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17/04/2014

Au bistro de la toile : l'apocalypse nucléaire pour l'Ukraine ?

chimulus bistro copie.jpg

 

 

 

- Oh ! Victor, je sais pas si tu touches la retraite, mais si c'est le cas, Valls va te raboter les miches !

 

- Bof. Demander un petit effort à tous les citoyens, est-ce grave docteur ? « De chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins » disait l'Autre, le célèbre barbu. Qui-a-t-il d'anormal à demander une solidarité de tous les citoyens ? La justice passe aussi par là. Et s'il me faut ne pas toucher quelques euros de plus par an, ça ne me trouera pas le cul. Alors je casquerai ma part, comme tout le monde. Évidemment, ce qu'il faudrait faire, c'est renverser la table européenne, remettre la Bismarkel à sa place, imposer à la banque européenne de s'intéresser AUSSI et SURTOUT au développement des pays européens, ne PAS PAYER la dette, éventuellement sortir de l'Euro ou, mieux, conseiller fermement à l'Allemagne de sortir, elle, de l'euro, etc. Mais ça, il n'y a qu'un gouvernement de gauche très couillu qui pourrait le faire. Ce qui n'est pas le cas puisque c'est la droite avec un masque de gôche qui nous gouverne...

 

- Mouais... On n'y est pas encore. Après tout, nos problèmes sont de la pisse de chat par rapport à ce qui nous guette avec les bruits de bottes à nos portes, en Ukraine.

 

- Exactement Loulle. Les gesticulations tant des Russes que des fantoches de Kiev manipulés par la CIA avec la complicité de la Pologne, de la Suède et de l'Allemagne, prennent un tour de plus en plus dangereux.

 

- Pourquoi manipulés, Victor ? Les Ukrainiens en avaient ras les aliboffis de se faire exploiter par les « zoligarkes » et ils ont cassé la baraque.

 

- Exact, maisl'Ukraine regorge de richesses et a les terres les plus riches du monde. D'ailleurs les fonds prédateurs yankees, allemands, anglais et même français investissent à tour de bras, achetant des milliers d'hectares mais pas seulement. Ces dernières années des dizaines d'ONG, de fondations, d'instituts de recherche européens, américains et canadiens, ont envahi la vie politique ukrainienne, la vie culturelle et les médias. Toutes sortes d'organisations plus ou moins bidons qui sont autant de portes d'entrée pour les affairistes rapaces et les fauteurs de troubles de la CIA, qui a investi 5 milliards en dix ans pour armer, entraîner, exciter idéologiquement les nazillards locaux. Tout ce beau monde a acheté les principales chaînes de télévision et de radio du pays, tandis qu'une partie du pognon a servi aussi à financer les groupes paramilitaires que nous avons vu à l'action place Maïdan. Parce qu'à côté des révoltés sincères il y avait aussi d'authentiques fachos qui arborent sans complexe leur nostalgie nazie et qui, maintenant, forment la structure du « gouvernement » de Kiev.

 

- Liberté, liberté chérie-e, mon cul, quoi !

 

- Bien sûr. Enfumage que tout ça. Depuis la chute de l'URSS, les Zoccidentaux n'ont pas cessé d'humilier les Russes. Ils les encerclent, les isolent, les menacent par l'Otan. Les Russes ont un projet pour faire contrepoids à l'Union européenne. C'est ce qu'ils appellent « l'Union eurasienne » avec la Bielorussie, le Kazakstan et donc l'Ukraine. Sans l'Ukraine, ce projet est mort-né. Ce qui donne un nouvel éclairage au soutien de l'Europe et des Zétazunis à la révolte des Ukrainiens de l'ouest. L'intérêt des Zoccidentaux est évidemment de bloquer ce projet russe de façon à étendre son marché, avoir accès aux ressources et aux matières premières ukrainiennes, puis à terme – poussé en cela par les USA, l'intégration du pays dans la grosse larve Europe-marché et enfin dans l'Otan, machine de guerre des multinationales yankees.

 

- Et c'est pour ça que les crapules qui nous gouvernent risquent une confrontation avec l'ours russe ?

 

- Ben oui... En oubliant que Poutine a un côté mégalo barjo et qu'il n'hésitera pas à utiliser toutes ses armes s'il se sent sérieusement menacé, par des provocations de l'Otan par exemple. La menace de l'Otan, pour lui, à présent, est à 500 km de Moscou ! L'ours acculé est très, très dangereux.

 

- TOUTES ses armes... Putaing, ça file le tracsir Victor.

 

- Eh ouais. On omet de parler d'une évidence lorsqu'il s'agit de la situation en Ukraine : c'est que la Russie est la deuxième puissance nucléaire mondiale. Elle possède 5200 têtes nucléaires, les USA en ont 5400, la France 300, Israël 200, le Royaume-Uni 160, la Chine 130, l'Inde et le Pakistan 50 à 60 chacun, sans oublier la Corée du nord avec de 6 à 12 têtes. Lien Il y a là de quoi éradiquer la vie sur la terre entière. La puissance de destruction de plus d'un million d'Hiroshima. Si ça pétait Loulle, dans les premières minutes, on compterait 1,5 milliard – ouais, milliard – de morts sous l'effet des explosions, du souffle, de la chaleur, de la radioactivité, des tsunamis. Ceux-là seraient vernis d'être pulvérisés en un dixième de seconde. Les 6 milliards d'autres regretteraient de respirer encore. Irradiés, brûlés, choqués, malades, ils erreraient sur une terre que le soleil ne toucherait plus, atmosphère pourri étant saturé de poussières radioactives, de fumés des incendies, des milliards de tonnes de terre soulevés. Une chape de nuit. La température qui chute à moins 10, moins 15 degrés, les rivières, les fleuves, les lacs, et même la mer gèlent. Pas de lumière, pas de photosynthèse, donc plus de plantes. Les derniers animaux crèveraient et seraient bouffés, comme les hordes humaines poussées à l’entre-tuer pour les quelques boites de conserves des hypermarchés éventrés. Avant de l’entre-dévorer...

 

- ...taing ! T'es pas gai aujourd'hui Victor.

 

- Réaliste Loulle. Réaliste seulement. Au bout de quelques mois, d'un an peut-être, la poussière retomberait sur une monde d'apocalypse. Alors, la couche d'ozone ayant été détruite, les ultra-violets achèveraient les derniers animaux, et surtout ces animaux à deux pattes, pelés, prétentiards et capables de toutes les prouesses pour s'autodétruire. Resteraient tout de même quelques millions de cafards, de scorpions, d'araignées, de cloportes, de crabes poilus, de ginko, d'algues, de moisissures, etc. Après quelques millions d'années, peut-être qu'une chaine évoluerait vers la vie consciente. Avec, je l'espère, au sommet, quelque chose de moins kon que l'Homme...

 

- ...taing ! Allez, buvons un coup Victor. C'est peut-être le dernier...

 

- A la nôtre Loulle ! La konnerie humaine est vraiment la seule approche que l'on puisse avoir de l'infini...

 

 

Octidi 28 germinal 222

 

Illustration: merci à Chimulus

 

16/04/2014

OGM : les députés les interdisent, les semenciers en contaminent sournoisement le France.

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Les députés français ont adopté mardi une proposition de loi socialiste qui prévoit d'interdire la culture du maïs transgénique en France . Les groupes de gauche ont voté ce texte présenté par le groupe PS. Le groupe UDI avait laissé la liberté de vote à ses membres. Seul le groupe UMP a voté contre. Cette proposition de loi reprend dans son intégralité une proposition de loi du sénateur PS Alain Fauconnier, que le Sénat avait rejetée le 17 février par 171 voix contre 169. Le groupe socialiste de l'Assemblée avait alors décidé de déposer immédiatement une nouvelle proposition de loi, le but de ce texte étant d'interdire le maïs transgénique avant la période des semis, notamment le MON810 de Monsanto et le Pioneer TC1507 de DuPont et Dow Chemical.

 

Le texte dispose que la mise en culture de variétés de maïs génétiquement modifié est interdite et précise qu'en cas de non-respect de cette interdiction, l'autorité administrative peut ordonner la destruction des cultures concernées.

 

C'est bien. Mais les semenciers pro-OGM, lorsqu'on les met à la porte, tentent d'entrer par la fenêtre. Greenpeace dénonce une pratique aussi sournoise que criminelle, qui a fait ses preuves au Brésil et en Espagne : contaminer « accidentellement » des champs de ma>ïs ordinaire ave des grains OGM.

 

Qu'on en juge :

 

« Les OGM contaminent aussi la France !

 

Six OGM différents ont été détectés dans des semences de maïs “certifiées sans OGM” vendues en France en 2013 et 2014 par le semencier espagnol Semillas Fitó ! Une situation inacceptable que nous dénonçons, alors que la loi sur l’interdiction du maïs OGM en France est en débat cet après-midi même à l’Assemblée nationale.

Six OGM détectés dans des semences de maïs “certifiées sans OGM”

Nous avons fait tester par le laboratoire indépendant Eurofins, 3 échantillons aléatoires de semences de maïs d’environ 3 kilos, commercialisés en 2013 et 2014. Le laboratoire y a détecté les OGM suivants :

- 3 OGM différents dans l’échantillon de maïs ORDINO de 2014 : les TC1507, MIR604 et DAS-59122 ;

- 6 OGM différents dans l’échantillon de maïs ORDINO de 2013 : les MON810, MON863, NK603, TC1507, MON88017, DAS-59122 ;

- 2 OGM différents, dans l’échantillon de maïs TAUSTE de 2013 : les TC1507, DAS-59122.

