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18/09/2013

Aujourd’hui au Sénat : Cul, mule, dément, Da !

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Un des engagements du candidat Hollande qui a fait que j’ai voté pour lui, c’était la fin du cumul des mandats. Une loi à minima est déjà passée en première lecture à l’Assemblée nationale. Précisément, le projet de loi interdit aux députés et sénateurs, d'exercer à compter des prochaines élections législatives de 2017, les fonctions suivantes : maire ou adjoint, président ou vice-président d'une intercommunalité, d'un syndicat mixte (regroupement de communes et d'autres collectivités), d'un conseil départemental ou régional, d'une société d'économie mixte ou de "toute autre collectivité territoriale créée par la loi", tels les territoires. Ils ne pourront pas non plus présider l'Assemblée des français de l'étranger, un établissement public local ou un office d'HLM.

Ce projet de loi ne propose rien concernant le cumul des mandatures. Grosse lacune. Il vient aujourd’hui devant le Sénat qui l’a déjà rejeté il y a quelques jours en commission. L’Assemblée nationale aura le dernier mot mais le jeu des amendements – qui a déjà sérieusement édulcoré le projet – risque d’en amoindrir encore la portée. Les sénateurs voudraient imposer une « exception sénatoriale », se disant les représentants nationaux des collectivités locales, oubliant pourtant que représenter une collectivité locale, cela ne veut pas dire en diriger une...

 

Les électeurs sont dans leur très grande majorité contre le cumul des mandats, système pervers qui va à l’encontre flagrante de la démocratie, en créant des mandarinats insupportables, en bloquant tout renouvellement des personnels politiques.

 

La droite, protectrice de toutes les magouilles, s’étrangle. Et à gauche ? Le PS, comme le PC regorgent de ces « notables », caciques locaux voire satrapes qui se croient élus de droit divin. Et ceux-là ne veulent pas lâcher le morceau !  Et il en est de même dans les autres formations politiques. Des maires, des présidents d’exécutifs régionaux réélus pour la troisième, la quatrième, voire la cinquième fois… Et qui sont aussi députés, sénateurs, députés européens. Désolant de connerie.

 

Comment un élu peut-il apporter encore quelque chose à ses concitoyens lorsqu’il est englué dans la routine et, surtout, le clientélisme ! Car ne nous leurrons pas, toute réélection doit autant sinon plus au renvoi d’ascenseur qu’au travail réalisé pendant la mandature.

 

Au premier mandat, un maire, un conseiller général ou régional, un député voire un président de la République, ont un enthousiasme, un élan, des idées à faire passer, une équipe soudée et volontariste autour de lui. Il a le temps et peut s’exprimer dans les faits. Au second mandat, les choses changent: le travail principal d’un élu en place, c’est de se faire réélire !  Il y donne l’essentiel de son temps et de sa force. Et il a des comptes à rendre à ceux qui l’ont aidé dans sa conquête du pouvoir. « - Qui t’a fait duc ? - Qui t’a fait roi ? ». Quant au troisième mandat et plus si affinités, il est toujours et uniquement sous le signe de la routine et des compromissions innombrables à gérer.

 

Que peut encore apporter un élu qui est en place depuis des décennies ? Rien, sinon stériliser le terrain sur lequel il sévit, décourager les volontés, neutraliser tout dynamisme, ficelé qu’il est dans le clientélisme.

 

Pour que cela change, il convient de réaliser ce que la grande majorité des Français appelle de ses vœux : une restriction drastique du cumul des mandats. Les politicards professionnels, basta ! La politique n’est pas un métier, c’est – si j’ose dire, moi, athée ! – un sacerdoce.


C'est aujourd'hui que les sénateurs votent sur ce projet de loi. Attendons-nous au pire!

 

Au fait à quoi sert le Sénat sinon de fournir des sinécures grassement payées à des planqués de la République ?

 

 

Duodi 2 Vendémiaire 221

 

 

Illustration, merci à Dilem

 

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