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14/04/2014

Laisserons-nous « Valsser » la Sécu ?

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François lui en a donné l’ordre, Valls va le réaliser : faire d’énormes cadeaux aux entreprises avec du pognon pris dans la poche des ménages. Avec en corollaire un danger mortel pour l’une des principales conquêtes de la Libération : tuer la Sécu. Depuis des décennies le patronat en rêve, Valls – sur instruction de Hollande - va-t-il le faire ? Ce rêve cauchemardesque, c’est donner de plus en plus de part de l’énorme gâteau de la protection sociale aux assurances privés. Hollande, Valls, Sarko, Gattaz, Bébéar, même combat…

 

Les mesures massives d’allègement de cotisations sociales seront payées par qui ? Soit on laisse le bébé à la Sécu, augmentant d’autant son déficit ; soit l’Etat compense au sou près les cotisations qui ne seront plus payés par les entreprises, transférant ainsi à l’impôt c’est-à-dire à tous, ce qui est logiquement dû par les entreprises, ce salaire différé que l’on salit en l’appelant « charges ». On délégitime ainsi les prélèvements sociaux qui finance la Sécu, préparant par la même la privatisation dont rêve le Medef.

 

Par ailleurs, cette disposition va avoir une conséquente désastreuse sur les salaires. Mettez-vous à la place des patrons : il faudrait être plus kon que la moyenne pour embaucher quelqu’un au-dessus du Smic, ce qui revient à payer des cotisations alors qu’au Smic et légèrement au-dessus, il ne paiera rien ! Résultat, les salaires vont tous être réajustés au niveau du Smic ! La paupérisation à l’anglaise ou à l’allemande va proliférer. Et en avant vers l’esclavage ! Quant à la Sécu, privée de ses ressources, elle va se déglinguer, retournant l’opinion contre elle, puis elle tombera en ruine, sous les vivats des requins de l’assurance privée. La « social démocratie » vu par Hollande et Valls est elle différente de l’ultralibéralisme  à la Sarko, Merkel et Cameron ?

 

Ainsi 10 milliards « d’économies » seront prélevés sur la Sécu, plus 11 autres milliards sur « notre système de prestation », formule vaseuse pour dire encore une fois sur la Sécu. Ce qui se traduit ainsi : la Sécu financera les deux tiers des 30 milliards refilés aux entreprises. Qui en fera les frais ? Les assurés sociaux qui verront progresser le discret « reste à charge », c’est-à-dire ce qui n’est payé ni par la Sécu ni, par les mutuelles mais par le cochon de payant… L’ogre de la privatisation de la Sécu aiguise ses crocs…

 

D’ailleurs la nouvelle législation européenne sur les marchés publics conforte cette dérive vers la privatisation. En effet pour le Parlement européen, il convient « d’encourager une concurrence équitable et de permettre un meilleur rapport qualité-prix » en ouvrant au maximum les marchés publics au secteur public, y compris l’ouverture à la concurrence des services de sécurité sociale obligatoire ».

 

La directive sur la passation des marchés publics ne fait pas mystère des intentions d’ouvrir à la concurrence les services de sécurité sociale obligatoire dans son article 74 (Attribution de marchés pour des services sociaux et d’autres services spécifiques) et son annexe XVI.

 

La directive permet à un « Etat de l’Union européenne [qui le] souhaiterait – dans le cadre de son autonomie en la matière – [d’] organiser certains services de sécurité sociale à travers un contractant.. »

 

Ainsi un Etat membre pourra construire son marché des services de sécurité sociale en respectant les règles de la concurrence libre et non faussée en matière de services de sécurité sociale obligatoire. C’est la privatisation de la Sécu.

 

On est loin de «l'esprit de Philadelphie».A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les vainqueurs ont dessiné des règles financières et monétaires, pour assurer la stabilité du monde et le développement économique, notamment au travers des accords de Bretton Woods, et une déclaration adoptée par l'Organisation internationale du travail et connue sous le nom de Déclaration de Philadelphie. Elle est, en quelque sorte, le pendant social des accords financiers de Bretton Woods.

 

Texte fondateur, cette Déclaration de Philadelphie affirme que «le but central de toute politique nationale et internationale» doit être la justice sociale. Défendant le principe que «le travail n'est pas une marchandise» et que «la pauvreté, où qu'elle existe, constitue un danger pour la prospérité de tous», cette déclaration ajoute: «Tous les êtres humains, quels que soient leur race, leur croyance ou leur sexe, ont le droit de poursuivre leur progrès matériel et leur développement spirituel dans la liberté et la dignité, dans la sécurité économique et avec des chances égales; la réalisation des conditions permettant d'aboutir à ce résultat doit constituer le but central de toute politique nationale et internationale.» lien 

 

Quintidi 25 germinal 222

Photo X – Droits réservés

Commentaires

Merveilleux article ! C'est le type d'informations qui sont censés être partagées à travers l'internet. Venez et discuter sur mon site. Merci =)

Écrit par : libido femme | 17/07/2014

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