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30/12/2010

Eh ! Tu la connais celle-là ? Divination et crédulité…

cochonsquiniquent copie.jpg

 

Deux types sont a la terrasse d'un café, bien cool en sirotant un petit jaune. Un troisième larron s'installe à la table a coté. Au bout d'un moment, le troisième gars interpelle les deux premiers et leur dit :

- Vous voyez la voiture rouge arrêtée au feu ?

- Oui, oui, bien sur ..?.!.?

-  Eh bien, figurez vous que lorsque le feu va passer au vert, elle va démarrer en crissant des pneus, et une voiture bleue va arriver par la, (il montre la voie perpendiculaire) à fond les manettes, et les voitures vont se télescoper au milieu du carrefour.

- Mouais, bof, ....., ah, ah, ah,... etc. Les deux gars incrédules... Soudain, le feu passe au vert, la voiture rouge démarre a fond, une voiture bleue arrive et BAAOUMMMM-CRASHHHH-IIIIRKKK-BADABOUM !!!!!!!!!! Mega-accident ! Les deux gars se regardent, interloques, et demandent au troisième :

- Mais, mais, comment avez vous pu prévoir ca ??????

- Eh bien, voyez-vous, je suis DEVIN !

- Ouah, le mec eh, dit donc !!

- Mais rassurez vous, bien qu'il faille une petite prédisposition, ça se travaille. D'ailleurs, je donne moi même des cours !

- Ah bon ?

- Oui, si vous êtes intéressés, venez chez moi demain a 22h.

- L'un : ouais, bof, j'y crois pas... l'autre : si , c'est génial, je viendrai ! Rendez vous est pris, et le jour dit, le gars se pointe chez le devin:

- Bonsoir monsieur, pour la leçon, c'est 100 €, payables d'avance.

- Ah ! Bon puisque je suis là, les voila.

- Bien, commençons. DESHABILLEZ VOUS !

- Ah bon ?

- Oui, ENTIEREMENT. Il s'exécute.

- Bien, maintenant, vous allez vous approcher de la table, puis vous vous penchez, et vous fléchissez légèrement les genoux !

- Mais, mais, mais, vous allez m'enculer !!!

- Bien voila, vous avez deviné : ça commence à venir !!! De toute façon, ça ne vous gênera pas, vous avez bien voté pour Sarko...

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Décadi 9 Nivose 219 de l'ère de la Liberté

Pendant les ripailles, les sarko-saloperies continuent : tuer le Smic et le code du travail

 

Sarko oncle sam.jpgEh ! On vient de fêter les cents ans du code du travail. Enfin, de ce qu'il en reste... Tè ! le SMIC, fils putatif du SMIG, filet de sécurité des salariés, en voilà un qui peut numéroter ses abattis : les sarko-trafiquants veulent sa peau...

Les smicards, ouvrez grandes vos poches : les étrennes à Sarko cette année, ce sera 18 euros de plus par mois ! Et faites attention ! Soyez responsables : économisez-les ces généreux euros que not'bon maître consent à vous accorder. N'allez pas les boire avec d'autres profiteurs du même acabit que vous !

18 euros, c'est ce que prévoit la loi.  Une loi qui prévoit une revalorisation automatique annuelle « équivalente au montant de l'inflation et à la moitié du pouvoir d'achat du salaire horaire brut ouvrier. » En conséquence de cette obligation légale, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) sera relevé de 1,6%. Il passera donc de 8,86 euros à 9 euros de l'heure à compter du 1er janvier 2011. Le smic mensuel brut pour 151,67 heures de travail passera de 1.343,77 euros à 1.365 euros. Ce qui correspond à un Smic mensuel net de près de 1.073 euros contre 1.055,42 euros tout au long de l'année 2010. La loi laisse aussi au gouvernement la possibilité de donner le fameux « coup de pouce » au smic afin donner un peu plus de « pouvoir d'achat » aux plus défavorisés.

 Coup de pouce ? Tè ! Fumes ! Dans le cul le coup de pouce. Salauds de travailleurs pauvres... Certains gouvernements, tant sous Jospin que même sous Chirac ont jugé bon en leur temps, de donner des « coups de pouce » conséquents, mais depuis cinq ans, que dalle !  Nibe ! Peau d'zob ! Depuis le 1er juillet 2007, c'est-à-dire au lendemain de l'élection de Tom-Pouce-Sarko, la politique suivie est d'une parfaite lisibilité: c'est la première fois que tout «coup de pouce» est écarté pour longtemps. Aucun en 2007, en 2008, en 2009 et en 2010. Avec le choix qui a été fait pour 2011 de ne toujours pas aller au-delà de l'obligation légale, c'est donc bien la cinquième année de suite que le gouvernement affiche son mépris pour les plus basses rémunérations. Est-ce un hasard ? Une conséquence de la « crise » ? Non. Une volonté affichée de « tuer le smic » selon une logique ultra libérale qui sévit et s'épanouit sous le règne du Nuisible en chef. L'injustice poussée jusqu'à la caricature tandis que les patrons-voyous de la mafia du Fouquet's se goinfrent sans vergogne.

 Jusqu'au triomphe du capitalisme ultra libéral à la mode Thatcher-Reagan sur le modèle rhénan en usage en Allemagne et en France et qui tempérait la liberté d'entreprendre par quelques filets de sécurité sociale, le travail nourrissait son homme, le contrat normal était le CDI et le pouvoir d'achat augmentait peu mais régulièrement. Pour les anglo-saxons, c'est l'horreur. Ils n'ont eu de cesse de foutre en l'air ce modèle consensuel à coups de mondialisation sauvage et de « crises » volontairement fomentées. Et Sarko-l'Américain - comme il se qualifie lui-même - mène avec persévérance et constance une guerre contre tout ce qui peut « freiner la flexibilité du travail ».

sarkodoigtsdhonneur copie.jpg Eh ! Ci-devant Nicolas, Paul, Stéphane Sárközy de Nagy-Bocsa, maintenant que, parait-il, tu as appris à lire, tu devrais te pencher sur ce texte de Michelet concernant les prémisses de la Révolution française. Décrivant, dans son Histoire de la révolution française, la misère qui sévit dans les campagnes à la veille de 1789, Jules Michelet défend l'idée que les mauvaises récoltes, et la famine qui en découle (appelons ça « la crise »), ne constituent en aucune façon «un phénomène naturel». «Ce n'est ni la pluie, ni la grêle. C'est un fait d'ordre civil: on a faim de par le Roi», écrit-il. Et il ajoute: «La famine est alors une science, un art compliqué d'administration, de commerce. Elle a son père et sa mère, le fisc, l'accaparement. Elle engendre une race à part, race bâtarde de fournisseurs, banquiers, financiers, fermiers généraux, intendants, conseillers, ministres. Un mot profond sur l'alliance des spéculateurs et des politiques sortit des entrailles du peuple: Pacte de famine.»

 Pacte de Famine pour Louis XVI, pacte de misère pour le ci-devant Nicolas, Paul, Stéphane Sárközy de Nagy-Bocsa. Les conséquences de ce pacte devraient te faire réfléchir citoyen-président. Sinon...

 Sources : http://www.mediapart.fr/journal/france/231210/le-pacte-qu...

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Décadi 9 Nivose 219 de l'ère de la Liberté

28/12/2010

Cauchemar-fiction en Sarkoland

GeorgesOrwell.jpg
 

Nous sommes en 2015, (3ème année du second mandat présidentiel de ....).

 

L'esprit néfaste de 68 est enfin révolu. La France a repris goût au  travail. Grâce à la nouvelle loi de sécurité intérieure, le croisement des fichiers est enfin autorisé et permet, pour notre bien-être et notre  sécurité, l'affichage des informations en temps réel.

 

Illustration.

 

Voilà à quoi pourrait ressembler la commande d'une pizza en 2015.

 

  - Standardiste : « Speed-Pizza, bonjour. »

 

  - Client : Bonjour, je souhaite passer une commande s'il vous plaît.

 

  - Standardiste : Oui, puis-je avoir votre NIN, Monsieur ?

 

  - Client : Mon Numéro d'Identification National, oui, un instant, voila,   c'est le 6102049998-45-54610.

 

  - Standardiste : Je me présente je suis Habiba Ben Said, merci Monsieur  Jacques Lavoie. Donc, nous allons actualiser votre fiche, votre adresse est bien le 174 avenue de Villiers à Carcassonne, et votre numéro de   téléphone le 04 68 69 69 69. Votre numéro de téléphone professionnel à la Société Durandest le 04 72 25 55 41 et votre numéro de téléphone mobile  le 06 06 05 05 01. C'est bien ça Monsieur Lavoie ?

 

  - Client (timidement) : Oui !!

 

  - Standardiste : Je vois que vous appelez d'un autre numéro qui  correspond au domicile de Mlle Isabelle Denoix, qui est votre assistante technique. Sachant qu'il est 23h30 et que vous êtes en RTT, nous ne  pourrons vous livrer au domicile de Mlle Denoix que si vous nous envoyez un XMS à partir de votre portable en précisant le code suivant  AZ25/JkPp+88.

 

  - Client : Bon, je le fais, mais d'où sortez-vous toutes ces  Informations ?

 

  - Standardiste : Nous sommes connectés au système croisé, Monsieur   Lavoie.

 

  - Client (Soupir) : Ah bon !.... Je voudrais deux de vos pizzas spéciales mexicaines.

 

  - Standardiste : Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, Monsieur  Lavoie.

 

  - Client : Comment ça ???...

 

  - Standardiste : Votre contrat d'assurance maladie vous interdit un  choix aussi dangereux pour votre santé, car selon votre dossier médical, vous souffrez d'hypertension et d'un niveau de cholestérol supérieur aux valeurs contractuelles. D'autre part, Mlle Denoix ayant été médicalement traitée il y a 3 mois pour hémorroïdes, le piment est fortement déconseillé. Si la commande est maintenue, la société qui l'assure risque d'appliquer une surprime.

 

  - Client : Aie ! Qu'est-ce que vous me proposez alors ?...

 

  - Standardiste : Vous pouvez essayer notre Pizza allégée au yaourt de  soja. Je suis sûre que vous l'adorerez.

 

  - Client : Qu'est-ce qui vous fait croire que je vais aimer cette pizza ?

 

  - Standardiste : Vous avez consulté les « Recettes gourmandes au soja » à  la bibliothèque de votre comité d'entreprise la semaine dernière, Monsieur Lavoie et Mlle Denoix a fait, avant hier, une recherche sur le  Net, en utilisant le moteur http://www.moogle.fr/ mots clefs « soja » et « alimentation ». D'où ma suggestion.

 

  - Client : Bon d'accord. Donnez m'en deux, format familial.

 

  - Standardiste : Vu que vous êtes actuellement traité par Dipronex et que Mlle Denoix prend depuis 2 mois du Ziprovac à la dose de 3 comprimés par jour et que la pizza contient, selon la législation, 150mg de  Phenylseptine par100g de pâte, il y a un risque mineur de nausées si vous consommez le modèle familial en moins de 7 minutes. La législation nous interdit donc de vous livrer. Par contre, j'ai le feu vert pour vous livrer immédiatement le modèle mini.

 

  - Client : Bon, bon, ok, va pour le modèle mini. Je vous donne mon   numéro de carte de crédit.

 

  - Standardiste : Je suis désolée Monsieur, mais je crains que vous ne  soyez obligé de payer en liquide. Votre solde de carte de crédit VISA dépasse la limite et vous avez laissé votre carte American Express sur votre lieu de travail. C'est ce qu'indique le « Credicard-Satellis-Tracer. »

 

  - Client : J'irai chercher du liquide au distributeur avant que le  livreur n'arrive.

 

  - Standardiste : Ça ne marchera pas non plus Monsieur Lavoie, vous avez dépassé votre plafond de retrait hebdomadaire.

 

  - Client : Mais ? Ce n'est pas vos oignons ! Contentez-vous de m'envoyer  les pizzas ! J'aurai le liquide. Combien de temps ça va prendre ?

 

  - Standardiste : Compte tenu des délais liés aux contrôles de qualité,  elles seront chez vous dans environ 45 minutes. Si vous êtes pressé, vous pouvez gagner 10 minutes en venant les chercher, mais transporter des pizzas en scooter est pour le moins acrobatique.

 

  - Client : Comment diable pouvez-vous savoir que j'ai un scooter ?

