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04/05/2015

L’Allemagne, 52ème état des Etats-Unis ? Europe vassalisée avec TAFTA ?

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 Même si ça ne la fait pas rire, elle écoute pour les USA, Angela

 

Les services secrets de la République Fédérale d'Allemagne espionnent depuis des années l’Élysée, les principaux dirigeants français, sans oublier nos grandes entreprises. Accessoirement aussi la Commission européenne. Ceci non pas pour le compte la RFA de Mme Merkel mais pour les États-Unis. Oh ! Chaud-king ! Ben quoi ? On semble découvrir l'eau chaude ! Mais l'Allemagne ne fait que ce que lui ordonne son maître : les États-Unis ! Parce que l'état le plus puissant d'Europe, et qui dicte la loi de son maître à l'Union Européenne est - de facto sinon de jure – le 52ème état des États-Unis, le 51ème étant la Grande-Bretagne.

 

Techniquement, cet espionnage de la discorde serait réalisé par les grandes oreilles du centre d'écoute de Bad Aibling, en Bavière. Il est donc ridicule de vouloir faire croire que les dirigeants allemands ne seraient pas au courant. Y compris Angela Merkel qui s'offusquait d'avoir été elle-même « écouté » par la NSA (une magouille grossière pour donner le change et la disculper ?) et disait à qui voulait l'entendre qu' « espionner les amis, ça ne se fait vraiment pas ». Plus faux-cul que moi, tu meurs...

 

Il faut donc admettre que l’Allemagne se comporte comme une puissance hostile envers la France, mais – chut – on n'en parle pas trop, ni au niveau gouvernemental, ni dans les merdias. Quand on se fait enfiler sans vaseline, on ne s'en vante pas trop...

 

Ce faisant, l'Allemagne fait un sacré bras d'honneur au fameux Traité d'amitié franco-allemand, dit « Traité de l'Élysée » signé en grande pompe le 23 janvier 1963 par le général De Gaulle et le chancelier Adenauer. Ce traité avait pour but de sceller la paix et l'amitié entre ces deux « ennemis héréditaires », en mettant l'accent sur une meilleure connaissance réciproque, l'apprentissage de la langue de l'autre (!!??), le rapprochement des peuples. Ce traité, dans l'esprit de De Gaulle, devait créer l'amorce dynamique d'une Europe unie, responsable de sa propre sécurité, et donc indépendante des États-Unis. Sauf que...

 

Sauf que, à cette époque sévissait la « guerre froide » contre l'URSS. Excellent prétexte pour les États-Unis, champion du « monde libre », pour établir leur main-mise sur l'Europe, militaire à travers son occupation par l'Otan, économique à travers le plan Marshall. Oui mais c'était « pour nous défendre » contre les méchants communistes, et pour « relever nos économies » (et accessoirement imposer les entreprises, la culture et le mode de vie étazuniens).

 

Sauf que, l'encre à peine sèche de ce beau et généreux « Traité de l’Élysée », Adenauer était convoqué à Washington où il s'est fait remettre les pendules à l'heure. Résultat : un « Préambule interprétatif » à ce traité fut introduit subrepticement, sans en avertir ni la France ni De Gaulle, et voté par le Bundestag allemand le 15 juin 1963 à l'occasion de la ratification. Il se trouve que ce « préambule interprétatif » réintroduit les éléments que De Gaulle avait précisément exclus du traité afin de libérer la future Europe de l'hégémonie étazunienne : - subordination de l'Europe en devenir à l'intégration de ses membres à l'alliance atlantique Otan, tuant ainsi dans l’œuf toute velléité d'armée européenne indépendante, - coopération obligatoire de cette Europe en construction avec les États-Unis, - faire entrer la Grande-Bretagne dans cette Europe. Dans l'oigne, De Gaulle...

 

Ce préambule, le voici :

PRÉAMBULE À LA LOI PORTANT RATIFICATION DU TRAITÉ FRANCO-ALLEMAND VOTÉ PAR LE BUNDESTAG (Bonn, 15 juin 1963)
Convaincu que le traité du 22 janvier 1963 entre la République fédérale d’Allemagne et la République française renforcera et rendra effective la réconciliation et l’amitié entre le peuple allemand et le peuple français,
Constatant que les droits et les obligations découlant pour la République fédérale des traités multilatéraux auxquels elle est partie ne seront pas modifiés par ce traité,
Manifestant la volonté de diriger l’application de ce traité vers les principaux buts que la République fédérale d’Allemagne poursuit depuis des années en union avec ses autres alliés et qui déterminent sa politique, à savoir :
- le maintien et le renforcement de l’Alliance des peuples libres et, en particulier, une étroite association entre l’Europe et les États-Unis d’Amérique,
- l’obtention du droit d’autodétermination pour le peuple allemand et le rétablissement de l’unité allemande,
- la défense commune dans  le cadre de l’Alliance de l’Atlantique nord et l’intégration des forces  armées des États membres du pacte,
- l’unification de l’Europe selon la voie tracée par la création des Communautés européennes, en y admettant la Grande-Bretagne et les autres États désirant s’y joindre et le renforcement des Communautés existantes,
- l’abaissement des barrières douanières par des négociations entre la Communauté économique européenne, la Grande-Bretagne et les États-Unis d’Amérique, ainsi que d’autres États, dans le cadre du GATT.
Conscient qu’une coopération franco-allemande conduite selon ces butssera  bénéfique pour tous les peuples, servira au maintien de la paix dans le  monde et contribuera par là simultanément au bien des peuples français  et allemand,
Le Bundestag ratifie la loi suivante. (suit le texte du traité de l’Élysée  )

