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30/04/2007

Avec Sarko, Pétain prend sa revanche sur De Gaulle...

La lepénisation des esprits avance au grand galop !

Un des enseignements du premier tour de la Présidentielle, c'est la lepenisation de la droite républicaine. Sarkozi se targue d'avoir fair reculer le vote lepéniste. C'est vrai. Mais à quel prix! Il faut avoir les pieds sur terre, si le candidat de l'UMP a pu détourner à son profit le tiers des voix de Le Pen, ce n'est certainement pas pour ses idées progressistes et altruistes, c'est parce qu'il leur propose un assortiment de propositions directements tirés du programme de Menhir que l'on peut consulter sur la Toile:

* Proposition du FN : "Organiser une coopération étroite entre la police et la justice".

Sarkozy: - Une circulaire du ministère de l'intérieur en date du 4 février 2004 a invité les policiers à "signaler systématiquement au magistrat les affaires dans lesquelles les suites judiciaires (leur) apparaissent insuffisantes ou mal appropriées". Le projet de loi de prévention de la délinquance actuellement en discussion accroît la confusion des rôles entre la police et la justice.

* Proposition du FN : "Sanctionner les manifestations publiques d'incitation à la débauche et à la violence".

Sarkozy: - La loi de 2003 sur la sécurité intérieure a créé le délit de racolage passif pour les prostituées et punit plus fortement les auteurs d'infraction dans les stades. Nicolas Sarkozy s'est aussi prononcé en faveur du rétablissement de la loi anticasseurs, abolie en 1981, qui rend responsables des violences les organisateurs des manifestations.

* Proposition du FN : "Rétablir la justice de paix".

Sarkozy: - La Loi Perben a institué des juges de proximité qui n'ont pas toujours de formation juridique précise. Dans l'entretien qu'il fait au Parisien, le 20 octobre 2006, Nicolas Sarkozy propose aussi l'instauration de jurys populaires dans les tribunaux correctionnels.

* Proposition du FN : "Réhabiliter la notion de peine prompte, certaine et incompressible".

Sarkozy: - La loi Perben a étendu le recours à la comparution immédiate. En ce qui concerne les peines incompressibles, Nicolas Sarkozy se prononce en faveur de peines planchers pour les multirécidivistes (Le Parisien, 20 octobre 2006).

* Proposition du FN : "Faciliter les contrôles d'identité".

Sarkozy: - Les deux lois sur la sécurité intérieure étendent fortement les possibilités d'intervention de la police en matière de fouille et de contrôle d'identité.

* Proposition du FN : "Bannir la politisation de la magistrature ; supprimer l'Ecole nationale de la magistrature".

Sarkozy: - Depuis 2002, de nombreux magistrats ont dénoncé des pressions de la direction de cette école sur des maîtres de conférences appartenant au Syndicat de la magistrature (SM, gauche) et leur éviction à travers les nouveaux recrutements. Nicolas Sarkozy a aussi multiplié les déclarations dénonçant la politisation des magistrats (notamment de Bobigny).

* Proposition du FN : "Accorder à la police soutien et considération. Les campagnes de dénigrement feront systématiquement l'objet de poursuites".

Sarkozy: - Deux cent parlementaires sarkozystes n'ont pas hésité à demander la poursuite de groupes de rap pour leurs propos "anti-flic" et "anti-France".

* Proposition du FN : "Expulser les condamnés étrangers à l'expiration de leur peine".

Sarkozy: - Bien qu'il s'en défende, Nicolas Sarkozy n'a pas supprimé totalement la "double peine" (condamnation plus expulsion) dont sont victimes les étrangers. Pire, lors des événements de novembre 2005, le Ministre de l'Intérieur a demandé l'expulsion des jeunes soupçonnés d'avoir pris part aux violences dans les banlieues.

* Proposition du FN : "Appliquer la déchéance de nationalité".

Sarkozy: - Cette proposition du Front National est désormais appliquée à l'encontre d'islamistes radicaux. La loi contre le terrorisme a porté de dix à quinze ans le délai durant lequel la déchéance de nationalité est possible après la naturalisation.

* Proposition du FN : "Fonder la naturalisation sur l'assimilation".

Sarkozy: - L'article 21-24 du code civil stipule, depuis 1945, que "nul ne peut être naturalisé s'il ne justifie de son assimilation à la communauté française, notamment par une connaissance suffisante, selon sa condition, de la langue française". La loi Sarkozy de 2003 impose une connaissance "des droits et devoirs" et organise le contrôle de celles-ci. La loi CESEDA de 2006 accentue fortement ces obligations.

* Proposition du FN : "Instaurer une période probatoire pour les mariages mixtes".

Sarkozy: - Un étranger ne peut désormais demander la nationalité française que quatre ans après son mariage avec une personne de nationalité française. Il faut désormais attendre trois ans de vie commune depuis le mariage pour solliciter une carte de résident, qui n'est plus délivrée de plein droit et qui tient compte de l'intégration des intéressés

* Proposition du FN : "Procéder à l'expulsion effective des immigrés clandestins".

Sarkozy: - Le gouvernement avait pour objectif d'expulser 20 000 personnes en situation irrégulière en 2005 et 25 000 en 2006, en n'hésitant pas à remettre en cause les principes fondamentaux de la dignité humaine.

* Proposition du F.N. : "Conforter la famille comme lieu d'éducation".

Sarkozy: - Avec le projet de loi de prévention de la délinquance présenté par Nicolas Sarkozy, le maire aura désormais la possibilité, si la situation d'une famille "est de nature à compromettre l'éducation des enfants", de demander à la caisse d'allocations familiales la mise sous tutelle des prestations sociales de la famille. Il présidera aussi un "Conseil pour les droits et devoirs des familles" dans les communes de plus de 10.000 habitants. Ce conseil pourra procéder à des rappels à l'ordre auprès des familles en cas de problèmes scolaires, de carences éducatives, de troubles du voisinage. Le maire pourra leur proposer un stage de responsabilité parentale.

* Proposition du FN : "Lutter contre le faux tourisme".

Sarkozy: - Les loi Sarkozy de 2003 et de 2006 rendent beaucoup plus difficile l'obtention des visas. Il est de plus en plus difficile pour les ressortissants des pays en développement d'obtenir un visa de tourisme, les autorités se montrant tatillonnes sur les garanties et les documents exigés.

* Proposition du FN : "Abroger le regroupement familial".

Sarkozy: - Depuis sa création, en 1976, le droit au regroupement familial n'a cessé d'être rogné par l'application stricte de conditions liées aux ressources et au logement. La Loi CESEDA votée en 2006, soumet le regroupement familial à la notion d'"intégration réussie" qui ne vise qu'à renforcer l'arbitraire des autorités compétentes et instaure un délai probatoire de trois ans. Dans son entretien au Parisien du 20 octobre 2006, Nicolas Sarkozy souhaite que la totalité de l'immigration soit, à l'avenir, une immigration de travail. Dans son projet, c'en est donc finit du regroupement familial et du droit d'asile.

* Proposition du FN : "Ramener le droit d'asile à sa vocation originelle".

Sarkozy: - Les décrets d'application de la loi Villepin de 2003 sur l'asile ont restreint drastiquement l'octroi du statut à tous les stades de la procédure. Les critères de recevabilité des demandes empêchent, faute de temps, des demandeurs de pouvoir être entendus, y compris en appel. Nicolas Sarkozy plaide constamment pour la diminution des délais imposés.

* Proposition du FN : "Redonner aux parents le choix de l'école"

Sarkozy: - Dans le cadre de l'élaboration de son programme pour 2007, Nicolas Sarkozy souhaite supprimer la carte scolaire et permettre à chaque famille de choisir librement l'établissement scolaire dans lequel inscrire ses enfants. "Le social n'est pas l'apanage des établissements publics. Les établissements privés ont une longue pratique et des réponses originales en la matière. L'enseignement privé déborde d'ailleurs de demandes d'inscriptions. Je n'accepte pas que la liberté de choix de l'école soit réservée à ceux qui habitent dans les beaux quartiers. Pour la même raison, je suis pour la suppression à terme de la carte scolaire". (Le Figaro, 22 février 2006)

* Proposition du FN : "Mettre en place la préférence nationale"

Sarkozy: - Même s'il ne s'en vante pas, Nicolas Sarkozy fut cosignataire d'une éphémère proposition de loi visant à instaurer le principe de préférence nationale dans les politiques des collectivités locales (proposition de loi de Jean-Louis Masson, RPR, du 11 avril 1990) dont l'article 2 dispose que "les collectivités territoriales définissent librement les conditions d'attribution des prestations visées à l'article premier : ces conditions peuvent être notamment relatives à la durée de résidence des bénéficiaires éventuels sur le territoire de la collectivité intéressée, au montant de leurs ressources ou à leur nationalité".

