Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

31/10/2015

Ouiquinde érotique sur l'origine du monde

bouche-chatte.jpg

 

L'occasion perdue recouverte 


(...)
Par une secrette avenue,
Il fut dans son appartement,
Et la trouva nonchalamment
Dormant sur son lit étendue :
Mais, dieux ! que devint-il alors ?
En approchant de ce beau corps,
Il eut de mouvements étranges,
Lorsqu'une cuisse à découvert
Lui fit voir le bonheur des Anges
Et le ciel de l'Amour ouvert.

Dans cette agréable surprise
Où Cloris n'avait pas songé,
Elle avait assez mal rangé
Et ses jupes et sa chemise ;
Lisandre aussi, trop curieux,
Vit lors les délices des dieux,
La peine et le plaisir des hommes,
Nôtre tombe et nôtre berceau,
Ce qui nous fait ce que nous sommes
Et ce qui nous brûle dans l'eau.

Aimant de la Nature humaine,
Bijou chatouilleux et cuisant,
Précipice affreux et plaisant,
Cruel repos, aimable peine,
Remède et poison de l'amour,
Bûcher ardent, humide four
Où les hommes se doivent cuire,
Jardin d'épines et de fleurs,
Sombre fanal qui fait reluire
Nos fortunes et nos malheurs ;

Nid branlant qui nous sert de mue,
Asile où l'on est en danger,
Raccourci qui fait allonger
La chose la moins étendue,
Fort qui se donne et qui se prend,
Œil couvert qui rit en pleurant,
Bel or, beau corail, belle ivoire,
Doux canal de vie et de mort
Où, pour acquérir de la gloire,
L'on fait naufrage dans le port.

Petit trésor de la Nature, 
  Étroite et charmante prison, 
Doux tyran de nôtre raison, 
Vivifiante sépulture, 
Autel que l'on sert à genoux, 
Dont l'offrande est le sang de tous, 
Sangsue avide et libérale, 
Roi de la honte et de l'honneur, 
Permettez que ma plume étale 
Ce que Lisandre eut de bonheur. 

Beau composé, belle partie,
Je sais bien que, lorsqu'il vous vit,
Il n'observa dessus ce lit
Ni l'honneur ni la modestie ;
Mu d'amour et de charité
Il couvrit votre nudité,
Pour faire évaporer sa flamme,
Et savoura tous les plaisirs
Que le corps fait sentir à l'âme
Dans le transport de nos désirs

Ce beau dédale qu'il contemple
Avec des yeux étincelants
Fait naître et couler dans ses sens
Une ardeur qui n'a point d'exemple.
Ce feu qui consume son cœur
Porte partout sa vive ardeur,
  Éclate enfin sur son visage.
Et ce lâche de l'autre jour (1),
Se raidissant d'un fier courage,
  Écumele feu de l'amour.

Plein d'ardeur, d'audace et de joie 
De remporter un si beau prix, 
Le galant sauta sur Cloris, 
Comme un faucon dessus sa proie, 
Quand cette belle, ouvrant les yeux, 
Vit Lisandre, victorieux, 
Forçant ses défenses secrètes, 
Et, la tenant par les deux bras, 
Entrer, tout fier de ses conquêtes. 
En un lieu qu'on ne nomme pas. 
(...)

 

amour,sexe,poésie

 

Jean Benech De Cantenac (1630-1714)

 

 

In Poésies nouvelles et autres œuvres galantes (1662) ce poème d’amour fut attribué un temps, par erreur, à Corneille. On ne prête qu’aux riches

 

(1) dans une précédente tentative, Lisandre…resta piteusement en panne !

 

 

Illustrations X - Droits réservés

 

30/10/2015

Sarko : Bons baisers de Moscou.

sarkoleon.jpg

 

 

Françaises, Français, mes chers compatriotes.

Je reviens de Russie où j’ai accepté de parler – moi – avec mon ami Vladimir. Il en a convenu avec moi : l’heure est grave. L’Europe tremble sur ses bases, le monde se déchire, la misère guette, la guerre rode. Et mes talonnettes me font mal… 

Oui mais…  

Oui mais la France, dans les circonstances les plus dramatiques de sa glorieuse histoire, a toujours su trouver son sauveur, a toujours su relever la tête et renverser les obstacles grâce à ces hommes providentiels de qualité exceptionnelle qu’elle génère.

