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08/06/2015

Au bistro de la toile : ça rame sur Erdogan, ça rame sur Montebourg !

chimulus bistro copie.jpg

 

- T'as vu Victor, on s'est fait branler par les Belges !

 

- Á quoi ? A la bière ? Leurs bibines sont indéniablement meilleures que les nôtres.

 

- Non. Au foot.

 

- Ah bon ? Peut-être mais nous on a les meilleurs rameurs du monde !

 

- ???!!!

 

- Ben ouais Loulle. Tiens, je viens juste d'entendre sur France Inter deux rameurs de la plus belle eau. Le premier, c'est l'inénarrable Guetta, le second le ministre Le Foll. On a là une équipe de niveau olympique !

 

- Précise.

 

- D'abord Guetta. Le Maud de Fontenoy de la pagaie ! L'Atlantique ou le Pacifique à la rame, c'est un pissat de lapin pour lui. Ce type a fait pendant des années des pipes à Erdogan, le nazismamiste turc. A entendre Guetta, Erdogan prouvait, par son efficacité économique et sa rigueur, que l'islamisme était « compatible avec la démocratie ». Ce qu'il a zappé, Guetta, c'est que pour Erdogan, la démocratie est un moyen et non une fin. C'est qu' Erdogan se voit comme un nouveau sultan et se sent investi d’une double mission : redonner à l’islam toute sa place en Turquie et redonner à la Turquie, héritière de l’Empire ottoman, son rang dans le monde. C'est qu' Erdogan hait Mustapha Kemal Atatürk, le père de la Turquie moderne, celui qui a instauré la laïcité, donné le droit de vote aux femmes bien avant la France, celui qui n'hésitait pas à proclamer : « L'islam est un chien puant dont il faut débarrasser la Turquie. » Ce qu'il ne veut pas savoir, le pauvre Guetta, c'est qu' Erdogan veut que la Turquie redevienne le phare de l'islam : «Nous voulons forger une jeunesse religieuse et moderne […], une jeunesse qui revendique sa religion, son langage, sa sagesse, sa chasteté et ses rancunes». Ce qu'il ne veut pas entendre, Guetta, ce sont ces paroles ultra belliqueuses du père du nationalisme turc, Ziya Gökalp, reprises par Erdogan : «Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les mosquées nos casernes.»

Alors le Guetta,devant la relative défaite d' Erdogan aux élections législatives de ce dimanche, il rame, il rame ! Il rame autant que les Shadok pompaient... Eh ! Repose-toi, Nanard, tu vas avoir de la peau morte sur les pognes, déjà que t'en a sur la langue à force de... Bref !

 

- Et l'autre rameur, Victor ?

 

- Le Foll ! Lui aussi fait l'admiration des connaisseurs. Á l'entendre, le congrès du Parti socialiste fut un éclair de génie au milieu de la brume ambiante ! Un congrès sérieusement étrillé par Montebourg et Pigasse : « Hébétés, nous marchons droit vers le désastre. C’est la démocratie qui est cette fois menacée ». « L’absurde conformisme bruxellois » de la politique de l’exécutif « est devenu une gigantesque fabrique à suffrages du Front national », accusent notamment les duettistes du, non-conformisme péhessien ! Et ils en rajoutent : « Au fil des alternances, les Français votent en conscience pour la “rupture” ou le “changement” mais s’aperçoivent que la politique économique — donc européenne — qui s’ensuit est toujours la même. Tout président élu commence par aller faire ses génuflexions à Berlin puis à Bruxelles, enterrant en 72 heures ses engagements de campagne. »

 

- Eh vlan ! Passe-moi l'éponge !

 

- Il en a besoin, Le Foll, pour s'essuyer le front tellement ça le fait suer de ramer, de ramer, de ramer ! Et le journaliste de France-Inter lui redonne de l'élan en lui mettant sous le nez d'autres propos de Montebourg et Pigasse : « Ceux qui nient l’existence de l’austérité en prétendant que les salaires n’ont pas baissé (heureusement !) doivent ouvrir les yeux sur les pertes réelles et sérieuses de revenus pour les Français moyens : cette politique répand la colère, le dépit, la violence chez des millions de nos concitoyens qui s’estiment bernés, trahis et abandonnés. »(.../...)« Est-il encore possible de sauver ce quinquennat et de le rendre enfin utile à notre pays ? Est-il encore possible d’éviter le désastre politique et moral pour cette gauche de gouvernement qui semble avoir abandonné la France ? Oui, nous croyons qu’il n’est pas trop tard pour encore agir et engager enfin une politique différente et innovante. Il suffirait que nos dirigeants ouvrent leurs yeux sur le précipice qu’ils ont ouvert sous nos pieds (et les leurs) ».

 

- Et Le Foll rame toujours... Á la nôtre !

 

- Á la notre, et à la santé des rameurs !

 

Illustration : merci à Chimulus

 

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