* Proposition du FN : " Libérer l'école de l'idéologie"

Sarkozy: - Dans le débat suscité par l'article 4 de la loi du 23 février 2005 affirmant que « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer », Nicolas Sarkozy s'est attaqué à l'idéologie présumée des manuels scolaires. Pour lui, "il faut cesser avec la repentance permanente en France pour revisiter notre histoire." (France 3, 7 décembre 2005)

* Slogan du FN : "La France, tu l'aimes ou tu la quittes"

Sarkozy: - Nicolas Sarkozy lors de la réunion des nouveaux adhérents de l'UMP d'avril 2006, a repris à son compte, le slogan de la campagne menée par le Front National de la Jeunesse en 1995 : "la France, tu l'aimes ou tu la quittes".

Rafraichissement ! Huummm...

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29/04/2007

Les journalistes ont la rabia !

A la lecture de leur communiqué, les journalistes membres du SNJ (Syndicat National des Journalistes, largement majoritaire dans la profession) digèrent mal la mise sous tutelle de la profession par les puissances d'argent et les politiques.:

"Débat empêché, démocratie bafouée !

Avec le pitoyable feuilleton du débat empêché entre Ségolène Royal et François Bayrou, les médias se trouvent une nouvelle fois au cœur d’une des bavures majeures de la campagne électorale.

L’arithmétique pointilleuse du CSA d’un côté, le poids des sympathies auprès du candidat Sarkozy de l’autre, font que le devoir d’informer subit une entrave insupportable dans une démocratie comme la nôtre.

Les concentrations excessives dans la presse française ; les amitiés particulières entre le monde politique et les directions des médias ; la façon dont sont nommés les membres du CSA, jettent la suspicion sur tout un secteur professionnel et constituent une atteinte directe au droit légitime des citoyens d’être correctement informés.

Le SNJ, premier syndicat chez les journalistes, dénonce avec vigueur ce déni de démocratie. Cette situation le conforte dans sa lutte pour une véritable indépendance des médias, des équipes rédactionnelles, et l’inscription dans la Constitution du droit à une information honnête, complète, pluraliste et indépendante des pressions politiques.

le 27 avril 2007"

Sarko-la-menace

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28/04/2007

Comment a voté la France qui trime" version Sarko...

La France « populaire » a voté Sarko qui recueille : 93% pour les adhérents du Medef, 73% à Neuilly, 55% à Le Vésinet, 64% dans Paris XVI°, 59% à Paris VIII° (Champs-Élysées) et encore 51% à La Napoule comme à Saint-Raphaèl et 49% à Cannes. Par ailleurs les retraités ont voté à 40% pour Sarko, 25% pour Royal et 15% pour Bayrou. La « France qui travaille, la France qui se lève tôt, la France qui trime » a choisi son camp…

Lettre à ma femme, à mon frère et à tous ceux qui ont voté Sarko et s’apprêtent à récidiver.

Vous que j’estime, vous avec qui on peut bâtir quelque chose, établir une confiance, sans oublier faire la fête, faire l’amour. Bref, vous que j’aime et qui, comme des millions de Français, avez voté dimanche dernier pour Sarkozy et sont prêts à récidiver, je vous demande de me faire l’honneur de distraire quelques minutes de votre précieux temps pour me lire, m’écouter, réfléchir.

Vous votez « à droite ». Pourquoi pas. C’est respectable. Pour être « de droite » radicalement, il suffit de se laisser aller. C'est une pente. C’est la facilité. Les idées de droite sont dans la satis-faction immédiate. C'est oui ou non. C'est les immigrés dehors, tout de suite, et non aux impôts, tout de suite, etc.

Être « de gauche » et démocrate, au contraire, demande un effort. C'est une construction intellectuelle, ça n'est pas instinctif. Ça demande de pen-ser son propre désir et de le conduire à trouver les conditions les plus harmonieuses et les plus durables à son accomplissement. C’est un effort de tous les jours.
Être de gauche, ou d'une droite antifasciste et respec-tueuse des droits, genre Bayrou, ce n'est pas for-cément être meilleur, plus gentil, plus humain. C’est surtout être moins con. C’est penser les phénomènes dans leur histoire et n’approuver que les décisions politiques qui, à terme, ne rendent impossibles ni le progrès des libertés ni l’amélioration du « vivre ensemble ».

Et bien j’ai le regret de vous dire qu’en donnant votre confiance à Sarkozy, vous faites preuve d’une bonne dose de masochisme. Vous allez être cocus…
Car comment ne pas rire de voir que les citoyens des classes moyennes ou populaires – vous ! - ont aidé à placer en tête du scrutin un homme qui demain va leur faire perdre leurs emplois en facilitant les délocalisations, détruire leur système de protection sociale, démolir leur système de retraite, diminuer les impôts des plus riches et augmenter ceux des plus pauvres (par l’augmentation de la TVA), redistribuer leur argent (celui de l’Etat) aux entreprises qui, elles-mêmes, le redistribueront à leurs actionnaires, démantèlera les services publics pour attribuer leurs fonctions à des sociétés privées qui s’empresseront d’augmenter les prix de tous les services.
Comment ce peuple qui se prétend le plus intelligent du monde peut-il se laisser abuser par ce bonimenteur de foire qui a vendu aux électeurs moyens la corde qui va servir à les pendre ?

Il faut croire qu’après la malbouffe à MacDo, les feuilletons télévisés débilitants, le journalisme de complaisance et la dégradation morale du personnel politique, la connerie aura, elle aussi, dans le cadre d’une mondialisation qu’on prétend inévitable, fini par traverser l’Atlantique.

Car la France de Sarko-l’américain, comme il aime se faire appeler, sera celle des égoïstes et des bouffeurs de hamburgers (mange-merde), repliés sur leur petit confort pour ne pas voir crever de faim les SDF du coin de la rue, ceux qui ont choisi l’égoïsme au lieu de la solidarité, la France de ceux qui préfèrent assurer leur vacances au ski en faisant des heures supplémentaires plutôt que de donner du travail aux autres, celle de ceux qui ferment les yeux sur les licenciements tant que leur emploi n'est pas menacé, qui refusent de se syndiquer par peur de compromettre leur carrière, celle des fayots qui n'hésiteront pas à prendre la place de leur collègue plutôt que de perdre la leur, celle des abrutis qui admirent des demeurés qui gagnent des milliards en tapant dans un ballon ou en se trémoussant sur un plateau de télévision, celle de ceux qui s’extasient devant des comédiens qui leur font croire à une réalité virtuelle à l’eau de rose dans des feuilletons stupides.

Bref, c’est la France franchouillarde des médiocres, basse et moutonnière, qui n’a même plus le courage de relever la tête devant l’affront que lui font ceux qui, sous couvert de construction européenne ou de mondialisation, lui tondent la laine sur le dos.

On peut penser que c’est ainsi que les grands peuples deviennent des peuples avilis et que des civilisations finissent par se perdre dans les marécages de l’Histoire…

Comme je vous aime, je me permets de vous engueuler. Si ça pouvait vous faire réfléchir un tout petit peu !

27/04/2007

On a tous une bonne raison d'être SARKOPHOBE

Les dix fractures programmées de Sarkozy (relevés par Libération)

Que serait la France de Nicolas Sarkozy s'il accédait, le 6 mai, à la présidence de la République ? Quelles sont ses volontés de réforme, ses mesures prioritaires ? En meeting, il répète que ses adversaires veulent le «diaboliser» et lui vouent de la «haine». Loin de nourrir de tels sentiments, Libération décrypte en 10 points les projets du candidat UMP qui fâchent.