Clémenceau, Jaurès, De Gaulle, Coluche… Je salue ces grands hommes qui ont sauvé la France éternelle lorsqu’elle était au bord de l’abime. Comme eux, moi, Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa, face à l’abime, je vous propose, mes chers compatriotes, de faire un pas en avant ! 

Dans un moment d’égarement, vous m’avez préféré un ectoplasme invertébré. Vous voyez le résultat. Pourtant, le bilan dont je peux m’enorgueillir n’est-il pas suffisamment éloquent ?

Qui a obtenu le formidable record de 4,4 millions de chômeurs ? Moi. Battu par l’Usurpateur, il est vrai, mais avec mes méthodes !

Qui a doublé la dette de la France, la portant à près de 2000 milliards ? Moi.

Qui a atteint des déficits commerciaux record? Moi.

Qui a fait baisser efficacement votre pouvoir d’achat ? Moi.

Qui a largement aggravé l’accès à la santé ? Moi.

Qui a saccagé avec constance et opiniâtreté les services publics ? Moi.

Qui a augmenté l’insécurité ? Moi.

Qui a fait exploser la précarité ? Moi.

Qui a laminé la culture, les loisirs, l’art de vivre ? Moi.

Qui a fliqué toute la population ? Moi. Encore que l’Autre fasse fort de ce côté…

Qui a instauré la brillante république des copains et des coquins ? Moi.

Qui a vendu les bijoux de famille de la France aux glorieux humanistes du Fouquet’s ? Moi.

Qui, en ramenant la France dans le commandement intégré de l’Otan, a ravagé l’héritage gaulliste d’indépendance du pays et a mis la France au rang de larbin des Zétazuniens ? Moi.

Qui a aboyé et bougé la queue pour plaire en se mettant à plat-ventre devant l’Allemagne de  Madame Merkel ? Moi. Quoique Flamby fait fort aussi à ce niveau…

Qui a donné aux jeunes Français l’opportunité de se faire tuer pour rien en Afghanistan, pas comme l’autre qui s’entête à gagner des guerres en Afrique ? Moi.

Qui a aidé, grâce à notre glorieuse armée et avec vos économies, les « rebelles » libyens à instaurer un état islamiste grâce auquel les femmes apprécient maintenant le bonheur de ne pas risquer de coups de soleil sous la burqa et de vivre en harem sous la charia ? Moi.

Qui a donné une saine occupation au Sahel à toutes les bandes qui ont pillé les arsenaux de Kadhafi ? Moi.

Qui a ouvert toutes grandes les portes de l’émigration invasive de l’Europe en semant le chaos en Libye ? Moi.

Qui est le roi des « affaires » : L'affaire Karachi Gate , l'affaire Takieddine, l'affaire Bettencourt, l'affaire Woerth (l'hippodrome de Compiègne), le scandale de Tapie, l'affaire Clearstream, les affaires Wildenstein, les voyages de Michèle Alliot-Marie en Tunisie, le scandale Joyandet, la nomination de Jean Sarkozy, les cigares de Christian Blanc, les condamnations d'Hortefeux, la légion d'honneur du couturier de Sarkozy, la légion d'honneur de l'expert comptable d'Éric Woerth, la légion d'honneur de Jacques Servier, la légion d'honneur de Patrick de Maistre (gestionnaire des Bettencourt), le scandale de Georges Tron, l'espionnage du Monde, le fiasco et le coût des vaccins contre le H1N1, la circulaire Hortefeux sur les Roms, l'espionnage de Médiapart, l'affaire des fadettes, la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers, etc. etc. Moi !

Qui… ?

Qui… ?

Qui… ?

 

Moi!

Moi!

Moi!

 Il suffit d’ouvrir les yeux, Françaises, Français, pour se rendre compte de l’énorme réussite qu’a été mon quinquennat. Comparez plutôt à Flamby qui appauvrit les riches et marie les pédés. 

Ne suis-je pas l’homme providentiel que le monde attend ?

Française, Français, n’ayez pas peur, je suis là.Je suis prêt à vous aimer une fois de plus, profond et sans vaseline !

Vile la République !

Vile la France !

Vive Moi !

