Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog


02.12.2010

HOLD-UP SUR LA SECU. Bébéar, Kessler, Sarkozy frères, même combat !

sarko frères.png

Hier, je vous ai suggéré une piqure de rappel concernant la Programme du Conseil National de la Résistance. Une des mesures essentielles de ce programme est d'instaurer « un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'État ».

 

Dans le droit fil de ce texte fondateur, dès le 4 octobre 1945 une ordonnance fut prise dont l'article 1 est le suivant : « Il est institué une organisation de la sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu'ils supportent. »

 

La solidarité fondatrice de la nation, celle qui répond au troisième terme de sa devise « Fraternité », elle est là. C’est ce que les droites avides et cupides ont toujours brocardé en daubant sur « l’Etat providence ». C’est ce que Sarkozy, appliquant à la lettre les plans du Medef s’emploie à détricoter. Les appréciations de Denis Kessler (Challenges, le 4 octobre 2007 ) éclairent l’action du chef de l’Etat : « Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme... A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

 

Efficace toutou de ses maitres du Caca-rente, Sarko et sa clique s’emploient en loucedé, par petites touches, en faisant précéder leurs forfaits par un plan de propagande rigoureux, à une privatisation rampante de la Sécurité sociale. (Voir la remarquable enquête Médiapart. )

 

Il y a longtemps que le « pape » des capitalistes français, Claude Bébéar, fondateur du groupe d’assurances AXA, a lancé la première offensive pour amener dans les crocs avides des assureurs privés l’énorme gâteau de la Sécu. En 1996, il avait sommé sans complexe le gouvernement Juppé d'avancer vers des « sécurités sociales privées », en émettant la recommandation que ce système fonctionne au « premier franc ».

 

Bébéar, Kessler, le Medef en ont rêvé, Sarko va le faire ! Enfin, veut le faire… Non pas en attaquant de front la Sécu. Pas idiot l’animal. Non. En prenant prétexte de prendre en main la question de la « dépendance » ; celle des vieux, des handicapés, des « inefficaces », des charges pour la radieuse société ultra libérale. Le 16 novembre, il s’en est ouvert à ses interlocuteurs obséquieux lors de son allocution télévisée. Pas directement mais mine de rien, sous forme d’interrogation après un discours d’apparence généreuse : « Je souhaite la création, pour la première fois depuis la Libération, d'un nouveau risque, d'une nouvelle branche de la Sécurité sociale : le Cinquième Risque » dit-il d’abord. Puis il s’interroge : « Faut-il faire un système assurantiel ? Obliger les gens à s'assurer ? Faut-il augmenter la CSG ? Faut-il avoir recours à la succession quand les enfants n'ont pas la volonté ou pas les moyens ? » Et voilà ! On y est. Ça veut dire en clair : faut-il faire couvrir ce risque « dépendance » par les assureurs privés, donc sortir de la Sécurité sociale ?

 

Et voilà que son « collaborateur » Fillon en remet une couche, toujours mine de rien, devant l'Assemblée nationale dans sa déclaration de politique générale ( ici ): «Avec l'emploi, la sauvegarde et la modernisation de notre système de protection sociale s'imposent à nous. Nous avons commencé avec la réforme des retraites. Avec Xavier Bertrand et Roselyne Bachelot, nous allons poursuivre. Nous ne devons pas laisser dériver les comptes de l'assurance maladie par démagogie. Nous ne pouvons pas esquiver sur cette question notre responsabilité collective. Nous lancerons une concertation nationale sur la protection sociale qui associera tous les acteurs, les partenaires sociaux, les professionnels de santé, les mutuelles, les assurances, les collectivités territoriales, au premier rang d'entre elles les conseils généraux. » Et il ajoute: «Cette concertation nationale aura évidemment pour but immédiat de traiter la question de la dépendance. Le coût est estimé à 22 milliards d'euros et il devrait atteindre les 30 milliards dans les prochaines années. Le nombre des plus de 75 ans devrait doubler au cours des prochaines décennies. Il s'agira en premier lieu de déterminer les besoins réels des personnes, d'examiner comment assurer le maintien à domicile des personnes âgées le plus longtemps possible. Il faudra ensuite sérier les pistes de financement : assurance obligatoire ou facultative, collective ou individuelle ? »

 

Comme son patron, Fillon s’efforce ainsi de rendre les cerveaux des Français disponibles au « changement », c’est-à-dire à la mise-à-mort de la conquête essentielle du Conseil National de la Résistance, la Sécu.

