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30/06/2014

Au bistro de la toile : pape et vin de messe

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- Oh ! Loulle, t'as l'air bien absorbé dans ton canard. Qu'est-ce que t'a lu d’intéressant ?

- ..taing ! François est mal barré. Parait que ça va pas fort. Fatigue générale et tout...

- Eh ! Avec toutes ses femmes, il doit se surmener notre François !

- Attend Victor, ce n'est pas du nôtre que je parle, c'est du pape. Paraît qu'il a la fièvre, et même la cagagne...

- Oh ! Ce n'est peut-être qu'une simple crise de foi. A moins que...

- Á moins que quoi Victor ?

- Ben, que le Vatican renoue avec une vieille et solide tradition : l'empoisonnement ! Comme à l'époque des Borgia. D'ailleurs lorsque nous trinquons et que nous choquons nos verres comme on fait maintenant Loulle, ça vient de cette époque.

- ???!!!???

- Eh oui ! Ne me regarde pas comme ça Loulle ! A l'époque des Borgia, au Vatican etr dans les "hautes cours", ils s'empoisonnaient tous en chœur et ils s'enfilaient tous en couronne ! Entre frères et sœurs, parents et enfants, etc. Alors lorsqu'ils buvaient ensemble, dans de solides hanaps d'argent ou d'or, ils frappaient énergiquement leurs coupes l'une contre l'autre en se souhaitant « Santé ! ». Ce faisant, le contenu de chaque hanap passait en partie dans l'autre. Si bien que si l'un des « monsignori » voulait empoisonner l'autre, les deux y passaient ! Et si l'un ou/et l'autre refusait de boire les liquides ainsi mêlés, les deux avaient compris et ne buvaient pas.

- Intéressant Victor.

- Pour en revenir à ton pape François, il dérange pas mal de monde et nombreux sont ceux qui le verrait bien monter voir son patron « au ciel » ! Les mafias calabraise, sicilienne et autres, les banquiers, notamment ceux du Vatican, les « monsignori » pédophiles et autres.

- Attend Victor, tu crois qu'ils iraient jusqu'à tuer le pape ?

- Sans états d'âme Loulle. N'oublie pas qu'il y a quelques décennies, un pape n'a occupé son poste que pendant un mois ou guère plus. Suite à une mort plus que suspecte...

- En tout cas Victor, François devra trouver autre chose que les meilleurs vins de Bourgogne pour ses vins de messe : la grêle les a une fois de plus saccagés.

- Eh ! Loulle, les choix du ciel sont parfois récurrents. Voilà trois ans que la grêle tombe sur quelques parcelles bien délimitées. Or il se trouve que les vignerons de ces régions se sont récemment équipés de systèmes anti-grêles fort performants parait-il.

- Bof. C'est rien de nouveau. Quand j'étais minot, les paysans avaient des canons anti-grêle qui envoyaient des pétards dans les nuages d'orage, en espérant ainsi créer un courant d'air repoussant la grêle...chez le voisin ! C'était d'ailleurs d'une inefficacité totale.

- Maintenant, ça a évolué Loulle. Ils ont toujours des sortes de canons, plutôt des mortiers, qui envoient dans les nuages des fusées qui les« ensemencent » d'iodure d'argent. C'est parait-il un truc que favorise la formation de grêlons. Il y en a plus mais ils sont plus petits, donc potentiellement moins dangereux.

- Attends, tu me dis que les vignerons fabriquent volontairement des grêlons ?

- Ouais. C'est ça !

- Donc, si un nuage qui passait par là sans mauvaises intentions reçoit ces « ziodures » de comme tu dis, ça lui fout la rogne et il crache ses grêlons ! Et il y a des vignerons – personnages que nous vénérons, nous, Victor – qui sont assez kons pour faire ça ?

- Il a dû passer par là quelques « conseillers » des chambres d'agriculture, du crédit agricole et de la FNSEA...

- Probable. Á la nôtre Victor. Même sans trinquer. C'est du bon !

 

Primidi 11 messidor 222

Merci à Chimulus

 

29/06/2014

Gastronomie dominicale: le civet de renard!

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Le civet de renard de l'Oncle Pinet

 

J'ai déjà vu, petit, Maître Renard en chasse.

Il marche à pas feutrés, nez au vent, la queue basse.

Soudain Goupil se fige, tous les sens en alerte,

Laissant venir la poule, caquetant, vers sa perte.

Panache déployé, il bondit gueule ouverte,

Saisissant par le cou la belle proie offerte.

Pas de bruit, seulement une gerbe de plumes

Laissera, de la poule, une trace posthume.

Respectons le renard, c'est une noble bête

Et que l'on peut aimer. " jusque dans son assiette!

Bien sûr Renard n'est pas un gibier très courant

Mais ce rusé gourmet régale les gourmands!

C'est mon oncle Pinet, je dois m'en réjouir,

Qui, voilà des années, me l'a fait découvrir.

L'oncle Pin et était un gaillard remarquable,

Un savant, un chercheur des choses de la table.

Casquetté, clope au bec, l'oncle avait belle allure.

Cet humoriste heureux détestait la torture,

Or, "travail" provenant du latin "trepaliare",

Supplice du tri pal, soit dit pour les ignares,

Il avait décidé de n'y jamais toucher.

Je l'ai vu plus souvent bambocher que piocher!

Nous partagions, joyeux, des bouteilles multiples,

Et il a fait de moi, en ce sens, son disciple.

Dédaignant les lazzis des idiots qui ricanent,

Il a fait préparer à la tante Suzanne

Corneilles et corbeaux, écureuils, hérissons,

Pies, geais, blaireaux, mouettes, cigalons, limaçons.

Et la tante mettait son imagination

Culinaire au service de ces préparations.

Chasseurs et gardes-chasse, paysans, braconniers

Venaient vider chez lui leur rebut de carnier,

Et beaucoup, toujours prêts si l'on rit, boit et mange,

Acceptaient de goûter ses cuisines étranges.

À l'ombre de la treille, devant le cabanon,

On mangeait, on chantait, en buvant des canons.

- Il est des personnages avec qui l'on se marre,

Mais ce renard, Victor, comment tu le prépares?

- L'oncle, sans se salir, dirigeait les travaux.

Ses amis s'escrimaient à enlever la peau

En se faisant larder par les milliers de puces,

De joyeux animaux qui sautent, piquent, sucent.

Puis, les mains dans le sang, ils libéraient les tripes

Chaudes et irisées qui salissaient leurs nippes.

On pendait le renard, écorché, nettoyé,

Dans un lieu frais et sec pour le mortifier

Pendant quatre ou cinq jours en fonction des saisons.

On fait toujours ainsi avec la venaison.

On le coupe en morceaux, on le fait mariner

Trois jours dans du vin rouge puissant, carabiné,

Avec sel, poivre noir, genièvre, oignon et thym.

Alors tante Suzanne prenait les choses en mains!

Égouttés, essuyés, les morceaux de renard

Sont flambés au vieux marc puis, sans aucun retard,

Faits sauter à feu vif dans du saindoux fondu,

On remue et on tourne souvent, bien entendu

Pour bien dorer la viande sur toutes ses faces,

On déglace la poêle au Noilly, une tasse,

Puis on laisse réduire sans attacher au fond.

On blondit des oignons dans un faitout profond

Puis on jette dessus les morceaux de renard,

On flambe à l'eau-de-vie, un verre de soiffard,

Sel, poivre de haut goût, bouquet garni, genièvre,

Enfin, tout ce qu'on met pour faire cuire un lièvre.

On mouille abondamment, pas dans la marinade,

Dans un rouge corsé mis en larges rasades.

On fait cuire quatre heures, à feu doux ou moyen,

Tout dépend si Goupil est jeunot ou ancien!

Ainsi accommodé, c'est un plat délicieux,

Ceux qui le goûteront feront des envieux.

Une bonne polenta en accompagnement,

Et du vin généreux, beaucoup, évidemment.

Avec des commensaux triés sur le volet,

De solides mangeurs, jamais des gringalets,

L'Oncle Pinet régnait avec cette recette

Sur un aréopage d'amoureux de la Fête.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne!

 

 

Ingrédients et proportions pour six à huit personnes (ayant bon appétit)

Il va de soi que l'Oncle Pinet ne faisait pas le bec fin sur la taille du renard que lui apportaient ses rabatteurs. Faites comme lui!

Il faut donc:

- Pour la marinade: - un renard mis à mortifier si possible en chambre froide quatre ou cinq jours puis coupé en morceaux, - 5 litres de vin rouge 13 ou 14°, - 5 poignées de gros sel, - 2 cuillerées à soupe de poivre noir concassé, - 20 baies de genièvre, - 5 oignons en quartiers piqués de clous de girofle, - 2 belles touffes de thym.

- Pour le civet: - 2 verres d'eau-de-vie pour flamber, - 250 g de sain­doux, - 1 verre de Noilly-Prat, - 5 autres oignons émincés, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - poivre noir du moulin en abondance, - 1 gros bouquet garni, - 20 nouvelles baies de genièvre, - 3 bouteilles de bon vin rouge A.O.C. 14,5°C, - 2 verres d'huile d'olive, - 2 kilos de farine de polenta pour l'accompagnement.

 

Les vins conseillés:

 Ce plat est en lui-même suffisamment puissant, riche en fragrances ani­males et en goûts musqués. Il y a donc deux écoles pour le choix des vins:

 - soit on reste dans la tonalité du plat et il faut des vins puissants, épicés, tanniques. En Côtes-du-Rhône: Châteauneuf-du-Pape évidemment, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Rasteau et tous les rouges "Villa­ges" ; en vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure; en vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, Barjols;

- soit on joue l'opposition et l'on prend des vins jeunes, légers, gouleyants, des vins "à boire". En Côtes-du-Rhône: Rochefort, Estézargues, Ste-Cécile-Ies-Vi­gnes, Côtes du Ventoux, Coteaux du Luberon, Coteaux du Tricastin, Cos­tières-de-Nîmes ; en vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Pic-saint-Loup, Saint-Christol, Saint-Drézery ; en vins de Provence: Côteaux-des-Baux, Saint-Maximin, Varages et Villecroze.

