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08/02/2013

Massacre à la tronçonneuse d’un gêneur…

tronçonneuse.jpg

 


"Nous au village aussi l'on a

De beaux assassinats"

Il était là. Si fier sur cette place. Arborant sa large poitrine face aux masses minérales de l’église collégiale de Villeneuve-lès-Avignon, la cité cardinalice jumelle d’Avignon, bien connue de tous les festivaliers de l'été. Ses bras jamais taillés dressaient jusque dans les hauteurs du ciel des toisons miraculeuses d’ombres vertes qui sentaient l’anis, bruissantes de la symphonie lancinante des cigales et cigalons.

 

Quel âge avait-il ? Deux, trois, quatre siècles peut-être. Avait-il vu la révolution ? Peut-être. Il renouait avec la symbolique du sacré des arbres. Il a connu  les poètes Pierre Seghers, Louis Aragon,  Elsa Triolet ; les peintres Jean-Baptiste Corot, André Derain, Pierre Grivolas, Luis Alvarez, Roger Lorance et tant d’autres ; les acteurs Jean Vilar, Gérard Philippe et tous les monstres sacrés du festival d’Avignon ; et tous les grands de ce monde passant sous son ombre pour aller à la prestigieuse hostellerie du Prieuré voisine. Il a été un terrain de jeux pour des générations d’espiègles chenapans grimpant sans peur ni vergogne sur ses bras puissants. Il était le complice discret des amoureux greffant leurs cœurs d’amour sur son tronc.

 

Il était…, il était…

 

Il n’est plus.

 

Tombé un matin blême sous les tronçonneuses assassines envoyées par un maire – le ci-devant Jean-Marc Roubaud, UMP ça va sans dire – reniant ses engagements, s’asseyant sur la démocratie, traitant par le mépris ses concitoyens qui demandaient la grâce du grand témoin de l’histoire.

 

Tu es mort, grand arbre, mon ami. Non pas parce que la maladie te rongeait : des spécialistes de l’INRA t’avait déclaré « vigoureux et sain ». Mais par la nuisible volonté du « prince »…

 

Il fallait que tu trépasses pour laisser place au béton.

 

Il fallait que tu trépasses pour laisser les bus desservant les hôtelleries de luxe passer plus aisément.

 

Il fallait que tu trépasses pour que ce quartier, voué par la vision élitiste du maire à de futures résidences privilégiées, puisse accueillir sans gêne les limousines.

 

Il fallait que tu trépasses, que tu libères l’espace, que la masse de tes branches vivaces s’écrase dans la bouillasse sans espérer de grâce, pour que quelques pouffiasses apportent leurs liasses salaces à quelques gougnafiers voraces.

 

C’est dégueulasse…

 

 

Nonidi 19 pluviose 221


Illustration X - Droits réservés


******************


Ecoute ! Ecoute !

 

C'est une dame qui demande à son pharmacien : 

« Avez-vous une petite compresse ? »

 

Et le pharmacien de lui répondre : « Non, mais j'en ai une grosse qu'on suce ! »

 

 

Commentaires

Coucou, tu as une photo de ton Arbre...?, un platane ou un chêne ?, bisous

Écrit par : Patricia.gauthier33@bbox.fr | 08/02/2013

un platane multicentenaire... Abattu par connerie et cupidité.

Bises

Écrit par : victor | 08/02/2013

Bonjour,
Merci pour cet article. Je vois que nous avons les mêmes problèmes, à 18.000 km de distance, avec les maniaques de la tronçonneuse... :-)
http://www.tehoanotenunaa.com/article-massacre-a-la-tronconneuse-89165318.html

Écrit par : Pierre Carabasse | 09/02/2013

Pareil... Près d'Avignon ou à Tahiti, les gougnafiers shootés au béton et...au pognon glauque sévissent.

Amitiés.

Écrit par : victor | 09/02/2013

Les commentaires sont fermés.