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19/07/2011

Vive le Peuple en armes plutôt que l'armée de métier.

 
 
 
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Rien à braire des simagrées de Sarko devant les dépouilles des soldats tombés pour rien. Rien à braire des bisbilles entre Joly, Fillon et consort. Rien à braire du défilé : comme tonton Georges, je ne le regarde pas. Mais je comprends qu’une fois l’an beaucoup de Français se régalent de voir défiler en musique le peuple en armes. Sauf que c’est plus ni le peuple en armes, ni l’armée du peuple mais une armée de mercenaires.

 

L’hymne national, décrié maladroitement lui aussi, dit bien « aux armes citoyens, formez vos bataillons ». Ce qui implique évidemment le peuple qui prend les armes et s’organise pour la défense de la patrie. On est loin d’une armée de professionnels au service des intérêts des dominants, que l’on peut envoyer sans même demander le consentement des représentants du peuple dans des aventures (Afghanistan, Libye, Côte-d’Ivoire, Tchad) bien loin de la défense de la nation. Cette armée-là défend les intérêts de Dassault, de Bolloré, de Bouygues, de Lagardère et autres canailles du Fouquet's, mais certainement pas les miens et les vôtres enfin, les vôtres, je ne sais pas...).

 

C’est Chirac qui a fait l’énorme connerie de remplacer l’armée du peuple par une armée de mercenaires. Malgré les stupidités des abus de ses petits chefs, l’armée de conscription permettait de faire se rencontrer, de partager les mêmes actions, les mêmes conneries aussi des jeunes gens venus d’horizons différents, de conditions différentes, de milieux différents. Ne serait-ce qu’en réaction aux imbécilités des chiens de quartiers, il se créait entre eux un esprit de solidarité, de respect mutuel, de connaissance et de reconnaissance de l’autre. De plus, les jeunes acquéraient une certaine formation, passaient gratuitement leur permis de conduire, acquéraient et acceptaient des valeurs d’entraide, de discipline consentie, découvraient tout ce qu’ils avaient en commun et tout ce qu'ils pouvaient faire ensemble. L’armée populaire était l’un des trois piliers de l’intégration au sein de la nation, à côté de l’école et des syndicats. Modernisé, ouvert aux femmes, mâtiné de service civil, le service militaire aurait pu être un formidable ciment de la nation…

 

Terminé tout cela. Finie l’armée du peuple, place aux prétoriens. Résultat : un soldat qui se fait tuer en Afghanistan, c’est un professionnel victime d’un accident du travail dans l’exercice d’une profession à risques. Ni plus ni moins qu’un couvreur qui tombe d’un toit, qu’un bûcheron écrasé par un arbre, qu’un marin-pêcheur qui tombe de son chalutier.

 

En 1962, j’étais appelé, parachutiste à Pau, lorsqu’un « quarteron de généraux rebelles » a tenté de foutre la merde. Grand branle-bas parmi les officiers professionnels. Nous étions en armes et prêts à sauter…sur Paris parait-il ! Nous, bidasses, nous sommes concertés et avons décidé, si on nous donnait des ordres anti-républicains, de désobéir ! Ça n’a pas été nécessaire. Mais une armée « de métier » n’aurait pas eu ces scrupules ni ce sursaut de bon sens…

 

 

 

Photo X - Droits réservés

 

 

Primidi 1er thermidor 219

Commentaires

j'y étais aussi victor,à la BETAP mais c'était en 1961.En 1962 j'étais en Algérie.
Amitiés même si nous divergeons sur quelques sujets
Marc

Écrit par : marc baldy | 19/07/2011

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