Une certaine idée de la justice
Ce qu'il veut faire. Il a promis de «lutter contre la récidive en instituant des peines plancher pour les multirécidivistes». La dernière loi visant à réprimer plus sévèrement la récidive (élargissement des critères de la récidive, limitation des sursis...) remonte à décembre 2005. Nicolas Sarkozy veut qu'au bout de trois fois le condamné écope de la peine maximale prévue. Ce qui malmène le principe de l'individualisation de la peine inscrit dans la tradition juridique, la Constitution et la Convention européenne des droits de l'homme. Tous les spécialistes estiment qu'une telle mesure fera exploser la population pénitentiaire.
Sarkozy veut aussi supprimer l'excuse de minorité pour les récidivistes de plus de 16 ans, et aligner progressivement la justice des mineurs sur celle des majeurs. Il tient aussi à «expérimenter» une séparation entre les mineurs dont s'occupent les juges des enfants : d'un côté les victimes, de l'autre les délinquants. Sachant que les frontières sont totalement perméables.

Ce qu'il a fait. Il a beaucoup joué avec le principe de la séparation des pouvoirs, en mettant en cause personnellement des magistrats, notamment ceux du tribunal des enfants de Bobigny, accusés de «démissionner» face aux délinquants. Au point que Guy Canivet, le premier président de la Cour de cassation, avait été reçu par Jacques Chirac, en septembre 2006, après avoir exprimé sa colère pour dénoncer «les termes provocants» de Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, «mettant en cause le fonctionnement de l'institution judiciaire». Le haut magistrat se montrait alors désireux d'exposer au chef de l'Etat «la gravité de ces atteintes réitérées à la répartition des pouvoirs prévue par la Constitution et le malaise ressenti par les juges».
Sarkozy a aussi multiplié le fichage en étendant notamment le fichier national automatisé des empreintes génétiques ­ créé sous la gauche pour pister les délinquants sexuels ­ à quasiment tous les délits. Contre l'avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés, ce fichier ne contient pas que des condamnés mais aussi des suspects.

Une certaine idée de la police
Ce qu'il veut faire. Le ministre de l'Intérieur en avait rêvé contre l'avis de Jacques Chirac, et cette fois le candidat à l'Elysée est bien décidé à la mettre en place : une direction unique du renseignement qui réunirait Renseignements généraux (RG) et Direction de la surveillance du territoire (DST). Officiellement, il s'agit de lutter plus efficacement contre le terrorisme. Une direction unifiée aurait également l'avantage d'être plus facilement contrôlable pour le pouvoir politique avec un homme idoine à sa tête. Nicolas Sarkozy veut également faire voter une nouvelle loi de programmation afin de «combler» les poches de retard des forces de l'ordre en matière de cryptologie, de biométrie et d'équipements. Lors de ses deux précédents passages place Beauvau, Nicolas Sarkozy avait déjà largement communiqué sur les technologies (pistolet à décharge électrique, caméras...) au service de la police.

Ce qu'il a fait. Dès son arrivée au ministère de l'Intérieur au printemps 2002, Nicolas Sarkozy s'est attaché à galvaniser des policiers et des gendarmes qui avaient manifesté leur blues dans la rue à l'automne 2001. Il leur a garanti moyens et effectifs dans une loi de programmation votée durant l'été 2002. Le deuxième étage de la fusée sécuritaire Sarkozy a été la mise en place de la «culture du résultat», aujourd'hui largement décriée dans les commissariats. Lors de leurs dernières élections professionnelles, les policiers ont dénoncé, la «chasse aux crânes», c'est-à-dire l'inflation des interpellations et des gardes à vue. Enfin, il est le ministre de l'Intérieur qui a enterré la police de proximité mise en place par ses prédécesseurs de gauche.

Une certaine idée de l'immigration
Ce qu'il veut faire. L'objectif de Sarkozy est affiché : limiter l'immigration «subie». Le candidat de l'UMP a annoncé la création d'un «ministère de l'Intégration et de l'Identité nationale» regroupant les attributions confiées aujourd'hui à trois ministères. Il a également promis, dès juillet, une troisième loi sur l'immigration et précisé que les immigrés souhaitant venir en France au titre du regroupement familial devraient apprendre des «rudiments» de la langue française.

Ce qu'il a fait. Alors ministre de l'Intérieur, il a fait adopter deux lois sur l'immigration, en 2003 puis en 2006. La première comprenait une disposition plutôt favorable aux immigrés avec la suppression partielle de la «double peine». La seconde a durci les conditions de régularisation des immigrés en situation irrégulière, et celles d'entrée et de séjour des étrangers. Hautement symbolique, la suppression de la régularisation de plein droit après dix ans de séjour, même clandestin, en France. La lutte de Sarkozy contre l'immigration clandestine s'est accompagnée d'une augmentation des reconduites à la frontière : 24 000 en 2006, un chiffre toutefois inférieur aux objectifs fixés aux préfectures. La loi de 2006 était également censée ouvrir la porte à une immigration «choisie». Malgré quelques accords signés avec des pays comme le Mali, ce système tarde à prendre forme.

Une certaine idée de l'individu
Ce qu'il veut faire. Nicolas Sarkozy pourrait revenir à la charge en proposant le dépistage des signes avant-coureurs de délinquance chez les enfants de moins de 3 ans. Il s'était déjà appuyé sur un rapport de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale qui préconisait «le repérage des perturbations du comportement dès la crèche et l'école maternelle». A trop scruter les «susceptibilités génétiques», il risque de considérer qu' «un sujet "est" délinquant avant même d'entrer dans l'existence», comme le regrettait alors le docteur en psychopathologie Rodolphe Adam.

Ce qu'il a dit. Dans un entretien avec Michel Onfray, publié par Philosophie magazine d'avril, Nicolas Sarkozy déclarait : «J'inclinerais à penser qu'on naît pédophile», et, plus loin : «Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année [...] parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable [...]. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense.»

Une certaine idée du social

Ce qu'il veut faire. Le candidat Sarkozy veut encadrer le droit de grève en imposant un vote à bulletin secret au bout de huit jours d'arrêt de travail. Dans le secteur public, il souhaite l'organisation d'un service minimum instauré par la loi dès juillet. Il veut réduire le nombre de fonctionnaires en ne remplaçant pas les départs à la retraite. Pour les salariés du secteur privé, il veut remplacer le CDI et le CDD par un contrat de travail unique, sur le modèle du contrat nouvelle embauche (CNE) ou du contrat première embauche (CPE), ce qui permettrait à tout employeur de se séparer d'un salarié sans avoir à se justifier, en contrepartie d'une indemnité de licenciement revalorisée. Sa proposition d'exonérer totalement de charges sociales et fiscales les heures supplémentaires, payées 25 % plus cher, signerait la fin des 35 heures avec un effet négatif sur l'emploi, les entreprises ayant intérêt à allonger la durée du travail plutôt qu'à embaucher.

Ce qu'il a fait. Du fait de ses fonctions ministérielles, Sarkozy n'a jamais eu à intervenir directement dans le domaine social. Son passage au ministère de l'Economie, de mars à novembre 2004, fut bref. Le budget 2005, qu'il a préparé et fait voter, se traduisait essentiellement par le non-remplacement d'une partie des départs à la retraite de fonctionnaires. Il a soutenu la création du CNE à l'été 2005, mais quand Dominique de Villepin a lancé le CPE en janvier 2006, il a prudemment laissé le Premier ministre s'enferrer avant de plaider ­ comme président de l'UMP ­ pour un repli stratégique.

Une certaine idée du logement
Ce qu'il veut faire. Alors que la France compte 1,3 million de demandeurs de HLM, Nicolas Sarkozy, entend fixer «une obligation annuelle de vente de 1 % du parc social, soit 40 000 logements» sociaux par an. Cela permettrait «de rendre le rêve de propriété accessible à beaucoup de personnes qui en sont exclues actuellement», argumente le candidat UMP. Mais ces ventes risquent de concerner les plus beaux morceaux des HLM (les immeubles les mieux situés, les mieux construits), laissant dans le champ du parc social les cités ou les bâtiments les plus excentrés, accentuant ainsi les phénomènes de ghettoïsation. La mise en œuvre d'un tel programme risque aussi de réduire l'offre d'habitat social, au moment même où les loyers du privé flambent et deviennent inaccessibles aux ménages à petits revenus, voire moyens en région parisienne et dans les grandes métropoles régionales.