 

  - Standardiste : Votre Peugeot 408 est en réparation au garage de l'Avenir, par contre votre scooter est en bon état puisqu'il a passé le contrôle technique hier et qu'il est actuellement stationné devant le domicile de Mlle Denoix. Par ailleurs, j'attire votre attention sur les risques liés à votre taux d'alcoolémie. Vous avez, en effet réglé quatre cocktails « afroblack » au Tropicalbar il y a 45 minutes. En tenant compte de la composition de ce cocktail et de vos caractéristiques  morphologiques, ni vous ni Mlle Denoix n'êtes en état de conduire. Vous risquez donc un retrait de permis immédiat.

 

  - Client : grrrr..@#%/$@&?#!...!!

 

  - Standardiste : Je vous conseille de rester poli Monsieur Lavoie. Je vous informe que notre standard est doté d'un système anti-insulte en ligne qui se déclenchera à la deuxième série d'insultes. Je vous informe en outre que le dépôt de plainte est immédiat et automatisé. Or, je vous rappelle que vous avez déjà été condamné en juillet 2009 pour outrage à  agent.

 

  - Client : (Sans voix)

 

  - Standardiste : Autre chose Monsieur Lavoie ?

 

  - Client : Non, rien. Ah si, n'oubliez pas le Coca gratuit avec les  pizzas, conformément à votre pub.

 

  - Standardiste: Je suis désolée Monsieur Lavoie, mais notre démarche qualité nous interdit de proposer des sodas gratuits aux personnes en surpoids. Cependant, à titre de dédommagement, je peux vous consentir 15% de remise sur une adhésion flash au contrat « Jurishelp », le contrat de protection et d'assistance juridique de Speed assurance. Ce contrat  couvre, en particulier, les frais annexes liés au divorce. Il pourrait donc vous être utile, vu que vous êtes marié à Mme Claire Lavoie née Girard depuis le 15/02/2008 et vu votre présence tardive chez Mlle Denoix, ainsi que l'achat il y a une heure à la pharmacie du Canal d'une boite de 15 préservatifs et d'un flacon de lubrifiant à usage intime. A titre promotionnel, je vais faire joindre aux pizzas un bon de 5 EUR de  réduction pour vos prochains achats de préservatifs valable chez Speed-Parapharma. Toutefois, veuillez éviter les pratiques susceptibles d'irriter les hémorroïdes de Mlle Denoix, pour lesquelles Speed-Parapharma se décharge de toute responsabilité.

 

  Bonsoir Monsieur et merci d'avoir fait appel à Speed-Pizza ».

 

  PS : Toute ressemblance avec des personnes ayant existés ou existant est une pure coïncidence.

 
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Nonidi 8 Nivose 219 de l'ère de la Liberté

27/12/2010

Eh ! Tu la connais celle-là ? Sacré Père Noël !

père Noël cochon.gif

 

Dans la nuit du  24, le Père Noël, accompagné d’un de ses assistants, fait sa tournée de distribution, méthode canal historique : en passant par les cheminées. Les voilà donc, après une de leurs innombrables descentes de cheminée, dans une chambre où dort une superbe fille, à poil sur son lit.

 

Le Père Noël en a les yeux qui font tilt, la langue qui pend et peut difficilement cacher la solidité de ses sentiments !

 

Son adjoint, impatient – y a encore du boulot ! – lui dit :

 

-          « Oh ! Et alors, qu’est-ce qu’on fait ? Tu te décides oui ou non ? Qu’est-ce que tu lui mets à la fille ?

-          Ben ! Si je lui mets ce que je pense, je ne retourne pas au paradis, mais si je ne lui mets pas, je ne retourne pas par la cheminée…

 

 

 
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Octidi 7 Nivose 219 de l'ère de la Liberté

26/12/2010

Dernier cadeau du Père Noël…

Mère Noël sexy.jpg

 

Kevin-Jérôme avait supporté avec un courage méritoire le repas du réveillon de Noël. En famille le repas. A quinze ans ! La honte. Avec tonton Georges et tante Jennifer en invités vedettes. Pas mal la tante ! Et les morveux ! Y en avait eu que pour eux. Parait que les enfants, c’est les rois des fêtes de Noël. Y en a toujours un qui pleure, qui pisse, qui gueule.

 

Les scintillants, les bougies, et rien que des conneries dans l’assiette : huitres, langoustes en sauce armoricaine – beurk !, foie gras – rebeurk !, dinde, fromages qui puent – rerebeurk !… Même pas de nuggets, même pas de frites, même pas de ketchup. Et dans les verres, des saloperies genre Saint-Emilion et Chateauneuf-du-Pape. Même pas de coca. La honte. Et il avait fallu supporter ça…

 

Et les cadeaux… Des livres, même pas de BD, des livres pour lui ! Ah ! Y avait tout de même eu l’intermède de son père qui pour faire de l’humour, avait offert à tante Jennifer un petit slip blanc bordé de dentelles rouges avec, écrit devant « Entrée du public » et derrière « Entrée des artistes » avec de petites flèches descendantes. D’une délicatesse… Elle n’avait que modérément apprécié tante Jennifer. Un peu relou le dabe !

 

Il avait fallu attendre trois plombes avant de pouvoir aller se pieuter. Enfin seul dans sa chambre, Kevin-Jérôme, devant la glace, se fait éclater deux ou trois boutons d’acné puis tire quelques puffs d’un joint de beu. De la hollandaise. Il se libère de ses fringues et s’allonge sous sa couette, se laissant voluptueusement glisser sur la pente de ses rêves dans les bras de Morphée.

 

Soudain, l’ado distingue une forme lumineuse dans la chambre. Une étrange silhouette pourpre bordée d’une aura d’un blanc bleuté électrique qui se déplace lentement et s’approche du lit. Kevin-Jérôme, encore aux confins de l’enfance, croit reconnaître l’apparence du Père Noël…

 

Le Père Noël approche sans bruit du lit et, d’un geste large, se débarrasse de sa houppelande. Mais, mais… bégaie Kevin-Jérôme dans sa tête « ce n’est pas le Père Noël, c’est la Mère Noël ! ».

 

Une Mère Noël nue sous la houppelande dont elle vient de se débarrasser. Kevin-Jérôme jette de côté la couette qui lui masquait en partie la somptueuse vision. La Mère Noël met les mains à sa taille et, en deux coups de hanche rapide, fait glisser son slip dont elle se libère d’un coup de pied léger. Puis, mains dans son opulente chevelure dorée, un sourire énigmatique illuminant son beau visage, cambrée, elle avance en glissant souplement, comme un torero devant le fauve, ondulant d’une hanche sur l’autre.

 

Kevin-Jérôme est tétanisé. Ses yeux ne peuvent se détacher de ce triangle sombre, de cette crinière de geai qui fleurit entre le ventre et les cuisses de la Mère Noël, au confluent de tous les désirs.

 

 Celle-ci, d’un bond, se place solidement à califourchon sur la poitrine osseuse du jeune homme. Ondulant d’une épaule sur l’autre, ses longs cheveux lui masquant à demi le visage, elle présente à la bouche du jeune homme un sein puis l’autre. Deux beaux obus prolongés par une large aréole brune, que Kevin-Jérôme perçoit comme d’une lumineuse blancheur malgré la pénombre. Les bras coincés le long de son corps par les genoux et les cuisses de Mère Noël, le jeune homme ne peut saisir ces somptueuses rotondités qui le rendent fou de désir. Sa bouche s’efforce d’aspirer, de téter les pointes érigées. Puis Mère Noël change de position, se mettant toujours à califourchon, mais présentant son dos à la vue de Kevin-Jérôme. Elle recule, enjambant les épaules du jeune homme qui se retrouve la tête entre les cuisses de Mère Noël.  Kevin-Jérôme, dans la nuit calendale, pour la première fois de sa vie, se trouve face à l’entrée du paradis. En face d’ELLE qu’il découvre. Une corolle ouverte, toute lisse dans son écrin de fourrure noire. Et l’œil de bronze. Devant son nez. Il respire à pleins poumons tous ces effluves fantastiques. Un parfum somptueux : nez marin, crevette rose, jasmin, avec de légères nuances de poivre et de sueur.

 

N'en pouvant plus, Kevin-Jérôme enfouit son visage dans cette conque rose et nacrée. Le goût ! Ouarf ! le goût ! Une attaque en bouche franchement océane, goût de violet, avec des nuances d'anchois fraîches et de dorade grillée au fenouil. Puis viennent de délicates saveurs animales, de vieux cuir, de fauve en rut. Suivent des fragrances de charcuterie fine, rosette, jésus, avec des touches poivrées de copa, de figatelli. Enfin une somptueuse fin de bouche longue, ample, de sous bois, de truffes et de violettes.

 

Mère Noël, pendant ce temps, honore savamment la flamberge qui se dresse devant sa bouche goulue. Des lèvres, de la langue, des dents, elle prend la mesure  de la virilité naissante, puis, se redressant, elle s’assoit sur le visage de Kevin-Jérôme, lui emprisonnant totalement bouche et narines. Celui-ci, au bord de l’asphyxie, hume, grume, lèche, avale le miel du bonheur. Pleins de lumières dans sa tête, plein de musiques, plein de cloches, plein de guirlandes de fleurs. Quelle fête!

 

La créature céleste libère enfin les bronches en feu de sa victime, se tourne et s’empale brutalement sur le membre tendu, gonflé de désir du jeune homme. Cavalière de tous les délices, Mère Noël, en quelques coups de reins, conduit le jeune homme aux confins de l’extase, aspirant aux tréfonds d’elle-même cette semence toute neuve. Elle module son cri de jouissance en un feulement de lionne comblée.

 

Tandis que Kevin-Jérôme, abruti de bonheur, sombre pour la première fois de sa vie dans cette somptueuse petite mort de l’amour, la créature ramasse sa houppelande et disparait comme elle est venue.

 

Au matin, Kevin-Jérôme, réveillé par le premier rayon de soleil de sa vie d’homme, les mains, le ventre et le sexe poisseux, essaie de retrouver, de retenir les bribes de rêves de la plus belle de ses nuits. Il se lève enfin et se dirige vers la salle de bain.

 

Entre le lit et la porte, il trouve le petit slip blanc bordé de dentelles rouge offert la veille…à tante Jennifer !

 

 
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Sextidi  6 Nivose 219 de l'ère de la Liberté

25/12/2010

Aquéoù coun de rastèoù !

 

père noël ordure.jpgCette année-là, il faisait un vrai temps de Noël : il avait un peu neigé deux jours avant et le mistral bouffait à débanner tous les cocus du village.

 

La famille se réunissait traditionnellement pour la veillée calendale à la ferme familiale, un merveilleux mas au sommet du village, à l’ombre tutélaire du puissant Fort Saint-André. Il faut dire qu’à l’époque, Villeneuve était encore un village paysan et non pas ce qu’elle est devenue : une ville-dortoir pour parvenus voulant péter plus haut que leur cul.

 

Pour monter à la ferme, depuis la pâtisserie des parents, il fallait traverser la grande place et lutter contre les tourbillons d’un vent glacial soulevant des nuages de  poudreuse qui s’infiltrait partout, malgré les manteaux, les châles et les fichus. Après le grand portail de fer, une sente empierrée menait à la grande cour de la ferme.

 

Dans la journée, les oncles avaient dégagé la voie avec pelle et râteau, instruments qu’ils avaient ensuite abandonnés sur la neige à côté de la porte, prêts à resservir si nécessaire.

 

Dans la grande salle à manger de la ferme, les femmes ont disposé, sur les trois nappes blanches, les services de fêtes, les verres du dimanche. Dans l’âtre qui flamboie, l’aïeule et le "caga-nis" — chez nous, on nomme ainsi le plus jeune des enfants — apportent une bûche d’arbre fruitier bien sec.

 

D’un verre de vin cuit versé avec respect, la grand-mère que tous appellent Marraine — en l’absence de son mari, tombé sous les balles de la grande guerre — bénit la bûche puis, d’un ton solennel prononce à belle voix la formule rituelle des Provençaux :

 

"Alègre ! Alègre !

Mi bèus enfant, Dièu nous alègre !

Emé Calèndo tout bèn vèn…

Dièu nous fague la gràci de vèire l’an que vèn,

E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens !"

 

La famille s’installe alors à table, réservant une place, pas très loin de la porte, pour le pauvre transi que le sort accable. Cette nuit, s’il vient, il aura l’amour, le couvert et le gîte.

 

Et les femmes, dès lors, servent le Gros Souper : les petits escargots à la "suçarelle" que l’on aspire d’un coup, les cardons à l’anchois, la raïto de merlusso, le muge aux olives, le gratin de brandade, et, pour laver la bouche l'àpi à la pebrado.

 

On arrose ces mets aux grands vins de la Coste-du-Rhône.

