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11/06/2015

L'EPR bientôt à la poubelle ?!

EPR gouffre.jpg

 

Et une cagade de plus pour ce cher, ce très cher EPR ! Maintenant, ce sont les soupapes de sécurité qui déconnent. C'est vrai qu'on est habitué et donc ça ne choque plus personne. Mais ça donne encore plus de poids à LA question : on arrête là les dégâts où on continue les konneries ? Ouarf ! Les drogués aux neutrons doivent s’étrangler de rage !

 

Non mais, on croit rêver ! On cauchemarde plutôt ! Si nous, Français, arrêtons la construction de ce « machin » qu'est l'EPR, qui va nous en acheter ? Et ces belles centrales que fabriquent (mal!) Aréva et EDF, qu’est-ce qu’on va en faire ? A qui va-t-on les fourguer ? Aux Chinetoques ? Mouais… On leur en vend deux, ils les décortiquent et les refont à l’identique, en changeant seulement la couleur des rideaux. Et on l’a dans l’oigne. Comme Siemens pour ses TGV, comme EADS pour ses Airbus ! D’accord, on a vendu un EPR à la Finlande. Mais alors là, c’est la honte ! Des années de retard, des problèmes à n’en plus finir et un coût qui passe de 3 milliards d’euros à…9 milliards (pour le moment !), la différence étant par contrat à la charge des fabricants.

 

Les fabricants, en France, ce sont Aréva et EDF. Les « fleurons » de l’industrie nucléaire françouaise ! Fleurons ? Plutôt fanés… Aréva est en faillite. Ses choix en matière de recherche de sites uranifères se sont montrés hasardeux, voire scandaleux d'incompétence. Le retraitement des déchets ? Plus de contrats sauf ceux d’EDF imposés par l’Etat. Construction de centrale ? Voir l’EPR de Finlande. Un bide et un gouffre financier. Fabrication du combustible ? Les commandes ne se bousculent pas, d’autant plus que le fameux Mox (mélange d’uranium enrichi et de plutonium de récupération) a montré à Fukushima sa nocivité redoutable.

 

EDF est appelé à la rescousse. Ben voyons... EDF a la possibilité de pomper dans la poche des clients et, malgré ses dettes faramineuses et la plongée de son cours de bourse, s’en tirera toujours, c’est nous qui payons !

 

Moralité : la France fait dès à présent figure de dinosaure ringard en Europe avec son industrie du passé ! Nous gaspillons des montagnes de pognon à maintenir en place un parc de centrales nucléaires dépassées, vieilles, devenues très dangereuses comme l’a révélé Fukushima.  Nous construisons à coups de milliards toujours plus nombreux un EPR ringard puisque n’étant que le prolongement technologique même pas amélioré des centrales existantes. Tout le pognon que notre pays jette dans le gouffre du nucléaire ne serait-il pas plus utile en matière d’éoliennes, de photovoltaïque, de géothermie, d’économie d’énergie, de bâtiments à bilan énergétique neutre, etc. ! Toutes matières neuves, d’avenir, pourvoyeuses d’emplois et de devises à l’exportation. C’est le choix qu’ont fait les Allemands depuis des années. Et nous nous essouffleront à leur courir après dans l’avenir à cause de la lâcheté de gouvernants inféodés au lobby des nucléocrates…

 

 Sauf que...le décret d’autorisation de l’EPR expire en avril 2017. Si le réacteur ne peut être mis en service à cette date, le gouvernement pourra annuler son cadre réglementaire ! Publié le 10 avril 2007, le décret n° 2007-534 prévoit en son article 3 que « le délai pour réaliser le premier chargement en combustible nucléaire du réacteur est fixé à dix ans à compter de la publication du présent décret ». Soit le 11 avril 2017. Le problème, c’est qu’il semble fort improbable qu’à cette date le réacteur Flamanville-3 puisse être mis en service. Car il faut d’ici là que l’ASN autorise le chargement des combustibles, décision qui nécessite de nombreux essais. Après les problèmes de la cuve, les nouveaux déboires au niveau de ces installations essentielles que sont les soupapes de sûreté rendent cette décision plus qu'aléatoires. « Si l’EPR n’est pas mis en service en avril 2017 se pose la question du statut juridique de l’installation, écrit la commission parlementaire d’enquête sur les coûts du nucléaire, pilotée en 2014 par les députés François Brottes et Denis Baupin. Le gouvernement aurait la possibilité d’annuler le décret, obligeant EDF à reprendre la procédure. » Concrètement, l’EPR ne serait pas jeté à la poubelle comme un gigot ayant dépassé sa date de péremption, mais il entrerait dans une séquence juridique difficile... Avec – enfin – la possibilité juridique de fermer ce chantier dangereux et d'arrêter de creuser ce gouffre financier.

 

Illustration X - Droits réservés

 

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