 

Des agriculteurs français floués

Ces OGM ont été vendus, semés et cultivés dans les champs, on ne sait où en France, à l’insu d’agriculteurs qui ne souhaitaient pas planter d’OGM ! Ils ont été trompés par ce semencier, et ce maïs contenant des OGM se retrouve donc potentiellement dans notre alimentation.

Notre demande est claire : les semences de maïs incriminées doivent être immédiatement retirées du marché, le gouvernement doit mettre en place de réelles mesures de contrôle, et sanctionner sévèrement les infractions à ces règles.

Nous le répétons : la coexistence entre cultures OGM et non- – OGM est impossible !

La loi interdisant la culture de maïs OGM en France, en débat cet après-midi à l’assemblée nationale, est à la fois une nécessité et une urgence. Mais cette loi ne sera pas suffisante : pour lutter efficacement contre les OGM, la France doit agir au niveau européen pour renforcer l’évaluation des OGM et s’assurer qu’elle prenne en compte l’ensemble des impacts sanitaires à long terme, environnementaux et socio-économiques.

Les semenciers sont manipulateurs et peu scrupuleux. En effet, dans certains cas comme au Brésil, les semenciers et lobbies pro – OGM ont introduit ces cultures dans les champs, contaminant les cultures alentour, et utilisant la contamination pour obtenir, de fait, l’autorisation de mise en culture ! S’agit-il d’une manœuvre de plus des semenciers et lobbies pro-OGM pour les faire entrer coûte que coûte les OGM dans les pays qui n’en veulent pas ?

Nous refusons cette fatalité ! Et nous vous donnons le pouvoir de dire non en commençant par interpeller les marques qui utilisent encore des OGM dans la fabrication de leurs produits ! »

 

agriculture.greenpeace.fr/les-ogm-contaminent-aussi-la-france

 

Septidi 27 germinal 222

 

Illustration: merci à Charb

 

 

15/04/2014

Élections européennes : et si on reparlait des « travailleurs détachés »

travailleurs détachés par Aurel.jpg

 

 

Bientôt les élections européennes… Mouais. Ça me fait penser à la fameuse directive sur les « travailleurs détachés » qui fout une zone pas possible en autorisant toutes les magouilles possibles en matière de travailleurs « bas coût ».

 

Mise en œuvre en 1996 pour répondre au défi posé par l'intégration de trois pays où le coût du travail était peu élevé, l'Espagne, la Grèce et le Portugal, la directive 96/71 concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d'une prestation de services a fait émerger le principe d'application du droit du pays d'accueil. Aux termes de ce principe, les entreprises prestataires de service doivent rémunérer les salariés qu'elles détachent aux conditions du pays dans lequel se déroule le contrat, sauf à ce que le droit du pays d'envoi soit plus favorable. Mais l'absence de dispositions concrètes en matière de contrôle au sein de la directive de 1996, avec l'arrivée des pays de l'ex Europe de l'Est ,a donné lieu à une véritable explosion de la fraude au détachement. Tous les chantiers d'importance en France, comme dans les autres membres « riches » de lU.E., sont gangrenés par les bataillons de travailleurs « bas coût » en provenance de Hongrie, de Roumanie, de Pologne, de Tchéquie, de Slovaquie, des anciens pays baltes. Avec pour conséquence immédiate une explosion concomitante du nombre des chômeurs français sur les secteurs concernés ?

 

Une première « victoire » auprès du Parlement européen a eu lieu au mois de décembre dernier : - liberté pour chaque pays de déterminer lui-même les contrôles qu’il estime nécessaires sur la situation des « travailleurs détachés » sur son territoire ; - responsabilisation de l’entreprise donneuse d’ordre solidairement avec ses sous-traitants. Mais c'est une victoire à minima, puisque ne s'appliquant qu'au secteur ,du bâtiment. Et cette décision n'est nullement définitive tant la création d'une directive européenne est complexe, mettant en action la Commission, qui propose la directive, le Parlement, qui la vote ou non, le Conseil de l’Union européenne, qui rassemble les ministres des États membres. Si aucun accord n’est trouvé après deux lectures, débute une phase de conciliation. Autrement dit de magouilles. Les débats en séance plénière sont totalement inefficaces : comment mettre d'accord 751 députés et animer un débat en 28 langues ? D'autant plus que les lobbys interviennent à tout bout de champ, sous prétexte d'apporter leur « expertise », auprès des commissaires, des députés, des ministres, bref de tout ce qui a une responsabilité donc un pouvoir à se mettre dans la poche, au besoin en l'achetant !

 

C'est là qu'intervient une phase occulte : les « trilogues » qui sont des réunions informelles regroupant discrètement de petites équipes de négociateurs représentant chaque institution (commission, parlement et conseil de l'union). Ces gens se rencontrent dans des lieux discrets, voire des salles réservés de quelques bons restaurants ! Le caviar, le tournedos Rossini et le Bourgogne aident fortement à concilier les points de vue... Voilà comment se joue le devenir de millions de travailleurs de l'Europe Unie !

 

Les plus puissants lobbyistes profitent de ces réunions pour avancer leurs pions. Résonnent alors discrètement mais avec insistance les coups de fil des Chambres de commerces européennes, d'Apple, de Microsoft, d'Amazon et autres poids lourds pour lesquels les « détachements » de travailleurs sont fort juteux. Ils sont d'autant mieux écoutés et entendu que le commissaire en charge de l'emploi, le Hongrois Lazlo Andor ne cache même pas ses préférences : « Mais cette directive est justement faite pour proposer des travailleurs bon marché ! Vous n’allez tout de même pas tuer le bébé » Puis lorsque tout ce beau monde s'est mis d’accord dans la plus grande opacité, le texte est proposé en séance plénière et, évidemment, adopté.

 

Après quoi dans cette Europe dévoyée par l'ultralibéralisme, les entreprises sont libres de jouer sans vergogne la concurrence entre les peuples. Et ceux-ci n'ont plus qu'à en baver.

 

Voilà entre autre pourquoi il faudra aller voter aux élections européennes. Pour mettre en place un maximum de députés de partis aptes à faire bouger le cocotier européen. En d'autres termes, il faut faire en sorte que la droite européenne soit battue. On peut toujours rêver...

 

 

Sources : http://www.monde-diplomatique.fr/2014/04/A/50341

 

Sextidi 26 germinal 222

 

Illustration: merci à Aurel

 

 

14/04/2014

Laisserons-nous « Valsser » la Sécu ?

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François lui en a donné l’ordre, Valls va le réaliser : faire d’énormes cadeaux aux entreprises avec du pognon pris dans la poche des ménages. Avec en corollaire un danger mortel pour l’une des principales conquêtes de la Libération : tuer la Sécu. Depuis des décennies le patronat en rêve, Valls – sur instruction de Hollande - va-t-il le faire ? Ce rêve cauchemardesque, c’est donner de plus en plus de part de l’énorme gâteau de la protection sociale aux assurances privés. Hollande, Valls, Sarko, Gattaz, Bébéar, même combat…

 

Les mesures massives d’allègement de cotisations sociales seront payées par qui ? Soit on laisse le bébé à la Sécu, augmentant d’autant son déficit ; soit l’Etat compense au sou près les cotisations qui ne seront plus payés par les entreprises, transférant ainsi à l’impôt c’est-à-dire à tous, ce qui est logiquement dû par les entreprises, ce salaire différé que l’on salit en l’appelant « charges ». On délégitime ainsi les prélèvements sociaux qui finance la Sécu, préparant par la même la privatisation dont rêve le Medef.

 

Par ailleurs, cette disposition va avoir une conséquente désastreuse sur les salaires. Mettez-vous à la place des patrons : il faudrait être plus kon que la moyenne pour embaucher quelqu’un au-dessus du Smic, ce qui revient à payer des cotisations alors qu’au Smic et légèrement au-dessus, il ne paiera rien ! Résultat, les salaires vont tous être réajustés au niveau du Smic ! La paupérisation à l’anglaise ou à l’allemande va proliférer. Et en avant vers l’esclavage ! Quant à la Sécu, privée de ses ressources, elle va se déglinguer, retournant l’opinion contre elle, puis elle tombera en ruine, sous les vivats des requins de l’assurance privée. La « social démocratie » vu par Hollande et Valls est elle différente de l’ultralibéralisme  à la Sarko, Merkel et Cameron ?

 

Ainsi 10 milliards « d’économies » seront prélevés sur la Sécu, plus 11 autres milliards sur « notre système de prestation », formule vaseuse pour dire encore une fois sur la Sécu. Ce qui se traduit ainsi : la Sécu financera les deux tiers des 30 milliards refilés aux entreprises. Qui en fera les frais ? Les assurés sociaux qui verront progresser le discret « reste à charge », c’est-à-dire ce qui n’est payé ni par la Sécu ni, par les mutuelles mais par le cochon de payant… L’ogre de la privatisation de la Sécu aiguise ses crocs…

 

D’ailleurs la nouvelle législation européenne sur les marchés publics conforte cette dérive vers la privatisation. En effet pour le Parlement européen, il convient « d’encourager une concurrence équitable et de permettre un meilleur rapport qualité-prix » en ouvrant au maximum les marchés publics au secteur public, y compris l’ouverture à la concurrence des services de sécurité sociale obligatoire ».

 

La directive sur la passation des marchés publics ne fait pas mystère des intentions d’ouvrir à la concurrence les services de sécurité sociale obligatoire dans son article 74 (Attribution de marchés pour des services sociaux et d’autres services spécifiques) et son annexe XVI.

