’avance vers la zone prévue pour l’organisation du « sauvetage » en mer. Et ce n’est qu’une fois le dispositif en place et par beau temps et mer calme que les passeurs libyens font partir les zodiacs remplis à ras bord de clandestins. Les trafiquants récupèrent les bateaux vidés de leur cargaison humaine pour les faire resservir… Les navires « sauveteurs » débarquent ensuite leur cargaison non pas dans le port le plus proche du lieu du « naufrage » – dans un port libyen, tunisien, voire maltais - ce qui serait logique mais en Sicile où la toute-puissante mafia locale fait le reste. Les migrants tombent sous la coupe des mafieux qui louent les hommes comme quasi esclaves dans les exploitations agricoles et dans le bâtiment, quant aux femmes, si elles ont quelques « attraits monnayables », c’est le tapin qui les attend.

L’agence officielle Frontex, dans un rapport récent établit que cette flotte d’ONG se comporte en complice des contrebandiers qui exploitent le trafic humain et qu’elle contribue directement à augmenter les risques de mort lors des transports.

La European Border and Coast Agency signale que les ONG effectuent des véritables services de navettes pour les migrants qui vont d’Afrique en Italie. Cette flotte de "sauveteurs" réduit les coûts pour les passeurs, ce qui augmente leurs profits. En même temps leur statut d’ONG « altruistes » fait qu’il y a moins de risque d’être intercepté par les officiers de police. Moins de coûts, moins de risque, rien d‘étonnant si le trafic explose.

L’Europe ultralibérale facilite ainsi sournoisement – en agissant sur la bonne volonté, l’altruisme, la compassion des gens - les migrations à travers des ONG et des associations soi-disant altruistes qui font tout pour faciliter l’arrivée massive de migrants. Pour les patronats européens, l’arrivée massive de main-d'œuvre corvéable à merci est un levier fort efficace contre toute prétention de hausse des salaires et de lutte contre la précarité…

Ces ONG sont-elles de formidables organisations humanitaires ou des armes de subversion massive ?

 

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03/08/2017

Au bistro de la toile : allo, à l’eau !

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- Allo Loulle ?

- Lui-même. Oh ! C’est toi Victor. Je reconnais ta grande gueule, même au bigophone. Alors, quel temps fait-il sur les Hautes terres ?

- Ce matin, 12°. On dort avec une petite couvrante. Et dans la journée, ça monte tout de même à 30°.

-… teng ! T’es vernis. Ici, ça tangente les 40°. Même les cigales en ont la flemme. Les clients ont la langue qui pègue et ne parlent même plus. Le pastaga s’évapore dans les verres… Et l’eau va devenir hors de prix.

- Explique. C’est pas que j’en boive beaucoup, et pour ma toilette, je pratique le nettoyage à sec : je me gratte !

- Eh bien voilà. La communauté du Grand Avignon a eu à débattre du problème de l’eau sur le territoire de la communauté. Beaucoup, dont Cécile Helle maire d’Avignon, la maire de la principale ville de la communauté, voulaient revenir à une gestion publique de l’eau, à travers une régie communautaire, loin des multinationales, de leur opacité, de leur appât du gain. Bien des villes et des communautés ont fait ce choix en France et les usagers s’y retrouvent tant au niveau du tarif que des services. Mais voilà, le président de la communauté du Grand Avignon, le citoyen Roubaux Jean-Marc, par ailleurs maire de Villeneuve, la cité jumelle d’Avignon, formé à la grande tradition magouillarde de l’UMP, l’a renvoyé sur les roses : « Je ne joue pas aux dés. Nous sommes gestionnaires de l’argent public, notre ligne directrice, c’est l’intérêt général, 365 jours par an, ce que sont capables de faire les grands groupes dont c’est la spécialité, pas nous au Grand Avignon ». Ben voyons.

Au terme du vote - où les conseillers FN ont démonté le système de régie municipale et accordé leur voix au président - la gestion de l’eau de la ville d’Avignon sera de nouveau confiée à un prestataire privé, qui sera choisi au cours de l’été 2018 pour être opérationnel à partir du 1er janvier 2019 et cela pour une durée de 10 ans.

- Puisque c’est comme ça, Loulle, j’en boirais plus d’eau. Où du moins, peu et seulement désinfectée par le pastis ! Finalement, Helle est cocue dans cette histoire. Eh ! Ici aussi, il s’en passe de belles.

- Raconte.

- Ben voilà. Fin juillet une jeune fille envoie un SMS angoissant à son copain, lui expliquant qu’elle avait été enlevée, mise dans le coffre d’une voiture, enfermée dans un lieu inconnu, pour finalement être relâchée par ses ravisseurs.

Le jeune, affolé, prévient les gendarmes qui mettent en place tout un dispositif. Pour la retrouver, une cinquantaine de bourres étaient partis sur sa piste, aidés d’un hélicoptère, qui avait survolé le nord Lozère jusqu’au Puy-en-Velay pendant deux heures et demie ! La fille a été retrouvée le dimanche 23 juillet, vers 18 heures, à Saint-Chély-d’Apcher.

- Ouf. Tout est bien qui finit bien.

- Ouais, Loulle, seulement voilà. Les pandores ont un peu cuisiné la belle et… elle a avoué – la gourgandine - avoir tout inventé pour s’organiser un week-end coquin avec un homme au Puy-en-Velay ! Selon les enquêteurs, il s’agirait d’un homme politique… Mais chut, faut pas que ça s’ébruite.

- Ah ! Ah ! Ah ! Eh bien, le jeune homme vient d’entrer dans la grande famille des cornus ! Au pays des vaches Aubrac, il ne détonnera pas !

- Loulle, on peut être cocu et philosophe : ne vaut-il pas mieux avoir une participation sur un volcan (d’Auvergne !) que l’exclusivité d’une banquise ? Allez, à la nôtre, je lève mon verre Loulle. À bientôt.

- À la nôtre Victor. Et ten té galhard !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

31/07/2017

La Constituante au Venezuela : un retentissant bras d’honneur aux revanchards de la droite et aux fauteurs de trouble de la CIA !

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Malgré les actions meurtrières menées par quelques milliers de nervis fascisant à la solde des grands propriétaires et de la bourgeoisie nantie, avec le soutien actif des États-Unis, les élections pour la mise en place d’une Assemblée Constituante se sont bien déroulées au Venezuela. Avec un fort soutien populaire. C’est déjà une énorme victoire pour la démocratie dans ce pays.

