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30/12/2006

Bonnes fêtes mais...

Ne te cuite pas
(de Jean-Victor Joubert, se chante sur un air célèbre de tonton Brel)

Ne te cuite pas,
Ne te cuite pas,
Fais gaffe à ton foie
Ne te cuite pas,
Ne te cuite pas
Comm’ la dernièr’ fois

Tu étais rentré bourré de Tavel
A six heur’ du mat’ comme un infidèle
Tu te trimbalais une tel’ biture
Que t’arrivais pas à trouver la serrure
Tu as renversé les quatre fauteuils
Si j’étais descendu, j’te dit pas l’accueil
Ne te cuite pas
Ne te cuite pas
Ne te cuite pas

Ne te cuite pas,
C’est pas rigolo,
Espèce de soûlot,
Ne te cuite pas
Je suis tracassée
Quand t’es fracassé

Et quand t’as voulu aller au pissoir
Bé, tu as ouvert la porte de l’armoire
Tu as pissé sur mes piles de draps
Dans la penderie
Sur mes beaux habits
Quand tu as voulu venir dans mon lit
Je t’ai repoussé dans ton dégueulis
Ne te cuite pas
Ne te cuite pas
Ne te cuite pas

Et puis y’a moins drôle
Prend pas ta bagnole
Imbibé de gnole
Ne te cuite pas
Ne te cuite pas
Ne te cuite pas
Tu peux te tuer
Tu peux me tuer
Tu peux massacrer
Et verser le sang
De gens innocents
Ne te cuite pas (ter)

29/12/2006

Cul... Oh!

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Femme, à ton cul ce jour, je voudrais rendre hommage,
Moi qui suis culophile, moi qui suis culophage.
Tes divines rondeurs de Vénus calypige
Aiguisent mes fantasmes et font gonfler ma tige.

28/12/2006

Avec Sarko, Paris sera toujours Paris...

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2007: la France, terre d'accueil, si c'est Sarkozy, ce sera ça ! Beurk

27/12/2006

Lendemains de fêtes...

Vous avez trop bouffé... Moi aussi ! Mais si, mais si, ne dîtes pas le contraire. Il va falloir que notre tripe surmenée gère ces excès. Et donc, à la nature, il faut payer son tribut. Voici donc, pour vous (nous) aider dans cette noble tache, une petite bluette attribué à...Victor Hugo:

L’ode à la merde

Lorsqu’après un repas l’estomac vous tiraille,
Que tout au fond de vous le haricot travaille…
Qu’il est doux de penser que bientôt, pas très loin,
Vous courrez prestement pour chier dans un coin.
Qu’on est bien, accroupi, les coudes sur les cuisses,
Tandis qu’environné d’une troupe de Suisses
On exhibe au grand air l’hémisphère dodu
Qui cache encore aux yeux le chef-d’œuvre attendu.
Ami ! Il est, dit-on, un art en toute chose,
Aussi bien à chier qu’à cultiver les roses.
Or donc, pour opérer avec discernement,
Gardez-vous qu’un papier ne vienne absurdement
Lorsque l’œuvre est parfaite, écraser l’accessoire.
Tss ! Tss ! Pas de papier si vous voulez m’en croire,
Laissez aux constipés ce procédé piteux
Qui gâche absolument un plaisir si juteux,
Que le bout de l’index, seul, fasse cet office.
Quand il aura touché trois fois votre orifice
Qui vient de s’entrouvrir comme une tendre fleur,
Il teindra votre doigt d’une étrange couleur.
Ami, si vous voulez encor goûter des charmes,
Sur la blanche muraille, esquissez quelques larmes.
Et si, par aventure, abondant est l’extrait,
De celle qui vous aimez vous ferez le portrait.

26/12/2006

Gastronomie: L'art d'accommoder les bébés

L'ART D'ACCOMMODER LES BÉBÉS

JONATHAN SWIFT (1667-1745)

Si les pauvres n'ont pas de pain, qu'ils mangent leurs bébés, propose l'auteur des Voyages de Gulliver dans un essai féroce et radical pour protester contre le cynisme des monarques et mettre en lumière les conditions de vie de la population irlandaise du XVIIIe siècle. Cette contribution à la réduction du troupeau humlain est aussi intéressante que celle du pauvre Sevran proposant de couper la bite à un nègre sur deux, et d'inspiration nettement plus ultra libérale, donc bien dans l'air du temps. Elle devrait intéresser les économistes distingués de ce courant de pensée. C'est un peu long, mais tellement...savoureux!