 

  

Illustration X – Droits réservés

 

29/10/2015

Au bistrot de la toile : boulot, bavards, pinard.

Buveurs pour net.jpg

 

 

- Oh ! Loulle. T’es encore au boulot ? Au quatrième jour de la semaine ?

 

- Ben ouais. Pourquoi, faut pas ?

 

- Si l’on en croit l’un des candidats aux primaires de la présidence étazunienne, en France, « on travaille trois jours par semaine, et après on se repose ! ».

 

- Je voudrais bien que ce soit vrai…

 

- Ça m’étonnerait de toi Loulle. Qu’est-ce que tu ferais  pendant quatre jours ?

 

- C’est vrai, vous me manqueriez.

 

- Il n’empêche que répartir le travail peut-être pas sur 3 mais sur 4 jours serait très possible. La semaine de 32 heures mais de 7 jours ! Plus de rendement, une activité plus importante, pas plus de dépenses de salaires, plus de monde embauché. Après, il faut organiser ça.

 

- Pourquoi pas. Ah ! Tiens, t’as vu : les bavards ont gagné. M’aâme Taubira a reculé sur toute la ligne…

 

- Ouais. Ce qui est étonnant et ne lui ressemble pas. Elle voulait faire passer une mesure de gauche : prendre sur les produits financiers, sur les intérêts et pas sur le capital, des sommes conséquentes transitant sur le compte de la profession une quinzaine de millions en deux ans pour augmenter les moyens de l’aide juridictionnelle. Autrement dit elle voulait prendre une tout petit peu de pognon aux grands et opulents cabinets d’avocats pour le redistribuer aux jeunes grouillots, frais émoulus dans la profession, et auxquels est dévolue la fameuse aide juridictionnelle, c’est-à-dire la possibilité donnée à des justiciables sans moyens d’être défendus par des professionnels. Mais les gros bavards ont les bras longs. « Tss !Tss ! Pas touche » qu’ils ont dit en haut lieu… Et puis, un peu de décence. L’ « unité de valeur », c’est-à-dire la demi-heure de travail de ces avocats commis d’office leur sera payée 26,50 euros. Soit 53 euros de l’heure. Á rapprocher du coût moyen, toutes charges comprises, de l’heure de salarié de l’industrie qui est de 37 euros.

 

- Autre chose. En Turquie, parait que mille mecs seraient morts pour avoir picolé de l’alcool frelaté !

 

- C’est pas chez toi qu’on risque ça Loulle ! Les Turcs, libérés dans les années 1920 du carcan de la religion par Mustapha Kémal Atatürk, apprécient depuis des décennies le jus de la treille. Mais l’islamiste Erdogan a interdit l’alcool. Et toute prohibition provoque obligatoirement des monceaux de pognon a prendre en fournissant sous le manteau le produit interdit. D’où la fabrication de tord-boyaux genre alcool à brûler qui empoisonne les mecs. Les Etats-Unis ont connus ça. L’inde a connu ça. La France non, heureusement. Mais elle fait pareil avec le tarpé, d’où les problèmes de trafics de drogues… Les Turcs pauvres – car ceux qui ont du fric se paient du Cognac ou du whisky de contrebande – picolent en se cachant ces gnoles même pas bonnes pour faire marcher un moteur à l’éthanol. Et ils en crèvent…

- Allez tiens, c’est ma tournée. Et pas du frelaté. Du rouge, pas du rosé. Celui-là, on le garde pour l’exportation, parait que ça marche. On en vend partout, y compris aux Chinois. Une caisse de rosé de Tavel offerte pour tout Airbus acheté !

 

- Ah pardi ! Je comprends pourquoi ils viennent de nous acheter 100 Airbus « Trois sans vin » ! C’est pour le Tavel. Finalement, c’est des connaisseurs ces Chinois.

 

- A la nôtre !

 

 

 

 

28/10/2015

Haro sur la viande rouge et la charcuterie !

viande roti de boeuf.jpg

 

Poudre aux yeux pour planquer les méfaits des perturbateurs endocriniens et...le TAFTA. On nous gonfle les aliboffis avec la viande rouge et la bonne charcutaille cochonnière qui seraient cancérogènes, on nous bassine avec les dangers du diesel et...on passe sous silence un ennemi autrement plus dangereux, plus sournois, agissant en douce sur les générations à venir : les P.E. (les Perturbateurs endocriniens). Kézako ?