Décadi 10 messidor 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

27/06/2014

La cour de justice européenne au secours des « Gestationneuses Pour Oh ! Truies »

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L'ancienne manière était plus jouissive, non?

 

 

La cour de justice européenne vient d'enjoindre la France de reconnaître la filiation d'enfants nés de mères porteuses à l'étranger. Ça a l'allure d'une décision juste, équitable, c'est en fait la porte ouverte à la marchandisation imposée des corps. Et la prime à ceux qui ont du pognon pour se dispenser d'obéir aux lois de leur pays.

 

Vous avez du fric ? Vous voulez goûter aux joies de la parentalité ? Mais vous ne voulez pas déformer votre joli petit ventre et souffrir des désagréments de la grossesse ? Allez donc aux Etats-Unis ou en Inde, louez le ventre d'une Indienne crève-la-faim dans une usine à bébés, récupérez votre bébé-produit estampillé pur foutrovule parental, puis ramenez-le en France. La cour de justice européenne imposera désormais aux autorités françaises de leur délivrer le label Made in France...

 

Le fric permet tout. Même de s'affranchir des lois. Avec cette saloperie, les autorités françaises – obligés de reconnaître des enfants nés de GPA bien que cette pratique soit interdite par la loi en France – vont être poussées par de puissants lobbys bobos...à accepter la GPA en France sous prétexte d'égalité, de ne pas favoriser les plus riches. Et le tour sera joué.

 

Un « progrès » la GPA ? Tè ! Fume...G.P.A. = Grosses Putes Avides. Ce sont des femmes avides de pognon qui louent leur ventre. Les putes, elles, ne louent que leur chatte, et pour quelques minutes seulement. Mais les « Gestationneuses Pour Oh ! Truies » louent carrément leur ventre entier pendant neuf mois, pour faire un chiard qu’elles refileront à leurs clients, contre pas mal de thunes. Au Zétazunis, on peut choisir sur catalogue ! En Inde il existe des cliniques spécialisées. Le recours aux mères porteuses procède d'une logique profondément réactionnaire pour les droits des femmes parce qu'il implique une instrumentalisation du corps féminin.

 

Partout où elle a été légalisée dans le monde, la pratique des mères porteuses se traduit concrètement par une nouvelle exploitation, radicale, au sens où il s’agit de la prise de contrôle sur la vie d’une femme pendant neuf mois, et généralement d’un rapport inégalitaire et d’aliénation, entre commanditaires aisés et mères porteuses défavorisées souvent recrutées par des sociétés aux pratiques marchandes plus ou moins attentatoires à la dignité humaine. Les mères porteuses, loin d’être un progrès, sont une cause régressive et un mauvais combat pour la gauche, la plus récente et peut-être la plus choquante des extensions du domaine contemporain de l’aliénation. Il faut au contraire combattre résolument ce commerce du corps féminin qui a des conséquences scandaleuses pour les femmes les plus défavorisées, celles des pays en voies de développement contraintes par l’appât du gain ou la pression familiale pour cause de fric à accepter cette nouvelle forme d'exploitation.

 

Autorisée depuis 2002, la gestation pour autrui est devenue en Inde un marché aussi lucratif que florissant. Chaque année, des milliers de couples occidentaux ne parvenant pas à concevoir s'envolent vers l'Inde dans l'espoir de trouver une mère porteuse en l'échange d'une compensation financière de 28.000 dollars !

 

Pour mieux contrôler, mais aussi exploiter toutes les « ressources » de ce marché des mères porteuses, estimé à un milliard de dollars par an dans le pays, le Dr Nayna Patel, spécialiste de la fécondation in vitro, a décidé de créer une clinique dédiée à la gestation pour autrui. Établie à Anand, dans le nord-est de l'Inde, l'usine à bébés du Dr Patel abrite des centaines de mères porteuses. D'après la BBC, 500 bébés ont vu le jour depuis la création de l'établissement. 

 

Et le marché des mères porteuses en Inde n'est pas près de décroître. Dans un pays où un tiers de la population vit avec moins de 0,6 dollar par jour, porter l'enfant d'un autre laisse espérer aux mères porteuses un avenir meilleur, grâce aux 8.000 dollars qui leurs sont versés pour chaque naissance. La « compensation financière » s'élève à 10.000 dollars si elles portent des jumeaux. En cas de fausse couche lors des trois premiers mois de grossesse, elles ne touchent en revanche que 600 dollars. Lien 

 

Les couples, les femmes qui veulent les « joies de la maternité » sans en avoir les inconvénients sont des monstres d'égoïsme. Sans penser au devenir du gosse à venir. Ils/elles revendiquent le droit à l’enfant, et pas les droits de l’enfant. Et puis, vous croyez qu’il n’y a pas assez de gosses sur Terre ? On est déjà entre sept et huit milliards par « les voies naturelles ». Faut encore en faire d’autres artificiellement ?

 

La gestation pour autrui (GPA), c'est-à-dire les mères porteuses, c’est la marchandisation, la financiarisation du ventre de la femme. Comment le qualifier ? Esclavage moderne ? Il y a de ça. Prostitution ? Il y a de ça. Exploitation de la misère ? Il y a de ça.

 

François, voilà une bonne occasion de te faire respecter en Europe, en refusant ce diktat.

 

On peut toujours rêver...

 

 

 

Octidi 8 messidor 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

26/06/2014

Au bistro de la toile : la peine de mort est rétablie...

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- T'as vu, Victor. Il a été acquitté le toubib qui a tué sept personnes...

 

- J'ai vu Loulle. Et ça me glace d'effroi. Ce type était mu par quoi ? La compassion ? La méchanceté ? L'altruisme ? Le vice meurtrier ? La cupidité ? La dépression ? Le souci de rentabiliser les lits ? Tout est ouvert.

 

- Mais il a été non seulement blanchi mais acquitté. C'est-à-dire que les jurés ont estimé que ses actes ne sont, en aucune manière, répréhensibles. Ça veut dire quelque chose toute de même ! D'autant plus que ça va dans le sens général puisqu'un sondage vient parait-il de montrer que 9 Français sur 10 sont favorables à l'euthanasie.

 

- Nous sommes au siècle du spectacle, Loulle. L'affect populaire est modulé par la télévision, c'est-à-dire par le degré zéro de la culture. Ce jury a jugé non par la raison mais par l'émotion. Et les 90% de sondés qui acceptent le rétablissement de la peine de mort – parce que c'est de ça qu'il s'agit – confondent la compassion altruiste avec une sensiblerie pleurnicharde. Eh ! Oh ! Le « bon » docteur Casabuena, Goodhouse, Iyiev, Guthause, Buenhogar ou tout ce que tu voudras, il a tout de même tué volontairement et sciemment, malgré ses dénégations concernant son « intention de tuer ». Il a injecté du CURARE – substance létale du cocktail de poisons des tueurs légaux étazuniens – la nuit, en catimini, à des personnes qui n'ont JAMAIS demandé à mourir. Á des personnes très, très vulnérables venues en milieu hospitalier pour chercher une guérison, au moins un espoir. Et il les a tués, sans concertation avec des collègues, sans même en prévenir la famille ! Ce type – par ailleurs fragile mentalement - est sorti sous les applaudissements ! Et les jurés, comme les applaudisseurs peuvent encore se regarder dans la glace ?

 

- Ils ont pensé à la souffrance des pauvres gens dans les angoisses ultimes de l'agonie.

 

- Allons, allons. Sensiblerie. Sous la pression de très nombreux imbéciles heureux, la justice populaire a statué sur la mise à mort des malades, des comateux, des vieux, des handicapés, des trop malades. Bientôt, sous Marine par exemple, pourquoi pas des trop moches, des trop bronzés, des trop récalcitrants à l’idéologie dominante « pour abréger leurs souffrances », bien sûr. Á la discrétion des autorités médicales ou à la demande des familles des « impétrants » à l’euthanasie. Euthanasie, tiens, en voilà un joli mot ! Ça fait savant, propre sur soi, pas comme ces vieux qui bavent, pissent et se chient dessus. Et qui coûtent si cher à la Sécu ! Pourtant, le meurtre par empoisonnement d’une personne, ça a un nom précis : ASSASSINAT ! Mais c’est pas joli.

Le jugement de Pau fera jurisprudence. Il donne à une corporation – les médecins – qui se croit déjà au-dessus des lois, le droit de vie ou de mort sur des personnes en état de souffrance et de vulnérabilité extrême. Il s’agit ni plus ni moins du rétablissement de la peine de mort mais décrétée non pas par un jury populaire et des juges professionnels, mais par un collège de toubibs et de personnes de l’entourage du « patient » ! La porte ouverte à toutes les magouilles ou les intérêts les plus sordides le disputeront à la vraie compassion.

 

- Oui mais si le mourant a, lorsqu'il était lucide, demander la mort assistée et douce plutôt que la souffrance ?

 

- Oh ! Loulle, en finir avec la vie, c'est facile d'en parler lorsqu'on est en bonne santé, fort et un peu bravache. C'est probablement différent dans les angoisses ultimes, non ? Et puis, cette mise à mort légale, est-ce à la demande du malade ou à celle de sa famille, de son entourage ? Il faut se méfier de ce premier réflexe qui se veut altruiste et compassionnel : abréger les souffrances du malade en accédant, voire en lui suggérant de mettre fin à ses jours.

 

- Alors qu'est-ce qu'il faut faire ?

 

- La loi Léonetti est une bonne loi. Encore faudrait-il l'appliquer. Il existe des moyens de rendre les derniers instants dignes et apaisés. Encore faut-il que le monde hospitalier se donne les moyens de ces indispensables soins palliatifs. Ce qui compte, avant tout, c’est d’abattre la souffrance, pas de tuer le souffrant. Seulement ça coûte des sous. Beaucoup de sous. Et des sous, y en a pas...