Un jeune Américain de ma connaissance, homme très entendu, m'a certifié à Londres qu'un jeune enfant bien sain, bien nourri, est, à l'âge d'un an, un aliment délicieux, très nourrissant et très sain, bouilli, rôti, à l'étuvée ou au four, et je ne mets pas en doute qu'il ne puisse également servir en fricassée ou en ragoût.
]' expose donc humblement à la considération du public que, des cent vingt mille enfants dont le calcul a été fait, vingt mille peuvent être réservés pour la reproduction de l'espèce, dont seulement un quart de mâles, ce qui est plus qu'on ne réserve pour les moutons, le gros bétail et les porcs; et ma raison est que ces enfants sont rarement le fruit du mariage, circonstance à laquelle nos sauvages font peu d'attention, c'est pourquoi un mâle suffira au service de quatre femelles; que les cent mille
restants peuvent, à l'âge d'un an, être offerts en vente aux per-sonnes de qualité et de fortune dans tout le royaume, en aver-tissant toujours la mère de les allaiter copieusement dans le dernier mois, de façon à les rendre dodus et gras pour une bonne table. Un enfant fera deux plats dans un repas d'amis; et quand la famille dîne seule, le train de devant ou de derrière fera un plat raisonnable, et assaisonné avec un peu de poivre et de sel, sera très bon bouilli le quatrième jour, spécialement en hiver.
j'ai fait le calcul qu'en moyenne un enfant qui vient de naître pèse vingt livres, et que dans l'année solaire, s'il est passable-ment nourri, il ira à vingt-huit.
Je reconnais que cet aliment sera un peu onéreux, en quoi il conviendra parfaitement aux propriétaires terriens qui, ayant déjà sucé la moelle des pères, semblent les mieux qualifiés pour manger la chair des enfants.
On trouvera de la chair de nourrisson toute l'année, mais elle sera plus abondante en mars, ainsi qu'un peu avant et après, car un auteur sérieux, un éminent médecin français, nous assure que grâce aux effets prolifiques du régime à base de poisson, il naît, neuf mois environ après le carême, plus d'enfants dans les pays catholiques qu'en toute autre saison; c'est donc à compter d'un an après le carême que les marchés seront le mieux fournis, étant donné que la proportion de nourrissons papistes dans le royaume est au moins de trois pour un : par conséquent, mon projet aura l'avantage supplémentaire de réduire le nombre de papistes parmi nous.
Ainsi que je l'ai précisé plus haut, subvenir aux besoins d'un enfant de mendiant (catégorie dans laquelle j'inclus les métayers, les journaliers et les quatre cinquièmes des fermiers) revient à deux shillings par an, haillons inclus, et je crois que pas un gentleman ne rechignera à débourser dix shillings pour un nourrisson de boucherie engraissé à point qui, je le répète, fournira quatre plats d'une viande excellente et nourrissante, que l'on traite un ami ou que l'on dîne en famille. Ainsi, les hobereaux apprendront à être de bons propriétaires et verront leur popularité croître parmi leurs métayers, les mères feront un bénéfice net de huit shillings et seront aptes au travail jus-qu'à ce qu'elles produisent un autre enfant.
Ceux qui sont économes (ce que réclame, je dois bien l'avouer, notre époque) pourront écorcher la pièce avant de la dépecer; la peau, traitée comme il convient, fera d'admirables gants pour dames et des bottes d'été pour messieurs raffinés.
Quant à notre ville de Dublin, on pourrait y aménager des abat-toirs, dans les quartiers les plus appropriés, et qu'on en soit assuré, les bouchers ne manqueront pas, bien que je recom-mande d'acheter plutôt les nourrissons vivants et de les prépa-rer « au sang» comme les cochons à rôtir.
Une personne de qualité, un véritable patriote dont je tiens les vertus en haute estime, se fit un plaisir, comme nous discutions récemment de mon projet, d'y apporter le perfectionnement qui suit. De nombreux gentilshommes du royaume ayant, disait--il, exterminé ces temps-ci leurs cervidés, leur appétit de gibier pourrait être comblé par les corps de garçonnets et de fillettes entre douze et quatorze ans, ni plus jeunes ni plus âgés, ceux--ci étant de toute façon destinés à mourir de faim en grand nombre dans toutes les provinces, aussi bien les femmes que les hommes, parce qu'ils ne trouveront pas d'emploi: à charge pour leurs parents, s'ils sont vivants, d'en disposer, à défaut la décision reviendrait à leur plus proche famille. Avec tout le res-pect que je dois à cet excellent ami et patriote méritant, je ne puis tout à fait me ranger à son avis: car, mon ami américain me l'assure d'expérience, trop d'exercice rend la viande de gar-çon généralement coriace et maigre, comme celle de nos éco-liers, et lui donne un goût désagréable; les engraisser ne serait pas rentable. Quant aux filles, ce serait, à mon humble avis, une perte pour le public parce qu'elles sont à cet âge sur le point de devenir reproductrices. De plus, il n'est pas improbable que certaines personnes scrupuleuses en viennent (ce qui est certes fort injuste) à censurer cette pratique, au prétexte qu'elle frôle la cruauté, chose qui, je le confesse, a toujours été pour moi l'ob-jection majeure à tout projet, aussi bien intentionné fût-il.
Mais à la décharge de mon ami, j'ajoute qu'il m'a fait cet aveu: l'idée lui a été mise en tête par le fameux Sallmanazor, un indi-gène de l'île de Formose qui vint à Londres voilà vingt ans et qui, dans le cours de la conversation, lui raconta que dans son pays, lorsque le condamné à mort se trouve être une jeune per-sonne, le bourreau vend le corps à des gens de qualité, comme.
morceau de choix, et que de son temps, la carcasse dodue d'une jeune fille de quatorze années, qui avait été crucifiée pour avoir tenté d'empoisonner l'empereur, fut débitée au pied du gibet et vendue au Premier ministre de Sa Majesté impériale, ainsi qu'à d'autres mandarins de la cour, pour quatre cents couronnes. Et je ne peux vraiment pas nier que si le même usage était fait de certaines jeunes filles dodues de la ville qui, sans un sou vaillant, ne sortent qu'en chaise et se montrent au théâtre et aux assemblées dans des atours d'importation qu'elles ne paie-ront jamais, le royaume ne s'en porterait pas plus mal.

Modeste Proposition pour empêcher les enfants des pauvres d'être à la charge de leurs parents ou de leur pays et pour les rendre utiles au public.

24/12/2006

Joyeux Noio Hel (c'est Noël en Gaulois !

