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31/12/2011

Vœux à Sarko and C°

 

sarko sortie tropicalboy.jpg

 

 

Tous nos vœux de bonheur Monsieur le Président,

De douceur domestique et de désir ardent

Traitez donc en princesse votre Charlotte Brun,

Elle, belle Toscane et vous, sinistre Hun.

 

Elle vous susurrera de tendres sérénades,

Vous fera oublier la France dans la panade

Vous voguerez, heureux, dans la félicité

Bien loin du triple A, des grèves et des cités

 

Loin des mauvais sondages et des contestations,

Roulez-vous dans le stupre et la fornication,

Aimez à en mourir votre belle Italienne,

 

Partez donc en voyage dans quelqu’île lointaine

Avec la toute fraîche Giulia Sarkozy,

Et surtout RESTEZ-Y !

 

 

Primidi 11 Nivose 220

 

Merci à Tropicalboy

30/12/2011

Les Indignés deviendront-il les Révoltés en 2012 ?

 

jiho-kakarent bateau.jpg

 

Lorsque Stéphane Hessel écrît son petit opuscule « Indignez-vous ! » il eût été étonnant qu’il pressentît, et son succès phénoménal, et les mouvements qui en découlèrent ! Et pourtant…

 

Ces mouvements, fortement aidés par les nouvelles technologies, les réseaux sociaux et internet, sont fortement inspirés des révolutions arabes du printemps dernier, mais aussi des révoltes grecques, des mouvements portugais et islandais. Le positif, c’est qu’ils ont essaimés aux Etats-Unis et…en Russie. L’étonnant pour ne pas dire le déprimant c’est qu’ils restent inexistants en France, pays de toutes les révolutions… Peut-on penser que les Français se retiennent, qu’ils freinent leurs ardeurs parce qu’ils ont, très proche, la perspective d’exprimer leur indignation directement dans les urnes, en renvoyant à sa poubelle l’usurpateur ? Espérons-le.

 

Ces mouvements, pacifistes, sont le fait de gens éduqués et, malgré cela, rejetés par le système ultralibéral. Ce pacifisme ne pèse pas lourd devant les spadassins armés et casqués des gouvernements marionnettes des mafias financières. Resteront-ils pacifiques en 2012 ? Disparaitront-ils ? Ou se transformeront-ils en mouvements beaucoup plus radicaux ?

 

Le monde tel qu’il est n’est plus viable. La terre crève de son obésité démographique. Il va se passer quelque chose. Forcément. Pour le meilleur ? Ou pour le pire ? Qui lo sa…

 

A l’an qué vèn…

 

Décadi 10 Nivose 220

 

Merci à Jiho

 

29/12/2011

Le corbeau et le lapin

 

lapin corbeau.jpg 

 

Un corbeau sur un arbre perché

Ne foutait rien de la journée.

Un lapin voyant le corbeau

L'interpella aussitôt :

« Moi aussi, comme toi, puis-je m'asseoir

Et ne rien foutre du matin jusqu'au soir ? »

Le corbeau lui répondit de sa branche :

« Bien sur, ami à la queue blanche,

Dans l'herbe tu peux te coucher

Et ainsi de la vie profiter ! »

Blanc lapin s'assit alors par terre

Et sous l'arbre resta à ne rien faire…

Tant et si bien qu'un renard affamé,

Voyant ainsi le lapin somnoler,

S'approcha du rongeur en silence…

Et d'une bouchée en fit sa pitance.

 

Moralité :

Pour rester assis à ne rien branler…

Il vaut mieux être très haut placé... !

 

Nonidi 9 Nivose 220

 

Illustration X - Droits réservés

28/12/2011

Au bistro de la toile : Fainéants de tous les pays, unissez-vous !

 

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- « Françaises, Français, je vous propose de rejoindre dès mon élection cette élite triomphante que sont les Fainéantes et les Fainéants. Pour vous permettre d’intégrer enfin cette cohorte du savoir-bien-vivre - un fainéant est plus efficace que tout autre car il travaille vite pour avoir plus vite fini, et bien pour ne pas avoir à y revenir -  je m’engage à ce que mon gouvernement verse à chaque Française, à chaque Français, de sa naissance à sa mort, une allocation de 1000 euros chaque mois ! »

 

 

- Oh ! Victor, si tu proposes ça, t’es sûr d’être élu ! Et haut-la-main ! Mais tu crois pas que t’envoie le bouchon un peu loin ?

 

- Pas du tout. Il est temps de se débarrasser de cette culture influencée par le religieux et le politique, cette horreur imposé par les parasites des clergés et des puissants : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » et « travailler plus pour gagner plus ». Une telle allocation, permettait à chacun de vivre sans la contrainte du travail forcé, exploité mais avec la perspective du travail choisi, rémunérateur, épanouissant. Le prix total de cette mesure : 1000 euros par personne et par mois, soit 12 fois 1000 multiplié par 65 millions égale 780 milliards d’euros ! Soit grosso-modo l’équivalent de toutes les allocations chômage, familiales, logements, bourse, retraite, etc. sans oublier toutes les subventions, exemptions de charges et autres fatras de niches fiscales, sans oublier non plus les économies en matière de gestion fiscale ou de sécurité. En somme, distribuer à chaque Français un revenu garanti pendant toute la vie ne coûterait pas beaucoup plus au budget de l’État-providence que le système actuel qui a réussi l’exploit de dépenser autant pour faire de la France le pays où le sentiment d’insécurité est le plus élevé. Bien loin d’être une méthode grossière et utopique de lutte contre la pauvreté, l’allocation universelle, dont le coût de distribution est négligeable au regard des dispositifs actuels, apparaît donc comme un moyen d’atteindre toutes les personnes pauvres à moindre coût. Ne serait-ce pas un énorme progrès qu’une société dont l’activité serait basée sur la passion et le volontariat plutôt que sur la contrainte ?

 

- …taing ! Victor, ça fait rêver ton système. Mais enfin, il y a des activités qui ne sont pas très bandante et qu’il faut pourtant faire : ramasser les poubelles, laver le cul des vieux, etc. Qui les fera ?

 

- N’oublie pas que ce système va complètement changer les rapports de force entre patronat et salariat. Actuellement, ces boulots peu valorisant sont, en plus, mal payés, mais les volontaires, dans mon système, serait rares, donc recherchés, donc bien payés ! Ce système n’est pas neuf : il traine dans les cartons des « zéconomistes » depuis une vingtaine d’années. Il a même été proposé – sous une forme édulcoré - par…des candidats de droite : Villepin et Boutin ! Moi, j’attends que Hollande s’en saisisse. Il a dit qu’il voulait apporter du rêve aux français : il est là son levier pour nous faire enfin rêver et croire en l’avenir. Tiens, je vais te faire lire le travail sur la question d’un « néconomiste » distingué, Jacques Marseille, récemment décédé, qui n’était pas toujours ma tasse de thé ni mon ballon de rouge, mais qui a sérieusement creusé la question :

 

  Octidi 8 Nivose 220

 

Merci à Chimulus

 

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27/12/2011

Microlax 1er ENFOIRÉ d’honneur !