Derrière tout ça, Loulle, il y a des calculs trop sordides pour qu'on les laisse apparaître au grand jour. C'est le culte du pognon de la société ultralibérale : élimination des gens qui ne seront plus productifs, économies conséquentes sur les retraites, remise à flot de la Sécu.  Une journée d'hôpital coûte cher à la collectivité, donc en ces temps d'austérité, abréger la vie ou suggérer aux patients que ce serait mieux qu'ils cessent de vivre parce que leur vie est devenue indigne va faire faire à la société de substantielles éconocroques !

 

- Putaing. C'est pas drôle tout ça. Tè ! Je préfère encore ne pas mourir ! Á la nôtre de santé !

 

 

Septidi 7 messidor 222

Illustration : merci à Chimulus

 

25/06/2014

E viva Ecuador !

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Le président Rafael Correa

 

Ce soir nos dignes représentants footballistiques vont taper dans un ballon contre les dignes représentants footballistiques d'un pittoresque petit pays d'Amériques répondant au nom d'Equateur.

 

L'Equateur? Qu'es aco ?

 

C'est un pays formidable. Un pays exemplaire. Un pays qui a eu le courage de dire MERDE aux banques et à tous les charognards du monde financier mondialisé, c'est-à-dire étazunien.

 

Ce petit pays, qui doit son nom à sa position géographique (sur la côte ouest de l'Amérique du Sud et...sur l'équateur), était mis en coupe réglé par les multinationales étazuniennes. Sa monnaie – le Sucre – a même été remplacé par le dollar US. C'est dire la main mise yankee sur le pays.

 

Eh bien le 14 décembre 2008, Rafael Correa, président de l'Equateur, prend une décision simple, évidente et ferme : annuler unilatéralement la part qu'il juge « illégitime » de la dette publique de son pays, et suspendre le remboursement de tous les titres de la dette. Cette part illégitime fut estimée à 70% de la totalité de la dette !

 

Cette décision faisait suite aux travaux d'un audit de la dette du pays sur la période 1976-2006 effectué dès 2007 par une commission d'enquête indépendante. Il faut savoir que l’Équateur avait alors perdu sa souveraineté, placé qu'il était sous les diktats du FMI et de la Banque mondiale.

 

Les experts de la Commission ont identifié des tranches de dettes dites «illégales» (dont le contrat est contraire au droit international ou équatorien), «odieuses» (contractées par un gouvernement despotique, à l'encontre de l'intérêt des populations) ou encore «illégitimes» (par exemple lorsqu'elles sont creusées pour voler au secours des banques privées...).

 

Les banques ricaines ont gueulé au charron, mais Correa les a envoyé chier ! Et que croyez-vous qu'il se passât ? 95% des créanciers de l’Équateur (FMI, Banques, et autres fonds institutionnels) ont accepté cette décision ! 

 

Ainsi le président Correa, s'appuyant sur l'outil fort efficace de l'audit de la dette mais aussi sur une mobilisation populaire sans faille, a su établir un rapport de force suffisant pour faire avaler aux mafias financières que la part de la dette qu'il annulait n'était pas celle du peuple et que ce n'était donc pas au peuple de la payer !

 

La nouvelle constitution, approuvée par 64 % des votants lors du référendum de septembre 2008, renforce le rôle du Plan national de développement et fait de l’État un acteur central dans la production de biens, la construction d’infrastructures et la régulation. Les activités financières sont désormais considérées comme un « bien public » et le contrôle des ressources naturelles par l’État devient un principe constitutionnel.

 

Le président Correa entend s’attaquer à des chantiers où l’immobilisme a longtemps été la règle, en particulier l’amélioration de la qualité du système éducatif et l’efficacité de l’administration. Le gouvernement essaie de diversifier ses partenaires commerciaux, en privilégiant une coopération économique et technique Sud-Sud avec des pays comme l’Iran, la Chine et, surtout, l’ALBA (Alternative bolivarienne pour les Amériques). Le pays a quitté le Centre international de règlement des différends (CIRDI), refusant les arbitrages internationaux. Le gouvernement tente de promouvoir la création d’instances exclusivement régionales au nom de l’indépendance et la souveraineté vis-à-vis des pays industrialisés.

 

Voilà ce que c'est l’Équateur. Alors finalement, si ce soir nos footballeurs millionnaires enfants gâtés ne gagnent pas face aux représentants de ce si sympathique pays, je n'en serais pas plus affecté que ça...

 

Equateur Atahualpa.jpg

 

Sextidi 7 messidor 222

Illustrations X - Droits réservés

 

 

24/06/2014

Après les emmerdeurs du rail, les emmerdeurs des airs et...les emmerdempoisonneurs de la FNSEA

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Non mais vous les avez entendu les gougnafiers de l'agriculture chimico-industrielle de la FNSEA ! Ils gueulent, ils s’époumonent (enfin, ceux qui n'ont pas les éponges trop mitées...), ils bloquent la circulation, ils EMMERDENT, et vous savez pourquoi ? Parce que le gouvernement veut faire passer une loi leur interdisant de répandre leurs saloperies de pesticides à moins de 200 mètres d'une école, d'un hôpital, d'une maison de retraite, d'une habitation, d'un lieu de vie quoi !

 

Début mai, une vingtaine d'enfants et une enseignante d'une école primaire de la Gironde ont été pris de malaises après l'épandage d'un fongicide sur des vignes situées à proximité de l'établissement. La préfecture du département avait relevé une utilisation du produit dans des « conditions inappropriées ».

 

Traiter jusque dans les cours des écoles, c'est raisonnable ça ?

 

Qui ne s’est pas énervé en traversant les nuages de pesticides généreusement pulvérisés sur les cultures, du printemps à la récolte, soit pendant quatre mois ! Oui, nous répondent les tenants de l’agriculture intensive, mais si on ne traite pas, on n’a pas de récolte correcte… Sauf que l’agriculture biologique prouve chaque jour le contraire.

 

Oui nous diront les Fnsea-boys mais le bio, c'est marginal, ce n'est pas ça qui va nourrir les foules affamées. Laissez-nous traiter « raisonnablement ».

 

Pour appuyer leurs revendications corporatistes, ils ont salopé la place de la Concorde... Leur but : Donner un « carton jaune » comme ils disent, au gouvernement pour faire pression au moment où le projet de loi d’avenir sur l’agriculture commencera à être examiné en commission à l’Assemblée nationale. Le texte passera ensuite en seconde lecture dans l’hémicycle les 7 et 8 juillet.

 

Le ministre Le Foll, faisant preuve d'une évidente mollesse des génitoires, a tenté de les rassurer mardi sur RTL, en réaffirmant qu'il n'était n’était pas prévu d’interdire les épandages de pesticides à moins de 200 mètres des habitations. Eh ! Oh ! Ci-devant ministre, faudrait savoir, non ? Tu préfères empoisonner les gosses plutôt que de faire preuve de fermeté vis-à-vis d'une bande de parpagnas gavés de subventions européennes ou nationales ?

 

Il faut savoir que 349 pesticides différents sont présents dans les produits alimentaires vendus dans l'UE !

 

« Pour votre santé, mangez cinq fruits et légumes par jour » qu’ils nous serinent à longueur de bourrage crâne. A mon avis, c’est une manière originale pour tenter de résoudre les problèmes de surpopulation : en effet, en suivant ces judicieux conseils, vous avez toutes les chances de vous fabriquer un chou-fleur bien gaillard qui va vous envoyer ad patres en quelques  mois. Le crabe nourri aux pesticides, c’est du redoutable !

 

Quintidi 5 messidor 222

 

Photo X – Droits réservés

 

23/06/2014

L’œil de Moscou ? Non, l'Eeil de Mossoul.

 

 

Pendant qu'on se gargarise des exploits des tapeurs de ballon au Brésil, il s'en passe des choses dans le monde. Et des rugueuses. Par exemple en Irak.

 

Mouais vous allez me dire, l'Irak, ras les aliboffis. S'ils sont assez kons, assez tarés par leur religion pour s’entre-tuer au nom d'allah, qu'ils le fassent. On s'en fout !

 

Pourquoi pas. Mais peut-on réellement s'en foutre ?

 

Et d'abord qu'est-ce qu'il se passe en Irak, pays censé jouir du bonheur ultralibéral sous la pax americana ? Une guerre de religion en passe de redessiner complètement la carte du Moyen-Orient.

 

Guerre de religion entre la majorité chiite placée au pouvoir par la soldatesque étazunienne et la très grosse minorité sunnite. Celle-ci étant naturellement soutenue par le grand voisin chiite, l'Iran et par...les Etazuniens. Celle-là étant largement soutenue par les grands pays sunnites au premier rang desquels l'Arabie saoudite, grande alliée des...Etazuniens ! Bref. Un beau bordel.

 

On le doit à qui ce foutoir ? A l'administration étazunienne Bush qui, en envahissant l'Irak et en renversant la dictature de Saddam Hussein, a déclenché une évolution politique incontrôlée qui a favorisé l'arrivée de groupe djihadistes nouveaux dont l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL).

 

C'est pas des tendres ceux-là. A côté d'eux, les talibans et Al Quaïda sont de gentils démocrates ! Ils ont un objectif précis : instaurer un « califat islamique » basé sur les douceurs de la charia sur les zones qu'ils contrôlent. Pour cela, ils n'hésitent devant rien, et surtout pas à faire péter les frontières artificielles héritées de l'époque coloniale.

 

L’Eeil compterait plusieurs dizaines de milliers d’hommes armés, dont une partie d’étrangers venus d’Asie centrale, d’autres pays du Moyen-Orient, et même d’Europe occidentale. Plusieurs Français figurent parmi ses membres, et un certain nombre ont péri dans ses rangs.

