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18/12/2013

Au bistro de la toile : Kali-yuga

kali yuga.jpg

 

 

 

- Oh ! Victor. On dirait le ravi de la crèche ! A quoi tu penses ?



- Je pense que cette fois on y est.

 

- Où ? Dans la merde ? Ça on le sait Victor.



- La merde, comme tu dis, les Hindous appellent ça le Kali yuga.

 

- Késako ?

 

- Une fois, reprend Victor après un long moment de silence, il y avait Vishnou qui se tapait une petite sieste quelque part, tranquille, dans un infini bleu, rose, parfumé. De son nombril est sorti une fleur de lotus. Et ce curieux de Brahma, en regardant dans le col évasé de ce lotus, a vu la création du monde et toutes les successions des âges de ce monde... Ça s’appelle le kalpa et ça dure quatre millions trois cent vingt mille ans. C’est pas beaucoup si tu compares au quinze milliards d’années qu’aurait l’univers. Mais les hindous sont un peu radins.. Ce kalpa est divisé en quatre yugas : le krita-yuga (ça vient du chiffre 4) qui dure un million sept cents vingt-huit mille années, le tetra-yuga qui vient du chiffre 3 et dure un million deux cent quatre-vingt-seize mille années, le dvapara-yuga, du chiffre 2, qui dure huit cents soixante-quatre mille années et enfin le kali-yuga, du chiffre 1, le plus mauvais, et qui dure quatre cent trente-deux mille années.

 

La première époque, le krita-yuga, c’est parfait, c’est le pied partout, le paradis terrestre. Tolérance, concorde universelle, connaissance se transmettant oralement, de maître à disciple. Une connaissance de toutes les lois de la nature, de l’homme. Le bonheur à tous les étages... Des pouvoirs sur la matière, sur l’homme, insoupçonnables actuellement et dont les lamas tibétains garderaient, parait-il, les dernières bribes... Tous les besoins satisfaits sans efforts..

 

La deuxième, le tetra-yuga, c’est encore le panard, mais apparaissent quelques éléments merdiques. Mais c’est encore le paradis. Puis y en a un qui a commencé à faire quelque chose de ses doigts. Le début de la technique. Il y avait ceux qui avaient cette technique et ceux qui ne l’avaient pas. Déjà une séparation. D’où conflits... Mais quand il y avait des guerres, les deux armées se retrouvaient sur le terrain et, en fait de bataille, c’était de grandes joutes oratoires, philosophiques. Et ceux qui avaient les meilleurs arguments gagnaient. Les autres se soumettaient de plein gré à leur nouveau suzerain.

 

La troisième époque, le dvapara-yuga voit un équilibre équitable entre les principes d’ordre et de désordre. En faisant abstraction des durées de ces périodes déterminées par les hindous, on peut considérer que ce Troisième Age est marqué par le début de l’écriture. Le début de la dégénérescence : les hommes avaient besoin d’un support extérieur, technique, pour transmettre leurs connaissances. La technique a pris de plus en plus d’importance. Le clivage entre ceux qui la possédaient et les autres s’est fait plus marqué. Création de clans, de castes, de races, de nations et autres conneries. Surtout, aliénation des humains par les religions et leurs entreprises de décervelage universel. Les guerres sont devenues sanglantes. On tuait pour parvenir à ses fins. Mais suivant des règles bien définies. Ceux qui tuaient ne s’attaquaient qu’à leurs égaux de l’autre camp. Jamais un guerrier, un “ Kchatria ” n’aurait fait de mal à un être plus faible que lui.

 

- C’était un peu la Chevalerie chez nous...

 

- On peut dire ça. Enfin, la dernière époque, le kali-yuga, voit le triomphe du principe de désordre qui va en augmentant jusqu’à la disparition de l’univers par le feu. La technique s’est imposée comme maîtresse du monde. Deux classes bien distinctes selon le degré de richesse, de possession personnelle. Des conflits tournant à l’extermination, sans soucis de justice. On tue n’importe qui, n’importe quand, n’importe comment et surtout les faibles c’est-à-dire les civils. La technique est toute puissante et la machine tend à remplacer l’homme. C'est le règne des marchands, c'est le règne des Marchés tout puissants !

 

Nous y sommes en plein dedans. C’est le quatrième et dernier âge, celui qui a commencé avec les connards qui ont inventé l’agriculture, l’élevage, la propriété, les flics, la guerre. Quand l’Homme est devenu kon. Quand Cro-Magnon est parti en couille. Puis c’est les grandes invasions, Gengis Khan, Napoléon, Hitler, les Ricains, Ben Laden, les nazislamistes, etc.

 

C’est le “Kali yuga” ! L’âge de Kali... Kali la noire... Kali la destructrice... Kali avec son collier de têtes de morts... L’émanation purificatrice et destructrice de Shiva.

 

Le monde va crever de lui-même. Peut-être pas par la guerre atomique mais par un dépérissement général de la planète, par un saccage des forces de vie, par une impossibilité pour l’homme de se reproduire. Par une extinction du genre humain. Par un biocide universel...

 

La vie, les quatre âges de la vie, ça représente un jour de la vie de Brahma. Puis il y a une période de nuit égale à celle de jour. Et nous sommes au crépuscule. La vie va s’éteindre sur la Terre pour quatre millions trois cent vingt mille ans, ravagée par l’homme lui-même. Puis un nouveau cycle recommencera, lorsque la boule sera épurée. Ce sera le réveil de Brahma. Et ainsi de suite pendant cent ans de la vie de Brahma...