Ce n’est évidemment pas ce que nous assènent à longueur d’antennes les me (r) dias à la solde de quelques milliardaires. Ces mé (r) dias ne sont pas à un paradoxe près – plus c’est gros, plus ça marche – lorsqu’ils s’offusquent de la tenue d’élections ! L’élection au suffrage universel n’est-elle pas l’essence même de la démocratie ?

Plutôt que de subir ce bourrage de crâne, essayons de comprendre. Et tout d’abord, quels sont les objectifs de cette Assemblée Nationale Constituante (ANC) tant honnie par la droite vénézuélienne et tant démonisée par les mé (r) dias internationaux ?

En voici les thèmes prioritaires :

- La paix. Une convocation au dialogue national pour contenir la violence, reconnaissant la nouvelle réorganisation de l’État, rétablissant la coordination des pouvoirs publics, et pour garantir le plein fonctionnement de l’État démocratique.

- L’amélioration du système économique national vers un « Venezuela puissance », qui développera un nouveau modèle d’économie post-pétrolière, mixte, productive, diversifiée, intégratrice. Créatrice d’outils pour dynamiser le développement des forces productives, ainsi que d’un nouveau modèle de distribution transparent qui puisse satisfaire aux besoins de toute la population.

- La constitution des Missions et grandes Missions Socialistes, assurant le développement de l’État démocratique, social, de droit et de justice, vers un État du Suprême Bonheur Social. Faire croître le droit à la pleine jouissance et au plein exercice des droits sociaux du peuple.

- L’élargissement des compétences du système judiciaire, pour en finir avec les crimes et délits impunis, particulièrement ceux commis contre les personnes, ainsi que ceux qui sont commis contre la Patrie et la société, comme la corruption, la contrebande aggravée [contrevenant à la loi dite des « Precios Justos », Prix Justes, NdT], la spéculation, le terrorisme, le trafic de stupéfiants, la promotion de la haine sociale et l’ingérence extérieure.

- La démocratisation des nouvelles formes de la démocratie participative et protagoniste, à partir de la reconnaissance des nouveaux acteurs du Pouvoir Populaire, comme les Communes et les Conseils communaux, les Conseils de Travailleurs/Travailleuses, ainsi que les espaces territoriaux et sociaux d’organisation.

- La défense de la souveraineté nationale et la protection de la Nation contre l’intervention étrangère, en élargissant les compétences de l’État pour préserver la sécurité des citoyens, assurer la garantie de l’exercice intégral des droits humains, la défense de l’indépendance, la paix, l’immunité et la souveraineté politique, économique et territoriale du pays. La consolidation d’un monde multipolaire et polycentrique qui garantisse le respect du droit et de la sécurité au plan international.

- Le caractère pluriculturel de la Patrie, développant les valeurs spirituelles et reconnaissant toutes et à tous comme citoyens vénézuéliens, dans leur diversité ethnique et culturelle, comme garantie de cohabitation pacifique, contre la haine sociale et raciale d’une minorité de la société.

- Les droits de la jeunesse, l’utilisation libre et consciente des technologies de l’information, le droit à un travail digne qui libère leur créativité, la protection des jeunes mères, l’accès à un premier logement, et la reconnaissance de leurs goûts et de leur pensée.

- La préservation de la vie de la planète, en protégeant la biodiversité et le développement d’une culture écologique.

La moitié des représentants seront élus dans les circonscriptions électorales ordinaires. L’autre moitié sera élue par et parmi huit groupes spécifiques de « travailleurs », « agriculteurs », « employeurs », etc. Voilà la « terrible dictature qui menace le pays » !

La partie la plus riche de la population ainsi que les lobbies et les gouvernements étrangers ont essayé d’empêcher ou de saboter ces élections. Les États-Unis ont utilisé divers modes de pression économique contre le gouvernement vénézuélien, y compris la guerre économique et l’augmentation des sanctions. L’opposition a organisé de violents rassemblements de rue, a attaqué des institutions et les partisans du gouvernement, a appelé à des grèves générales, a même assassiné un candidat..

La violence qui sévit au Venezuela n’est pas due à une action spontanée de l’opposition, mais à la mise en œuvre d’un plan concocté par les « stratèges » de la CIA et qui a vu le jour depuis, au moins, mai 2016. Il suit le scénario des révolutions de couleur mises en œuvre par la force, par les États-Unis, dans plusieurs pays (Ukraine, Géorgie, etc.) au cours de la dernière décennie. L’approvisionnement en armes et le soutien mercenaire de l’opposition arrivent par les pays voisins, notamment Colombie et Mexique.

Mais l’opposition que les me (r) dias nous montrent n’est vivace que dans les couches les plus riches de la population et seulement dans quelques grandes villes. Les régions rurales pauvres ont vu leur situation s’améliorer sous les gouvernements socialistes et elles continuent de les soutenir Ces médias nous montrent la grande misère de ce pays, pourtant assis sur la fortune du pétrole. Avec de gros plans sur des queues pour avoir un bout de pain, des étals de magasins vides, des familles ne mangeant qu’une banane par jour, des files de « migrants » traversant la frontière colombienne, etc. Tout ça pue la manipulation. Le but, là encore, c’est de faire table rase de toutes les avancées sociales apportées par le régime de Chavez, dont la mort reste plus que suspecte, et de son successeur Maduro.

Au Venezuela, le but de toutes les manips, c’est de virer Maduro pour le remplacer par un pantin à la solde de Washington et recommencer à voler les profits du pétrole que Chavez a récupéré pour son peuple. La baisse du prix du pétrole coupe les subsides du gouvernement vénézuélien. Les propriétaires et les forces de droite du pays organisent la pénurie de biens de consommation courante, attisant ainsi la ire des populations. L’inflation devient galopante. De grandes manifestations secouent le pays, les « étudiants » de droite excitant et manipulant les sans-dents. Dès lors, on lance, à travers la presse inféodée aux forces les plus conservatrices, une pétition pour demander, comme au Brésil, la destitution du président Maduro, et on tente par tous les moyens de laisser le peuple s'exprimer avec cette élection Constituante.. Même objectif, mêmes éléments…

Derrière ces troubles, c’est le spectre d’un coup d’État orchestré par Washington qui se fait jour. Les fachos de la CIA manœuvrent pour reproduire au Venezuela leur coup du Chili. Sans effusion de sang si possible, sinon… Des armes circulent, des mercenaires se tiennent prêts. Ils doivent déjà avoir leur Pinochet en réserve. L’option de l’assassinat du président successeur de Chavez, Nicolas Maduro, est activée. La CIA et ses complices au premier rang desquels les médias, tous inféodés à la droite extrême, voudraient profiter du niveau élevé d’exposition du président au cours de ses contacts directs avec la population pour s’en débarrasser radicalement. Ils trouveront bien un « Lee Arvey Oswald »…

La CIA, la droite et l’extrême droite sud-américaine (ainsi que certains dirigeants européens) n’ont jamais digéré le virage radical vers leur émancipation de l’oppression étasunienne opérée par beaucoup d’États d’Amérique du Sud. Nostalgique des périodes où elle semait la terreur, la CIA veut prendre sa revanche sur le chavisme. Ce mouvement n’est pas exempt de reproches et notamment le fait qu'il s'est trop reposé sur la rente pétrolière, mais il a ouvert des horizons et redonné espoir à des millions de personnes, malgré un climat international particulièrement injuste et hostile à son égard.