 

La directive permet à un « Etat de l’Union européenne [qui le] souhaiterait – dans le cadre de son autonomie en la matière – [d’] organiser certains services de sécurité sociale à travers un contractant.. »

 

Ainsi un Etat membre pourra construire son marché des services de sécurité sociale en respectant les règles de la concurrence libre et non faussée en matière de services de sécurité sociale obligatoire. C’est la privatisation de la Sécu.

 

On est loin de «l'esprit de Philadelphie».A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les vainqueurs ont dessiné des règles financières et monétaires, pour assurer la stabilité du monde et le développement économique, notamment au travers des accords de Bretton Woods, et une déclaration adoptée par l'Organisation internationale du travail et connue sous le nom de Déclaration de Philadelphie. Elle est, en quelque sorte, le pendant social des accords financiers de Bretton Woods.

 

Texte fondateur, cette Déclaration de Philadelphie affirme que «le but central de toute politique nationale et internationale» doit être la justice sociale. Défendant le principe que «le travail n'est pas une marchandise» et que «la pauvreté, où qu'elle existe, constitue un danger pour la prospérité de tous», cette déclaration ajoute: «Tous les êtres humains, quels que soient leur race, leur croyance ou leur sexe, ont le droit de poursuivre leur progrès matériel et leur développement spirituel dans la liberté et la dignité, dans la sécurité économique et avec des chances égales; la réalisation des conditions permettant d'aboutir à ce résultat doit constituer le but central de toute politique nationale et internationale.» lien 

 

Quintidi 25 germinal 222

Photo X – Droits réservés

13/04/2014

Gastronomie dominicale : la bouillabaisse !

bouillabaisse web.jpg

 

 

 « Pour faire une bonne bouillabaisse

Il faut se lever de bon matin

Préparer le pastis et sans cesse

Raconter des blagues avec les mains…

 

Ainsi dit le refrain devenu immortel

Depuis qu'il fut chanté par le grand Fernandel.

Avec beaucoup d'humour, talent et allégresse

Il dit tout ce qu'il faut pour une bouillabaisse.

Ce fleuron flamboyant des tables de Marseille

Populaire partout au pays de Mireille.

Je vais vous raconter celle de Juvénal

Qui, bien que président auprès du Tribunal,

Était un personnage hautement sympathique

Dont les seules rigueurs étaient gastronomiques.

Devant le Roucas-blanc, des amis dévoués

Installaient son quintal dedans le tranvoué.

À l’époque, il roulait encore sur des rails,

Ses passagers riaient, galégeaient, sentaient l'ail.

Les trous de la chaussée remuaient les wagons,

Particulièrement le dernier des fourgons,

À tel point qu'à Marseille, en parlant d'une fille

Ayant l'arrière-train sur roulement à billes

On disait: « Celle-là elle bouge les miches

Presqu'autant que le tranvoué de la Corniche! »

 

Arrivé au Vieux Port, Juvénal descendait

Et, suivant sa bedaine, en quelques embardées,

Saluant les chalands sans faire de façons,

Il gagnait le superbe marché aux poissons

Où pointus marseillais (1) et bettes martéguales (2)

Débarquaient la marée du profond de leurs cales.

Juvénal inspectait l'étal des poissonnières,

De solides matrones, fortes en gueule et fières,

Justement redoutées par clients et pêcheurs

Parce qu'intransigeantes sur l'état de fraîcheur

Des poissons colorés qu'elles mettaient en vente.

Leurs bordées de paroles pouvaient être violentes!

Juvénal s'arrêtait devant Berthe Chouli

Une maîtresse femme nourrie aux raviolis,

À la pastasciuta (3) et aux chichi-frégi (4),

Aussi large que haute: cent kilos d'énergie.

Ils se congratulaient de façon très mondaine

En se claquant le dos, ventre contre bedaine.

Juvénal commandait à sa chère acolyte :

- « Berthy, servez-moi bien: ce soir j’ai mes petites !

- Je vous mets un beau loup, des vives et du fiala (5),

Une queue de baudroie, un saint-pierre un peu là !

Des roucaou (6), des rascasses, un kilo de favouilles (7)

Qui donnent si bon goût quand on les écrabouille,

Deux langoustes en vie. Vé ! Si elles sont belles !

Et puis, zou ! en cadeau, deux poignées de girelles.

- Aco vaï ben (8), Berthy. Je vous aime beaucoup !

Vous me préparez ça, le temps de boire un coup ... »

Juvénal s'en allait vers les terrasses peintes

Déguster un violet en buvant son absinthe.

Enfin, l'air réjoui, content de ses emplettes,

Il reprenait le tram vers son repas de fête.

Maître de la cuisine pour cette bouillabaisse,

Il chassait ses "petites" en leur claquant les fesses

Affectueusement. Chantonnant l'Opéra,

Sans quitter son chapeau, la canne sur le bras,

Il vidait, écaillait et lavait les  poissons.

Selon leur gabarit les coupait en tronçons.

Puis lorsque tous étaient nettoyés et parés

Enfin il les rangeait en deux plats séparés.

Dans l'un les poissons tendres à la chair délicate:

Loups, Saint-Pierre, roucaou, poissons aristocrates.

Dans l'autre les plus fermes: fiala, vives, baudroie,

Langoustes et favouilles, poissons que l'on rudoie.

Au fond d'une marmite, Juvénal disposait

Trois oignons émincés, beaucoup d'ail écrasé,

Trois tomates pelées, écrasées au mortier,

Férigoule et fenouil, zest d'orange et laurier,

Dessus il déposait son choix de poissons fermes,

Un verre de bonne huile d'olive de la ferme,

Du poivre du moulin et du safran en brins,

Quelques grosses pincées de bon gros sel marin.

Il mouillait tout cela avec de l'eau bouillante,

Juste un doigt au dessus, c'est la valeur courante.

Il enlevait alors les ronds de la "Rosières" (9),

Pour que la flamme entoure son oulo (10) presqu'entière.

Il montait ça au bouilh (11), cinq minutes, à feu vif,

Alors il ajoutait les poissons de récifs.

Encore cinq minutes de grosse ébullition

Pour bien amalgamer l'huile avec le bouillon.

- « Ma bouillabaisse est prête. Humez-moi ce parfum !

C'est toute la Provence, la mer et ses embruns! »

Il versait le bouillon, fumant dans la soupière,

Sur du pain frotté d'ail et en tranches entières.

Il servait les poissons à part, sur un grand plat.

Et tous appréciaient ce repas de gala.

Un grand Châteauneuf blanc servi dans du cristal

Sublimait les saveurs du plat de Juvénal.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

3 petits loups (un kilo en tout), - 1 demi kilo de fiala (congre) pris dans le ventre. - 1 kilo de poissons de roches (vives, girelles, roucaou ),1 saint-pierre (5 à 700 g), - 1 queue de baudroie (800 g), - 1 kilo de favouilles (petits crabes), - 1 langouste (pas obligatoire), - 3 ou 4 tomates, - 3 oignons, - 4 gousses d'ail, - 3 cuillères à soupe de gros sel marin, - poivre noir du moulin, - safran en brins, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 3 branches de fenouil. - 1 zeste d'orange. - un grand verre d’huile d'olive.

 

Les vins conseillés:

Les vins blancs frais, joyeux et embaumés de Cassis sont le complément naturel de la bouillabaisse. On peut les remplacer avec bonheur par des blancs de Bandol, de La Ciotat, de Draguignan, de Vidauban, de Pierrefeu. Tous les grands vins blancs secs de la vallée du Rhône: Saint-Peray, Châteauneuf-du-Pape, Saint-Gervais, Uchaux, Laudun, Villedieu, Saint­Victor-Lacoste, Pujaut.

Les blancs puissants et parfumés des Coteaux du Languedoc de Quatourze, La Clape, La Méjanelle, Picpoul de Pinet

 

(1) Pointus marseillais: bateau de pêche à étrave pointue e tfond en forme. Commun à tous les pêcheurs de la Méditerranée. Une forme qui n'a pas changé depuis les phéniciens et les grecs.

(2) Bette martégua!e : bateau de pêche pointu mais à fond plat, originaire de Martigues.

(3) Pastacciuta : plat de pâtes à l’italienne.

(4) Chichi-frégi : beignet marseillais enforme de boudin à hase de farine de pois-chiche cl l'origine, de froment à présent.

(5) Fiala : congre.

(6) Roucaoû : poisson de roche .

(7) Favouilles : petits crabes de la Méditerranée.

(8) Aco vaï bèn : ça va bien.

(9) Rosières : marque de cuisinière en fonte.

(10) Oulo : récipient de cuisson métallique profond, qu’on suspend au dessus de la cheminée ou que l’on pose sur la cuisinière.

(11) Bouilh : ébullition.