 

L'armée régulière irakienne a foutu le camp la paille au cul devant eux, leur abandonnant de nombreux chars, des véhicules, de l'armement moderne (fourni par les Etazuniens!) et même des hélicoptères ! Vous me direz, encore faut-il savoir se servir de ces armes. Mais ils savent ! Parce qu'ils comptent dans leurs rangs la plupart des officiers de Saddam que les Etazuniens, dans leur nullité crasse habituelle, ont rejeté ! Grâce à leur lavage de cerveau religieux, ils ont aussi un large volet de « volontaires » pour des opérations suicides. Voilà pour le côté militaire.

 

Côté politique, ils veulent faire comme le Kusdistan voisin jouissant d'une très large autonomie, voire d'une indépendance de fait. Leur projet : un « Sunnitistan » englobant, la plus grande partie de la Syrie et la partie nord ouest de l'Irak. Dans leur escarcelle : les riches gisements pétroliers de la région de Kirkouk (dans l'actuel Irak) et les raffineries de Deir Ez Zor (dans l'actuelle Syrie). Ce qui ferait d'eux...l'un des plus gros producteurs du monde arabe !

 

Voilà une des raisons pour lesquelles on ne peut pas s'en foutre.

 

Il y en a d'autres. D'abord parce que cette organisation attire, entraîne, fanatise des centaines de jeunes paumés de France et d'autres pays d'Europe qui, de retour chez nous, sont autant de bombes à retardement (voir le massacre récent en Belgique). Ensuite parce que cette guerre de religion en Irak va jeter sur les routes de l'émigration clandestine des milliers, voire des centaines de milliers de réfugiés. Qui voudront venir où ? Devinez...

 

On en vient à regretter l'époque de Saddam : quelques centaines de morts par an mais un pays où cohabitaient, à la trique peut-être mais sans problèmes, les chiites, les sunnites, les chrétiens, les Kurdes...

 

Á comparer avec les 300 morts par mois actuels depuis les douceurs de la Pax Americana.

 

 

Quartidi 4 messidor 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

22/06/2014

Ouiquinde gastronomique : la brandade de Nîmes

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 La Fanny est serveuse au café des Platanes

Elle a de ces rondeurs que les dévots condamnent

Mais que les jouisseurs lorgnent avec désir

Tant elles sont promesses de joies et de plaisir.

 

Elle ondule parmi les joueurs de pétanque,

Ces acteurs naturels, ces presque saltimbanques,

Perturbe les tireurs, énerve les pointeurs,

Prive de leurs moyens ces superbes menteurs.

 

Sous l’effet ravageur de ses hanches qui roulent

Tous restent bouche bée et en perdent la boule

Parmi les équipiers, voilà la zizanie :

 

On s’insulte, on se crie, pour un point on s’encagne

On joue contre son camp, on joue à Qui-perd-gagne

Tous rêvent du Zéro… et de baiser Fanny !

 

 

 

— Victor ! Tes pétanqueurs qui rêvent d’embrassades

En matant les rondeurs de la belle Fanny,

Ils devraient s’entraîner à faire la brandade,

Ça calmerait un peu leur érotomanie !

Voici comment la font, pour leur table éponyme

Serge et Wladimir, restaurateurs à Nîmes.

Pour réussir ton plat, éloigne les intrus,

Une nuit, à l’eau fraîche, dessale ta morue,

En six coups de hachoir frappés sur une planche,

Sans enlever la peau, en portions tu la tranches.

Tu la mets, à l’eau froide, dans un large faitout

Que tu lèves du feu quand le liquide bout,

Et tu laisses tremper dix minutes environ,

Le temps de te verser quelques petits canons.

Puis égoutte, essore, et lève les arêtes,

Dans une casserole, mets ta morue défaite,

Dès lors, tu vas chauffer l’ensemble au bain-marie.

A la cuillère en bois, à tour de bras, manie,

Ecrase la morue d’une main combative

En ajoutant du lait et de l’huile d’olive,

L’un et l’autre, tiédis, de façon mesurée

Pour obtenir enfin une lisse purée.

Cette crème doit être onctueuse et épaisse

Pour cela, il te faut branler fort, sans faiblesse.

Lorsque tu en es là, prends le temps de souffler,

Décontracte ton bras, laisse-le dégonfler,

Verse-toi volontiers un vin blanc des Costières

Et va faire un câlin avec la cuisinière.

Reprends ton appareil, oublie la rigolade

Si tu veux, comme un chef, réussir ta brandade.

Il faut la parfumer, la monter en saveur.

Elle doit embaumer pour chavirer les cœurs.

Écrase, au mortier, une gousse d’ail blanc,

Râpe un peu de muscade — excellent stimulant ! —

Un zeste de citron que finement tu haches,

Un peu de poivre blanc, un soupçon de pistache,

Du sel si nécessaire, mais reste circonspect,

Enfin, lorsque tu sers, une truffe râpée.

Ce plat emblématique de Nîmes-la-Romaine

Incitera Fanny, à la dernière mène,

À laisser les vainqueurs autant que les vaincus,

Selon la tradition, lui embrasser le cul !

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 1 grosse morue sèche, - 1 demi litre de lait tiède, - 1 demi litre d'huile d'olive tiède, - 3 gousses d'ail de belle taille, - 1 zeste de citron, - 1 cuillerée à dessert de poivre blanc, - 1 peu de muscade râpée, - 2 graines de pistache, - 1 truffe (accessoire), - beaucoup de vigueur dans le bras (indispensable !)

 

Les vins conseillés:

Profitez de ce plat gardois pour apprécier les vins rouges des Costières-de-Nîmes mais aussi les blancs vifs de la vallée du Rhône: blancs tranquilles de Saint-Péray, vins tranquilles du Diois, Saint-Gervais, Uchaux, Bollène, Mondragon, Piolenc, Sarrians, Bagnols-sur-Cèze, Codolet, Laudun, Saint-Just-d'Ar­dèche, Saint-Marcel-d'Ardèche, Villeneuve-Pujaut, Ventoux, Luberon.

En vins du Languedoc: Quatourze, La Méjanelle, Picpoul-de-Pinet. En vins de Provence: Palette, Seillons-source-d'Argens, Brue-Auriac, Châteauvert.

Vous pouvez aussi accompagner ce plat avec bonheur par des vins primeurs: Rochegude, Sainte-Cécile-les-Vignes, Sabran, Codolet, Rochefort, Lirac, Laudun.

 

Tridi 3 messidor 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

21/06/2014

Ouiquinde érotique avec le grand Léo (Ferré, bien sûr!)

 

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Géometriquement tien

Ton corps est comme un vase clos
J'y pressens parfois une jarre
Comme engloutie au fond des eaux
Et qui attend des nageurs rares
Tes bijoux ton blé ton vouloir
Le plan de tes folles prairies
Mon squale qui viendra te voir
Du fond de moi si tu l'en pries

Un herbe douce comme un lit
Un lit de taffetas de carne
Une source dans le midi
Quand l'ombre glisse et me décharne
Un sentiment de rémission
Devant ta violette de Parme
Me voilà soumis comme un pion
Sur l'échiquier que ta main charme

Mon organe qui fait ta voix
Mon pardessus sur ta bronchite
Mon alphabet pour que tu croies
Que je suis là quand je te quitte
Ma symphonie dans ton jardin
La mer dans ta rivière close
L'aigre parfum de mon destin
Sur le delta d'où fuit ta rose

L'odeur canaille de ta peau
Tendue comme un arc vers sa cible
Quand pointe de mes oripeaux
Le point de mire inaccessible
Du feu pour le bel incendie
Que j'allumerai à ta forge
Cette nuit puisque tu me dis
Que ça te remonte à la gorge

Et moi qui ne suis pas régent
De tes propriétés câlines
J'irai comme l'apôtre Jean
Dormir un peu sur ta poitrine
J'y verrai des oiseaux de nuit
Et leurs géométriques ailes
Ne pourront dessiner l'ennui
Dont se meurent les parallèles

 

Ecoutez-le ICI

 

Duodi 2 messidor 222

 

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20/06/2014

Hollande n'a rien fait depuis deux ans. Voyons voir!

hollande bashing dessin de Lascar.jpg

 

 

C'est vrai, çà il n'a rien fait ? J’ai trouvé sur l’excellent blog de mon ami Baldy (http://marcbaldy.blog4ever.com/) une réponse précise et documentée propre à renvoyer dans les cordes les adeptes de ce sordide autant que lâche jeu de massacre appelé «  Hollande-bashing ».

Il a juste fait çà depuis Juin 2012

 

Lois ou ordonnances promulguées

·         Proposition de loi visant à permettre le don de jours de repos à un parent d'un enfant gravement malade

·         Loi du 29 mars 2014 visant à reconquérir l'économie réelle

·         Loi du 28 mars 2014 relative à la géolocalisation

·         Ordonnance relative à l'économie numérique

·         Ordonnance portant réforme de la prévention des difficultés des entreprises et des procédures collectives

·         Loi du 11 mars 2014 renforçant la lutte contre la contrefaçon

·         Loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l'emploi et à la démocratie sociale

·         Loi du 27 février 2014 harmonisant les taux de la taxe sur la valeur ajoutée applicables à la presse imprimée et à la presse en ligne

·         Loi du 21 février 2014 visant à reconnaître le vote blanc aux élections

·         Ordonnance relative au logement intermédiaire

·         Loi organique et ordinaire du 14 février 2014 interdisant le cumul de fonctions exécutives locales avec le mandat de député, de sénateur et de représentant au Parlement européen

·         Loi du 6 février 2014 visant à mieux encadrer l'utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire national

·         Loi du 27 janvier 2014 visant à harmoniser les délais de prescription des infractions prévues par la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881, commises en raison du sexe, de l'orientation ou de l'identité sexuelle ou du handicap

·         Loi du 2 janvier 2014 habilitant le Gouvernement à simplifier et sécuriser la vie des entreprises

