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10/04/2008

Les pauvres doivent crever de faim pour que les riches roulent en bagnoles…


Des mouvements de protestation, voire des émeutes de la faim se multiplient partout dans le monde. Dans les pays riches, ce sont des augmentations de prix qui mettent à mal le pouvoir d’achat des plus démunis. Mais ailleurs, c’est carrément le spectre de la famine qui se profile ! Comment en est-on arrivé là ?

La sécurité alimentaire mondiale est sérieusement remise en cause par différents facteurs qui se conjuguent et sont interdépendants. Le changement climatique et l’envolée du prix du pétrole sont les causes les plus fréquemment évoquées.

En effet, ces dernières années, les greniers à céréales de la planète — Ukraine, Etats-Unis, Australie et dans une moindre mesure l'Europe — ont affronté des catastrophes climatiques graves (sècheresses, inondations) et n'ont pu produire les quantités attendues de céréales. Les pays les plus pauvres, premiers à subir les changements climatiques qu’ils sont pourtant les derniers à générer, ont dû importer encore plus de denrées alimentaires.

Quant au prix du pétrole, il influe directement sur le cout de production et du transport des céréales ; le cout de la production d'engrais et d'insecticides grimpent d'autant et sont répercutés sur les prix de vente.

Pourtant, ces deux maux ne sont pas les seuls responsables de la crise des prix alimentaires. S’y ajoutent deux facteurs structurels : la démographie démentielle (plus de 6 milliards aujourd’hui, près de dix milliards en 2050) et les changements d’habitudes alimentaires.

Chine et Inde, au fur et à mesure que leur développement économique s’accélère, singent les pays occidentaux et abandonnent leurs nourritures traditionnelles (à base principalement de protéines végétales) pour des protéines animales, comme elles abandonnent le riz (fort rendement sur petite surface) pour le blé (énormes surfaces pour des rendements médiocres). De plus, la production d'aliments d'origine animale requiert dix fois plus de terres que pour une alimentation d'origine végétale.

Les surfaces cultivables ne sont pas extensibles, or les cultures alimentaires sont de plus en plus concurrencées par les cultures destinés aux « agrocarburants » (que d’aucuns appellent avec un réalisme cynique les « nécrocarburants » tant ils sont synonymes de famines annoncées.

L'OCDE prévoit, qu'afin de répondre à la demande alimentaire ET d'agrocarburants, la surface des sols consacrés à l'agriculture va croître de 10% d'ici à 2030. Les surfaces exploitables étant limitées dans l'espace, elles seront prises sur les forêts et notamment les forêts primaires, avec les conséquences que l'on connaît déjà sur le climat et la biodiversité.

Ainsi, les stratégies énergétiques et environnementales des pays riches génèrent une pression importante sur les cours des céréales. Souhaitant doublement remédier à la raréfaction du pétrole et aux GES (gaz à effet de serre), les pays riches, notamment l'Europe, encouragent sur leur territoire la production d'agrocarburants au moyen d'incitations financières plus rentables que les subventions agricoles.

La canne à sucre au Brésil, le maïs au Mexique et aux Etats-Unis, le blé, la betterave en Europe et enfin l'huile de colza, de tournesol, de palme sont utilisés pour la production d'éthanol ou de bio-diesel. Les agriculteurs, mieux subventionnés dans cette perspective, détournent leur production de la filière alimentaire pour la destiner à la filière de transformation en agrocarburant. De plus, certains producteurs de produits non transformables en agrocarburant abandonnent leurs cultures habituelles pour les mêmes raisons de revenus financiers et se lancent dans la culture des produits à agrocarburant.

Se greffent la dessus la cupidité criminelle des grands groupes agro-alimentaires multinationaux qui, eux, se portent bien. La nourriture (OGM, parce qu'elle rend dépendant de ceux qui la contrôlent) et le travail (flexible, très flexible de préférence, parce qu'il rend dépendant de ceux qui veulent bien l'offrir) sont deux excellents moyens de coercition…

Pour Jean Ziegler, rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation à l'ONU: « ...le développement des biocarburants, loin de diminuer la faim dans le monde va l'aggraver, si du moins on poursuit dans cette voie: Cet empressement à vouloir subitement et de façon irréfléchie transformer un aliment, tel que le maïs, le blé, le sucre et le vin de palme en carburant revient à courir à la catastrophe. Cela risque d'entraîner une concurrence entre nourriture et carburant qui laissera les pauvres et les victimes de la faim des pays en développement à la merci de l'augmentation rapide du prix des aliments, des terres vivrières et de l'eau. La logique semble, en effet, imparable: plus les surfaces de plantations nourricières sont transformées en cultures réservées au bioéthanol ou carburant pour voitures propres, plus les récoltes en produits nourriciers sont réduites et plus les prix des denrées augmentent, du fait de leur rareté. »

Ainsi, changements climatiques, pression démographique, explosion des demandes en ressources énergétiques…
la frénésie humaine envers une croissance aveugle aux limites de ce que peut supporter notre planète amène à une catastrophe.

