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30/01/2013

« Allo. Kid-Drive-in ? Je voudrais passer commande d’un enfant. »

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« Bonjour. Kid-Drive-in à votre service. Quels sont vos désirs ? Qu’elles sont vos préférences ? Nous avons tout pour vous satisfaire en magasin. Une large palette de spermes, une gamme étendue d’ovocytes,  un large panel de ventres-porteurs. Et aux prix les plus compétitifs du marché. Kid-Drive-in fait tout pour vous satisfaire. Avant de prendre rendez-vous, et pour faciliter la transaction, veuillez, je vous prie  consulter et remplir le cahier des charges que vous trouverez sur notre site www.kid-drive-in.com. Il concerne toutes les options que vous souhaitez pour l’enfant que vous désirez acheter. Vous pourrez aussi y consulter nos tarifs ainsi que la planification dans le temps de cette transaction. En vous remerciant de nous faire confiance. »

Cette pittoresque fiction risque de devenir réalité si passe la loi scélérate consistant à réduire le ventre des femmes à un moule industriel et l’enfant à un objet. Désiré et entouré d’amour, certes, mais simple objet, acheté par une transaction sordide.

Cette marchandisation de la vie, de la vie de l’enfant me révulse. Et que ceux de ma sensibilité politique, bien à gauche, sous prétexte de "modernité" s’enferment dans la défense d’une telle aberration – la procréation médicalement assistée (comme l’insémination artificielle des vaches) et bien pire  la gestation pour autrui – me gène sérieusement aux entournures.

Ecoutons plutôt une grande voix qui fait autorité en matière de droits de l’enfant (et pas de droit à l’enfant), Jean-Pierre Rosenczveig, président du Tribunal pour Enfants de Bobigny :

 

« (…) pour suivre la formule de Françoise Dolto, l’enfant devait être tenu pour une personne, mineure certes, mais une personne et non plus comme un être fragile qu’il fallait protéger contre autrui, et contre lui-même. On parlait désormais des droits (de l’homme) de l’enfant.

(…)fondamentalement notre pays n’a pas adhéré à cette idée que l’enfant est une personne. Il s’apprête à démolir les références parentales des enfants ; pire encore, il se prépare à donner le feu vert à la fabrication artificielle d’enfants par des couples qui en passeraient commande à travers ces médecins qualifiés de « sorciers de la vie » dénoncés dans les années 80. On en est revenu purement et simplement à cette idée que l’enfant est un bien que les adultes peuvent commander soit naturellement ou scientifiquement. Le droit à l’enfant l’emportera sur le droit de l’enfant. D’ailleurs ne dit-on pas « Combien as tu d’enfants ? » et non pas « Combien de fois es-tu parent ? ». Etre et avoir ici aussi !

(…) Aujourd’hui l’ouverture de l’adoption aux couples homosexuels, voire le recours aux PMA renvoyé à la loi Famille de mars 2013 (Le Monde du 11 janvier 2013), s’inscrivent dans le droit fil de notre histoire : le droit des adultes d’avoir des enfants quand ils le veulent, comme ils le veulent, de qui ils le veulent ! Peu importe les conditions de conception de cet enfant ; il suffit qu’il soit aimé par ceux qui l’accueillent. Si les choses psychologiques étaient si simples, cela se saurait. Au nom du droit des adultes à l’égalité on gomme que l’enfant n’est pas un objet comme les autres. Peu parmi ceux qui nous gouvernent en sont choqués. L’opinion reste cependant majoritairement hostile : 63% des français seraient hostiles à la PMA

(…)La création d’un lien de droit entre homosexuels qui veulent partager leur vie – par le mariage ou une union civile proche du mariage – n’est pas en cause. De longue date – trois décennies au moins – le mariage n’est pas le lieu fondateur de la famille. 52% des premiers enfants naissent hors le mariage ensemble de leurs parents. Désormais c’est le contenu – la filiation et les responsabilités parentales – qui font famille.

On ne doit pas toucher à la filiation car qu’on le veuille ou pas on glisse des droits de l’adulte à être parent à la négation de l’enfant personne. (2)

(…)En vérité, le discours sur le droit de l’enfant n’a donc été qu’un effet de mode. Force est de le constater avec humilité. Pour répondre aux attentes de reconnaissance et de statut d’une partie de la population on remet en cause le statut de l’enfant sujets de droit en cours de construction. Certains osent même affirmer – je les ai dénoncés ici – qu’on s’apprête à légiférer au nom des enfants. Quelle imposture ! Et sans vergogne comme pour ces couples homosexuels partis à l’étranger concevoir un enfant avec une PMA en violation affichée de la loi française qui demandent ensuite au pays de régulariser afin de ne pas sanctionner les enfants que l’on a soi-même mis dans ces situations.

(…)Nous entrons dans une période où l’enfant devient, avec l’appui des sciences de la vie, un objet revendiqué de désir entre adultes, solitaires ou en groupe, du même sexe ou pas, qui s’organisent pour répondre à leurs attentes d’adultes. Où est la cellule familiale, plus ou moins ébranlée, certes généralement présente au temps jadis qui avait le souci d’accueillir un enfant et de le protéger, de l’encadrer et de l’accompagner pour lui-même ?

Il s’agit non pas d’une régression, mais plutôt d’une révolution sociétale dont les enfants feront les frais. L’inverse de celle à laquelle nous appelions comme militants des droits de l’enfant.

Nous avons échoué. Le pays s’en mordra les doigts.

On le voit le débat dépasse, et de loin, la question du « mariage pour tous ». Il mériterait qu’on le traite posément dans l’intérêt général, et pas des seuls bobos. »

 

Sources : http://www.rosenczveig.com/

 

Primidi 11 Pluviose 221

 

Illustration X – Droits réservés

 

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Ecoute ! Ecoute !

       

La petite Adèle revient de l'école toute souriante et dit à sa mère : 
- Jean-Philippe m'a montré son zizi aujourd'hui dans la cour d'école ! 


Avant que sa mère puisse prononcer un seul mot, Adèle rajoute : 
- Ça ma rappelé un peanuts 

Rassurée, la mère ajoute : 
- Si petit que ça ? 

Adèle répond : 
- Ben non… mais le même goût de sel....

 

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