 

coluche votez pas pour bouffons.jpg

 

 

« Eh ! T’as bien dit que t’allais réduire la pauvreté d’un tiers en trois ans ? T’as bien dit que pas un mec ne coucherait plus dehors ? T’as bien dit que tu voulais aider ceux qui se lèvent tôt ? Et qu’est-ce t’as fait en cinq ans ENFOIRÉ ? T’as engraissé tes potes du Fouquet’s. Quand aux crève-la-faim, tiens ! Regarde-les ! Ils sont là. Ah ! Ils puent un peu de la gueule et des ripatons, mais si tu pieutais dehors comme eux, tu crois que tu sentirais Guerlain ? Vingt ans que les restos du cœur existent. Si toi et tes congénères n’étaient pas de sales ENFOIRÉS, les Restos n’auraient plus de raison d’être. Et en plus, tu viens nous narguer ici, dans un de nos centres ! Pour te redonner un vernis « humanitaire » ! ENFOIRÉ ! Quand on veut grimper au mat, faut pas avoir le cul merdeux ! »

 

Voilà à peu près ce qu’aurait dit Coluche à Sarko s’il avait assisté à l’insupportable démonstration de cynisme que le président des pleins de thunes, flanqué de Bécassine Bachelot et de Faux-cul Lemaire, est venu faire à la veille de Noël dans un entrepôt des Restos du cœur de Vitry-sur-Seine. Il a déambulé au milieu des tonnes de victuailles résultant de la générosité des Français, distribuant quelques poignées de main et dégueulant quelques propos stupides à cette France des « fraudeurs aux aides sociales », cette France des « assistés », cette France « parasitaire » comme la qualifie l’odieux Wauquiez.

 

Eh ! Microlax, cette France-là, elle a aussi le bulletin de vote. Et tu t’en rendras compte sous peu.

 

Septidi 7 Nivose 220

 

Photo X - Droits réservés

26/12/2011

Retrouvez la paix intérieure. Hipps !

 

bison bourré.jpg

  

En cette époque de retour vers la spiritualité, j’ai entendu, outre le pape parlant urbi et orbi, un représentant du Dalaï-lama qui affirmait que, pour obtenir la paix intérieure, nous devions toujours finir ce que nous avions commencé et qu'à cette condition, nous bénéficierions de davantage de calme et de paix intérieure dans nos existences. Eh bien pour moi, ça a marché !

J'ai regardé autour de moi, j'ai fait le tour de la maison pour trouver les choses que j'avais commencées sans les terminer...
 

Et j'ai fini une bouteille de rosé de Provence, une bouteille de bordeaux, une bouteille de côte du Roussivon, une vouteile de bodka, un buteil de poââre, le rest dwiski, et 1 bpoit de choccccla.
Tou nimaggine pa com jem sens achemen mieu mintnan.

Psassez dnoc el mssage a tou ceux con bsoin de paixintrieur et dite leurrke jeu lé zèm ekke chleur souhait de choyeuz faithe.

 

Hipps !

 

Sextidi 6 Nivose 220

 

Merci à Hara-Kiri

 

 

25/12/2011

Ouiquinde érotico-calendal: Dernier cadeau du Père Noël…

 

 

Mère Noël sexy.jpg

 

 

Kevin-Jérôme avait supporté avec un courage méritoire le repas du réveillon de Noël. En famille le repas. A quinze ans ! La honte. Avec tonton Georges et tante Jennifer en invités vedettes. Pas mal la tante ! Et les morveux ! Y en avait eu que pour eux. Parait que les enfants, c’est les rois des fêtes de Noël. Y en a toujours un qui pleure, qui pisse, qui gueule.

 

Les scintillants, les bougies, et rien que des conneries dans l’assiette : huitres, langoustes en sauce armoricaine – beurk !, foie gras – rebeurk !, dinde, fromages qui puent – rerebeurk !… Même pas de nuggets, même pas de frites, même pas de ketchup. Et dans les verres, des saloperies genre Saint-Emilion et Chateauneuf-du-Pape. Même pas de coca. La honte. Et il avait fallu supporter ça…

 

Et les cadeaux… Des livres, même pas de BD, des livres pour lui ! Ah ! Y avait tout de même eu l’intermède de son père qui pour faire de l’humour, avait offert à tante Jennifer un petit slip blanc bordé de dentelles rouges avec, écrit devant « Entrée du public » et derrière « Entrée des artistes » avec de petites flèches descendantes. D’une délicatesse… Elle n’avait que modérément apprécié tante Jennifer. Un peu relou le dabe !

 

Il avait fallu attendre trois plombes avant de pouvoir aller se pieuter. Enfin seul dans sa chambre, Kevin-Jérôme, devant la glace, se fait éclater deux ou trois boutons d’acné puis tire quelques puffs d’un joint de beu. De la hollandaise. Il se libère de ses fringues et s’allonge sous sa couette, se laissant voluptueusement glisser sur la pente de ses rêves dans les bras de Morphée.

 

Soudain, l’ado distingue une forme lumineuse dans la chambre. Une étrange silhouette pourpre bordée d’une aura d’un blanc bleuté électrique qui se déplace lentement et s’approche du lit. Kevin-Jérôme, encore aux confins de l’enfance, croit reconnaître l’apparence du Père Noël…

 

Le Père Noël approche sans bruit du lit et, d’un geste large, se débarrasse de sa houppelande. Mais, mais… bégaie Kevin-Jérôme dans sa tête « ce n’est pas le Père Noël, c’est la Mère Noël ! ».

 

Une Mère Noël nue sous la houppelande dont elle vient de se débarrasser. Kevin-Jérôme jette de côté la couette qui lui masquait en partie la somptueuse vision. La Mère Noël met les mains à sa taille et, en deux coups de hanche rapide, fait glisser son slip dont elle se libère d’un coup de pied léger. Puis, mains dans son opulente chevelure sombre, un sourire énigmatique illuminant son beau visage, cambrée, elle avance en glissant souplement, comme un torero devant le fauve, ondulant d’une hanche sur l’autre.

 

Kevin-Jérôme est tétanisé. Ses yeux ne peuvent se détacher de ce triangle sombre, de cette crinière de geai qui fleurit entre le ventre et les cuisses de la Mère Noël, au confluent de tous les désirs.

 

 Celle-ci, d’un bond, se place solidement à califourchon sur la poitrine osseuse du jeune homme. Ondulant d’une épaule sur l’autre, ses longs cheveux lui masquant à demi le visage, elle présente à la bouche du jeune homme un sein puis l’autre. Deux beaux obus prolongés par une large aréole brune, que Kevin-Jérôme perçoit comme d’une lumineuse blancheur malgré la pénombre. Les bras coincés le long de son corps par les genoux et les cuisses de Mère Noël, le jeune homme ne peut saisir ces somptueuses rotondités qui le rendent fou de désir. Sa bouche s’efforce d’aspirer, de téter les pointes érigées. Puis Mère Noël change de position, se mettant toujours à califourchon, mais présentant son dos à la vue de Kevin-Jérôme. Elle recule, enjambant les épaules du jeune homme qui se retrouve la tête entre les cuisses de Mère Noël.  Kevin-Jérôme, dans la nuit calendale, pour la première fois de sa vie, se trouve face à l’entrée du paradis. En face d’ELLE qu’il découvre. Une corolle ouverte, toute lisse dans son écrin de fourrure noire. Et l’œil de bronze. Devant son nez. Il respire à pleins poumons tous ces effluves fantastiques. Un parfum somptueux : nez marin, crevette rose, jasmin, avec de légères nuances de poivre et de sueur.

 

N'en pouvant plus, Kevin-Jérôme enfouit son visage dans cette conque rose et nacrée. Le goût ! Ouarf ! le goût ! Une attaque en bouche franchement océane, goût de violet, avec des nuances d'anchois fraîches et de dorade grillée au fenouil. Puis viennent de délicates saveurs animales, de vieux cuir, de fauve en rut. Suivent des fragrances de charcuterie fine, rosette, jésus, avec des touches poivrées de copa, de figatelli. Enfin une somptueuse fin de bouche longue, ample, de sous bois, de truffes et de violettes.

