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30/11/2012

Vous avez dit « optimisation fiscale » ?

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Amazon, vous pouvez pas ne pas connaître. Moi, une fois, j’ai commandé, du fond de ma cambrousse, un livre que je ne pouvais trouver sur place. Service correct, rapide, rien à dire. Mais depuis je reçois chaque jour, sur un de mes courriels, des palanquées de pubes sur des livres, mais aussi sur tout ce qui touche à des produits que je suis allé voir sur quelques sites internet. Je suis donc devenu une cible pour ces gens-là. A mon insu et contre mon gré. Mais c’est comme ça sur la toile : l’internaute est devenu une cible pour pubards avides…

 

Amazon est caressé dans le sens du poil par les autorités françaises, y compris notre fringant ministre redresseur Montebourg. Et pour cause : le géant érazunien a installé il y a quelques mois une plateforme de distribution sur ses terres, à Sevrey (Saône et Loire), venant après les plateformes de Saran (Loiret) et Montélimar (Drôme). Et, en plein développement (elle est déjà le n°1 de la vente en ligne en France avec 12 millions de clients), l’entreprise va ouvrir une quatrième plateforme près de Douai, dans le département du Nord. Tout cela crée des emplois, plusieurs milliers d’emplois même et donc on aurait mauvaise grâce à leur cracher dessus.

 

Mais chaque emploi (de peu de qualification) créé coûte un bras en argent public ! Un ras de marée de subventions de la part de toutes les institutions : viabilisation et location à prix préférentiel des terrains, subventions en bel et bon argent des communautés de communes, conseils généraux, conseils régionaux et Etat. Chaque CDI ainsi créé coûte en argent public autour de 5.500 euros.

 

Bon. Pourquoi pas, après tout ça coûte moins cher qu’un chômeur. Mais là où la couleuvre est difficile à avaler et reste sur l’estomac, c’est qu’Amazon ne paie quasiment pas d’impôt en France et que le fisc lui réclame 200 millions d’euros ! Amazon, comme les autres géants étazuniens des industries de la toile – Google, Facebook, Apple, Microsoft, etc. – utilisent à merveille les horreurs économiques générées par l’Europe : possibilité légale de pratiquer le dumping fiscal et social ! Filiales ou holding déclarés dans des pays maquereaux de l’U.E (Luxembourg, Pays-Bas, Irlande) où les bénéfices sont transférés, au nez et à la barbe du fisc français…

 

On appelle ça de « l’optimisation fiscale » ! Vous voulez faire pareil ? Demandez conseil à votre inspecteur des impôts…


Décadi 10 Frimaire 221


Illustration X - Droits réservés

29/11/2012

Au bistro de la toile : service NON compris ? la dernière idée d’arnaque des gargotiers.

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Oh ! Loulle, tu fais partie d’une drôle de profession tout de même…

 

- Ah ! Je te vois venir, tu vas encore baver sur les gargotiers. C’est vrai que huit  restaurants sur dix se contentent de réchauffer au micro-onde des plats surgelés ou sous vide achetés chez Métro. Mais chez moi, la daube est faite maison, par ma femme, et les pieds de cochon, tè, je t’ouvre la porte de la cuisine, tu peux les sentir qui mijotent avec le laurier, la férigoule et tout ce qu’il faut !

 

- Hummm ! Ça sent bon Loulle. Garde m’en deux ! Mais c’est pas de ça que je voudrais tchatcher aujourd’hui Loulle mais d’une saloperie que les pontes de ta profession voudraient faire avaler ; une énorme régression sociale : l’abandon du « service compris ». Une arnaque de plus à mettre à l’actif des gargotiers, experts en la matière comme l’a montré et démontré la baisse-baise de la TVA. Le ci-devant Roland Héguy, président de l’Union des Métiers de l’Industrie Hôtelière, principale organisation de la profession - soi-disant pour «rendre les serveurs plus aimables, plus souriants et donc véhiculant une meilleure image de la profession – propose de remplacer le système actuel de rémunération « service compris » (pour lequel les personnels se sont battus durant des années) par un système de rémunération du personnel de salle dans lequel le salaire fixe serait fortement diminué, le complément de rémunération étant assuré par les clients en fonction de leur satisfaction du service. C’est une dérive à l’américaine. Autrement dit les gargotiers prétendent maintenant bénéficier du travail de leur personnel de salle gratos, faisant payer leur rémunération par le client ! Gonflés les mecs. Faut bien payer le Porsche Cayenne de l’année…


 

- C’est effectivement une vraie saloperie Victor. Je n’étais même pas au courant. Pourtant l’autre soir, sur je ne sais quelle chaine, de télé, j’ai vu un reportage justement sur les serveurs étazuniens payés au pourboire et faisant l’apologie de ce système…


 

- Action psychologique pour préparer les cerveaux à l’arnaque à venir. Les gargotiers ont les bras longs.


 

- Probable Victor. Le pognon des serveurs deviendraient alors très aléatoire selon que le client serait plus ou moins satisfait de la prestation, mais de la prestation totale, c'est-à-dire le service lui-même (célérité, sourire, compétence, gentillesse, etc.) mais aussi de la qualité des plats ou des retards de service, laissant le serveur subir seul d’éventuels dysfonctionnement en cuisine ne dépend pas de lui. Un beau retour en arrière. Il est vrai que chez pas mal de « collègues », il y a une constante : faire un max de fric sans respecter la moindre législation. Bien des employés travaillent 60 heures par semaine payées 39, et souvent on leur propose de les déclarer à mi-temps et de payer le reste au black… Sans parler des conditions quasi esclavagistes que doivent se farcir les immigrés et, encore pire, les sans-papiers.


 

- Tu es lucide et courageux Loulle. Mais l’objectif réel des gougnafiers qui osent proposer ça, ce n’est pas un peu plus de sourire sur le visage des serveuses et serveurs mais de pallier à la hausse de la TVA de 7 à 10%. L’arnaque est maligne, ces gens sont des renards rompus à toutes les magouilles: en sortant ainsi les 15% de service compris obligatoire sur la carte  et donc sur le ticket de paiement du client, les prix affichés seraient moins chers qu’aujourd’hui. Et qui paieraient la différence ? Pas les patrons mais les serveurs car ce sera pour leur gueule si les clients, habitués au « service compris » ne rajoutent pas d’eux-mêmes les 15% d’avant. D’ailleurs moi, je ne laisse jamais de pourboire. J’estime ça dégradant. 

 

- Allez, à la nôtre Victor ! C’est la tournée du patron.

 


Octidi 8 Frimaire 221


Merci à Chimulus

28/11/2012

Au bistro de la toile : éthylotests et radars !

chimulus bistro copie.jpg

 

- A pieds Loule ! A pieds, qu’il faut venir dans ton antre de perdition, mastroquet de mon cœur. Si on vient en bagnole, faut boire du palermo où du vichy cassis… Fini le ballon de rouge, sinon pan-pan-cucul !

 

- C’est pas un mal Victor, d’ailleurs toi tu t’en fous, tu viens pédibus ou à vélo…

 

- Et lorsque je dois conduire, ou lorsque des amis viennent bouffer à la maison, avant de les laisser repartir, j’ai un alcootest équivalent à celui des bourres – 90 euros ! – et je m’efforce de garder ceux qui font siffler la bête. Sans compter que j’ai toujours cet appareil dans la boite à gants pour mézigue. C’est un petit investissement pour une grande sécurité personnelle ! De plus, c’est maintenant obligatoire… Maintenant, sur les motivations de ce décret le rendant obligatoire, il y a à dire…

 

- Eh bien dis-le !


- En  juillet 2011, une association, "I-Test" se crée pour militer en faveur d'éthylotests obligatoires dans toutes les voitures. Ils interpellent le Ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, et hop quelques mois plus tard le décret sort, vite fait, bien fait. Une nouvelle infraction est créée, avec une amende de 17 euros à la clef.  Mais, là où le bât blesse c’est quand on se penche sur la question de savoir à qui va bénéficier ce juteux marché ? Et là, surprise ! C’est ce qu’explique un article publié sur le site Internet lequipement.fr (http://www.lequipement.fr/) , et intitulé « Éthylotest obligatoire : Jackpot pour Contralco ». Il s’agit d’une société, basée dans l’Hérault, en situation de quasi-monopole avec 90 % du marché français et leader européen. Ainsi, l’Hexagone représente 36 millions d’automobilistes et 1 à 2 millions de deux-roues. Selon les calculs du site, sur une base de deux éthylotests par usagers de la route ce sont 72 millions d’unités à fournir. Basée dans l'Hérault, cette société de 61 employés est la seule entreprise française à produire et vendre des éthylotests, électroniques ou à usage unique. En 2008, la vente de 13 millions d'éthylotests a permis à Contralco d'afficher un chiffre d'affaires de près de 5 700 000 €. Fournisseur officiel de la Police et de la Gendarmerie, Contralco précise que les Forces de l'Ordre ne représentent que 35 % de son activité quand le grand public plafonne à seulement 25 %. Bonne nouvelle, le nouveau Code de la Route va changer ça, en multipliant les ventes par plus de 5.  Détail croustillant, la plupart des membres de « I-test », l’association « philanthropique » qui a fait pression dur Guéant, on trouve…des très, très proches de l’entreprise Contralco !