 

Les perturbateurs endocriniens, vous connaissez ? Non ? Mais si voyons. Ils sont partout. On les affuble de noms bizarres : parabènes, phtalates, bisphénol A, dioxines, etc. Les gens soucieux de la bonne qualité de la viande humaine gueulent et arrivent même en en freiner l'utilisation. Comme l'affaire des biberons au bisphénol A. Ces foutoirs chimiques sont partout dans les produits de tous les jours que fabrique la toute puissante industrie pétrochimique : dans les emballages des produits alimentaires de la grande distribution, dans les bouteilles en plastiques, dans les lingettes pour bébés, dans les produits cosmétiques (crèmes, parfums), dans les produits de nettoyages, dans les vernis et peintures. Bref, partout. C'est ainsi que l'air de l'intérieur de nos habitations est plus pollué que l'air du périphérique !

 

Bon, d'accord. Mais quel sont les effets de ces petites bêtes pas très sympathiques ? Ben, elle rousiguent notre système hormonal. Agissant à très petites doses, les P.E. altèrent nos fonctions essentielle comme la croissance, le développement, le comportement et l’humeur, la production, le sommeil, la circulation sanguine, la fonction sexuelle et reproductrice. Le constat le plus spectaculaire étant la baisse de fertilité dû à la mauvaise qualité du sperme. Le foutre ne vaut plus rien ! Les données sont connues, brutales : la qualité du sperme s’est effondrée de moitié en cinquante ans, ou encore le nombre de diabètes a doublé en vingt ans dans les pays riches, et certains cancers explosent. Les causes ? Variées sûrement. Il n’empêche, pour la communauté scientifique, il ne fait guère de doute que ces perturbateurs endocriniens (PE) jouent un rôle essentiel.

 

Mais alors, pourquoi on ne les interdit pas ces produits ? Parce qu'on ne touche pas facilement aux redoutables industries pétrochimique et pharmaceutique. La question est : ce produit est dangereux, mais si on le retire, quel sera l'impact économique de ce retrait ? Le pognon des multinationales passe avant la santé publique de la populace ! Les données scientifiques sont là, elles sont pourtant ignorées par les décideurs publics, comme si le doute devait systématiquement profiter aux intérêts de firmes commercialisant tel spray ou tel détergent de baignoire plutôt qu’à la santé des personnes.

 

Et que fait l'Europe à ce sujet ? Ben, rien bien sûr ! La Commission européenne est littéralement assiégé par les lobbies industriels. Et l'arrivée de Junker n'a rien arrangé, on s'en doute. Les industriels ont technicisé à outrance le débat, jusqu'à le rendre incompréhensible aux yeux des citoyens. Faites donc confiance « à ceux qui savent ». Ben voyons ! La bataille a été féroce à la Commission entre les Directions de l'Environnement et de la Santé cette dernière étant acquise aux thèses des industriels. Puis finalement, la Commission (de Barroso à l'époque, juin 2013) a tranchée : elle a décidé...de ne rien décider, en demandant une énième « étude d'impact »... Depuis, on attend toujours...

 

On attend quoi ? Ben, la signature du TAFTA bien sûr ! S'il est signé, les conséquences vont être dramatiques concernant – entre autres – les perturbateurs endocriniens :

  • Renforcement de la protection de la propriété intellectuelle, alors que celle-ci est déjà de plus en plus protégée depuis une vingtaine d’années, au profit des labos pharmaceutiques et au détriment des patients.

  • Fin de la transparence sur les essais cliniques, alors que celle-ci est essentielle pour espérer éviter de nouveaux scandales sanitaires à venir.

  • Absence de régulation sur les perturbateurs endocriniens quand ceux-ci ravagent déjà la santé des Européens et une libéralisation sans contrôle des OGM, comme cerise amère sur un gâteau déjà peu ragoutant.

 

C'était notre petite chronique sur les bienfaits du traité de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne qu'on l'appelle TAFTA (TransAtlantic Free Trade Agreement) ou TTIP (TransAtlantic Trade on Investment Partnership), ce « machin » au service des multinationales, encensé par la Commission européenne, la droite ultralibérale et certains « socialistes », mais craint et rejeté par la majorité de la population européenne.

