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15/12/2009

Pendant les fêtes, les sarko-saloperies continuent !


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Pendant qu'on nous enfume le terrier avec des conneries genre Johnny Halliday crevard ou le « sommet » de Copenhague, les nuisibles à la solde de Rataillon nous préparent une belle saloperie : une offensive tout azimut contre le SMIC. Ça les emmerde le SMIC les tronches d'œuf du Medef et leurs marionnettes de l'Elysée et de Matignon. Pour dénigrer le Smic, lui refuser tout coup de pouce et encenser des palliatifs qui exonèrent les entreprises en pesant sur la collectivité, le gouvernement a trouvé une combine : s'appuyer sur des rapport d'«experts» qui abondent dans son sens.


Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage. Ainsi, en été 2008,
le rapport Cahuc, Cette et Zylbenberg, commandé par Matignon, concluait que le Smic n'est pas «un moyen efficace pour réduire la pauvreté et les inégalités» (!!!) et suggérait de «s'appuyer sur des mesures fiscales et des prestations sociales ciblées plutôt que sur un salaire minimum élevé et uniforme»...  A rapprocher du fait qu'en matière de fiscalité, le gouvernement s'emploie à supprimer les niches qui soulagent les plus modestes. Ce rapport fut non seulement l'occasion d'asseoir le bien-fondé du RSA en tant que substitut à un salaire minimum désormais jugé obsolète et, de ce fait, menacé de « réforme », mais surtout de faire admettre la nécessité de transférer une part grandissante du coût du travail des entreprises... vers la collectivité.

A quelques jours de la « revalorisation » du SMIC, un nouveau « rapport d'expert » vient d'arriver sur le bureau de Darcos, le ministre du travail. Elaboré par le «groupe d'experts sur le SMIC» désigné début mai dans le cadre de la réforme du salaire minimum inscrite dans la loi sur les revenus du travail de décembre 2008, il «recommande[nt] à l'unanimité que la revalorisation du salaire minimum interprofessionnel de croissance devant prendre effet au 1er janvier 2010, corresponde à la stricte application des mécanismes légaux». En clair : zéro coup de pouce ! Dans un «contexte conjoncturel encore fragile, (...) il ne faudrait pas compromettre la santé économique et financière des entreprises», qu'ils disent les zexpairs. Ben voyons. Au fait parmi les « zexpairs » économistes qui ont pondu cette merde, on retrouve Gilbert Cette, directeur des études économiques de la Banque de France. Ses acolytes, dont on peut douter de l'indépendance, étant Paul Champsaur, président de l'Autorité de la statistique publique, Martine Durand, directrice adjointe de l'emploi à l'OCDE, Francis Kramarz, directeur du Crest, et Etienne Wasmer, professeur à Sciences Po.

Pourtant, pour lutter contre la pauvreté et l'endettement des ménages, pour éviter à ces millions de gens de devenir des « assistés » à stigmatiser en période pré-électorale, il suffirait d'augmenter leurs salaires !  Tè ! Fumes ! Faut pas désespérer Neuilly.

Depuis vingt ans, les travailleurs sont sommés de sacrifier leurs émoluments à la bonne marche de l'économie : avant la crise, il fallait contenir l'inflation; au cœur de la crise, y'a plus de pognon.

Droits dans leurs bottes, ces éminents
« zexpairs » à la solde de l'UMP et du Medef plaident pour une «gestion prudente du Smic articulée à une politique de maîtrise des coûts salariaux», jumelée à «une politique appropriée de soutien au revenu du travail des familles pauvres». En effet, clament-ils, «les politiques de soutien au revenu du travail [prime pour l'emploi, RSA...] ont contribué de façon très significative à la progression du pouvoir d'achat des salariés rémunérés au Smic au cours des dix dernières années». Pour eux, «les dernières études de l'OCDE démontrent que les prestations liées au travail sont nettement plus efficaces que le salaire minimum pour lutter contre la pauvreté, car mieux ciblées sur les ménages pauvres».

L'imposture est énorme : alors que les salaires sont désespérément bas et ne permettent plus de vivre, pas question d'y remédier, bien au contraire ! Puisqu'une revalorisation du Smic serait préjudiciable à la compétitivité des entreprises, seul un «assistanat» tous azimuts est envisageable afin de compenser sa faiblesse, le plus gros du gâteau étant destiné... au patronat. «
Les allégements de cotisations sociales ont fait la preuve de leur efficacité et doivent par conséquent être maintenus », osent affirmer ces « économistes » distingués. Pourtant, ces exonérations au nom de l'emploi sont un puits sans fond : elles ont coûté cette année 32,6 milliards d'euros à l'Etat et à la Sécurité sociale; même la Cour des Comptes conteste leur efficacité !

Pour les employeurs, les cadeaux fiscaux continuent de pleuvoir : fin de la taxe professionnelle, baisse de la TVA des restaurateurs... Pour les 15% de Smicards (englobés dans l'ensemble des travailleurs qui gagnent moins de 1.510 € par mois, c'est-à-dire 50% du salariat français !), pas question de revaloriser quoi que ce soit : l'indécence salariale reste de mise, avec à la clé une augmentation... des impôts.

Merci au 53% de veaux qui nous ont infligé Rataillon...


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