 

Enfin voici venu le moment où l’on sert, avec cérémonie, tous les treize desserts : les amandes, les noix et les noisettes, les figues sèches, les dattes, les mandarines, les oranges, les pommes, les poires, les raisins que l’on garde depuis septembre suspendus par leur branche dans le grenier, voici le nougat blanc, voici enfin le nougat noir… Marraine apporte enfin la pompe à l’huile, symbole de l’espoir !

 

On mange, on boit, on chante, l’oncle Gus sort le piston d’où s’échappent bientôt quelques canards, on est tout à sa joie. Puis l’oncle arrête d’un coup sa musique et dit : "Oh ! Les petits, je crois que j’entends les pas du père Noël ! Chuuuttt !" Tout le monde se tait. Nous, les petits, on bade, emportés par le délicieux frisson du rêve…

 

Il faut dire que les adultes avaient préparé le coup avec le Grand Gaby, un intime de la famille - dont la trogne barbue enluminée au Côte du Rhône était orné d’un tarbouif alliant la texture de la morille à la couleur de l’aubergine. Il s’était vêtu d’une grande robe rouge et portait dans chaque main un panier d’osier plein de petits cadeaux, de papillotes, de chocolats, de mandarines.

 

On entend donc marcher dans la cour, puis une grosse voix s’élève, atténuée par le vent: "Ouvrez-moi, les petits, c’est le père Noël !"

 

Les parents nous poussent amicalement vers la porte où nous restons groupés, l’oreille aux aguets, tendus par le mystère.

 

Dehors le père Noël avance, met le pied sur le râteau qui - vous savez qu’il n’y a rien de plus sournois qu’un râteau - lui fout un grand coup de manche dans la gueule !

 

Et alors on entend un fracas anormal et une voix qui gueule : "Aquéou coun de rasteoù !"

 

On ouvre…et on trouve le père Noël le cul dans la neige au milieu de ses paquets.

 

« C’est Gaby ! C’est Gaby ! » qu’on crie en frappant des mains !

 

C’est comme ça que j’ai perdu mes illusions d’enfant crédule.

 

 
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Quintidi 5 Nivose 219 de l'ère de la Liberté

24/12/2010

JESUS EST NOIR !

jesus noir.jpg
 

Le baobab aux lucioles sacrées

 

Dans une ville d’Afrique, ce pourrait être Abidjan, Conakry, Dakar ou Yaoundé. Il fait nuit. Un grand noir tire une petite remorque dans laquelle est assise une très jeune femme enceinte jusqu’aux yeux.

 

- Oh ! Boubakar-Joseph, j’ai mal. J’ai mal. Mon ventre, c’est comme une calebasse trop pleine qui va éclater. C’est encore loin l’hôpital ?

 

- Non. Courage Chérie-Marie. On va bientôt arriver. Tu vas avoir un bon lit dans la grande salle. Paraît même qu’y a des ventilateurs. Les docteurs habillés en blancs vont bien s’occuper de toi. Courage ma petite Chérie-Marie, mon orchidée d’amour, ma petite gazelle, ma jolie mangue douce, étoile de mon ciel, soleil de mon cœur.

 

- Boubakar-Joseph, j’ai mal, j’ai mal…

 

 - On arrive, Chérie-Marie. Voilà l’hôpital.

 

(le couple s’arrête devant l’entrée de l’hôpital. Boubakar-Joseph s’adresse à un planton en blouse blanche)

 

- Bonjour Monsieur le Docteur. Ma femme, Chérie-Marie, est en train de travailler l’enfant. Elle a beaucoup mal au ventre. Beaucoup mal au ventre Monsieur le Docteur. Il faut  l’aider à faire l’enfant. C’est notre premier Monsieur le Docteur !

 

(le planton-docteur, très administratif)

 

- Nous avons donc et par conséquent que la dénommée Chérie-Marie demande à être admise à l’hôpital. Pourquoi ? Vous avez un certificat médical ?

 

- Mais non, Monsieur le Docteur. Mais vous voyez bien qu’elle travaille l’enfant !

 

- Je vois surtout que vous n’avez pas de certificat médical. Donc, présentement, le règlement ne me permet pas de vous admettre. Passez votre chemin !

 

- Mais…

 

(le planton brandit un bâton au-dessus de la tête du pauvre Boubakar-Joseph)

 

- Foutez-moi le camp ! Revenez demain si vous avez un certificat médical !

 

(Boubakar-Joseph console sa femme avec des gestes pleins de douceur et ils repartent)

 

- Oh ! Boubakar-Joseph, j’ai mal, j’ai mal…

 

- Courage ma jolie colombe d’amour. Regarde. Tout près il y a le grand hôtel des Français. Ils nous aideront.

 

(ils stoppent devant une grande bâtisse en béton à l’enseigne : « Grand hôtel de France et du commerce réunis ». Boubakar-Joseph s’adresse au portier noir qui rentre prévenir le patron français. Celui-ci – veste saharienne, chapeau de brousse ou casque colonial – sort. On entend les musiques de la fête dans l’hôtel)

 

- Bwana Patron, ma femme Chérie-Marie travaille l’enfant. Ils ne l’ont pas voulu à l’hôpital. Pourriez-vous nous autoriser à nous installer dans un petit coin d’une petite pièce de votre grand hôtel ? Il y a sûrement un docteur parmi vos clients…

 

(Le Français le regarde comme il regarderait une merde : on n’a pas d’états d’âme vis-à-vis d’une merde, on l’évite, c’est tout…Puis il éclate de rire en se tapant sur les cuisses)

 

- Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ben dis donc ! Il est gonflé celui-là. Il voudrait que sa grosse mette bas donc mon hôtel ! Puis quoi encore ! Fout le camp salopard ! Tu dégueulasses mon entrée ! Dégage vite ou je te fais bastonner !

 

(il s’approche, la main haute, de Boubakar-Joseph. Le portier noir accourt lui aussi, armé d’un bâton, prêt à frapper. Le malheureux couple s’en va)

 

- Oh ! Boubakar-Joseph, j’ai mal, j’ai mal. Comme si une hyène me mordait dans le ventre. J’en peux plus Boubakar-Joseph. J’en peux plus…

 

- Courage mon océan de rêve, ma petite panthère d’amour. Je vois le poste de police tout près. Je vais demander de l’aide. Ce sont des gardiens de la paix. Ils sont là pour nous protéger, pour nous porter assistance…

 

(ils s’arrêtent devant un immeuble surmonté de la pancarte « Police – Au service du Peuple ». Boubakar-Joseph s’approche. On entend des bruits de voix sortant du bureau :

« …et dix de der ! Vous êtes dedans mon adjudant ! Vous êtes dedans ! » Sort en bougonnant un sous-off noir en short et chemise kakis, képi de travers sur le front, une canette de Kronenbourg dans chaque main. Il aperçoit Boubakar )

 

- Qu’est-ce-qu’y veut çui-là ? Qu’est-ce-qu’y veut ? …Dedans, dedans. En voilà un que je vais foutre dedans, moi !

 

(Boubakar-Joseph, intimidé, s’approche. Devant l’adjudant, il claque des talons et salue militairement)

 

- Excusez-moi de vous demander pardon, Chef ! Ma femme que voici est en travail d’enfant. Personne veut nous aider, Chef ! Personne…

 

(Le chien de quartier s’envoie un long gorgeon de bière, s’essuie sur le revers de sa manche, rote un grand coup et gueule !)

 

- Tu veux que je te foute dedans ? Est-ce-que j’ai une gueule de sage-femme ? Fout le camp ou c’est moi qui te fout au trou !

 

(Boubakar part en courant, retrouve sa femme qui geint sur la petite remorque. Les larmes aux yeux, il s’efforce de la consoler)

 

- Du courage jolie fleur de mon cœur, rosée de mes jours, musique de ma vie.

 

(Ils repartent. En passant sous un arbre, un petit singe saute sur la remorque de Chérie-Marie, lui donne une banane,  puis saute sur l’épaule du grand noir. Il lui parle)

 

- Boubakar-Joseph, Chérie-Marie, enfin je vous ai trouvé ! Venez vite. Suivez cette traînée de lumière devant vous, dans le ciel. Ce sont les lucioles sacrées.

 

(Chérie-Marie mange la banane du petit singe. Immédiatement son terrible mal de ventre se dissipe)

 

- Oh ! Boubakar-Joseph, je n’ai presque plus mal ! Je n’ai presque plus mal ! Regarde ! regarde toutes ces poussières d’étoiles ! Elles bougent comme un nuage de feu. Elles semblent nous montrer un chemin. Suivons-les…

 

(Suivant le nuage de lucioles et le petit singe qui gambade et cabriole joyeusement devant eux, le couple atteint les faubourgs de la ville et gagne la jungle.)

 

- Regarde Chérie-Marie, les grands arbres se penchent sur ton passage comme pour te saluer. Regarde ! Plein de singes nous suivent. Et des gazelles maintenant, tout un troupeau. Et les zèbres. Vois. Même les grands serpents. Même la girafe. Là, regarde, le rhinocéros.

 

- Je n’ai plus mal Boubakar-Joseph ! Je n’ai plus mal du tout ! Et toutes ces fleurs, tous ces arbres, tous ces animaux qui nous veulent du bien ! Regarde Boubakar-Joseph, là le grand baobab. Les lucioles sacrées lui font comme une couronne scintillante. C’est là qu’il nous faut aller Boubakar-Joseph ! C’est là. Je le sens. Je le sais.

 

- Chérie-Marie, c’est merveilleux. Qu’est-ce-qu’y nous arrive ! Qu’est-ce-qu’y nous arrive ! Là, regarde, au pied de l’arbre. Une grande lionne. N’ai pas peur Chérie-Marie, regarde comme elle est amicale. Elle t’invite à t’étendre près d’elle sur la fourrure si douce de son ventre. Et voilà un éléphant. Il m’aide Chérie-Marie ! Il m’aide avec sa trompe à te déposer délicatement contre le ventre de la lionne. Il te fait de l’air avec ses grandes oreilles pour te rafraîchir !

 

- Oh ! Boubakar-Joseph. Là, entre mes jambes. Ça coule. Pourtant je n’ai pas mal. C’est chaud. Boubakar ! Boubakar, tiens-moi la main !

 

Il est là ! Il est là ! C’est un garçon ! C’est notre fils Boubakar-Joseph ! C’est notre fils !

 

Oh ! Boubakar-Joseph, quel bonheur. Comment allons-nous l’appeler.

 

- Appelons-le Jésus !

 

© J.V.J.

 

 
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Quatridi 4 Nivose 219 de l'ère de la Liberté

23/12/2010

Fantaisie calendale: La révolte des pères Noël.

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Une pièce, quelque part dans le Grand Nord. Quatre personnages : un homme d'affaire - costumes sombre, cravate, attaché-case, il fait les cent pas nerveusement. A côté, trois pères Noël en robe rouge.

L'homme d'affaires :

 

- Messieurs les pères Noël, votre attitude est inadmissible. Vous mettre en grève, dans le monde entier, la veille de Noël ! C'est un coup de force inacceptable. Virés ! Tous ! Vous allez tous être virés ! Un plan social planétaire !

Auriez-vous oubliés, Messieurs que c'est nous - le monde des affaires, les usines de jouets, le grand commerce - qui vous avons créés ? Qui vous avons inventés pour servir les intérêts de nos actionnaires ?

Auriez-vous oubliés que vous n'avez d'autre légitimité que celle du commerce ? Votre existence même est liée à l'efficacité avec laquelle vous incitez les enfants, et surtout leurs parents à acheter, acheter, acheter ! Acheter toujours plus de jouets toujours plus chers, toujours plus compliqués. Ceci afin que nos usines tournent, que nos établissements vendent, que nos profits se gonflent. Pour le plus grand bien de nos actionnaires, les retraités américains. Votre seule fonction est de faire en sorte que les enfants engraissent les retraités du Wisconsin et de Dallas ! Compris ?

 

Le père Noël le plus barbu prend alors la parole :

 

- Nous savons pertinemment que c'est vous, les gens des affaires, qui nous avez inventés. Nous savons très bien que nous n'avons pas de légitimité religieuse ou mythique, comme Saint-Nicolas, comme la Babouchka, comme la Béfana. Autant de personnages sympathiques, reflets de cultures ancestrales à travers le monde, et que vous avez - à travers nous - ridiculisés et jetés aux oubliettes. Nous savons tout cela.