 

- Très bien. Pourtant, même les députés commencent à gueuler contre les mesures qui font chier les automobilistes : retrait des panneaux avertisseurs de radars, interdiction des systèmes coyotte et maintenant remise en cause par Valls lui-même de cet éthylotest obligatoire…

 

- concernant les radars, je trouve stupide que l’on avertisse les excités du champignon de la présence d’un radar ! Ça veut dire « Allez-y les gars, dépassez allègrement la vitesse, on vous fait signe quand il faudra ralentir » ! C’est d’une connerie rare… Moi je respecte strictement les vitesses autorisées et je n’ai jamais d’embrouille. Souvent je me fais corner par un connard pressé mais je m’en tamponne la raie. Tiens, il y a quelques jours, à la sortie d’un village mais avant le panneau de fin d’agglomération, un gros con en 4x4 qui me collait au cul à doublé rageusement alors qu’en face arrivait une autre bagnole… Passage in extremis en sifflet, queue de poisson et une catastrophe évitée par chance, uniquement par chance…

 

- Les conducteurs de 4x4 ne sont pas tous des cons, mais c’est parmi eux qu’on trouve le plus de gros cons sur la route…

 

- Saine réflexion Loulle ! Pour en revenir aux radars, les panneaux avertisseurs avaient une vocation pédagogique, il est donc normal de les enlever. D’autant plus qu’arrivent les nouvelles générations de ces ustensiles honnis par les débiles de la route : radars tronçons, radars embarqués, etc. Le message induit c’est qu’à tout moment on risque d’être contrôlé. Il suffit de respecter le code et tout va bien.

 

- Tiens, je lis dans le journal : « Le premier facteur d'accident en France, c'est la vitesse. En second on trouve l'alcool, en 3ème le non-port de la ceinture qui occasionne 400 morts par an. Et maintenant, l'ensemble des accidents impliquant la téléphonie, kit mains-libres compris, approche les 450 morts par an" souligne Chantal Perrichon avant d'ajouter: "Après les lobbies de la vitesse et de l'alcool, il faudrait lutter contre le 3ème lobby, celui de la téléphonie. Mais le gouvernement n'a pas le courage d'aller dans ce sens, on préfère sanctionner l'automobiliste" affirme la présidente de la Ligue contre la Violence Routière. »

 

- Bon. En attendant, met ma tournée !



Septidi 7 Frimaire 221


Merci à Chimulus

 

 

 

27/11/2012

Eh ! Oh ! Y a pas marqué La Poste là !

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Ah ! La poste… Dany Boon en a fait, du temps du service public, une charge désopilante. Depuis, cette vieille dame un peu coincée mais chère au cœur de tous les Français a été privatisée. On a supprimé les barrières et les hygiaphones, on a repeint en jaune, on a mis plein de choses inutiles à vendre, on a remplacé moult employés par des machines rutilantes censées vendre des timbres, recharger un monéo, affranchir un colis, etc. Seulement, lorsqu’elles ne sont pas en panne, ces machines requièrent de l’usager (pardon, du « client »), un stage de trois mois de formation avec deux ingénieurs pour en maitriser l’emploi… Au fait, madame Sécurité sociale, pour combler ton trou (si j’ose coucher sur l’écran cette image osée !), pourquoi ne pas taxer ces robots qui, à la poste, aux péages d’autoroute, maintenant dans les hypermarchés et demain partout, prennent la place et jettent dans les bras radins de monsieur Paul Emploi autant d’employés en chair et en os ?

 

Bon, ça nous éloigne de mon propos. J’y reviens. J’ai la chance de pouvoir, chaque année, vivre l’été en Margeride, à 1200 mètres d’altitude, au milieu des vaches, des grandes gentianes, des jonquilles, des ruisseaux à truites et des grandes forêts à cèpes ; et l’hiver, je réintègre mes pénates provençales autour d’Avignon. Du 15 mai au 15 novembre, je fais donc réexpédier mon courrier d’une adresse à l’autre. Cette année, comme il faisait très beau, je suis resté une semaine de plus « en haut » de façon à pouvoir récupérer mes derniers courriers réexpédiés. Or, surprise, cette réexpédition à continué de se faire après la date d’arrêt du 15 novembre.  Dans ma grande naïveté, j’ai pensé résoudre facilement ce problème en donnant un coup de téléphone à mon bureau de poste provençal. Donc internet, pages jaunes et voilà un numéro genre 36 quelque chose. Voix anonyme puis musiquette entrecoupée de pubes pour les divers produits maison. Dix minutes… Les aliboffis remontent et commencent à gonfler, à gonfler… Je vais donc au village le plus proche où se trouve un bureau de poste. J’explique mon problème, demandant à la préposée de téléphoner elle-même au bureau émetteur pour régler le problème. « Hou la la ! J’ai pas le numéro mon pauvre monsieur. Téléphoner à la ville dont on dépend. Tè ! Je vous fais le numéro ». Nouvelle explication auprès d’une autre brave dame me renvoyant…au numéro de téléphone musiquette. Les aliboffis arrivent au bord de l’explosion.

 

Bref. Je transhume vers la Provence et, hier matin, je vais au bureau responsable pour résoudre la question, c'est-à-dire suspendre le renvoi erroné de courrier. Premier contact avec un petit jeunot. « Bon, ce n’est pas de mon ressort, je vais chercher quelqu’un ». Après quelques minutes, arrive une brave dame, celle du grade au dessus. « Bou ! Nous, on ne peut rien, ça dépend d’Avignon » - « Ben, téléphonez leur ! » - « C’est pas possible » (je ne vous dis pas l’état de gonflement des aliboffis). Le ton monte un peu et la dame va chercher un « chef ». Re-belote, re-explication, re-refus de faire quoi que ce soit ni de reconnaitre l’erreur du service et, évidemment engueulade du genre « Monsieur, vous êtes un service public, donc au service du public. Ce n’est pas le prix de vos timbres qui vous paie mais mes, nos impôts… » Bla bla bla bla et voilà que la « chef » va chercher un autre « chef », probablement le « grand chef ». Re re explication et…voilà que le grand chef reconnait l’erreur, va dans les services et deux minutes plus tard m’assure que le problème – pour lequel on ne pouvait rien faire - est résolu !

 

Eh ! Dany Boon, reviens, tu apprécieras le changement !

 

 

Sextidi 6 Frimaire 221

 

Illustration, merci à Placide

 

 

26/11/2012

La chasse tue plus de Français que la guerre en Afghanistan !

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Michel, malgré ses 71 ans et une retraite d’agriculteur, taillait sa vigne acagnardée aux contreforts des Cévennes, près d’Alès. Il aimait bien ces longues heures  de tranquillité Michel. Seul dans sa vigne, sous la caresse du vent et la lumière de l’automne qui fait resplendir la palette des rouges, des ors, des ocres des feuilles de vignes et des châtaigniers tout proche en contrepoint des verts sombres des forêts de résineux. Moments de calme, de retour sur soi-même où remontent et s’ordonnent les souvenirs d’une vie.

 

Soudain Michel sent un énorme choc : une balle lui fouaille le ventre. Il s’écroule. Il va agoniser de longues minutes dans les douleurs atroces d’une blessure au ventre. Ces yeux enfin se ferment sous le soleil d’automne. Un soleil menteur.

 

Un peu plus haut dans la colline avait lieu une battue aux sangliers. Une balle « perdue » a trouvé Michel. Il ne demandait qu’à vivre les années qui lui restaient. Des années qui lui ont été volées…

 

Il n’est pas le seul Michel à avoir payé de sa vie le laxisme qui autorise quelques viandards avinés à faire n’importe quoi derrière la puissance de leurs fusils. Car ces « sportifs » déguisés en tartarins s’approprient bois et halliers quatre jours par semaine. Ils chassent les cochongliers (croisement de sangliers et de laies, horreur génétique qui chie des portées innombrables) qu’ils nourrissent. Ils sillonnent les bois en 4x4 et mieux vaut ne pas être sur leur chemin. Ils sont armés de carabines très puissantes type Remington, tirant des balles restant mortelles à 2 km  de leur coup de départ. Autrement dit, jusqu’à 2 km de rayon d’une battue aux sangliers, tout promeneur, cycliste, ramasseur de champignon ou…paysan travaillant dans sa vigne est en danger de mort !