 

Quartidi 24 germinal 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

12/04/2014

Ouiquinde érotique autocoïtal

bitenpierre.jpg

 

Le Godemiché

 

Un libertin de qualité, 
Ministre à Versailles, cité 
Pour sa passion protectrice 
Des talents et de la beauté, 
Protégeait une jeune actrice
Chez elle, du matin au soir
(La nuit n'était pas son office),
Il avait pu surprendre et voir
Les mille secrets, l'artifice
De la toilette et du boudoir,
Du théâtre et de la coulisse :
Faux cheveux, faux teint, faux joyaux,
Beaux masques pour tous les défauts,
Postiches de tout nature,
De cet arsenal si complet,
Il avait fait, dans maint couplet,
La piquante nomenclature,
Quand il s'aperçut, à la fin,
Qu'il y manquait certain engin
Dont le solitaire exercice
Peut soulager mainte novice.
Donc il s'en vient un beau matin
Présenter à sa demoiselle
Un parapilla grand modèle,
Par Vaucanson même inventé
En lui disant : - Ma toute belle,
A l'image de la beauté
J'offre, pour orner sa chapelle,
L'image de la volupté.
Il croyait, par cet épigramme,
Interloquer la jeune femme,
Qui le prenant au sérieux,
Sur le charmant joujou s'élance,
En fait l'essai délicieux,
S'agite et se pâme à ses yeux...
Puis, enfin, rompant le silence,
S'écrie avec naïveté :
- Je rends grâce à votre Excellence ;
En effet, cette ressemblance
Vaut mieux que la réalité.
Qui fut penaud ? Mon gentilhomme.
S'en facha-t-il ? Oh ! que non pas.
Au contraire, et c'était le cas,
Il mit l'histoire en couplets, comme
Sait les faire Maurepas.

 

 

Barthélémy Imbert

 

Tridi 23 germinal 222

 

Photo X - Droits réservés

 

11/04/2014

Oh ! Mariano ! Ne ramène pas ta fraise ! C’est de la merde…

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Je viens d’acheter deux barquettes de superbes fraises de Carpentras. Humm ! Un petit producteur, en ayant ras le cul de se faire exploiter par les grandes surfaces, les vends à un prix très correct – 3 euros la barquette d’un demi-kilo - au cul de sa camionnette. Et les clients ne s’y trompent pas !  Ça change de ces putains de « fraises » espagnoles qu’on trouve aux supermarchés ! T’as l’impression de croquer dans un bout de caoutchouc dur qui aurait un vague gout de tomates transgénique… Dégueulasse. Et les mecs, ils vendent ça en belles barquettes, autour de 2 € pièce. Comme ça ne paraît pas cher, les bons kons achètent.

 

Seulement voilà, ces saloperies sont le nec plus ultra de la  merde. Elles arrivent du sud de l’Espagne et ont donc parcourues au bas mot 1.500 à 2.000 bornes en camions crachant leur gazole à la tonne. Près de 90.000 tonnes chaque année ! À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16.000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi totalité de ces merdes poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe. Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.

 

Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et

stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005… ! ! !); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.

 

Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main d'œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans papiers sous payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au cœur de l'hiver. Mais c’est qu’en plus ils polluent ces cons d’esclaves mon brave, en plus d’avoir les poumons pourris par les merdes qu’ils resporent et la peau vérolées par les pesticides !

 

Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans

la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.

 

La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sontsoit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place.

 

Quant aux esclaves, ils sont priés de se barrer, retourner chez eux ou s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu'ils ont respiré ...

 

La production et l'exportation de la fraise espagnole, l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril, représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises...

 

Mangez cinq fruits et légumes par jour qu’ils nous bassinent… Vous crèverez plus tôt, ça soulagera la sécu !

 

 

Duodi 22 germinal 222

 

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10/04/2014

Journées internationales de la semence du 1er au 4 mai en Ariège

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Au mois de janvier de cette année, la Confédération paysanne a réussi à arracher au Gouvernement une promesse à travers une déclaration claire : « il présentera un amendement afin que les semences de ferme ne soient plus concernées par la loi contre les contrefaçons ». Cette victoire est celle des paysans face à l'agro-industrie, elle est aussi celle des citoyens qui ne souhaitent pas céder leur droit à l'alimentation aux multinationales. Il convient évidemment de rester vigilant – les promesses n’engageant que ceux qui les croient – et de continuer à lutter pour que les droits des paysans d'échanger, ressemer et sélectionner leurs semences soient totalement reconnus.

 

Ce combat est mondial. Il faut le mener aussi en Europe où les puissants lobbys semenciers font la loi. Il faut savoir que des associations bien connues des jardiniers, comme Kokopelli ou Semailles , qui collectent, protègent et distribuent des semences traditionnelles, se retrouvent dans l’illégalité et à ce titre régulièrement poursuivis devant les tribunaux. Leur crime : commercialiser des semences de légumes et de fruits oubliés, qui font le bonheur des jardiniers mais…qui ne paient pas de redevance (de racket plutôt) aux semenciers. Ceci avec la complicité des pouvoirs publics à la solde des lobbys multinationaux qui sont derrière les semenciers. Ainsi les décisions de Bruxelles ont essentiellement pour but de protéger les profits des grosses multinationales semencières (Monsanto, Pionner, DuPont, Sygenta, Limagrain-Vilmorin, KWS, etc.)

 

Les semenciers ont pour cela fait une OPA sur le catalogue officiel qui fait force de loi en la matière, et s'ingénient à en évincer les variétés dites anciennes, car ces dernières reproduisent des graines parfaitement fiables pour reproduire la plante mère. Le hic, c'est que ces variétés qu'on peut ressemer ne rapportent donc plus d'argent au semenciers, qui ont donc intérêt à les faire disparaître au profit de leurs hybrides ! CQFD.

 

Il suffirait pourtant d'inclure ces variétés anciennes au catalogue officiel pour les commercialiser en toute légalité. Seulement voilà, elles se trouvent dans le domaine public et après 20 ans, si personne ne les a réinscrites au catalogue (ce qui coûte très cher !), elles en sont éliminées. A cause de cette réglementation, plus de 80% de la biodiversité en matière de semences a disparu…

 

Si ces problèmes essentiels vous intéressent, sachez que l’association Kokopelli, maintenant installée en Ariège, organise dans ce beau département (cher à mon cœur) les Journées internationales de la semence les 1, 2, 3 et 4 mai 2014 au Mas d’Azil. Ce grand festival de quatre jours est destiné à célébrer l’amitié en lançant une nouvelle coordination européenne des organisations dédiées à la sauvegarde de la diversité semencière, ainsi qu’à fêter la fertilité et l’abondance semencière que nous offre, de manière toujours renouvelée, la Terre mère.

Tous renseignements ici : http://kokopelli-semences.fr/journee_internationales_seme...

 

Primidi 21 germinal 222

 

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09/04/2014

TUEZ armés d’une VOITURE. Vous ne risquez rien ! Ou si peu…

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Yamina avait 19 ans. Toute la vie s’ouvrait devant cette jolie brune. Puis…

 

Puis, début 2011, devant le marché-gare de Nîmes, une automobile folle vient la percuter à pleine vitesse. Le conducteur de la voiture ne daigne même pas s’arrêter. Il fuit, abandonnant sa victime disloquée.

 

La fin d’une vie à son orée. Une famille dans une indicible douleur.

 

Le tueur, deux jours après, se rendra auprès des services de police. Il conduisait sans permis, en excès de vitesse et est un récidiviste de ce genre de fait. Se rendant deux jours après son crime, il n’a évidemment pas été possible de savoir s’il était sous l’emprise d’alcool ou de drogue au moment du meurtre. Car il s’agit bien de meurtre dans les faits, la voiture étant une arme par destination pour ce récidiviste.

 

Ce meurtrier a été jugé dernièrement et le jugement a été donné hier 8 avril.

 

Que croyez-vous qu’il se passât ? Le tueur, arrivé libre, est reparti libre : 2 ans de prison dont 18 mois avec sursis, les six mois restant faisant l’objet d’un aménagement de peine.

 

Autrement dit : RIEN ! Ou presque…

 

En France, armé d’une voiture – trop souvent arme mortelle par destination – on ne risque pas grand-chose, sinon rien si l’on tue quelqu’un, comme cette jeune fille qui ne demandait qu’à vivre.

 

On ne risque rien. Il fallait voir, sur quelques images de l’édition régionale de FR3Nîmes, le petit sourire goguenard sur le faciès abruti de supporter de foot du tueur a l’issue de ce jugement. Il fallait voir aussi le désespoir et la digne colère de la famille de la victime.

 

Le laxisme de la justice vis-à-vis de ces meurtres commis par des ivrognes abrutis armés d’une voiture est proprement insupportable. Il serait temps de revoir la loi en la matière et de considérer que la mort - donnée au moyen d’une voiture, conduite donc volontairement actionnée, par un individu récidiviste, alcoolisé ou drogué – ne relève pas de l’homicide involontaire, mais du meurtre, peut-être même prémédité lorsqu’il y a récidive, et donc devrait être passible de la Cour d’assise.

 

Coline Serreau sort ces jours-ci un documentaire qui dénonce l’irresponsabilité des automobilistes.

 

Et le laxisme complice des législateurs sous l’influence des marchands de gnôle et de bagnoles, qui le dénoncera ?

 

Et la vie volée des victimes, qui s’y apitoie ?

 

Et la désespérance des familles des victimes, qui s’y associe ?

 

 

Décadi 20 germinal 222

 

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08/04/2014

Microsoft nous le met sans vaseline!

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J’ai plusieurs ordis: un portable de 4 ans qui donne des signes de faiblesse. Normal, ils sont conçus pour foirer à cet âge-là. Il fonctionne sous Vista qui est une sombre merde. Mais c’est avec celui-là que je marne et que j'internette. J’ai deux bons vieux ordis tour que je n’utilise plus mais qui sont encore opérationnels. Plus un mini ordi, bien pratique pour voyager. Ils fonctionnent avec XP, excellent logiciel, simple, efficace, convivial, fiable. Eh bien Monsieur Microsoft fait en sorte qu’ils soient dangereux. Oh ! ils ne vont pas me sauter à la gueule, mais toutes mes données peuvent être désormais piratés (mots de passe, numéros bancaires, courriels, etc.). Monsieur Microsoft m’a OBLIGE à acheter son système d’exploitation, puisqu’il était (et est toujours) installé d’office dans les ordis. Bien sûr il y a Linux, mais je ne suis pas assez calé pour m’y risquer. Donc Monsieur Microsoft me tient par les couilles. Et Monsieur Microsoft, aujourd’hui, ne me laisse pas le choix : Victor, balance tes vieilles gueilles et aboule ton pognon pour nous acheter notre système window 8. Et ça, ça me gonfle sérieusement les aliboffis !