 

Ce n’est pas fini. Descendons encore dans la hiérarchie des bourreurs de crâne. C’est alors la pimpante Roselyne Bachelot qui s’y met. Dans une interview au Figaro, elle enfonce le clou : «  Les Français devront s'exprimer sur ce qu'ils jugent être la meilleure solution. Quelle pourrait être la part de l'assurance par rapport à la solidarité ? Comment s'organiserait leur articulation ? »

 

Enfin, dernier étage de la fusée préparant les esprits à la privatisation, le rapport de la députée UMP Valérie Rosso-Debord, qui est un plaidoyer vibrant en faveur de l’assurance privée : « La Fédération française des sociétés d'assurance comptait 2.007.600 assurés versant 387,6 millions d'euros de cotisations (au titre d'un contrat pour lequel la dépendance est la garantie principale) et versait 112,4 millions d'euros de rente en 2008. En 2009, 2.024.200 assurés versaient 403,1 millions d'euros de cotisations tandis que 127,7 millions d'euros de rente étaient servis. »

 

C’est-y-pas du juteux ça !!! Ya bon le pognon des pauvres ! Et la mafia se frotte les mains : « A l'horizon 2020, selon le rapport du Comité d'orientation des retraites (COR), une baisse du taux de remplacement de l'ordre de 8% est attendue pour une carrière complète. Cette baisse est toutefois variable selon le niveau du salaire et le profil de carrière et dépend fortement des hypothèses prises dans les travaux du COR.» (…) «Un complément d'épargne annuel de 40 milliards à 110 milliards d'euros en 2020 serait nécessaire pour maintenir le niveau de vie des futurs retraités.»

 

Donc, s’ils la jouent fine, les assureurs privés vont non seulement mettre dans leur fouille le pognon de la « dépendance », mais ils vont devenir des acteurs majeurs de toute la filière Sécu. En « offrant » aux assurés, en plus de la dépendance, des paquets complets incluant aussi des remboursements Maladie. Pour rendre ces offres attractives, les sarko-trafiquants font tout ce qui est en leur pouvoir pour saccager la sécu (non paiement des dettes de l’Etat découlant des exonérations de charges des entreprises, déremboursements de médicaments, augmentation des tickets modérateurs entre autres gracieusetés). Au plus le trou de la Sécu est profond, au mieux ça va pour les requins de l’assurance privée, déjà à l’agachon. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la gale…

 

Cerise sur le gâteau pour les Frères Garamonzob de la magouille, "un groupe à capitaux publics, la CNP, a conclu avec la bénédiction de l'Elysée un accord avec... monsieur frère, Guillaume Sarkozy, afin de préempter dès à présent le marché alléchant de la retraite et de la dépendance. En quelque sorte, c'est une affaire de famille: Nicolas Sarkozy va ouvrir aux assureurs privés des risques autrefois assurés par la Sécurité sociale; et c'est son frère, avec le renfort de la CNP et donc de l'Etat, qui sera l'un des mieux placés pour ramasser la mise. On en trouve confirmation sur Malakoff Médéric: Guillaume Sarkozy mise gros sur la dépendance." (Médiapart)

Alors si l’on veut arrêter à temps ce véritable hold-up des vautours de la bande du Fouquet’s, il faut gueuler, gueuler encore, diffuser et faire connaître ces magouyilles, aller aux manifs et surtout faire en sorte que Microlax 2 ne puisse pas succéder à Microlax 1er à la prochaine élection présidentielle. Quitte, s’il le faut, à voter pour DSK (c’est pas exquis) et de faire en sorte (par le premier tour) qu’il soit flanqué d’un Mélanchon fringant et saignant.

Qu’on se le dise…

 

 

**********************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ !

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://lantifadas.midiblogs.com/trackback/299256

Commentaires

Eh bien battons nous pour une assurance dépendance obligatoire, collective et solidaire, d’Etat, financée par, par exemple, une TVA sociale. Mais n’abandonnons par les vieux dépendants (même s’ils n’ont plus les capacités physiques de voter Ségolène).

Écrit par : j.michel | 02.12.2010

Répondre à ce commentaire

Le système d'assurance maladie est nécessaire pour que chaque citoyen soit soigné correctement. Je ferais donc passer ce billet dans mon entourage. Il est indispensable que les français soit informé de toute menace sur nos acquis sociaux.

Écrit par : assurance | 02.08.2011

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire