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26/03/2012

Pendant la campagne, les sarko-sapoperies continuent

 

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La Sécu, on y est tous attaché, c’est une des plus grandes, généreuses et belles conquêtes sociales du siècle passé. Et il suffit d’ouvrir les yeux pour voir que les divers pouvoirs de droite s’efforcent, mandat après mandat, de la démantibuler avec pour stratégie finale de la refiler au privé, c’est-à-dire aux gros conglomérats assurance-banque.

 

 

Selon l’adage de « qui veut tuer son chien prétend qu’il a la rage », les nuisidroitiens (ouais, c’est nouveau, faut créer des mots, faire évoluer la langue !) – les gens nuisibles généralement de droite (mais n’est-ce pas un pléonasme ?) – les nuisidroitiens donc font en sorte que cette pauvre Sécu soit en déficit chronique. Et si possible fort déficit. Comment ? On en a déjà souvent parlé, mis rappelons quelques ingrédients de cette magouille : l’état ne paie pas, ou pas en totalité ses dettes, ne reverse pas, ou pas en totalité, les taxes sur l’alcool et le tabac, ne rembourse pas les cadeaux aux entreprises, etc. Dès lors, pour redresser les comptes, on détricote la Sécu pour la refiler par lots, c’est moins douloureux, aux requins de la banque et de l’assurance privé.

 

 

Une mesure, parue discrètement il y a quelques jours au Journal Officiel, et qui entre immédiatement en application, oblige les complémentaires santé (mutuelles, assurances, institutions de prévoyance) à rembourser aux patients des dépassements d'honoraires plafonnés à 50 % au-dessus du tarif Sécu.

 

 

Sont concernés les dépassements pratiqués par des médecins spécialistes de bloc opératoire (chirurgiens, anesthésistes, obstétriciens) qui sont actuellement en « secteur 2 », c'est-à-dire qui sont autorisés à demander plus à leurs patients que le tarif remboursé par l'assurance maladie, contrairement a leurs confrères, les plus nombreux, exerçant en « secteur 1 ».

 

 

Ces praticiens qui le souhaitent vont pouvoir opter pour un nouveau secteur, que l'on appelait jusqu'ici « secteur optionnel » et désormais « option de coordination élargie ». S'ils limitent leurs dépassements à 50 % du tarif Sécu pour 70 % de leurs actes techniques, l'assurance maladie prendra en charge leurs cotisations sociales (santé, retraite, etc.) sur les 30 % des actes qu'ils devront continuer à effectuer au tarif opposable. Ben voyons ! Faut bien les aider à changer leur 4X4 chaque année ces pauvres malheureux !

 

 

Et que vont inévitablement faire les mutuelles? Augmenter leurs cotisations! Et à la sortie, c’est encore le patient qui casquera. Ceci s’ajoute, en les alourdissant, aux franchises de 0,5 € par boite de médicament et de 2 € par transport, sans oublier les déremboursements.

 

 

On arrive ainsi, petit à petit, à une médecine à deux vitesses. Pour les « pauvres cons », selon la terminologie sarkozienne, les médecins au rabais, pour les rupins qui ont les moyens de se payer des assurances complémentaires devenues très chères, les meilleurs spécialistes. C’est la dérive « américaine » chère à Sarkozy…

 

 

On nage en plein paradoxe, avec une pratique « libérale » de la médecine et un financement socialisé ! Car les professionnels de santé, qu’ils l’acceptent ou pas, sont des quasi-fonctionnaires, puisque leur rémunération de base - la seule qui soit légitime - est payée par des prélèvements obligatoires qui ne sont rien d’autre que des impôts. Pour en sortir, pourquoi ne pas envisager le paiement au forfait-patient en remplacement du paiement à l’acte ?

 

 

Quand aux riches, créons pour eux un secteur entièrement libre, mais plus du tout remboursé par l’Assurance maladie et les mutuelles. Ces bourrés de thunes pourront se faire soigner par les toubibs qui s’y risqueront sans plus avoir aucun filet pour garder leur clientèle !  Chiche !

 

 

Septidi 7 germinal 220

 

 

Merci à Chimulus

 

 

 

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