 

A partir d’aujourd’hui, plus de mise à jour de XP, donc plus de protection, porte ouverte à tous les hackers. Microsoft, dans sa grande mansuétude, nous fait savoir que son Os XP est maintenant six fois plus susceptible d’être infecté que ses autres Os. Merci not’bon maître ! Et je ne suis pas seul à me faire enfiler : un tiers des utilisateurs d’ordinateurs dans le monde se servent de XP !

 

Moi qui suis un mal-pensant invétéré, je ne puis m’empêcher de penser que Microsoft noircit volontairement la situation pour pousser au cul les réticents à acheter rapidos d’autres ordis équipés, de force bien sûr, de leurs nouveaux Os.

 

Bon. Je vais continuer à utiliser mes ordis sous XP, mais sans les connecter à internet ! Et j’envisage d’acheter un autre portable, que je ferai équiper en double avec Linux afin de m’y habituer. Après quoi je pourrais dire avec allégresse « merde » à Microsoft, comme je dis déjà merde à Internet explorer avec Firefox Mozilla, merde à Google avec Ixquick, merde aux publicités intempestives envahissantes avec adblock-plus.portalux.com/  

 

Nonidi 19 germinal 222

 

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07/04/2014

Au bistro de la toile : la Vallse-bachïngue.

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- Ah ! Victor. Je pense à la volatilité des sujets dont nous abreuve la presse-purée. Exit la Syrie, il ne doit plus y avoir de massacres puisqu'on n'en parle plus dans les lucarnes à décerveler. Exit la Crimée et l'Ukraine. Exit le foutoir mis en Syrie par le « guerrier-sauveur » Sarko et son bouffon BHL. Exit le Mali, exit la Centre-Afrique où nos troufions risquent leur peau pour, plus tard, probablement se faire pourrir comme ceux qui ont eu le tort de foutre leur nez dans la boucherie tribale rwandaise. On n'en parle plus, donc ça n'existe plus !

 

 

- C'est le règne de l'immédiateté Loulle. Actuellement, nos brillants chroniqueurs ne s’intéressent qu'à une chose : la Valls-bachïngue. Ce type n'a encore rien fait en tant que premier ministre. Mais il est déjà pourri jusqu'à la moëlle par les « zé-kon-hommistes » distingués qui squattent les plateaux télé ou des radios : les Abbot et Costello du dézinguage bobo, Joffrin-Barbier ; le club régécolor des teint-teint et les cagoles de services qui sévissent chez Calvi, puis au Grand journal, les chroniqueurs ultralibéraux des radios matinales...

 

 

- Eh ! Victor, faut bien remplir les vides des colonnes et les blancs des machines à bruit. Tu oublies la tempête dans un verre de pastis des Verts et des députés socialistes réticents.

 

 

- Ah ! Ben, les Verts, ils sont égaux à eux-mêmes : toujours prêts à casser à tapant des pieds le jouet qu'on leur donne pour qu'ils ferment leur gueule. Quant aux députés socialistes « réticents » comme tu dis, c'est de la tchatche et seulement de la tchatche : ils voteront comme de bons toutous la confiance à Valls. Eh ! Ils tiennent à leur gamelle. Imagine qu'ils ne votent pas cette confiance à Valls. Que devrait faire le pôvre François ? Dissoudre l'assemblée ! Avec pour résultat que sur les 275 députés socialistes et assimilés actuels, une cinquantaine seulement survivrait et qu'on aurait le pittoresque Copé à Matignon. Eh ! Tu crois qu'ils sont prêts à renverser leur juteuse gamelle, les députés « réticents » ?

 

 

- Donc ça va passer.

 

 

- Évidemment. Mais le Catalan aura le descabello pointé sur sa nuque ! Un seul objectif : estoquer le chômage. C'est là tout ce qu'on demande depuis l'arrivée des socialistes au pouvoir. Au lieu de ça, ils nous ont foutu une zone pas possible dans le pays avec des lois sur le mariage pour tous qui n'intéressent que quelques milliers de bobos et bobotes. Qu'il se démerde comme il voudra le Valls, mais qu'il jugule le chomdu, et alors l'avenir lui sera ouvert.

 

 

- En attendant Victor, marchons au son du canon. Mais du canon de rouge !

 

 

- A la nôtre.

 

 

 

Octidi 18 germinal 222

 

Illustration : merci à Chimulus

 

06/04/2014

Gastronomie dominicale épicée et caliente

 

 

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Adrienne.

 

 

Je n’oublierai jamais les grands yeux d’Adrienne,

Pervenche le matin, lilas au crépuscule,

Lacs bleus où l’on se noie, brasiers où l’on se brûle.

J’en étais amoureux et je la voulais mienne.

 

Le geai de sa crinière, la blancheur de sa peau

Enfiévraient les pensées de mes nuits sans repos.

Je les voulais pour moi ces belles tiédeurs rondes,

Ces courbes satinées et ces vallées profondes,

 

Je rêvais ses parfums, son porte-jarretelles,

Je rêvais plus encor d’effeuiller ses dentelles

Je rêvais de l’avoir pour la nuit, pour la vie,

 

Je me serais damné tant j’en avais envie

Peu m’importait alors de courir à ma perte

Je la voulais à moi, amoureuse et offerte.

 

 

- Eh alors ! Tu l’a eu, Victor, ton Adrienne ?

- Exact ! Je l’ai séduite à la cuisine indienne !

La pièce était tendue de tissus de Madras,

Sur le tapis, des poufs et une table basse,

Un encens très musqué, en volutes diaphanes

Créait une atmosphère de chaude nuit persane,

Ravi Shankar jouait un doux raga du soir.

Tout me semblait propice à combler mes espoirs.

J’ai servi dans les verres une douceur exquise :

Par tiers : menthe poivrée, gin, Beaumes-de-Venise.

A la deuxième coupe, ma compagne avait chaud,

J’ai, pour la rafraîchir, servi le Gaspacho.

Trois tomates, oignon, ail, basilic, persil,

Un demi poivron rouge cuit avant sur le gril

Côtes de céleri débitées en lichettes

Sel, poivre du moulin et piment d’Espelette.

Mixez ces ingrédients avec quelques glaçons

Puis passez au chinois et servez sans cuisson.

Adrienne, à l’issue de cette mise en bouche,

S’alanguit quelque peu, tout en restant farouche.

Alors, pour transformer mon oie blanche en houri,

J’ai servi une bombe : le poulet au curry.

Un beau poulet fermier coupé en six portions

Auquel on fait subir quelques préparations.

Mêlez dans une jatte deux yaourts goût nature

Trois cuillerées à soupe de poudre de curry,

Ou de carry “ Vinday ” ; lissez bien la mixture,

Huile, ail, sel marin et sel de céleri.

Enduisez le poulet avec cet appareil,

Et laissez au frigo, deux, trois heures, en sommeil.

Dans un profond poêlon ou, mieux, un “ wok ” chinois,

Blondissez dans de l’huile ou de la graisse d’oie

Quatre oignons émincés et quatre gousses d’ail.

Quand c’est prêt, rajoutez vos morceaux de volaille,

Saisissez à feu vif en tournant constamment.

Lorsque c’est coloré, mouillez abondamment

Avec de l’eau salé dans laquelle a trempé

De la noix de coco en copeaux ou râpée.

Couvrez et laissez cuire doucement, à feu doux

Quarante cinq minutes, sans découvrir surtout.

Pelez et découpez quelques pommes de terre,

Découvrez et posez vos tranches maraîchères

Sur les bouts de poulet, dans le jus qui frémi,

Tout doit être immergé, et non pas à demi.

Laissez cuire à feu doux pour un quart d’heure encor

Puis vous servez très chaud ce plat subtil et fort.

A Delhi, à Bombay ou à Pondichéry

On mange avec les doigts, mais si votre chéri(e)

Répugne à se servir de ses mains dans l’assiette,

Prévoyez tout de même le couteau, la fourchette.

N’oubliez pas surtout de mettre un rince-doigts,

Un seul, car il permet quelques contacts courtois,

Préludant ces élans de plus grande tendresse

Qui guident la passion, entre amant et maîtresse.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

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Septidi 17 germinal 222
 
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05/04/2014

Ouiquinde érotique en la mémoire de Régine Deforges

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Cette grande dame de la littérature française a subi les foudres de la Police de la Pensée et de la Vertu en mars 1968. Elle sera condamnée pour « outrage aux bonnes mœurs » et privée de ses droits civiques. Pour avoir publié ce texte d’Aragon :

 

Le con d'Irène

 

Si petit et si grand ! C’est ici que tu es à ton aise, homme enfin digne de ton nom, c’est ici que tu te retrouves à l’échelle de tes désirs. Ce lieu, ne crains pas d’en approcher ta figure, et déjà ta langue, la bavarde, ne tient plus en place, ce lieu de délice et d’ombre, ce patio d’ardeur, dans ses limites nacrées, la belle image du pessimisme. Ô fente, fente humide et douce, cher abîme vertigineux.

