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26/09/2012

Et si on reparlait de Fukushima où on est à 2 doigts du pire ?

fukushima crane.jpg

 

 

Exit Fukushima des médias. Ça ne fait plus recette et on a autre chose à se mettre dans l’étrange lucarne. Et pourtant ! L’article suivant lève un coin de voile sur un danger qui n’est pas que localement japonais, mais qui est planétaire. A vous de juger :

 

Alors que chacun craignait la chute de la piscine du réacteur N°4, une partie du bâtiment N°3 de la centrale de Fukushima Daïchi qui vient de s’écrouler dans le plus complet silence de la plupart des médias.

Problème, la piscine de ce réacteur contient du Mox.

 

C’est le 20 septembre 2012 que suite à une mauvaise manipulation, des ouvriers de la centrale tentant d’enlever des débris tombés dans la piscine du réacteur N°3, ont malencontreusement heurté une poutrelle métallique de 7 mètres de long, pesant 470 kg, laquelle était au bord de la piscine, provocant la chute de celle-ci dans la piscine. 

 

L’accident a été qualifié « d’incident », à se demander comment serait qualifié la chute d’un employé de TEPCO, qui tomberait d’une échelle. lien

 

Le problème est que cette piscine contient 514 assemblages de combustible usagé, et 52 neufs, à base de MOX, dont la particularité est de contenir du Plutonium 239, fabriqué en France, à Marcoule, (lien) ainsi que du plutonium 241, très instable.

Rappelons qu’un milligramme de ce plutonium inhalé peut suffire à induire un cancer, (lien) et que la durée de « demi-vie » de celui-ci est de 24 000 ans, ce qui signifie que les effets ce cet élément radioactif ne seront bien moins dangereux qu’au-delà de 100 000 ans.

On pourrait s’étonner que le contenu de cette piscine n’ait toujours pas été vidé, mais l’opération est rendue difficile, puisque le chariot qui permettait ce déchargement était lui-même tombé dans la piscine.

La transparence étant rarement de mise dans le milieu nucléaire, ce n’est qu’un an après que nous avons été informés de cet accident. lien

 

D’ailleurs, dans la même logique, ce n’est que maintenant que nous apprenons que les réacteurs n°5 et 6 de Fukushima ont rejeté du tritium dans la mer aux mois d’avril et mai dernier. lien

 

Revenons à l’écroulement d'une partie du bâtiment du réacteur n° 3

Que peut-il se passer après ?

Maintenant que cette poutrelle de près d’une demi-tonne est tombée en partie dans la piscine, s’ajoutant aux autres parties du bâtiment qui y sont déjà, l’opération de déchargement du combustible, déjà rendue très difficile, l’est encore plus aujourd’hui.

Une autre question est soulevée : dans ce bâtiment, la piscine était à 30 mètres de haut.

Si une partie du bâtiment s'est écroulé, où se trouve la piscine et les assemblages qui étaient dedans ?

Le mystère le plus complet baigne.

Les autorités nucléaires japonaises avaient estimé à l’époque que renforcer la sécurité de la piscine présenterait un cout élevé, sans pour autant diminuer les risques d’un accident majeur.

Donc rien n’avait été fait. lien

Pourtant le risque de criticité est important. lien

Si l’une des piscines de Fukushima venait à se vider de son eau, ou pire à basculer, les assemblages radioactifs se mettraient à chauffer, sans qu’il soit possible à un certain moment de les refroidir, et dès lors tout est à craindre.

 

La gaine de zirconium contenant le combustible nucléaire se dégraderait, comme l’ont prouvé récemment des experts américains, et dès lors, cela provoquerait un énorme relâchement de produits de fission, avec les conséquences que l’on imagine. lien

 

La démonstration de cette possibilité a été décrite en détail par l’expert en la matière, Arnie Gundersen, comme on peut le constater dans cette vidéo, et pour Hiroaki Koide, professeur à l’institut de Recherche nucléaire universitaire de Kyoto, les émissions de matières radioactives correspondraient à 5000 fois la bombe d’Hiroshima. lien

 

Quant à la piscine du bâtiment n° 4, elle pose toujours le même problème, et Masashi Goto, ex-ingénieur chez Toshiba, concepteur du confinement des réacteurs nucléaires de Fukushima n’est lui-même pas rassuré.

 

Il a déclaré : « même si les murs existent, il n’y a pas de manière simple d’en connaitre la stabilité. A quel point la stabilité a-t-elle été compromise par la haute température de l’incendie ? ». lien

 

Le vrai problème restant le délai très long que s’est donné le gouvernement du Japon pour finaliser le démantèlement de la centrale, puisqu’il l’envisage sur une durée d’au moins 40 ans.

D’ici là, que peut-il se produire ?

Les propositions d’aide venant des experts internationaux ayant manifestement été poliment déclinées, on est en droit de se demander pour quelle raison le gouvernement Japonais, maintenant actionnaire prioritaire de la centrale, prend-t-il une telle position ?

Comme dit souvent mon vieil ami africain : « qui fait l’âne ne doit pas s’étonner si les autres lui montent dessus ».

 

Olivier Cabanel

 

Rappel : le 13 octobre, manifestations anti-nucléaires un peu partout en France :

Lyon, la « marche des réfugiés » mais aussi à Laval, Bordeaux, Strasbourg, Paris, Metz, Lille et Narbonne, sur le thème « changeons d’ère, sortons du nucléaire ». lien

Sites à visiter :

Le blog de Fukushima

Fukushima Diary

Next-up organisation

Blog de Jean Pierre Petit

Site de la CRIIRAD

Site de l’ACRO

ENENEWS

 

Quintidi 5 Vendémiaire 221

 

Photo X – Droits réservés

 

Commentaires

Théâtre + débat au Théâtre du Balcon le 27 octobre :
http://theatredubalcon.org/saison%202012%202013/kassandra.html

Écrit par : Michel Benoit | 26/09/2012

Bien! Très bien. Tu nous raconteras.

Écrit par : victor | 26/09/2012

Les commentaires sont fermés.