Le camarade Chavez a tout de même de très belles choses à son actif. D’abord il a foutu dehors les compagnies pétrolières rapaces étasuniennes et européennes pour rendre à son peuple le profit de cette manne pétrolière sur laquelle son pays, le Venezuela, est assis. Ensuite il a mis ces masses énormes de pognon récupéré au service de son peuple : éducation, santé, réduction des inégalités, élimination de la grande pauvreté. Enfin il a suscité partout en Amérique du Sud des mouvements de libération politique de gauche qui se débarrassent enfin de la mainmise ultralibérale des multinationales et des officines étasuniennes.

Le succès de Chavez, une révolution en construction, c’est son pays décrété « territoire libre d’analphabétisme » par l’Unesco en 2005, c’est près de 60 000 nouveaux établissements, 55 000 enseignants incorporés chaque année, 75 000 bibliothèques, un accès gratuit à la santé avec la coopération de Cuba, la création de dispensaires et de médecins dans les banlieues et le secteur rural, la production nationale de médicaments génériques gratuits, 178 000 Vénézuéliens pauvres récupérant la vue grâce à la mission « Miracle », le traitement du Sida gratuit, 4 millions de personnes engagées dans le sport, la reconnaissance des peuples indigènes, la distribution de terres aux paysans, 3 millions d’hectares distribués, des pensions de vieillesse à plus de 20 000 agriculteurs et pêcheurs qui ont atteint l’âge de la retraite sans avoir cotisé, la nationalisation des secteurs de l’économie qui, adossée à la hausse des prix du pétrole, ont généré d’importants revenus dont bénéficie la majorité de la population. Excusez du peu !

Il va de soi que de telles réalisations au profit du peuple n’ont pu se faire qu’au détriment des parasites. On comprend dès lors que ceux-ci veuillent se débarrasser de Maduro, cet empêcheur de magouiller en rond…

La « révolution bolivarienne » n’est pas allée assez loin. Elle n’a pas su, comme la révolution cubaine, couper radicalement les ponts. Si l’on veut changer le cours des choses, il faut agir sur les structures. La nationalisation des secteurs clé, la protection contre la mondialisation libérale, la restauration de l’indépendance nationale, la consolidation d’une alliance internationale des États souverains, la mobilisation populaire pour une meilleure répartition des richesses, l’alphabétisation, l’éducation et la santé pour tous sont les différentes facettes d’un même projet progressiste. Mais de telles perspectives ne pouvaient que déchaîner la haine revancharde des nantis et susciter l’hostilité mortifère des USA. Comme Allende au Chili, Sukarno en Indonésie, Lumumba en Afrique, Mossadegh en Iran en 1953, etc. Sans oublier Chavez en 2002 qui ne dut son salut et la vie qu’à la fidélité de sa garde présidentielle et au soutien de la rue.

La tenue de ces élections est une grande victoire de la démocratie et un sacré doigt d’honneur à tous ses ennemis !

Arriba Venezuela !


Sources :

https://www.washingtonpost.com/world/national-security/trump-administration-hits-13-venezuelans-with-sanctions-in-advance-of-critical-vote/2017/07/26/d80a6ac0-721e-11e7-9eac-d56bd5568db8_story.html%22%20rel=%22external

http://www.moonofalabama.org/2014/01/libya-syria-and-now-ukraine-color-revolution-by-force.html%22%20rel=%22external

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/venezuela-quels-sont-les-enjeux-du-195474

http://www.medelu.org/La-tentative-de-coup-d-Etat-contre

http://www.wikistrike.com/2016/03/les-indices-s-accumulen... ?

http://aspensecurityforum.org/wp-content/uploads/2017/07/The-View-from-Langley.pdf

https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/01/05/les-10-victoires-du-president-nicolas-maduro-en-2016-par-ignacio-ramonet/

https://red58.org/la-cia-confirma-que-está-trabajando-para-derrocar-a-venezuela-c485f0754487


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30/07/2017

Gastronomie dominicale de bord de rivière.

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La soupe d’ablettes du Père Bijoudi

 

Sous son passe-montagne enroulé en bonnet,

Deux yeux d'un gris normand et un nez basané

Surmontaient une barbe hirsute et flamboyante

Chapeautée par le tourbillon de deux bacchantes.

Emergeait de sa bouche aux dents de carnassiers

Une longue bouffarde à tête de bélier.

Vêtu de hardes vertes et botté de cuissardes

Le Père Bijoudi, aux origines sardes,

Surnommé par ici « le pirate du Rhône »,

Menait sa barque plate parmi ilots et lônes.

Le fleuve dangereux, ami et adversaire,

N'avait pas de secret pour ce grand solitaire.

Il connaissait par cœur les remous, les courants,

Les vasières, les trous, les nids de cormorans,

Les gouffres à anguilles, les passages d'aloses,

Les grands cadavres d'arbres que chaque crue dépose,

Agachon des brochets, perchoirs pour les butors,

Cauchemar des pêcheurs, refuge des castors.

Quand le jour s'estompait, calé dans sa barcasse,

II ramait pour poser ses filets et ses nasses

Qu'il irait relever à l’aurore suivante

Sans jamais déroger, qu'il pleuve, neige ou vente.

Personnage secret, taciturne à l’envi

Le Père Bijoudi a sauvé bien des vies

Lorsque le Fleuve-dieu, en ses grandes colères

Happait les imprudents dans ses eaux meurtrières.

Les jours de grandes crues, devant la ville inquiète,

Il préparait sa barque pour pêcher les ablettes:

Un grand filet carré ouvert par deux arceaux,

Pendu à un levier en tête de vaisseau.

A chaque relevée, le piège, en émergeant

Prélevait dans les eaux quelques éclairs d'argent.

Le Père Bijoudi les vendait aux badauds

Qui surveillaient la crue, au sec, sur les bord' eaux.

Lui, ce qu'il préférait, c'est la soupe d'ablettes...

- Ça c'est original Victor! Zou ! La recette !