 

- Alors fermez-là et travaillez ! Travaillez ! Vous m'entendez ? Prenez vos rennes - un troupeau dont l'entretien toute l'année nous coûte beaucoup d'argent tout comme ce siège social en Laponie, dans le grand nord de la Suède. Prenez vos rennes et partez livrer les produits de nos usines. Nous avons investi en promotion et publicités des milliards et des milliards. Ce n'est pas pour que le profit qu'en attendent nos actionnaires soit mis à mal par les états d'âme d'employés subalternes tels que vous !

 

- Non. Nous ne travaillerons pas cette nuit de Noël. Nous refusons de continuer à nous faire les complices d'une gigantesque opération de racket mondial et d'abrutissement de l'enfance. Nous ne livrerons pas vos jeux électroniques basés sur la violence et la mort. Nous ne livrerons pas tous ces gadgets, très chers, trop chers, qui ruinent les parents et n'intéressent que peu les enfants. Des gadgets inutiles fabriqués par des esclaves pour être achetés par des chômeurs !

 

- Ggrrrr ! ! ! ! C'est une catastrophe ! Nos profits ! Mes stock-options ! Avec le mal que nous nous donnons depuis des années pour imposer aux enfants l'usage de nos jeux électroniques...

 

- Nous qui connaissons les gosses, nous qui voyons le rêve dans leurs yeux  la veille de Noël, savez-vous ce que nous avons remarqué ? C'est que les enfants, au matin tant attendu jouent surtout... avec les cartons d'emballage des jouets coûteux que vous leur imposez ! Voilà pourquoi nous refusons dorénavant de nous faire les complices de votre entreprise de négation du rêve, de négation de toute culture. Nous refusons - nous pères Noël du monde - d'être vos instruments dans cette entreprise d'acculturation mondiale : partout une seule et même musique, partout les mêmes jouets chers et tuant l'imagination, partout une seule idéologie, celle de l'argent, du fric, du pognon.

Nous voulons, nous, pères Noël, que les enfants du monde rêvent, réfléchissent, s'épanouissent dans la diversité et la richesse de leurs cultures.

 

- Mais c'est une révolution ! Apprendre à réfléchir aux gosses... Puis quoi encore ? Ont-ils besoin de réfléchir pour devenir de bons consommateurs adultes ? Bien dociles et  réceptifs à nos messages publicitaires ? Mais vous voulez tout foutre en l'air, ma parole !

Mes profits... Mes stock-options...

Avec tout l'argent que nous dépensons dans les télévisions, dans les ordinateurs, dans les play-stations pour empêcher les gens de réfléchir. Pourquoi pas la liberté, l'égalité, la fraternité puisque vous y êtes ? Révolutionnaires ! Sans-culottes ! Bolchéviques ! Vous allez nous ruiner avec vos dangereuses utopies ! Mais pour qui vous prenez-vous ?

 

- Pour des gens  qui ont une grande responsabilité. Bien sûr, nous sommes vos créatures, mais nous tenons maintenant notre légitimité de notre succès. Des millions d'enfants du monde croient en nous et nous attendent avec espoir, la tête pleine d'étoiles. Nous ne pouvons pas les décevoir. Nous ferons donc notre tournée cette année encore...

 

- Ah ! Enfin une bonne parole ! Alors finis de jaser pour ne rien dire. Remplissez vos hottes, vos traîneaux, atteler vos rennes et, Oust ! Partez !

 

- Je crois que nous nous sommes mal compris. Nous allons faire notre tournée, mais pas pour livrer vos japoniaiseries et vos américonneries. Nous allons porter aux enfants du monde des messages d'intelligence, des ferments de liberté, des gages d'égalité, des élans de fraternité.

 

- Ah ! Ah ! Laissez-moi ricaner... Et comment donc ?

 

- N'oubliez pas que nous sommes en Scandinavie, patrie des célèbres Prix Nobel. Eh bien nous, nous allons créer les « Prix Noël » ! Nous allons livrer dans les cheminées des enfants du monde des Livres ! Des Livres ! Car c'est dans les Livres que se trouvent le Savoir, l'Intelligence, la Tolérance, la Concorde, l'Entraide, l'Amitié et l'Amour entre les enfants, entre les Hommes.

 

Les pères Noël s'en vont, leurs hottes pleines de livres, tandis que l'homme d'affaire se ronge les poings en morigénant.

 

© J.V.J.

 
 
 
 
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Tridi 3 Nivose 219 de l'ère de la Liberté

22/12/2010

Le pudding de Noël et les treize desserts

Tè! Je vous ai fait une petite pièce de théatre calendale!

Cuisine-anglaise___.jpg

 

 

La cuisinière anglaise :

— Nous avons, nous aussi, dans la vieille Angleterre

Quelques spécialités, au plan alimentaire.

Celle que nous aimons, celle qui nous rend dingue

Lorsqu’arrive Noël : c’est « Le Chrismas pouddingue » !

Un gâteau bien épais, bien lourd, poisseux et gras,

Qui envahit la bouche et cale l’estomac !

Je vais vous révéler, peuplades autochtones

Le secret de ce savoureux joyau de la Couronne.

Allons. Listen to me ! Et prenez tous des notes

Pour goûter aux plaisirs de mes compatriotes.

Demander au boucher deux gros rognons de bœuf…

 

Quelqu’un l’interpelle depuis la salle :

— Eh ! Oh ! Arrêtez-là ! Allez chercher les « keufs » !

Rien que d’entendre ça, j’ai la cervelle molle !

Margareth, ton pudding, c’est de la vache folle ?

 

La cuisinière anglaise (elle le foudroie du regard, par dessus ses lunettes, et continue sans se départir de son flegme britannique) :

— …Vous en ôtez la graisse et vous la moulinez

Avec du vieux pain sec de Guinness imbibé.

Hachez grossièrement des raisins de Corinthe,

Des écorces confites d’orange et coloquinte.

Dans une grande jatte, ajoutez la farine,

Des fruits confis hachés, un peu de gélatine,

Amandes effilées, sucre roux et mélasse…

 

L’interjecteur de la salle :

— Arrête Margareth ! C’est trop, c’est dégueulasse…

 

La cuisinière anglaise (elle le foudroie de nouveau du regard) :

— …Muscade râpée fin, gingembre, et cannelle

Vous mouillez à la bière, cognac, un peu de sel.

Travaillez à la main cette pâte onctueuse…

 

L’interjecteur de la salle :

— Margot ! Ça ira mieux avec la bétonneuse !

 

La cuisinière anglaise (elle le foudroie de nouveau du regard) :

— …Vous couvrez votre jatte et laissez reposer,

Huit à dix jours au moins. Chaque jour, malaxez !

 

L’interjecteur de la salle :

— Margareth, maintenant, il te faut nous instruire :

Ce plat, tu nous le fais pour manger…ou construire ?

 

La cuisinière anglaise :

— …Au bout de tout ce temps, mettez des œufs battus…

 

L’interjecteur de la salle :

— C’est pour améliorer ton tas de détritus ?

 

La cuisinière anglaise :

— …Beurrez soigneusement une grande terrine

Saupoudrez-là ensuite avec de la farine,

Vous y versez la pâte et vous la tassez bien…

 

L’interjecteur de la salle :

— C’est du béton vibré, ou je n’y connais rien !

 

La cuisinière anglaise :

— …Enveloppez le tout avec un grand torchon

Dont vous nouerez les coins tout comme un baluchon

Plongez alors le tout dans un pot d’eau bouillante

Laissez cuire cinq heures dans cette eau frémissante.

 

L’interjecteur de la salle :

— Tu rajoutes une pierre de margelle du puit,

Quand le caillou est tendre, Eh ! le pudding est cuit !

 

La cuisinière anglaise :

— Retirez le pudding et laissez-le tiédir

Puis vous le retournez sur un plat à servir,

Nappez de sucre roux et flambez au Cognac

Au rhum brun de Cuba  ou au vieil Armagnac,

Et alors, n’en déplaise à ce vieillard maniaque (en désignant d’un terrible doigt accusateur son interjecteur de la salle)

Vous aimerez, je crois, les goûts de l’Union Jack !

 chrismas-pudding.jpg

 

L’interpellateur de la cuisinière anglaise vient alors sur scène

 

— Si je vous ai « chambrée », chère amie britannique

Mon intention était simplement ironique,

Car dès lors qu’il s’agit des plaisirs de la table,

Les traditions de gueule sont toutes respectables !

A mon tour de vous dire comment l’on fait bombance

Pour la nuit de Noël, en terres de Provence.

Les femmes ont disposé, sur les trois nappes blanches,

Les services de fêtes, les verres du dimanche,

Dans l’âtre qui flamboie, l’aïeul, le « caganis »

— Chez nous, on nomme ainsi le plus jeune des fils —

Apportent une bûche d’arbre fruitier bien sec.

D’un verre de vin cuit versé avec respect

L’aïeul bénit la bûche puis, d’un ton solennel

Prononce à belle voix ces propos rituels :

« Alègre ! Alègre !

Mi bèus enfant, Dièu nous alègre !

Emé Calèndo tout bèn vèn…

Dièu nous fague la gràci de vèire l’an que vèn,

E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens ! »

La famille élargie s’installe alors à table 

Réservant une place, pas très loin de la porte

Pour le pauvre transi que le malheur accable.

Cette nuit, il aura l’amour qui réconforte.

Et les femmes, dès lors, servent le Gros Souper :

Les petits escargots en sauce relevée,

Les cardons à l’anchois aux vertus curatives,

La raïto de morue et le muge aux olives,

Sorti brûlant du four, le gratin de brandade,

Et, pour faire passer, l ‘ àpi à la pebrado.

On arrose ces mets aux grands vins de Cassis,

Car ce nectar béni est le sang du Messie.

Enfin voici venu le moment où l’on sert

Avec cérémonie tous les Treize desserts :

Voici d’abord venir les noix et les noisettes,

Voici les figues sèches, les amandes défaites,

Voici qu’arrivent dattes, mandarines, oranges,

Les pommes et les poires, les raisins sur leur branche,

Voici le nougat blanc, voici le nougat noir,

Enfin la pompe à l’huile, symbole de l’espoir !

On mange, on boit, on chante, on est plein d’allégresse,

Et lorsque minuit sonne, on va tous à la messe…

 

JVJ ©

 

treize desserts.jpg

 

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Duodi 2 Nivose 219 de l'ère de la Liberté

21/12/2010

Au bistro de la Toile : la République ou la Ripoublique

chimulus bistro copie.jpg

 

- Ah ! Ça y est : on a retrouvé une bonne et belle tête à claque politique. Lefèvre et sa grâce de pitbull nous manquait. Mais il est avantageusement remplacé par le ci-devant Jacob, le mec qui est le nouveau kapo du groupe UMP à l'Assemblée, en remplacement de Copé. Le Jacob en question, il fait plaisir à voir avec sa dégaine de barbot de sous-préfecture. Uhèmepets jusqu'au bout des poils du cul. Une caricature ! Et son ramage vaut bien son plumage au hareng. Avec son complice Copé, le spécialiste de la lignum lingua, il a tenté de faire passer trois amendements destinés à dédouaner les députés de tout risque lorsqu'ils trichent sciemment dans la déclaration de leurs revenus. Les députés avaient adopté le 8 décembre, en commission des Lois, une disposition prévoyant que les députés qui auraient «omis sciemment» de déclarer une partie de leur patrimoine ou auraient fourni «une évaluation mensongère» seraient passibles d'une peine de deux ans de prison et de 30.000 euros d'amende ainsi que, évidemment d'inéligibilité.

 

- Normal non ? Moi, si je tente d'embrouiller le percepteur, il ne me fait pas de cadeau. Pourquoi ce serait différent pour les députés ? Au contraire même, ces gens qui sont nos délégués se doivent d'être rigoureusement exemplaires, non ? Sinon ça revient à officialiser la fausse déclaration fiscale pour les « politiques » !

 

- Ce n'est manifestement pas ce que pensent nos deux Abbott et Costello uhèmepets ! Leurs trois amendements avaient pour effet de supprimer ces trois risques ! Merci à ce type au nom de chiotte de nous faire clairement savoir qu'il y a des députés qui fraudent, sinon hommeporc.jpgpourquoi faire une loi de protection contre ces délits ? Ça revient à dire aux élus «mentez, trichez, vous n'irez pas en taule » ! Enfin, seul l'amendement concernant la taule a finalement été supprimé.

 

- Tout de même Victor, pour que les députés - de droite comme de gauche - acceptent de voter une loi qui les surveille un peu mais pas trop, c'est que beaucoup doivent avoir le trouillomètre sous zéro que l'on fouille un peu trop dans leurs embrouilles ! Après ils s'étonneront qu'on les mettent tous dans le même sac des « tous pourris », ces dignes représentants de la « Ripoublique » !

