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19/07/2013

« Mon ennemi, c’est la finance… ».

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Bon. On l’a cru. On a voté pour lui. Il a gagné. Et ce matin, François Normalou Hollande reçoit…son ennemi en la personne de Jean-Paul Chifflet, président de la fédération bancaire française et directeur général du Crédit agricole !

Entre temps, « l’ennemi » a obtenu tout ce qu’il voulait : la fameuse réforme bancaire promise par le candidat Hollande, votée il y a quelques jours par un parlement godillot, s’est réduite à un pet de lapin ! Le système bancaire reste le même dans son organisation, la séparation entre activités de dépôt et de spéculation se réduit à…entre 0,75 et 1,5% des activités des banques ! Si ce n’est pas prendre les électeurs pour des cons, ça y ressemble…

Il faut dire que le monde de la finance a pu, dans son entreprise de démolition, compter sur le panier à crabe de Bercy ou nos plus brillantes têtes d’œuf, inspecteurs des finances et énarques distingués, ne cachent même plus leur connivence avec ce monde bancaire qu’ils sont censés « inspecter » et qu’ils caressent dans le sens du poil dans l’espoir souvent réalisé d’aller grassement y pantoufler !

A la tête de cette coterie (j’allais écrire mafia) trône Moscovici. Une figure de lune ultralibérale camouflée derrière un faux nez « socialiste »… Le saccage de la « réforme bancaire », c’est lui. Mais ça ne lui suffit pas. Servile lèche-cul du monde de la finance, il œuvre maintenant à enterrer le projet de loi sur les transactions bancaires. Un ersatz de taxe Tobin proposé par la très ultralibérale Commission européenne. « On a des doutes sur la mesure telle qu’elle est écrite. Il faut des modifications pour la rendre applicable en tenant compte de la réalité » s’inquiètent les technocrates banco-compatibles de Bercy. Ben voyons !

François reçoit ce matin les banquiers. Va-t-il lui aussi se coucher devant eux comme son ministre Mosco ou fera-t-il preuve, sinon de fermeté (ce n’est pas son genre) du moins d’un peu de dignité ? On va voir.

Pendant ce temps, Mosco, dans sa grande mansuétude, vient d’accorder à la « France d’en-bas », celle des pélucres qui mettent leurs quatre éconocroques à la caisse d’épargne, un taux d’intérêt de 1,25%. « Au-dessus de l’inflation » qu’il dit Tête-de-lune. Il ne doit pas souvent faire son marché : cerises à 5 euros le kilo, tomates à 3,5, entrecôte à 23 euros, etc. ; loyers bouffant la moitié du salaire quand salaire il y a ; carburants entre 1,4 et 1,6 le litre, électricité prenant 5%, gaz idem…

Que faire ? Comment se faire entendre ? La droite se vautre sans complexe dans la bauge puante de l’extrême droite, le parti socialiste est devenu la droite classique. Quant à la gauche, elle se cherche, désemparée par le paradoxe Mélenchon : un tribun qui l’enflamme par sa faconde, ses idées, ses capacités de rassembleur, mais qui la décrédibilise par ses outrances.

Que reste-t-il puisque les voies classiques de la démocratie sont inféodées aux forces les plus rétrogrades ? En ces temps de 14 juillet, la réponse est dans la question…

 

Décadi 30 Messidor 221

 

Illustration, merci à Soulié

 

 

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