Ce qu'il a fait. Président du conseil général des Hauts-de-Seine, Nicolas Sarkozy a décidé en 2005 de vendre 4 000 HLM dans son département en cinq ans (soit 800 par an en moyenne). Pour faire taire les critiques, il a promis de les remplacer par des constructions nouvelles, devant s'ajouter aux 3 300 logements sociaux nouveaux déjà programmés annuellement par le département. Ce qui fait un total de 4 100 logements HLM à réaliser chaque année. Mais sur le terrain ça ne suit pas : seulement 2 590 ont été construits en 2006 et à peine plus de 1 500 en 2005. Autre fait d'armes : maire de Neuilly pendant neuf ans, Nicolas Sakozy n'a jamais accordé une quelconque priorité au logement social. Sa ville compte moins de 3 % de HLM. C'est l'une des pires élèves parmi les communes de France, bien en deçà des objectifs de la loi SRU qui impose 20 % de logements sociaux dans les communes de plus de 3 500 habitants (1 500 en Ile-de-France).

Une certaine idée de la santé
Ce qu'il veut faire.
Son programme Ensemble réaffirme les grands principes du modèle français de Sécurité sociale, pour «garantir l'égalité et l'équité de l'accès aux soins pour tous». Mais Nicolas Sarkozy veut «également que chacun se sente responsable du financement de notre système de santé». Aussi propose-t-il «un système avec quatre franchises : les premiers euros annuels sur les examens biologiques, les premiers euros annuels sur les médicaments, les premiers euros annuels sur les visites médicales et même sur l'hospitalisation». Ces sommes, inscrites sur un «compte annuel», ne seraient «pas remboursées» par la Sécurité sociale. Leur montant ferait l'objet d'un «débat chaque année devant le Parlement» et serait fonction de la santé financière de l'assurance maladie. Cette logique strictement comptable de rééquilibrage des comptes de la Sécurité sociale reviendrait à rembourser de moins en moins les malades, les contraignant à souscrire des assurances complémentaires de plus en plus onéreuses.

Ce qu'il a fait. Ministre de l'Economie en 2004, au moment où ses homologues à la Santé, Philippe Douste-Blazy et Xavier Bertrand, préparaient et faisaient voter la réforme de l'assurance maladie, Sarkozy ne leur a pas permis de puiser dans les recettes fiscales pour renflouer la Sécurité sociale. Défenseur de l'orthodoxie budgétaire et partisan d'une réduction des prélèvements obligatoires, il ne connaît que la baisse des dépenses pour équilibrer les comptes, qu'il s'agisse du budget de l'Etat ou des comptes sociaux.

Une certaine idée de la fiscalité

Ce qu'il veut faire. Nicolas Sarkozy a prévu d'abaisser encore le «bouclier fiscal» (qui permet de plafonner le total des impôts payés par un contribuable) à 50 %, alors qu'il est actuellement de 60 %. Surtout il souhaite supprimer jusqu'à 95 % des «droits de donation et de succession pour tous les patrimoines petits et moyens». Or, en France, grâce à la législation fiscale existante, 80 % des patrimoines transmis en ligne directe échappent déjà à toute imposition. Avec cette nouvelle proposition, 15 à 20 % des Français les plus riches échapperaient à nouveau aux successions. L'impôt sur la fortune pourrait de fait disparaître. Le candidat promettant une déduction de 50 000 euros de l'impôt contre un tel investissement dans une PME. La politique fiscale, au final, devrait profiter aux citoyens les plus aisés.

Ce qu'il a fait. En cinq ans, la droite a mené une étrange politique fiscale. Que jamais Sarkozy n'a désavouée. Baissant de manière drastique l'impôt sur le revenu (IR), dont le taux marginal a progressivement été abaissé à 40 %. Aujourd'hui l'IR ne représente plus que 25 % des recettes fiscales de l'Etat. Mais dans le même temps, la majorité a réussi la prouesse de faire augmenter le taux des prélèvements obligatoires : l'ensemble des taxes fiscales et sociales atteint 44,4 %. Elle a aussi inventé le «bouclier fiscal». Autant de mesures fiscales au service des plus aisés.

Une certaine idée des médias

Ce qu'il veut faire. Il prévoit un super ministère rassemblant les médias, la culture et l'éducation, et un renforcement des missions culturelles de France Télévisions. En matière de médias, le programme de Nicolas Sarkozy est maigre. Il faut dire qu'il en a déjà tellement fait...

Ce qu'il a fait. Dernier incident en date : il pète les plomb en coulisses de l'émission France Europe Express sur France 3 parce que monsieur n'a pas de loge. Sarkozy n'aime rien tant que mettre sa patte dans les médias, où il compte beaucoup d'amis : Arnaud Lagardère, patron du groupe éponyme ­ qui a gentiment viré Alain Genestar, patron de Paris-Match coupable d'avoir publié une Une présentant Cécilia Sarkozy et son nouvel amoureux ­ ou encore Martin Bouygues, qui possède TF1. Sarkozy aime aussi beaucoup passer des coups de fil. A Robert Namias (TF1) et Arlette Chabot (France 2) pour les remercier d'avoir levé le pied sur le soulèvement des banlieues fin 2005. A Bertrand Méheut, patron de Canal +, pour, en juin 2005, défendre Karl Zéro dont l'émission est menacée. A Edouard de Rothschild pour se plaindre de la façon dont Libération le traite. Le zélé Jean-Pierre Elkabbach cherche-t-il à Europe 1 un journaliste politique pour suivre l'UMP qu'il demande conseil à... Nicolas Sarkozy. «Normal, répond celui-ci, j'ai été ministre de la Communication.»

Une certaine idée du pouvoir
Ce qu'il veut faire. Comme souvent en la matière, les postulants à l'Elysée oublient rapidement leur promesse de partager les pouvoirs du chef de l'Etat qu'ils viennent de se voir attribuer par le peuple. Lorsqu'il dit vouloir un «président fort», nul doute que Nicolas Sarkozy le sera. Et surtout, quinquennat oblige, plus engagé dans la conduite de la politique quotidienne. Dans ce cadre, le Premier ministre ne sera plus qu'un chef d'équipe gouvernementale. Logique dans ces conditions que le Président vienne s'expliquer en personne devant le Parlement, ce qui lui était interdit jusqu'à présent par la tradition républicaine. Tout aussi logique qu'il ne puisse plus se prévaloir d'aucun «domaine réservé» (politique étrangère et défense). Pour mettre en œuvre ces réformes, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il désignerait avant l'été une commission de révision de la Constitution dont les conclusions seront soumises au Parlement en septembre
Ce qu'il a dit. L'ancien ministre de l'Intérieur défend les institutions de la Ve République : «Ce régime, avec son président fort et son gouvernement doté des moyens d'agir, est fait pour la France», expliquait-il ainsi début avril. Mais, pour lui, «le président de la République devra gouverner». S'il entend conserver l'essentiel des institutions créées par le général de Gaulle en 1958, il veut les amender sur deux points : en limitant le nombre de mandats présidentiels à deux et renforçant les pouvoirs du Parlement, qui aura un droit de regard sur les nominations dans les grandes institutions (Conseil constitutionnel, Conseil supérieur de l'audiovisuel, etc.).

Un gène génant

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Merci à Laurent

26/04/2007

Bienvenue à Sarkoland

Fichage ADN en cas d'infraction à la loi
Lionel Jospin avait mis en place le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG) pour recueillir l'ADN des délinquants sexuels jugés coupables. La loi du 18 mars 2003 sur la sécurité intérieure a étendu le prélèvement à l'intégralité des personnes ayant affaire à la police (coupables comme suspects) quel que soit le type de délit (vols à la tire, tags, manifestations...), à la seule exception ( bien sûr) des délits financiers. Un prélèvement ADN coûte 400 €, celui-ci est conservé quarante ans.