·         Loi du 29 décembre de finances rectificative pour 2013

·         Loi du 18 décembre 2013 relative à la programmation militaire pour les années 2014 à 2019 et portant diverses dispositions concernant la défense et la sécurité nationale

·         Loi du 16 décembre 2013 transposant la directive 2013/1/UE du Conseil du 20 décembre 2012 modifiant la directive 93/109/CE en ce qui concerne certaines modalités de l'exercice du droit d'éligibilité aux élections au Parlement européen pour les citoyens de l'Union résidant dans un Etat membre dont ils ne sont pas ressortissants

·         Loi organique du 6 décembre 2013 relative au procureur de la République financier

·         Loi du 6 décembre 2013 autorisant l'expérimentation des maisons de naissance

·         Loi organique et loi relatives à l'application de l'article 11 de la Constitution (sur l'initiative référendaire)

·         Loi du 6 décembre 2013 relative à la lutte contre la fraude fiscale et la grande délinquance économique et financière

·         Loi organique et loi relatives à l'indépendance de l'audiovisuel public

·         Loi du 12 novembre 2013 habilitant le Gouvernement à simplifier les relations entre l'administration et les citoyens

·         Ordonnances du 3 octobre 2013 relatives à la procédure intégrée pour le logement, à la garantie financière en cas de vente en l'état futur d'achèvement et au développement de la construction de logements

·         Loi du 27 septembre 2013 visant à modifier certaines dispositions issues de la loi n° 2011-803 du 5 juillet 2011 relative aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet des soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge

·         Ordonnance du 5 août 2013 relative à la mise en oeuvre du principe de participation du public défini à l'article 7 de la Charte de l'environnement

·         Loi du 25 juillet 2013 relative aux attributions du garde des sceaux et des magistrats du ministère public en matière de politique pénale et de mise en oeuvre de l'action publique

·         Ordonnance du 18 juillet 2013 relative au contentieux de l'urbanisme

·         Loi du 19 juillet 2013 relative à l'instauration du 27 mai comme journée nationale de la Résistance

·         Loi du 1er juillet 2013 habilitant le Gouvernement à adopter des mesures de nature législative pour accélérer les projets de construction

·         Loi organique et loi du 17 mai 2013 relatives à l'élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux, des conseillers communautaires et modifiant le calendrier électoral

·         Loi du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe

·         Loi du 16 avril 2013 relative à l'indépendance de l'expertise en matière de santé et d'environnement et à la protection des lanceurs d'alerte

·         Loi du 15 avril 2013 visant à préparer la transition vers un système énergétique sobre et portant diverses dispositions sur la tarification de l'eau et sur les éoliennes

·         Loi du 31 décembre 2012 relative à la représentation communale dans les communautés de communes et d'agglomération

·         Ordonnance du 19 décembre 2012 relative au renforcement de la sécurité de la chaîne d'approvisionnement des médicaments, à l'encadrement de la vente de médicaments sur internet et à la lutte contre la falsification de médicaments

·         Loi du 24 décembre 2012 relative aux juridictions de proximité

·         Loi du 6 août 2012 relative au harcèlement sexuel

·         Loi du 6 août 2012 visant à abroger la loi n° 2012-376 du 20 mars 2012 relative à la majoration des droits à construire

 

Projets de loi encore en discussion à l'assemblée

·         Proposition de loi tendant à rééquilibrer les règles relatives à la perception de la taxe communale sur la consommation finale d'électricité au bénéfice des communes

·         Projet de loi relatif aux activités privées de protection des navires

·         Proposition de loi relative à la réforme des procédures de révision et de réexamen d'une condamnation pénale définitive

·         Projet de loi d'habilitation relatif à la mise en accessibilité des établissements recevant du public, des transports publics, des bâtiments d'habitation et de la voirie pour les personnes handicapées

·         Projet de loi pour l'égalité entre les femmes et les hommes

·         Projet de loi relatif à l'artisanat, au commerce et aux très petites entreprises

·         Proposition de loi relative à l'interdiction de la mise en culture des variétés de maïs génétiquement modifié

·         Projet de loi relatif à la modernisation et à la simplification du droit et des procédures dans le domaine de la justice et des affaires intérieures

·         Projet de loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt

·         Projet de loi relatif à la désignation des conseillers prud'hommes

·         Proposition de loi visant à renforcer la responsabilité des maîtres d'ouvrage et des donneurs d'ordre dans le cadre de la sous-traitance et à lutter contre le dumping social et la concurrence déloyale

·         Proposition de loi tendant au développement, à l'encadrement des stages et à l'amélioration du statut des stagiaires

·         Projet de loi portant transposition de la directive 2012/13/UE du Parlement européen et du Conseil du 22 mai 2012 relative au droit à l'information dans le cadre des procédures pénales

·         Proposition de loi tendant à encadrer les conditions de vente à distance des livres

·         Proposition de loi relative à la création d'un dispositif de suspension de détention provisoire pour motif d'ordre médical

·         Projet de loi d'orientation et de programmation relative à la politique de développement et de solidarité internationale

·         Proposition de loi constitutionnelle autorisant la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires

·         Proposition de loi visant à faciliter l'exercice, par les élus locaux, de leur mandat

·         Proposition de loi portant réforme de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité

·         Proposition de loi relative à la sobriété, à la transparence et à la concertation en matière d'exposition aux ondes électromagnétiques

·         Proposition de loi modifiant la loi n° 2007-1545 du 30 octobre 2007 instituant un Contrôleur général des lieux de privation de liberté

·         Proposition de loi visant à faciliter le stationnement des personnes en situation de handicap titulaires de la carte de stationnement

·         Proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel

·         Proposition de loi relative à la prévention des inondations et à la protection contre celles-ci

·         Projet de loi relatif à l'économie sociale et solidaire

·         Proposition de loi relative à l'élection des conseillers de Paris

·         Projet de loi constitutionnelle portant réforme du Conseil supérieur de la magistrature

·         Projet de loi renforçant la protection des sources des journalistes

·         Proposition de loi tendant à la suppression du mot « race » de notre législation

·         Proposition de loi visant à inscrire la notion de dommage causé à l'environnement dans le code civil

·         Proposition de loi portant amnistie des faits commis à l'occasion de mouvements sociaux et d'activités syndicales revendicatives

·         Projet de loi de développement des solidarités territoriales et de la démocratie locale

·         Projet de loi de mobilisation des régions pour la croissance et l'emploi et de promotion de l'égalité des territoires

·         Proposition de loi visant à l'abrogation du délit de racolage public

·         Proposition de loi relative au versement des allocations familiales et de l'allocation de rentrée scolaire au service d'aide à l'enfance lorsque l'enfant a été confié à ce service par décision du juge

·         Projet de loi ratifiant l'ordonnance n°2012-1427 du 19 décembre 2012 relative au renforcement de la sécurité de la chaîne d'approvisionnement des médicaments, à l'encadrement de la vente de médicaments sur internet et à la lutte contre la falsification de médicaments

·         Projet de loi constitutionnelle relatif aux incompatibilités applicables à l'exercice de fonctions gouvernementales et à la composition du Conseil constitutionnel

·         Projet de loi constitutionnelle relatif à la démocratie sociale

·         Projet de loi constitutionnelle relatif à la responsabilité juridictionnelle du président de la République et des membres du Gouvernement

·         Proposition de loi visant à créer des zones de protection renforcée contre le loup

·         Proposition de loi relative à l'abrogation du conseiller territorial

 

 Décadi 30 prairial 222

 

Illustration: merci à Lascar

19/06/2014

Du bon dans le grand raout de Ségo sur le « transition énergétique ». Sauf…

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 Sauf sur le nucléaire.

 

Arrêter une centrale, même pourrie jusqu’à la moelle comme Fessenheim ou Tricastin, reste tabou.

 

Pourquoi ? Parce que, aussi bien Hollande que Valls et Ségolène Royal sont POUR la poursuite de la filière nucléaire. Mais aussi parce que le gouvernement n’a pas – n’a plus ! – les moyens juridiques de fermer une centrale !

 

En effet, la loi TSN sur la transparence et la sécurité nucléaire - votée en 2006, sous l’influence des nucléocrates qui n’avait pas digéré la fermeture de leur jouet mortifère Super-Phénix – substitue aux critères politiques ou économiques, du ressort du Gouvernement et des parlementaires, les seuls critères dit «  de sureté », du ressort de l’entreprise opératrice, EDF, et de l’ASN (autorité de sureté nucléaire).

 

Autrement dit EDF fait ce qu’elle veut et si elle ne veut pas fermer une centrale, elle dit à l’Etat : « Tè ! Fume… » 

 

On pourrait s’offusquer et dire : « Comment ? Mais EDF appartient à 84,4 % à l’Etat ! ». Oui, mais seulement à 84,4 %... En 2004, EDF a été privatisée et est une SA (société anonyme)  régie par le droit privé. Or dans un état de droit, l’Etat n’a évidemment pas le droit de fermer une entreprise privée. De plus l’Etat actionnaire doit défendre les intérêts de l’entreprise où il siège sauf à tomber sous le coup d’abus de bien social ! Enfin, l’Etat actionnaire…encaisse goulûment les dividendes de ses actions (2,33 milliards en 2013).

 

Il va de soit que si EDF était resté sous le statut d’établissement public, l’Etat pourrait imposer sans problème la fermeture des centrales. On comprend dès lors que les nucléocrates aient sablé le champagne en 2004, lors de la privatisation d’EDF et en 2006 lors du vote de la loi TSN.

 

Voilà où on en est. Le projet de loi de Ségo donne en fait les clés de la politique énergétique de la France à EDF

 

 

Nonidi 29 prairial 222

 

Photo X – Droits réservés

18/06/2014

Transhumance...

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Allez! Je quitte aujourd'hui les foules du festival (s'il a lieu...)...

 

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...pour les hautes terres du Pays des sources où même les vaches soutiennent les Bleus!

 

Nonidi 29 prairial 222

 

Photo moi et X - Droits réservés

 

17/06/2014

Au bistro de la toile : intermittents du spectacle.