Le nougat du Bon Dieu

Le dur mistral d’hiver ronfle et mugit dans les larges poitrines des grands platanes de la place Jean-Jaurès. Marcel, le pâtissier de Villeneuve, regarde sa femme et ses quatre chers petits, main dans la main, partir dans le froid, emmitouflés dans de grands manteaux, la tête couverte de châles de laine. Ils ne vont pas très loin : seulement chez “ Marraine ” où se tient traditionnellement la veillée calendale de la famille. Marraine, c’est l’aïeule, la maîtresse respectée de la ferme dont les bâtiments s’étagent au pied des redoutables murailles du fort Saint-André.
Marcel, cette fois encore, ne sera pas de la fête : il est pâtissier et son métier l’oblige à travailler pour préparer le plaisir des autres… Un court moment de tendre mélancolie, puis il redescend vite au laboratoire. Les bûches sont roulées, les chocolats sont coulés, mais il reste un travail difficile à réussir : le nougat noir…
Dans le grand “ cul-de-poule ” de cuivre, Marcel a mis à cuire le miel et les amandes. C’est très délicat le nougat noir. Trop de cuisson : le nougat sera cassant, avec un goût de brûlé. Pas assez : il sera collant aux doigts. Il faut tourner doucement, cuire à feu doux et s’arrêter à la minute près. Pour connaître ce seuil, Marcel n’hésite pas à sucer son doigt puis à le tremper rapidement dans le sucre en fusion. Le nougat noir est tout un art. C’est une question de coup d’œil, d’odeur, d’intuition, de compétence.
A la ferme, chez Marraine, les femmes ont disposé, sur les trois nappes blanches, les services de fêtes, les verres du dimanche. Dans l’âtre qui flamboie, l’aïeule et le “ caga-nis ” — chez nous, on nomme ainsi le plus jeune des enfants — apportent une bûche d’arbre fruitier bien sec.
D’un verre de vin cuit versé avec respect, Marraine — en l’absence de son mari, tombé sous les balles de la grande guerre — bénit la bûche puis, d’un ton solennel prononce à belle voix la formule rituelle des Provençaux :
“ Alègre ! Alègre !
Mi bèus enfant, Dièu nous alègre !
Emé Calèndo tout bèn vèn…
Dièu nous fague la gràci de vèire l’an que vèn,
E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens ! ”
La famille s’installe alors à table, réservant une place, pas très loin de la porte, pour le pauvre transi que le sort accable. Cette nuit, s’il vient, il aura l’amour, le couvert et le gîte.
Et les femmes, dès lors, servent le Gros Souper : les petits escargots à la “ suçarelle ” que l’on aspire d’un coup, les cardons à l’anchois, la raïto de merlusso, le muge aux olives, le gratin de brandade, et, pour laver la bouche l ‘àpi à la pebrado.
On arrose ces mets aux grands vins de la Coste-du-Rhône.
Enfin voici venu le moment où l’on sert, avec cérémonie, tous les treize desserts : les amandes, les noix et les noisettes, les figues sèches, les dattes, les mandarines, les oranges, les pommes, les poires, les raisins que l’on garde depuis septembre suspendus par leur branche dans le grenier, voici le nougat blanc, voici enfin le nougat noir…
Le nougat noir ! Marcel, seul dans son laboratoire se bat avec son nougat noir… Il a laissé son esprit vagabonder quelques minutes vers sa chère famille réunie pas très loin. Cette minute de spleen a été fatale : le nougat est trop cuit !
Marcel sent en lui la morsure sournoise du désespoir. Sa cuisson est fichue ! Il ne pourra pas honorer les commandes de ses clients. C’est le déshonneur…
Il y a pourtant encore une solution : prendre sa bicyclette, atteler la remorque — nous sommes au sortir de la guerre — traverser dans le froid le pont suspendu, aller à Avignon chez Perrier, son maître es pâtisserie et lui demander — toute honte bue — de lui fournir un peu de ce fameux nougat noir !
C’est Noël, les clients de Marcel lui font confiance, il doit les satisfaire quitte à s’asseoir sur son orgueil. Il accepte donc l’humiliation.
Soudain, la lumière s’éteint dans le laboratoire. Une étrange lueur diaphane scintille, semblant irradier les formes de bois dans lesquelles Marcel devait couler son nougat noir. Un étrange parfum, délicat, suave, remplace la désagréable odeur de la cuisson brûlée. Les oreilles de Marcel résonnent d’une musique inconnue, envoûtante, céleste. L’étrange lueur s’estompe et revient la lumière. Dans les formes, Marcel, incrédule, découvre des plaques du nougat le plus fin, le plus délicat, le plus succulent qui se puisse rêver. Un nougat divin !
Marcel — tout mécréant qu’il soit, souvent en délicatesse avec les choses de la religion, n’hésitant pas, lors de tonitruantes colères à qualifier le bon dieu d’épithètes forts sonnantes, assurant qu’il lui facilite le transit intestinal et émettant avec véhémence des doutes sur la vertu de la Vierge — Marcel se laisse tomber à genoux. Les mains jointes, il goûte un morceau de ce nougat venu d’ailleurs…
Chez Marraine, on apporte enfin la pompe à l’huile, symbole de l’espoir !
On mange, on boit, on chante, on est tout à sa joie. Puis minuit sonne. On se lève de table, on s’emmitouffle dans les manteaux, les pélerines, les châles et les fichus. On lutte contre le vent glacial sous le goulet et on va tous à la messe…
Marcel, lui aussi, a entendu les douze coups sonner au clocher de la collégiale. Le visage transcendé de bonheur, il met sa canadienne dont il emplit les poches de morceaux de nougat. Puis il descend la rue pour se rendre à l’église. Lorsqu’il arrive, Brunel, le baryton, accompagné à l’orgue, chante à pleine voix le “ Minuit chrétien ” de Capeau et Adam.
Marcel rejoint discrètement sa famille. Il donne à chacun de ses quatre enfants un morceau de nougat :
— “ Tenez les petits, prenez et mangez : c’est le nougat du Bon Dieu ”.

Jean-Victor Joubert.

23/12/2006

Tapissons-nous la tripe de sauces chaudes et onctueuses!

Les cardons à l'anchois

On les voit à l'étal des marchands de légumes,
Ils y sont tout 1 'hiver. On les prend, on les hume,
Puis, généralement, on les remet en place,
Car de les préparer, peu de gens ont l'audace.. .
Parce qu'on ne sait pas bien comment les apprêter,
Les cardes et cardons sont souvent contestés.
Et pourtant, en Provence, ils sont indispensables
Quand vient le "Gros souper" des tables calendales.
Le cardon à l'anchois est un plat rituel
Du grand repas festif de la nuit de Noël,
Autant que la morue, l'àpi (1), les escargots,
Le muge (2) et les desserts à tire l'arigo.
On appelle cardon la cote de la carde,
Espèce d' artichaut qui, 1'hiver, s'acagnarde
À l'abri des cébisses (3) et des haies de cyprès.
Les meilleures sont celles qui sont serrées très près
Du sol pour qu'elles restent bien tendres et blanches
Et non fibreuses, raides comme de vieilles branches.
Compte deux bons kilos pour quatre ou cinq personnes:
Il y a du déchet plus qu'on ne le soupçonne.
Jette toutes les feuilles et les côtes squameuses,
Ôte soigneusement les parties filandreuses,
Puis coupe tes cardons en tronçons de trois doigts,
Dans de l'eau vinaigrée plonge-les tout de suite,
Par cette précaution le cuisinier évite
Que les cardons brunissent sans qu'on sache pourquoi.
Puis, en eau abondante, salée et citronnée,
Tu les fais cuire une heure. Lorsque c'est terminé,
Tu va les égoutter et réserver au frais
Jusques au lendemain. C'est là l'un des secrets
Pour réussir ce plat, parce que, je le prétend
La carde est un légume qui se cuit en deux temps.
Attaquons maintenant notre phase finale,
Mais sers-moi un canon: il faut mouiller la dalle!
Dans de l'huile d'olive chaude au fond d'un faitout
Tu fais suer tes cardes doucement, à feu doux.
Pendant ce temps tu prends dix beaux anchois salés,
Sous l'eau du robinet, sépare les filets.
Fait une Béchamel avec un quart de lait,
Ajoute les anchois et, en tournant, fond-les
Dans la préparation avec une cuiller.
Dans le premier faitout, tu verses alors ceci,
Tu mélanges aux cardons en ayant le souci
De ne point écraser tes tronçons légumiers.
Un quart de lait de plus, de noix muscade un peu,
Sel, poivre du moulin, puis retire du feu.
Tu incorpores, alors, du râpé de gruyère,
Enfin verse le tout dans un plat à gratin
Saupoudre de fromage de façon régulière,
Puis tu mets à four chaud sans plus de baratin.
Lorsque c'est gratiné, tu sers chaud et fumant.
Ce plat est idéal en accompagnement
D'une côte de bœuf ou d'un poisson au four.
C'est un plat du terroir, simple comme bonjour,
Mais un plat succulent et, de plus, diététique
Que l'on mange en Provence depuis les temps antiques.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre
De ce nectar divin de la Vallée du Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Trois kilos de cardes, - 1 verre de vinaigre, - 1 jus de citron, - 1 poignée de gros sel, - 3 cuillerées d'huile d'olive de la Vallée des Baux, - 10 anchois salés, - 1 demi-litre de lait, - muscade, - poivre du moulin, - 3 hectos de gruyères râpé.