Fichage généralisé
Le Système de Traitement des Infractions Constatées (STIC) de la police et le système JUdiciaire de Documentation et d'EXploitation (JUDEX) de la gendarmerie sont deux fichiers nationaux, en plus du casierjudiciaire, regroupant procédures, infractions, individus, victimes et objets mis en cause. En tout ce sont près de 22 millions de personnes qui y sont référencées. Ces fichiers peuvent être consultés lors d'une enquête
administrative ou lors du recrutement pour certains emplois (sécurité, défense...). Leur fusion est prévue pour décembre 2007 en un seul et unique fichier : ARIANE, pour un coût de 15 millions d'euros. Vient s'ajouter les fichiers des Renseignements Généraux (RG), Système d'Information Schengen (SIS) et du Système d'information d'Europol (TECS). La Commission Nationale Informatique et des Libertés (CNIL), la Fédération Informatique et Libertés (FIL), la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH) et d'autres dénoncent le nombre considérable d'erreurs parfois très graves (la victime devient le coupable, etc?) contenues dans ces fichiers (environ 25%) et la quasi-impossibilité pour les personnes de faire valoir leurs droits. La CNIL a ainsi supprimé 36% des fichiers Schengen (SIS) et 44% des fichiers STIC qu'elle a été amenée à contrôler en 2005, parce qu' « erronés, manifestement non justifiés ou dont le délai de conservation était expiré ».

Carte nationale d'identité et passeport biométriques
Conformément à ce que recommande l'Union européenne et à ce que réclament les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001, la France va se doter d'une carte nationale d'identité obligatoire et payante contenant des informations biométriques sur son porteur. Elle contiendra les empreintes digitales et l'image faciale numérisée des ressortissants français. Ce dernier fichier permettra grâce aux logiciels de reconnaissance faciale le contrôle d'identité par vidéosurveillance. De plus le contrôle d'identité pourra se faire par un lecteur à distance, donc à l'insu des individus. La finalité du projet est d'instaurer une carte universelle intégrant l'identité, les informations médicales et sociales et la capacité de réaliser des transactions monétaires.

Abolition du secret professionnel
Le projet de loi sur la 'prévention de la délinquance propose le « secret professionnel partagé » permettant aux maires d'accéder aux informations médicales, psychiatriques, sociales et scolaires de leurs concitoyens. Ils pourront les utiliser pour gérer les allocations des familles « déviantes ».

Service Citoyen Volontaire
Vient d'être instauré dans dix régions pilotes le Service Citoyen Volontaire (SCV). Il s'agit pour les citoyens qui le souhaitent de s'engager en tant que bénévoles pour aider les forces de l'ordre à assurer la sécurité publique. Les volontaires seront recrutés à l'issue d'un entretien et d'une enquête administrative. Ils pourront participer « à des actions de soutien et de renforcement de l'autorité parentale, d'accueil et de suivi des victimes, de prévention, de médiation et d'explication de la loi dans le cadre de structures scolaires » Dans le cadre de leurs fonctions ils bénéficieront de l'immunité policière. Les postulants sont invités à retirer un dossier d'inscription au commissariat le plus proche.

Taser : un pistolet de plus pour les forces de l'ordre
Le Taser est un pistolet infligeant une décharge électrique de 50000 volts jusqu'à une distance de 10 mètres. La personne se voit neutralisé par la paralysie de son système nerveux pendant 5 secondes. Après un phase de test commencée depuis janvier 2004 sur 130 personnes, 1000 policiers et 1000 gendarmes ont été équipés de Taser en 2006. Le Taser ne laisse pas de traces, crée des souffrances aiguës et est susceptible d'être utilisé pour intimider, humilier, torturer ou faire parler des suspects, détenus, prisonniers ou simples citoyens. Ainsi, ce pistolet s'apparente à un objet de torture au sens de la Convention des Nations Unies contre la torture de 1984 (la France a signé ce protocole le 16 septembre 2005 et ne l'a toujours pas ratifié). Cette arme qui a déjà fait plus de 200 morts aux Etats-Unis est interdite en Belgique, en Italie, aux Pays-bas, au Danemark, en Norvège, en Serbie, à Hong Kong, au Japon, en Malaisie, en Nouvelle Zélande et au Pakistan.

Conservation des données Internet et téléphoniques
Après six mois de débat, les députés européens ont adopté la directive proposée par la Commission qui rend obligatoire la conservation par les opérateurs téléphoniques et les fournisseurs d'accès à Internet des données de connexion de leurs abonnés. Cela concerne les appels passés par les téléphones fixes et mobiles, les SMS et les e-mails. Il s'agit de pouvoir déterminer qui a communiqué avec qui, quand et combien de temps. La durée de rétention de ces données pourra aller de six mois à deux ans selon le souhait des Etats. En décembre 2005, le Sénat après l'Assemblée nationale a adopté le projet de loi contre le terrorisme : tous les fournisseurs d'accès à Internet devront conserver nos données de connexion jusqu'à un an.

Tout cela, Nicolas Sarkozy l'a fait en moins de quatre ans en tant que ministre d'Etat. Imaginez ce qu'il fera en cinq ans au poste suprême de président de la République.

Il est important que nous gardions à l'esprit que les dispositifs ci-dessus ont été appliqué en l'absence totale de concertation démocratique et sont intégralement financé par nos impôts. Avant d'offrir notre confiance aux promesses d'un candidat, regardons d'abord ce qu'il a déjà accompli concrètement pour avoir une idée de la suite.

Ses relations avec les grands patrons et les médias.
Nicolas Sarkozy décrit son témoin de mariage, Martin Bouygues comme « son meilleur ami ». Ce dernier dirige le groupe Bouygues coté aux CAC 40 qui regroupe trois grands secteurs : la téléphonie mobile avec Bouygues Telecom ; la construction d'infrastructures publiques : autoroutes, ponts, complexes, mais également les dernières prisons pour mineurs commandées par le ministre de l'Intérieur ; et les médias avec TF1, LCI, Eurosport.

International ?
Il est trés proche des deux plus gros fabricants d'armes français et principaux propriétaires de presse :
- Arnaud Lagardère (entreprise d'armement propriétaire de Elle, Jeune et jolie, Europe 1, Europe 2, Radio RFM, Fayard, Grasset, Hachette, Hatier, Nathan, Nice Matin, Paris match, Pariscope, Télé7jours... et président du conseil d'administration d'EADS qui possède 7,5% du capital d'Airbus)
- et Serge Dassault (entreprise d'armement possédant Le Figaro, TV Magazine, L'Express, L'Expansion).
- Les deux principaux concurrents qui se partagent l'industrie du luxe en France François Pinault (Mittal Steel, Le Point, Alexander McQueen, Balenciaga, Conforama, FNAC, Gucci, La Redoute, Le Printemps, Yves Saint Laurent)
- et Bernard Arnault son autre témoin de mariage, première fortune de France et septième du monde avec 20 milliards d'euros , qui possède le premier groupe de luxe au monde LVMH (Céline, Chaumet, Dior, Donna Karan, Emilio Pucci, Fendi, Givenchy, Guerlain, Kenzo, Louis Vuitton, Marc Jacobs, Sephora, Tag Heuer...) lui sont également très proches.
- On lui compte aussi comme amis personnels Jean-Claude Decaux (JC Decaux), Dominique Desseigne (Groupe Lucien Barrière : premier groupe européen de casinos), Edouard de Rothschild (banque Rothschild, Libération, Global Asset Management), Franz-Olivier Giesbert (Le Point), Etienne Mougeotte (TF1), Patrick Le Lay (TF1), Pierre Louette (AFP), Jean-Marie Colombani (Le Monde) et Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1).

