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15/07/2011

Eh Sarko! Tu sais ce que c'est la guerre de près ?

enterrement soldat.jpg
 
 

 

 

 Bien sûr que c'est dramatique ces jeunes hommes qui se font trouer la paillasse loin, très loin, pour RIEN. Pour rien, n'en déplaise à Sarko et à ses sbires. L'Afghanistan – que j'ai connu en paix et presque uni du temps du grand roi Zaher Khan – a toujours été un piège terrible pour tous ceux qui ont prétendu le conquérir, le régir contre ses populations.

 

Demandez donc aux Anglais de leur grande époque impériale. Leur administration coloniale ainsi que leur puissante et nombreuse armée ont dû se replier vers les Indes à travers le passage obligé des gorges de la Kaboul. Imaginez des gorges du Tarn ou du Verdon puissance deux. Les tribus afghanes les ont massacrées du haut des falaises. Les eaux de la Kaboul coulaient des flots de sang. Les Patans n'ont laissés que quelques survivants afin qu'ils puissent témoigner. Les Britanniques n'ont plus mis les pieds en Afghanistan...

 

Demandez donc aux « Chouravis » (c'est ainsi que les Afghan appelaient les Russes) qui ont dû, eux aussi, malgré une armée surpuissante, dégager la paille au cul, laissant une génération de jeunesse russe ratatinée, délabrée, mentalement en ruine...

 

Les « Otaniens » prennent le même chemin. Le « changement de stratégie » veut dire la bunkérisation des forces. Autrement dit des places fortes assiégées et le pays laissé aux ennemis...

 

On n'a rien à foutre la-bas sinon servir de suppléants aux Zétazuniens dans une lutte qui n'a plus de raison d'être.

 

Il faut dégager de la-bas!

 

La guerre, ce n'est pas une mission humanitaire. Ce n'est pas le défilé pimpant, presque gai derrière les musiques martiales de ces beaux jeunes gens solides, virils et disciplinés.

 

La guerre, c'est l'ombre omniprésente de la mort. De celle qu'on donne comme de celle qu'on redoute.

 

La guerre, ça sent la poudre qui excite, mais ça sent surtout la sueur aigre de la trouille, la merde du camarade qui se chie dessus, l'odeur doucereuse et écœurante du cadavre qui gonfle au soleil puis dont le ventre éclate, libérant la tripaille putride où grouillent les vers.

 

La guerre, c'est le bruit des explosions, le cliquetis rageur des tirs, le sifflement menaçant des balles qui ricochent autour de vous.

 

La guerre, l'embuscade, c'est le corps qui s'efforce de se rétrécir au delà du possible, qui voudrait s'infiltrer dans le plus petit interstice, qui voudrait se fondre dans la boue de la tranchée, la caillasse du djebel ou la vase de la rizière.

 

La guerre, ce sont les ongles qui se crispent sur la terre à chaque rafale qui vous cherche, qui va vous trouver. C'est la haine de l'autre, de celui qui veut votre peau. C'est le doigt qui ne relâche plus la détente de votre fusil dérisoire.

 

La guerre, ce sont les cris de douleur du camarade touché, les hurlements et les sanglots, les aboiements somme toute rassurants de la vieille bête d'adjudant qui hurle ses ordres.

 

La guerre, c'est le désespoir du camarade touché et qui attend des secours qui ne peuvent venir.

 

La guerre, c'est l'égoïsme salvateur, primordial qui vous fait penser - lorsque votre voisin d'attaque tombe à côté de vous, haché par une rafale ou la tête explosée par une rockette – qui vous fait crier dans votre pauvre tronche: « ouf, c'est lui, c'est pas moi! »

 

La guerre, c'est de la merde.

 

La France pleure sur ses six morts. Soixante et dix depuis une dizaine d'année. Eh! Oh! On ne fait pas la guerre si on n'accepte pas la mort de ses soldats. Compris Sarko? En Algérie, en 8 ans, 30.000 jeunes gens du contingent essentiellement, pas des professionnels, ont laissé leur peau dans le djebel. Ce qui fait une moyenne de dix morts par jour. Alors donnons aux choses l'importance qu'elles ont.

 

Et n'oublions jamais: la guerre, ça pue le sang, la merde, la peur, la mort...

 

 mort porté par ses camarades.jpg

 

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Septidi 27 messidor 219

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