Les vins conseillés:

Les cardons étant surtout un plat d'accompagnement, le choix du vin dépend du plat principal. Avec une côte de bœuf, des vins rouges jeunes ou même primeurs. En Côtes-du-Rhône: Sainte-Cécile-Ies-Vignes, Rochegude, Tulette, Saze, Domazan, Gallician. En vins du Languedoc: Aspiran, Berlou, Cournonterral, Poujols. En vins de Provence: Allauch, Châteauneuf-Ie-Rouge, Cuers, Flassans-sur-Issole.
Avec un poisson au four, des blancs capiteux. En Côtes-du-Rhône: Laudun, Uchaux, Châteauneuf-de-Gadagne, Codolet. En Languedoc: Argeliers, Bize-Minervois, Puichéric, Roubia. En Provence: Camps-la--Soure, Rocbaron, Meyreuil, Le Tholonet.


(1) L'api : le céleri.
(2) Muge: encore appelé mulet - c'est un poisson de mer qui monte frayer dans fleuves et rivières et particulièrement dans le Rhône.
(3) Cébisses : haies coupe-vent faites en cannes de Provence.

22/12/2006

Tè! Je vous ai fait un autre conte de Noël

Le baobab aux lucioles sacrées

Nous ne sommes pas à Villeneuve, à Nîmes, à Carcassonne ou aux Angles, mais dans une ville d’Afrique. Ce pourrait être Abidjan, Conakry, Dakar ou Yaoundé. Il fait nuit. Un grand noir tire une petite remorque dans laquelle est assise une très jeune femme enceinte jusqu’au yeux.

— Oh ! Boubakar-Joseph, j’ai mal. J’ai mal. Mon ventre, c’est comme une calebasse trop pleine qui va éclater. C’est encore loin l’hôpital ?

— Non. Courage Chérie-Marie. On va bientôt arriver. Tu vas avoir un bon lit dans la grande salle. Paraît même qu’y a des ventilateurs. Les docteurs habillés en blanc vont bien s’occuper de toi. Courage ma petite Chérie-Marie, mon orchidée d’amour, ma petite gazelle, ma jolie mangue douce, étoile de mon ciel, soleil de mon cœur.

— Boubakar-Joseph, j’ai mal, j’ai mal…

— On arrive, Chérie-Marie. Voilà l’hôpital.

Le couple s’arrête devant l’entrée de l’hôpital. Boubakar-Joseph s’adresse à un planton en blouse blanche :

— Bonjour Monsieur le Docteur. Ma femme, Chérie-Marie, est en train de travailler l’enfant. Elle a beaucoup mal au ventre. Beaucoup mal au ventre Monsieur le Docteur. Il faut l’aider à faire l’enfant. C’est notre premier Monsieur le Docteur !

Le planton-docteur, très administratif, répond :
— Nous avons donc et par conséquent que la dénommée Chérie-Marie demande à être admise à l’hôpital. Pourquoi ? Vous avez un certificat médical ?
— Mais non, Monsieur le Docteur. Mais vous voyez bien qu’elle travaille l’enfant !
— Je vois surtout que vous n’avez pas de certificat médical. Donc, présentement, le règlement ne me permet pas de vous admettre. Passez votre chemin !
— Mais…

Le planton brandit un bâton au-dessus de la tête du pauvre Boubakar-Joseph et crie :
— Foutez-moi le camp ! Revenez demain si vous avez un certificat médical !

Le pauvre Boubakar-Joseph console sa femme avec des gestes pleins de douceur et ils repartent.

— Oh ! Boubakar-Joseph, j’ai mal, j’ai mal…
— Courage ma jolie colombe d’amour. Regarde. Tout près il y a le grand hôtel des français. Ils nous aideront.

Ils stoppent devant une grande bâtisse en béton à l’enseigne : “ Grand hôtel de France et du commerce réunis ”. Boubakar-Joseph s’adresse au portier noir qui rentre prévenir le patron français. Celui-ci — veste saharienne, chapeau de brousse sur la tête — sort. Dans l’hôtel, on entend les musiques de la fête.
— Bwana Patron, ma femme Chérie-Marie travaille l’enfant. Ils ne l’ont pas voulue à l’hôpital. Pourriez-vous nous autoriser à nous installer dans un petit coin d’une petite pièce de votre grand hôtel ? Il y a sûrement un docteur parmi vos clients…

Le Français le regarde comme il regarderait une merde : on n’a pas d’états d’âme vis-à-vis d’une merde, on l’évite, c’est tout…Puis il éclate de rire en se tapant sur les cuisses et dit :
— Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ben dis donc ! Il est gonflé celui-là. Il voudrait que sa grosse mette bas donc mon hôtel ! Puis quoi encore ! Fout le camp salopard ! Tu dégueulasses mon entrée ! Dégage vite ou je te fais bastonner !

Il s’approche, la main haute, de Boubakar-Joseph. Le portier noir accourt lui aussi, armé d’un bâton, prêt à frapper. Le malheureux couple s’en va.
— Oh ! Boubakar-Joseph, j’ai mal, j’ai mal. Comme si une hyène me mordait dans le ventre. J’en peux plus Boubakar-Joseph. J’en peux plus…
— Courage mon océan de rêve, ma petite panthère d’amour. Je vois le poste de police tout près. Je vais demander de l’aide. Ce sont des gardiens de la paix. Ils sont là pour nous protéger, pour nous porter assistance…

Ils s’arrêtent devant un immeuble surmonté de la pancarte “ Police – Au service du Peuple”. Boubakar-Joseph s’approche. On entend des bruits de voix sortant du bureau :
— …et dix de der ! Vous êtes dedans mon adjudant ! Vous êtes dedans !

Voilà que sort en bougonnant un sous-off noir en short et chemise kakis, képi de travers sur le front, une canette de kronenbourg dans chaque main. Il aperçoit Boubakar et dit :
— Qu’est-ce-qu’y veut çui-là ? Qu’est-ce-qu’y veut ? …Dedans, dedans. En voilà un que je vais foutre dedans, moi !