 

- Eh ! Loulle, pas tous pourris puisqu'il s'est trouvé une majorité pour repousser les amendements des deux sarko-trafiquants ! Allez, un peu de poésie dans ce monde de brutes :

 

Si tu peux tout promettre sans jamais rien tenir

Si tu peux magouiller sans peur de te salir

Si tu peux, méprisant, humilier l'adversaire

Et si tu es capable de tuer père et mère,

 

Si tu peux t'engraisser sur le dos des plus faibles

Protéger tes amis lorsqu'ils pillent la plèbe

Et priver l'ouvrier du plus petit bénef

Tout en léchant le cul des patrons du Medef

 

Si tu peux trafiquer en restant populaire

Pressurer l'ouvrier plutôt que l'actionnaire,

Si tu peux générer les plus basses actions

Tant qu'elles multiplient ton tas de stock-options

 

Si avec les puissants tu sais te montrer veule,

Leur rendre des services et bien fermer ta gueule

Et puis lécher les bottes de tous les bons à rien

Espérant gentiment ta pâtée comme un chien,

 

Si tu peux sans vergogne renier ta parole

Trimbaler à ton cul des tas de casseroles

Si tu peux sans déchoir, sans peur de t'avilir,

Et la main sur le cœur dénoncer et trahir,

 

Alors tu pourras vivre sans honneur et sans gloire

Te vautrer dans la boue sans jamais t'émouvoir

Enfiler tes semblables par tous tes orifices,

Tu seras Hue-aime-pets mon fils.

 

 

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Primidi 1er Nivose 219 de l'ère de la Liberté

20/12/2010

Pour une réveillon d’enfer, dois-je laisser Lucie faire ? Satan l’habite…

femme oeil rouge.jpg

 

 

Je retrouvais Lucie avec grande émotion

Lorsqu’elle s’échappait de sa triste pension.

Nous prenions rendez-vous, souvent, dans une église

Communiant corps et âme dans son ombre propice.

 

Nous nous sommes aimés serrés sur un prie-dieu

Et, comblé de bonheur, j’ai cru entendre Dieu

Disant à Lucifer : « Laisse-moi ces deux-là,

Un amour aussi beau, c’est un apostolat ! »

 

Depuis ce jour l’encens envoûtant des chapelles

A pour moi la saveur troublante des dentelles.

Dois-je, pour ces pensées, faire mea-culpa ?

 

Quand vers l’un de ces temples se dirigent mes pas

Je pénètre en ces lieux dévolus au Messie,

Mais, pour l’amour de Dieu ou celui de Lucie ?

 

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Les pieds de cochon comme chez Lucifer

 

— Ben mon cochon, Victor ! Ça alors, faut le faire !

Mais c’est bien innocent pour te valoir l’enfer.

Ces lieux sont dévolus parait-il à l’Amour,

Des dieux ou du prochain, c’est de l’amour toujours.

— D’autant plus que l’enfer, c’est dans le cœur des Hommes

Qu’il se loge et non pas dans les élans de mômes

Qui découvrent la vie et se sucent la poire,

Fusse dans les lieux saints qui cachent le ciboire.

— Tu parles d’or, Victor ! Vive la vie, bon sang,

Et trinquons sans tarder à ces jeux innocents,

Puis je vais te donner une étrange recette

Qui correspond, je crois, à ta belle amourette.

Bon marché, délicieux, très faciles à faire,

C’est les pieds de cochons « comme chez Lucifer ».

Tu prends chez ton boucher quatre pieds de pourceaux

Ou plus selon le nombre de tes commensaux,

Tu vas les faire cuire dans un bon court-bouillon

Parfumé au safran, ail, sel, poivre et oignon.

Cuis à tout petit feu pour deux tours de tocante

Afin de parfumer et d’attendrir la viande.

Pendant ce temps tu ne va pas rester inerte :

Il te faut préparer ta bonne sauce verte.

Tu piles au mortier persil, thym, vert de blette,

Oseille, basilic, estragon et sarriette,

Ail, poivre vert, cannelle et gingembre râpé,

Mouille au vinaigre fort mais garde assez épais.

Réserve et fais confire quelques oignons hachés

Dans de l’huile d’olive, sans laisser attacher,

Mets un peu de moutarde et le jus d’un citron,

Puis pense un peu à toi et débouche un litron.

Bois un canon ou deux et quand tu es à l’aise,

Au barbecue ou l’âtre, prépare de la braise.

Sors les pieds du bouillon, sèche-les, coupe-les

Puis sur ton gril ardent, il te faut les hâler,

Les faire bien dorer sans pourtant qu’ils ne grillent,

Leur odeur va déjà t’exciter les papilles !

Dans un plat de service, mets tes oignons en lit

Dispose par dessus tes pieds fort embellis,

Entoure l’appareil avec ta sauce verte.

Au moment de servir, d’un coup de pince experte

Tu places sur les pieds quelques charbons ardents,

Le gras des pieds grésille et fûmèle en fondant.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour les pieds: - 6 pieds de cochons flambés et lavés, - safran, - sel, - poivre, - 2 oignons piqués de 2 clous de girofle, - eau.

Pour la sauce verte: - 1 bouquet de persil plat, - le vert de 6 feuilles de blette (sans les côtes), - 2 cuillerées à soupe de thym, - 6 feuilles d'oseille (ou plus si les feuilles sont petites), - 3 branches de sarriette (supprimer les parties ligneuses), - 1 bouquet de basilic frais, - 1 bouquet d'estragon frais, - 6 gousses d'ail, - 1 cuillerée à soupe de grains de poivre vert, - 1 cuillerée à soupe bombée de gingembre frais râpé, - cannelle, - 1 verre de bon vinaigre, - huile d'olive, - moutarde, - 2 citrons, - sel, - poivre du moulin.

 

Les vins conseillés:

Les pieds de cochon acceptent des vins éclectiques. Essayez donc de les déguster avec des blancs, avec des Viognier par exemple: Condrieu, Saint-Gervais, Uchaux, en vallée du Rhône.

La Clape, Clairette de Ceyras, Adissan, Saint-André-de-San­gonis en Languedoc. Cassis, Palette, Bellet en Provence.

Appréciez-les avec des vins primeurs ou très jeunes, des vins de soif: Tulette, Travaillan, Chusclan, Roquemaure en vallée du Rhône. Saint Guiraud, Arboras, Castelnau-le-Lez en vins du Languedoc. Barjols, Nans-les-Pins, Carcès, Le Castellet, La Croix-Valmer en vins de Provence.

 

 

In : Le bonheur grâce à la cuisine de l'amour  - http://www.ayoli.fr

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Décadi 30 Frimaire 219 de l'ère de la Liberté

19/12/2010

Gastronomie calendale: Les cardons à l'anchois

cardons.jpg

 

On les voit à l'étal des marchands de légumes,

Ils y sont tout l'hiver. On les prend, on les hume,

Puis, généralement, on les remet en place,

Car de les préparer, peu de gens ont l'audace...

Parce qu'on ne sait pas bien comment les apprêter,

Les cardes et cardons sont souvent contestés.

Et pourtant, en Provence, ils sont indispensables

Quand vient le "Gros souper" des tables calendales.

Le cardon à l'anchois est un plat rituel

Du grand repas festif de la nuit de Noël,

Autant que la morue, l'àpi (1), les escargots,

Le muge (2) et les desserts à tire l'arigo.

On appelle cardon la cote de la carde,

Espèce d' artichaut qui, 1'hiver, s'acagnarde

À l'abri des cébisses (3) et des haies de cyprès.

Les meilleures sont celles qui sont serrées très près

Du sol pour qu'elles restent bien tendres et blanches

Et non fibreuses, raides comme de vieilles branches.

Compte deux bons kilos pour quatre ou cinq personnes:

Il y a du déchet plus qu'on ne le soupçonne.

Jette toutes les feuilles et les côtes squameuses,

Ôte soigneusement les parties filandreuses,

Puis coupe tes cardons en tronçons de trois doigts,

Dans de l'eau vinaigrée plonge-les tout de suite,

Par cette précaution le cuisinier évite

Que les cardons brunissent sans qu'on sache pourquoi.

Puis, en eau abondante, salée et citronnée,

Tu les fais cuire une heure. Lorsque c'est terminé,

Tu va les égoutter et réserver au frais

Jusques au lendemain. C'est là l'un des secrets

Pour réussir ce plat, parce que, je le prétend

La carde est un légume qui se cuit en deux temps.

Attaquons maintenant notre phase finale,

Mais sers-moi un canon: il faut mouiller la dalle!

Dans de l'huile d'olive chaude au fond d'un faitout

Tu fais suer tes cardes doucement, à feu doux.

Pendant ce temps tu prends dix beaux anchois salés,

Sous l'eau du robinet, sépare les filets.

Fait une Béchamel avec un quart de lait,

Ajoute les anchois et, en tournant, fond-les

Dans la préparation avec une cuiller.

Dans le premier faitout, tu verses alors ceci,

Tu mélanges aux cardons en ayant le souci

De ne point écraser tes tronçons légumiers.

Un quart de lait de plus, de noix muscade un peu,

Sel, poivre du moulin, puis retire du feu.

Tu incorpores, alors, du râpé de gruyère,

Enfin verse le tout dans un plat à gratin

Saupoudre de fromage de façon régulière,

Puis tu mets à four chaud sans plus de baratin.

Lorsque c'est gratiné, tu sers chaud et fumant.

Ce plat est idéal en accompagnement

D'une côte de bœuf ou d'un poisson au four.

C'est un plat du terroir, simple comme bonjour,

Mais un plat succulent et, de plus, diététique

Que l'on mange en Provence depuis les temps antiques.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Vallée du Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

J.V.J. - Illustration V.Barbantan

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- Trois kilos de cardes, - 1 verre de vinaigre, - 1 jus de citron, - 1 poignée de gros sel, - 3 cuillerées d'huile d'olive de la Vallée des Baux, - 10 anchois salés, - 1 demi-litre de lait, - muscade, - poivre du moulin, - 3 hectos de gruyères râpé.

 

Les vins conseillés:

 

Les cardons étant surtout un plat d'accompagnement, le choix du vin dépend du plat principal. Avec une côte de bœuf, des vins rouges jeunes ou même primeurs. En Côtes-du-Rhône: Sainte-Cécile-Ies-Vignes, Rochegude, Tulette, Saze, Domazan, Gallician. En vins du Languedoc: Aspiran, Berlou, Cournonterral, Poujols. En vins de Provence: Allauch, Châteauneuf-Ie-Rouge, Cuers, Flassans-sur-Issole.

Avec un poisson au four, des blancs capiteux. En Côtes-du-Rhône: Laudun, Uchaux, Châteauneuf-de-Gadagne, Codolet. En Languedoc: Argeliers, Bize-Minervois, Puichéric, Roubia. En Provence: Camps-la-­Soure, Rocbaron, Meyreuil, Le Tholonet.

 

 (1) L'api : le céleri.

(2) Muge: encore appelé mulet - c'est un poisson de mer qui monte frayer dans fleuves et rivières et particulièrement dans le Rhône.

(3) Cébisses : haies coupe-vent faites en cannes de Provence.

 

In : Le bonheur est dans l'assiette et dans les ver(re)s - http://www.ayoli.fr

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Nonidi 29 Frimaire 219 de l'ère de la Liberté

18/12/2010

Qu’est-ce que vous dites ? Il fait froid ? Vous rigolez ou quoi… Alors réchauffons-nous !

on-se-gele-les-couilles-dehors.jpg

Ouais, il manque un S, ou alors il n'en a qu'une!

 

Le FROID, le vrai, je suis de ceux qui l’ont connu en 1956 ! Les petits garnements de la cité papale – dont j’étais ! – traversaient alors le Rhône à pied. Et c’était pareil dans toute l’Europe et même…l’Afrique du nord.

 

Ouais, le Victor, il galèje… C’est encore une de ses exagérations rabelaisiennes.

 

Tè ! Fumes…

 

Appuyez

ICI

et vous verrez !

 

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Alors réchauffons-nous !

femmes au pouvoir.JPG


Reviens sur moi ! Je sens ton amour qui se dresse ;
Viens, j'ouvre mon désir au tien, mon jeune amant.
Là... Tiens... Doucement... Va plus doucement...
Je sens, tout au fond, ta chair qui me presse.

Rythme bien ton ardente caresse 
Au gré de mon balancements, 
Ô mon âme... Lentement, 
Prolongeons l'instant d'ivresse. 

Là... Vite ! Plus longtemps ! 
Je fonds ! Attends, 
Oui, je t'adore... 