C'est désormais le système économique mondial qui est à repenser avant que cette crise alimentaire annoncée n'entraîne dans son sillage d'autres crises plus profondes, et sanglantes…


Commentaires

Et puis d'abord, ceux qui sont pas d'accord avec le chef, il ont qu'à lui remettre leur démission.
On est en démocratie oui ou non ?
Remarquez que le chef pas d'accord avec vous sur tous les points, peut aussi vous refuser la demande de votre démission volontaire suggérée . . . )
Alors soyez toujours de l'avis du chef, ou on ne s'inquiétera plus de lui ( de l'avis pas du chef ) ( ? ? ? )
( . . . )

Écrit par : zorgole | 10/04/2008

Donc la soi-disant nécessité de controler les semences et mono-cultures intensives, serait de contrôler le flux de ce futur nouveau pétrôle ?

Et dire que le vital soleil est toujours gratuit.

Décidemment autant pisser dans un violon, que de sermonner le coté obscur de l'énérgie rentable, qui apparemment à la main mise sur la gestion du flux humain mondial ( et peut-être le stock ).

Tous ceux qui se font enculer devraient s'asseoir, au lieu de continuer à bosser courbés en deux, et ainsi offerts à leurs esclavagistes aux noirs desseins d'enrichissements personnels . . . ( et même flinguer leurs enfants, car c'est sur que à ce rythme et une fois adultes, il ne pourront plus vivre dans ce monde aux enchéres )

Pour ne pas suivre ce conseil, il serait conseillé d'agir ou de boycotter ce qui nous tue.

Si personne ne fait rien que ce soit, et attende que ce soit le voisin qui agisse en premier, pour ne pas se mouiller mais quand même profiter des avantages si ça marche . . . Alors : Alea jacta est la planéte est foutue, car dans sa connerie l'homme embarque avec lui dans la tombe le séquoia de plus de 2000 ans avec l'éléphant et la baleine, jusqu'au plancton au poux et pollens, qu'il arréte pas de combattre à coups de fly-tox et pesticides chimiques pour être beau sur les publicité à côté des cadavres du chic de la mode-porno . . .

Enfin les chinois sont prêts à prouver au monde entier, que fort de leur 1/5 émé de la population mondiale ils peuvent être plus cons que nous, les vielles démocraties qui connaissent leurs erreurs passées, car ils veulent absolument rattraper leur retard en additionnant toutes les mêmes erreurs que les capitalistes, avec leur communisme démocratiquement commercial, et ce sur un temps trés court !

L'homme occidental aura mis seulement 100 ans pour mettre en danger des milliards d'années d'existences doucement adaptées à cette planète qui viellit elle aussi en température interne et eau potable, le pays émergents veulent l'achever en un demi-décennie estimée, juste pour être à la dérniére mode occidentale ...

Pendant que l'occident conscient et mature se pose la question d'envisager de ne plus emprisonner les écologistes et anti-capitalistes, car ils avaient pas trop tort les bougres ! et peut être même de les écouter éventuellement , si cela ne géne pas leur pouvoir de dépenses superflues, évidemment ...

Ceux enfin qui pensent que de toutes façons la terre deviendra Mars dans le futur, je lui donne raison sur le principe évident géologique et donc climatique, mais pas avant des millions d'années sans la négligence de l'homme.

Faites un bilan du réel progrés humain depuis que ce bipéde sait tailler un silex comme outil à chasser et manger et à inventé les armes en cuivre et bronze avec donc la metallurgie ... jusqu'à nos jours ou il fait la même chose avec toujours plus de choses ... transposez ceci dans un futur hypothétique ... et marrez-vous : cela ressemblera plus à une version comique de la guerre du feu avec des lasers et navettes spatiales individuelles ... pour faire toujours la même chose :
Manger.

Écrit par : bob | 10/04/2008

Jusqu'au jour ou pour réguler cette démographie galopante les" maitres du monde"lacheront quelque saloperie(virus de la grippe avière par exemple!)tout en ayant pris soin au préalable d'avoir produit assez de vaccin pour ceux qu'ils auront jugés dignes de perpétrer l'espèce humaine(le monde occidental par exemple!).Bon,j'arrête là mon délire,j'ai du un peu trop forcer sur le jaja!!!

Écrit par : gus | 10/04/2008

Soyons optimistes : nous somme peut-être au bord du gouffre, mais nous allons sans doute faire un grand pas en avant.

Écrit par : Michel Benoit | 10/04/2008

terrible question en effet... cultiver des plantes pour nos bagnoles enverra des milliers de pauvres mourrir de faim ! C'est toujours comme ça avec ces salauds de pauvres, faut qu'ils gachent la fête !

Écrit par : la calmette | 10/04/2008

Michel elle est toujours aussi tragiquement bonne

Écrit par : brigetoun | 10/04/2008

Eh! Oh! Vous avez vu? L'Anti Fadas toujours en avance d'une info: ce matin, sur France Inter, ils ont fait la tranche 8-9 sur ce thème!
Ollé!

Écrit par : Victor | 11/04/2008

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