Boubakar-Joseph, intimidé, s’approche. Devant l’adjudant, il claque des talons et salue militairement en disant :
— Excusez-moi de vous demander pardon, Chef ! Ma femme que voici est en travail d’enfant. Personne veut nous aider, Chef ! Personne…

Le chien de quartier s’envoie un long gorgeon de bière, s’essuie sur le revers de sa manche, rote un grand coup et gueule :
— Tu veux que je te foute dedans ? Est-ce que j’ai une gueule de sage-femme ? Fout le camp ou c’est moi qui te fout au trou !

Boubakar part en courant, retrouve sa femme qui geint sur la petite remorque. Les larmes aux yeux, il s’efforce de la consoler :
— Du courage jolie fleur de mon cœur, rosée de mes jours, musique de ma vie.

Ils repartent. En passant sous un arbre, un petit singe saute sur la remorque de Chérie-Marie, lui donne une banane, puis saute sur l’épaule du grand noir et lui parle :
— Boubakar-Joseph, Chérie-Marie, enfin je vous ai trouvé ! Venez vite. Suivez cette traînée de lumière devant vous, dans le ciel. Ce sont les lucioles sacrées.

Chérie-Marie mange la banane du petit singe. Immédiatement son terrible mal de ventre se dissipe.
— Oh ! Boubakar-Joseph, je n’ai presque plus mal ! Je n’ai presque plus mal ! Regarde ! Regarde toutes ces poussières d’étoiles ! Elles bougent comme un nuage de feu. Elles semblent nous montrer un chemin. Suivons-les…

Suivant le nuage de lucioles et le petit singe qui gambade et cabriole joyeusement devant eux, le couple atteint les faubourgs de la ville et gagne la jungle.
— Regarde Chérie-Marie, les grands arbres se penchent sur ton passage comme pour te saluer. Regarde ! Plein de singes nous suivent. Et des gazelles maintenant, tout un troupeau. Et les zèbres. Vois. Même les grands serpents. Même la girafe. Là, regarde, le rhinocéros.
— Je n’ai plus mal Boubakar-Joseph ! Je n’ai plus mal du tout ! Et toutes ces fleurs, tous ces arbres, tous ces animaux qui nous veulent du bien ! Regarde Boubakar-Joseph, là le grand baobab. Les lucioles sacrées lui font comme une couronne scintillante. C’est là qu’il nous faut aller Boubakar-Joseph ! C’est là. Je le sens. Je le sais.
— Chérie-Marie, c’est merveilleux. Qu’est-ce qu’il nous arrive ! Qu’est-ce qu’il nous arrive ! Là, regarde, au pied de l’arbre. Une grande lionne. N’ai pas peur Chérie-Marie, regarde comme elle est amicale. Elle t’invite à t’étendre près d’elle sur la fourrure si douce de son ventre. Et voilà un éléphant. Il m’aide Chérie-Marie ! Il m’aide avec sa trompe à te déposer délicatement contre le ventre de la lionne. Il te fait de l’air avec ses grandes oreilles pour te rafraîchir !
— Oh ! Boubakar-Joseph. Là, entre mes jambes. Ça coule. Pourtant je n’ai pas mal. C’est chaud. Boubakar ! Boubakar, tiens-moi la main !
Il est là ! Il est là ! C’est un garçon ! C’est notre fils Boubakar-Joseph ! C’est notre fils ! Oh ! Boubakar-Joseph, quel bonheur. Comment allons-nous l’appeler.
— Appelons-le Jésus !

Jean-Victor Joubert

21/12/2006

C'est les fêtes, donc, j'ai soif!

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Large soif

Au premier chant du coq
J'ai soif, j'ai soif
J'honore madame
Ça me donne soif
Je bois du Laudun avec ardeur
C'est le secret de mon bonheur

Refrain

Buvons, buvons du vin
Buvons, buvons mes frères
Buvons avec entrain
Comm' le vieil Homère
Tous les grands vins de notre terre
Cette large soif
Que la vie me donne
Trouve son bonheur et sa joie
dans les Côtes-du-Rhône

Quand je vais au boulot
J'ai soif, j'ai soif
Je m'arrêt' chez Tony
Ça me donne soif
Je bois du Tulette avec ardeur
C'est le secret de mon bonheur

Refrain

Buvons, buvons du vin
Buvons, buvons mes frères
Buvons avec entrain
Comme le vieil Homère
Tous les grands vins de notre terre
Cette large soif
Que la vie me donne
Trouve son bonheur et sa joie dans les Côtes-du-Rhône

Lorsque je joue aux boules
J'ai soif, j'ai soif
Je tire, je pointe
Ça me donne soif
J'bois du Malijay avec ardeur
C'est le secret de mon bonheur

Refrain

Quand je suis attablé
J'ai soif, j'ai soif
Moi la bonne chère
Ca me donne soif
J'bois du Sain-Hilaire avec ardeur
C'est le secret de mon bonheur

Refrain

Mes derniers mots seront
J'ai soif, j'ai soif
Moi, l'heure dernière
Ca me donne soif
J'irai dans les vignes du seigneur
Ca suffira à mon bonheur.

Refrain

(Cette chanson, musique de Jean Nubel, paroles de Jean-Victor Joubert, fait partie d'un livre disque de chansons à boire originales édité cette semaine par la Chorale des Côtes du Rhône. Si ça vous botte, ça vaut 15 euros, disponible en mettant un message sur l'antifadas!)

20/12/2006

Aujourd'hui, je suis d'humeur grivoise: un peu de poésir érotique!

medium_lune.JPGPipothé

J'ai connu, quelque part près de la baie d'Ha Long
Une fleur des rizières qui s'appelait Huong.
Visage de poupée sur un corps de princesse
Elle savait jouer de la bouche et des fesses.

J'ai vécu auprès d'elle, heureux et envoûté
Par sa spécialité: la fellation au thé.
Huong me préparait, avec mille manière,
Du thé vert au gingembre, une pleine théière.

Tandis que je buvais la boisson parfumée,
Ses petits doigts agiles sur ma queue allumée
Préparaient mon phallus avec mille caresses,
Mettaient mon corps en feu et mon cœur en liesse.

Huong prenait alors une gorgée de thé
Qu'elle tournait en bouche pour en faire chuter
Doucement la chaleur au degré idéal
Pour les tendres muqueuses de mon engin de mâle.

Huong mettait mon gland dans sa petite bouche.
Quel bonheur délicieux ! Je geignais sur ma couche.
Une chaleur torride, proche de la brûlure,
Envahissait ma queue d'un volcan de luxure.

Le liquide brûlant tourne autour de mon gland
La languette de Huong lui donne mouvement,
Elle aspire, elle pompe, elle masse, elle suce,
Tandis qu'un de ses doigts vient me forcer l'anus,

Par des spasmes de joie, ma queue jouit longtemps,
Dans la bouche de Huong, douce fleur de printemps.
Elle m'embrasse alors, partageant les saveurs,
Du foutre et du thé chaud, du plaisir, du bonheur.