 

Rien à voir avec le chasseur bucolique - comme mon pote le Grand Gaby! - aimant surtout marcher dans la nature avec son chien, et content de ramener, de temps en temps, une caille ou un lapin de champs…

 

La chasse, ces cinq dernières années, a tué plus de monde en France que la guerre en Afghanistan :

 

Morts victimes de la chasse :     Morts en Afghanistan

2007  24                                                       1

2008  15                                                     10

2009  22                                                       6

2010  19                                                     14

2011  18                                                     26

 

Total :      98                                                    67



Quintidi 5 Frimaire 221


Illustration X - Droits réservés

25/11/2012

Ouiquinde gastronomiques: Les lapins de champs du Grand Gaby

lapins de champs pour le web.jpg

 

Grand long, dégingandé, sec

Perché sur un long cou d'échassier famélique,

Le Grand Gaby est un Prince de la barrique.

Ce fervent défenseur de l'ardeur vigneronne

Est médaillé d'honneur de la Coste-du-Rhône :

N'a-t-il pas englouti, pour se mouiller la glotte

Six cents hectos de vin, sans un verre de flotte!

Ceci en soixante ans d'une soif flamboyante,

Éteinte verre en bouche, de manière constante.

Tout comme d'autres tirent, Gaby boit des deux mains,

En saluant la foule, tel un tribun romain.

Le Grand Gaby, doté d'un vigoureux sésame

Est, cela va de soi, le chéri de ses dames.

Minettes délurées, bourgeoises en goguette

Attirées par sa réputation d'athlète,

Négligeant les on-dit qui prédisent leur perte,

Viennent à son mazet, ouvertes et offertes.

Elles doivent aimer le suint de sanglier

Car leur amant dégage un fumet de gibier.

Priape, Éros, Bacchus, protecteurs de Gaby,

Bénissent les amours cachés dans son gourbi.

Ses conquêtes, souvent, mangeront du lapin

Lorsque leur étalon part avec ses copains...

Le lapin, il est vrai, est sa spécialité,

Tant dans la casserole que contre ses beautés.

Souvent le Grand Gaby, quand vient le crépuscule,

Part hanter la garrigue où la chouette hulule.

Silencieusement, tous les sens aux aguets,

Il s'en va, dans la nuit, pour tendre ses arqués (1) :

De puissants pièges ronds, tendus par un ressort,

Pour les lapins de champs, synonymes de mort...

Quant l'aube aux doigts de roses éveille la nature

Gaby est déjà là pour prendre ses captures.

Les gardes le connaissent, tous veulent le coincer,

Mais le Grand, plus malin que la maréchaussée,

A toujours évité les rencontres néfastes

Tant, de son territoire, sa connaissance est vaste.

- Oh ! Victor, ton Gaby, c'est un bel oiseau rare !

Mais ses lapins de champs, comment il les prépare ?

- Espuillés (2), étripés, coupés en huit morceaux,

Un lapin de garenne chaque deux commensaux,

Tu frottes du thym sec de la dernière estive,

Tu arroses le tout de bonne huile d'olive,

Sel, poivre du moulin et quelques aromates

Et tu fais reposer cela dans une jatte.

Dans ta sartan (3), fond du petit-salé en dés

Dans un peu de saindoux, quantité limitée.

Quand c'est cuit, mets de l'ail, trois oignons émincés

Trois tomates pelées, soigneusement pressées,

Fais réduire à feu vif sans cesser de tourner,

Rajoutes ton lapin à peine fariné,

Fais prendre la couleur en remuant l'ensemble,

Trois verres de vin blanc ou plus si bon te semble,

Plus un morceau de sucre dans quelques verres d'eau.

Encore que la flotte ne sois pas mon credo. . .

Fais cuire sans couvrir, vivement, demi-heure.

Le Gaby l'accompagne par des pâtes au beurre.

Parmi les invités de ces repas de maître,

Le Grand convie parfois.. .notre garde-champêtre!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 lapins de champs (de garenne), - 2 verres d'huile d'olive la vallée des Baux, - thym sec émietté, - sarriette, - laurier, - sel, - poivre du moulin, ­2 noix de saindoux, - 2 hectos de petit-salé, - 6 gousses d'ail pelées et écrasées, 3 oignons finement émincés, - 3 tomates pelées, mondées, épépi­nées, - 1 cuillerée à soupe de farine, - 3 grands verres de vin blanc, - 1 morceau de sucre, - 3 verres d'eau, - 1 kilo de pâtes.

 

Les vins conseillés: 

Tous les vins rosés bien frais: Côtes-du-Rhône, Tricastin, Ventoux, Lu­beron, Costières de Nîmes, Coteaux du Languedoc, Côtes de Provence, Coteaux varois.

 

Arqués: pièges demi-circulaires à ressort central.

(2) Espuillé : écorché.

(3) Sartan : poêle.

 

 Illustration originale de Vincent Barbantan.

in: Le bonheur est dans l'assiette et dans les ver(re)s


Quintidi 5 Frimaire 221 de l'ère de la Liberté

24/11/2012

De l’Amour et du Vin

ovaires dose.jpg

 

 

Ovaires dose

 

Ça y est c'est le temps des vins nouveaux ! Période bénis des seuls dieux que je révère: Dionysos-Bacchus et Aphrodite-Vénus.

C'est le temps de gloire du Vigneron, ce paysan sacré dont la sueur féconde les entrailles de la terre, ce magicien qui, d'arides cailloux, tire le sang de dieu.


Que fit dieu pour guérir nos maux

Le vieux vin et les jeunes femmes!

 

Il créa pour notre bonheur

Le sexe et le jus de la treille

 

Aussi je veux en son honneur

Chanter le con et la bouteille

 

Dans l'Olympe séjour des dieux

On boit, on patine les fesses

 

Et le nectar délicieux

N'est que le foutre des déesses!

 

Si j'y vais jamais Apollon

Ne charmera plus mon oreille

 

De Vénus je saisis le con

De Bacchus arrach'la bouteille!

 

Dans les bassinets féminins

Quand on a brûlé des amorces

 

Quelques bouteilles de vieux vin

Au vit rendent toute sa force

 

Amis, plus on boit plus on jouit

Un buveur décharge à merveille,

 

Aussi le vin pour dire tout

C'est du foutre mis en bouteille

 

On ne peut pas toujours bander

Du vit le temps borne l'usage

 

On se fatigue à décharger

Mes amis on boit à tout âge!

 

Quant au vieillard aux froids couillons

Qu'ils utilisent mieux leurs vieilles!

 

Quand on n'peut plus boucher de cons

On débouche au moins des bouteilles!

 

Mais hélas depuis longtemps

Pour punir nos fautes maudites

 

Le Bon Dieu fit les cons trop grands

Et les bouteilles trop petites!

 

Grand Dieu fais, nous t'en supplions

Par quelque nouvelle merveille

 

Toujours trouver le fond du con

Jamais celui de la bouteille!

 

Ecrit par le grand poète  catalan Alonzo Bobinar

 

Quartidi 4 Frimaire 221

 

Photo X - Droits réservés 

 

23/11/2012

Une drogue dure : le Pouvoir...

pouvoir gros riches écraseur.jpg

 

 

Pourquoi se déchirent-ils les deux comiques troupiers UMP ? Pour le POUVOIR.

Pourquoi font-ils étalage de tant de haine ? Pour le Pouvoir.

Ils se prennent pour dieu, car dieu, c'est le pouvoir.

Ils veulent jouir de l'ivresse croissante du pouvoir.

Ils recherchent le pouvoir pour le pouvoir, exclusivement pour le pouvoir.

Le bien des autres ne les intéresse pas.

Ils ne recherchent au fond ni la richesse, ni le luxe, ni une longue vie, ni le bonheur.

Ils ne recherchent que le pouvoir. Le pur pouvoir.

Pour ces drogués du pouvoir, Le pouvoir n’est pas un moyen, il est une fin.

Jamais personne ne s’empare du pouvoir avec l’intention d’y renoncer.

La drogue du pouvoir les rend tous sanguinaires.

Le pouvoir est le pouvoir sur d’autres êtres humains. Sur les corps mais surtout sur les esprits.

Ce qui les fait jouir, c'est le pouvoir, non sur les choses, mais sur les hommes.

Et comment un homme s’assure-t-il de son pouvoir sur un autre homme ? En le persécutant.

Le pouvoir est d’infliger des souffrances et des humiliations.

Le pouvoir est de déchirer l’esprit humain en morceaux que l’on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l’on a choisies.

Le pouvoir, qu'il soit fasciste ou capitaliste crée un monde de crainte, de trahison, de tourment. Un monde d’écraseurs et d’écrasés. Un monde de haine.

Le pouvoir, c'est une botte de soudard écrasant un visage.

Le pouvoir, c’est défier la Justice jusqu’au mépris.

Mais ce pouvoir là, aveugle, criminel, se renverse, se conquiert, s'arrache par le courage, le sacrifice, la volonté de justice.

Le pouvoir n'est pas invincible. Les Sans-culotte l’ont jadis démontré en écrivant leur victoire à l’encre de leur sang.



Tridi 3 Frimaire 221


Illustration X - Droits réservés

 

22/11/2012

La droite la plus con du monde !

chimulus copé fillon merde.jpg

 

 

On est les champions ! On est les champions !

Au nez ! Au nez ! On est les champions !