 

Mère Noël, pendant ce temps, honore savamment la flamberge qui se dresse devant sa bouche goulue. Des lèvres, de la langue, des dents, elle prend la mesure  de la virilité naissante, puis, se redressant, elle s’assoit sur le visage de Kevin-Jérôme, lui emprisonnant totalement bouche et narines. Celui-ci, au bord de l’asphyxie, hume, grume, lèche, avale le miel du bonheur. Pleins de lumières dans sa tête, plein de musiques, plein de cloches, plein de guirlandes de fleurs. Quelle fête!

La créature céleste libère enfin les bronches en feu de sa victime, se tourne et s’empale brutalement sur le membre tendu, gonflé de désir du jeune homme. Cavalière de tous les délices, Mère Noël, en quelques coups de reins, conduit le jeune homme aux confins de l’extase, aspirant aux tréfonds d’elle-même cette semence toute neuve. Elle module son cri de jouissance en un feulement de lionne comblée.

Tandis que Kevin-Jérôme, abruti de bonheur, sombre pour la première fois de sa vie dans cette somptueuse petite mort de l’amour, la créature ramasse sa houppelande et disparait comme elle est venue.

 

Au matin, Kevin-Jérôme, réveillé par le premier rayon de soleil de sa vie d’homme, les mains, le ventre et le sexe poisseux, essaie de retrouver, de retenir les bribes de rêves de la plus belle de ses nuits. Il se lève enfin et se dirige vers la salle de bain.

 

Entre le lit et la porte, il trouve le petit slip blanc bordé de dentelles rouge offert la veille…à tante Jennifer !

 

 

Quintidi 5 Nivose 220

 

Photo X - Droits réservés

24/12/2011

Hommage d’un mécréant à son père : Magie de Noio Hel.

 

nougat noir.jpg 

 

Le dur mistral d’hiver ronfle et mugit dans les larges poitrines des grands platanes de la place Jean-Jaurès. Marcel, le pâtissier de Villeneuve, regarde sa femme et ses quatre chers petits, main dans la main, partir dans le froid, emmitouflés dans de grands manteaux, la tête couverte de châles de laine. Ils ne vont pas très loin : seulement chez “ Marraine ” où se tient traditionnellement la veillée calendale de la famille. Marraine, c’est l’aïeule, la maîtresse respectée de la ferme dont les bâtiments s’étagent au pied des  redoutables murailles du fort Saint-André.

 

Marcel, cette fois encore, ne sera pas de la fête : il est pâtissier et son métier l’oblige à travailler pour préparer le plaisir des autres… Un court moment de tendre mélancolie, puis il redescend vite au laboratoire. Les bûches sont roulées, les chocolats sont coulés, mais il reste un travail difficile à réussir : le nougat noir…

 

Dans le grand “ cul-de-poule ” de cuivre, Marcel a mis à cuire le miel et les amandes. C’est très délicat le nougat noir. Trop de cuisson : le nougat sera cassant, avec un goût de brûlé. Pas assez : il sera collant aux doigts. Il faut tourner doucement, cuire à feu doux et s’arrêter à la minute près. Pour connaître ce seuil, Marcel n’hésite pas à sucer son doigt puis à le tremper rapidement dans le sucre en fusion. Le nougat noir est tout un art. C’est une question de coup d’œil, d’odeur, d’intuition, de compétence.

 

A la ferme, chez Marraine, les femmes ont disposé, sur les trois nappes blanches, les services de fêtes, les verres du dimanche. Dans l’âtre qui flamboie, l’aïeule et le “ caga-nis ” — chez nous, on nomme ainsi le plus jeune des enfants — apportent une bûche d’arbre fruitier bien sec.

 

D’un verre de vin cuit versé avec respect, Marraine — en l’absence de son mari, tombé sous les balles de la grande guerre — bénit la bûche puis, d’un ton solennel prononce à belle voix la formule rituelle des Provençaux :

 

“ Alègre ! Alègre !

Mi bèus enfant, Dièu nous alègre !

Emé Calèndo tout bèn vèn…

Dièu nous fague la gràci de vèire l’an que vèn,

E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens ! ”

 

La famille s’installe alors à table, réservant une place, pas très loin de la porte, pour le pauvre transi que le sort accable. Cette nuit, s’il vient, il aura l’amour, le couvert et le gîte.

 

Et les femmes, dès lors, servent le Gros Souper : les petits escargots à la “ suçarelle ” que l’on aspire d’un coup, les cardons à l’anchois, la raïto de merlusso, le muge aux olives, le gratin de brandade, et, pour laver la bouche l’àpi à la pebrado.

 

On arrose ces mets aux grands vins de la Coste-du-Rhône.

 

Enfin voici venu le moment où l’on sert, avec cérémonie, les treize desserts : les amandes, les noix et les noisettes, les figues sèches, les dattes, les mandarines, les oranges, les pommes, les poires, les raisins que l’on garde depuis septembre suspendus par leur branche dans le grenier, puis voici le nougat blanc, voici enfin le nougat noir…

 

Le nougat noir ! Marcel, seul dans son laboratoire se bat avec son nougat noir… Il a laissé son esprit vagabonder quelques minutes vers sa chère famille réunie pas très loin. Cette minute de spleen a été fatale : le nougat est trop cuit !

 

Marcel sent en lui la morsure sournoise du désespoir. Sa cuisson est fichue ! Il ne pourra pas honorer les commandes de ses clients. C’est le déshonneur…

 

Il y a pourtant encore une solution : prendre sa bicyclette, atteler la remorque — nous sommes au sortir de la guerre — traverser dans le froid le pont suspendu, aller à Avignon chez Perrier, son maître es pâtisserie et lui demander — toute honte bue — de lui fournir un peu de ce fameux nougat noir !

 

C’est Noël, les clients de Marcel lui font confiance, il doit les satisfaire quitte à s’asseoir sur son orgueil. Il accepte donc l’humiliation.

 

Soudain, la lumière s’éteint dans le laboratoire. Une étrange lueur diaphane scintille, semblant irradier les formes de bois dans lesquelles Marcel devait couler son nougat noir. Un étrange parfum, délicat, suave, remplace la désagréable odeur de la cuisson brûlée. Les oreilles de Marcel résonnent d’une musique inconnue, envoûtante, céleste. L’étrange lueur s’estompe et revient la lumière. Dans les formes, Marcel, incrédule, découvre des plaques du nougat le plus fin, le plus délicat, le plus succulent qui se puisse rêver. Un nougat divin !

 

Marcel — tout mécréant qu’il soit, souvent en délicatesse avec les choses de la religion, n’hésitant pas, lors de tonitruantes colères à qualifier le bon dieu d’épithètes forts sonnantes, assurant qu’il lui facilite le transit intestinal et émettant avec véhémence des doutes sur la vertu de la Vierge — Marcel se laisse tomber à genoux. Les mains jointes, il goûte un morceau de ce nougat venu d’ailleurs…

 

Chez Marraine, on apporte enfin la pompe à l’huile, symbole de l’espoir ! On mange, on boit, on chante, on est tout à sa joie. Puis sonne minuit. On se lève de table, on s’emmitoufle dans les manteaux, les pèlerines, les châles et les fichus. On lutte contre le vent glacial sous le goulet étroit et venté qui relie la ferme au village et on va tous à la messe…

 

Marcel, lui aussi, a entendu les douze coups sonner au clocher de la collégiale. Le visage transcendé de bonheur, il met sa canadienne dont il emplit les poches de morceaux de nougat. Puis il descend la rue pour se rendre à l’église. Lorsqu’il arrive, Brunel, le baryton, accompagné à l’orgue, chante à pleine voix le “ Minuit chrétien ” de Capeau et Adam.

 

Marcel rejoint discrètement sa famille. Il donne à chacun de ses quatre enfants un morceau de nougat :

  “ Tenez les petits, prenez et mangez : c’est le nougat du Bon Dieu ”.

