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28/07/2011

Ethiopie, Somalie, Kénia : les crève-la-faim et les voleurs de terre.

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Elles vous filent la mauvaise conscience, ces colonnes de crève-la-faim déambulant sous un soleil tueur dans des paysages désolés, au milieu de carcasses de bestiaux, avec pour but quelque camp de réfugiés où des ONG tenteront de sauver quelques gosses…

Douze millions de personnes sont concernées par cette crise alimentaire qui sévit principalement dans cinq pays: la Somalie, le Kenya, l'Ethiopie, l'Ouganda et Djibouti.

Ce sont des facteurs climatiques qui ont déclenché la situation, "sur un terreau de sous-développement économique et de crise politique", précise Jean-Cyril Dagorn d’Oxfam France. Les deux dernières saisons des pluies ont été très en deçà de la pluviométrie habituelle dans la Corne de l’Afrique.

Dans cette région, les populations ont pour habitude de creuser des points d’eau pour recueillir l’eau de pluie. En raison de la sécheresse, ces points d’eau sont asséchés et le niveau des nappes phréatiques a baissé.

Les habitants sont pour la plupart des éleveurs et dans une moindre mesure des cultivateurs. Or, l’absence d’eau a entrainé comme double conséquence le manque de fourrage pour le bétail et un déficit céréalier.

Enfin, autre circonstance aggravante: la hausse des cours du prix du pétrole, qui a une incidence sur les prix alimentaires mondiaux, fragilise les populations urbaines qui importent les produits.

Dans certaines zones, la sécheresse est venue s’ajouter à un contexte de crise déjà sévère. C’est le cas en Somalie, en proie à des combats depuis le début des années 1990. Dans ce pays, contrôlé en grande partie par les « shebab », des milices proches d’Al-Qaïda, les combats créent un climat d’insécurité depuis vingt ans, ce qui a un impact sur la circulation des marchandises et provoque des déplacements de population.

Par exemple, le camp de réfugiés de Dadaab situé au Kenya voit arriver massivement des réfugiés somaliens. Prévu pour accueillir 90.000 personnes, il en compte actuellement presque 400.000.

Mais il y a autre chose : la véritable razzia sur les terres les plus riches perpétrée par des prédateurs qui achètent des millions d’hectares de terres arables dans les pays pauvres du sud (http://www.grain.org/m/?id=213), avec la complicité de la Banque mondiale et même d’agences spécialisées de l’ONU, mais aussi des gouvernements locaux dont les responsables corrompus par des flots de pognon bradent souvent pour l’euro symbolique (mais de grasses « commissions » pour eux !) des pans entiers de leurs pays. L’accaparement des terres agricoles des pays du sud est la dernière saloperie de la spéculation mondiale. Celle-ci est le fait à la fois de pays (Chine, Corée du Sud, Arabie saoudite, Libye, Qatar, etc.) et d’investisseurs privés (fonds de pensions, banques, etc.). L’Ethiopie, la Somalie, le Kénia sont mis en coupe réglée par ces voleurs de terres.

Certains de ces accords sont présentés comme une nouvelle manière de satisfaire les besoins de la sécurité alimentaire de pays qui dépendent des marchés extérieurs pour se nourrir eux-mêmes, comme le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Corée du Sud ou la Chine. D’autres sont exposés sans détour pour ce qu’ils sont en réalité : des contrats d’affaires et de nouvelles opportunités de bénéfices très intéressantes. L’accaparement des terres, qui vise des taux de bénéfices de 20 % pour les investisseurs, est tout bonnement une question de spéculation financière.

Il s’agit ni plus ni moins de banditisme d’état, de colonialisme même pas déguisé derrière un apport de « civilisation ». Les acquisitions de terre à grande échelle sont conçues pour ouvrir de nouveaux espaces à une agriculture de plantation, une agriculture industrielle, destinée à l’exportation. Les bulldozers arrivent, dégagent tout, détruisent les villages et chassent les paysans locaux avec l’aide des flics, accaparent la terre mais aussi l’eau et plantent, qui du faux riz Basmati, qui des palmiers à huile, qui du soja OGM, qui des millions de roses et d’orchidées sous serre Kénia)… Ceci avec force pesticides, engrais chimiques et autres poisons qui salopent la terre et les cours d’eau.

L’accaparement des terres prive les paysans, les populations autochtones, les pêcheurs et les nomades de vastes étendues de terres, et leur en interdit l’usage, aujourd’hui et demain, mettant sérieusement en péril leurs droits à l’alimentation et la sécurité de leurs moyens de subsistance. L’accaparement des terres capte aussi toutes les ressources en eau existant sur les terres, en amont et aux alentours, résultant de fait en une forme de privatisation de l’eau. L’accaparement des terres est intrinsèquement lié à la violation de la législation internationale sur les droits humains : évictions forcées, réduction des critiques au silence (ou pire), introduction de modèles fonciers et agricoles non durables qui détruisent les environnements naturels et épuisent les ressources naturelles, flagrant déni d’information, et empêchement des personnes de participer aux décisions politiques qui affectent leur vie. (Cliquez ici pour voir plus d'informations / le rapport )

L’Unicef, avec sa campagne d’urgence pour aider ces victimes de l’avidité et de la cupidité, fait ce qu’elle peut en en appelant à la charité. Mais ce n’est pas de charité qu’ont besoin ces pauvres gens, mais de justice.

 Sources

http://www.youphil.com/fr/article/04160-l-somalie-famine-humanitaires?ypcli=anohttp://www.oxfamfrance.org/Conference-des-donateurs-a-Nai...

Photo X - Droits réservés.

Décadi 10 thermidor 219

 

 

 

Commentaires

Oui j'ai mauvais conscience
oui je préfère des droits à de la charité
mais
que faire ????

Écrit par : Colapat | 28/07/2011

D'accord avec toi. Mon analyse est que cette civilisation est au bout du rouleau.
Elle fonctionne comme un moteur à trois temps.
1 - C'est le chacun pour soi (tant au niveau des individus qu'au niveau des nations).
2 - C'est la loi du plus fort.
3 - C'est malheur au vaincu.
Il n'y a pas dans cette civilisation, de solution aux problèmes qui se posent à l'Humanité.
De quelque côté que l'on se tourne tous les voyants sont au rouge.
Il faut donc changer de civilisation et opter résolument pour la civilisation de l'avenir, qui ne pourra être qu'une civilisation solidaire sans races, sans religions et sans classes sociales fondées sur la force ou la fortune.
JOINVILLE
delavant@sfr.fr
http://associations.midiblogs.com

Écrit par : JOINVILLE | 29/07/2011

Je suis toujours aussi naïve, et croit que chaque individu a une part de sagesse.
Comment ce fait-il que la plupart des dirigeants actuels amassent des sommes d'argent considérable pour eux
et
soient en déficit pour ce qu'ils gèrent dans leurs attributions.

Je ne regrette pas d'avoir mis l'antifadas dans mes favoris, même si quelquefois l'instruction toujours à charge me déprime, comme dans médiapart où je suis abonnée.
PS : je change de "nom"

Écrit par : Gélinotte | 29/07/2011

Pas toujours à charge! le ouiquinde, c'est la récré!

Écrit par : victor | 29/07/2011

Les commentaires sont fermés.