Va ! va ! va ! 
Encore. 
Ha !

 

Edmond Haraucourt  Sonnet pointu

 

 

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Octidi 28 Frimaire 219 de l'ère de la Liberté

17/12/2010

FUSILLER LA SECU !

 

sarkozy secu_christion_pigeon-.jpg

Trou de la Sécu : autour de 27 à 30 milliards… A ce niveau, on n’en est plus à quelques milliards près. Alors les têtes d’œuf prolongées d’un bec de vautour du Medef « réfléchissent » au devenir de cette « pauvre » Sécurité Sociale. Et viennent de sortir une « note de réflexion confidentielle » - boite à outil pour les sarko-trafiquants au pouvoir – dont l’objectif à présent clairement revendiqué est le démantèlement final de cette conquête essentielle du Peuple français. Cette Sécu est honnie par le patronat, depuis toujours. Un système avec des logiques solidaires (gros mot !), collectives (gros mot !), trop coûteuses, ne faisant pas la part assez belle à l’assurance privée. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage ! Dans cette logique, tous les gouvernements de droite - inféodés au Medef ou à son prédécesseur le très pétainiste Cnpf – ont fait en sorte que la Sécu soit un gouffre financier, afin de la discréditer auprès du public et de préparer ainsi les esprits à son démantèlement au profit des requins de l’assurance privée.

Inéluctable le déficit de la Sécu ? Allons donc. Orchestré plutôt ! Rappelons-nous : en Juin 1997, après la dissolution de l’Assemblée Nationale par Jacques Chirac, la gauche emporte les élections législatives et Lionel Jospin devient Premier Ministre. Il nomme Martine Aubry Ministre du travail et des affaires sociales, et sur son bureau un lourd dossier : le trou de la Sécu, il est à cette époque abyssal puisqu’il avoisine les 54 milliards de francs (8 millions d’Euros). Dés 1999 soit moins de deux ans après le retour de la gauche aux responsabilités, Martine Aubry présente un budget pour 2000  de la sécurité sociale avec un excédent de 14 milliards de Francs (2 millions d’Euros). En 2000, c’est Elisabeth Guigou qui la remplace et à son tour elle va présenter un budget pour 2001 de la sécurité sociale avec un excédent de 16 milliards de Francs (3,5 millions d’Euros). Depuis 2002, la droite gouverne notre pays, et nous n’entendons plus parler d’excédent au budget de la sécurité sociale. Aujourd’hui, le budget présente un déficit de prés de 30 milliards d’Euros.

tuer la sécu.jpg

Le projet de note du Medef en question s'articule autour d'une seule et unique question : « L'Etat providence tel que nous le connaissons depuis 1945 est-il encore soutenable dans les années à venir ? » Et la réponse du Medef, on la devine : c'est non ! Ben voyons… Le Medef propose d’abandonner à la Sécurité sociale les risques les plus coûteux et non « rentables » et de basculer sur les complémentaires privées tous les autres. Vieux principe libéral: on socialise les pertes et on privatise les profits.

Le Medef s’offusque que « L'AMO (assurance maladie obligatoire) est aujourd'hui financée à 90% par les actifs et 10% par les retraités, alors que les prestations concernent 60% des actifs et 40% des retraités). Alors que... c'est le principe fondateur de la Sécurité sociale, qui repose sur la solidarité intergénérationnelle ! Les actifs financent l'essentiel des cotisations, alors que les plus gros consommateurs de soins sont les plus jeunes et les plus âgés. Normal, non ? N’y-a-t-il inscrit au fronton de nos mairies « Liberté, égalité FRATERNITE » ? La mise à bas de ce système revient donc à plus ou moins abandonner les vieux. Au trou les viocres ! Pas rentables les kroumirs ! Vivement « Soleil vert » ! Eh ! Il faut faire passer cette information capitale aux vieux qui constituent l’ESSENTIEL DE L’ELECTORAT DE SARKO !

C'est donc une santé à deux vitesses que préconise le patronat, avec une assurance maladie qui ne s'occuperait plus que des risques lourds. Et tous les autres risques seraient ouverts aux seuls assurés qui ont les moyens de prendre une couverture privée, ce qui permettrait au passage de faire entrer plus avant le privé, dans une logique de profit, dans le système. 

Ce dont rêve le patronat, c’est d’une implosion de la Sécu qui serait reconstruite ensuite selon ses désidératas : une Sécu à trois niveaux. Le premier niveau comprendrait une « assurance maladie obligatoire a minima » – on appréciera la formule « a minima » qui a au moins le mérite de dire les choses. Un deuxième niveau « comprenant une assurance maladie complémentaire (obligatoire ou facultative selon les versions) ». Enfin « un troisième niveau comprenant une assurance maladie supplémentaire libre ».

En clair, ne disposeront d'une couverture sociale large que ceux qui auront les moyens de se l'offrir, par eux-mêmes ou par le truchement de leur entreprise. Et tous les autres profiteront d'une couverture sociale réduite, notamment pour les risques les moins importants.

Il va de soi que ces « réflexions » du Medef ne peuvent que conforter Sarko-l’Américain dans son entreprise de saccage de tout l’héritage social du Conseil national de la Résistance.

L’ESSENTIEL, au-delà de toutes polémiques, de toutes luttes d’égos, est bien de SE DEBARRASSER en 2012 de la clique nuisible des sarko-trafiquants.

 

Sources : Médiapart

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Septidi 27 Frimaire 219 de l'ère de la Liberté


 

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16/12/2010

Au bistro de la Toile : les patrons du Caca-rente bientôt sur la paille...

chimulus bistro copie.jpg

 

- Putaing ! Quels salauds ces Smicars... Voilà où ils sont les privilégié du régime. Ils vont encore être augmentés de 1,6% qu'il nous a avoué, sous la contrainte, notre bon ministre du travail, ce monsieur célèbre pour les particularités physiques des filles de sa femme...

 

- ????!!!!...ces quoi ces particularités physiques Victor ?

 

- Eh ! Oh ! Loulle, qu'est-ce qu'on t'a appris à l'Université des Mastroquets ? Tu connais pas la chanson : « Bien l'bonjour madam'Bertrand ! Vous avez des filles, vous avez des filles... Bien l'bonjour madam'Bertrand, vous avez des filles qu'ont l'con trop grand. Ell'z'ont l'con comm' des marmites, pour les enfiler faut des grosses bites... Bien l'bonjour madam'Bertrand vous avez des filles qu'ont l'con trop grand ! »

 

- Ollé ! Victor ! ...taing ! Tu es le Pavarotti des soifards du quartier ! Pour en revenir à ton augmentation du Smic de 1,6%, ça couvre pile poil l'inflation officielle, c'est-à-dire loin de l'inflation réelle, et ça l'amène à 1365 euros par mois pour 35 heures... Autrement dit les salariés auront l'an prochain un pouvoir d'achat encore rogné par rapport à cette année... C'est pas bon pour la picole ça... C'est la ruine des mastroquets...

 

- C'est vrai que vous, le « patrons », vous êtes à plaindre... Enfin toi, pas trop, mais les pauvres patrons du Caca-rente, tu sais qu'ils ont dû subir cette année une baisse de leurs salaires ! Et pas de la bricole : 14% ! Tu te rends comptes Loulle : 14% de baisse de leurs salaires... Pendant que ces salauds de salariés se gavent avec des augmentations de 1,6%... Y a de quoi faire la révolution... Je serais Carlos Gohn, Bolloré ou Arnaud, je sortirais la fourche de mon 4x4 Cayenne.

 

- Putaing ! 14%, effectivement Victor, c'est difficile à avaler. On va en voir de plus en plus aux Restos du Cœur...

 

- Et ça fait la troisième année que ces pauvres gens subissent ces amputations terribles de leur pouvoir d'achat. Sans faire grève, eux ! Sans emmerder tout le monde. Ils touchaient 4,7 millions d'euros en moyenne en 2007, ils avaient déjà dû se contenter de 3,6 millions d'euros en 2008 et de 3,1 millions d'euros cette année. Non mais tu te rends compte Loulle, leur salaire annuel, en trois ans, est passé de 250 ans de salaires de smicard à à peine 190 ans de salaire de smicard...

 

- ...taing ! On se rend pas compte des sacrifices de ces pauvres gens. Tè ! Buvons pour oublier...

 

- A la nôtre !

 

 

Merci à Chimulus pour l'illustration

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Sextidi 26 Frimaire 219 de l'ère de la Liberté


 

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Noël ! Le petit Jésus est un usurpateur

 

 

chimulus noël martinets.jpg

 

Noël nous gonfle un peu (beaucoup !) les aliboffis, avec son cortège de contes religieux à prendre avec beaucoup de recul (et pour moi de cynisme) et surtout de pressions  commerciales ahurissantes.

 

Mais ne nous laissons pas abuser par les curés et leur « petit Jésus » ni par les marchands avec leurs gros débile en rouge, symbole de cacacola chez les Zétazuniens.

 

Beaucoup ignorent que le mot "Noël" est un terme païen bien antérieur au christianisme. L'origine la plus vraisemblable du mot Noël ne serait pas le latin natalis dies (jour de naissance) mais le gaulois noio hel signifiant «nouveau soleil».


L'interprétation latine traditionnelle de l'origine du mot Noël viserait à occulter les origines pré chrétiennes de la fête qui trouve sa source dans le culte de Mithra (dieu du «soleil invaincu») chez les Romains et dans les autres fêtes de solstice des pays nordiques.

 

Avant la réforme du calendrier par Jules César, le solstice d'hiver correspondait au 25 décembre du calendrier romain et les festivités ont continué de se tenir à cette date même après que le solstice eut correspondu au 21 décembre du calendrier julien.


Étymologiquement parlant, les laïques, les libres penseurs et les athées auraient donc toutes les raisons du monde de se souhaiter Joyeux Noël, et ce faisant ils n'empruntent rien à la religion chrétienne !

 

 

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Sextidi 26 Frimaire 219 de l'ère de la Liberté


 

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06:30 Publié dans Actualités, Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : noël

15/12/2010

Hédonisme: Ode à Christian, prince de l’Huître

Huîtres 001.jpg

 

Gloire à toi, Ô Christian Bouvier

Maitre incontesté des huitriers

Etals où se prélassent langoureusement les huîtres

Qui te valent Ô frère Marseillais ce titre

De Champion du beau pays de France.

Qu’elles soient de Bouzigues, qu’elles soient de la Rance,

Qu’elles soient de Marennes, qu’elles soient d’Arcachon

Toi, tu les ouvres toutes à l’heure du mâchon.

Aucune ne résiste à la caresse experte

De tes doigts de velours, des doigts de sage-femme

Prolongés par l’éclat priapal de la lame

Qui nous les livrera ouvertes et offertes,

Au soir où elles règneront

Sur tous les réveillons.

Gloire à toi, Ô Christian,

Ton regard étincelle tout comme le diamant

De l’éclat souverain des Maîtres et des Sages

Tu transcendes pour nous l’esprit des Coquillages.

  

 
 

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Quintidi 25 Frimaire 219 de l'ère de la Liberté


 

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14/12/2010

Comment les rats des banques nous piquent notre blé.

 

 banqiers pourris Ylar.jpg

 

Pourquoi Eric « Ché » Cantona les fait trembler.

Un lecteur de Lantifadas, Xray, (que je remercie chaleureusement) m'a fait passé une vidéo lumineuse pour nous, ravageuse pour les banksters. Elle permet de comprendre comment ces banksters (contraction de banquiers et gangsters) nous volent, pillent le système, gangrènent toute la société, dépravent la démocratie et mènent la Terre à sa perte. Elle démonte avec une clarté didactique les rouages de ces pratiques.  On comprend dès lors l'affolement de la mafia bankstérienne, de Lagarde à la presse aux ordres, lorsque Canto a donné son fameux coup de pied dans la fourmilière. Parce qu'il a mis le pied exactement où il fallait le Canto ! Là où ça fait mal ! Cette vidéo montre pourquoi il a raison et comment lutter contre la mafia des banques.

 A voir ABSOLUMENT, à revoir, à faire connaître.

Une information que l'on ne trouve nulle part et JAMAIS.

« La dette des gouvernements, des entreprises et des ménages a atteint des proportions astronomiques et enfle de plus en plus démesurément de jour en jour.

D'ou vient tout cet argent ?

Comment peut-il y avoir TANT d'argent à prêter ?

La réponse est... qu'il n'y en a pas.

De nos jours, L'ARGENT S'EST FAIT DETTE.