 

VictorAyoli

 

 

Quartidi 4 Nivose 220

 

Photo X - Droits réservés

23/12/2011

Réveillon : bouffez du patron !

 

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Prenez un patron bien gras et dodu. La meilleure race, c’est la Cacarente. Le nec plus ultra, le Bresse de ces volailles restant tout de même le Patrondebanque. Evitez les patrons Depéhèmeux, ils sont trop petits, ils triment souvent autant que vous et sont trop dur à cuire. Sinon bouffez le père Noël, c’est leur représentant.

Plumez-le autant qu’il vous a plumé. A vif autant que possible : ça crée une production d’endorphine qui donnera à la viande un fumet particulier qui vous rappellera le jour où il vous a convoqué pour vous lourder.

Flambez-le, si possible sur les ruines fumantes de son bureau ou de son usine. Puis égorgez-le en gardant le sang, il est fait de celui qu’il vous a fait suer.

Videz-le de ses tripes qu’il a toute sa vie copieusement tapissées de sauces chaudes et onctueuses avec le pognon qu’il vous a volé. Jetez-les, de toute façon un patron de  Cacarente n’a rien dans les tripes, et beaucoup de merde dans la tête.

Coupez-le en morceaux, au hachoir ou à la tronçonneuse selon affinités. Faites macérer les morceaux dans une marinade faites de moitié bile, aussi amère que celle qu’il vous a faite faire, moitié merde diarrhéique, c’est ce qui convient le mieux.

Après deux jours de marinade, faites revenir les morceaux dans de l’huile de vidange. Puis mettre à cuire à l’étouffé avec la marinade passée au chinois, comme ceux chez qui il a délocalisé votre usine.

Enfin, comme c’est immangeable, foutez le tout au chiotte, c’est la place de ce genre de patrons !

 Tridi  3 Nivose 220

 

Merci à Soulas

22/12/2011

Sarko veut s’attaquer à la retraite des vieux !

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Eh ! Les vioques, vous avez voté en majorité pour Sarko en 2007 si je ne m’abuse ? Et je ne m’abuse pas, ce sont vos bulletins qui nous ont infligé l’Usurpateur pour cinq ans.

 

 

Et kékiva faire l’élu de vos peurs ? Kékiva faire pour vous remercier si – après une campagne à vous faire peur comme avec le petit père Doise – le vote des bœufs nous remet cinq ans de punition de plus ? Eh bien il va vous sabrer vos retraites !

 

 

Eh ! Oh ! Victor, qu’est-ce que c’est que cette connerie ? Comment il va nous les sabrer ? Quand l’a-t-il dit ?

 

 

Il ne l’a pas dit. Pas encore, il est pas si con… Il attend que vous le remettiez en selle le « lonesome poor cow-boy ». Mais il a fait lancer l’idée sous forme de ballon d’essai par un de ses sbires, le dénomme Beigbeider Charles, ci-devant patron d’une boite pourrie, Poweo, qui tente de nous vendre de l’électricité qu’elle rackette à EDF, ci-devant engagé dans le syndicalisme patronal, ci-devant candidat malheureux à la présidence du Medef, ci-devant  secrétaire national de l'UMP, chargé de la pédagogie de la réforme.

 

Bon. Maintenant que vous savez qui, vous allez savoir comment Microlax 1er compte vous enfiler sans vaseline : le Beigbeider, en service commandé, a lancé dans les Echos l’idée suivante : désindexer les retraites du coût de la vie. Depuis la réforme Balladur, en 1993, le montant des retraites est indexé sur l'augmentation des prix à la consommation, hors tabac. Cette évolution est garantie par la loi. Mais, comme dit monsieur frère d’un célèbre écrivain bobo, ce qu’une loi a fait, une autre peut le défaire ! Désindexer la retraite de l’inflation, c’est mécaniquement la faire baisser chaque année. Et mettre ceux qui ont trimé toute leur vie sur la paille, dans des cartons sur la rue, ou les obliger à 75 balais à faire des sous boulots de merde pour survivre…

 

Ah ! Le Charlot Beigbeider la regrette cette époque où les retraités devaient faire la queue pendant des heures, dans le froid, pour toucher leur maigre pension à un guichet miteux ! Ça les faisait crever un peu plus vite ces parasites ! Et si on décrétait obligatoire le « droit » à l’euthanasie des vieux ? Ça va venir Victor ! Ça va venir !

 

Ah ! Au fait Sarko, en connivence avec son frangin Guillaume, patron de l’assureur complémentaire Médéric, fait des pieds et des mains depuis des années pour tuer la retraite par répartition au profit de la retraite par fonds de pension…

 

Eh ! Les anciens, j’espère que vous n’allez pas nous refaire le coût de 2007 ? Ou alors vous seriez masos et suicidaires pour voter pour celui qui veut vous flinguer…

 

 Duodi 2 Nivose 220

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

21/12/2011

M’ame Michu et M’ame Chazotte : « C’est Noël, on va au resto ! »

Les Vamps web.jpg

 

- Alors, M’ame Chazotte, avec les fêtes de fin d’année, on va pouvoir aller au restaurant dépenser notre petite cagnotte ! Hum ! Moi, j’ai envie d’un os à moelle pour commencer, puis d’un pintadeau farci, après, on verra… Depuis la baisse de la TVA, on va pourvoir manger plus pour le même prix !

 

- Ah ! Ah ! Ah ! Impayable M’ame Michu ! V’z’êtes impayable ! La baisse de la TVA, elle passe directement de la poche des con-tribuables – vous, moi - dans les fouilles des gargotiers ! Depuis ce cadeau de Sarko, ils peuvent changer leur 4x4 avec nos sous ! M’enfin, ils votent Sarko, quand ce n’est pas Le Pen. Le hold-up de 3 milliards d’euros par an (l’équivalent chaque année de 100.000 emplois largement au dessus du smic, vous les avez vu ces emplois ?), c’est pour empocher des voix. Et en plus ils nous font manger de la merde…

 

- Oh ! Comme vous parlez vous alors…

 

- A quelques exceptions près, M’ame Michu, v’savez ce que c’est la manière normale de cuisiner en France ? Faut être moderne ! Faut être moderne ! Sachez que la majorité, l’énorme majorité des cent vingt mille restos de France pratique cette méthode qui consiste à réchauffer, au micro-onde ou, au mieux au bain-marie, des préparations culinaires industrielles achetées à bas prix chez Métro ou autre distributeur équivalent. Et vendues à des prix aberrants. Ils appellent ça la « cuisine d’assemblage », portée aux nues par presque tous les gargotiers de France et de Navarre. Ils ont même réussi à imposer aux écoles hôtelières françaises ce type de « formation »… Enfin, une loi devrait bientôt obliger les gargotiers à marquer sur leur carte si le plat est « fait maison » ou non. On verra…

 

- Moi j’en mange des fois des surgelés. Des pizzas surtout.

 

- Ben vous êtes par bégueule… Chez vous, pourquoi pas, mais au resto ! Où est l’authenticité de la cuisine françouaiiise ? Faut dire qu’ils risquent pas grands choses les gargotiers : l’inénarrable Christine Lagarde, lorsqu’elle sévissait en temps que ministre de l’économie, a signé une « Charte des droits des entreprises du secteur des cafés, hôtels et restaurants ». Objectif de ce torchon chaleureusement applaudit par les dits gargotiers : faire en sorte que les contrôles des agents de la répression des fraudes « se déroulent dans les meilleures conditions possibles ». Autrement dit, les contrôleurs doivent prévenir les contrôlés, ils ne peuvent plus divulguer les résultats de leur travail, un « médiateur » - désigné par la profession ! ! ! - veille, dans chaque département à « tenter une conciliation » avant toute sanction, enfin, chaque année un comité départemental noyauté par la profession évalue les contrôleurs et donne des bons et des mauvais points.