Ils le proclament à la ronde :

" Nous sommes la droite la plus con du monde ! 

Nous sommes tellement couillons

Que nous perdons toutes les élections

Les municipales,

Puis les régionales,

La présidentielle, mère des élections

Puis les législatives pour finir la ration

Voilà de belles preuves de notre connerie !

« De droite », c’est être con ! Eh ! Toi, pourquoi tu ris ?

Ah ! C’est vrai j’oubliais :

Le foutoir intégral de Fillon et Copé.

C’est vrai, là on fait fort

Plus cons que des butors.

On en arrive à perdre, en nous couvrant de boue

Une élection que l’on fait…entre nous !

On est les champions ! On est les champions !

Au nez ! Au nez ! On est les champions !

Nous, on peut tout promettre sans jamais rien tenir

Nous, on sait magouiller sans peur de se salir

Nous, on peut s’engraisser sur le dos des manards

Nous, devant les puissants, on baisse le bénard

Devant eux, s’il le faut, on sait se montrer veule

Leur rendre des services et fermer notre gueule

Nous, on peut trafiquer en restant populaire

Pressurer l’ouvrier plutôt que l’actionnaire

Nous, on peut sans vergogne renier nos paroles

Trimbaler à nos culs des tas de casseroles

Nous on peut sans déchoir, sans peur de s’avilir

Et la main sur le cœur dénoncer et trahir,

Enfiler nos semblables par tous les orifices

Pourvu que l’on y trouve de juteux bénéfices.

Champions du monde !

On est la droite la plus con du monde !

On est les champions ! On est les champions !

Au nez ! Au nez ! On est les champions ! "

 

VictorAyoli

 

 Duodi 2 Frimaire 221


Merci à Chimulus

 

21/11/2012

Nucléaire : Fukushima sur France

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De rares médias restent encore attentifs à la situation, pourtant tragique, qui se joue en ce moment au Japon, mais en France, nous sommes loin d’être à l’abri d'une catastrophe s’il faut en croire la multiplicité des « incidents » qui s’y sont déroulés ces derniers jours.

Pas rassurant.

Je vous propose donc ce texte in extenso. Victor

(Sources : http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/fukushima-sur-france-126164)

 

Le 30 octobre 2012 l’ASN (autorité de sureté nucléaire), a signé, sous la plume de Marie-Pierre Comets, Jean-Jacques Dumont, et Philippe Jamet, une série d’articles enjoignant fermement la FBFC (société franco-belge de Romans-sur-Isère de fabrication de combustibles nucléaires) de fournir avant le 30 novembre toutes les garanties afin que les « incidents » des 18, 26, et 27 septembre 2012 ne se reproduisent pas.

Incidents dont la presse ne s’est pas fait un large écho, le moins qu’on puisse dire.

Le rapport déclare pourtant : « considérant que les évènements significatifs déclarés et leurs conséquences potentielles représentent une menace grave pour les intérêts mentionnés à l’article L 593-1 du code de l’environnement… ».

Cet incident classé d’abord 1 sur l’échelle INES a finalement était reclassé au niveau 2 par l’ASN laquelle a considéré que vu le nombre de « bouteillons » concernés par l’évènement, il y avait un risque de criticité (Le risque de criticité est défini comme le risque de démarrage d’une réaction nucléaire en chaîne lorsqu’une masse de matière fissile trop importante est rassemblée au même endroit. Le risque de criticité augmente en présence d’eau.)  .lien

Ces bouteillons permettent de transférer les matières fissiles d’un atelier à un autre et celles-ci peuvent se présenter sous forme sèches ou humides, et il semble qu’il y ait eu des «  disfonctionnements  »…

 

Quelques jours avant, dans la centrale nucléaire du Tricastin, une vanne d’isolement de l’enceinte du réacteur n°1, essentielle pour éviter la dissémination de la contamination radioactive, s’était mal fermée .lien

 

Quittons le Sud pour Flamanville  EDF à signalé le 24 octobre 2012 à 23h00 un « incident » : un organe de contrôle de type indicateur visuel de circulation du fluide se rompt, entrainant une fuite, obligeant l’exploitant à procéder à « l’arrêt à froid du réacteur afin de permettre une baisse en pression et température de l’eau du circuit primaire ».

La fuite n’a été arrêtée que le lendemain à 5 heures du matin. lien (nous l’avions signalé NDLR)

 

5 jours après, c’est la centrale nucléaire de Cruas Meysse qui a connu quelques problèmes suite à « une gestion inappropriée de 2 vannes permettant le refroidissement du réacteur N°2 ». lien

Cet « incident  » faisait suite à une série de « 7 évènements significatifs  » qui se sont produits au mois de mai et juin 2012.

 

Le 6 novembre 2012, cette centrale connaissait un nouvel « incident ».

En effet, ce jour là, à 8h10, un dégagement impromptu de vapeur potentiellement radioactive, a provoqué l’évacuation de toute urgence de 27 personnes travaillant sur le site, et si la direction assure qu’il n’y a pas eu « de blessés ou de rejets dans l’environnement », il vaut mieux attendre l’expertise prévue pour déterminer la cause de ce nouvel incident et ses conséquences éventuelles. lien

 

Rendons nous maintenant à La Hague où, outre les 230 millions de litres d’effluents radioactifs (entre autres du tritium) rejetés annuellement dans la Manche, (lien) des centaines de milliers de tonnes de déchets radioactifs sont entreposés en attente d’hypothétiques solutions. lien

 

Le 11 octobre 2012, 2 vannes ne s’étant pas complètement fermées ont provoqué un rejet en mer d’effluents radioactifs illégal et encadré juridiquement par l’article n°23.

 

Le 19 octobre 2012, allons dans l’Ain, à la centrale nucléaire de Bugey, où le système de ventilation a connu quelques problèmes. Un système de filtration permet de limiter les rejets radioactifs dans l’environnement, or le 17 octobre, le transformateur du réacteur n°5 est tombé en panne, provocant l’arrêt des ventilateurs, un dépassement des rejets dans l’environnement, lesquels devaient respecter les 180.000 m3/h, et ce n’est qu’au bout de près de 2 heures que la situation a pu être enfin normalisée, alors que le délai légal ne doit pas dépasser les 60 minutes. lien

 

10 jours auparavant, la même centrale avait connu un problème de baisse de température sur le circuit primaire du réacteur n°4, incident classé 1 sur l’échelle INES.

 

Tout près de là, dans la centrale de St Alban, la salle de commande du réacteur N°2 a connu aussi, le 7 octobre 2012, un souci de ventilation. Un graissage excessif a rendu inopérants le système de ventilation et de filtration d’iode qui permet de protéger le personnel du bâtiment en cas d’accident, mais ce n’est qu’au bout de 7 jours que l’exploitant a découvert la panne. lien

 

Restons dans cette centrale où le 10 octobre, l’exploitant a signalé à l’ASN une panne concernant le système destiné à mesurer d’éventuelles fuites entre la partie primaire et secondaire des générateurs de vapeur. Entre le 22 et le 26 septembre 2012, plusieurs alarmes signalant des fuites se sont déclenchées, et ce n’est qu’au bout de plusieurs jours que l’exploitant a réalisé qu’il s’agissait en fait de panne des appareils de détection, mais qu’il n’y avait pas de fuite. lien

 

Voila qui nous rappelle de bien mauvais souvenirs, à Malville, le mal nommé « Superphénix », puisque c’est exactement le contraire qui s’était passé : pendant 1 mois, ne croyant pas à la réalité d’une fuite de sodium pourtant signalée par les appareils de détection, les techniciens ont cherché en vain une explication ailleurs, croyant à une défaillance du système électrique pour réaliser enfin, au bout de 30 jours que 500 litres de sodium liquide fuyaient chaque jour dans l’espace intercuve.

Lorsque l’on sait que ce sodium liquide s’enflamme spontanément au contact de l’air, explose au contact de l’eau, et que l’on ne sait quasi pas éteindre un feu de plus d’une tonne de sodium, (lien) il y avait de quoi rétrospectivement s’inquiéter….d’autant qu’il y avait dans les circuits de refroidissement de Superphénix près de 5500 tonnes de sodium liquide.

L’addition fut lourde : 10 milliards d’euros. lien

 

Mais revenons à nos « incidents » qui comme chacun le sait, n’ont pas eu de « conséquences sur le personnel des centrales mentionnées, ou sur l’environnement  » aux dires de l’ASN, pour nous rendre de nouveau à Bugey.

On vient d’y faire une découverte étrange.

La nappe phréatique analysée révèle des taux de tritium 25 fois plus élevée que la norme.

Habituellement, le taux de tritium analysé dans l’un des puits situé entre les réacteurs N°2 et N°3 et le Rhône avoisine 8 Bq au litre et les prélèvements faits dans le courant du mois d’octobre ont révélé un taux atteignant 200 Bq/l. Logiquement, au-delà de 100 Bq/litre, l’exploitant doit rechercher s’il n’y a pas d’autres radionucléides, mais pour l’instant on est sans nouvelles d’éventuelles investigations supplémentaires.

