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30/09/2014

Ah ! Notre amie Ségo. Séductrice, pugnace mais aussi une sacrée roublarde…

centrales-nucleaires dessin.jpg

 

Ce matin, sur France Inter, à la question sur la fermeture – ou non – de la centrale de Fessenheim, elle ne botte pas en touche mais nous entraine dans des circonvolutions de langage. La production nucléaire d’électricité doit rester au niveau actuel, donc avec la mise en route de l’EPR, il faudra fermer deux réacteurs ». Elle n’a pas dis « fermer une centrale ».  Quant à Fessenheim, « la centrale a fait de gros investissements, on verra donc ce qu’il y a lieu de faire le moment venu »… En terme clair, ça veut dire que, lordque sera mis en service le calamiteux (au moins financièrement) EPR de Flamanville, on peut penser que quelques parts en France – à Fessenheim probablement, peut-être aussi ailleurs - on fermera un, et peut-être deux réacteurs, et pas centrales… Ce qui n’est pas pareil.

 

Arrêter une centrale, même pourrie jusqu’à la moelle comme Fessenheim ou Tricastin, reste tabou.

 

Pourquoi ? Parce que, aussi bien Hollande que Valls et Ségolène Royal sont POUR la poursuite de la filière nucléaire. Mais aussi parce que le gouvernement n’a pas – n’a plus ! – les moyens juridiques de fermer une centrale !

 

En effet, la loi TSN sur la transparence et la sécurité nucléaire - votée en 2006, sous l’influence des nucléocrates qui n’avait pas digéré la fermeture de leur jouet mortifère Super-Phénix – substitue aux critères politiques ou économiques, du ressort du Gouvernement et des parlementaires, les seuls critères dit «de sureté», du ressort de l’entreprise opératrice, EDF, et de l’ASN (autorité de sureté nucléaire).

 

Autrement dit EDF fait ce qu’elle veut et si elle ne veut pas fermer une centrale, elle dit à l’Etat : « Tè ! Fume… » 

 

On pourrait s’offusquer et dire : «Comment ? Mais EDF appartient à 84,4 % à l’État !». Oui, mais seulement à 84,4 %... En 2004, EDF a été privatisée et est une SA (société anonyme)  régie par le droit privé. Or dans un état de droit, l’État n’a évidemment pas le droit de fermer une entreprise privée. De plus l’État actionnaire doit défendre les intérêts de l’entreprise où il siège sauf à tomber sous le coup d’abus de bien social ! Enfin, l’État actionnaire…encaisse goulûment les dividendes de ses actions (2,33 milliards en 2013).

 

Il va de soit que si EDF était resté sous le statut d’établissement public, l’État pourrait imposer sans problème la fermeture des centrales. On comprend dès lors que les nucléocrates aient sablé le champagne en 2004, lors de la privatisation d’EDF et en 2006 lors du vote de la loi TSN.

 

Voilà où on en est. Le projet de loi de Ségo donne en fait les clés de la politique énergétique de la France à EDF

 

Octidi 8 vendémiaire 223

 

Photo X – Droits réservés

 

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