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21/10/2015

Au bistro de la toile : après les toubibs, les bavards sont dans la rue.

Buveurs pour net.jpg

 

 

- T’as vu Victor tous ces pauvres malheureux qui battent le pavé. Il y a eu les toubibs il y a quelques jours, il y a les avocats en ce moment. C’est bien triste tout ça…

 

- Eh oui, Loulle !  Voir défiler ces pauvres toubibs, voir les envols bouleversants des enrobés noirs du barreau, c’est pathétique. On a là sous les yeux toute la misère du monde !

 

- Pourquoi ils roumèguent les bavards au fait ? Ils ne sont pas les plus à plaindre, non ?

 

- C’est une question de gros sous Loulle, comme toujours. Il s’agit de ce qu’on appelle « l’aide juridictionnelle », un système qui permet aux plus démunis d’avoir tout de même un avocat pour les défendre. Ce sont généralement les nouveaux venus, pas les gros cabinets d’avocat. Ils sont payés par l’Etat selon une tarification basée sur des « U.V. » (unités de valeur), chaque unité représentant théoriquement une demi-heure de travail. Rémunérée aujourd’hui 22,84 euros, l’unité de valeur (UV) devrait passer à 24,20 euros.

 

- Ça fait tout de même dans les 50 euros de l’heure…

 

- Ouais, mais ce qui fait tousser les bavards, c’est que pour chaque prestation, le nombre d’U.V. (donc le paiement réel) va baisser. Ainsi pour un divorce avec consentement mutuel, le nombre d’UV va passer de 30 à 25,5.

 

- Ça fait tout de même, attend, voilà : 617 euros. Pour un divorce où les partenaires sont d’accord et donc où il n’y a pas grand-chose à faire !

 

- Oui mais avant, c’était 685 euros.

 

- Mouais…Ça leur trouera pas le cul aux bavards…

 

- Il y a autre chose. Pour financer la réforme, la Chancellerie prévoit également de mettre à contribution les Caisses des règlements pécuniaires des avocats (Carpa). Il s’agit des comptes bancaires sur lesquels transitent les sommes d’argent perçues par les avocats dans le cadre de leur activité. Chaque année, ces comptes – bien remplis ! - engendrent environ 75 millions d’intérêts ! La ministre a prévu de ponctionner 5 millions en 2016 puis 10 millions en 2017 sur ces intérêts afin de financer une partie de la réforme.

 

- Eh bien en voilà une idée qu’elle est bonne ! Venant d’un gouvernement de droite, c’est méritoire, non ?

 

- C’est vrai. C’est presque une mesure de gauche.

 

- Alors qu’est-ce qu’ils vont faire les bavards ? Partir ailleurs ?

 

- M’étonnerez. Et toi Loulle, tu fuirais en Belgique ou tu serais fiscalement patriote si l’Etat voulait te taxer un peu plus ?

 

- Bof. Les frites, c’est trop gras, la bière ne vaut pas le vin et ce que je sauverais ou rien, c’est pareil… Je vis en France, j’y suis né, je m’y suis éduqué, je suis râleur et plutôt anar, alors je reste solidaire. Et même si je dois payer un peu plus, ben, je n’en ferais pas un caca nerveux. De plus Victor, je n’augmenterai pas le prix des consommations !

 

- Voilà qui t’honore Loulle. Mais n’en profite pas pour nous mettre des verres plus petits !

 

- Tè ! J’ai un tuyau pour François s’il veut racler quelques milliards pour son nouveau budget. La glorieuse armée françouaise ressemble à l’armée mexicaine : il y a un officier pour 5 soldats ! Et des tombereaux  de généraux, des palanquées de colonels sans aucune affectation. Qui ne servent donc à rien. Et ces gens-là, ils touchent de bonnes payes !

 

- En voilà une idée qu’elle est bonne Loulle ! Et il y en a d’autres de tuyaux à lui donner. La niche Copé. Cet amendement présenté et défendu à la tribune par Copé, à l’époque ministre délégué au budget permet d’exonérer d'impôt sur les sociétés la revente, par une société-mère, de ses titres de participation dans une filiale. Cet énorme cadeau aux grandes entreprises et surtout aux holdings financiers a coûté des dizaines de milliard de manque à gagner pour le budget national.

 

- Et les cadeaux aux labos pharmaceutiques qui ruinent la sécu…

 

- Et les cadeaux aux gargotiers-restaurateurs-hôteliers – je ne parle pas pour toi Loulle ! – qui coûtent entre 3 et 4 milliards par an.

 

- Mouais… On pourrait aussi parler des dérogations fiscales pour les journaleux et…les faiseuses de pipes de Saint-Claude !

 

- Ce qu’on attendait de notre président et de son gouvernement, c’étaitt une réforme fiscale totale, globale, qui remette tout à plat pour repartir sur des bases justes. Et ça, comme les pipeuses de Saint-Claude, il nous a dit « Tè ! Fume… »

 

- A la nôtre Victor !

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