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25/09/2015

Derrière le vote de la Catalogne, la vente à la découpe des États-nations !

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Les Catalans votent dimanche. Ils votent pour réclamer, voire imposer leur indépendance vis-à-vis de l’Espagne.

 

Bon. Et en quoi cela nous regarde-t-il ? Hormis le fait que la fédération française de la Convergence démocratique de Catalogne, prône la création d’une région de Catalogne du Nord dans le Roussillon pour « restaurer » un pays catalan transfrontalier, ce vote marque la marche en avant du démantèlement des États-nations au profit d’euro-régions, entités fondées sur une ethnicité réelle ou fantasmée et surtout un égoïsme revendiqué vis-à-vis des États-nations.

 

 La droite séparatiste, ultralibérale, au pouvoir à Barcelone voit dans l’indépendance le moyen de casser la solidarité nationale espagnole et…de baisser les charges fiscales des entreprises ! Un égoïsme à l’allemande de régions nanties ne voulant plus payer pour « ces fainéants du Sud ». Comme la Flandre, comme l’Italie du Nord. Ces volontés séparatistes progressant dans plusieurs régions riches d’Europe renforcent le système supranational de l’U.E. car des entités plus petites, plus étriqués favorisent la mise à bas d’espaces de solidarités établis. C’est la politique bruxelloise sournoise de mise en avant et de développement de l’Europe des Régions. Séparer pour mieux régner.

 

Europe des régions ? Késako ? Bruxelles préconise depuis longtemps des coopérations transfrontalières entre régions d’États voisins (Catalogne espagnole et française, Savoie italienne et française, Pays basques espagnols et français, Alsace et Bade Wurtenberg, etc. Ceci impliquant des transferts de compétence de l’État vers ces nouvelles entités et la mobilisation de fonds européens directement par ces entités. Il s’agit d’une manière sournoise, camouflée, de démanteler les États. Ce n’est pas une idée nouvelle. Il existe même une revue glacée (maintenant uniquement en anglais !), payée par l’Union européenne, vantant les mérites de ces « Euro-régions ». Le but inavoué est de démanteler encore plus les États-nations au profit d’entités régionales plus petites et donc plus faciles à contrôler !

 

En fait, cette aberration est un laboratoire pour les eurocrates. Sous couvert d’une prétendue simplification et de pseudo-économies, il s’agit en réalité de fusionner à termes des régions de pays différents pour les mettre sous contrôle de Bruxelles et ainsi de fractionner les États-nations. C’était le but sournois, caché, du référendum, il y a deux ans, en Alsace. On commence avec cette région qui a une culture, un passé, une langue proches de ses voisins. En continuera ailleurs si ça marche ! Pour le profit de qui ? Ben, des multinationales bien sûr, qui pourront plus facilement manœuvrer des entités régionales que des États-nations puissants.

 

Qui veut ça ? Qui organise ça ? Cette Europe qui a trahit ses fondateurs. Cette Europe de technocrates élus par personnes. Cette Europe dirigées par des « commissaires » dont la majorité a fait ses études…aux USA ! Cette Europe qui a renié ses buts premiers - paix et solidarité – pour les remplacer par la mise en concurrence « libre et non faussée » de tous contre tous. Cette Europe, grosse larve qui s’étale sans colonne vertébrale, sans dessein autre que de devenir le larbin des USA à travers les accords de libre échange qui s’annoncent. Cette Europe inféodée par la félonie de ses « dirigeants » aux seuls intérêts anglo-saxons.

 

L’outil par lequel l’Union européenne fait la promotion toujours plus ferme de l’échelon régional, c’est le « principe de subsidiarité » (inscrit dans le traité de Maastricht), qui consiste à déléguer à l’échelon décisionnaire inférieur ce que l’échelon supérieur ne pourrait faire que de façon « moins efficace », moins « proche des populations ». Il existe à cet effet un Comité des Régions (CDR) qui est une assemblée consultative s’occupant de tout ce qui a trait aux régions. Ce « machin » veille à ce que le « principe de subsidiarité » soit respecté et peut même saisir la Cour de Justice européenne à cet effet.

Pour Martin Schulz, le CDR « a bien évidemment un rôle central à jouer dans les politiques européennes ». Cette assemblée envisage de s’établir comme le Sénat des régions de l’Europe.

Le CDR conforte ainsi la « légitimité » des mouvements supranationaux et séparatistes. D’ailleurs les régionalistes, autonomistes, séparatistes ont bien compris que l’Europe marche vers le fédéralisme au détriment des États-nations et ont bien l’intention d’utiliser ce penchant. En se présentant comme des « forces de changement et de progrès » alors qu’il s’agit en fait d’un égoïsme étriqué de la part de régions au PIB généralement élevé.

 

Ce processus pousse les États de l’Union vers une forme de régionalisation, qui est autre chose que la « décentralisation ». A terme, il y aura ainsi un traitement différent des Français en fonction de leur région. Adieu l’égalité à la française !

 

Ce « rééquilibrage des gouvernances » qui consiste à transférer des pouvoirs et des compétences vers les régions et vers l’Europe affecte la capacité de décision des États et menace même leur existence en tant qu’États.

 

A terme, avec cette vente à la découpe des États-nations sous forme d’Euro-régions, c’est la mise sous tutelle des États que vise l’Europe. Mise sous tutelle politique mais aussi économique. Pour le plus grand profit de qui ?

 

Et, cerise sur l’estron européen ultralibéral, voilà qu’arrive TAFTA…

 

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