19/12/2006

Tè! Voilà une chanson de bouffe pour les baffrades noêlliennes.

Ca se chante sur l'air des Paupiettes (Nicole, c'est ma meuf!)

Nicooooole
Nicooooole
La bouff’ c’est pas de la bricooole
Notre amour atteint de hauts niveaux
Surtout quand tu me fais la têêêtee
Mais la têtee de veau.

J’aime manger les langoustines
Le foie gras et le cassoulet
J’adore aussi les aubergines
Pourtant je n’oublierai jamais…

Nicooooole
Nicooooole
La bouff’ c’est pas de la bricooole
Notre amour atteint de hauts niveaux
Surtout quand tu me fais la têêêtee
Mais la têtee de veau.

Quand tu me fais de la blanquette
De la daube ou de l’aligot
J’ai le cœur et la tripe en fête
Oui mais ce qui me rend dingo…

Nicooooole
Nicooooole
La bouff’ c’est pas de la bricooole
Notre amour atteint de hauts niveaux
Surtout quand tu me fais la têêêtee
Mais la têtee de veau.

Un week-end d’amour à Venise
A Jonquières ou à Pujaut
Procurent des heures exquises
Mais moi ce qui me rend barjo…

Nicooooole
Nicooooole
La bouff’ c’est pas de la bricooole
Notre amour atteint de hauts niveaux
Surtout quand tu me fais la têêêtee
Mais la têtee de veau.

18/12/2006

Nous sommes en 1788. Ah, ça ira, ça ira, ça ira…

Les Banques populaires, la Caisse d’Epargne, vous connaissez ? Bien sûr, ce sont les représentants du peuple épargnant, la forme moderne du bas de laine en quelque sorte. Des organismes que l’on connaît, en qui on eut avoir confiance. Pas comme les fonds de pension étrangers! Ben voyons ! La conjonction des deux à donné Natixis, cette banque qui nous a gonflé le mou pendant des semaines à coups de placards publicitaires pour vanter son introduction en bourse. Natixis, c’est aussi cette banque voyou, propriétaire de Well, et qui met — en toute sérénité ultra libérale — toute la région du Vigan sur la paille. Pourquoi ? Pour engraisser ses actionnaires privés. Où est l’éthique mutualiste qui a présidé, autrefois, à la création de ces deux fleurons de l’épargne populaire ? Morte, tuée par les excès obscènes du capitalisme sauvage. Le pire, c’est que les économies qu’ils vont réaliser en délocalisant la production en Chine et… en Italie (pays où les coûts salariaux sont rigoureusement équivalents aux nôtres !), ne représentent pas grande chose. En effet, dans une paire de collants, ce qui coûte cher, ce n’est pas la production, c’est la PIBLICITE et le MARKETING ! On prend donc les ouvriers — et ceux de Well en particulier — pour des cons. Pour combien de temps encore ? Nous sommes en 1788…

17/12/2006

La révolte des pères Noël

Une pièce, quelque part dans le Grand Nord. quatre personnages : un homme d’affaire – costumes sombre, cravate, attaché-case, il fait les cent pas nerveusement. A côté, trois pères Noël en robe rouge.
L’homme d’affaires :


- Messieurs les pères Noël, votre attitude est inadmissible. Vous mettre en grève, dans le monde entier, la veille de Noël ! C’est un coup de force inacceptable. Virés ! Tous ! Vous allez tous être virés ! Un plan social planétaire !
Auriez-vous oubliés, Messieurs que c’est nous – le monde des affaires, les usines de jouets, le grand commerce – qui vous avons créé ? Qui vous avons inventé pour servir les intérêts de nos actionnaires ?
Auriez-vous oubliés que vous n’avez d’autre légitimité que celle du commerce ? Votre existence même est liée à l’efficacité avec laquelle vous incitez les enfants, et surtout leurs parents à acheter, acheter, acheter ! Acheter toujours plus de jouets toujours plus chers, toujours plus compliqués. Ceci afin que nos usines tournent, que nos établissements vendent, que nos profits se gonflent. Pour le plus grand bien de nos actionnaires, les retraités américains. Votre seule fonction est de faire en sorte que les enfants engraissent les retraités du Wisconsin et de Dallas ! Compris ?

Le père Noël le plus barbu prend alors la parole :

- Nous savons pertinemment que c’est vous, les gens des affaires, qui nous avez inventés. Nous savons très bien que nous n’avons pas de légitimité religieuse ou mythique, comme Saint-Nicolas, comme la Babouchka, comme la Béfana. Autant de personnages sympathiques, reflets de cultures ancestrales à travers le monde, et que vous avez – à travers nous - ridiculisés et jetés aux oubliettes. Nous savons tout cela.

- Alors fermez-là et travaillez ! Travaillez ! Vous m’entendez ? Prenez vos rennes – un troupeau dont l’entretien toute l’année nous coûte beaucoup d’argent tout comme ce siège social en Laponie, dans le grand nord de la Suède. Prenez vos rennes et partez livrer les produits de nos usines. Nous avons investi en promotion et publicités des milliards et des milliards. Ce n’est pas pour que le profit qu’en attendent nos actionnaires soit mis à mal par les états d’âme d’employés subalternes tels que vous !

- Non. Nous ne travaillerons pas cette nuit de Noël. Nous refusons de continuer à nous faire les complices d’une gigantesque opération de racket mondial et d’abrutissement de l’enfance. Nous ne livrerons pas vos jeux électroniques basés sur la violence et la mort. Nous ne livrerons pas tous ces gadgets, très chers, trop chers, qui ruinent les parents et n’intéressent que peu les enfants.

- Ggrrrr ! ! ! ! C’est une catastrophe ! Nos profits ! Mes stock-options ! Avec le mal que nous nous donnons depuis des années pour imposer aux enfants l’usage de nos jeux électroniques…

- Nous qui connaissons les gosses, nous qui voyons le rêve dans leurs yeux la veille de Noël, savez-vous ce que nous avons remarqué ? C’est que les enfants, au matin tant attendu jouent surtout… avec les cartons d’emballage des jouets coûteux que vous leur imposez ! Voilà pourquoi nous refusons dorénavant de nous faire les complices de votre entreprise de négation du rêve, de négation de toute culture. Nous refusons – nous pères Noël du monde – d’être vos instruments dans cette entreprise d’acculturation mondiale : partout une seule et même musique, partout les mêmes jouets chers et tuant l’imagination, partout une seule idéologie, celle de l’argent, du fric, du pognon.
Nous voulons, nous, pères Noël, que les enfants du monde rêvent, réfléchissent, s’épanouissent dans la diversité et la richesse de leurs cultures.