- Prépare et fais sauter tomates et oignons

Dans de l'huile d'olive. Thym, laurier et sarriette.

Quand c'est bien coloré, rajoute tes ablettes.

Puis tu mouilles au vin blanc, cabernet-sauvignon,

Des vins de la Vallée, pas des vins bourguignons,

Ugni blanc ou clairette, coupé d'eau par moitié.

Bois un coup toi aussi et sales volontiers.

Attention! Tes poissons ne sont jamais vidés

C'est par là que ta soupe prend son parfum iodé.

Fais bouillir à feu vif dix à douze broquilles,

Le temps de fusiller, entre amis, une quille.

Au moulin à légumes tu vas alors passer

Les ablettes et leur jus. Après, tu vas presser

L'ensemble dans un linge. Serre sans te brûler,

Exprime tous les sucs et laisse bien couler.

Tu remets sur le feu, ajoutes du safran,

Attention, du pistil et pas du colorant,

Le safran est très cher, mais ne soit pas grigou:

Ton assaisonnement doit être de haut goût,

Coupées en minces tranches, quelques pommes-de-terre

Donneront à ta soupe du corps, du caractère.

Sers avec du râpé, gruyère ou parmesan,

Ce plat original, parfumé et puissant.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins d'esprit, puissants, pleins d'élégance

Qui naissent au soleil en terres de Provence.

 

 Illustration originale Vincent Barbantan

29/07/2017

Ouiquinde érotique : marions-nous !

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La marche nuptiale

 

Mariage d'amour, mariage d'argent
J'ai vu se marier toutes sortes de gens
Des gens de basse source et des grands de la terre
Des prétendus coiffeurs, des soi-disant notaires

Quand même je vivrai jusqu'à la fin des temps
Je garderais toujours le souvenir content
Du jour de pauvre noce où mon père et ma mère
S'allèrent épouser devant Monsieur le Maire

C'est dans un char à bœufs, s'il faut parler bien franc
Tiré par les amis, poussé par les parents
Que les vieux amoureux firent leurs épousailles
Après long temps d'amour, long temps de fiançailles

Cortège nuptial hors de l'ordre courant
La foule nous couvait d'un œil protubérant
Nous étions contemplés par le monde futile
Qui n'avait jamais vu de noces de ce style

Voici le vent qui souffle emportant, crève-cœur
Le chapeau de mon père et les enfants de chœur
Voilà la pluie qui tombe en pesant bien ses gouttes
Comme pour empêcher la noç', coûte que coûte

Je n'oublierai jamais la mariée en pleurs
Berçant comme un' poupée son gros bouquet de fleurs
Moi, pour la consoler, moi, de toute ma morgue
Sur mon harmonica jouant les grandes orgues

Tous les garçons d'honneur, montrant le poing aux nues
Criaient: " Par Jupiter, la noce continue ! "
Par les homm's décriée, par les dieux contrariée
La noce continue et Viv' la mariée !

 

Georges Brassens

 

https://www.youtube.com/watch?v=yF9VP_un3XA

 

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Écoute ! Écoute !

 

C'est un mec qui, après cinq ans de vie avec sa copine, décide de se marier. Et à l'église en plus... Mais il ne connaît pas trop les coutumes à propos de l'offrande au prêtre, alors à la fin du mariage, il en parle à celui-ci qui lui dit :
- En fait plus la mariée et jolie plus c'est cher !
Alors, le jeune homme regarde sa copine, met la main dans sa poche, sort une pièce de 1 euro et la donne au prêtre qui dit alors :
- Attendez ! Je vous rends la monnaie.

 

28/07/2017

Chantiers Navals de l’Atlantique : HALTE à la braderie !

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Vous savez combien les chantiers italiens Fincantieri mettent pour acheter les 66,6 % des parts de l’État français dans l’affaire des Chantiers navals de Saint-Nazaire ? 79,5 millions d’euros ! Oui, vous avez bien lu : moins de 80 millions d’euros, pour mettre la main sur l’un des derniers fleurons de l’industrie française. Cinq fois moins que ce qu'on a donné à Tapie…

Une entreprise unique en Europe, la seule possédant des cales suffisantes pour construire les plus grands paquebots. Un savoir-faire là aussi unique puisque même les Anglais – pourtant experts en matière navale – sont obligés de venir à Saint-Nazaire faire construire leur Queen-Mary II. Et un carnet de commandes plein pour dix ans et valant plusieurs milliards!

Et l’État français, propriétaire de 66,6 % braderait ce bijou de famille pour une poignée de figues à l’État italien (parce que Fincantieri est lui aussi une entreprise possédée à 72 % par l’État italien) ?

Il n’y a pas en France des industriels – ne serait-ce que parmi les très nombreuses entreprises sous-traitantes, dont la survie n’est pas assurée en cas de bradage des Chantiers - capables de mettre quelques dizaines de millions d’euros ? Non mais on rêve, ou plutôt on cauchemarde!

Cette possibilité existe puisque une dizaine d’entreprises le l’Ouest de la France seraient prêtes à entrer, pour une part minoritaire, au capital du chantier naval de Saint-Nazaire. Avec en tête le groupe Idea, spécialiste de la (chaîne d’approvisionnement), qui travaille étroitement avec STX France depuis de longues années. Et l'actionnariat des personnels de l'entreprise, on y a pensé ?

Même les 50 % proposés au chantier concurrent sont un scandale. Parce que cela donnera bien trop de pouvoir à Fincanieri. Il aura non seulement accès au savoir-faire des chantiers de Saint-Nazaire, bien plus pointu que les siens, mais il aura la haute main sur le carnet de commandes. Avec toute liberté pour en transférer une partie sur ses propres chantiers si le marché des grands paquebots de croisière se raréfie, ce qui risque d’arriver. De même il aura la possibilité de reporter sur les entreprises sous-traitantes de ses propres chantiers l’activité qui fait vivre des dizaines d’entreprises et des milliers de travailleurs en France, et ceci par le recours massif de la sous-traitance de pays à bas coût. Sans oublier les doublons dans les deux entreprises. Et toutes les belles promesses n’y feront rien. De plus, Fincantieri est associé avec des chantiers chinois pour construire des paquebots en Chine… Pas besoin de commentaires !

Puis il y a autre chose : les chantiers navals de l’Atlantique sont les seuls à pouvoir construire les coques des navires de guerre français. Les seuls capables de construire un successeur au porte-avions Charles-de-Gaulle. Leur ancrage en France, avec un actionnariat français au sein duquel l’État doit avoir une part prépondérante, est une nécessité stratégique.

