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31/01/2012

Au bistro de la toile: c’est quoi le « modèle allemand » que veut nous vendre Sarko ?

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- Wie geht es dir, Loulle? EinGlas Rotwein, bitte!

 

- Oh! Herr Victor, vasistas? Qu’est-ce qu’il t’arrive? T’as la casquàboulonite ?

 

- Ben, faut se mettre au goût du jour non ? Not’bon président ne jure plus que par l’Allemagne. Alors faut se reconvertir. Hast du gehört ! Ça va réchauffer des souvenirs...

 

- Il est tout de même vrai  qu’en termes de croissance économique, de chômage, de commerce extérieur et de maîtrise de la dette publique les statistiques allemandes peuvent séduire : une croissance économique de 3 % en 2011 et un taux de chômage de 5,5 % en novembre 2011… Ça laisse rêveur…

 

- Ça, c’est ce que chantent sur l’air des lampions les thuriféraires du modèle ultralibéral initié par le « socialiste » Gerhard Schröder et imposée par Merkel et que reprennent comme des perroquets les sarko-trafiquants. L’Organisation Internationale du Travail remet fort opportunément les pendules à l’heure dans un rapport au vitriol publié le 24 janvier sur la stratégie allemande de massacre des salaires à l’œuvre depuis une décennie. En plombant la croissance européenne, la politique des bas salaires allemands serait, selon l’institution onusienne, la cause structurelle des difficultés actuelles de la zone euro : « Les coûts du travail en Allemagne ont chuté depuis une décennie par rapport aux concurrents, mettant leur croissance sous pression, avec des conséquences néfastes pour la viabilité de leurs finances publiques".

 

- En clair, ça veut dire quoi ?

 

- Ça veut dire que le marché intérieur allemand s’est rétréci au même rythme que les salaires, plombant ainsi les exportations vers l’Allemagne des produits des autres pays de la zone euro. L’Allemagne « d’en-bas »  n’ayant pas de pognon, elle n’achète donc pas de produits français, italien, espagnols, grecs, etc. De plus pour rester compétitifs avec les produits allemands – pour beaucoup fabriqués en Pologne, Tchéquie ou Roumanie puis assemblés en Allemagne pour avoir l’estampille vendeuse « made in Germanie » - les partenaires de l’Allemagne sont contraints à durcir leur austérité salariale. Avec au bout de la route la récession qui se profile sur toute la zone euro ! Et parallèlement une envolée de la dette qui a plus que doublé en France sous Sarkozy.

 

- Pourtant les Allemands nous en foutent plein la vue avec leurs grosses bagnoles…

 

- Illusion Loulle. Illusion ! Ils sont de moins en moins nombreux à pouvoir venir faire les beaux chez nous. Il y a de plus en plus de pauvres et de précaires chez eux où le Smic n’existe pas. Comme le souligne le rapport, ce sont tout particulièrement les catégories de salariés les plus fragiles qui ont supporté le poids de l’ajustement salarial, puisque les créations d’emplois ont porté essentiellement sur des emplois précaires à bas salaires dans le secteur tertiaire. Les "working poors" (travailleurs pauvres) qui alimentent la progression de la pauvreté en Allemagne ne sont donc plus un mythe depuis longtemps Outre-rhin, la politique de flexibilisation du travail du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder, engagée en 2003, politique synonyme de précarisation de l’emploi, ayant une lourde responsabilité en la matière selon le rapport. Voilà le modèle que nous vante et veut nous « vendre » Sarko.

 

- Mouais… Alors restons Vranzais ! Tè ! C’est ma tournée.

 

- Prosit !

 

 

Duodi 12 pluviose 220

 

Merci à Chimulus

 

 

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