Le communiqué officiel émanant « d’énergie.edf.com » a naturellement publié l’habituel commentaire : « cette présence de tritium (…) ne présente pas d’impact significatif pour l’environnement  ».

L’ASN a demandé à l’exploitant de « déterminer l’origine de ce niveau de tritium et de prendre les mesures nécessaires ». lien

Mais que sont ces « mesures nécessaires  » ?

L’exploitant va-t-il tenter la mission impossible de vider la nappe phréatique, afin de filtrer la radioactivité avec les techniques qui ont montré « leur efficacité » à Fukushima….avant de remettre l’eau « nettoyée » dans la nappe ?

On se souvient en effet que l’installation qu’Areva avait proposée à Tepco a été largement défaillante, et on sait maintenant que toute cette eau polluée est stockée dans des milliers de containers en attente de solution, quand elle ne part pas directement dans l’Océan. lien

 

En France, le débat sur l’énergie semble avoir du plomb dans l’aile, puisque Greenpeace, par la voix de Jean-François Julliard, ne souhaite pas y participer expliquant : « nous n’avons plus confiance dans ce débat et dans la réelle volonté du gouvernement de réussir la transition énergétique ». lien

Il vient d’être suivi par « les amis de la terre » (lien) lesquels n’apprécie que modérément que dans les 5 membres du comité de pilotage, figurent 2 des principaux promoteurs du nucléaire en France et dans le Monde dont Anne Lauvergeon, ex patronne d’Areva, qui vient de se voir attribué le prix Pinocchio. lien Pascal Colombani, ancien administrateur du CEA (commissariat à l’énergie atomique) fait aussi parti de ce comité.

Du coup, le gouvernement envisage de revoir sa copie. lien

 

Et puis, après la déclaration fracassante de Montebourg sur « l’avenir nucléaire  », on ne sent plus une réelle volonté de sortie du nucléaire en France, et François Hollande lors de sa conférence de presse tenue par le 13 novembre 2012 n’a pas marqué de changement notable sur la question comme l’a remarqué Martine Billard, la coprésidente du Parti de Gauche. lien

 

Personne ne semble avoir encore retenu les leçons de Tchernobyl ou de Fukushima

En tout cas, du coté de Bugey, des militants occupent régulièrement depuis des mois des rond points à Ambérieu en Bugey puisqu’avec le nucléaire on tourne en rond : pour se joindre à l’action, il suffit d’aller sur ce lien 

 Comme dit souvent mon vieil ami africain : « quant la tête est là, le genou ne porte pas le chapeau ».

 

Olivier Cabanel

 

nucléaire

 

 

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Primidi 1er Frimaire 221


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20/11/2012

Dans trois jours, l’Europe face à son avenir

europe pas démocratie.jpg

 

 

Les machines à bruits et les lucarnes à décerveler nous gonflent les aliboffis jusqu’à l’explosion avec leur connerie de scrutin U-aime-pets. La saturation concernant ce non évènement en arrive à dépasser l’indigestion médiatique relative à l’élection d’Obama, mais là, c’était tout de même un vrai évènement.

 

Pendant ce temps, les « professionnels » de l’information se gardent bien de nous parler d’un évènement soigneusement occulté et qui pourtant va conditionner en grande partie notre manière de vivre de 2014 à 2020 : le budget pluriannuel de l’Europe. Depuis quelques jours, en toute discrétion, les « zexperts » tractationnent à tour de bras à Bruxelles. Les égoïsmes nationaux se déchainent, chacun voulant faite prévaloir son intérêt national. Tout ceci évidemment en tenant soigneusement à l’écart l’opinion publique européenne. Circulez manants ! Ce n’est pas de votre niveau.

 

C’est pourtant du concret que chacun de nous peut comprendre. En bref : que coûte l’Europe, quels montants financiers chaque état devra lui consacrer, et que faire de tout ce pognon ?

 

François « Normalou » Hollande s’est vanté d’avoir fait bouger l’Europe avec son fameux « pacte de croissance ». C’est sur cette vague promesse qu’il nous a fait avaler la grosse couleuvre du traité budgétaire Sarko-Merkel. Or, dans les discussions actuelles de Bruxelles, il n’est aucunement question de ce pacte de croissance. Les 120 milliards annoncés correspondent seulement à des fonds déjà prévus et sont ridicules par rapport aux besoins. Ce pacte aurait une efficacité à partir de 800 milliards… Quant à un impôt européen (proposé par les socialistes européens) destiné à donner aux institutions européennes des moyens à l’abri des égoïsmes nationaux, il n’est pas à l’ordre du jour !

 

La Commission avait proposé un budget de 1033 milliards d’euros pour les 7 ans à venir, soit en légère augmentation par rapport au précédent, mais les principaux contributeurs (dont la France bien sûr) lui on dit « Tè ! Fume… ». Tous agitent leur droit de véto si leurs intérêts nationaux ne sont pas satisfaits.

 

La France sort le gros bâton pour défendre une politique agricole commune archi dépassée (44% du budget total !) consistant à gaver de subventions les productivistes drogués aux engrais et pesticides.

 

L’Allemagne, obnubilée par son approche boutiquière de l’Europe, veut conditionner les aides au strict respect des disciplines budgétaires.

 

Les Britanniques, pour lesquels l’égoïsme est une composante essentielle de leur nature, prétendent carrément baisser le montant de ce budget européen. Ils sont d’ailleurs rejoints dans cette saloperie par…France et Allemagne. Etc., etc…

 

Autrement dit, faute de moyens européens le « pacte de croissance » claironné par François a du plomb dans l’aile. Ce budget confortera l’austérité et donc la crise.

 

Vous avez dit crise ? Mais la « crise » est une formidable opportunité pour les vautours de la finance internationale. Elle flanque une trouille « salutaire » permettant de faire accepter toutes les régressions sociales, tous les « sacrifices » indispensables pour éviter un « pire » soigneusement entretenu.

 

Ces tractations magouillardes seront entérinées au cours d’un sommet extraordinaire les 22 et 23 novembre. Qu’en diront les canards laquais, les machines à bruits et les lucarnes à décerveler ?


Décadi 30 Brumaire 221


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19/11/2012

Au bistro de la toile : l’huile de foie de morue

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Eh ! Victor, Ali m’a dit qu’il allait probablement se faire virer de la boite de BTP où il marne depuis quinze ans. Belle récompense…

 

- Il m’en a parlé. Son patron se débarrasse de ses propres employés, sans s’encombrer de problèmes humains, pour sous-traiter en cascade le travail à des entreprises étrangères. Résultat : à la place de gars comme Ali, régulièrement affiliés à toutes les obligations sociales françaises, ce sont des Portos et des Polacks qui viennent faire le boulot, dans des conditions de travail déplorables et à des conditions aberrantes. Sans que les autorités compétentes françaises ne puissent rien faire, l’inspection du travail ayant été quasiment démantelée sous Sarko. C’est une manière de délocaliser des emplois sur place. Ces magouilles ont cours essentiellement dans le BTP, la restauration, voire l’agriculture. C’est le retour de Bolkeinstein…

 

- Puteng ! Mais elle sert à quoi alors l’Europe ? C’est pas normal que des travailleurs européens puissent venir mettre à la rue d’autres travailleurs européens.

 

- Tout ça parce qu’il n’y a pas d’harmonisation fiscale et sociale. Cette aberration remonte au traité de Maastricht. Elle est l’œuvre de la toujours perfide Albion. Les Anglais ont imposé en loucedé dans ce fameux traité fondateur de l’Union Européenne actuelle, un petit paragraphe qui dit que « les questions fiscales et sociales doivent être réglés à l’unanimité », et non à la majorité. Ce qui revient à dire que chaque pays a droit de véto sur ces questions. C’est la prime au moins-disant social et fiscal. D’où l’existence au cœur de l’Europe de pays voyous comme Luxembourg, Pays-Bas, Irlande, Grande-Bretagne. Ces pays, avec des pratiques fiscales et sociales au plancher, pompent l’énergie et les forces vives des autres…

 

- C’est dégueulasse…

 

- Eh ! Faut poser les valises les mecs ! L’Europe ultralibérale actuelle, c’est ça : liquider les acquis sociaux et les protections sociales, saccager les codes du travail en alignant tout cela sur le moins-disant. Pour y arriver, il suffit d’instituer une concurrence « libre et non faussée » entre travailleurs, un chômage de masse et de mettre une bonne dose de déficit pour installer une précarité générale de façon à créer une ambiance de peur bloquant toute revendications, qu’elles soient salariales, de conditions de travail ou de protection sociale. Cette volonté de plongée vers le bas ne s’arrêtera que lorsque les travailleurs européens en seront réduits aux conditions des travailleurs chinois.