 

- Ben ça alors ! Ouais mais les restaurateurs ont bien augmenté les salaires de leurs employés ?

 

- Ben voyons ! Si, suite à d'âpres négociations, une prime annuelle maximum de 500 euros est versée à certains salariés et que le Smic dans ce secteur est supérieur de quelques centimes d'euros bruts au Smic général, la branche de la restauration rapide, qui profite pleinement de la baisse de la TVA, n'a rien voulu octroyer à ses salariés qui restent pourtant les plus mal lotis de tout le secteur.

 

- Justement, la baisse de la TVA, qu’il dit le mari de Carla, c’était pour que la restauration traditionnelle soit alignée sur la restauration rapide…

 

- Baratin. La restauration rapide ne bénéficiait pas d'un taux de TVA différent de celui de la restauration traditionnelle, que l'on aille chez McDonald ou Bocuse, le « sur place » était facturé à 19,6% et le « à emporter » à 5,5%. Seulement les marchands de merde de la restauration rapide ne faisaient aucune distinction entre le « sur place » et le « à emporter ». Ce qu’il aurait fallu faire, pour équilibrer la concurrence, c’était mettre tout à 19,6%, que ce soit à emporter ou à manger sur place.

 

- Ouais mais, les restaurateurs ont embauché…

 

- Tè ! Fumes ! En réalité, c’est autour de 20.000 emplois net ont été créés depuis cette loi pour l'ensemble des CHR, soit un coût de 150.000 euros par poste ! Ils nous coûtent cher ces emplois M’ame Michu….

 

- Ben alors qu’est-ce qu’il faut faire M’ame Chazotte ?

 

- Mangez le patapon de votre chat…

 

Primidi 1er Nivose 220

 

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20/12/2011

C’est la trêve des confiseurs. Eh ! Tu la connais celle-là ?

 

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Le châtiment de Paris

 

Jacques Chirac, Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy meurent dans un accident. Ils arrivent devant Saint-Pierre qui les accueille par ces mots :

- « Vous ne pouvez pas encore entrer ici sans passer par le Jugement Dernier : vous voyez les portes là-bas, chacun de vous devra entrer par la porte qui lui est assignée, et vous trouverez votre châtiment derrière. »

Chirac ouvre la porte à son nom et ......... AAAAHHHHHH !!! Il y a une femme, enfin si on peut appeler ça une femme... Plutôt une créature ignoble, vieille, hideuse, puante, offrant un spectacle à vomir...

Une voix sépulcrale s’élève et dit alors : « JACQUES CHIRAC, TU AS PÉCHÉ TOUTE TA VIE, VOICI TON CHÂTIMENT : TU ES CONDAMNÉ À COPULER AVEC CE MACCHABÉE POUR L’ÉTERNITÉ... ». Et la porte se referme sur un Chirac hurlant d’horreur...

 

D.S.K. ouvre la sienne, pas rassuré, et il trouve une chose encore plus immonde, plus moche, plus puante ...

Une voix s’élève et dit : « DOMINIQUE STRAUSS-KHAN, TU AS PÉCHÉ TOUTE TA VIE, VOICI TON CHÂTIMENT : TU ES CONDAMNÉ À COPULER AVEC CE MACCHABÉE POUR L’ÉTERNITÉ... ». Et la porte claque derrière un Dominique Strauss-Kahn hurlant de terreur...

 

Encore moins rassuré, Nicolas Sarkozy ouvre sa porte et voit Paris Hilton, nue, plus belle que jamais... Nicolas Sarkozy se dit : « Wahoooo, c’est ça mon châtiment ? ». Et soudain une voix s’élève : « PARIS HILTON, TU AS PÉCHÉ TOUTE TA VIE, VOICI TON CHÂTIMENT... »

 

blague,sarko,dsk

 

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Décadi 30 Frimaire 220

 

19/12/2011

Noïo Hel, pas joyeux pour tous...

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Il me souvient, il y a quelques années d’une situation équivalente à celle ici illustrée par Chimulus.


Nous appréciions – ou subissions - en famille, les traditionnelles agapes de la soirée de Noël, avec force nourritures riches et libations. Dehors, un mistral glacé et glacial vidait les rues. Sur la place centrale répondant au beau nom de Jean-Jaurès, roulé en boule dans une cabine téléphonique, il y avait Jacques, un superbe clochard à l’ancienne, artiste doreur sur bois ayant choisi la liberté suprême mais difficile du glandage intégral. Engoncé sous sa barbe et son manteau, sa nuit de Noël n’était pas des plus festives… On le voyait depuis la fenêtre…


En Provence, la tradition veut – enfin, dit ! – qu’il y ait toujours une assiette mise au repas de Noël pour le pauvre qui viendrait à passer. J’ai donc proposé d’aller chercher le Jacques. Mouais… Proposition pas tellement plébiscitée. Je suis donc descendu avec une demi bouteille de champagne et une belle portion de buche de Noël. Et Jacques m’a fait l’honneur de me remercier, atténuant un peu ma honte…


Noël nous gonfle un peu (beaucoup !) les aliboffis, avec son cortège de contes religieux à prendre avec beaucoup de recul (et pour moi de cynisme) et surtout de pressions commerciales ahurissantes.


Mais ne nous laissons pas abuser par les curés et leur « petit Jésus » ni par les marchands avec leurs gros débile en rouge, symbole de cacacola chez les Zétazuniens.


Beaucoup ignorent que le mot « Noël » est un terme païen bien antérieur au christianisme. L'origine la plus vraisemblable du mot Noël ne serait pas le latin natalis dies (jour de naissance) mais le gaulois noio hel signifiant « nouveau soleil ».


L'interprétation latine traditionnelle de l'origine du mot Noël viserait à occulter les origines pré-chrétiennes de la fête qui trouve sa source dans le culte de Mithra (dieu du «soleil invaincu») chez les Romains et dans les autres fêtes de solstice des pays nordiques.


Avant la réforme du calendrier par Jules César, le solstice d'hiver correspondait au 25 décembre du calendrier romain et les festivités ont continué de se tenir à cette date même après que le solstice eut correspondu au 21 décembre du calendrier julien.


Étymologiquement parlant, les laïques, les libres penseurs et les athées auraient donc toutes les raisons du monde de se souhaiter Joyeux Noël, et ce faisant ils n'empruntent rien à la religion chrétienne !


 Nonidi 29 Frimaire 220


Merci à Chimulus

 

18/12/2011

Gastronomie dominicale. Vous aimez les enfants ? Reprenez-en…

 

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L’écrivain Jonathan Swift, pour protester contre l’effroyable misère qui sévissait alors en Irlande sous domination anglaise, a écrit en 1729 un pamphlet aussi féroce que désespéré. L’Europe et la mondialisation ultra libérale donnent une nouvelle jeunesse à ce texte. En temps de Noël de crise, à lire et à méditer ce petit chef-d’œuvre de second degré et d’ironie sarcastique:

 

(…) Un Américain très avisé que j’ai connu à Londres m’a assuré qu’un jeune enfant en bonne santé et bien nourri constitue à l’âge d’un an un mets délicieux, nutritif et sain, qu’il soit cuit en daube, au pot, rôti à la broche ou au four, et j’ai tout lieu de croire qu’il s’accommode aussi bien en fricassée ou en ragoût.