Faits divers de la censure
- En novembre 2005, la chanson "Tous les tizenfants" du groupe formé par Polémix et La Voix Off basée sur une interview de Nicolas Sarkozy doit faire partie de la compilation "CQFD", éditée par le magazine les Inrockuptibles. Mais la Sacem (société de gestion collective du droit d'auteur pour la musique) partenaire de l'opération, l'interdit, estimant que la chanson n'était "pas diffusable", expliquant également que le ministre de l'Intérieur ne tolèrera pas de tels propos et menace les auteurs de lourdes condamnations.
- La parution de la biographie de Cécilia Sarkozy, « Entre le cœur et la raison », de Valérie Domain, chef des informations du magazine Gala fut interdite de publication après que Vincent Barbare, responsable des éditions First qui devaient publier l'ouvrage, fut convoqué le 9 novembre 2005 à un entretien place Beauvau avec le ministre de l'Intérieur et ce malgré les 25000 exemplaires déjà imprimés.
- En novembre 2005, Julie Decroix et Maël de Calan, les deux responsables de la formation « Jeunes populaires de Paris » de l'UMP, décidaient de quitter la structure et faisaient connaître publiquement les pressions qui ont été exercées sur eux. Ils furent suivis de Marie Guévenoux, présidente de cette formation, qui fut peu de temps après également forcée à la démission pour être remplacée par quelqu'un de plus coopératif. Ils ont ouvert le forum "Cybermilitant" pour communiquer librement sur ce qui se passait au sein de l'organisation. Avec plus de 3000 membres il devient rapidement le forum de référence pour les jeunes militants UMP qui souhaitaient émettrent des avis critiques. La direction de l'UMP a obtenu sa fermeture quelques mois plus tard. Raphaëlle Picard, pigiste à l'AFP est frappée d'interdiction professionnelle pour avoir relaté l'intervention policière du 4 octobre 2006 dans la cité des Mureaux. Elle rapportait les témoignages des habitants qui ont été violentés et braqués par les forces de l'ordre, dont de très jeunes enfants.
- En août 2005, Paris Match avait publié une photo montrant l'épouse du ministre de l'Intérieur, Cécilia Sarkozy, en compagnie de son amant, le président de Publicis Events Worldwide d'origine marocaine Richard Attias. Le ministre de l'Intérieur avait alors demandé à son ami et directeur du journal, Arnaud Lagardère, le licenciement du directeur de la publication Alain Genestar. Il le sera en juin 2006.
- Serge Portelli, magistrat, vice-président au tribunal de Paris, président de la 12e Chambre correctionnelle, venait de rédiger un nouvel ouvrage : 'Ruptures', dressant le bilan des cinq ans de Sarkozy passé au gouvernement. Au dernier moment, l'éditeur a renoncé à publier ce texte, ne laissant plus le temps à un nouvel éditeur de le faire paraître avant l'élection présidentielle. L'ouvrage est disponible sur Internet : www.betapolitique.fr/ruptures/
- La rédaction d' iTELE était invitée à un repas place Beauvau avec le ministre de l'Intérieur le 6 décembre 2006. Le journaliste, Laurent Bazin, qui avait décrit cette rencontre "off" sur son blog - hébergé par la chaîne -, a du retirer l'article à la demande de la direction. Suite à de trop fortes pressions, il annonce le 24 janvier 2007 la fermeture de son blog. Début mars 2007, alors qu'un comité d'associations en faveur des SDF se rendait au ministère de la Cohésion sociale où il était attendu pour une réunion, les forces de l'ordre ont molesté plusieurs membres de l'association des Enfants de Don Quichotte, dont leur porte-parole Augustin Legrand.

Avant de voter, réfléchissons. Nous ne pourrons pas dire – malgré le matracage médiatique pro Sarko et la trouille des journalistes – que nous ne savions pas !

Sarko vu par un de ses conseiller spéciaux !

Ouais, je sais, c'est un peu long, mais ça vaut le coup: voilà ce que pense de Sarko quelqu'un qui est devenu l'un de ses conseiller spéciaux. Un personnage qui a porté la traitrise au rang d'art majeur...

