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17/09/2015

Au bistro de la toile : virus géants.

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- Oh ! Loulle. T'as l'air passionné par ce que tu lis dans ton journal. Qu'est-ce que t'as trouvé d'intéressant ?

 

- ...teng, Victor ! Parait qu'une équipe de chercheur marseillais a trouvé en Sibérie des virus géants ! Tè, je te lis : « L'équipe de Jean-Michel Claverie et Chantal Abergel, de Marseille, sur le campus de Luminy, a découvert, dans le sol gelé en permanence - le pergélisol - de Sibérie, une quatrième sorte de virus géant, d'un genre jusqu'alors totalement inconnu. Un virus déniché dans un échantillon de sol gelé depuis 30.000 ans fourni par les collaborateurs russes de l'équipe française qui regroupe des scientifiques du Laboratoire Information génomique et structurale (CNRS/Aix-Marseille Université), du laboratoire Biologie à grande échelle (CEA/Inserm/Université Joseph Fourier) et du Génoscope d'Evry, le Centre national de séquençage. Le virus, inerte depuis 30.000 ans, a été réactivé par les chercheurs et s'est multiplié à sa manière habituelle, en parasitant une amibe. Ce nouveau venu de la famille des virus géants - géants car visibles à l'aide d'un simple microscope optique en raison d'une taille égale ou supérieure à 0,5 micron - porte désormais le nom de Mollivirus sibericum. Il prouve que les virus géants ne sont ni rares, ni uniformes. Ce virus a la forme d'une coque oblongue d'environ 0,6 micron de long et dispose d'un génome de 650.000 paires de base codant pour plus de 500 protéines. »

 

- Ouais. J'avais vu ça aussi. Cette équipe de l'université de Marseille-Lumigny est au sommet dans ces recherches. C'est déjà elle qui a découvert le premier virus géant en 2003, le « mimivirus ».

 

- Fatche ! Tu me fais rêver Victor. Le « mimivirus » ! Un virus qui te fait des mimis. Imagine un mimivirus femme, avec 650 paires de nichons !

 

- T'aurais pas assez de mains pour t'en occuper Loulle. Mais regarde ce que dis encore ton canard : « Cette analyse en profondeur a dévoilé les traits et la stratégie du virus. Elle montre que Mollivirus sibericum est proche par certaines caractéristiques de son génome des types de virus courants parmi les pathogènes humains comme les Adénovirus, les Papillomavirus, ou les Herpesvirus. De son côté, Pithovirus se multiplie dans le cytoplasme, à la façon des Poxvirus, famille à laquelle appartient le virus responsable de la variole, officiellement éradiqué ».

Là, ça devient moins marrant Loulle. Imagine le retour de la variole, avec en plus des virus géants... Le changement climatique peut nous réserver de drôles de retours de bâton...

Avec nos konneries de rejeter des palanquées de gaz de serre, le permafrost (la terre toujours gelée en profondeur) de Sibérie, du nord du Canada, de l'Arctique fond et risque de libérer des moulons de virus qui pioncent depuis des dizaines de milliers d'années et plus. Et ils ne seront pas tous gentils et excitant comme le mimivirus à 650 paires de nichons de tes rêves, Loulle. On risque de se retrouver confronté à des maladies inconnues, contre lesquelles nos organismes seraient désarmés, et qui risquent de nous nettoyer radicalement, comme la variole et la rougeoles apportées par les « conquérants » envahisseurs européens ont liquidé les millions d'Amérindiens il y a deux à trois siècles en Amérique.

 

- C'est aussi ce que pense Jean-Michel Claverie, le découvreur de ces étranges bestiaux. Je te lis : « la libération de plus en plus longue de la mer de Laptev et des autres mers arctiques de la glace de mer, rend accessible à l'exploitation industrielle des zones (notamment sur la cote nord du Chukotka). Cette exploitation notamment minière (pour l'or) va "exhumer" des millions de tonnes de ces couches profondes de tourbe gelée qui n'ont pas vu la lumière depuis 1 million d'années pour les plus profondes».

 

- C'est d'autant plus inquiétant que les quelques virus géants trouvés dans le sol sibérien, dès leur dégel, ont pu se développer et se multiplier sans problème dans des amibes.

 

- Il faudrait vraiment qu'on soit veinard si, parmi ces étranges bestiaux venus des tréfonds de l'histoire de la planète Terre, il ne n'en trouve pas quelques-uns qui refilent à l'Homme quelques chtouilles pas très agréables, voire mortelles...

 

- Ce serait en quelque sorte une régulation naturelle, une défense de la Terre contre ce drôle de poulet sans plumes ni poil qui ne pense qu'à baiser, à se reproduire, à s’entre-tuer et à saccager la Terre, appelé « l'humain »...

 

- Allez ! À la nôtre. C'est toujours ça que les vits russes n'auront pas !

 

Illustration : merci à Chimulus


 

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