Il est temps de cesser de brader les plus beaux fleurons de notre industrie à des intérêts étrangers, sous prétexte de respect de la sacro-sainte « économie de marché ». On a ainsi largué Alstom aux Etatsuniens. une partie de PSA (Peugeot-Citroen) aux Chinois. Et qui se souvient de Péchiney, énorme entreprise, entre autres activités, numéro Un de production d’aluminium, largué à des Canadiens et qui n’existe tout simplement plus… Et Lafarge, vendu aux Suisses ! Et le Club Med aux Chinois, comme l’aéroport de Toulouse, celui de Nice bradé a des financiers italiens en attendant Roissy et Orly sur la liste… Et les fondamentalistes du Qatar qui rachètent nos plus beaux hôtels et prennent des parts souvent majoritaires dans les entreprises du CAC 40, dont deux sur cinq sont sous contrôle étranger…

Peut-on compter sur Macron, ex banquier d'affaires pour avoir le courage d'arrêter ce dépeçage ? Sa décision de résister aux prétentions de Fincantieri (donc à l’État italien) donne quelques espoirs.

Ouate Inde scie...

 

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10:34 Publié dans actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stx

27/07/2017

AUx FEUx !

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Ça crame ! Des forêts entières partent en fumée. Il faut cent ans pour faire un pin, une minute pour qu’il explose en feu… Ça crame essentiellement en Provence et en Corse. Ça crame en juillet, ça cramera encore en août. Ça ne cramait pas en juin malgré une canicule et une sécheresse supérieures aux conditions actuelles, ça ne cramera que peu en septembre.

Alors pourquoi ça crame là et en ces périodes de grandes migrations touristiques ? Comme par hasard, la Provence, la Côte d’azur et la Corse sont les lieux les plus prisés par les touristes. C’est comme ça.

Ce ne sont pas ces touristes qui mettent volontairement le feu. Les actions réellement malveillantes sont généralement le fait de locaux : jalousie de chasseurs, bergers « préparant » de futurs parcours à moutons, promoteurs prévoyants dégageant une colline pour, vingt ans après, acheter et construire. Sans oublier les abrutis fascinés par le feu et le ballet des Canadair. Si, ça existe. Mais il faut savoir qu'un incendie volontaire, c'est les assises.

Mais les touristes mettent le feu non pas sciemment mais par KONNERIE.

La konnerie tragique, c’est de jeter son mégot, même sommairement écrasé, par la fenêtre de sa voiture, sur autoroute comme sur toutes les nationales et départementales. Elles sont belles nos petites routes qui permettent de découvrir ces si jolis paysages de l’intérieur, qui traversent ces odorantes forêts de pins où cransignent les cigales. Mais ce sont de véritables brûlots avec la chaleur et la sécheresse estivales. Les aiguilles de pins dégagent des vapeurs de térébenthines extrêmement inflammables. Un mégot et surtout son filtre vont se consumer lentement et longtemps. Assez longtemps en tout cas pour qu’une rafale de mistral ravive la minuscule braise jusqu’au point éclair. Et c’est le départ d’un feu de forêt… Ça coûte jusqu'à 45000 euros et 3 ans de taule. Mais que dire des constructeurs automobiles qui ont supprimé le cendrier dans les nouvelles voitures ?

La konnerie, c’est de faire un barbecue en campagne. On les fait griller à l’ombre bien sûr les merguez et les côtelettes d’agneau. Qui dit ombre dit arbre. Et les arbres, chez nous, ce sont presque toujours des pins… On revient au cas précédant…

La konnerie c’est de faire un sympathique feu de camp au bord d’une petite rivière. Il y a quelques années, j’ai vu, de mes yeux vu, un groupe de sympathiques jeunes Allemands allumant un feu entre quatre pierres sous une pinède bordant le Gardon, dans les magnifiques gorges de Collias. Je les ai « allumés » gentiment mais fermement et ils ont éteint leur truc. Hélas, quelques jours plus tard, à la suite de pareilles konneries inconscientes, les gorges ont cramé…

La konnerie, pour ceux qui arrivent l’été dans leur résidence secondaire dans le Luberon, dans les Alpilles ou dans les Maures ou l’Estérel, c’est de ne pas avoir fait débroussailler le pourtour de sa propriété et de brûler les herbes, les branches tombées de l’hiver et autres végétations qui gênent les vacances. "Oui mais on fait attention : on a le tuyau d’arrosage prêt…" Mouais…. Le débroussaillage est pourtant obligatoire dans les 32 départements des régions PACA, Corse, Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes + l’Ardèche et la Drôme. Également dans les autres départements si un arrêté préfectoral l’exige surtout en cette période de sécheresse. Les maires des communes concernées doivent veiller à la bonne exécution du débroussaillement mais aussi du maintien en état débroussaillé. Ils peuvent donc intervenir auprès des propriétaires négligents et même le faire exécuter d’office au frais de l’intéressé. Et ça coûte bon bon. Comme la contravention et l’astreinte journalière.

La konnerie, c'est l'urbanisme caractérisé souvent par le laxisme des autorités responsables voire les magouilles qui permettent ou tolèrent la construction de cabanons ou de maisons au milieu des forêts. Avoir sa villa sous les pins, sur la colline dominant la grande bleue ! Le bonheur. Sauf que ça brûle...

Tous ces fauteurs de feux ne risquent pourtant pas grand-chose par rapport aux dégâts que leur négligence, leur konnerie ou leur malveillance coûtent à l'environnement et à la société. A l'époque de Napoléon, il y avait déjà beaucoup d'incendies dans le Midi. Le Napo, il a été expéditif : il a ordonné à ses préfets de faire fusiller sur le lieu de leurs méfaits les incendiaires ! Et les incendies se sont « miraculeusement » arrêtés...

Quant aux touristes, leur manière de faire tient au fait qu’ils ignorent les spécificités du Midi. Le danger d’incendie n’est pas le même dans les forêts de l’Île de France, de Belgique ou d’Allemagne et dans celles de Provence, du Languedoc et de Corse.

Alors, amis touristes qui nous faites l’amitié de venir chez nous, de grâce respectez ces paysages que vous aimez. Ne devenez pas des POURISTES !

Mais il y a autre chose aussi. C'est la faiblesse des moyens aériens. 26 appareils (12 Canadair, 9 Tracker, 2 Dash et 3 Beechcraft). Des appareils vieux de trente à cinquante ans, à bout de souffle dont plusieurs restent au sol parce qu'en panne…

Question : comment se fait-il que la France, deuxième pays du monde après les États-Unis en matière de construction aéronautique, ne soit pas foutue de concevoir et construire des appareils modernes, spécifiques à ce difficile travail de pompiers de l'air ? Il y a déjà un marché conséquent dans tous les pays autour de la Méditerranée. France mais aussi Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Croatie, etc. Et aussi de l'autre côté de la Mare nostrum. Et encore au Canada, aux États-Unis et partout dans le monde.