C'est dans ce sillage humain que les navires enfin perdus, leur machinerie désormais inutilisable, revenant à l'enfance des voyages, dressent à un mât de fortune la voilure du désespoir. Entre les poils frisés comme la chair est belle sous cette broderie bien partagée par la hache amoureuse, amoureusement la peau apparaît pure, écumeuse, lactée. Et les plis joints d'abord des grandes lèvres bâillent. Charmantes lèvres, votre bouche est pareille à celle d'un visage qui se penche sur un dormeur, non pas transverse et parallèle à toutes les bouches du monde, mais fine et longue, et cruciale aux lèvres parleuses qui la tentent dans leur silence, prête à un long baiser ponctuel, lèvres adorables qui avez su donner aux baisers un sens nouveau et terrible, un sens à jamais perverti.

Que j'aime voir un con rebondir.

Comme il se tend vers nos yeux, comme il bombe, attirant et gonflé, avec sa chevelure d’où sort, pareil aux trois déesses nues au-dessus des arbres du Mont Ida, l’éclat incomparable du ventre et des deux cuisses. Touchez mais touchez donc vous ne sauriez faire un meilleur emploi de vos mains. Touchez ce sourire voluptueux, dessinez de vos doigts l’hiatus ravissant. Là que vos deux paumes immobiles, vos phalanges éprises à cette courbe avancée se joignent vers le point le plus dur, le meilleur, qui soulève l’ogive sainte à son sommet, ô mon église.

Ne bougez plus, restez, et maintenant avec deux pouces caresseurs, profitez de la bonne volonté de cette enfant lassée, enfoncez, avec vos deux pouces caresseurs écartez doucement, plus doucement, les belles lèvres, avec vos deux pouces caresseurs, vos deux pouces. Et maintenant, salut à toi, palais rose, écrin pâle, alcôve un peu défaite par la joie grave de l’amour, vulve dans son ampleur à l’instant apparue. Sous le satin griffé de l’aurore, la couleur de l’été quand on ferme les yeux.

Ce n’est pas pour rien, ni hasard ni préméditation, mais par ce BONHEUR d’expression qui est pareil à la jouissance, à la chute, à l’abolition de l’être au milieu du foutre lâché, que ces petites sœurs des grandes lèvres ont reçu comme une bénédiction céleste le nom de nymphes qui leur va comme un gant. Nymphes au bord des vasques, au cœur des eaux jaillissantes, nymphes dont l’incarnat se joue à la margelle d’ombre, plus variables que le vent, à peine une ondulation gracieuse chez Irène, et chez mille autres mille effets découpés, déchirés, dentelles de l’amour, nymphes qui vous joignez sur un nœud de plaisir, et c’est le bouton adorable qui frémit du regard qui se pose sur lui, le bouton que j’effleure à peine que tout change. Et le ciel devient pur, et le corps est plus blanc. Manions-le, cet avertisseur d’incendie.

Déjà une fine sueur perle la chair à l’horizon de mes désirs. Déjà les caravanes du spasme apparaissent dans le lointain des sables. Ils ont marché, ces voyageurs, portant la poudre en poire, et les pacotilles dans des caisses aux clous rouillés, depuis les villes des terrasses et les longs chemins d’eaux qu’endiguent les docks noirs. Ils ont dépassé les montagnes. Les voici dans leurs manteaux rayés. Voyageurs, voyageurs, votre douce fatigue est pareille à la nuit. Les chameaux les suivent, porteurs de denrées. Le guide agite son bâton, et le simoun se lève de terre, Irène se souvient soudain de l’ouragan. Le mirage apparaît, et ses belles fontaines... Le mirage est assis tout nu dans le vent pur. Beau mirage membré comme un marteau-pilon. Beau mirage de l’homme entrant dans la moniche. Beau mirage de source et de fruits lourds fondant. Voici les voyageurs fous à frotter leurs lèvres. Irène est comme une arche au-dessus de la mer. Je n’ai pas bu depuis cent jours, et les soupirs me désaltèrent. Han, han. Ire appelle son amant. Son amant qui bande à distance. Han, han. Irène agonise et se tord. Il bande comme un dieu au-dessus de l’abîme. Elle bouge, il la fuit, elle bouge et se tend. Han. L’oasis se penche avec ses hautes palmes. Voyageurs vos burnous tournent dans les sablons. Irène à se briser halète. Il la contemple. Le con est embué par l’attente du vit. Sur le chott illusoire, une ombre de gazelle...

Enfer, que tes damnés se branlent, Irène a déchargé.

Louis Aragon

 

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Sextidi 16 germinal 222

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04/04/2014

Alors Manu, on le bouffe ce mille-feuille administratif ?

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Bon. Alors Manu, puisqu'il faut faire de sérieuses éconocroques, on commence par quoi ? Je te propose de faire une cure sérieuse d'amincissement au mille-feuille administratif. On a le plus de communes de toute l'Europe : 36.681 dont 31.500 ont moins de 2000 habitants et 41 seulement dépassent 100.000 habitants. Cerise sur le gâteau : 6 communes françaises n'ont aucun habitant !

 

A titre de comparaison, l'Allemagne en a 12196 (81,5 millions d’habitants), l'Italie 8101 (61 millions d’habitants) et l’Espagne 8111 (47,3 millions d’habitants).

 

Ces communes sont rattachées à 4055 cantons, 101 départements, qui eux-mêmes sont regroupés dans 26 régions.

 

Le jacobinisme chers aux Français a créé au fil des années un mille-feuille administratif pour le moins pittoresque : en 1890, création des premiers SIVU (Syndicat Intercommunal à Vocation Unique), en 1950 les Districts Urbains, en 1959 les SIVOM (Syndicat Intercommunal à vocation multiple), en 1966 les CU (15 Communautés Urbaines), en 1983 les SAN (4 Syndicats d’Agglomération Nouvelle), en 1992 les CC (1903 Communautés de Communes), en 1999 les CA (222 Communautés d’Agglomérations), en 2010 les Métropoles. Il faut rajouter les 2145 EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunales) à fiscalité propre qui supervisent 99,8 % des communes. On peut encore ajouter les arrondissements des grandes villes.

 

A chaque niveau son administration, donc ses fonctionnaires, donc ses dépenses. A titre de comparaison, dans les 12 principaux pays d’Europe, 8 fonctionnent à deux niveaux, 4 ont une organisation à 3 niveaux.

 

Manu, il y a là un « gisement » d'économie conséquent comme disent les « zékonomistes distinqués ». De plus, la simplification drastique de ce foutoir faciliterait grandement la vie des Français et des entreprises. C'est bien ce qu'on veut, non ?

 

Alors va-z'y Manu. Tranche allègrement dans les tranches du mille-feuille. Bien sûr, ça va foutre la zone dans le landernau des petits satrapes locaux qui trouvent que ce mille-feuille est un gâteau savoureux, leur assurant des prébendes, des situations juteuses, des honneurs. Mais tu t'en fous Manu, au contraire tape fort : les communes sont passées à droite ! Tu n'as donc plus de gants à prendre avec les petits roitelets de gôôche qui pouvaient te mettre des bâtons dans les roues !

 

Allez, faut pas trop brusquer les habitudes : pour commencer, tu divises au moins par deux le nombre de communes, tu supprimes les départements (ils vont passer à droite aux prochaines cantonales...) et tu réduis le nombre de régions. Tiens, par exemple chez moi, ne serait-il pas judicieux de faire une grande région Méditerranée en regroupant Provence-Côte-d'azur et Languedoc-Roussillon, tout en laissant les Alpes à Rhône-Alpes ?

 

Les grandes réformes structurelles, c'est le moment de les faire ! Évidemment, ça ne fera pas remonter la côte popu dans les sondages, mais ça ferait un sacré grand bien au pays.

 

C'est bien pour ça qu'on vous a élus, non ?

 

 

 

Sources : http://www.economiematin.fr/

 

 

 

Quintidi 15 germinal 222

 

 

 

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03/04/2014

Au bistro de la toile : Sapin, ça pue

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- Alors Victor, c’est la « drimtim » au gouvernement ?

- Bof. On prend les mêmes et on continue la même politique de léchage de cul de l’ultralibéralisme.  Tiens, j’écoutais Sapin ce matin : il refuse un référendum sur les négociations transatlantique, méprisant ainsi le peuple, comme d’autres l’ont méprisé lors du référendum sur la constitution européenne. On lui parle de la dette et qu’est-ce qu’il répond ? « On doit redonner confiance aux « marchés » sinon ils ne nous prêteront plus d’argent. » Mais ce bougre d’âne ne répond pas à l’essentiel : ne plus avoir à emprunter sur les « marchés », c’est-à-dire auprès des fonds de pensions étazuniens. 

- Ouais, et comment ne pas emprunter auprès de ces maquereaux lorsqu’on dépense plus que ce qu’on gagne ?

- Le Sapin n’a jamais remis en cause la DETTE, cette grosse merde chiée par tous les gouvernements depuis que Pompidou, banquier employé de Rothchild, a imposé, en 1973 cette loi scélérate : l’Etat ne peut plus emprunter directement à la Banque de France, mais doit passer par l’intermédiaire des banques privées, qui elles se finançaient à par exemple 1% auprès de cette institution nationale puis refourguaient le pognon à l’Etat à 2, 3, 4% et plus si affinité. C’est cette loi pourrie qui a été reprise par l’Europe dans le traité de Maastricht, puis par le traité de Lisbonne, imposé par Sarko CONTRE la volonté affirmée des Français lors du référendum sur l’Europe. Sapin, Sarko, Merkel, Thatcher et les banksters, même combat ! Notre dette abyssale vient de là.

