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02/11/2012

Morts pour des champignons…

boletus edulis 1.jpg

 

Dans le triangle des Bermudes de Lozère – Villefort, Florac, Saint-Chély-d’apcher – il y a eu au cours de la courte saison des champignons 4 morts et une disparue. Les gendarmes ont été appelés des centaines de fois par des champignonneurs perdus dans les forêts des Cévennes et de Margeride. Forêts attirantes comme les cèpes qu’elles recèlent, mais pouvant s’avérer dangereuses, voire mortelles.

 

Pourtant c’est le pied de traquer le boletus edulis (cèpes), le boletus pinicola (cèpe de pins), le lactarius sanguifluus (lactaire sanguin), l’inégalable cantharellus cibarius (girolle) ou sa modeste cousine cantharellus lutescens (petite chanterelle). Eh ! Ne faites pas gaffe, j’apprends le latin avec « Le latin pour les nuls » !

 

Tè ! Hier matin, il faisait 2°C quand je suis parti avec la motocyclette. Sous les bois, l’eau condensée la nuit par les aiguilles de pins te coule dans le cou, te mouille les brailles, te trempe les grolles. C’est pas grave. Tu regardes bien entre les massifs de myrtilles et de bruyère à la recherche des précieux cryptogames (c’est savant ça, non ?). Les toiles d’araignées ornées de rosée difractent délicatement le soleil levant. Entre les branches, un geai se faufile en ricanant. Et toi tu marches, tranquille, le regard aiguisé.

 

Puis, voilà la première coulemelle. On ne peut pas la manquer celle-là : une large ombrelle blanche saupoudrée de brun. S’il y en a une, il y en a d’autres. Et c’est bon les coulemelles ! Faut les peler, les poêler à l’huile d’olive, les saler, les poivrer et les déguster…

 

Puis voilà le premier sanguin (lactarius delicious). Tu le coupes délicatement avec ton couteau spécial à lame recourbée, et tu en cherches d’autres. Il y en a toujours d’autres.

 

Puis voilà le premier cèpe. Superbe, joufflu, solide sur son pied trapu, se dégageant fièrement de sa gangue de feuilles mortes…

 

Eh oui ! Quand tu rentres dans le bois, tu te repères au soleil s’il fait clair. Mais s’il n’y en a pas ? Et si pendant ta cueillette le brouillard se lève ? Et si, absorbé par ta recherche, tu te laisses saisir par la nuit ? Alors tu commences à t’inquiéter. Tu cherches à te repérer, à te rappeler tes trajectoires. Impossible : après une heure dans les bois, tu ne sais plus ou tu es. Alors tu accélères ta marches, tu gravis des talus, tu franchis des ruisseaux que tu avais – te semble-t’il – repéré. Mais en fait tu tournes en rond. Et la panique commence à te chatouiller les boyaux de la tête. Tu prends ton téléphone portable et tu veux appeler. Mais…pas de signal dans ces forêts éloignées des relais… Alors c’est le stress, le cœur qui s’emballe, la panique. L’homo modernus n’est plus capable de se démerder seul en situation un peu délicate. Pourtant, on ne meurt pas en s’organisant pour dormir dans le bois. Pourtant on ne se perd pas si l’on prend quelques précautions élémentaires.

 

Moi, quand je vais en forêt, j’ai toujours la boussole, et je ne me suis jamais pommé. De plus – faut être moderne – avec mon voisin Michel qui est un vrai sanglier pour débusquer les champignons, on a fait chacun l’acquisition d’une boussole électronique, un « Track-back ». Avec ce petit truc extraordinaire, basé sur la technologie GPS, lorsque tu arrives au bois, tu enregistres (avec deux appuis du doigt !) la position de ta bagnole ou de ta moto, tu t’éloignes de 20 mètres et tu appuies comme indiqué sur le mode d’emploi pour vérifier si la position a été correctement enregistrée. Alors tu peux éteindre et fouiller les forêts sans aucun souci de te perdre: lorsque tu voudras retourner, tu allumes ton truc, qui te donnes le cap à suivre et t’indique au mètre près la distance qui te sépares de ton véhicule.

 

boussole & track back 001.jpg

Ça coûte moins cher que de déplacer des centaines de flics, avec hélicoptères, chiens et tout le bastringue pour tenter de retrouver un con incapable de se démerder dans les bois…

 

Il y a une femme qui, depuis dix jours, a disparu quelque part dans le triangle des Bermudes lozérien. On la trouvera peut-être au printemps, ou à l’ouverture de la chasse ou…à la prochaine saison des cèpes. Comme l’étudiant chinois retrouvé bouffé par les renards, les corbeaux et les grands vautours de la Jonte…

 

Eh ! C’est pas gai tout ça Victor ! Normal, c’est le jour des morts, non ?

 

 Primidi 11 Brumaire 221


Photos Moi !

Commentaires

Ben voilà Victor qu'à besoin d'un GPS pour marcher dans les bois !

;D)

Aïoli !

Écrit par : Michel Benoit | 02/11/2012

Eh! La forêt de Mercoire ou de Charpal, c'est pas le bouquet d'arbres du rocher des Doms!

A l'aqua bar!

Écrit par : victor | 03/11/2012

Même pour un bûcheron expérimenté et rugueux ?

:D)

Bises !

Écrit par : Michel Benoit | 03/11/2012

Même pour un bûcheron. Le piège, c'est le brouillard qui te fait perdre tous tes repères.

A diables! (on descend bientôt)

Écrit par : victor | 03/11/2012

Les commentaires sont fermés.