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- Oh Loulle ! Il me semble que tu tires la gueule. Ce serait pas par hasard que tu aurais les flubes que le festival d'Avignon soit annulé ?

 

- Y a un peu de ça Victor... Le festival apporte sur la ville, en un mois, une manne de bel et bon pognon venu d'ailleurs. Les festivaleux, les journaleux, ça a soif sous le soleil-lion, et donc ça boit Victor ! Plus que les vieilles carnes comme toi...

 

- Ah ! Loulle. Je retrouve bien là la hauteur de vue de l'amoureux des arts vivants, le digne « fils de Vilar » ! Au fond, le premier festival mondial des arts vivants, tu t'en tamponnes l'oigne Loulle. Mais les lovés que ça fait tomber dans ton tiroir caisse, c'est un deuil plus difficile à porter...

 

- Soyons honnête Victor : y a de ça. Ya de ça... Au fait, je n'y entrave que dalle à leur histoire d'intermittents du spectacle. C'est quoi ce foutoir ? Quelques-uns de mes clients pensent que c'est une bande de feignasses qui vivent grassement sur le dos des autres travailleurs...

 

- Ceux qui pensent ça, Loulle, que ce sont des feignasses et qu'ils abusent, ils n'ont qu'à ne plus aller voir un seul spectacle, un seul événement sportif, un seul concert. Ils peuvent et doivent aussi fermer leur télé et leur poste de radio. Parce qu'aucun de ces événements culturels ne peut exister sans les intermittents dits du spectacle.

 

- Mais qui sont ces intermittents du spectacle ?

 

- Eh bien ce sont toutes les personnes qui marnent de près ou de loin dans le monde du spectacle ou de la culture. Elles ont le droit de bénéficier du statut d’intermittent. Il s’agit des acteurs, des chanteurs, des metteurs en scène mais pas seulement. Il y a aussi beaucoup de techniciens, tous ceux qui équipent les lieux de spectacles : installation de la scène, des gradins, de l'éclairage, de la sonorisation, de la billetterie, etc. Bref toutes les petites mains que l'on ne voit pas mais qui sont indispensables à toute manifestation culturelle.

 

- D'accord. Mais quel est ce statut que le Medef veut balayer et prétextant qu'il coûte un bras et auxquels les intermittents s'accrochent bec et ongles ?

 

- Pour bénéficier des indemnités de chômage versées par l'Assedic, qui est une caisse interprofessionnelle de solidarité, l'intermittent doit justifier un certain nombre d'heures au minimum dans une période donnée. Il faut avoir travaillé 507 heures (soit approximativement trois mois de travail à 8 heures par jour) au cours des 319 derniers jours pour les artistes ou des 304 derniers jours pour les ouvriers ou les techniciens, soit dix mois environ. À titre de comparaison (si la comparaison est possible, dans la mesure où, notamment, certains artistes travaillent à perte sur des périodes parfois importantes et non rémunérées : répétitions, montage de projet et autres démarches autonomes) le régime général pour l'allocation chômage demande 122 jours d'affiliation ou 610 heures de travail au cours des 28 mois qui précédent la fin du contrat de travail pour les moins de 50 ans ou 36 mois pour les 50 ans et plus. Lien

 

- Ah, tout de même. On comprend qu'ils se défendent... et que d'autres gueulent.

 

- Il y a des embrouilles, comme partout, mais ce n'est pas de la tarte Loulle. Un artiste qui se produit pendant un spectacle de deux heures aura « travaillé » 2 heures, mais combien de temps aura-t-il passé pour apprendre son texte, pour répéter son rôle ? Côté technicien, c'est un boulot de galérien. Ma belle-fille, Anne, est dans ce milieu : elle est régisseur de spectacle, c'est-à-dire qu'il lui faut se démerder pour que tout marche (éclairage, son, installations de scène et de salle, etc), et à l'heure ! Imagines un peu Loulle, l'équipement pour le spectacle de la fameuse « carrière Callet », à Boulbon, un des lieux emblématiques des plus grands spectacles du festival d'Avignon. Elle l'a fait ça Anne. Sous un cagnard dément, avec la poussière soulevée par le mistral. De cinq heures du matin à 11 heures du soir. Elle rentrait complètement naze... Tu crois qu'elle vole son pognon ? Eh bien il a fallu qu'elle arrive à l'âge de 39 ans pour avoir, dans ce milieu, et à Avignon pourtant place forte du spectacle, son premier CDI !

 

- Ouais, pas de la tarte effectivement. Mais alors où est le scandale ?

 

- Le scandale vient du fait que certaines boites de production qui marnent pour la télé abusent de ce statut. De même les grands parcs d'attraction comme Disneyland, Puy-du-fou, Astérix, etc. tournent toute l'année avec des personnels permanents mais déclarés « intermittents ». Les chaînes de télévision aussi et surtout usent et abusent de ce statut en multipliant les contrats d'intermittent au détriment des contrats de travail à temps plein. Les standardistes, les secrétaires, les personnels d'entretien, etc. encombrent et parasitent le système. Voilà où est le scandale Loulle.

 

- Alors qu'est-ce qu'il faut faire ?

 

- Ne pas donner satisfaction au Medef dans un premier temps, puis tout remettre à plat et réserver ce statut particulier uniquement à celles et ceux qui travaillent effectivement par intermittence, alternant période de gros boulot et période de chômage.

 

- Je comprends mieux Victor. A la nôtre !

 

Octidi 28 prairial 222

 

Merci à Chimulus

 

16/06/2014

Emmerdo, ergo sum ! J'emmerde, donc je suis...

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A tort ou à raison, c'est ainsi que sont perçus les grèves dures à la SNCF d'une part, parmi les intermittents du spectacle d'autre part. Les cheminots sont perçus comme les “bonnets rouges” corporatistes du chemin de fer: ceux qui emmerdent les usagers!

 

Pour contrer cette hostilité du public, les syndicats grévistes ont le tort de ne pas expliquer les raisons de leur combat, notamment concernant le lien entre la défense de leur statut très protecteur et le service public efficace et sécure. Ce manque d'explication est d'autant plus préjudiciable que la grève a démarré alors qu'un rapport pointait du doigt les graves négligences de la SNCF dans la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge qui a coûté la vie à 7 personnes et en a blessé 32 l'an passé.

 

La Cour des comptes dans un rapport trop au vitriol pour ne pas en être suspect les considèrent comme une caste de privilégiés arc-boutée sur ses acquis sociaux et dénonce sans nuance des temps de travail inférieurs à la durée légale, des augmentations de salaires régulières, la gratuité des transports, etc. Mais peut-on reprocher aux grévistes de la SNCF de ne pas se laisser rouler dans la farine, de voir leurs conditions de travail se dégrader au prix de la sécurité, de se voir pousser vers les salaires et les conditions de travail des cheminots des compagnies ferroviaires privées (comme Euro Cargo Rail) qui sévissent déjà dans le fret ferroviaire ?

 

Derrière ce mouvement plane l'ombre menaçante de l'ouverture totale à la concurrence (fret et voyageurs) dès 2019. C'est pourquoi le cœur de la contestation est la réforme ferroviaire qui arrive devant l'Assemblée nationale demain 17 juin après deux ans de discussions et de travaux entre toutes les parties. Au centre de cette réforme, la dette colossale du secteur ferroviaire : 44 milliards d'euros!). Dette pour l'essentiel liée aux mauvais choix du « tout TGV » et en particulier au lancement simultanée de quatre lignes à grande vitesse sous financement SNCF. On paie là la mégalomanie de dirigeants qui, eux, ne risquent pas le chomdu... Cette réforme propose de regrouper sous une même entité SNCF (ceux qui roulent) et Réseau Ferré de France (ceux qui possèdent les rails). Mais c'était comme ça avant !!!

 

Actuellement, c'est un vrai bordel : RFF est censé entretenir les voies, mais elle n'en a pas les moyens et...sous-traite ce travail aux personnels de la SNCF ! Autrement RFF paie SNCF pour le travail des employés de celle-ci qui entretiennent les voies. Et SNCF paie à RFF un loyer pour que ses trains circulent sur les rails... Bonjours la simplicité, bonjour l'efficacité...

 

Un des arguments essentiels des grévistes est que la SNCF sera alors éclatée et incapable de répondre aux besoins de transport, avec de plus en plus de lignes et de gares fermées et toujours plus de camions sur les routes.

 

A noter que chaque jour de grève coûte à la SNCF, de la bouche même de Pépy, son patron, plus de 13 millions d'euros...

 

Rappelons aussi à tous ceux qui l'oublient que la SNCF est un service public et qu'elle est donc au service du public. Ce qu'elle semble avoir oublier depuis longtemps...

 

Septidi 27 prairial 222

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14/06/2014

Grivoiseries littéraires estivales

 

Sonnet pour une belle nonnain

Qui se disoit espouse du christ et repoussoit un cavalier

 

Tousjours : Jesus par-cy; tous jours : Jesus par-là,

Jesus veut la vertu, la pudeur il réclame;

Sans combler, ce pendant, le désir qu'il affame,

Jesus deffend cecy, Jesus deffend cela.

 

Sambregoy ! Je vous plains si vous estes sa femme

Car dans ceste famille aucun ne bricola :

Fust-ce pas un pigeon que l'Esprit racola

Pour foutre en lieu de Luy dans le Trou Nostre -Dame?

 

Il faut, ce Jesus-là, le faire un peu cocu:

Quoy ! souffrir qu'un tyran régisse vostre Cu ?

Qu'il le laisse béant, sans gloire et sans usage?

 

Tenez, je le renie, ouy, je change de Foy,

J'honnore Cupidon propice au culletage,

Et vivent les faux-dieux qui bandent comme moy!