- Ben ouais, mais moi on m’a toujours dit qu’il faut bien le rembourser le pognon que l’on doit ?

 

- Encore faudrait-il savoir ce que représente cette dette. Ce qu’elle a de légitime et ce qu’elle recouvre de magouilles frauduleuses. Est illégitime et peut – et même doit - ne pas être remboursée la dette contracté par l’Etat parce qu’il a baissé les impôts des plus riches, leur permettant de s’engraisser  puis…de prêter à l’Etat le pognon dont il s’est lui-même privé. Il est de l’intérêt de ceux qui ont beaucoup de thunes d’avoir un Etat emprunteur. Ça leur permet de placer en toute sécurité le pognon qu’ils ont thésaurisé par le vol, l’exploitation, l’usure, car on ne devient jamais très riche en travaillant. Il ne lui vient pas à l’idée, à Sapin, de faire racheter les 60% de la dette française par les Français qui ont le bas de laine bien rempli, ce qui laisserait les 50 milliards d’intérêts payés chaque année dans l’économie nationale. Mais Sapin, comme Hollande, comme tous les gouvernants, de droite comme de gôôôche, sont des ultralibéraux soumis à la prédation des banksters. Ils tremblent devant les « agences de notation » au lieu de se mettre en situation de les envoyer chier. La soumission à Standard & Poor's et Moody's est une soumission à l'oligarchie américaine. Quant à l'oligarchie allemande, nouvelle venue dans le système de domination, elle s'habitue ces jours-ci à traiter les Français comme de simples vassaux, pour ne pas dire comme des merdes. Et ce n’est pas cette tronche d’œuf de Sapin qui va changer les choses. Les riches peuvent continuer à se gaver sur la soumission des Etats et peuples. Voilà ce que cache le discours alarmiste et moralisateur sur l'endettement abyssal, la faillite du pays et la nécessité de sauver le « triple A ». Derrière l'apparente logique libérale du système, l'État devient une machine à rançonner les populations au bénéfice des plus riches.

- Alors on ne rembourse plus ?

- Mais la France ne remboursera JAMAIS la dette de 1800 milliards - dont un tiers revient au seul Sarkozy - qu’on prétend lui imputer ! On ne remboursera jamais ce montant, mais les banksters s’en foutent, ce qui les intéressent, c’est le cas de la dire, ce sont les intérêts !

Et si le ci-devant président Hollande en avait qui servent à autres choses qu’à des galipettes à scooter, il ferait sienne cette évidence, en tirerait les conclusions et agirait en conséquence : suspension unilatérale immédiate du remboursement de la dette !

- Ce serait un véritable coup de tonnerre dans le landerneau des voyous de la finance ! Cris d’orfraie, menaces, dégradation de la « note ».

- Rien à foutre ! Et que crois-tu qu’il se passerait ? Les détenteurs des titres de cette dette sont à 60% des fonds de pension étazuniens ou britiches, des fonds spéculateurs planqués dans les paradis fiscaux et recyclant le fric dégueulasse des trafics d’armes, de drogues, d’êtres humains, d’organes, etc., des banques d’affaires véreuses, des fonds souverains rapaces du Golfe et de Chine. Que feraient donc ces « marchés » ? Ben, ils braderaient ces dettes - qui sont titrisées - jusqu’à 20% de leur valeur (nominal et intérêts compris). Et alors là, il suffirait de prendre ces « marchés » à leur propre jeu : le gouvernement français, par l’intermédiaire de la Caisse des dépôts et des Caisses d’épargne, rachèterait ces titres de dettes à bas prix, réduisant des deux tiers cette dette. Un emprunt obligatoire à intérêt inflation + 0,5% auprès des 2,6 millions de millionnaires français jusqu’à apurement total de la dette remettrait le pays à flot. Les dizaines de milliards d’euros ainsi soustraient au service de la dette seraient utilisés à investir dans de grands travaux d’énergies nouvelles, de conquête de «nouvelles frontières » (la mer, le développement durable), d’augmentation raisonnée mais conséquente des salaires, de réindustrialisation du pays, etc.

- Montebourg aurait peut-être les aliboffis pour faire ça, mais François ou Sapin, aucune chance…

- Raison de plus pour recréer enfin un gauche efficace et unie avec un programme crédible capable de renverser la table et de redonner espoir et envie de se battre aux Français et, par contagion, aux Européens.

- On peut toujours rêver. Tè ! A la nôtre !

 

Quartidi 14 germinal 222

Merci à Chimulus

 

02/04/2014

Quelques raisons de la montée du F.haine

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Hier, la présidente de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), Mme Christine Lazerges, a remis au tout nouveau premier ministre le rapport annuel de cette organisation chargée de « prendre la température » si l'on peut dire des problèmes d'intégration des étrangers immigrés, voire de tirer la sonnette d'alarme du racisme le cas échéant. Ce rapport dresse un tableau inquiétant de la façon dont les Français perçoivent les immigrés ainsi que les Français d'origine étrangère. Ce rapport prend une importance évidente au lendemain d'un scrutin qui a vu la montée préoccupante du Front national et de ses idées xénophobes.

 

L’immigration – bien que participant de la croissance et apportant sa pierre à l'édification de la nation - est de plus en plus perçue comme un danger. Ce sont les populations arabo-musulmanes qui suscitent le plus de crispations. On leur attribue, à tort ou à raison, la volonté avant tout de profiter des prestations sociales françaises tout en se repliant sur leur culture d'origine, ainsi que l'attitude provocatrice de certains membres extrémistes voulant imposer leur mode de vie (voile, burka, djellabas, barbes, prières de rue, etc.). Ils ne sont qu'une minorité, mais c'est elle qu'on voie et qui donne le ton.

 

Ce qui nous ramène aux succès électoraux de l'extrême droite xénophobe grâce...aux voix de la classe ouvrière, qui a déserté les rangs de la gauche. Une gauche qui a sinon rejetée ces populations laborieuses, cette « France d'en bas », mais qui l'a du moins ignorée et ainsi jetée dans les bras des Lepénistes. Ne feignons pas d'en être surpris. Ça vient de loin. Mitterrand a tout fait pour détruire le parti communiste. Il y a réussi, hélas. Mais le parti socialiste est largement responsable, n'ayant pas su capter les militants comme les gros bataillons de d'électeurs communistes. Cette classe ouvrière, naguère corps de bataille électorale de la gauche, est passée en masse, avec armes et bagages dans les rangs de l'extrême-droite.

 

Notre société est de plus en plus inégalitaire. De plus en plus de millionnaires, de plus en plus de misérables. Responsable parmi d'autres : le patronat qui pratique sans vergogne le dumping salarial en embauchant dans ses entreprises des « détachés » de l'U.E., des immigrés voire des clandestins taillables et corvéables à souhait. Tous moins exigeants que les nationaux en matière de salaire comme de conditions de travail. Cet afflux d'étrangers fait pression sur le nombre et la qualité des logements sociaux, sur le prix des loyers et sur la qualité des service sociaux, souvent dépassés. Peut-on dès lors s'étonner que l'immigration soit perçue comme une menace ?

 

Pourtant, l'immigration est positive à long terme : démographie, financement des retraites, enrichissement culturel, ouverture au monde. Mais qui profite vraiment aujourd'hui de cette immigration ? Les riches, les nantis qui profitent de cette main d’œuvre bon marché et docile pour s'engraisser encore plus tandis que les pauvres, les laborieux, les défavorisés en subissent de plein fouet la concurrence et les conséquences.

 

Il ne faut pas chercher ailleurs le climat de défiance, de xénophobie voire de racisme assumé d'une population ravagée par les inégalités issue de l'ultra libéralisme. Parce que cet ultra libéralisme et ses corollaires - financiarisation de la société et dérégulation sauvage - signifient systématiquement pertes de droits sociaux, coupes salariales, précarité. Avec pour résultat la montée en puissance des intolérances, des communautarismes, des haines.

 

Eh ! Manu, si tu veux ramener la sérénité dans notre belle France, tu sais ce qu'il te reste à faire : imposer une redistribution plus JUSTE des ressources.

 

 

Arriba, Hombre !

 

 

Tridi 13 germinal 222

 

 

Illustration: merci à Babouse

 

 

01/04/2014

Les Gougnafiers de la thune – Chanson subversive

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(se chante sur l'air des Chevaliers de la lune)

 

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Pour les prolos sans fortune

Un peu plus de désespoir

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Ça va pleurer sous la lune

Sortez les mouchoirs

 

Valls sera-t-il le Schröder de la France

C'est pour ça que le Président l'a mis

Bien que cassant et bouffi d'arrogance

C'était çuilà ou bien Pascal Lamy

Si au moins il nous sort de la panade

En relançant au mieux l'économie

Mais s'il se bâche et fait une cagade

Ça va barder pour lui

 

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Pour les prolos sans fortune

Un peu plus de désespoir

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Ça va pleurer sous la lune

Sortez les mouchoirs

 

Pour les patrons ce type est un bonheur

Pour les prolos c'est plus un cauchemar

N'a-t-il pas dit « merde » aux trente-cinq heures

Pas de repos pour les pauvres manards

Il va rouvrir le dossier gaz de schiste

Ça va forer et bonjour les dégâts

Mêmes espoirs pour tous les atomistes

Contre eux : Debout les gars !