 

- On retrouve là Victor, de manière poétique et imagée, la théorie de l’expansion-contraction de l’univers !

 

- Exact. C’est peut-être vrai après tout. De toute façon, on ne sera pas là pour vérifier. Mais tout de même, c’est l’homme qui sera le fossoyeur du monde. Ça a commencé lentement, tranquille, à la petite semaine. Gengis Khan, c’était encore du bricolage. Napo, de l’artisanat. Maintenant, c’est du sérieux. Quand on se tue c’est par millions... Et on est capable de faire beaucoup mieux ! Hiroshima, c’était un pétard du I4 juillet par rapport à ce que ces kons qui gouvernent ont dans leurs frigos de l’épouvante.

 

Mais c’est pas le tout. Y a eu deux énormes guerres de l’homme contre l’homme. On s’est trituré la viande, on s’est fait cuire au napalm, on s’est un tout petit peu atomisé, on s’est foutu du gaz plein les éponges. Du bon gaz fétide qui te fait tomber le mou en quenouille... De la bonne bidoche partout, saignante à souhait. Avec des bras arrachés, des jambes arrachées, des tronches fendues avec une belle cervelle bien lisse et palpitante qui sort par les trous du nez. Manque plus que la branche de persil... De belles tripes bien ondulées, chatoyantes, irisées sous le soleil des bombes. On a pataugé, on patauge dans le bon sang chaud et âcre. Jusqu’aux genoux. Jusqu’au cou. Noyés dans le bon raisiné du prolo... On glisse sur les yeux arrachés et qui te font encore un clin d’œil étonné. Pas compris... Et je te file une indigestion de plomb dans le buffet. Et tu me coupes les couilles. Et je te fais griller tes gosses dans du bon napalm made in Houston. Et tu me passes mes femmes au court-bouillon. Ça sent bon la barbaque. Ça grille. La peau craquèle. Et les bons cris d’horreur. De souffrance. De terreur de pauvres kons qui comprennent pas pourquoi on les trucide. Et ça fait tourner mes usines. Et j’en essaye des bons produits insecticides, pesticides, hommicides, nyakouéicides, bougnoulicides, proloicides...

 

Et je t’endoctrine, et je te baratine, et je te démocratise, et je te démagogise, et je te missionnairise, et je te sectarise, et tu me votes, et tu me choisis, et tu bénis le fouet qui te torture, le bras qui te saigne, le garrot qui t’étrangle, la muselière qui te bâillonne, la télé qui t’abrutit. Une chaîne, deux chaînes... Des chaînes. Toujours des chaînes, des chaînes...

 

- Oh ! Bois un coup, Victor, tu t'encagnes et tu deviens rouge comme un gratte-cul !

 

- Merci. Ah ! Ça fait du bien. La troisième de guerre, c’est plus contre l’homme qu’elle est déclarée. Ou plutôt pas directement. C’est contre la nature. C’est contre la planète. C’est contre la vie.

 

Ces kons d’hommes, dits évolués, ont plus fait de mal à la planète en 50 ans que le reste de l’humanité depuis qu’elle existe !

 

C’est la terre qui a le cancer. Et ce cancer, c’est l’homme ! L’homme blanc ou occidentalisé étant la pire métastase. On bouffe du dichlorurophényl-trichloro-éthanuromerdique, et va z’y que j’te pousse, du chloruane, de l’heptachlore, de l’époxyde, des naphtalènes chlorurés, de la diodrine manches courtes, de l’aidrine angora et plein d’autres saloperies qui regorgent d’atomes crochus de carbone qui lâchent un H pour récupérer d’autres C et d’autres H. Que des H, mais c’est pas du hasch, c’est les haches du bourreau. Qui nous tuent par-dedans ! Un bon foie à la dioxine... Bien bouffi, avec de belles scrofules purulentes. Des couilles, un foutre plein de DDT. Tu baises une femme : tu lui soignes ses morbacs ! Ça tue les moustiques, ça tue les puces et les punaises, ça va bien réussir à nettoyer cette larve qui s’appelle Homme. Et on n’en parlera plus. Bhrama pourra passer une nuit tranquille.

 

Et si ça suffit pas, on va te radioactiver ! De bons gros neutrons dans les gencives. Et ça t’en fait de belles leucémies, ça ! Très poétique... On crève de langueur... Mon cul ! Et je te file des centrales nucléaires partout. Je te fissionne, je te fusionne l’uranium, le plutonium, le plutôt nie homme, le plus tôt gnome ! Et je te l’enrichis cet uranium. Pour pas t’enrichir toi surtout... Et je te balance de bonnes giclées de rontgens bien cancérigènes, leucémirigènes, crétinigènes et ça te fait de beaux fadas, de beaux anormaux. Avec six pattes et pas de tronche. Un toutes les vingt minutes rien qu’en France...

 

- C'est comme ça Victor... C'est peut-être le kali...comme tu racontes si bien. Le plus intelligent des esclavagistes c’est celui qui a eu l’idée de donner quatre sous à ses esclaves. Comme ça ils se tiennent tranquilles... La pointeuse remplace le garde chiourme et les quatre ronds, remplacent le fouet... Cocus, battus et contents... Ça fait les prolos. Allez ! C'est ma tournée Victor. C'est toujours ça que Kali comme tu dis n'aura pas !

 

 

Octidi 28 frimaire 222

 

Illustration X – Droits réservés.

 

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