 

(…) Je porte donc humblement à l’attention du public cette proposition : sur ce chiffre estimé de cent vingt mille enfants, on en garderait vingt mille pour la reproduction, dont un quart seulement de mâles - ce qui est plus que nous n’en accordons aux moutons, aux bovins et aux porcs -, la raison en étant que ces enfants sont rarement les fruits du mariage, formalité peu prisée de nos sauvages, et qu’en conséquence un seul mâle suffira à servir quatre femelles.

 

On mettrait en vente les cent mille autres à l’âge d’un an, pour les proposer aux personnes de bien et de qualité à travers le royaume, non sans recommander à la mère de les laisser téter à satiété pendant le dernier mois, de manière à les rendre dodus et gras à souhait pour une bonne table. Si l’on reçoit, on pourra faire deux plats d’un enfant, et si l’on dîne en famille, on pourra se contenter d’un quartier, épaule ou gigot, qui, assaisonné d’un peu de sel et de poivre, sera excellent cuit au pot le quatrième jour, particulièrement en hiver.

 

J’ai calculé qu’un nouveau-né pèse en moyenne douze livres et qu’il peut, en une année solaire, s’il est convenablement nourri, atteindre vingt-huit livres.

Je reconnais que ce comestible se révélera quelque peu onéreux, en quoi il conviendra parfaitement aux propriétaires terriens qui, ayant déjà sucé la moelle des pères, semblent les mieux qualifiés pour manger la chair des enfants.

 

(…) Ainsi que je l’ai précisé plus haut, subvenir aux besoins d’un enfant de mendiant (catégorie dans laquelle j’inclus les métayers, les journaliers et les quatre cinquièmes des fermiers) revient à deux shillings par an, haillons inclus, et je crois que pas un gentleman ne rechignera à débourser dix shillings pour un nourrisson de boucherie engraissé à point, qui, je le répète, fournira quatre plats d’une viande excellente et nourrissante, que l’on traite un ami ou que l’on dîne en famille. Ainsi, les hobereaux apprendront à être de bons propriétaires et verront leur popularité croître parmi leurs métayers, les mères feront un bénéfice net de huit shillings et seront aptes au travail jusqu’à ce qu’elles produisent un autre enfant.

 

Ceux qui sont économes (ce que réclame, je dois bien l’avouer, notre époque) pourront écorcher la pièce avant de la dépecer ; la peau, traitée comme il convient, fera d’admirables gants pour dames et des bottes d’été pour messieurs raffinés.

 

Quant à notre ville de Dublin, on pourrait y aménager des abattoirs, dans les quartiers les plus appropriés, et qu’on en soit assuré, les bouchers ne manqueront pas, bien que je recommande d’acheter plutôt les nourrissons vivants et de les préparer « au sang » comme les cochons à rôtir. (...)

 

(…) Nul doute que cet aliment attirerait de nombreux clients dans les auberges dont les patrons ne manqueraient pas de mettre au point les meilleures recettes pour le préparer à la perfection, et leurs établissements seraient ainsi fréquentés par les gentilshommes les plus distingués qui s’enorgueillissent à juste titre de leur science gastronomique ; un cuisinier habile, sachant obliger ses hôtes, trouvera la façon de l’accommoder en plats aussi fastueux qu’ils les affectionnent. (…)

 

(…)Nous devrions voir naître une saine émulation chez les femmes mariées - à celle qui apportera au marché le bébé le plus gras -, les hommes deviendraient aussi attentionnés envers leurs épouses, durant le temps de leur grossesse, qu’ils le sont aujourd’hui envers leurs juments ou leurs vaches pleines, envers leur truie prête à mettre bas, et la crainte d’une fausse couche les empêcherait de distribuer (ainsi qu’ils le font trop fréquemment) coups de poing ou de pied. (…)

 

(…)Je conjure les hommes d’Etat qui sont opposés à ma proposition, et assez hardis peut-être pour tenter d’apporter une autre réponse, d’aller auparavant demander aux parents de ces mortels s’ils ne regarderaient pas aujourd’hui comme un grand bonheur d’avoir été vendus comme viande de boucherie à l’âge d’un an, de la manière que je prescris, et d’avoir évité ainsi toute la série d’infortunes par lesquelles ils ont passé jusqu’ici, l’oppression des propriétaires, l’impossibilité de régler leurs termes sans argent ni travail, les privations de toutes sortes, sans toit ni vêtement pour les protéger des rigueurs de l’hiver, et la perspective inévitable de léguer pareille misère, ou pis encore, à leur progéniture, génération après génération. (…)

 

 

Jonathan SWIFT - 1729

 

 

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Octidi 28 Frimaire 220

 

17/12/2011

Ouiquinde érotique avec Voltaire

On n'est pas habitué à trouver le très sérieux Voltaire au rang des auteurs polissons. Et pourtant...


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Voltaire: Polissonnerie


Je cherche un petit bois touffu,
Que vous portez, Aminthe,
Qui couvre, s'il n'est pas tondu
Un gentil labyrinthe.
Tous les mois, on voit quelques fleurs
Colorer le rivage ;
Laissez-moi verser quelques pleurs
Dans ce joli bocage.



- Allez, monsieur, porter vos pleurs
Sur un autre rivage ;
Vous pourriez bien gâter les fleurs
De mon joli bocage ;
Car, si vous pleuriez tout de bon,
Des pleurs comme les vôtres
Pourraient, dans une autre saison,
M'en faire verser d'autres.



- Quoi ! vous craignez l'évènement
De l'amoureux mystère ;
Vous ne savez donc pas comment
On agit à Cythère ;
L'amant, modérant sa raison,
Dans cette aimable guerre,
Sait bien arroser la gazon
Sans imbiber la terre.



- Je voudrais bien, mon cher amant,
Hasarder pour vous plaire ;
Mais dans ce fortuné moment
On ne se connait guère.
L'amour maîtrisant vos désirs,
Vous ne seriez plus maître
De retrancher de nos plaisirs
Ce qui vous donna l'être.



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Septidi 27 Frimaire 220

16/12/2011

Au bistro de la toile : aux chiottes la dette !

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- Putaing ! Parait qu’on est bouffé par la dette ! On travaille pour engraisser les maquereaux étrangers de la finance. Quel bordel Victor…

 

- Attends Loulle. Et si on rêvait un peu. Imagine :

Novembre 2012. Le Beaujolais nouveau et le Côtes-du-Rhône primeur coulent à flot, gommant quelque peu la morosité des Français.

Le président Hollande a d’autres préoccupations. Sur son bureau, le rapport de la Commission d’audit de la dette de la France qu’il avait ordonné dès sa prise de pouvoir. Ce rapport sans concession indique clairement que bien des pans de cette dette peuvent être considérés comme  illégitimes. Il vient de le lire pour la troisième fois et sa décision est prise. Au conseil des ministres il explique sa décision et ordonne : suspension unilatérale immédiate de la dette.

 

- Ah ! C’est pas mal ça !

 

- C’est un véritable coup de tonnerre dans le landerneau des voyous de la finance ! Cris d’orfraie, menaces, dégradation. R.A.B. ! Hollande maintient sa décision. Et que croyez-vous qu’il se passât ? Les détenteurs des titres de cette dette (essentiellement des fonds de pension étazuniens, des fonds spéculateurs planqués dans les paradis fiscaux, des banques d’affaires véreuses, des fonds souverains rapaces du Golfe et de Chine) les bradent jusqu’à 20% de leur valeur (nominal et intérêts compris). Le gouvernement français, par l’intermédiaire de la Caisse des dépôts, rachète ces titres de dettes à bas prix, réduisant des deux tiers cette dette. Un emprunt obligatoire à intérêt inflation + 0,5% auprès des 2,6 millions de millionnaires français jusqu’à apurement total de la dette remet le pays à flot. Les dizaines de milliards d’euros ainsi soustraient au service de la dette sont utilisés à investir dans de grands travaux d’énergies nouvelles, de développement durable, d’augmentation raisonnée mais conséquente des salaires, de réindustrialisation du pays, etc.