Question : comment se fait-il qu'il n'y ait pas une force d'intervention anti incendies européenne ? Avec des moyens aériens payés par l'Union Européenne et une coordination efficace ?

« Aux feux » ? Ou « Aux fous » ? Ô fan !

 

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24/07/2017

Tour de France : le sourire de Marion !

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Je suis accro. Au tour de France. Lorsque j'étais miston, j'étais Bobet ou Rivière appuyant comme un fada sur les pédales de ma vieille cranque. Mes potes étaient Kubler ou Van Stenberguen, certains osaient même être Fausto Copi, le dieu ! Les résultats du jour étaient affichés dans tous les bistros du pays. Il n'y avait pas la télé mais on écoutait, béats, les retransmissions de Georges Briquet. J'ai vu Bobet gagner à Avignon, sur les Allées de Loulle, devant Malléjac, après avoir battu tous ses concurrents dans la montée du Ventoux. Plus tard, jeune journaliste, j'ai suivi de près le drame de Simpson crevant sous le soleil menteur de ce même Ventoux et j'ai eu la chance et l'honneur de boire des canons avec Antoine Blondin et René Fallet. Bref, j'ai toujours été accro à cette formidable aventure qu'est le Tour de France.

Eh bien depuis plusieurs années, le Tour me gonflait les aliboffis. Pire, il m'emmerdait profondément tellement il était devenu soporifique, prévisible, sans surprise. Cette année, on a un peu plus vibré. Par le talent de quelques jeunots sans complexes comme Calméjane, Bargill, Bardet. Mais aussi par le panache de Contador n'hésitant pas à se lancer dans les Pyrénées à une grande aventure hélas pas couronnée de succès.

Heureusement il reste ce formidable survol de notre beau pays, et des pays limitrophes visités. Au fait, et si le Tour, je veux dire la course, n'était plus qu'un prétexte pour faire découvrir au monde entier les paysages somptueux de notre beau pays, filmés avec des débauches de moyens, nous faire découvrir des lieux discrets, retrouver, d'une année sur l'autre, des stars du paysage français comme le Mont-St-Michel, les Gorges de l'Ardèche ou le Mont-Blanc, cette année Foix et l'Ariège si chère à mon coeur, Marseille la somptueuse rebelle, les grandes cathédrales, les châteaux chargés d'histoire, s'extasier devant la beauté intimidante des grandes montagnes, lieux mystérieux entre tous, où se forgent les légendes.

Oui mais… Et la course ?

Le Tour, c'est aussi et surtout une grande caravane publicitaire, un outil gigantesque de bourrage de crâne commercial camouflé derrière un raout folklorique et festif. Pourquoi pas ? Mais le sport la-dedans ?

Le sport ? La course ?

Elle se résume à une confrontation plus ou moins virulente entre quelques équipes qui sont des machines de guerre au seul service du lideur, du chef. Il y a celles qui jouent en première division, les Sky de Froome, la seule réelle cette année. Puis il y a les autres...

Les Sky, c'est en budget (35 millions) près du double de celui de l'Agence mondiale antidopage (AMA) !

Cette équipe est là pour gagner, pas pour soulever l’enthousiasme, encore moins pour faire rêver. Le Tour, pour eux, c'est du business. Il faut gagner, et tous les moyens sont bons.

Les moyens organisationnels : embaucher les meilleurs coureurs qui doivent dès lors, moyennant des salaires conséquents (six millions par an pour Froom), renoncer à toute ambition sportive individuelle pour se mettre au service exclusif de leur lideur. Ainsi, l'Espagnol Landa au service de Froom alors qu'il aurait fort bien pu gagner le Tour. Ces machines à rouler tuent la course en neutralisant toute tentative de bagarre. C'est ce qui se passe sur les étapes de plat où les machines à rouler se mettent au service du sprinter maison, c'est aussi ce qui se passe dans tous les cols. Et puis ces sordides « oreillettes » qui enlèvent toute initiative aux coureurs...

Plus de grandes chevauchés solitaires, plus de Koblet tenant – seul - à distance, pendant 140 kilomètres une meute de poursuivants ayant nom Bobet, Coppi, Ockers, Kubler, excusez du peu, lors d'une étape de légende entre Brive et Agen. Plus de Fausto Coppi et de Gino Bartali arrivant au pied des Alpes avec 30 minutes de retard sur le maillot jaune et prenant le maillot le soir. Plus de Bobet attaquant dans Vars, soutenu dans la Vallée du Guil par son fidèle Deledda parti dès le départ de Gap, puis réussissant une formidable chevauchée solitaire, survolant les terribles cols de Vars et d'Izoard.

Cette année, on s'est enthousiasmé de la chevauchée victorieuse de Barguil, mais la bagarre a commencé seulement juste un peu avant la Casse déserte… Avec des « écarts » se comptant en quelques secondes. Bof...

Les moyens physiologiques : on se demande pourquoi ces gaillards sportifs jeunes, en pleine forme, ont besoin d'être suivis par des escouades de « médecins »... Le soupçon (??!!) de dopage est toujours là. Comme dans tous les sports professionnels d'ailleurs, football, tennis, rugby, athlétisme et autres. Pourquoi les autobus des grosses équipes sont-ils protégés par des vitres fumées et fermés comme des coffre-forts ? Les voleurs ayant toujours une longueur d'avance sur les gendarmes, beaucoup de traitement sont indétectables. Les « médecins » sont là pour faire en sorte que les coureurs « traités » respectent les périodes d'incubation, que les « traitements » se fassent dans des périodes précises avant les courses, que les éventuelles auto transfusions de sang se fassent dans la plus grande discrétion. Pas vu, pas pris. Et seuls les crétins se font prendre. Et pas question de balancer ! Sinon les lendemains seront durs pour la balance. Pareil pour les anciens champions s'ils ne veulent pas être éjectés du milieu qui est toute leur vie... Quant aux médias, les journalistes « sportifs » restent désespérément discret à ce sujet…

Le vainqueur, Froom, gagne sans avoir remporté la moindre étape. Sympathique et talentueux au demeurant ce coureur, qui fait l'effort de parler le français, chose très rare chez les anglophones. Mais un comportement de comptable… On peut s'étonner qu'un champion de cette classe n'ait cette année, gagné aucune course. Comme s'il avait été programmé pour être au top de sa forme uniquement pendant les trois semaines du Tour… Pas avant, pas après.