"La France est -elle prête à voter en 2007 pour un candidat nourri au lait du néo-conservatisme américain? Les partisans du candidat de l'UMP jugeront la question provocatrice et y verront, à l'approche de l'élection présidentielle, une carica-ture injuste, exacerbée par l'approche de l'élection présidentielle. Alors, convenons-en d'emblée. Nicolas Sarkozy sera, pour la gau-che, un adversaire redoutable même si son palmarès électoral est bien moins riche qu'on ne l'imagine.
L’homme ne manque ni d'idées, ni de force de conviction, ni de capacité de séduction. Son énergie, son culot, son aplomb, son ambition, sa soif inextinguible de reconnaissance sociale et de pou-voir, sa résistance à l'adversité sont légendaires.
Son supposé « parler vrai » (lorsque Sarkozy parle cru, il dit par-ler comme les Français), son sens de la formule, son insolence étonnamment juvénile en font un « bon client» pour les médias audiovisuels.
Avec Nicolas Sarkozy, ils capteront toujours un mot, une image, fun clin d' œil, une provocation pour le sacro-saint « 20 heures ».
Orfèvre en communication méthodique et parfois impudique, l'homme a, de plus, su draper son implacable et froide quête du pouvoir dans une toge glamour (Nicolas-la-star-amie-des-stars y compris de celles dont l'exemplarité est discutable) sans laquelle il ne saurait - nous dit-on - y avoir de« saga politique» digne de ce nom.
,Ce « sarko-show» est une arme de dissimulation massive, car celui qui ne cesse de prétendre vouloir « être jugé sur ses résultats» n'a pas son pareil pour masquer les piètres bilans de son action. Ceux d'un médiocre ministre de l'Economie et des Finances ou ceux d'un ministre de l'Intérieur survolté mais peu efficace: les violences faites aux personnes n'auront cessé d'augmenter en dépit de ses communiqués triomphants.
Mais l'échec n'atteint que rarement notre héros. Le plus souvent parce qu'il le noie dans le mouvement perpétuel: chaque fois qu'il se trouve en difficulté ou se voit obligé de se justifier de son action, le candidat de l'UMP se saisit d'un fait divers pour enfiler la combinaison qu'un Le Pen laisse parfois au vestiaire de « celui qui dit tout haut ce que les Français pensent tout bas ». Un juge-ment à l' emporte-pièce, une provocation suivie d'une polémique, le tout conclu par un sondage qui démontrerait que Sarkozy a les élites contre lui mais le peuple avec lui et le tour est généralement joué.
En cas de nécessité, si provocation et écran de fumée ne suffisent pas, Nicolas Sarkozy actionne le parachute de secours, celui de la défausse. Car celui qui se décrit comme un pieux catholique n'aime rien tant que battre sa coulpe sur la poitrine des autres: il n'est, par essence, jamais responsable. Ses erreurs, ses échecs? C'est toujours la faute des autres. Non à Voltaire, rarement cité, mais à Chirac, à Raffarin, à Villepin, etc., cibles sarkozyennes dont on se gardera cependant ici de prendre la défense véhémente. Ou en der-nier ressort la faute aux juges. Glissements progressifs du volon-tarisme du ministre de l'Intérieur. En 2002, il suffisait de lui don-ner les rênes de la police et de le laisser libre de mettre en œuvre une répression salutaire pour que l'insécurité soit enrayée. En 2006, le ministre de l'Intérieur confesse son impuissance: son action remarquable est entravée par le laxisme des juges. Une seule conclu-sion s'impose: la vraie vie, celle de Nicolas Sarkozy bien sûr, mais aussi celle de la France, ne commencera qu'après son accession à l'Elysée. Ce document a le grand défaut de s'intéresser encore à la « France d'avant », celle où Nicolas Sarkozy peut encore être jugé sur ses actes et sur ses intentions déclarées, alors que lui ne se consa-cre plus qu'à la « France d'après », celle d'après le sacre selon lui annoncé.
Concurrent redoutable, donc, mais aussi respectable, citant ses sources d'inspiration, assumant jusqu'à l'automne 2006 tout à la fois son ambition et sa volonté de « rupture» avec un modèle fran-çais supposé exsangue, qu'il n'a cessé de caricaturer pour mieux le. vilipender.
Le fait qu’au moment d'entrer en campagne électorale, lucide quant aux craintes que son tempérament et son improbable oxymore de « rupture tranquille» font naître, Monsieur Sarkozy ait choisi de brouiller les pistes et de s'adresser à la « France qui souffre» ne doit pas faire illusion. L’infléchissement des discours indique seulement qu'après avoir été, avec l'appui (qui l'eût dit!) de François Fillon le fossoyeur du gaullisme social, le candidat de l'UMP s'est attaché provisoirement la plume - au demeurant talentueuse - d'un Henri Guaino que l'on avait déjà connu ardent dénonciateur de la « frac-ture sociale» en 1995. Le vernis ne tiendra pas. Car l'homme qui se dit pragmatique est d'abord un idéologue.
Respecter Nicolas Sarkozy, c'est se frotter à ses mots, à ses concepts, à leurs racines. L'homme n'est avare ni de discours ni d'écrits. L'explorateur devra d'abord débroussailler l'accessoire: une litté-rature abondante consacrée au culte de soi, caractéristique d'un ego largement plus dilaté que la moyenne déjà élevée de ceux des hommes politiques; il ne se laissera pas davantage abuser par ses revirements tactiques: le « pragmatisme sarkozyen » se nourrit de revirements spectaculaires comme en témoigne son reniement dans le dossier de la fusion Suez-GDF: après s'être très solennel-lement engagé à ce que l'Etat ne privatise jamais GDF, le préten-dant de la droite à l'Elysée n'aura pas attendu deux ans pour se révé-ler parjure!
Il nous faudra donc prendre Nicolas Sarkozy aux mots, aux idées, sans jamais nous livrer à des attaques personnelles - ce document n'en contient pas - et en nous écartant des caricatures réductrices: «Sarko-facho» est un slogan à la fois stupide et contre-productif, car s'il est un danger pour une certaine conception de la République française laïque et sociale, Sarkozy n'est pas un danger pour la démocratie française en dépit d'une relation aussi« amicale» qu'in-téressée et exigeante avec les propriétaires des grands médias fran-çais et d'une conception très particulière de la fonction ministé-rielle: Sarkozy n'a-t-il pas justifié auprès de ses proches au printemps 2004 son retour au ministère de l'Intérieur par souci de se proté-ger des attaques... de sa propre famille politique en vue de sa future campagne présidentielle?
Disons-le clairement: le procès objectif que l'on peut instruire contre l'idéologue engagé en politique qu'est Nicolas Sarkozy est suffisamment lourd et digne de débats passioJlI1és pour qu'il ne soit besoin de l'affubler - et l'affaiblir - de fantasmes ou de procès d'intention.
Ce que cet ouvrage cherche à démontrer est que non seulement, ne lui en déplaise, Nicolas Sarkozy est bien « libéral, atlantiste et communautariste» mais qu’il est devenu une sorte de filiale fran-çaise de la Bush Cie.
Libéral, il l' est assurément depuis toujours et profondément. Mais contrairement à la légende qu’il entretient, le candidat ne l'assume pas franchement et préfère se retrancher derrière des mythes. Plutôt que de dire explicitement qu'il souhaite revenir sur la durée légale du travail et remettre en cause le droit du travail, Nicolas Sarkozy préférera affirmer qu'il souhaite, par exemple, que« celui qui veut travailler plus et gagner plus puisse le faire ». Ce qui, pris au pied de la lettre, signifie que ce ne serait plus le chef d'entreprise mais le salarié qui fixerait son temps de travail ou que tout salarié à temps partiel serait en droit d'exiger de travailler à plein temps! Sarkozy-Ie-libéral sait que la France ne l'est pas. Ou plus exacte-ment il a tiré de l'expérience de la campagne présidentielle de Balladur en 1995 la conviction que le libéralisme pur ne pourrait jamais concerner plus d'une dizaine de pour cent d'électeurs.
Le libéralisme de Sarkozy s'est donc mué en libéralisme « popu-laire ». A George W. Bush, Nicolas Sarkozy ne s'est pas contenté d'emprunter les slogans ou la mise en scène (ah, cette intronisa-tion du président de l'UMP avec un décor calqué sur celui de la campagne de Bush.. .). Il lui a pris la méthode:« parler des pro-blèmes des gens», à défaut d'avoir la moindre idée de la façon de les résoudre. Se servir des mots pour prétendre panser les maux. Décrire ce que l'on est incapable de guérir. Diagnostic claironné..., inefficacité à moitié pardonnée. Ainsi, en 2004, l'éphémère minis-tre de l'Economie et des Finances se targue-t-il de prendre en charge la « menace des délocalisations » et de répondre à l'angoisse - réelle - des Français. Un plan de « relocalisations » est annoncé en grande pompe, il n'aura aucun effet, l'emploi industriel restera le grand perdant de la législature mais peu lui chaut: Nicolas Sarkozy estime qu'il a « préempté le débat» et que les Français savent dé-sormais qu'avec lui les délocalisations trouveront à qui parler. .. .
A « W », le très libéral Nicolas Sarkozy aura aussi emprunté l'ob-session de la fin de l'impôt progressif. L'emballage paraît toujours frappé au coin du bon sens: « éviter la fuite des capitaux » pour démanteler l'impôt de solidarité sur la fortune dont la suppression est pourtant étrangement absente du programme de l'UMP, « per-mettre à ceux qui travaillent d'en tirer les fruits» pour porter une réduction de l'impôt sur le revenu qui n'aura pleinement profité qu'aux 10% des Français les plus aisés, accéder au vœu des Français de « transmettre leur patrimoine à leurs enfants à la fin d'une vie de labeur» pour mettre en œuvre la réforme de la taxation des donations et successions la pl us inégalitaire jamais conçue!
Le libéralisme de Nicolas Sarkozy n'est ni la facette la plus origi-nale- tous les libéraux du monde tiennent son discours- ni la plus inquiétante :on plaidera volontiers qu'une démocratie moderne a besoin de deux pôles, libéral-conservateur d'un côté, réformiste- progressiste de l'autre et que Nicolas Sarkozy, en dépit de ses faux- semblants partiels, a le mérite de redessiner une ligne de clivage claire entre la droite et la gauche sur le plan économique et social. Son atlantisme forcené, sa très grande complaisance pour ne pas dire sa fascination à l’égard de la politique extérieure de George Bush sont autrement plus graves.
N'acceptons pas l'écran de fumée que dresse« Sarkozy l'Américain», formule qu'il revendique et dont il s'est dit « fier» lors de deux voya-ges aux Etats- Unis, en 2004 et en 2006.
Sarkozyseveut« l'ami des Américains». Pourquoi pas? Qui se vou-drait « l'ennemi des Américains» ? Qui n'éprouve de la reconnais-sance pour l'engagement qui fut le leur pour nous délivrer du joug nazi? Qui refuse de lutter contre le terrorisme? Qui n'est pas orphe-

lin des Twin Towers? Qui échappe à la dialectique attirance-rejet que suscite en chacun de nous un «American way of life » dont nous avons appris à connaître la grandeur autant que les servitudes?
Mais ce qui pose problème, et qui doit faire débat en cette année 2007, c'est l'allégeance aveugle à une politique dite de lutte contre ce e terrorisme absurde et inefficace dont la guerre en Irak est la plus sanglante illustration.
On verra plus loin que dès 2004 les silences de Sarkozy sur l'intervention américaine en Irak autant que ses déclarations d'amour, aussi naïves que déplacées envers « la musique et les films américains » avaient semé le trouble.
Mais ce n'était rien au regard de l'extravagant voyage du ministre de l'Intérieur en septembre 2006. Le spectacle d'un candidat à la présidentielle supposé issu de la famille gaulliste quémander un rendez-vous dans un bureau attenant à celui du Président des Etats-Unis, dans l' espoir finalement exaucé de rencontrer quelques minutes le grand homme, lui arracher une photo immortalisant l'instant et l'exhiber comme un trophée est un spectacle pénible pour tout Français nourri au lait de la «grandeur de la France» et de son « message universel ». Mais entendre un candidat majeur à la présidence de la République critiquer aux Etats-Unis la politique étrangère-en l'espèce justifiée et« l'arrogance» de son pays est proprement insupportable.
Tous les journalistes américains ont alors souligné la tonalité étonnamment farouchement « pro-américaine» et« pro-Bush des propos de Monsieur Sarkozy, certains faisant remarquer non sans malice que le ministre de l'Intérieur français s'était révélé plus ardent défenseur de la politique de Bush que beaucoup de parlementaires républicains eux-mêmes, troublés par les échecs à répé-tition des initiatives de leur dirigeant sur la scène extérieure, échecs qu'après une sévère défaite électorale Bush lui-même devra reconnaître fin 2006.
Dans une dépêche du 13 septembre 2006, l'AFP rapporte que selon un expert de la Brookings Institution cité par le Washington Post «Sarkozy a eu le genre de rhétorique que l'on aurait attendu d'un responsable de l'administration Bush !
Quant au Canard enchaîné du 20 septembre 2006, il prête à Jacques Chirac - exceptionnellement cité ici -les propos suivants: « Sarkozy a multiplié les maladresses aux Etats-Unis. Il s'est totalement aligné sur la politique américaine et sur Bush (…) Bien loin du gaullisme et même des grandes traditions politiques et diplomatiques françaises.