En Europe, l’exemple français fait des émules : parmi les grands pays l’Italie d’abord, puis l’Espagne et enfin l’Allemagne débarrassée de Merkel. Une Europe fédérale démocratique, à vocation sociale se met en place autour de ces quatre pays.

 

- Mouais… Ça fait effectivement rêver Victor. Mais ça me semble parfaitement utopique.

 

- Pas du tout Loule. C’est exactement le processus qui a été utilisé en Equateur et en Argentine. Et ces pays, acculés à la ruine par les banksters internationaux, redressent largement la tête, ont une croissance confortable et leurs habitants retrouvent le chemin du confort et du bonheur. La dignité en plus !

 

- Allez ! Aux chiottes la dette ! C’est ma tournée. A la nôtre !

 

Sextidi 26 Frimaire 220

Merci à Chimulus

15/12/2011

A.A.A. Corne-z-au-cul...

 

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C’est la crise…

Qui nous grise…

A.A.A.

En ce moment, moi c’est la bise,

Et les moins trois qui me défrisent !

Rions (jaunes !) de la bêtise

Des zéconomistes dont la rouardise

Va tous nous mettre dans la mouise.

Et L’Uhèmepets feint la surprise

En découvrant la balourdise

Des « puissantes » analyses

De ses dirigeants en chemise

Devant une situation si grise !

A cause de tous ces gagas

Nous boufferont des rutabagas

Et plus de caviar bélouga.

Ces connards, après leurs dégâts

Deviennent des renégats

Ils acceptent les agressions

Des agences de notations

Mais nous foutent des restrictions

Pour corriger le tourbillon

De leurs magouilles d’histrions.

Ils nous prennent pour des couillons !

Vite ! Foutons-leur la trouille,

A ces bandes de fripouilles

Qui s’en mettent plein les fouilles

Et nous prennent pour des andouilles !

PENDONS-LES PAR LES COUILLES !

 

 

 Quintidi 25 Frimaire 220

 

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14/12/2011

Joseph Stiglitz, prix Nobel : « Restructurer la dette au lieu de la rigueur »

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Sous la plume de Javier Lewkowicz le site de la diaspora latino-américaine « El correo » aborde le problème de la dette grecque à la lumière de l’exemple argentin. 

 

« L’Europe a beaucoup à apprendre de l’Argentine ».

« L’Argentine a démontré qu’il y a une vie après la mort. Cela veut dire que dès que la dette extérieure est restructurée, le pays croît et même peut choisir de revenir sur les marchés. L’Europe a beaucoup à apprendre de l’exemple de l’Argentine », a souligné le Prix Nobel Joseph Stiglitz. L’économiste a participé hier (7 décembre 2011 – NDLR) au séminaire « La vacuité dans l’architecture financière internationale : restructuration de la dette souveraine », organisé par le Ministère de l’Économie argentin avec la Banque Mondiale. Stiglitz a aussi salué le fait qu’en 2005 l’Argentine a fait aux créanciers une offre de « bons attachés au produit national brut » (PIB). « Une innovation importante qui pose la nécessité de répartir le risque entre les parties », a-t-il défini. A la suite d’une enquête, l’économiste a évoqué l’inflation en Argentine, bien que sans faire explicitement référence à la situation locale, mais en recourant à une explication plus orthodoxe. « L’inflation, a-t-il dit, va de paire avec un excès de la demande qui générerait un goulot d’étranglement que le Gouvernement essaie de dépasser ».

 

La négociation réussie de la dette extérieure en cessation de paiement qu’a mené, en 2005, l’ex-président Nestor Kirchner est, dans le contexte de crise de la dette de l’Eurozone, une référence qui chaque fois prend plus d’importance. L’importance de l’expérience argentine répond à la similitude du point de départ avec, par exemple, de l’économie grecque, comme l’endettement excessif et l’échec des recettes de rigueur, et les résultats atteints par l’Argentine une fois la charge de la dette substantiellement réduite. Stiglitz est l’un des économistes qui avec la plus grande ferveur recommandent de diminuer le poids de la dette, de répartir ses coûts entre les débiteurs et les créanciers et d’éviter l’ajustement fiscal comme sortie de crise.

 

« La Grèce ne peut plus attendre. Ella devrait étudier ses options et avancer rapidement, parce que l’incendie devient plus grand et davantage de maisons brûlent. Mener une restructuration a son coût, mais ne pas le faire est encore plus grave », a indiqué le professeur de l’Université de Columbia. L’un des tabous au sujet des processus ambitieux de restructuration que Stiglitz a cherché à faire tomber est le « châtiment divin » qui tomberait sur les pays hérétiques. « Les marchés de créance voudraient que quand un pays restructure sa dette, il soit puni à jamais. Cependant, les marchés compétitifs n’imposent pas de façon collective un châtiment. Ils ne sont pas aussi efficients qu’ils aimeraient l’être. La réalité est que, après avoir réduit la charge de la dette, les pays progressent et recommencent à avoir la possibilité d’accéder aux marchés. C’est une vérité dérangeante que l’on veut cacher aux grecs. En tout cas, les pays ne devraient pas demander des prêts à l’extérieur, parce que cela génère beaucoup de problèmes », a-t-il indiqué.

 

« Supposons que la Grèce soit en cessation de paiements contre la Banque Centrale Européenne. Quelles conséquences réelles y aurait-il ? Est-ce que cela aurait des effets négatifs pour le reste d’Europe ? » se demande Stiglitz. « Les banques disent que si les gouvernements ne sauvent pas les créanciers et les actionnaires, le système économique s’effondre. Je crois que leurs richesses s’effondreraient oui, mais pas le système », a-t-il affirmé.

 

Le Nobel a aussi glissé quelques critiques envers le FMI, bien que nuancées. « Le Fond a la mentalité des créanciers. En tout cas, Dominique Strauss-Kahn – l’ex-titulaire de l’organisme – a fait quelques changements. Maintenant le FMI reconnaît l’importance d’appliquer un contrôle sur les flux de capitaux. Il serait souhaitable d’avoir un cadre de refonte plus efficient, une organisation internationale qui fonctionne comme tribunal de faillites et qui ait une représentation de débiteurs et de créanciers. La Grèce et les autres pays en situation de risque ne peuvent pas attendre », a-t-il dit. Il a pris comme exemple la situation de l’Italie, où la dette représente 120 % du PIB. « Ils vont dépenser 10 % par an de leur produit pour le paiement de la dette. Il n’y a pas de manière de faire cela sans affecter l’économie et les services publics. En revanche, si on restructurait la dette, peut-être n’y aurait-il pas d’entrée de capitaux mais on paierait moins. Ces fonds pourraient êtres injectés dans l’économie pour réduire le chômage », a-t-il indiqué.

 

Dans l’Argentine des années 90 les traités bilatéraux d’investissement ont été très utilisés. Ces accords fixes d’étroites limites pour la politique économique quand il s’agit d’affecter les intérêts des multinationales. « L’Argentine sait qu’il faut faire très attention au sujet des contrats d’investissement, parce qu’ils finissent par lier les pays pieds et poings. Si les économies en développement peuvent sortir de ces schémas, qu’elles en sortent. De plus, les traités n’améliorent pas l’investissement  », a critiqué Stiglitz.

 

L’économiste a aussi remarqué que la renégociation de la dette argentine incluait dans l’offre aux créanciers des bons attachés au rendement de l’économie. « C’était une innovation importante parce que cela permet de répartir le risque. Les marchés ont beaucoup résisté à cette nouveauté », s’est-il souvenu.