Les moyens techniques : Cette année, il y a commissaires à moto qui, paraît-il, détectent au moyen d'étranges tablettes, les éventuels moteurs électriques. Il est vrai que cette année, on n'a pas encore vu Froome faire comme dans la montée vers la Pierre-Saint-Martin, lorsqu'il a démarré comme s'il avait une mobylette ! Comme il l'avait fait au Ventoux en 2013. Ça donne à réfléchir. Les vélos peuvent être changés sans contrôle en cours de course. Ils sont rarement vérifiés à l'arrivée où, dans la cohue, il est très facile de remplacer un vélo « motorisé » par un vélo « propre »… Cette année, paraît que ça n'existe pas. On veut bien le croire.

Est-ce vraiment nouveau ? C'était mieux avant ? Plus propre ? Ça faisait rêver ? Le rêve n'a plus de raison d'être dans le monde du fric-roi. Et puis soyons honnêtes : où sont les champions, les « campionissimi » d'avant ? La plupart sont...morts, jeunes ! Bobet : mort. Coppi : mort. Koblet : mort. Anquetil : mort. Fignon : mort. Etc. Restent tout de même Poulidor, Thevenet et Mercx. Il faut croire qu'ils sont plus solides que les autres…

Oui mais cette année, on a eu droit à la télé à une princesse de la petite-reine, la lumineuse Marion Rousse ! Madame Galopin dans la vie civile. Compétence, humour, sérieux dans ses commentaires. Et pour cause : ancienne championne de France de cyclisme féminin, elle a reconnu avec son champion d'époux – Tony Galopin – plusieurs étapes, et plusieurs cols.

Votre sourire, jolie Marion, a éclaboussé de bonheur ce Tour de France ! Mille mercis.


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23/07/2017

Ouiquinde érotico-gastronomique d'été.

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 Charlotte

 

Lorsque l’air surchauffé tremble au soleil lion

Qui calcine la plaine au feu de ses rayons,

En émergeant de l’ombre, Charlotte vient au puits

Et plonge son amphore dans l’eau fraîche qui luit.

 

Cambrée, les bras au ciel, elle ôte sa chemise

D’un geste coutumier mais d’une grâce exquise.

Voluptueusement elle fait couler l’eau

Qui caresse ses seins, et ses reins, et son dos.

 

Pâmée, les yeux mi-clos, secouant sa crinière

Elle crée une aura de perles de lumière.

Arquée comme une harpe, elle s’offre à Phébus.

 

Tapi dans un fourré, mon cœur, mes sens s’enflamment,

Fascinés de désir pour la fleur de lotus

Qui orne la vallée qui fait d’elle une femme.

 

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La lotte au safran

 

- Au lieu de te planquer pour mater la Charlotte

Pourquoi pas l’inviter, Victor ? C’était plus franc !

Ce qu’il te fallait faire, c’est une queue de lotte

Que tu lui cuisinais à l’ail et au safran.

Pour séduire Charlotte en un repas intime

Il faut, évidemment, lui faire un peu de frime.

Sur le bord de son puits, pose un bouquet de fleurs !

Chante-lui une aubade ! Montre-toi enjôleur !

Mets-toi à ses genoux ! Mieux encor, fais-la rire,

C’est souvent le moyen le plus sûr pour séduire.

- Oh ! Lâche-moi la grappe, car pour le baratin

J’en remontrerais même à un Napolitain !

Dis-moi plutôt comment je fais cette baudroie,

C’est le nom de la lotte, ici, dans nos endroits.

- Prends une queue de lotte d’une livre et demi

Faut être généreux, fais pas d’économies.

Demande au poissonnier d’enlever l’os central,

Il n’y a pas d’arêtes dans ce drôle d’animal.

Au mortier tu écrases un ail et du persil

Quelques grains de cumin, du safran en pistils

Allonge l’appareil d’un peu d’huile d’olive

C’est la plus parfumée et la plus digestive.

Tu en mets à chauffer aussi dans ta cocotte.

Sur ton plan de travail, étends tes demi-lottes,

Tu garnis l’intérieur de ta préparation,

Sales légèrement, reformes le poisson

Enfin, avec du fil, tu le brides serré

Tu le mets en cocotte et tu le fais dorer.

Puis tu baisses le feu et fais cuire à feu doux,

Tu le tournes et surveilles, vingt-cinq minutes en tout.

Puis tu réserves au chaud sur le plat de service.

Déglace ta cocotte au Beaumes-de-Venise

Rajoute du safran en pistils ou en poudre

Puis un jet de Cognac, mais pas un dé à coudre,

Un peu de crème fraîche pour donner du liant

Tu nappes ton poisson et sers ce plat friand.

Tu verras pétiller dans les yeux de ta belle

Des promesses de joie, d’amour et de dentelles.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 queues de lotte d'une livre et demi chacune, - 3 gousses d'ail, - 1 bouquet de persil plat, - 1 cuillerée à café de cumin en poudre, - 12 pistils de safran, - 3 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - 3 cuillerées à dessert de fleur de sel de Camargue, - 1 petit pot de crème fraîche, - 1 verre de Beaumes-de-Venise, - 1 verre de Cognac.

 

Les vins conseillés:

Ce plat de poisson à la saveur puissante s'accommode parfai­tement de vins blancs ayant du caractère: Côtes-du-Rhône de Laudun, Villedieu, Lirac, St-Hilaire-d'Ozilhan, Châteauneuf-­du-Pape.

Coteaux-du-Languedoc de La Clape, Picpoul de Pinet, Clairette-de-Bellegarde.

Côtes-de-Provence de Palette, Coteaux-varois de Salernes, Saint-Maximin, Bellet.

Il accepte aussi parfaitement des vins rouges frais: Côtes-du ­Rhône d'Estézargues, Côteaux-d'Avignon, Chusclan, Roche­gude, Saint-Maurice-sur-Aygues, Sablet. Costières-de-Nîmes. Coteaux-du-Languedoc de St-Drézery, Saint-Christol ou encore le "vin d'une nuit" de Saint-Saturnin. Coteaux-varois de Tour­ves, Barjols, Nans-les-Pins.

 

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22/07/2017

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Enigme

Je vis un jour dans l'île fortunée
Un petit mont qu'on ne peut trop chérir ;
II a des fleurs tous les mois de l'année,
Et quelquefois est neuf mois sans fleurir :
Vers le penchant un sentier le partage,
Tout rebordé de roses à l'entour ;
Là, dans un temple, au milieu d'un bocage
On va traiter les mystères d'amour.