 

 

 

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Pour les prolos sans fortune

Un peu plus de désespoir

Ce Valls importune

C'est l'homme des pleins de thunes

Ça va pleurer sous la lune

Sortez les mouchoirs

 

 

Victorayoli

 

Duodi 12 germinal 222

 

Illustration : merci à Glez

 

31/03/2014

La France d’en haut : des couilles en or. La France d’en bas : des nouilles encore.

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Morpion

 

Le sort en est jeté. Nous, citoyens, avons signé un chèque en blanc à des gens qui feront ce qu'ils voudront pendant six ans dans nos communes. Sans avoir aucun compte à rendre, sans être obligés de tenir leurs promesses électorales. On comprend dès lors quelle est la logique qui fait que les citoyens refusent de se servir de la seule arme qui leur est octroyée une fois de temps en temps, arme gagnée de haute lutte, au péril de leur vie, par nos ancêtres : le bulletin de vote. C'est le fossé abyssal qui existe entre le peuple et ses représentants. Ceux-ci, une fois au pouvoir, oublient qui les a élu et donc qui ils sont censés représenter.

 

Pourquoi ?

 

Un. Parce que les « personnels » politiques considèrent le mandat électif qu'ils ont conquis non pas comme une responsabilité, un honneur, une mission provisoire mais comme une profession. Dès lors une fois élus, ils n'ont qu'un but, bien au-delà du bien public, c'est d'être réélus. L'électeur est devenu un client, un marché à conquérir puis à rentabiliser.

 

Deux. Parce que nos « représentants du peuple » ne sont pas issus de l'ensemble de la population mais essentiellement des catégories socioprofessionnelles « supérieures », c'est-à-dire aisées : hauts fonctionnaires, professions libérales, médecins, journalistes, cadres et retraités de grandes entreprises. Où sont les employés, les ouvriers, les artisans, les commerçants, les auto-entrepreneurs, les petits chefs d'entreprises, les petits retraités, les chômeurs ? Lorsque, par hasard l'un de ceux-ci accède aux responsabilités, il lui faut beaucoup d'abnégation pour ne pas se laisser glisser dans le moule...

 

La soupe est bonne : « l'élu(e) » sait qu'il aura un bon salaire, qu'il ne risque ni le chomdu ni la précarité, que la pauvreté n'est plus une crainte, que son existence matérielle est assurée ainsi que celle des siens. A condition d'être réélu ! Que ce soit dans un poste (maire) ou un autre (conseiller général, régional, député, sénateur). Il fait désormais partie de cette catégorie privilégiée : la « classe politique ». Dès lors il lui suffit de débiter des discours préfabriqués par des « nègres », à laisser la gestion au personnel fonctionnaire (le secrétaire général de mairie est très souvent le vrai patron, inamovible lui, d'une municipalité). Bref, à jouer un rôle et à veiller à ce que la corruption à laquelle il est fatalement confrontée ne soit pas trop visible... Dès lors, il entre de plain pied dans le petit monde des « apparatchiks » de son parti, ce qui lui assure son avenir. Comme il n'y a pas de limitation de mandatures et peu de limitations de mandats ou fonctions, à lui la bonne soupe ! Ce système est pourri à la base, c'est lui qui empêche toute véritable politique. On se retrouve avec des dynasties d'élus de père en fils ou en fille, des petits satrapes locaux inamovibles infligeant à leurs concitoyens des 3, 4 voire cinq mandatures, des repris de justices élus ou réélus... Ce système est pourri à la base, c'est lui qui empêche toute véritable politique.

 

Les « élus » sont fatalement les représentants des plus riches puisque ce sont ceux-ci qui paient leurs campagnes électorales. Selon l'adage « Qui t'a fait duc ? Qui t'a fait roi », une fois en place, ils facilitent fatalement ceux qui les ont aidé dans leur "conquête du pouvoir". C'est le classique renvoie d'ascenseur, rouage essentiel de la corruption ordinaire.

 

Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ? Dans la démocratie d'Athènes au siècle de Périclès, ce n'étaient pas des professionnels qui faisaient la politique mais des amateurs : ils étaient tirés au sort, devaient être volontaires et avoir plus de trente ans. Ils étaient choisis au hasard pour un an seulement ; on les appelait les « bouleutes » et l'on ne pouvait être « bouleute » que deux fois en tout et pour tout dans sa vie.

 

Ce système ne favorisant aucune catégorie de citoyens, c'est l'ensemble de la population qui est représentée. Des pointures comme Aristote, Périclès, Platon et plus tard Montaigne, Montesquieu, Rousseau en étaient partisans. Écoutons Montaigne : « Lorsque dans la république le peuple en corps a la souveraine puissance c’est une démocratie ; lorsque la souveraine puissance est entre les mains d’une partie du peuple, cela s’appelle une aristocratie. » Ce géant proposait pour mettre en place par exemple une Constituante…le tirage au sort ! « Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie, le suffrage par choix est de celle de l’aristocratie. Le sort est une façon d’élire qui n’afflige personne, il laisse a chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie. » Et il estimait que les lois devaient être mises à l’essai : « La constitution de Rome et d’Athènes à cet égard étoit tres sage, les arrêtsdu senat avoient force de loi pendant un an ils ne devenoient perpetuels, que par la volonté du peuple. »

 

Il est temps de préparer une sixième république dont la Constituante serait formée de représentants tirés au sort, par régions. On peut ensuite mixer les deux représentations : tirage au sort et élection. Des associations, groupements de citoyens, voire partis politiques proposeraient des programmes, détaillés et chiffrés ainsi qu'une liste supérieure à 1000 de personnes volontaires et compétentes pour mettre ces programmes en action. Dès lors l'électeur voterait pour un PROGRAMME et non plus pour un INDIVIDU. Une fois le programme choisi par cette élection, ceux qui seront chargés de l'appliquer seront tirés au sort parmi les 1000 volontaires du programme choisi. Les tirés au sort devraient tout de même être soumis à, un examen minimal d'aptitude, ils seront surveillés tout au long de leur mandat et révocables à tout moment, puis évalués en fin de mandat.

 

Plus de mandarinat, plus de risques de corruption, plus de confiscation du pouvoir par une caste.

 

Utopique ? Les Islandais ont procédé ainsi pour mettre en place une Constituante suite au krack financier où les avaient entrainé les banksters. Et leur pays est sorti de la crise.

 

Il est temps de se prendre en mains, de constituer des groupes de réflexion sur ce thème, d'élaborer des cahiers de doléances puis d'imposer le changement, le vrai. Par la rue s'il le faut parce que les privilégiés ne lâcheront pas le gâteau comme ça.

 

Primidi 11 germinal 222

Illustration X – Droits réservés

 

30/03/2014

Barbecue d'élections

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C’est à la campagne, avant d'aller voter un mec et sa meuf ramassent les haricots verts dans leur jardin. La dame est penchée en avant pour cueillir ces délicieuses légumineuses. Son mari, en arrière, ramassant la raie d’à coté, a une vue imprenable sur les appâts callipyges de l’élue de son cœur.

Emoustillé, il s’écrit :

- « Ouarf ! t’as le tafanari aussi large que le barbecue ! »

 

Pas tellement flattée par cette remarque qui se voulait pourtant élogieuse, les hommes aimant les formes opulentes, la femme ne dit pourtant rien.

 

La nuit venue, le couple se met au lit et l’homme, se rappelant ses fantasmes du matin, commence à se coller contre le dos de sa femme. Celle-ci le repousse gentiment mais fermement et lui dit :

 

- « Si tu crois que je vais faire chauffer le barbecue pour une si petite saucisse, tu te trompes !!! »

 

Décadi 10 germinal 222

 

Illustration X - Droits réservés

 

Zou, allons voter. Sans être dupes, mais c'est le seul jour où on peut - un peu - donner notre avis, pour six ans... Bien sûr que c'est aberrant. On en reparlera.

 

29/03/2014

Ouiquinde érotique parfumé àl'aïl

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Une fois par semaine, au pays du mistral

On mange l’aïoli, ce repas magistral.

Dans ma prime jeunesse, branloteur émérite,

J’ai vécu, envoûté, un bonheur insolite.

Carmencita Sanchez était la fille aînée

D’une famille ayant franchi les Pyrénées

Pour fuir les catastrophes d’une guerre civile.

Tous travaillaient aux champs du mas de la famille.

Carmencita, ce jour, préparait l’aïoli

Un « foudaoù » sur le ventre, un caraco joli

Laissant à nu sa gorge, ses bras et ses épaules.

Je m’étais proposé, moi, jeune branquignole

Pour l’aider à peler patates et carottes

En matant, de la belle, les chairs blanches et rondes.

Je sors pour emporter les épluches aux cochons

En rêvant à ses yeux, ses fesses et ses nichons.

Je reviens, tête en feu et la gaule en folie

Derrière la Carmen qui monte l’aïoli.

Assise, le mortier coincé entre ses cuisses,

Elle tourne l’aïoli d’un geste ample et lisse.

J’arrive doucement, par derrière la belle

Et glisse prestement mon dard sous son aisselle,

La chair tiède en sueur, les poils, le mouvement

Rythmé, les parfums d’ail font un coquetel dément,

Carmen crie en français, m’insulte en espagnol

Voudrait bien me pousser, me donner des torgnioles

Mais l’aïoli est sacré, s’arrêter, c’est tabou

Car sinon elle cague, le déshonneur au bout !

Ses cris deviennent rauques, feulement de féline

Son bras se fait complice, sa tête dodeline,

Je voudrais tant l’avoir, toute nue, dans un lit !

Puis mon plaisir jaillit, parfumant…l’aïoli !

 

VictorAyoli

 

Nonidi 9 germinal 222

 

Illustration: merci au grand Pichard