 

Sources : El Correo  

Quartidi 24 Frimaire 220

13/12/2011

Les cocus des révolutions arabes ne seront même pas au balcon !

 

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Au terme de la constitution provisoire, le président de ce pays sera « exclusivement Tunisien, de religion musulmane, descendant de parents tunisiens et âgé de 35 ans minimum ». Moncef Marzouki, l’impétrant, doit répondre à ces critères.

 

Si on transposait ces principes en France, cela donnerait : « Le président sera exclusivement Français, de religion catholique, descendant de parents français et âgé de 35 ans minimum. » Dehors donc les femmes, les athées, les gens d’autres religions, les jeunes et les fils d’immigrés. Voilà un programme aux relents nazis qui a de quoi enchanter le Hefe-Haine !

 

Vous me direz « les tunisiens sont maitres chez eux, ils se choisissent le mode de gouvernement qui leur convient. Point. Barre » Tout est dit. Mais rien n’empêche de réfléchir.

 

J’ai applaudi le souffle de liberté qui a réveillé les populations arabes ce printemps. Mais sans illusions. Les occidentaux ont été d’une désolante naïveté en s’imaginant que la chute des dictateurs (mis en place avec leur complicité) allait déboucher sur des régimes calqués sur les nôtres. C’était oublier que les révoltés des places tunisiennes et égyptiennes, enfants d’internet et de facebook n’était qu’une minorité, jeune, éduquée et généreuse certes mais inorganisée et loin de représenter la réalité de ces populations essentiellement rurales, conservatrices, analphabètes (l’Egypte surtout) et travaillées aux niveaux essentiels de l’éducation et du social par les mouvements musulmans fondamentalistes.

 

Le résultat des élections était donc couru d’avance : tout le pouvoir aux extrémistes religieux. Ceux-ci savent parfaitement se servir des instruments de la démocratie pour arriver au pouvoir…afin de mieux détruire celle-ci une fois qu’ils en détiennent les leviers.

 

Ben ! Faut s’y faire ! On va avoir en face des républiques islamistes régies par les douces lois de la charia ! Nos brillants hommes et femmes politiques, qui n’avaient rien vu venir se gargarisent avec le terme « d’islamistes modérés ». Mouais… Jeannette Bougrab (secrétaire d’état) se fait allumer par les officines islamistes, salafistes et assimilées pour avoir déclaré : « Il n’existe pas d’islamisme modéré ni de charia light ». Un islamiste modéré, c’est comme un ivrogne tempérant, un banquier altruiste ou un sarkoziste honnête…

 

Voyons ce qu’en dit une spécialiste reconnue de l’islam, Anne-Marie Delcambre, professeure d’arabe, docteur en droit, conférencière et auteure de plusieurs ouvrages faisant autorité sur la question.

 

Cliquez ci-dessous, vous serez un peu mieux informé :

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=wVMx93zi45o

 

A  l’aqua bar !

 

 Tridi 23 Frimaire 220

 

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12/12/2011

Je n’achète plus d’huitres…

 

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Vous vous en foutez et vous avez bien raison. Pourtant j’en mangerai sur la tête d’un banquier mort ! Seulement à deux euros l’huitre ! Plus de treize de nos vieux francs pour une belle de Cancale, d’Arcachon ou de Bouzigues (c’est les nôtres, en bas !), ce n’est plus dans mes cordes.

 

 Ils ne se foutraient pas un peu de notre gueule les marchands de ces délicieux cailloux ? Ben, non ! Parce que des huitres, il y en a beaucoup moins… C’est qu’elle se fait désirer la belle salope !

 

Ah ! Les amours des huitres ! Extraordinaire ! Ça fait rêver. Figurez-vous madame Huitre, aguicheuse. Elle s’ouvre largement comme une starlette en quête de contrat, dévoile ses dedans gracieux, montre même subrepticement quelques portions de nacre délicatement irisé, les plus salopes dévoilent même impudiquement une jolie perle… Et voilà qu’arrive monsieur Huitre. Excité comme un jeune abbé dans un couvent de jeune fille ou un kamize pensant, avant d’appuyer sur le bouton, aux soixante et douze vierges qui l’attendent les cuisses écartées, le string à la main ! Monsieur huitre, il en peut plus. Il prend son pied et balance la fumée dans une extase marine. Madame Huitre, ouverte et offerte, se gave du nuage de jus intime de monsieur Huitre et connait enfin la grande secousse et le fameux petit frisson.

 

Heureuse, elle va couver sa progéniture avec sa belle chair laiteuse des mois sans R. Puis qu’est-ce qu’elle fait quand elle a chié ses lardons madame Huitre ? Qu’est-ce qu’elle fait ? Je vais vous le dire. Je vais vous le dire. Eh ! Oh ! Calmos. Faut pas s’exciter comme ça. Bon. Madame Huitre elle change de sexe ! Elle devient monsieur huitre ! Et monsieur Huitre, qu’est-ce qu’il fait après avoir pris son panard ? Ben, il va pisser, il boit un coup, fume une clope puis il rentre chez sa femme. Comme tout le monde, quoi. Eh bien non ! Monsieur l’huitre, après avoir tiré son coup, il change de sexe ! Putaing ! Le pied les mecs et les meufs, non ? Connaître les deux plaisirs ! Le rêve de tout jouisseur hédoniste…

 

Mais je m’égare. Oui et non. Pas étonnant qu’avec des mœurs pareilles, ces huitres-là se ramassent toutes les maladies honteuses qui passent. C’est comme ça que, jadis, les huitres plates ont chopé une ch’touille qui les a presque toutes flinguées, puis que leurs remplaçantes, les portugaises, ont subit le même sort, remplacées par les japonaises. Et celle-ci sont en train de crever d’une saleté d’herpès ! C’est la nature quoi…

 

Mouais… Sauf que.

 

Sauf que les producteurs d’huitres, ça les emmerdait les huitres laiteuses des mois d’été. Les clients n’aiment pas trop. Hors ils sont nombreux l’été au bord de la mer. Alors Ifremer, organisme de recherche et de régulation des produits de la mer, a fait travailler ses ingénieurs en blouses blanches, payés avec nos sous. Ces braves gens n’ont pas fait de manips génétiques, non. Huitre OGM, ça fait un peu trop craignos… Ils ont travaillé non pas sur les gènes, mais sur les chromosomes. http://www.infogm.org/spip.php?article3767 Ils font niquer une huitre normale « diploïde », à 2n chromosomes avec une huitre anormale « tétraploïdes » à 4n chromosomes, ce qui donne une huitre à 3n chromosomes dite « triploïde ». Et cette « merveille », stérile,  se développe dans n’importe quelle eau, grossit plus vite puisque n’ayant pas à se reproduire, et donc n’a pas la laitance qui n’est pas très vendeuse, est commercialisable toute l’année. La poule aux œufs d’or ! Elles occupent actuellement le tiers du marché.  Les males triploïdes ne sont pas aussi veinards que leurs compères diploïdes normaux : ils sont tués dès qu’ils ont balancé la fumée dans les écloseries !

 

Résultats, pas de brassages génétiques. Toutes les huitres françaises descendent de quelques centaines de géniteurs. Ces huitres débiles n’ont évidemment pas la résistance des sauvages face aux attaques du milieu marin et des virus et germes des côtes. Elles chopent toutes les maladies honteuses… Et les refilent aux autres, les normales, les diploïdes. Voilà pourquoi les huitres « graines » - le naissain – crèvent à 90% ! Et que les huitres atteignent des prix extravagants.

 

Et accessoirement pourquoi je n’achète plus d’huitres après avoir chopé une cagagne…qui m’a permis de me cultiver !

 

 

Duodi 22 Frimaire 220