 Liens:

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1433273-tafta-tt...

http://www.liberation.fr/planete/2015/10/07/perturbateurs-endocriniens-comment-les-lobbys-ont-gagne_1399272

http://corporateeurope.org/sites/default/files/toxic_lobby_edc_1.pdf

 

http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Intoxication-9782707186379.html

 

 

 


Photo X - Droits réservés

 

27/10/2015

Les ayatollahs de l’O.M.S. n’aiment pas le cochon !

cochonsquiniquent copie.jpg

Madame Ohaimesse prend du bon temps

 

Eh bien moi je t’aime, ami cochon, mon frère !

Ô toi, dont le trépas annonce bonne chère,

Je te salue bien bas, toi dont le sacrifice

Fournit à nos repas fricassées et saucisses.

Merci pour ton boudin, merci pour tes jambons,

Merci, merci pour tout, car en toi tout est bon !

 

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Tu sais rassasier nos ardeurs carnassières,

Nous aimons tout en toi, ta tripe, ta chair fraîche

Tes bajoues, tes rognons, ta langue, ta ventrèche.

Merci pour tes pâtés, merci pour tes caillettes,

Tes quatre pieds panés, ton fromage de tête.

 

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

En humant les parfums montant de la daubière

Où mijote à feu doux dans du Côtes-du-Rhône

Les morceaux succulents que ton trépas nous donne.

Merci pour ton échine et ton  filet mignon,

Merci pour ton jésus et pour tes saucissons.

 

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère

Fidèle compagnon des sorties rabassières

Où dans les bois de chêne, ton odorat subtil

Te fait trouver les truffes de décembre à avril.

Merci pour ton regard espiègle et rigolard,

Pour ton grand appétit, pour tes chants, pour ton lard.

 

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Car toi seul assouvit nos passions charcutières,

Salé, fumé, grillé, braisé ou même cru,

Tu es le compagnon des meilleurs de nos crûs.

Merci pour les ardeurs que chez nous tu éveilles,

Car en chacun de nous, un peu de toi sommeille !

 

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère

Car ta réputation excite les rosières

Idol' des sautopafs et terreur des cocus

Tu portes le flambeau de ceux qui aim' le cul.

Merci pour les tétons et pour les rondes fesses

Pour les peaux satinées appelant les caresses.

Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,

Que le Côtes-du-Rhône, toujours, nous désaltère.

 

 Illustration X - Droits réservés

 

26/10/2015

La kalach ou le tarpé ? Et si on regardait les choses en face ?

 

kalashnikov croisées.jpg

Deux gosses de 15 printemps et un mec de 22 balais massacrés dans les quartiers Nord de Marseille. La routine quoi. Encore une fois, Marseille est montré comme Chicago au joyeux temps de la prohibition. La ville où l’on défouraille comme l’on galéje. La ville où les différents se règlent à la kalach. Par ailleurs, cette ville est souvent citée comme un modèle d’intégration, de vie (presque) harmonieuse parmi une population traditionnellement cosmopolite. Paradoxe mais réalité.

 

Il n’empêche que les règlements de comptes se multiplient, voire se banalisent. Le moindre différent se règle au calibre et – escalade – à la kalachnikov. Les flics font ce qu’ils peuvent, c’est-à-dire pas grand-chose. Cette ambiance de far-west est sous tendue par deux choses : - le chômage à haute dose qui sévit dans les quartiers dits sensibles de cette ville pauvre, avec pour conséquence la nécessité d’une économie parallèle, en l’occurrence - le trafic de drogues, essentiellement de shit (cannabis).