 

 

Fernand Fleuret/Annibal Louvigné du Dézert

 

 

cul béni.JPG

 

Sonnet pour un petit conin

 

Petit nid sous un petit toit,

D'une oyselle fine industrie;

Nid qui n'a rien d'un nid de pie,

Mais où la pie hier estoit;

 

Petit annelet trop estroit

Dont je tente l'escroquerie;

Chef-d'œuvre de serrurerie

Qu'un vit en crochet n'ouvriroit ,

 

Fissure où vrille une lambrusque,

Bosquet où le Plaisir s'embusque:

Tel est le conin d'Alison,

 

Luy qui regalle ma braguette

Du sphincter d'un jeune garçon

Sous la motte d'une fillette.

 

 

Quintidi 25 prairial 222

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13/06/2014

Il fait chaud : la faute à Paul Hussion ?

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  • Oh là ! Sieur Paul Hué, vos vaches pètent trop

Il vous faudra réduire leurs délires ventraux

Car leurs rots et leurs pets, ce sont du gaz méthane

Qui risque de changer nos prairies en savanes.

- Oh là ! Sieur Paul Hueur, rengainez vos leçons

Que sont nos pets de vaches comparés au boxon

Que génère sur terre l’hyper consommation

De vos sociétés, vos civilisations

Basées sur le paraître et sur le racolage,

Sur l’avoir plus que l’être, et où le gaspillage

Est le mode normal de concevoir la vie

Où l’on prend, casse et jette au gré de ses envies.

- Notre mode de vie n’est pas négociable

Vous feriez comme nous si vous étiez capables !

De quoi donc rêvez-vous dans vos sombres gourbis ?

De bagnoles, de viande, d’alcools, de beaux habits,

De maisons confortables à l’air conditionné,

De piscines, de plages, de routes bétonnées.

D’ailleurs que faites-vous quand vous avez des thunes ?

Une station de ski au milieu de vos dunes…

- Qui nous pollue la tête avec ces âneries ?

Vos programmes télés avec leurs konneries.

N’avons-nous pas le droit d’être aussi kons que vous ?

Nous marchons sur vos traces, cependant, je l’avoue,

Ces travers me désolent et me mettent en rage

Mais avant d’arriver au niveau de carnage

Que vous faites subir à l’environnement

Nous avons de la marge pour vivre décemment.

Quand un Indien produit une tonne de carbone,

Vous, les Zétazuniens en produisez vingt tonnes

Et dix tonnes en Europe. Mais zéro en Afrique !

C’est à vous d’arrêter vos pollutions chroniques !

- De quoi vous plaignez-vous ? Vous êtes bien contents,

Sûrement pas le peuple, mais vous, les dirigeants,

D’accepter nos déchets à pleines palanquées

Car nous vous payons cash pour que vous les planquiez,

Qu’ils soient radioactifs, domestiques ou chimiques !

Euros, yens ou dollars, tout est bon pour vos cliques…

- Taisez votre cynisme, et gardez vos poubelles.

Car par la corruption vos actions criminelles

Saccagent nos contrées, empoisonnent nos gens,

Les poussent à émigrer pour trouver quelque argent.

C’est vous qui polluez depuis bientôt deux siècles.

Vous voudriez en plus nous imposer vos règles ?

C’est à vous de payer ! Vous tuez la nature

Et voulez que ce soit nous qui fassions ceinture ?

Le monde va crever ? Nous n’y sommes pour rien !

Si vous ne casquez pas, on ne répond de rien…

 

 

Quartidi 24 prairial 222

 

Merci à Chimulus

 



 



12/06/2014

Mort à la MORT ! Et vive la VIE !

 

 

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Ce mois de juin va cumuler trois décisions qui ont de quoi faire trembler le clampin. En effet il s’agit de rétablir – ou NON – la peine de mort. Il s’agit de légaliser – ou NON – le meurtre avec préméditation, c’est-à-dire l’ASSASSINAT.

 

Á travers le procès du ci-devant ex médecin Bonnemaison Nicolas, traduit en assises pour avoir « abréger la vie » de personnes dites « condamnées ».

Á travers le Conseil d’État qui doit statuer, en séance publique, sur la situation de Lambert Vincent, tétraplégique au sujet duquel sa famille se déchire sur le fait de le faire (pas de le laisser) CREVER - ou NON.

Á travers le rapport du Comité consultatif national d’éthique concernant l’autorisation du meurtre légal et du « suicide » assisté…

 

Sous la pression de très nombreux imbéciles heureux, le gouvernement mais aussi la justice doivent ainsi statuer sur la mise à mort des malades, des comateux, des vieux, des handicapés, des trop malades. Bientôt pourquoi pas des trop moches, des trop récalcitrants à l’idéologie dominante « pour abréger leurs souffrances », bien sûr. A la discrétion des autorités médicales ou à la demande des familles des « impétrants » à l’euthanasie. Euthanasie, tiens, en voilà un joli mot ! Ça fait savant, propre sur soi, pas comme ces vieux qui bavent, pissent et se chient dessus. Et qui coûtent si cher à la Sécu ! Pourtant, le meurtre par empoisonnement d’une personne, ça a un nom précis : ASSASSINAT ! Mais c’est pas joli…

 

Il s’agit ni plus ni moins du rétablissement de la peine de mort mais décrétée non pas par un jury populaire et des juges professionnels, mais par un collège de toubibs et de personnes de l’entourage du « patient » ! La porte ouverte à toutes les magouilles ou les intérêts les plus sordides le disputeront à la vraie compassion.

 

Il serait bon de jouer l’honnêteté intellectuelle : en finir avec la vie, est-ce la demande du malade ou celle de sa famille, de son entourage ? Il faut se méfier de ce premier réflexe qui se veut altruiste et compassionnel : abréger les souffrances du malade en accédant - voire en lui suggérant (la volonté affirmée de mourir « dans la dignité » nait dans l’esprit d’une personne consciente et lucide, bien en amont des angoisses du grabat, ce qui change tout !) – de mettre fin à ses jours.

Au-delà de l’euthanasie, l'assistance au suicide par respect de la liberté d'une personne qui veut mourir tangente la non-assistance à personne en danger.  Ce qui compte, avant tout, c’est d’abattre la souffrance, pas de tuer le souffrant.

 

Ces lois sociétales soi-disant modernistes « d’optimisation de la vie » (euthanasie, suicide assisté, gestation pour autrui) seront-elles imposées à la masse populaire par les puissants lobbies de bobos influents ? (Ironie de la chose, c’est souvent les mêmes qui « s’offusquent » de la corrida de toros !) Eux-mêmes manipulés par le culte du pognon de la société ultralibérale: élimination des gens qui ne seront plus productifs, économies conséquentes sur les retraites, remise à flot de la Sécu.  Une journée d'hôpital coûte cher à la collectivité donc, en ces temps d'austérité, abréger la vie ou suggérer aux patients que ce serait mieux qu'ils cessent de vivre parce que leur vie est devenue indigne va faire faire à la société de substantielles éconocroques !

C’est choquant ? Eh… Ouvrez les yeux. En Belgique, les vieux ont une peur panique d’aller à l’hosto. En Hollande (Pays-Bas), la question du vieillissement de la population et de son coût pour la société a été clairement posée puis lâchée tant elle choquait la population…

Et vive la VIE ! Même merdique.



Tridi 23 prairial 222

 

Illustration : merci à Chimulus

 

11/06/2014

Les mésaventures de Gastontruite et de Monsieur Nokill.

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- Gloup ! Gloup ! Le pied ! Qu’est-ce qu’elle est belle  cette cascade.

 

- Eh ! Gastontruite, si tu arrives à sauter jusqu’en haut, je te ferais des gâteries comme jamais on ne t’en a fait dans ta vie de machotruite. Foi de Berthetruite !

 

- Ouarf ! Tu vas voir ! Tout avec ma queue ! Tè ! Regarde.

 

Gastontruite est un superbe truiton de l’année, c’est le fils Fario. D’Auguste Fario, celui qui habite derrière le rocher pointu. Oui, celui que sa mère, la Joséphine Fario a fini meunière le mois dernier. Pauvre femme. Au beurre… Elle qui faisait le régime. Enfin, c’est dur la vie des Truites.

 

Gastontruite s’élance de toute la force de sa vigoureuse queue — on a toujours eu des queues solides chez les Fario — donne un grand coup de rein et franchit victorieusement le petite cascade qui chante quelque part entre Larzac et Cévennes.

 

Avant de redescendre chercher sa récompense dans les bras lascif de la séduisante Berthetruite, une gourgandine fort sexy, il nage paresseusement dans le plan d’eau en amont de la cascade de ses exploits.

 

- Tiens se dit-il, en voilà une mouche qu’elle est belle ! Ces efforts m’ont  creusé l’appétit. Un petit gueuleton me fera pas de mal avant de me taper la belle Berthetruite.

 

Et il fonce sur cette jolie mouche qui se prélasse en surface.

Il ouvre grand sa gueule et Vrouououff !

 

Aïïïïïe ?!?!? Le voilà avec la bouche à demi arrachée. Il se débat, accentuant les terribles dégâts de sa gueule martyrisée par le terrible hameçon. La douleur est atroce. « Maman ! » crie-t-il au désespoir. Puis le voilà brutalement enlevé hors de l’eau. Il vole dans cet élément dangereux : l’air. Il s’abat lourdement sur des graviers qui lui défoncent les côtelettes et lui meurtrissent les  pauvres nageoires. Son œil rond voit quelque chose d’énorme et qui bouge, avec des pattes accrochées au sol et d’autres pattes tenant une sorte de canne. Il sent quelque chose de chaud qui le serre, qui le presse. Gastontruite a le cœur qui bat à éclater. Ses ouïes s’asphyxient. Il est au bord de la défaillance, torturé par le fer autant que par l’angoisse de la mort.

 

Puis cette chose qui le tient lui arrache le fer meurtrier de la bouche. Cette chose le caresse sur le dos puis…le relâche. Ah ! L’eau. De nouveau l’eau.

 

Gastontruite, abasourdi, met un moment à récupérer quelques forces, puis il se laisse glisser dans le courant qui le fait basculer dans la cascade.