Libéral, atlantiste. . . et, toujours plus grave, communautariste.
C'est une évidence. Nicolas Sarkozy ne croit pas au « modèle répu-blicain » d'intégration. De ses lacunes ou de ses échecs - malheu-reusement incontestables - il veut profiter pour non pas réformer ce « modèle », pour le rendre plus efficace, mais pour le démante-ler. On verra plus loin, citations précises à l'appui, en dépit de ses dénégations récentes, que le modèle que le patron de l'UMP a en tête est communautariste et confessionnel.
De ce point de vue le bilan du « ministre en charge des cultes » est lourd de menaces pour l'avenir : non content de mettre à mal la loi de 1905 et les fondements de la « laïcité à la française », Nicolas Sarkozy aura pactisé avec les islamistes de l'UOIF, favorisé l' ascen-sion médiatique de Tariq Ramadan, fait preuve d'une étrange bien-veillance à l'égard des sectes allant jusqu'à recevoir en grande pompe l'un des prosélytes les plus célèbres de l'église de Scientologie, l'acteur Tom Cruise.
Coupables écarts! Erreurs isolées? Non. Nicolas Sarkozy ne se contente pas de se livrer à un cynique marketing confessionnel à visée électorale. Comme George Bush, son action est théorisée: il compte sur les religions, toutes les religions y compris « fondamen-talistes » et souvent « intégristes » pour réguler la vie en société, encadrer les jeunes et ramener l'ordre dans les quartiers.
On verra donc, tout au long des chapitres qui suivent, où est la vraie source d'inspiration du candidat Sarkozy.
Elle n'est pas, ce serait respectable, authentiquement libérale (le libéralisme de Sarkozy emprunte à Hayek ou Friedman, pas à Tocqueville ou Aron). Elle enterre le gaullisme autant que l'héri-tage laïque et républicain.
La vraie bible . de. Nicolas Sarkozy réside dans la pensée néo-conser-vatrice américaine.
Son vrai modèle? George W. Bush.
Plusieurs journalistes français ayant accompagné le ministre de l'Intérieur aux Etats-Unis en septembre 2006 ont raconté l'anec-dote suivante. On demande à Nicolas Sarkozy en quoi il se diffé-rencie de George Bush. La réponse fuse, mélange d'humour à l'amé-ricaine, de fausse modestie et de provocation: « Il a été élu deux fois Président. Moi pas ».
Il s'agit certes d'une boutade. Révélatrice, cependant. Spontanément, Nicolas Sarkozy ne voit rien qui le distingue de George Bush. Sauf que l'un a gagné deux fois une élection présidentielle. Et l'autre pas. Pas encore? Nous voilà prévenus..."

Eric Besson, conseiller de Sarkozy

25/04/2007

Epître selon Saint-Benoit

La Sagesse de Dieu : lorsque Dieu créa le monde, il décida de concéder deux vertus aux hommes de chaque peuple afin qu'ils prospèrent.

Par exemple il rendit :
- Les Suisses précis et pacifistes,
- Les Anglais flegmatiques et ironiques
- Les Japonais travailleurs et réalistes
- Les Italiens joyeux et humanistes

Quant aux français, il dit :
« Les Français seront intelligents, honnêtes et sarkosistes. »

Lorsque le monde fut achevé, l'ange qui avait été chargé de la distribution des vertus demanda à Dieu : « Seigneur, Tu as dit que Tu octroyais deux vertus à chaque peuple, mais les Français en ont trois.
Est-ce pour cela qu'ils se placent au dessus des autres ? »

Le Seigneur répondit : « En vérité, Je te le dis, chaque peuple a deux vertus y compris les Français, car chacun d'entre eux ne pourra en posséder que deux à la fois.
Ce qui veut dire que :
- si un Français est sarkosiste et honnête, il ne sera pas intelligent,
- s'il est sarkosiste et intelligent, il ne sera pas honnête,
- s'il est intelligent et honnête, il ne peut pas être sarkosiste."

Ouf! On a trouvé une planète sans Sarko!

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Ouarf! On respire. Les professeurs Nimbus ont découvert, pas très loin, dans la banlieu du système solaire, une petite planète sympa, à 20 années lumière seulement.Bref, la porte à côté. Et il parait qu'à ce jour, cette planète est GARANTIE SANS AUCUNE TRACE DE SARKO!
Je me mets tout de suite sur la liste pour y aller!

24/04/2007

Douze jours pour rejetter le NaSional SarkoSisme

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23/04/2007

Demandez l'programme!

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Sarko:victoire à la Pyrrus!

Sarko. Si l’on compare aux élections de 2002, 30%, c’est le score de Chirac (19), plus celui de Maigret (3), plus le score perdu par Le Pen cette année (8). La preuve est donc faite du caractère ouvertement extrême droite du vote Sarko. Nous n’en avions jamais douté. Il est donc aux taquets : il a fait son plein en siphonnant les voix du vieux borgne qui le lui fera évidemment payer cher, très cher…
Ségo. Elle a fait le score espéré sinon attendu. De plus elle bénéficie d’entrée des 10 à 12% des votes écolos et gauche de la gauche. Mais c’est loin d’être suffisant.
Bayrou. Il a bénéficié du vote utile sur son nom d’un nombre de voix de gauche (environ 5 à 6%), qui rejoindront naturellement le camp de Ségo. Lui-même a brûlé ses vaisseaux et peut difficilement rejoindre le camp de Sarko, malgré les appels pressants qu’il reçoit notamment de ses anciens « amis » centristes genre Borloo, Douste-Blabla et autres spécialistes du tournage de veste. Si Ségo lui propose un poste de deuxième ministre dans son gouvernement, plus quelques coups de mains aux législatives, c’est gagné.
Si les socialos sont trop cons pour faire ça, il faut transformer le second tour en référendum de sauvegarde républicaine pour ou contre Sarko. En appuyant bien sur la collusion manifeste entre Sarko et les fachos du borgne.

22/04/2007

Aux urnes, citoyens!

La seule façon d'éviter le couronnement du Tsarkozy Ier, c'est de voter massivement Ségo. Qui ne dit mot consent... Qui ne vote pas contre Sarkozy, consent à son règne totalitaire. Cet homme est plus que dangereux pour la république et les libertés individuelles.
L'abstention ou le vote blanc, le vote Bayrou, Lepen ou dispersé à la gauche de la gauche est un acte inconscient qui consent stupidement à donner la puissance de l’État républicain à un homme très dangereux pour l’avenir de la France…
Réveillez-vous… votez contre Sarkozy…

Je vais voter, tu vas voter, allons voter!

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Prenons nos pastilles avant de passer dans l'isoloir.

21/04/2007

Attention aux bulletins dangereux!

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Une loi Sarko risque de tuer la liberté sur la Toile!

Un décret risquant de limiter les libertés sur la Toile inquiète les éditeurs

Le groupement des éditeurs de sites en ligne (Geste) s'alarme d'un projet de décret visant à faciliter la surveillance des internautes qui menace, selon lui, "les libertés publiques et le développement du numérique en France".

"Discrètement, en marge de la campagne, le gouvernement prépare un décret qui, s'il était appliqué, tuerait l'internet +made in France+", affirme Philippe Jannet, président du Geste dans les pages Débats du journal Le Monde.

Selon lui, ce projet de décret d'application de la loi sur la confiance dans l'économie numérique (LCEN) de 2004, modifiée par la loi relative à la lutte contre le terrorisme, exige que les éditeurs de sites, les hébergeurs, les opérateurs de téléphonie fixe et mobile et les fournisseurs d'accès à l'internet conservent "toutes les traces des internautes et des abonnés au mobile pour les délivrer à la police judiciaire ou à l'Etat sur simple demande".

"Des travaux interministériels sont en cours" sous l'égide du ministère de la Justice pour établir un projet de décret destiné à "préciser la nature des données devant être conservées, la durée et les modalités de leur conservation", a-t-on confirmé vendredi au ministère de l'Industrie. Les professionnels du secteur sont "naturellement associés à ces travaux et ont été régulièrement consultés", ajoute-t-on.

Mais pour les éditeurs en ligne, "sous prétexte de lutter contre la menace réelle du terrorisme, l'Etat français prend -comme aucun autre- le risque de tuer une part non négligeable de l'avenir du pays".

Source latribune.fr Copyright 2005 La Tribune

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