 

Ce trafic est parfaitement organisé avec les gros bonnets (n’habitant pas surtarpé.jpg place mais de luxueuses demeures au soleil), les pourvoyeurs qui remontent la drogue depuis le Maroc où elle est cultivée, soit en grosses bagnoles, soit planquée dans des cargaisons de poids lourds, les revendeurs (dealers) dans les citées, les « nourrices » qui logent les stocks, les choufs (guetteurs) des minots généralement qui surveillent l’éventuelle venue des flics, les rabatteurs de clients. Tout ça croque plus ou moins selon la place dans la hiérarchie du trafic. Mais la dure loi de la concurrence « libre et non faussée » fait que les conflits de territoires, de parts de marchés, voire de massacres « pour l'exemple » pour maintenir la « rigueur » dans un même réseau sont nombreux. Et se règlent à la kalach…

 

Comment casser cette spirale de la mort ? Certainement pas avec des gesticulations policières. Les bataillons de CRS de Villeneuve près de Grenoble ou dans les quartiers nord de Marseille ne sont pas inutiles en ce sens qu’ils donnent un coup de pied dans la fourmilière et désorganisent momentanément les réseaux, mais ils ne règlent pas le problème de fond : misère due au manque de boulot et trafic. Le chômage étant ce qu’il est, le boulot n’arrivera pas dans les citées à coup de baguette magique, on n’est pas dans Harry Potter. Reste le trafic de drogue.

 

Il y a longtemps déjà Daniel Vaillant a préconisé de réfléchir sur la légalisation du cannabis. Une position aussitôt vigoureusement combattue à droite comme à gauche par des responsables politiques fermement opposé à toute tentative de légalisation du cannabis ou des drogues dites douces qui conduisent inexorablement, prétendent-ils, à l'usage de drogues de type cocaïne ou ecstasy. Des konneries que réfutent ceux qui connaissent la question, le cannabis étant jugé moins dangereux que l’alcool et moins addictif que le tabac.

 

La France est le pays qui envoie le plus de gens en taule pour possession ou trafic de cannabis: 100.000 personnes emprisonnées en ce moment, parfois pour des quantités minimes. Et la France est le pays où on fume le plus. C'est bien la preuve que cette politique répressive ne mène nulle part, et au contraire permet le financement des réseaux mafieux, car plus c'est illégal, plus c'est rentable. 

Le système de légalisation, comme au Colorado, permettrait : - production en France ou en Europe via des filières contrôlées, - autoproduction pour ceux qui veulent pour leur conso perso, - vente dans des « coffees-shop » bien contrôlés ou dans les bureaux de tabacs, - interdiction évidente pour les mineurs, - et...de juteuses rentrées de frics pour l’État.

 

Les résultats seraient : - remise des flics sur des taches utiles, - du boulot pour les agriculteurs notamment en zones de montagnes, - de l’activité pour les buralistes et les « coffees shop », - la fin des financements des réseaux maffieux, puisqu'ils n’auraient plus rien à y gagner, - une meilleure détection des personnes à la dérive par surconsommation, - une prévention plus aisée, notamment par la suppression de « l'attirance pour l'interdit » chez les ados, - des taxes pour la sécu, -  une meilleure qualité, contrôlée, garantie pour les consommateurs, - et pourquoi pas, des « dealers » devenant chef d’entreprises et confrontés alors aux règles de concurrence !

 

Et donc beaucoup moins d’insécurité dans nos villes. Mais c’est peut-être là que le bat blesse : l’insécurité n’est-elle pas le cheval de bataille numéro 1 de nos politiciens professionnels soucieux avant tout de leur élection ou réélection?
Entretenir la peur, c'est payant.

 

 

 

Photos X – Droits réservés

 

25/10/2015

Gastronomie dominicale: Les ALIBOFFIS ! Hummm ! Á s’en lécher les babines !

aliboffis de bonobos.jpg

Ce Bonobo en a une paire a nous rendre modeste...

 

Les aliboffis, vous connaissez. Oui, d’accord, c’est le nom d’un de mes blogs. Mais c’est aussi, en Provence, les couillons. Pas au figuré, non, les couilles, les testicules si vous préférez le terme politiquement correct. J’ai coutume de dire que « quand elles se vident, c’est le bonheur, tous le monde comprend pourquoi, et quand elles gonflent, c’est la rabia. »

 

Bon. Après ces petites précisions physiologiques, savez-vous que les aliboffis, c’est excellent à manger ?

