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06/04/2013

Ouiquinde érotique : Prévert ou Apollinaire ?

 

Deux monstres sacrés de la poésie française…

 

La suavité subtile de Prévert :


couple debout.jpg

 

 

Sanguine

 

La fermeture éclair a glissé sur tes reins
Et tout l’orage heureux de ton corps amoureux
Au beau milieu de l’ombre
A éclaté soudain
Et ta robe en tombant sur le parqué ciré
N’a pas fait plus de bruit
Qu’une écorce d’orange tombant sur un tapis
Mais sous nos pieds
Ses petits boutons de nacre craquaient comme des pépins
Sanguine
Joli fruit
La pointe de ton sein
A tracé une nouvelle ligne de chance
Dans le creux de ma main
Sanguine
Joli fruit
Soleil de nuit.

 

Jacques Prévert



 …ou la gourmandise très crue d’Apollinaire :

 

Rapaces-amour_1024.jpg

 

 

 

Con large comme un estuaire

 

Où meurt mon amoureux reflux
Tu as la saveur poissonnière
l’odeur de la bite et du cul
La fraîche odeur trouduculière

Femme ô vagin inépuisable
Dont le souvenir fait bander
Tes nichons distribuent la manne
Tes cuisses quelle volupté
même tes menstrues sanglantes
Sont une liqueur violente

La rose-thé de ton prépuce
Auprès de moi s’épanouit
On dirait d’un vieux boyard russe
Le chibre sanguin et bouffi
Lorsqu’au plus fort de la partouse
Ma bouche à ton nœud fait ventouse.

 

Guillaume Apollinaire

 

 

 

Septidi 17 Germinal 221

 

Illustrations X – Droits réservés

 

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