 

Mais ce n'est pas tout. Le 27 février 2004, bis repetita : le chancelier allemand Gerhard Schröder répond à la convocation de Georges « Dobelillou » Bush pour signer un autre document du même acabit, appelé « Alliance germano-américaine pour le XXIème siècle - Das deutsch-amerikanische Bündnis ». Il s'agit d'un accord bilatéral fait pour renouveler et accentuer encore le fameux « préambule interprétatif », autrement dit le traité de vassalisation de l'Allemagne à son suzerain, les États-Unis. Et un sacré doigt d'honneur à la France comme aux autres partenaires européens. Il reprend les termes du « préambule » de juin 1963. Par exemple : - « Nous renforçons notre attachement à l'égard de l'OTAN comme point d'ancrage de notre défense commune et comme forum incontournable des consultations transatlantiques ». (L'Otan uber alles !); - « il est important que l’Europe et l’Amérique travaillent ensemble comme partenaires au sein d’une communauté de valeurs. » (Pas question d'avoir une politique étrangère autre que celle de Washington.) ; - Nous saluons l’élargissement historique aussi bien de l’OTAN que de l’Union européenne ». (L'Union européenne n'avancera qu'en tant que sous-produit de l'Otan, donc des USA). lien

 

Mais ce n'est pas tout. Angela Merkel, dès sa première investiture, s'est empressée d'aller faire acte d'allégeance à Washington pour assurer ses maîtres que Schroeder ou Merkel, c'était pareil au niveau de la subordination de son pays. Et en janvier de cette année, n'est-elle pas allé voir Obama, en pleine crise ukrainienne ? Il faut dire que les Yankees ont de sacré moyens de pression en Allemagne où sévissent toujours 27 bases militaires américaines : Ansbach, Bad Aibling, Bad Kreuznach, Bamberg, Baumholder, Darmstadt, Friedberg, Garmisch, Geilenkirchen (Geilenkirchen Air Base), Giebelstadt, Grafenwöhr, Hanau, Heidelberg, Hohenfels, Illesheim, Kaiserslautern, Kitzingen, Mannheim, Ramstein Air Base, Rhein-Main Air Base (fermé le 30 décembre 2005), Schweinfurt, Spangdahlem Air Base, Stuttgart, Vilseck, Wiesbaden/Mayence, Wurtzbourg. Ceci alors que la guerre froide est une affaire lointaine, que le pacte de Varsovie est mort et enterré, cette présence US sur le sol allemand ressemble à ce qu'elle fut au départ, une occupation.

 

Dès lors que le pays économiquement le plus puissant d'Europe – l'Allemagne - reconnaît la prééminence des volontés étazuniennes sur le devenir de l'Europe. Dès lors que le pays le plus puissant militairement et le plus influent diplomatiquement – la France – se couche lâchement devant la Teutonne, donc devant les USA, toute évolution de l'Europe dans le sens de plus de justice sociale, de plus de solidarité, de plus d'indépendance, de plus de puissance, de plus d'influence est impossible.

 

TAFTA, ce traité scélérat, s'il est signé, marquera dans le marbre la vassalisation de l'Europe aux États-Unis.

 

On en tire la conclusion que l'on veut...

 

 

Sources :

 

http://forget.e-monsite.com/pages/actualites/l-allemagne-espionne-la-france-ou-quand-les-francais-decouvrent-l-eau-chaude.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_bases_militaires_des_%C3%89tats-Unis_dans_le_monde#.C2.A0Allemagne
http://www.diploweb.com/forum/hillard3.htm ]
https://www.upr.fr/actualite/france-europe/couple-franco-allemand-alliance-germano-americaine-1-ans-le-27-fevrier-2014
http://blogs.mediapart.fr/edition/eurojournaliste/article/300415/l-allemagne-contre-la-france-et-l-ue
http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_l%27%C3%89lys%C3%A9e

 

 

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