 

Tè ! Je vais vous expliquez comment les faisait mon père (les aliboffis sont un plat que seul un homme peut cuisiner. Les femmes, on préfère qu’elles nous les caressent, bien que parfois elles nous les cassent… C’est dans leur nature, faut faire avec…)

 

Alors voilà. Respectez évidemment celles de notre frère Bonobo ! Chez votre tripier (on en trouve encore), demandez deux belles paires d’aliboffis d’agneau. Si vous êtes ambitieux et si vous ne craignez pas les comparaisons hasardeuses, demandez des aliboffis de taureaux (on en trouve à Arles, à Nîmes, à Dax, à Bayonne, à Vic, à Béziers pendant les Férias). Trempez-les deux heures dans l’eau froide pour les faire dégorger. Puis blanchissez-les une petite minute à l’eau bouillante salée. Sortez-les avec une écumoire, passez-les rapidement à l’eau froide, puis coupez-les en deux et enlevez la peau.

 

Dans un faitout, sur feu doux, mettez une cuillère à soupe d’huile d’olive. Lorsqu’elle est chaude, jetez-y quatre belles gousses d’ail pelées et écrasées avec le plat du couteau. Faites revenir juste le temps de boire un canon de rosé. Ajoutez un demi-litre d’eau et un verre de vin blanc, deux cuillères à soupe de concentré de tomate, une cuillère à café d’harissa, une cuillère à café de cumin en poudre, autant de paprika, autant de sel et le jus d’un demi citron. Pendant que ça monte à ébullition, coupez les aliboffis en dés grossiers d’environ trois centimètres. Jetez-les  dans la préparation précédente lorsqu’elle bout. Couvrez et laissez cuire à feu doux pendant vingt minutes. Après ce temps, si la sauce est trop liquide, faites réduire à feu vif en maniant l’appareil délicatement à la spatule bois pour éviter que ça attache. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement qui doit être de haut goût. Servez très chaud en agrémentant la couleur avec du persil plat haché et des tranches de citron. Ce plat s’accompagne de riz blanc de Camargue. Avec un rosé bien frais, vous m’en direz des nouvelles !

 

Ah ! J’oubliais : prévoyez quelqu’un pour une petite sieste crapuleuse après ce met gaillard !

 

Vive les aliboffis !

 

 

Photo X - Droits réservés

24/10/2015

Ouiquinde érotique de Baudelaire à Verlaine

baudelaire par Courbet.jpg

 

 

Baudelaire - La Mort des amants...


Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Écloses pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;

Et plus tard un Ange, entrouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

 

 

 

...et son pastiche par Verlaine - La mort des cochons

Nous reniflerons dans les pissotières,
Nous gougnotterons loin des lavabos,
Et nous lécherons les eaux ménagères
Au risque d’avoir des procès-verbaux.

Foulant à l’envi les pudeurs dernières,
Nous pomperons les vieillards les moins beaux,
Et fourrant nos nez au sein des derrières,
Nous humerons la candeur des bobos.

Un soir plein de foutre et de cosmétique,
Nous irons dans un lupanar antique
Tirer quelques coups longs et soucieux.

Et la maquerelle entrouvrant les portes
Viendra balayer - ange chassieux -
Les spermes éteints et les règles mortes.

 

 

 

verlaine tableau.jpg

 

 

Illustrations X – Droits réservés

 

23/10/2015

François chez Tsipras : Ganelon chez Ganelon…

tsipras hollande.jpg

 

 

On se tape dans le dos tant au FMI qu’à la Troïka parce que le Grec casque, ce qui réjouit d'autant les étrangleurs de Bruxelles et Washington ! Ses remboursements ne sont que le paiement d'intérêts, et aucunement d'une partie du principal. C'est-à-dire du pognon pompé par un « machin » sous domination étazunienne, le FMI (fonds monétaire international) dont la finalité est de contraindre les États, sous couvert « d'aides financières », à accepter privatisations à outrance, saccage de tout système social, abandon au privé de toutes les infrastructures publiques, etc.

 

Pour engraisser les banksters, Tsipras a déjà dû mettre pas mal d'eau dans son « krassi » ou sa « retszina » : reconnaissance de la dette, poursuite des privatisations mais à l'initiative de la Grèce, abrogation des taux réduits de TVA, ouverture à la concurrence du marché de l'énergie, etc.

 

Mais voilà que François arrive. Il s’entend parait-il très bien avec Tsipras. Il est vrai qu’ils ont ensemble quelques accointances, notamment un goût partagé pour la trahison… 

 

Tsipras, comme sur un marché, va pouvoir lui faire l’article :

« Bienvenue François ! Bienvenue à la grande braderie grecque ! Approchez ! Approchez ! Faites votre choix. Tout doit disparaitre. Même notre histoire, même la mémoire de nos ancêtres !