- Mais c’est une révolution ! Apprendre à réfléchir aux gosses… Puis quoi encore ? Ont-ils besoin de réfléchir pour devenir de bons consommateurs adultes ? Bien dociles et réceptifs à nos messages publicitaires ? Mais vous voulez tout foutre en l’air, ma parole !
Mes profit… Mes stock-options…
Avec tout l’argent que nous dépensons dans les télévisions, dans les ordinateurs, dans les play-stations pour empêcher les gens de réfléchir. Pourquoi pas la liberté, l’égalité, la fraternité puisque vous y êtes ? Révolutionnaires ! Sans-culottes ! Bolchéviques ! Vous allez nous ruiner avec vos dangereuses utopies ! Mais pour qui vous prenez-vous ?

- Pour des gens qui ont une grande responsabilité. Bien sûr, nous sommes vos créatures, mais nous tenons maintenant notre légitimité de notre succès. Des millions d’enfants du monde croient en nous et nous attendent avec espoir, la tête pleine d’étoiles. Nous ne pouvons pas les décevoir. Nous ferons donc notre tournée cette année encore…

- Ah ! Enfin une bonne parole ! Alors finis de jaser pour ne rien dire. Remplissez vos hottes, vos traîneaux, atteler vos rennes et, Oust ! Partez !

- Je crois que nous nous sommes mal compris. Nous allons faire notre tournée, mais pas pour livrer vos japoniaiseries et vos américonneries. Nous allons porter aux enfants du monde des messages d’intelligence, des ferments de liberté, des gages d’égalité, des élans de fraternité.

- Ah ! Ah ! Laissez-moi ricaner… Et comment donc ?

- N’oubliez pas que nous sommes en Scandinavie, patrie des célèbres Prix Nobel. Eh bien nous, nous allons créer les « Prix Noël » ! Nous allons livrer dans les cheminées des enfants du monde des Livres ! Des Livres ! Car c’est dans les Livres que se trouve le Savoir, l’Intelligence, la Tolérance, la Concorde, l’Entraide, l’Amitié et l’Amour entre les enfants, entre les Hommes.

Les pères Noël s’en vont, leurs hottes pleines de livres, tandis que l’homme d’affaire se ronge les poings en morigénant.

16/12/2006

A boire! Tavernier!

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Large soif avec le livre-disque de la Chorale des Côtes-du-Rhône.

Qui ne connaît pas les joyeux gaillards de la Chorale des Côtes du Rhône ? Depuis quinze ans, leurs voix males rythment la plupart des festivités bachiques de la région. Vous les avez certainement un jour ou l’autre entendu chanter « La font de Nîmes », « Coupo Santo » ou « A boire ! Tavernier ». Vous pouvez désormais boire, trinquer et chanter avec eux grâce au livre-disque qu’ils viennent d’éditer à l’occasion des quinze ans de leur création. Ce livre de chansons à boire, avec paroles et musique, est accompagné d’un CD rom audio de 16 de leurs principaux titres.
Vendu au prix de 15 euros, ce livre-disque fait un excellent cadeau pour les Fêtes. Il sera présenté et dédicacé par celui qui l’a conçu et réalisé, également parolier de la Chorale, Jean-Victor Joubert, le jeudi 21 décembre à la Maison de la Presse de Villeneuve-les-Avignon.
Qu’on se le dise !

15/12/2006

Les pescadous, hou hou !

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Au Grau du Roi, on a vu un patron pêcheur dit du « Petit métier » — la pêche par des petits bateaux en bordure littorale — se désespérer de voir son bateau détruit (mais payé tout de même) pour suivre une directive européenne de réduction de la flotte de pêche. Celui-là, c’est un petit, donc il morfle.
Par ailleurs, de gros armements industriels construisent des bateaux neufs, toujours plus gros, toujours plus performants, toujours plus ravageurs pour les fonds et la faune marine. Ceci avec les subventions dont les gavent cette même commission européenne ainsi que le gouvernement français, par le truchement du ministère de l’agriculture et de la pêche. Donc avec vos (nos)impôts.
Un rapport vient d’arriver sur le bureau de l’ineffable Villepin — le rapport Poséidon — d’où il ressort que la France ne respecte en rien les quotas imposés : la pêche industrielle pêche trois fois plus que les quotas autorisés, saccageant irrémédiablement le patrimoine marin ! Nous sommes donc condamnés par la Cour de Justice européenne à verser une amende de 20 millions d’euros, plus une astreinte de 58 millions d’euros par semestre ! Résultat économique : la pêche française coûte presque autant en subvention qu’elle ne génère de chiffre d’affaire : 800 millions d’euros de subvention pour un chiffre d’affaire de 1 milliard…
Voilà ce q’on appelle une bonne gestion ultra libérale : les profit dans les poches des financiers de la pêche, les amendes et les subvention payés par les impôts des Français d’en bas. Quant à l’environnement, on s’en fout…
Attention les kiki ! Nous sommes en 1788…

14/12/2006

Noio hel: le Noël des Gaulois.

Noël nous tombe sur les oreilles, avec son cortège de contes religieux à prendre avec beaucoup de recul (et pour moi de cynisme) et surtout de pressions commerciales ahurissantes. Mais au fait, ne nous laissons pas abuser par les curés et leur « petit Jésus » ni par les marchands avec leursgros débile en rouge, symbole de cacacola chez les Zétazuniens.
Beaucoup ignorent que le mot "Noël" est un terme païen bien antérieur au christianisme. L'origine la plus vraisemblable du mot Noël ne serait pas le latin "natalis dies" (jour de naissance) mais le gaulois "noio hel" signifiant «nouveau soleil».
L'interprétation latine traditionnelle de l'origine du mot Noël viserait à occulter les origines pré chrétiennes de la fête qui trouve sa source dans le culte de Mithra (dieu du «soleil invaincu») chez les Romains et dans les autres fêtes de solstice des pays nordiques. Avant la réforme du calendrier par Jules César, le solstice d'hiver correspondait au 25 décembre du calendrier romain et les festivités ont continué de se tenir à cette date même après que le solstice eut correspondu au 21 décembre du calendrier julien.
Étymologiquement parlant, les laïques, les libres penseurs et les athées auraient donc toutes les raisons du monde de se souhaiter Joyeux Noël, et ce faisant ils n'empruntent rien à la religion chrétienne. (Merci à mes potes Athés 66 pour ces précisions)
Tè ! Je vais vous préparer un ou deux contes de « Noio hel » (Noël)

J'ai tué le cochon!

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C'était une noble bête, on l'appelait Couet de Téhèfun...

