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13/04/2015

Big Brother « à la française » : DANGER !

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On a suffisamment glosé contre le « Patriot act » de Bush qui met les Etazuniens (et le monde entier!) sous surveillance pour ne pas gueuler avec véhémence contre l'équivalent tricolore de cette loi scélérate, la « loi sur le renseignement » que le gouvernement veut faire passer à la vitesse d'un TGV. Cette loi arrive en discussion ce jour à l'assemblée nationale sans que la société civile, les citoyens, vous, moi, ne soient réellement au courant. Valls veut la faire passer à la hussarde.

 

La « Loi Renseignement », késako ? C'est donner le droit aux diverses polices et services de renseignements de procéder à la surveillance de TOUS les citoyens, sans raison particulière. C'est la surveillance de masse sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Comment s'exercera cette surveillance ? Par toute une panoplie de moyens.

 

- Par l'accès à TOUS les courriels de TOUS les citoyens au moyen de « boites noires » imposées aux hébergeurs. Tous nos courriels, adresses, données personnelles passeront d'abord à travers ces « boites noires ». Il s’agirait de recourir à un algorithme pour trier toutes les données des opérateurs et autres fournisseurs de service afin de trouver des individus « suspects ». Sur quoi sera basé cet algorithme ? Quels comportements devra-t-il détecter ? On n'en sait rien, le gouvernement se planquant en la matière derrière le « secret de la défense nationale ».

Les hébergeurs sont d'ailleurs vent debout contre cette disposition, menaçant de quitter la France...si leurs clients les quittent ! Logique.

- Accès aux factures détaillées de téléphone. Ce sont les célèbres « fadettes », autorisé depuis 1991. Les "fadettes" permettent de savoir avec quels numéros un suspect parle au téléphone et échange des SMS.

- Écoutes téléphoniques (permises et encadrées par la loi depuis 1991.)

- Géolocalisation de téléphones portables. Autrement dit les policiers pourront, sans y être autorisés expressément par un magistrat, savoir où vous vous trouvez...

- Accès aux e-mails. Comme pour une ligne téléphonique, possibilité de procéder à des "interceptions de sécurité" (écoutes administratives) portant sur le contenu d'une boite mail.

- Pose de balise GPS sur un véhicule, pour suivre ses déplacements. Sans besoin d'autorisation judiciaire.

- Intrusions dans un lieu privé ou un véhicule, pour y poser des micros ou des caméras. Sans besoin d'autorisation judiciaire. Par des agents "spécialement habilités".

- Utilisation d'un "logiciel espion", destiné à surveiller l'activité d'un suspect sur son ordinateur en enregistrant en direct ses frappes sur un clavier (à l'insu de la personne concernée). Possible en judiciaire et en renseignement, pour une durée de deux mois.

- Utilisation de « IMSI catchers ». L'utilisation de ces appareils de la taille d'une valise, se faisant passer pour des antennes-relais afin de capter le signal des téléphones portables à proximité, n'est pas réglementée.

 

Ça fait froid dans le dos. Mais ne nous leurrons pas : la plupart de ces pratiques sont déjà utilisées par les services, en dehors de tout cadre judiciaire ! Il s’agit d’« offrir un cadre légal général aux activités des service de renseignements » et à leurs agents, lesquels demeurent, pour le moment « exposés à des risques pénaux injustifiés ». Un « blanchiment légal », quoi ! Il est vrai que les sociétés privées étrangères (Google, Amazon, Yahoo, etc.) captent et utilisent depuis longtemps toutes nos données, sans en référer à qui que ce soit...

 

Mesdames et messieurs nos députés, en débattant de cette loi, pensez-vous que l’État de Droit, dont vous êtes les acteurs et les garants, n'est pas menacé lorsqu'une loi propose de légaliser, en dehors du pouvoir judiciaire, des choses comme l'interception des communications, la mise sur écoute, la mise en place de « mouchards » sur des véhicules, l'utilisation de logiciels de captation des données informatiques ?

 

Sous prétexte de lutte contre le terrorisme, cette loi scélérate veut faire de tous des suspects ! Et croyez-vous que les véritables terroristes se laisseront piéger par ces dispositifs ?

 

Et avez-vous réfléchis, mesdames et messieurs nos députés, à l'utilisation que pourrait faire de cette loi un régime s'asseyant sur les impératifs démocratiques ?

 

Illustration X – Droits réservés

 

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