Ecoute-les, à la télé, les parasites et autres « pigeons » qui, retour d’un ouiquinde aux îles Caïman, garent leur Ferrari pour venir nous seriner à longueur d’émission, à travers la voix de leurs lèche-cul attitrés, les « zéconomistes distinguées », qu’il faut baisser le « coût du travail », qu’ils sont étranglés par les impôts ( ???!!!), qu’ils vont foutre le camp à l’étranger. Ecoute-les nous baver que tout ça, c’est la faute du smicard trop payé qui ruine le pays, la faute du salaud de vieux qui prétend se faire soigner, la faute de ces bandes de feignasses qui veulent prendre leur retraite à 60 balais… Ecoute les « zéconomistes distinguées » qui nous serinent qu’il convient de faire des sacrifices ! Allez les petits, prenez votre huile de foie de morue, c’est pas bon, mais c’est pour votre bien !

 

- Alors qu’est-ce qu’on fait ? On aiguise les faux ? On prépare les cordes ? On chante « Ah ça  ira ça ira, ça ira » ?

 

- Il faudra bien y venir Loulle. En attendant, sers ma tournée.

 

 Nonidi 29 Brumaire 221


Merci à Chimulus

18/11/2012

Gastronomie dominicale: la truffade de morue

truffade de morue pour internet.jpg

La truffade de morue

Avoir du poisson frais, aujourd'hui est banal
Même si l'on habite loin du littoral.
Cependant bien souvent, dans les grandes surfaces,
Le frais est remplacé par le froid de la glace,
Si bien que pour le nez, l'étal du poissonnier
Fait penser que le "pei" (1) a dû venir à pieds!
Avant l'avènement du sous-vide attrayant,
Du surgelé vainqueur, du frigo triomphant,
Le seul poisson des provençaux de l'intérieur
N'était pas le plus cher, n'était pas le meilleur,
C'était la "merlusso" (2), c'était la morue sèche
Que les rudes bretons faisant la Grande Pêche
Venaient, par tombereaux, troquer contre le sel
À Salin-de-Giraud, Aigues-Mortes ou Lunel.
Ah ! il fallait les voir tous ces rugueux rouliers
Descendant en convois par chemins et halliers,
Poussant à coups de gueule, coups de fouets, coups de pieds,
Leurs grands chevaux fumants tractant leurs lourds fardiers.
Quand les jours étaient longs et qu'ils étaient pressés,
Ils dormaient à la dure, dehors, dans les fossés,
Et lorsqu'ils emplissaient les auberges routières
Pour boire et pour bâfrer, pour rire sans manière,
Ces hommes au sang chaud et à la poigne leste
Jouaient du poing, du fouet pour la moindre conteste.
Les convois descendant amenaient la morue
Fournie par la Bretagne et ses marins bourrus.
Les convois remontant en un grand carrousel
Vers les ports océans étaient chargés de sel.
De ce commerce ancien sont nées des accointances
Entre gens de Bretagne et gens de la Provence.
C'est ainsi que naquit la morue en truffade
La "merlusso'n raïto » " (3) ainsi que la brandade.

Fais dessaler, petit, une morue épaisse
Vingt-quatre heures au moins en changeant l'eau trois fois,
Ôte peau, cartilage avec délicatesse,
Puis tu coupes, en portions, mais en faisant bon poids.
Dans de l'huile d'olive tu feras revenir
Deux oignons émincés sans les faire roussir,
Ajoute trois tomates pelées, mondées, hachées
Trois belles gousses d'ail, du thym et du laurier
Du poivre du moulin, safran, zeste d'orange,
Mais surtout pas de sel. Tourne bien ce mélange
Qu'après tu vas mouiller avec deux litres d'eau.
Ajoute douze "truffo" (4) coupées grosso-modo.
Les "truffo" par chez nous sont les pommes-de-terre,
Les véritables truffes, elles, sont les "rabasso" (5),
Joie des meilleurs gourmets ainsi que des pourceaux,
Et des chiens "rabassié" (6) qui les sentent sous terre.
Tu fais cuire à feu vif, surveille la cuisson
De tes pommes-de-terre. Goûte. Lorsqu'elles sont
Cuites à mi-parcours, avec une écumoire
Tu déposes dessus tes morceaux de morue.
Complète la cuisson à feu vif maintenu
Tu rectifies en goût, un canon tu vas boire.
Tu sers dans chaque assiette la morue, les patates,
Tu purges le bouillon de tous ses aromates
Et tu le sers à part, en soupière fumante.
Enjolive ton plat de façon élégante
En piquant ça et là quelques brins de persil.
Qui l'agrémenteront de leur parfum subtil.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,
Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.


VictorAyoli



(1) Pei".. poisson. (2) Merlusso .. morue. (3) Merlusso'n raito" .. morue aux pommes-de-terre. (4) Truffo.. pommes-de-terre (on dit aussi "tartifles "). (5) Rabasso .. truffes véritables (melanosporum).
(6) Chiens rabassié .. chiens truffiers.



Ingrédients et proportions pour six personnes:
- 1 morue sèche de 600 g environ, - 3 cuillerées d'huile d'olive, - 2 oignons émincés, - 3 tomates, - 3 ou 4 gousses d'ail triées, - thym, - laurier, -safran, - poivre, - zeste d'orange, - 12 pommes de terres, - 3 branches de persil plat.

Les vins conseillés:
Tous les vins rosés. En vallée du Rhône: Tavel, Lirac, Jonquières-St-Vincent, Chusclan, Ventoux, Luberon, Valréas, Roaix, Gaujac, Domazan, St- Victor-Ia-Coste, Remoulins.
En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Saint-Drézery, Saint-ChristoL
En vins de Provence: Côtes-de-Provence, Coteaux varois.


Octidi 28 Brumaire 221


Illustration originale Vincent Barbantan

16/11/2012

Le temps de la crise

Revolution-Delacroix.gif

 

 

Il est revenu le temps de la crise

Le temps des torgnoles le temps des chômeurs

Sans rien dans l’assiette

Pour les banquiers c’est le temps de la fête

Mais pour les prolos c’est le temps des pleurs

Pour éradiquer le temps de la crise

Bientôt va sonner le temps des fureurs.

 

 

Ras le cul de tous les fauteurs de crise

De tous les salauds de tous les rufians

Qui piquent l’oseille

Il est temps que le peuple se réveille

Que vienne l’espoir aux couleurs de sang

Car il a bon dos le temps de la crise

Mais bientôt la peur va changer de camp

 

 

Elle vous arrange cette sacrée crise

Merkel, Parizot tous vos beaux discours

Et ceux de Bruxelles

C’est pas ça qui remplira nos gamelles

Avec ce que laissent vos becs de vautours

Vous regretterez le temps des valises

Lorsque vous aurez une corde au cou

 

Ecoutez gronder  la rumeur sans fin

Des peuples battus qui crèvent de faim

Dans la riche Europe

Espagnols et Grecs, tous ceux qui écopent

L’océan de pleurs des sombres chagrins

Qu’engendrent banquiers et autres salopes

Qui se goinfrent en bouffant notre grain

 

Entendez le bruit du fer qu’on aiguise

Des balles qui vous laisseront au cœur

Une plaie ouverte

La Révolution qui nous est offerte

Va vous dévorer comme une tumeur

Ô Peuples debout, foules insoumises

Vous retrouverez enfin votre honneur


VictorAyoli

 

Merci à Jean-Baptiste Clément, Antoine Renard et Eugène Delacroix


Sextidi 26 Brumaire 221

 

15/11/2012

« Calamity Merkel » : elle sème la misère et récoltera la révolte.

merkel nazi.jpg

 

 

Un désastre. Cette femme est un désastre. Pour l’Europe mais aussi pour son pays.

Pour l’Europe parce l’Allemagne de Merkel joue perso et semble n’avoir à l’esprit que d’éradiquer les industries de tous ses partenaires européens. Parce que le modèle qu’elle prétend imposer à l’Europe est celui des retraités et des rentiers allemands : bas salaires, travaux « forcés » pour les chômeurs, pas de Smic, exploitation sans vergogne de main d’œuvre étrangère sous payée, prestations sociales réduites au minimum, saccage de ce qui fut l’exemplaire « modèle rhénan », etc. Le Bureau International du Travail a sorti un rapport incendiaire à ce sujet, indiquant même que cette politique de bas salaire était une des causes principales des galères actuelles en zone euro. Le marché intérieur allemand s’est rétréci au même rythme que les salaires, plombant ainsi les exportations vers l’Allemagne des produits des autres pays de la zone euro. N’ayant pas de pognon, l’Allemand de base n’achète donc pas de produits français, italien, espagnols, grecs, etc. De plus pour rester compétitifs avec les produits allemands – pour beaucoup fabriqués en Pologne, Tchéquie ou Roumanie puis assemblés en Allemagne pour avoir l’estampille vendeuse « made in Germanie » - les partenaires de l’Allemagne sont contraints à durcir leur austérité salariale. Avec au bout de la route la récession qui ravage toute la zone euro ! Et parallèlement une envolée de la dette (qui a plus que doublé en France sous Sarkozy).