S'il n'y avait PAS DE DETTE, il n'y aurait PAS D'ARGENT

Si tout ceci vous laisse perplexe, rassurez-vous, vous n'êtes pas le seul ou la seule. Très peu de gens comprennent ce système, même si nous sommes tous touchés. Et pour cause : il est soigneusement occulté.

Ce long métrage d'animation dynamique et divertissant, de l'artiste et vidéographe Paul Grignon, explique les effets magiques mais pervers du SYSTEME ACTUEL D'ARGENT-DETTE dans des termes compréhensibles pour tous.


Nous vous présentons le chef d'œuvre de Paul Grignon pour la première fois disponible avec une bande son française et textes en français ! »


Distribué en DVD par opening.fr - Jean-Pierre Vasseur : jpv@opening.fr - Aline Helliet : aline@opening.fr - Ou acheter directement le film en ligne sur leur site au prix citoyen de 9,90 euros. Déjà disponible chez Amazon et DVDtoile.com

amazon.fr/​Largent-dette/​dp/​B002IWF1A2

dvdtoile.com/​Film.php?id=56490&page=3

 

Voici cette vidéo :

 

L'argent dette 

http://www.vimeo.com/1711304?pg=embed&sec=1711304

 

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Quartidi 24 Frimaire 219 de l'ère de la Liberté

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13/12/2010

Hold-up sur le pognon des HLM

banquier pourri.jpg

 

Salauds de pauvre, on vous les a tout de même piquée les éconocroques que vous aviez sur votre Livret de Caisse d'épargne !

 

Ça les mettait en rogne, ces crapules de banquiers (pléonasme Victor, pléonasme !), de voir tout le pognon que ces salauds de pauvres arrivaient, en bouffant des patates à l'eau, à mettre sur leur « Livret de caisse d'épargne ».

 

C'est comme ça qu'ils disent ces fumiers de pauvres. Le livret A, c'est 46 millions de détenteurs (pour un total de 143 milliards d'euros), dont 60 % disposent de moins de 200 euros.

 

Mais c'est juteux ça coco ! On va pas le laisser à la caisse d'épargne et à la poste, non ! qu'ils se sont dit les banquiers. Ils ont donc demandé à leurs marionnettes politiques d'ouvrir le Livret A à toutes les banques. 4% qu'ils disaient ! Et les pauvres cons (terminologie brevetée Sarko) ont marché. Et puis... pfffuittt ! 1, 75%...

Cet argent était garanti, jusqu'alors, par l'Etat. Mais avec la mise en cause du monopole de la Poste et de la Caisse d'épargne, ces avantages ont pour une bonne part disparus pour le petit épargnant. La garantie de l'Etat ne porte plus en effet que sur 60 % des sommes déposées, contrairement aux 100 % de jadis. En effet, lorsqu'une banque ouvre un livret A, seulement 60 % de la somme sont centralisés à la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Les 40 % restants sont investis par la banque dans des actions plus juteuses, et plus risquées sur le marché des capitaux.

 

Les banques ont tout promis pour capter les livrets à tout prix, pour inciter ces petits ou grands épargnants - 3 millions de détenteurs de livret A ont plus de 7 000 € dessus - à ouvrir leur livret chez elles. Une fois le livret A rapatrié, le client - déçu par le nouveau taux ridicule -  est invité à vider son livret sur des placements ou des comptes qui rapportent plus. Ce matraquage est violent.  Et la démarche est d'autant plus facile lorsque le livret A et le compte courant sont dans la même banque. Un simple "oui" suffit pour faire passer l'argent d'un compte à l'autre.

 

La Commission européenne s'est prononcée pour l'ouverture à la concurrence après la plainte déposée par quatre banques concernant le monopole du livret A en France. Le gouvernement possédait cependant un moyen de s'opposer à cette libéralisation : ce monopole est justifié par la nécessité de financer le logement social, qui est un Service d'intérêt économique général (Sieg), et de maintenir l'outil de bancarisation des démunis qu'est le livret A. L'Europe n'a été qu'un prétexte pour satisfaire les banques.

 

En bout de course, les banques ramassent le pactole, sans aucune contrepartie, sur le dos des épargnants, des ménages pauvres, des mal-logés, des usagers en zone rurale...

 

C'est ça la Sarkozie triomphante. Mais ce n'est pas fini, ce n'est pas suffisant pour les requins de la finance et leurs larbins sarko-nuisibles. Jusqu'à présent, l'outil Livret A collecté par La Poste et les Caisses d'Epargne, permettait à l'Etat de satisfaire deux missions importantes : la rémunération « protégée » de l'épargne populaire (la « poire pour la soif » de la France d'en bas) et le financement du logement social, c'est-à-dire la construction des HLM. En effet, le produit de la collecte de l'épargne Livret A était entièrement centralisé par la Caisse des dépôts et Consignation (CDC) afin de financer les emprunts des opérateurs du logement social. Sarko , en 2008, a ajouté à ces deux missions le financement de plan Université ainsi que certaines grandes infrastructures (le grand Paris entre autres). Bonne décision en soi mais...

 

Mais les banques privées lorgnaient sur ce gâteau. D'où les pressions intenses organisées par les banques privées, sous la houlette de... François Pérol, à l'époque (2006) chez Rothschild mais aussi aux Banques Populaires avant de devenir « conseiller » du citoyen président Nicolas, Paul, Stéphane Sárközy de Nagy-Bocsa, dit Nicolas Sarkozy. Le Pérol en question a poussé les Caisses d' Epargne à sortir du giron de la CDC pour s'acoquiner avec les Banques populaires pour créer - avec le succès que l'on sait - Natixis, cette « réussite » qui a bouffé sur le marché des subprimes étazuniennes le pognon des Français d'en-bas et coûté plusieurs dizaines de milliards aux contribuables pour la renflouer. Avec à sa tête Pérol, placé par le citoyen président Nicolas, Paul, Stéphane Sárközy de Nagy-Bocsa !

 

La banalisation du Livret A est une grande victoire de la maffia bancaire. Désormais les banques privées peuvent collecter l'épargne des pauvres. Mais 30 à 40% du montant de cette épargne est désormais détournée de sa fonction première : le logement social (d'où la crise du logement) pour partir dans les circuits spéculatifs ! Unr quote-part de 70% de l'ensemble de la collecte devant tout de même revenir à la CDC pour le logement social. Tè ! Fumes...

 

Ce n'est pas suffisant encore. La « loi de modernisation de l'économie » balaie sournoisement cette clause. Plutôt que de s'engager sur ce taux de centralisation de 70%, pourtant promis par le gouvernement, la loi donne seulement un engagement de centralisation en valeur de 160 milliards d'euros. Et il est prévu que si la collecte sur le Livret A augmente, ce seront les banques privées qui en disposeront. Ce que la loi organise, sans vraiment le dire, c'est donc le siphonnage des fonds d'épargne au profit des banques privées et au détriment du logement social. Le taux de centralisation au profit de la CDC commence aussitôt à baisser spectaculairement tout au long des années 2008 et 2009, pour finalement tomber à près de 63% en cette fin d'année 2010. Alors que la citoyenne Lagarde, ci-devant ministre des finances avait juré que cela n'adviendrait jamais...

 

L'Observatoire de l'épargne réglementée note dans son rapport : «D'après les données recensées par l'Observatoire de l'épargne réglementée, les fonds restant au bilan des établissements de crédit ont augmenté de 12,4 milliards d'euros entre fin 2008 et fin 2009. Les encours de prêts aux PME ont, quant à eux, progressé de 6,4 milliards d'euros au cours de la même période.» En résumé, les banques ont gardé pour elles 6 milliards d'euros. Un pactole dont a été privé le logement social et qui pour autant n'est pas venu financer les PME... Allez vous étonner ensuite que les banques affichent des profits mirobolants !

 

C'est donc tout l'avenir du logement social qui est menacé par le décret scélérat que prépare la sinistre Lagarde pour fin 2011, sous l'influence de Pérol, propagandiste virulent du saccage du service public dans toutes les machines à bruits et lucarnes à décerveler.

 

Sources : Médiapart

 

Tridi le 23 Frimaire de l'an 219 de l'ère de la Liberté.

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12/12/2010

Gastronomie dominicale. Vous aimez les enfants ? Resservez-vous…

cannibale goya saturne dévorant ses enfants.jpg

 

 L’écrivain Jonathan Swift, pour protester contre l’effroyable misère qui sévissait alors en Irlande sous domination anglaise, a écrit en 1729 un pamphlet aussi féroce que désespéré. L’Europe et la mondialisation ultra libérale donnent une nouvelle jeunesse à ce texte. A lire et à méditer :

MODESTE PROPOSITION POUR EMPÊCHER LES ENFANTS PAUVRES D’ÊTRE À LA CHARGE DE LEURS PARENTS OU DE LEUR PAYS ET POUR LES RENDRE UTILES AU PUBLIC

C'est un objet de tristesse, pour celui qui traverse cette grande ville ou voyage dans les campagnes, que de voir les rues, les routes et le seuil des masures encombrés de mendiantes, suivies de trois, quatre ou six enfants, tous en guenilles, importunant le passant de leurs mains tendues. Ces mères, plutôt que de travailler pour gagner honnêtement leur vie, sont forcées de passer leur temps à arpenter le pavé, à mendier la pitance de leurs nourrissons sans défense qui, en grandissant, deviendront voleurs faute de trouver du travail, quitteront leur cher pays natal afin d'aller combattre pour le prétendant d'Espagne, ou partiront encore se vendre aux îles Barbades.

Je pense que chacun s'accorde à reconnaître que ce nombre phénoménal d'enfants pendus aux bras, au dos ou aux talons de leur mère, et fréquemment de leur père, constitue dans le déplorable état présent du royaume une très grande charge supplémentaire ; par conséquent, celui qui trouverait un moyen équitable, simple et peu onéreux de faire participer ces enfants à la richesse commune mériterait si bien de l'intérêt public qu'on lui élèverait pour le moins une statue comme bienfaiteur de la nation.

Mais mon intention n'est pas, loin de là, de m'en tenir aux seuls enfants des mendiants avérés ; mon projet se conçoit à une bien plus vaste échelle et se propose d'englober tous les enfants d'un âge donné dont les parents sont en vérité aussi incapables d'assurer la subsistance que ceux qui nous demandent la charité dans les rues.

Pour ma part, j'ai consacré plusieurs années à réfléchir à ce sujet capital, à examiner avec attention les différents projets des autres penseurs, et y ai toujours trouvé de grossières erreurs de calcul. Il est vrai qu'une mère peut sustenter son nouveau-né de son lait durant toute une année solaire sans recours ou presque à une autre nourriture, du moins avec un complément alimentaire dont le coût ne dépasse pas deux shillings, somme qu'elle pourra aisément se procurer, ou l'équivalent en reliefs de table, par la mendicité, et c'est précisément à l'âge d'un an que je me propose de prendre en charge ces enfants, de sorte qu'au lieu d'être un fardeau pour leurs parents ou leur paroisse et de manquer de pain et de vêtements ils puissent contribuer à nourrir et, partiellement, à vêtir des multitudes.

Mon projet comporte encore cet autre avantage de faire cesser les avortements volontaires et cette horrible pratique des femmes, hélas trop fréquente dans notre société, qui assassinent leurs bâtards, sacrifiant, me semble-t-il, ces bébés innocents pour s'éviter les dépenses plus que la honte, pratique qui tirerait des larmes de compassion du coeur le plus sauvage et le plus inhumain.

Etant généralement admis que la population de ce royaume s'élève à un million et demi d'âmes, je déduis qu'il y a environ deux cent mille couples dont la femme est reproductrice, chiffre duquel je retranche environ trente mille couples qui sont capables de subvenir aux besoins de leurs enfants, bien que je craigne qu'il n'y en ait guère autant, compte tenu de la détresse actuelle du royaume, mais, cela posé, il nous reste cent soixante-dix mille reproductrices. J'en retranche encore cinquante mille pour tenir compte des fausses couches ou des enfants qui meurent de maladie ou d'accident au cours de la première année. Il reste donc cent vingt mille enfants nés chaque année de parents pauvres.

Comment élever et assurer l'avenir de ces multitudes, telle est donc la question puisque, ainsi que je l'ai déjà dit, dans l'état actuel des choses, toutes les méthodes proposées à ce jour se sont révélées totalement impossibles à appliquer, du fait qu'on ne peut trouver d'emploi pour ces gens ni dans l'artisanat ni dans l'agriculture ; que nous ne construisons pas de nouveaux bâtiments (du moins dans les campagnes), pas plus que nous ne cultivons la terre ; il est rare que ces enfants puissent vivre de rapines avant l'âge de six ans, à l'exception de sujets particulièrement doués, bien qu'ils apprennent les rudiments du métier, je dois le reconnaître, beaucoup plus tôt ; durant cette période, néanmoins, ils ne peuvent être tenus que pour des apprentis délinquants, ainsi que me l'a rapporté une importante personnalité du comté de Cavan qui m'a assuré ne pas connaître plus d'un ou de deux voleurs qualifiés de moins de six ans, dans une région du royaume pourtant renommée pour la pratique compétente et précoce de cet art.

