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02/05/2013

Au bistro de la toile : Alors, cette Europe, elle est allemande ?

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- Oh ! Victor, je t’ai entendu l’autre jour balancer grave sur la mère Merkel ! Eh ! Oh ! C’est interdit ça. Forbidden ! T’as qu’à voir le ramdam qu’ont suscité les quelques paroles « sacrilèges » prononcées par Bartolone et quelques PS qui semble redécouvrir qu’ils ont des couilles !

 

- Ach so ! Faut pas toucher à « l’amitié franco-allemande », c’est totalement irresponsable !  qu’ils gueulent les « bien-pensants » et les canards laquais. Tiens donc, ils se gênent les casques-à-boulons pour nous rouler dans la merde ! liens  

Pourtant il faut savoir leur parler haut et fort pour leur éviter de retomber dans leur vieux dilemme, celui d’un pays « trop faible pour dominer le continent européen, mais trop fort pour s’aligner sur les autres pays ». Vaincue et jetée au ban des nations par la seconde guerre mondiale, l’Allemagne s’est refait une virginité et a réussi à surmonter ce dilemme grâce à l’union européenne et en particulier à ce qu’on appelle « le couple franco-allemand ».

 

 

- Il n’empêche qu’ils dominent l’Europe… Même au football !

 

- Ils dominent parce qu’ils sont plus nombreux et plus puissants en matière économique. Mais est-ce que c’est durable ? Ils sont les plus nombreux, mais leur démographie s’effondre et dans vingt ans la France sera plus peuplée que l’Allemagne, avec une population plus jeune. Economique, parce que la santé économique allemande est basée sur les exportations, principalement vers ses partenaires européens, donc si ses partenaires s’effondrent, l’Allemagne plongera aussi. Un des plus grands penseurs et philosophes allemands, Jürgen Habermas les met d’ailleurs sévèrement garde : « Le “leadership” dont a hérité aujourd’hui l’Allemagne pour des raisons démographiques et économiques non seulement réveille les fantômes historiques tout autour de nous, mais nous soumet à la tentation de choisir la voie nationale unilatérale ou même de succomber aux rêves de puissance d’une “Europe allemande” plutôt qu’une “Allemagne en Europe”. (…)Nous, Allemands, devrions avoir appris des catastrophes de la première moitié du XXe siècle qu’il est dans notre intérêt national d’éviter en permanence le dilemme du statut semi-hégémonique, qui ne peut pas être endossé sans dériver vers des conflits. » (…) « Jusque-là, l’Allemagne a tiré le plus grand bénéfice de la monnaie unique, à travers ses exportations. A cause des excédents, l’Allemagne contribue en retour à aggraver les déséquilibres économiques dans la zone euro, et fait donc partie du problème. Au final, l’Allemagne profite elle-même de la crise, parce que la hausse des taux d’intérêt sur les obligations des pays frappés par la crise a pour contrepartie une baisse des taux d’intérêt sur les obligations allemandes. (…) Un tel effort demandera à l’Allemagne et à quelques autres pays d’accepter, à court terme, des effets négatifs en termes de redistribution, mais dans leur intérêt à plus long terme : un exemple classique de solidarité. » lien 

 

- Lucide le mec…

 

- C’est le moins qu’on puisse dire. Donc, il faut dire ses quatre vérités à Merkel, qui n’est pas l’Allemagne, mais la dirigeante actuelle de ce pays, et seulement ça. Et seule la France peut lui parler d’égal à égal. On lui disant qu’elle peut beaucoup pour sortir l’Europe de son marasme : créer enfin un salaire minimum, augmenter ses salaires pour relancer sa consommation, avancer vers un gouvernement économique européen, sortir de ses crispations stériles concernant le calendrier de retour à l’équilibre budgétaire, respecter un peu plus ses partenaires européens, etc.

 

- Eh bien camarade président François, voilà ce qu’il te faut dire. Mais avant, pour parler  d’égal à égal, il te faudrait rallier à ces idées d’autres pays européens.

 

- Exactement. Au lieu d’aller faire de l’esprit aux Muraux, il ferait mieux de prendre son bâton de pèlerin et de faire une « tournée des popotes » : aller voir, l’un après l’autre tous les pays de l’Union. De façon à avoir un rapport de force en sa faveur. Car n’en déplaise aux chantres du déclin de la France, les autres européens attendent de la France – seule à pourvoir le faire – qu’elle infléchisse la politique allemande.

Tridi 13 Floréal 221

 

Merci à Chimulus

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Quelle est la différence entre un milliardaire et un clochard ?
Le milliardaire, il change de Ferrari tous les jours et le clodo, il change de porche tous les jours.

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