 

Pour son pays. Outre le fait que le nombre d’Allemands vivant en dessous du seuil de pauvreté est galopant,  l’attitude et les oukases de Merkel et de sa clique vis-à-vis des autres Européens est catastrophique. Il a fallu un demi-siècle pour que l’Allemagne regagne la confiance de ses voisins européens. Ces efforts lents et laborieux pour effacer un passé plus que douloureux sont jetés à bas par la morgue et la suffisance de ses dirigeants actuels. N’était-il pas effrayant de voir, hier, dans les défilés de protestations parfois aux limites de l’émeute, la germanophobie se déchainer : Merkel affublée des oripeaux nazis, caricaturée en Hitler, de voir le drapeau européen brûlé…

 

François, c’est à toi, et à personne d’autre de mettre les pendules à l’heure. L’histoire montre que si on ne met pas un coup de frein aux prétentions de la Teutonne et son entourage de mettre le reste du continent sous sa coupe, les relations entre les deux pays glisseront vers l’incompréhension, de l’incompréhension vers la défiance, de la défiance vers la rivalité, de la rivalité vers… Nous n’osons aller plus loin…

 

Les Allemands, jouent toujours l'intimidation. Face à ces prétentions, une seule solution: leur tenir tête fermement, ne pas baisser les bras, ne pas courber l’échine, surtout ne pas baisser ni la tête. Et seule la France a le poids, l’aura et les moyens de le faire.


Quintidi 25 Brumaire 221


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14/11/2012

L’Europe des travailleurs n’est pas morte : elle bouge enfin !

manifs européennes.jpg

 

 

Bien sûr, on va moins en parler que du grand raout – réussi – de François. Mais pourtant il se passe aujourd’hui autre chose : dans de nombreux pays d’Europe, des manifestations syndicales coordonnées. Oh ! Ce ne sont pas encore les grandes levées en masse des damnés de la terre contre des institutions européennes qui « font » l’Europe contre les travailleurs… On n’en est pas encore là. Mais c’est tout de même significatif d’une prise de conscience – enfin ! – des organisations syndicales européennes que leurs actions ne peuvent avoir une incidence positive sur le devenir de l’Europe que si elles sont coordonnées.

C’est un avertissement donné à la fois aux gouvernements nationaux ET aux instances européennes qui se soucient des travailleurs comme de leur première vérole… Le mot d’ordre général, c’est « pour l’emploi, la solidarité  en Europe et contre l’austérité ». Autrement dit le contraire de ce que prône la Commission du sinistre Barosso…

Dans l’imaginaire des gens, l’Europe, ce sont surtout les écrasantes institutions ultralibérales de Bruxelles et Strasbourg inféodées aux lobbies économiques, imposant des règles souvent incompréhensibles à des millions de consommateurs résignés. Pourtant il existe une Confédération Européennes des Syndicats (C.E.S.), fondée en 1973 et quasi inconnue du grand public. Parce qu’elle est jusqu’ici bien peu virulente, mais ! Mais la voilà qui se réveille et mobilise dans toute l’Europe. Enfin ! Elle représente tout de même 84 organisations syndicales dans 36 pays européens (donc plus que l’U.E.). Dans notre pays la CFDT, la CFTC, la CGT, FO et UNSA en sont membres.

 

En France, plus de 130 manifestations et rassemblements sont prévus mercredi à l'appel des cinq syndicats.

En Espagne,  deuxième grève générale en un an. Dans la nuit, les piquets de grève ont pris  position en des points stratégiques de Madrid : aéroport, dépôts de bus ou marché de gros. Les syndicats ont convoqué des rassemblements dans environ 120 villes.

Au Portugal grève générale également.

En Italie, grève de quatre heures.

En Grèce, arrêts de travail dans les entreprises comme dans les administrations et rassemblement au centre d’Athènes.

Manifestations d’ampleurs variables également en Belgique, Allemagne, Pologne.

Conséquences prévisibles de ces actions syndicales : les trains à grande vitesse Thalys entre la Belgique et l'Allemagne seront à l'arrêt. Dans le ciel, les compagnies espagnoles Iberia, Iberia Express, Air Nostrum, Vueling et Air Europa ont annulé 615 vols. La compagnie portugaise TAP a prévu de clouer au sol plus de 160 avions.

Cette prise de conscience européenne au niveau syndical est un premier pas vers une influence enfin réelle des représentations syndicales au niveau de l’Europe. Il y en aura d’autres.

 

 Quartidi 24 Brumaire 221


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13/11/2012

Toubibs dans la rue : la grève de la honte.

 

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Au village, on a de nouveau un toubib. Un Espagnol. Il succède à deux Roumaines. La Maison de santé est rutilante, bien équipée, avec un logement au dessus. Grace à une municipalité volontariste. Pourtant pendant plus d’un an il n’y avait pas de toubib au village… Les jeunes médecins – sortis fraichement diplômés des internes qui manifestaient hier dans les rues de Paris – rejettent d’un revers de main méprisant l’idée même d’installation dans ces trous du cul du monde.

 

Les toubibs, dont les études ont été payées par la collectivité, par vos et mes impôts, rechignent à s’isoler dans les cambrousses. Il est plus facile de gagner du pognon en expédiant 40 clients (on ne peut plus dire patient…) par jour dans les villes du sud ou en région parigote que de se farcir les scrofules purulentes qu’il faut aller nettoyer souvent dans la gadoue, le brouillard, les merdes de vaches et parfois même la méfiance de populations isolées. Là, le 4x4 a une raison d’être…

 

Ces internes se plaignent de leurs conditions de travail ? Mais ne sont-ils pas en formation dans les hôpitaux ? Ce sont des stages en entreprises comme d’autres. Qui ne méritent pas un salaire mais un dédommagement, une gratification, comme tout stage en entreprise. Les conditions de travail difficiles des internes dans les hôpitaux, les manques de postes sont connues, mais personne ne les oblige d'accepter ce contrat qui est la garantie d'une formation de qualité. Et pourquoi ne pas augmenter le nombre d'interne en supprimant le numerus clausus et donc mettre un peu de « concurrence libre et non faussée » selon la doxa ultralibérale ?

Et contre quoi gueulent-ils surtout ? Contre le « risque » de ne pas pouvoir s’installer où ils veulent. Bon. Pourquoi pas. Mais qui a payé leurs études ? Nous ! Ces études sont gratos en France mais elle ont un coût : il faut payer les locaux des facultés, les professeurs, etc. Aus Zétazunis – pays dont rêvent bien des toubibs – leurs sept ans d’études leur auraient coûté au bas mots 20.000 x 7 soit 140.000 euros ! Ne pourraient-ils pas avoir la décence de rembourser un peu cet effort de la collectivité en acceptant pendant quelques années de s’installer dans les « déserts médicaux » ?

 

Dans la rue, il y avait aussi les nantis, ces « richissimes geignards » qui se goinfrent sans vergogne avec leurs dépassements d’honoraires. Les « spécialistes » gagnent en moyenne 9000 euros pas mois, les chirurgiens 11.500 euros par mois, les anesthésistes 15.000 euros pas mois. Eh ! Oh ! Arrêtez de nous faire pleurer sur vos fins de mois difficiles. Quand on aura le temps, on vous plaindra ! Ils sont tous actionnaires de cliniques privées ou de maisons de retraites qui sont autant de machines à sous fort juteuses payées par la Sécu, donc pas nous !

 

De plus en plus de gens ne se soignent plus. Alors que valent les résistances corporatistes et les privilèges de quelques milliers de personnes face aux dizaines de millions qui ne se soignent plus, ou mal, ou trop tardivement ? Pour des raisons surtout de coût et de plus en plus d'éloignement.

 

Est-il acceptable que la Sécu au trou abyssal aide ces gens qui pratiquent des dépassements abusifs ?

 

Est-il acceptable que les hôpitaux – secteur public – concèdent un secteur privé de plus en plus important, avec des moyens payés pour le public, par tous ceux qui cotisent, au profit exclusif des plus favorisés ?


Et ils arrivent encore à se regarder dans une glace ? Mais il y a longtemps que la vergogne ne tue plus…


Ils obtiennent tout ce qu'ils veulent les toubibs parce qu'ils sont en position de force. Parce qu'ils sont nombreux sur les bancs du Sénat et de la Chambre des députés; parce que le numerus clausus imbécile organise la pénurie.


Bon. Le mieux pour nous, cambrousards, c'est encore de manger bon, boire dru, brosser madame, respirer un air pur et encore gratuit en écoutant les petits oiseaux...

 

Tridi 23 Brumaire 221

12/11/2012

Alors, ils vont le voter oui ou merde les députés de gôôôche ce non cumul des mandats ?

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C’est une promesse essentielle du candidat François Hollande : la fin du cumul des mandats. Enfin ! Le rapport Jospin n’y va pas par quatre chemins et met les pendules à l’heure. Mouais… Puteng ! le ramdam dans les chaumières ( ???!!!) des cumulards de tous bords ! Droite, gauche, centre, extrêmes, tous  (presque !) unis pour garder la plus grosse part possible du gâteau ! A l’encontre flagrante de la démocratie, en créant des mandarinats insupportables, en bloquant tout renouvellement des personnels politiques, voire même en établissant des dynasties !