Nos marchands m'assurent que, en dessous de douze ans, les filles pas plus que les garçons ne font de produits négociables, satisfaisants et que, même à cet âge, on n'en tire pas plus de trois livres, ou au mieux trois livres et demie à la Bourse, ce qui n'est profitable ni aux parents ni au royaume, les frais de nourriture et de haillons s'élevant au moins à quatre fois cette somme.

J'en viens donc à exposer humblement mes propres idées qui, je l'espère, ne soulèveront pas la moindre objection. Un Américain très avisé que j'ai connu à Londres m'a assuré qu'un jeune enfant en bonne santé et bien nourri constitue à l'âge d'un an un mets délicieux, nutritif et sain, qu'il soit cuit en daube, au pot, rôti à la broche ou au four, et j'ai tout lieu de croire qu'il s'accommode aussi bien en fricassée ou en ragoût.

je porte donc humblement à l'attention du public cette proposition : sur ce chiffre estimé de cent vingt mille enfants, on en garderait vingt mille pour la reproduction, dont un quart seulement de mâles - ce qui est plus que nous n'en accordons aux moutons, aux bovins et aux porcs -, la raison en étant que ces enfants sont rarement les fruits du mariage, formalité peu prisée de nos sauvages, et qu'en conséquence un seul mâle suffira à servir quatre femelles. On mettrait en vente les cent mille autres à l'âge d'un an, pour les proposer aux personnes de bien et de qualité à travers le royaume, non sans recommander à la mère de les laisser téter à satiété pendant le dernier mois, de manière à les rendre dodus et gras à souhait pour une bonne table. Si l'on reçoit, on pourra faire deux plats d'un enfant, et si l'on dîne en famille, on pourra se contenter d'un quartier, épaule ou gigot, qui, assaisonné d'un peu de sel et de poivre, sera excellent cuit au pot le quatrième jour, particulièrement en hiver.

J'ai calculé qu'un nouveau-né pèse en moyenne douze livres et qu'il peut, en une année solaire, s'il est convenablement nourri, atteindre vingt-huit livres.

Je reconnais que ce comestible se révélera quelque peu onéreux, en quoi il conviendra parfaitement aux propriétaires terriens qui, ayant déjà sucé la moelle des pères, semblent les mieux qualifiés pour manger la chair des enfants. (...)

Ainsi que je l'ai précisé plus haut, subvenir aux besoins d'un enfant de mendiant (catégorie dans laquelle j'inclus les métayers, les journaliers et les quatre cinquièmes des fermiers) revient à deux shillings par an, haillons inclus, et je crois que pas un gentleman ne rechignera à débourser dix shillings pour un nourrisson de boucherie engraissé à point, qui, je le répète, fournira quatre plats d'une viande excellente et nourrissante, que l'on traite un ami ou que l'on dîne en famille. Ainsi, les hobereaux apprendront à être de bons propriétaires et verront leur popularité croître parmi leurs métayers, les mères feront un bénéfice net de huit shillings et seront aptes au travail jusqu'à ce qu'elles produisent un autre enfant.

Ceux qui sont économes (ce que réclame, je dois bien l'avouer, notre époque) pourront écorcher la pièce avant de la dépecer ; la peau, traitée comme il convient, fera d'admirables gants pour dames et des bottes d'été pour messieurs raffinés.

Quant à notre ville de Dublin, on pourrait y aménager des abattoirs, dans les quartiers les plus appropriés, et qu'on en soit assuré, les bouchers ne manqueront pas, bien que je recommande d'acheter plutôt les nourrissons vivants et de les préparer « au sang » comme les cochons à rôtir. (...)

Je pense que les avantages de ma proposition sont nombreux et évidents, tout autant que de la plus haute importance.

D'abord, comme je l'ai déjà fait remarquer, elle réduirait considérablement le nombre des papistes qui se font chaque jour plus envahissants, puisqu'ils sont les principaux reproducteurs de ce pays ainsi que nos plus dangereux ennemis, et restent dans le royaume avec l'intention bien arrêtée de le livrer au Prétendant, dans l'espoir de tirer avantage de l'absence de tant de bons protestants qui ont choisi de s'exiler plutôt que de demeurer sur le sol natal et de payer, contre leur conscience, la dîme au desservant épiscopal.

Deuxièmement. Les fermiers les plus pauvres posséderont enfin quelque chose de valeur, un bien saisissable qui les aidera à payer leur loyer au propriétaire, puisque leurs bêtes et leur grain sont déjà saisis et que l'argent est inconnu chez eux.

Troisièmement. Attendu que le coût de l'entretien de cent mille enfants de deux ans et plus ne peut être abaissé en dessous du seuil de dix shillings par tête et per annum, la richesse publique se trouvera grossie de cinquante mille livres par année, sans compter les bénéfices d'un nouvel aliment introduit à la table de tous les riches gentilshommes du royaume qui jouissent d'un goût un tant soit peu raffiné, et l'argent circulera dans notre pays, les biens consommés étant entièrement d'origine et de manufacture locale.

Quatrièmement. En vendant leurs enfants, les reproducteurs permanents, en plus du gain de huit shillings per annum, seront débarrassés des frais d'entretien après la première année.

Cinquièmement. Nul doute que cet aliment attirerait de nombreux clients dans les auberges dont les patrons ne manqueraient pas de mettre au point les meilleures recettes pour le préparer à la perfection, et leurs établissements seraient ainsi fréquentés par les gentilshommes les plus distingués qui s'enorgueillissent à juste titre de leur science gastronomique ; un cuisinier habile, sachant obliger ses hôtes, trouvera la façon de l'accommoder en plats aussi fastueux qu'ils les affectionnent.

Sixièmement. Ce projet constituerait une forte incitation au mariage, que toutes les nations sages ont soit encouragé par des récompenses, soit imposé par des lois et des sanctions. Il accentuerait le dévouement et la tendresse des mères envers leurs enfants, sachant qu'ils ne sont plus là pour toute la vie, ces pauvres bébés dont l'intervention de la société ferait pour elles, d'une certaine façon, une source de profit et non plus de dépenses. Nous devrions voir naître une saine émulation chez les femmes mariées - à celle qui apportera au marché le bébé le plus gras -, les hommes deviendraient aussi attentionnés envers leurs épouses, durant le temps de leur grossesse, qu'ils le sont aujourd'hui envers leurs juments ou leurs vaches pleines, envers leur truie prête à mettre bas, et la crainte d'une fausse couche les empêcherait de distribuer (ainsi qu'ils le font trop fréquemment) coups de poing ou de pied.

on pourrait énumérer beaucoup d'autres avantages : par exemple, la réintégration de quelque mille pièces de bœuf qui viendraient grossir nos exportations de viande salée ; la réintroduction sur le marché de la viande de porc et le perfectionnement de l'art de faire du bon bacon, denrée rendue précieuse à nos palais par la grande destruction du cochon, trop souvent servi frais à nos tables, alors que sa chair ne peut rivaliser, tant en saveur qu'en magnificence, avec celle d'un bébé d'un an, gras à souhait, qui, rôti d'une pièce, fera grande impression au banquet du lord maire ou à toute autre réjouissance publique. Mais, dans un souci de concision, je ne m'attarderai ni sur ce point ni sur beaucoup d'autres. (...)

Je ne vois aucune objection possible à cette proposition, si ce n'est qu'on pourra faire valoir qu'elle réduira considérablement le nombre d'habitants du royaume. Je revendique ouvertement ce point, qui était en fait mon intention déclarée en offrant ce projet au public. Je désire faire remarquer au lecteur que j'ai conçu ce remède pour le seul royaume d'Irlande et pour nul autre Etat au monde, passé, présent, et sans doute à venir.

Qu'on ne vienne donc pas me parler d'autres expédients : d'imposer une taxe de cinq shillings par livre de revenus aux non-résidents, de refuser l'usage des vêtements et des meubles qui ne sont pas d'origine et de fabrication irlandaise ; de rejeter rigoureusement les articles et ustensiles encourageant au luxe venu de l'étranger ; de remédier à l'expansion de l'orgueil, de la vanité, de la paresse et de la futilité chez nos femmes ; d'implanter un esprit d'économie, de prudence et de tempérance ; d'apprendre à aimer notre pays, matière en laquelle nous surpassent même les Lapons et les habitants de Topinambou ; d'abandonner nos querelles et nos divisions, de cesser de nous comporter comme les juifs qui s'égorgeaient entre eux pendant qu'on prenait leur ville, de faire preuve d'un minimum de scrupules avant de brader notre pays et nos consciences ; d'apprendre à nos propriétaires terriens à montrer un peu de pitié envers leurs métayers. Enfin, d'insuffler l'esprit d'honnêteté, de zèle et de compétence à nos commerçants qui, si l'on parvenait aujourd'hui à imposer la décision de n'acheter que les produits irlandais, s'uniraient immédiatement pour tricher et nous escroquer sur la valeur, la mesure et la qualité, et ne pourraient être convaincus de faire ne serait-ce qu'une proposition équitable de juste prix, en dépit d'exhortations ferventes et répétées.

Par conséquent, je le redis, qu'on ne vienne pas me parler de ces expédients ni d'autres mesures du même ordre, tant qu'il n'existe pas le moindre espoir qu'on puisse tenter un jour, avec vaillance et sincérité, de les mettre en pratique.

En ce qui me concerne, je me suis épuisé des années durant à proposer des théories vaines, futiles et utopiques, et j'avais perdu tout espoir de succès quand, par bonheur, je suis tombé sur ce plan qui, bien qu'étant complètement nouveau, possède quelque chose de solide et de réel, n'exige que peu d'efforts et aucune dépense, peut être entièrement exécuté par nous-mêmes et grâce auquel nous ne courrons pas le moindre risque de mécontenter l'Angleterre. Car ce type de produit ne peut être exporté, la viande d'enfant étant trop tendre pour supporter un long séjour dans le sel, encore que je pourrais nommer un pays qui se ferait un plaisir de dévorer notre nation, même sans sel.

Après tout, je ne suis pas si farouchement accroché à mon opinion que j'en réfuterais toute autre proposition, émise par des hommes sages, qui se révélerait aussi innocente, bon marché, facile et efficace. Mais avant qu'un projet de cette sorte soit avancé pour contredire le mien et offrir une meilleure solution, je conjure l'auteur, ou les auteurs, de bien vouloir considérer avec mûre attention ces deux points. Premièrement, en l'état actuel des choses, comment ils espèrent parvenir à nourrir cent mille bouches inutiles et à vêtir cent mille dos. Deuxièmement, tenir compte de l'existence à travers ce royaume d'un bon million de créatures apparemment humaines dont tous les moyens de subsistance mis en commun laisseraient un déficit de deux millions de livres sterling ; adjoindre les mendiants par profession à la masse des fermiers, métayers et ouvriers agricoles, avec femmes et enfants, qui sont mendiants de fait.

Je conjure les hommes d'Etat qui sont opposés à ma proposition, et assez hardis peut-être pour tenter d'apporter une autre réponse, d'aller auparavant demander aux parents de ces mortels s'ils ne regarderaient pas aujourd'hui comme un grand bonheur d'avoir été vendus comme viande de boucherie à l'âge d'un an, de la manière que je prescris, et d'avoir évité ainsi toute la série d'infortunes par lesquelles ils ont passé jusqu'ici, l'oppression des propriétaires, l'impossibilité de régler leurs termes sans argent ni travail, les privations de toutes sortes, sans toit ni vêtement pour les protéger des rigueurs de l'hiver, et la perspective inévitable de léguer pareille misère, ou pis encore, à leur progéniture, génération après génération.

D'un cœur sincère, j'affirme n'avoir pas le moindre intérêt personnel à tenter de promouvoir cette œuvre nécessaire, je n'ai pour seule motivation que le bien de mon pays, je ne cherche qu'à développer notre commerce, à assurer le bien-être de nos enfants, à soulager les pauvres et à procurer un peu d'agrément aux riches. Je n'ai pas d'enfants dont la vente puisse me rapporter le moindre penny ; le plus jeune a neuf ans et ma femme a passé l'âge d'être mère.

Jonathan SWIFT - 1729

 

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