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Sa vie ne tenez qu'à un fil (de couteau)...

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On l'a percé, on l'a saigné et on va le BOUFFER...en chanson:

Ami Cochon, mon frère.
(chanson bachico-charcutière de Jean-Victor Joubert de Mairdre, mammifère omnivore ampellophille républicain)

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,
Ô toi, dont le trépas annonce bonne chère,
Je te salue bien bas, toi dont le sacrifice
Fournit à nos repas fricassées et saucisses.(bis)
Merci pour ton boudin, merci pour tes jambons,
Merci, merci pour tout, car en toi tout est bon !
Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,
Que le Côtes-du-Rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,
Tu sais rassasier nos ardeurs carnassières,
Nous aimons tout en toi, ta tripe, ta chair fraîche
Tes bajoues, tes rognons, ta langue, ta ventrèche.(bis)
Merci pour tes pâtés, merci pour tes caillettes,
Tes quatre pieds panés, ton fromage de tête.
Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,
Que le Côtes-du-Rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,
En humant les parfums montant de la daubière
Où mijote à feu doux dans du Côtes-du-Rhône
Les morceaux succulents que ton trépas nous donne.(bis)
Merci pour ton échine et ton filet mignon,
Merci pour ton jésus et pour tes saucissons.
Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,
Que le Côtes-du-Rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère
Fidèle compagnon des sorties rabassières
Où dans les bois de chêne, ton odorat subtil
Te fait trouver les truffes de décembre à avril. (bis)
Merci pour ton regard espiègle et rigolard,
Pour ton grand appétit, pour tes chants, pour ton lard.
Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,
Que le Côtes-du-Rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,
Car toi seul assouvit nos passions charcutières,
Salé, fumé, grillé, braisé ou même cru,
Tu es le compagnon des meilleurs de nos crûs. (bis)
Merci pour les ardeurs que chez nous tu éveilles,
Car en chacun de nous, un peu de toi sommeille !
Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,
Que le Côtes-du-Rhône, toujours, nous désaltère. (bis)

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère
Car ta réputation excite les rosières
Idol' des sautopafs et terreur des cocus
Tu portes le flambeau de ceux qui aim' le cul. (bis)
Merci pour les tétons et pour les rondes fesses
Pour les peaux satinées appelant les caresses.
Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,
Que le Côtes-du-Rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

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12/12/2006

L'annuaire des nuisibles

Vous connaissez le « Who’s who », le « Qui est qui » ? Moi non plus, mais je sais ce que c’est : l’annuaire des parasites qui grenouillent dans les conseils d’administration du « Caca rente », de ceux qui se tapissent la tripe de sauce chaude et onctueuse sur le dos des crève-la-faim de la France d’en bas. Eh bien cet annuaire a fait une enquête auprès de ses 2500 membres. Il en ressort que ces braves gens, d’abord, sont content de leur sort. Ben voyons ! La vie chère ? Connaissent pas sinon à travers les réflexions de leurs bonnes. Ce qu’ils aiment, c’est la « mondialisation néolibérale » (c’est à dire l’alignement des salaires européens sur ceux des Chinois et des Indiens), la « modernité » (les 4x4, les ouiquende aux Caraïbes, etc.), « l’innovation technologique » (tous ces instruments qui ne servent à rien mais qui accrochent le « peuple » aux basques des grosses boites qui finissent en « ique » et qui les rackettent chaque mois pour leurs portables et autres conneries du genre). Par contre, ce sont ceux-là qui crachent sur le pays qu’ils parasitent, ce sont ceux-là qui fustigent la France du « déclin », la France « immobile » (à cause bien sûr des 35 heures, du code du Travail, de la Sécu, etc.). Ceux qu’ils veulent, ce sont des « réformes radicales » (traduire : casser le modèle social français) qui alignerait la France sur le modèle anglo-saxon (quand tu es malade et que tu vas à l’hosto, on te demande d’abord ta carte bleu, pas ta carte Vitale !)
Et devinez quel est le candidat plébiscité par ces gens ? Le Sarkognome, bien sûr…
Eh ! Les desperados de chez Well et d’ailleurs, vous croyez qu’il y aura assez de platanes pour les pendre ces « gens là » ?

11/12/2006

ATTENTION ! Plus DANGEREUX que la Polonium 210, le SARKOGNOME 2007

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10/12/2006

Après le Téléthon, le GUEULETHON !

Andouille vigneronne
La veille, faire tremper 1 kilo de haricots blancs dans de l'eau additionnée d'une pincée de bicar-bonate. Faire cuire à l'eau froide, pendant deux heures, une belle andouille de porc et la laisser dans sa cuisson. Le lendemain, égoutter les hari-cots. Les mettre en cocotte avec quelques couennes coupées en dés, une queue de porc frais, trois oignons coupés en quartiers, deux carottes cou-pées en rondelles, une branche de céleri, deux gousses d'ail écrasées, un bouquet garni, sel, poivre. Couvrir d'eau. Porter à ébullition. Ajouter un verre de Bourgogne rouge et cuire une heure à petit frémissement.
Ajouter l'andouille et continuer la cuisson jus-qu'à ce que les haricots fondent. Servir l'an-douille sur un plat chaud, les haricots sur un autre après avoir rectifié leur assaisonnement et ajouté une noix de beurre et du persil ciselé.
Courtine, « Grand Livre de la France à table », 1982.

Missionnaire en marmite
Débarrassez votre missionnaire des os, de la graisse, des habits et accessoires qui l’encombrent. Hachez-le avec un ou deux oignons, un peu de persil.
Lorsque votre missionnaire est assez farce, mettez dans une marmite gros comme une couille de beurre ; dès que celui-ci est fondu, placez-y le hachis auquel vous ajouterez un peu de lard, que vous faîtes jaunir dans le beurre et que vous saupoudrez d’une poignée de chapelure. Quand la chapelure est bien liée au hachis, versez quelques bols de bouillon, sel, poivre et servez avec des croûtes autour du plat.
Si le missionnaire manque de croûtes, n’hésitez pas, prenez les vôtres, on n’y verra que du feu.
Nota bene : le jus doit être court, et la marmite vaste afin de contenir le plus de choses possible, y compris des os en abondance.
Roland Topor, « La cuisine cannibale », 1970

Saint sur le gril.
Essayez de vous procurez un véritable saint par l’intermédiaire du Vatican.
Traitez-le comme Saint Laurent le fut le 10 août 258.
Après l’avoir fouetté, mettez-le sur le gril au-dessus d’un grand lit de braises.
Tel son précurseur, s’il est véritablement saint, il demandera lui-même à être retourné pour êtree grillé à point des deux côtés.
Maurice Joyant, « La cuisine de monsieur Momo, célibataire », 1930

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