 

La droite, protectrice de toutes les magouilles, s’étrangle. Et à gauche ? Le PS, comme le PC regorgent de ces « notables », caciques locaux voire satrapes qui se croient élus de droit divin. Et ceux-là ne veulent pas lâcher le morceau !  Et il en est de même dans les autres formations politiques.

 

Pour montrer l’exemple – et c’est tout en son honneur – Martine Aubry a en son temps demandé à ses ouailles élus de respecter ce non cumul et donc de démissionner d’un ou plusieurs de leurs mandat si nécessaire. Et qu’est-ce qu’il lui on dit à Martine les « notables » en question ? « Tè ! Fume ! »

 

De droite ou de gauche, un seul vainqueur : le mandarinat. Des maires, des présidents d’exécutifs régionaux réélus pour la troisième, la quatrième, voire la cinquième fois… Et qui sont aussi députés, sénateurs, députés européens. Désolant de connerie.

 

Comment un élu peut-il apporter encore quelque chose à ses concitoyens lorsqu’il est englué dans la routine et, surtout, le clientélisme !

 

Car ne nous leurrons pas, toute réélection doit autant sinon plus au renvoi d’ascenseur qu’au travail réalisé pendant la mandature.

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Au premier mandat, un maire, un conseiller général ou régional, un député voire un président de la République, ont un enthousiasme, un élan, des idées à faire passer, une équipe soudée et volontariste autour de lui. Il a le temps et peut s’exprimer dans les faits.

 

Au second mandat, les choses changent. Un bon ami, élu d’une ville moyenne, m’a avoué : « le travail principal d’un élu en place, c’est de se faire réélire ! » Il y donne l’essentiel de son temps et de sa force. Et il a des comptes à rendre à ceux qui l’ont aidé dans sa conquête du pouvoir. « - Qui t’a fait duc ? - Qui t’a fait roi ? ».

 

Quant au troisième mandat et plus si affinités, il est toujours et uniquement sous le signe de la routine et des compromissions innombrables à gérer.

 

Que peut encore apporter un élu qui est en place depuis des décennies ? Rien, sinon stériliser le terrain sur lequel il sévit, décourager les volontés, neutraliser tout dynamisme, ficelé qu’il est dans le clientélisme.

 

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Pour que cela change, il convient de réaliser ce que la grande majorité des Français appelle de ses vœux : une restriction drastique du cumul des mandats. Les politicards professionnels, basta ! La politique n’est pas un métier, c’est – si j’ose dire, moi, athée ! – un sacerdoce.

 

Assez de tous ces vieux kroumirs et place aux jeunes !

 

 Duodi 22 Brumaire 221

Illustration X – Droits réservés

11/11/2012

Faites l’amour, pas la guerre !

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La guerre, c'est pas une mission humanitaire.

C'est pas le défilé pimpant, presque gai derrière les musiques martiales de ces beaux jeunes gens solides, virils et disciplinés.

La guerre, c'est l'ombre omniprésente de la mort. De celle qu'on donne comme de celle qu'on redoute.

La guerre, ça pue le sang, la merde, la peur, la mort...

La guerre, ça sent la poudre qui excite, mais ça sent surtout la sueur aigre de la trouille, la merde du camarade qui se chie dessus, l'odeur doucereuse et écœurante du cadavre qui gonfle au soleil puis dont le ventre éclate, libérant la tripaille putride où grouillent les vers.

La guerre, c'est le bruit des explosions, le cliquetis rageur des tirs, le sifflement menaçant des balles qui ricochent autour de vous.

La guerre, l'embuscade, c'est le corps qui s'efforce de se rétrécir au delà du possible, qui voudrait s'infiltrer dans le plus petit interstice, qui voudrait se fondre dans la boue de la tranchée, la caillasse du djebel ou la vase de la rizière.

La guerre, ce sont les ongles qui se crispent sur la terre à chaque rafale qui vous cherche, qui va vous trouver. C'est la haine de l'autre, de celui qui veut votre peau. C'est le doigt qui ne relâche plus la détente de votre fusil dérisoire.

La guerre, ce sont les cris de douleur du camarade touché, les hurlements et les sanglots, les aboiements somme toute rassurants de la vieille bête d'adjudant qui hurle ses ordres.

La guerre, c'est le désespoir du camarade touché et qui attend des secours qui ne peuvent venir.

La guerre, c'est l'égoïsme salvateur, primordial qui vous fait penser - lorsque votre voisin d'attaque tombe à côté de vous, haché par une rafale ou la tête explosée par une rockette – qui vous fait crier dans votre pauvre tronche: « ouf, c'est lui, c'est pas moi! »

La guerre, c'est de la merde.

 

Pendant la grande boucherie 14-18, les profiteurs et fauteurs de guerre se le faisaient belle. Les grands boulevards de Paris affichaient une vie trépidante ; les théâtres, les brasseries, les cafés concerts, les boites de nuits étaient pleins de fêtards…

 

Pendant que les Français Schneider, De Wendel et autres faisaient discrètement la bringue avec leurs homologues, rivaux et…amis allemands Krupp, Thyssen et autres fabricants de choses en aciers bien pointues, bien aiguisés, qui entrent dans les viandes, qui labourent les chairs, qui brisent les os, qui éclatent les cranes, qui arrachent les yeux, qui explosent en beaux feux d’artifices de mort, la France d’en-bas s’étripait avec l’Allemagne d’en-bas. Pour le plus grand profit des précédents.

 

La droite la plus bornée, la plus avide, la plus lâche se lâchait, se goinfrait, s’engraissait, se tapissait la tripe de sauces chaudes et onctueuses pendant que les « pauv’cons » se faisaient trouer la viande. C’est cette même droite que l’on retrouvera parmi les vichystes, les patrons et les collabos en 40 pendant que les cocos, au coude à coude avec la droite républicaine gaulliste, se battaient. C’est cette même droite sans vergogne, cupide, inculte, avide, pleine de morgue, qui envisage sans vergogne de s’allier aux collabos du F.Haine

 

 La guerre est « l’art » de faire s’entretuer des gens pauvres, qui ne se connaissent pas, au profit de gens riches qui, eux, se connaissent… Cette maxime à la véracité sans cesse renouvelée à travers les époques a été superbement illustrée par cette chanson qui marque le désespoir, la résignation mais aussi la révolte de ceux qu’on envoyait à l’abattoir pour rien, sinon transcender la connerie humaine, seule approche que l’on puisse avoir de l’infini…

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La chanson de Craône


Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé

On va reprendre les tranchées,

Notre place est si utile

Que sans nous on prend la pile

Mais c'est bien fini, on en a assez

Personne ne veut plus marcher

Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot

On dit adieu aux civ'lots

Même sans tambours, même sans trompettes

On s'en va là-haut en baissant la tête

 

- Refrain :

Adieu la vie, adieu l'amour,

Adieu toutes les femmes

C'est bien fini, c'est pour toujours

De cette guerre infâme

C'est à Craonne sur le plateau

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

C'est nous les sacrifiés

 

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance

Pourtant on a l'espérance

Que ce soir viendra la r'lève

Que nous attendons sans trêve

Soudain dans la nuit et le silence

On voit quelqu'un qui s'avance

C'est un officier de chasseurs à pied

Qui vient pour nous remplacer

Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe

Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

 

- Refrain -

 

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards

Tous ces gros qui font la foire

Si pour eux la vie est rose

Pour nous c'est pas la même chose

Au lieu d'se cacher tous ces embusqués

Feraient mieux d'monter aux tranchées

Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien

Nous autres les pauv' purotins

Tous les camarades sont enterrés là

Pour défendr' les biens de ces messieurs là

 

- Refrain :

Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendront

Car c'est pour eux qu'on crève

Mais c'est fini, car les trouffions

Vont tous se mettre en grève

Ce s'ra votre tour messieurs les gros

De monter sur l'plateau

Car si vous voulez faire la guerre

Payez-la de votre peau


Primidi 21 Brumaire 221


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10/11/2012

Ouiquinde érotique: Chou pour Chou

 

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Lise en un bal, s'étant démis la hanche,
Macé le jeune, aussitôt fut mandé.
Bon r'habilleur. Lise était drue et blanche,
Macé dispos, gaillard et peu vidé.
Il vit l'endroit, l'objet meut en puissance,
D'où l'on peut bien juger en conséquence,
Que travaillant sur un si beau sujet,
Pas ne manqua d'être ému par l'objet.
Or, quand la hanche en état de remise,
Le gars voulut prendre congé de Lise.
" Que vous faut-il, lui dit-elle, Macé?
- Rien, chou pour chou, répond le bon apôtre.
Je vous ai, Lise, un membre redressé
Vous avez su m'en redresser un autre.


Bernard de la Monnoye


Décadi 20 Brumaire 221


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