 

Gastontruite vient de rencontrer l’Homme.

 

Mais l’homme le plus faux-cul, le plus hypocrite qui soit. Le pêcheur « nokill » !

 

Pourtant il est fier de lui le pêcheur « nokill ». Il respecte la vie lui, monsieur ! D’ailleurs, il manifeste régulièrement avec les anti-corridas contre cette ignoble barbarie…

 

- Oh ! Kevin, t’as vu si elle était belle celle-là !

 

- Ouarf ! On aurait pu se la bouffer, non ?

 

- Ça va pas non ? Sauvage ! Qu’est-ce que t’en fait du respect de la vie des animaux ? Tè ! Sors plutôt le sauciflard et prépare le barbecue pour cuire la côte de bœuf.

 

 

Duodi 22 prairial 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

10/06/2014

Au bistro de la toile : je fais du rab !

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- Putaing, Loulle ! Il y a quelques semaines, j’ai franchis le cap des…septante et quelques vendanges ! Alors que normalement, avec les critères sociologiques et les normes actuels JE DEVRAIS ÊTRE MORT depuis lurette (on dit toujours qu’elle est belle celle-là, je sais pas…).Je fais donc du rab Loulle. Je suis un de ces salauds qui bouffent le pognon de la Sécu. Et oui Loulle. Et tu es complice, toi qui me conforte, voire me pousse à lever le coude pour emplir la caisse de ton merveilleux rade de perdition !  Tu te rends compte, maître empoisonneur, de ce que tu fais ! J’ai entendu un « professeur » émérite asséner des vérités terribles comme par exemple que l’on risque le cancer dès le premier verre de vin !

 

- …taing ! Bon anni (verre serré) versaire Victor ! T'as tenu jusque là, c'est donc que tu peux encore tenir quelques temps, mais, couillon,  ne bois pas le verre de vin qui donne le cancer, bois les autres !

 

- Voilà un bon conseil, Loulle. Tè. Mets ma tournée. Eh ! Maintenant, l’essentiel c’est le propre, l’inodore, le sans saveur, le « zéro risque ». Le principe de précaution institué au niveau de la Constitution !

 

- Économise-toi Victor. On a encore besoin de toi !

 

- Quand j’étais miston Loulle, il y avait des peintures au plomb partout et les tuyaux d’adduction d’eau étaient aussi en plomb. Ça faisait de jolies hernies quand il gelait, alors on appelait…le plombier !

Les prises électriques étaient évidemment sans protection, les fils de la lampe pendaient, les isolants étaient en bois et, bien sûr, il n’y avait pas de prises de terre.

On se chauffait au charbon dans une seule pièce et il n’y avait pas d’aération, sauf par les portes et fenêtres bancales.

On mettait l’eau de Javel, le permanganate et le crésyl (produits indispensables et courants à l’époque) dans des bouteilles de pinard vidées généreusement.

Quand aux quelques médicaments (vermifuge Lune, alunosal, lactéol, élixir parégorique, cachets d’aspirine « usine du Rhône », etc.) ils étaient sur l’étagère de la cuisine, à côté de la boite à sel et de la bouteille d’huile.

On buvait l’eau au robinet ou à la pompe dans la rue, et non des bouteilles cachetées.

On bouffait du pain, du beurre quand il y en avait, des gâteaux bien sucrés et on n’était pas obèses pour autant parce qu’on se bougeait le cul !

On jouait, quand il n’y avait pas école, toujours dans la rue, dans les terrains vagues, au bord du Rhône.

On fabriquait des traîneaux à roulements avec des planches et des roulements à billes qu’on allait chercher chez Bébert, le garagiste, et on descendait à fond la caisse. Les gamelles étaient nombreuses et ça nous apprenait à vivre.

 

- Putaing, les genoux et les coudes écorchés soignés à l’eau oxygénée et au mercurochrome rouge !

 

- On grimpait aux arbres, aux poteaux de la ville et on se cassait parfois un bras ou quelques ratiches sans faire d’histoires ni porter plainte contre le maire.

On allait faucher les cerises chez les paysans ce qui nous valait parfois une volée de gros sel dans le cul.

Il nous arrivait, pour des questions de « t’es pas chiche ! » de bouffer des hannetons ou des vers de terre. Sans dommage.

On avait plein de potes partout : il suffisait de sortir dans la rue, tous les gosses étaient là, c’était notre terrain de jeux. Et si on allait chez un pote, on entrait nature, sans invitation, et sa mère nous faisait goûter sans histoires.

On rentrait chez nous à la nuit sans que nos parents ne se tracassent la tête.

 Quant on avait des poux, on nous mettait la boule à zéro et on nous couvrait de DDT !

 

- Ouais Victor, mais pense donc, quelle horreur: on n’avait pas de portables ! Et même pas de nintendo, de play station, d’ordinateurs, de baladeurs, de télé 80 chaînes, etc. Quelle triste vie !

  

- On a pourtant survécu Loulle ! A l’école, dans nos classes à quarante élèves, quand un mec ne suivait pas bien, on l’aidait et s’il était trop branque, il redoublait. Sans que les « parents d’élèves » ne s’offusquent. Et si on était trop chiants et que le « maître » nous traitait par la podoculothérapie (l’art de soigner par le coup de pied au cul), les parents non seulement ne le faisaient pas mettre en taule, mais ils redoublaient la sanction podoculesque !

 

- J’ai connu ça moi aussi Victor. Pareil pour les gardes champêtres et les flics qui nous coursaient quand on faisait des konneries et nous secouaient le matricule sans qu’on soit pour autant des « victimes de la société ». On faisait les kons ? On assumait les conséquences. On roulait partout avec nos vieilles cranques de vélo, sans casque évidemment. Et les bagnoles, plus tard, nos vieilles Deuches ou 4L n’avaient ni ceintures ni air bag, quant aux freins ils étaient plus que douteux.

 

- Et je te dis pas le nombre très conséquent de verres de vin que j'ai bu tout au long de mes décennies d'existence ! Tellement au delà du "premier verre qui donne le cancer" que je devrais fumer les pissenlits par la racine depuis... Pfff! Et c’est pourtant notre génération qui a fait exploser les inventions qui font la réalité d’aujourd’hui !

 

- On avait la liberté, on assumait les risques, on acceptait les échecs, on jouissait des succès, on était RESPONSABLES ! Je me rends compte que normalement, avec une vie aussi « risquée », un environnement aussi « hostile », des façons de vivre aussi « aberrantes », je devrais être mort depuis bien longtemps ! Seulement ma femme m'a menacé: "Si tu meurs, je te tue!"  Alors je me tiens à carreau…

 

- Et vous nous dîtes ?

 

- Je continue !

 

- A la nôtre !

 

 

Primidi 21 prairial 222

 

Merci à Chimulus

09/06/2014

Á Nîmes, aux arènes, a las cinco de la tarde…

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L’Humain - moi, toi, lui, nous – est vraiment un drôle d’animal. Une sale bête…

 

Il fait chaud. Très chaud. A las cinco de la tarde…

 

Les vieux gradins de pierres blondes des arènes de Nîmes sont garnis jusqu’au sommet d’une foule aux couleurs excessives. Sous un soleil excessif. Pour trembler, hurler, s’enthousiasmer, applaudir, haïr de manière excessive devant un spectacle excessif.

 

Un rituel ancestral codifiant le combat de l’homme et du dieu Mithra.

 

La corrida.

 

Transcendée ou honnie.

 

A las cinco de la tarde…

 

Symboliquement, c’est le combat de l’homme et de la femme. Combat toujours perdu par l’homme.

 

L’homme, ici, c’est le toro, sa puissance brute, son courage insensé, ses charges désordonnée. La beauté de la force.

 

La femme, c’est le torero. Léger, aérien, si féminin dans son allure et ses attitudes. Opposant à la force l’intelligence, l’esquive, le leurre. La beauté.

 

Au centre du cirque, sous dix mille paires d’yeux, il y a un homme.

 

Une « danseuse » dit Cabrel qui n’a manifestement jamais vu l’œil d’un toro de près . Et un monstre mythique. Six cents kilos de force brute, de bravoure, de volonté de détruire tout ce qui s’oppose à lui.

 

Des deux, un seul sortira vivant. Et ce sera, presque toujours, l’homme. L’animal n’a jamais sa chance. C’est vrai. Combat inégal, certes, mais où l’homme risque toujours sa vie. Où son existence est suspendue à une erreur, une inattention. Où il frôle constamment la cogida,  la blessure, le désastre, la mort.

 

On est là. Assis. Pétrifié par une attention insupportable. Tous nos sens tendus vers le ballet de mort qui se déroule à quelques dizaines de mètres.

 

Ambigüité de l’homme : on tremble pour le torero mais on sent pourtant monter, malgré tous les barrages de la civilisation, depuis les tréfonds cachés de notre personnalité, l’angoisse mais aussi quelque chose de moche, de sale : l’espoir honteux de la victoire du toro, de la défaite et du massacre de l’homme. Le dompteur mangé par le lion…

 

La corrida, c’est du sang, de la peur, de la violence.

C’est la mort toujours présente. Fascinante et répugnante. Appelée et rejetée.

 

La corrida, c'est beau et obscène. Grandiose et pervers.

Comme la vie. Comme la mort.

 

Picasso disait : « Un bon dimanche, c’est le matin à la messe, l’après-midi à la corrida, le soir au bordel ! ».

 

Je suis aussi sanguinaire que Picasso : j’aime la corrida.

Je suis aussi nul que Montherlant : j’aime la corrida.

Je suis aussi débile qu’Hemingway : j’aime la corrida.

Je suis aussi crétin que Cocteau : j’aime la corrida.

Je suis aussi con que la majorité des habitants natifs de la Méditerranée, de Fréjus à Perpignan : j’aime la corrida.

Olé !

Et alors ?

 

Décadi 20 prairial 222

 

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