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03/10/2013

« Volontaires » pour travailler le dimanche : cocus, battus et contents…

manif travail dimanche.jpg

 

 

« Nous voulons travailler le dimanche ! Nous voulons travailler la nuit ».

 

Effarant ! Quelle déchéance. Quelle aliénation de la victime à son bourreau !

 

Ces revendications époustouflantes de konnerie marquent la victoire sur la dignité humaine de l’affairisme de type mafieux en quoi se reconvertit l’économie en déclin. Cette aliénation est l’aboutissement de décennies de reculs ouvriers, de défaites syndicales face à un patronat goinfre qui a réussi à transférer l’essentiel des gains de l’entreprise du salaire des partenaires travailleurs vers les actionnaires rentiers. Pour ce faire ils ont inventé la mondialisation et la « crise » qui leur donnent toutes les armes (chômage, délocalisation, robotisation, etc.) pour écraser la classe ouvrière, pour museler toutes revendications de salaires, pour mettre à bas tous les avantages acquis par des décennies de lutte. Avec la complicité de gouvernements veules et sans couilles, qu’ils soient de droite ou de gauche.

Écoutez-les s’étrangler de rage les exploiteurs et leurs pitbulls aboyant dans les médias aux ordres ! « Des milliers d’emplois sont en danger ! Laissez aux employés la liberté de choisir ! Ceux qui acceptent de travailler le dimanche ou la nuit le décident volontairement. » Ben voyons… Elle est un peu grosse la ficelle de la manip, parce que le « volontariat » se décide à l’embauche, et celui ou celle qui n’est pas « volontaire » n’intègrera jamais l’entreprise… Volontariat forcé. Sans compter que si les employés étaient payés correctement, ils n’auraient pas besoin de saccager leur vie de famille, leur existence sociale pour gagner quatre kopecks de plus pour faire seulement bouillir la marmite…

Parmi ceux qui manifestent pour défendre les patrons qui les exploitent, il y a beaucoup d’étudiants pour lesquels ces quatre kopecks dominicaux permettent de survivre. C’est encore un effet de l’ultralibéralisme. Mais ceux-là n’ont rien à voir avec le combat des employés car ce travail dominical ou nocturne est un appoint pour corriger les carences du système en matière d’éducation. Ils défendent leur gamelle et se comportent à la limite comme des « jaunes », des collabos des exploiteurs. Lorsqu’ils auront leurs diplômes, ils se foutront bien de la situation à la Dickens ou à la Zola qu’ils auront contribué à créer…s’ils n’en deviennent pas eux-mêmes les acteurs !

« Oui mais, rétorquent les « jaunes » autres que les étudiants, nous sommes mieux payés pour ces jours-là ». Eh ! Oh ! Kévin ou Jennifer, vous croyez que lorsque le Medef – qui est à la manœuvre - aura obtenu du gouvernement la légalisation du travail le dimanche ou la nuit, ces majorations de salaires survivront ? Tè ! Fume… Le dimanche sera payé comme un jour ordinaire. Et vous l’aurez profond dans l’oigne, et sans vaseline !

Bon. Admettons que certaines activités commerciales puissent ouvrir le dimanche. Après tout, pourquoi pas, mais !

Mais à deux conditions : Premièrement que cette journée soit payé le double d’une journée de semaine. Deuxièmement que le salarié travaillant le dimanche récupère dans la semaine deux jours consécutifs de congé.

Sextidi 16 Vendémiaire 221

 

Illustration X – Droits réservés

 

Commentaires

Bonjour Victor,
Je suis d'accord sur une bonne partie de ton texte, en particulier celle qui concerne les exploiteurs : « On passe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes au droit des investisseurs à disposer des peuples ».
Mais l'interdiction de travailler certains jours (et surtout le "Dimanche", pardonnes-moi seigneur) me gène ; je suis pour les libertés individuelles...
Enfin (un peu d'humour), j'ai toujours été pour la semaine italienne : ne pas travailler les jours finissant par "i"...

Écrit par : Pierre Carabasse | 04/10/2013

On réfléchissant bien, le mercredi, on ne pas travailler: y a pas école; le jeudi, on peut pas travailler, y avait pas école avant; le vendredi, on peut pas travailler, c'est le jours des musulmans; le samedi on peut pas travailler, c'est le jour des juifs; le dimanche, on peut pas travailler, c'est le jour des chrétiens; le lundi, on peut pas travailler, c'est le jour des coiffeurs...
Finalement il ne reste que le mardi!

Écrit par : victor | 04/10/2013

Mon premier boulot, c'était manœuvre au marché des primeurs de 1h à 6h du matin. Ensuite, j'ai travaillé à la BNCI (devenu BNP) avec un horaire de rigueur, j'ai craqué au bout de 9 mois. Ensuite, j'ai travaillé comme machiniste au théâtre municipal de Montpellier où l'on finissait souvent à 1 ou 2 h du mat et tout les dimanches, un régal. Enfin, en Polynésie et en dehors de l'armée, j'ai eu la chance de travailler dans des entreprises où l'horaire était souple ; j'arrivais donc le dernier et repartais le soir le dernier. J'ai toujours apprécié de travailler le dimanche... et prendre un ou deux jours dans la semaine pour aller à la pêche ou en balade sans être submergé par la foule du week-end. Pour les enfants pas de problème, ma compagne était disponible... :-)

Écrit par : Pierre Carabasse | 04/10/2013

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