Le pèlerin peu de temps y demeure,
Pour la santé c'est un lieu dangereux ;
Si par hasard il advient qu'il y meure,
II ressuscite, et refait d'autres vœux.
De ce coteau découle une fontaine ;
On le cultive, il est ensemencé :
En y montant souvent on perd haleine,
On en descend toujours fort harassé.

 

Denis Sanguin de Saint-Pavin

 

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20/07/2017

La gamelle dans tous ses états (généraux).

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Les producteurs de melons, comme ceux d'abricots, jettent leur production. Un scandale et une honte. Mais aussi une réalité qui décourage, pousse à la ruine et souvent au suicide bien des agriculteurs. Concurrence « libre » mais faussée des produits équivalents espagnols se plaignent les exploitants français. C'est vrai et cela ne changera pas tant qu'une harmonisation sociale, fiscale et normative au niveau de l'Europe ne corrigera pas cette concurrence faussée. Ca, c'est un problème conjoncturel concernant un secteur précis de l'activité agricole. Mais il est un parmi une foultitude de problèmes constituant ce qu'il est convenu d'appeler « la crise de la filière agricole ».

Les producteurs de lait ne sont pas mieux lotis. Le prix du lait est le même que celui qu'on leur payait en...1991 ! A cette époque, une vache rapportait autant qu'un hectare de blé. Aujourd'hui, il faut 7 à 8 vaches pour égaler le produit d'un hectare de blé…

Et que dire des filières porcines, volaillères, ovines, bovines. Partout la crise qui peut se résumer en une phrase : le prix offert par les metteurs en marché est souvent inférieur au prix de revient des producteurs. En 2016, un agriculteur sur deux a « gagné » moins de 350 euros par mois ! Résultats : la crise, la ruine des exploitations à taille humaine, les suicides et le glissement inéluctable vers une agriculture industrielle dont l'exemple étasunien donne un exemple effrayant : usines à viande auprès desquelles notre « ferme à mille vaches » est un doux havre écolo, fruits et légumes OGM bourrés de pesticides, etc. C'est le triomphe de la « malbouffe ».

Face à cet état de fait, pour concrétiser une promesse électorale de Macron, s'ouvre ce jeudi à Bercy « les Etats généraux de l'alimentation ».  « Je veux redonner un pouvoir de négociation aux producteurs face aux industriels », martelait le maintenant Président lors de sa campagne présidentielle. C'est bien de le dire, ce serait mieux de le faire. Face à eux qui se présentent en ordre dispersés, les producteurs ont la grande distribution mais aussi les transformateurs industriels. Et ils ne font pas le poids. Leur principal syndicat a longtemps été présidée par feu un ponte de cette industrie agro-alimentaire…

Ce pouvoir de négociation, les agriculteurs - désespérés par la mauvaise volonté quand ce n'est la mauvaise foi tant des industriels transformateurs que de l grande distribution – tentent de l'obtenir par des actions de « desesperados » en déversant leurs melons, abricots, pèches devant les hypers ou encore fumier et déchets devant les préfectures. C'est contre ces extrémités que ces « Etats généraux » doivent trouver des solutions.

Mais le public, l'acheteur final, le consommateur qui ne veut plus être un con-sommateur sont aussi appelés à donner leur avis. Non, pas à la table des négociation, faut pas rêver, mais par une consultation publique sur une plate-forme participative (egalimentation.gouv.fr) où chaque citoyen est invité à s'exprimer, avec des questions renouvelées au fil des semaines pour nourrir le débat en cours. Mais le fait que cette consultation du public soit prévue en plein été et à la rentrée plutôt qu'en amont des États généraux va rendre la participation pour le moins « difficile ». Et puis qui tient compte de l'avis du cochon de payant ?

Un premier bilan sera tiré fin septembre dans l'espoir d'avoir trouvé des solutions concrètes pour pacifier les relations entre producteurs et distributeurs. Juste à temps pour espérer peser sur le round annuel de négociations tarifaires entre industriels et distributeurs, qui s'ouvre tous les ans en octobre.

Bon courage…

 

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16/07/2017

Gastronomie dominicale: les aliboffis.

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Les aliboffis, vous connaissez ? C’est, en Provence, les couillons. Pas au figuré, non, les couilles, les testicules si vous préférez le terme politiquement correct. J’ai coutume de dire que « quand elles se vident, c’est le bonheur, tout le monde comprend pourquoi, et quand elles gonflent, c’est la rabia. »
Bon. Après ces petites précisions physiologiques, savez-vous que les aliboffis, c’est excellent à manger ?


Tè ! Je vais vous expliquez comment les faisait mon père (les aliboffis sont un plat que seul un homme peut cuisiner. Les femmes, on préfère qu’elles nous les caressent, bien que parfois elles nous les cassent… C’est dans leur nature, faut faire avec…)


Alors voilà. Chez votre tripier (on en trouve encore), demandez deux belles paires d’aliboffis d’agneau. Si vous êtes ambitieux et si vous ne craignez pas les comparaisons hasardeuses, demandez des aliboffis de taureaux (on en trouve à Arles, à Nîmes, à Dax, à Bayonne, à Vic, à Béziers pendant les Férias). Trempez-les deux heures dans l’eau froide pour les faire dégorger. Puis blanchissez-les une petite minute à l’eau bouillante salée. Sortez-les avec une écumoire, passez-les rapidement à l’eau froide, puis coupez-les en deux et enlevez la peau.
Dans un faitout, sur feu doux, mettez une cuillère à soupe d’huile d’olive. Lorsqu’elle est chaude, jetez-y quatre belles gousses d’ail pelées et écrasées avec le plat du couteau. Faites revenir juste le temps de boire un canon de rosé. Ajoutez un demi-litre d’eau et un verre de vin blanc, deux cuillères à soupe de concentré de tomate, une cuillère à café de harissa, une cuillère à café de cumin en poudre, autant de paprika, autant de sel et le jus d’un demi-citron. Pendant que ça monte à ébullition, coupez les aliboffis en dés grossiers d’environ trois centimètres. Jetez-les dans la préparation précédente lorsqu’elle bout. Couvrez et laissez cire à feu doux pendant vingt minutes. 89aa3257a98740e4346d406ff04b8307.jpgAprès ce temps, si la sauce est trop liquide, faites réduire à feu vif en maniant l’appareil délicatement à la spatule bois pour éviter que ça attache. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement qui doit être de haut goût. Servez très chaud en agrémentant la couleur avec du persil plat haché et des tranches de citron. Ce plat s’accompagne de riz blanc de Camargue. Avec un rosé bien frais, vous m’en direz des nouvelles !


Ah ! J’oubliais : prévoyez quelqu’un pour une petite sieste crapuleuse après ce met gaillard !


Vive les aliboffis !


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