Et voici nos plages ! Il y en a partout, sur toutes nos iles. Fort potentiel pour tourisme, loisirs, résidence, golf. Beaucoup de fric à se faire. Á enlever !

Et voici nos châteaux et nos sources thermales. C’est du bon, de l’ancien, connu et apprécié depuis Aristote. Á enlever.

Et voici nos stades, dont le célèbre Stade de la Paix et de l’Amitié. Mais de la paix, y en a plus, de l’amitié, y en guère. Á enlever d’urgence !

Approchez ! Approchez ! La grande braderie grecque vous accueille ! Il y a une douzaine de nos meilleurs ports. Piraeus, Thessaloniki, Volos, Rafina, Igoumenitsa, Patras, Alexandroupoli, Iraklio, Elefsina, Lavrio, Corfu et Kavala. Mais dépéchez-vous. Les Chinois sont sur le coup : ils ont déjà acheté Piraeus Le Pirée.

Nous vous proposons aussi la Compagnie de distribution et de traitement des eaux d’Athènes. Excellente affaire : la compagnie possède les droits exclusifs concernant les services de distribution et de traitement des eaux, le tout réglementé sur 20 ans. Affaire très juteuse, à saisir !

Et n’oubliez pas nos magnifiques infrastructures olympiques, qui ont bien contribué à la ruine de notre pays ! Le Centre d’aviron Schinia, la Centre équestre Markopoulos, ainsi que le célèbre Centre olympique Galatsi ! Á enlever.

Et puis tiens. Je vous mets, par-dessus le marché, les chemins de fer, le réseau routier. Pas encore l’Acropole, mais on y pense. Quant aux aéroport, trop tard, nos « grands amis » allemands du consortium Fraport-Slentel en ont déjà accaparé 14 pour une poignée de figues sur nos plus belles destinations touristiques ! »

Allez François, laisse ça à la palanquée de patrons et de banksters que tu as emmené avec toi et tache de faire bonne impression devant les Grecs qui te reçoivent – qui reçoivent surtout la France à travers toi – avec dignité, chaleur et fraternité. Pour une fois qu’on t’applaudit, profite !

 Photo X - Droits réservés

22/10/2015

Qualité allemande ? Ou mairde in Germany ?

allemagne carnaval merkel et france.jpg

 

 

Ah ! Mon pauv’monsieur, tout fout le camp… Voilà que la célèbre « qualité allemande » s’inscrit aux abonnés absents. Il a bonne mine le « bon élève » de l’Europe, le modèle de nos « zélites » !

Volkwagen, champion du monde de la triche.

La tenue de la Coupe d’Europe de foot de 2006 en Allemagne soupçonnée d’avoir été achetée.

La très « respectable » Siemens attrapée la main dans le sac, payant des millions de pots-de-vin pour obtenir des contrats en Grèce.

Et voilà – cerise sur la choucroute – que la Deutsche Bank vire par erreur six milliards de dollars à des banksters yankees !

 

Comme chacun sait, lorsqu’ils déraillent, nos cousins germains ne font pas dans la dentelle. Ainsi Volkswagen, numéro 1 de l’automobile mondiale, entreprise citée en exemple par tous les patronats du monde, organise sciemment la triche à la pollution et à la consommation. On peut penser qu’une équipe d’ingénieurs créatifs a été constituée pour une mission discrète : mettre en place un logiciel bien planqué destiné à tromper les contrôles pollution et consommation. Et pas qu’un peu : la pollution réelle étant 40 fois supérieure à celle constatée par les contrôles ! Qu’on n’essaie surtout pas de nous faire croire que ces grosses têtes auraient fait ça sans que leur hiérarchie ne soit au courant. Et des soupçons concernant tous les nouveaux modèles dont la mise sur le marché est retardée. Résultats : une entreprise gravement décrédibilisée, massacrée en bourse, en butte à des milliers d’actions en justice.

Qualité allemande ? Ou mairde in Germany ?

 

L’obtention de la Coupe du monde de football 2006 aurait été « facilitée » par des valises d’espèces sonnantes et trébuchantes !  L'ancien patron d'Adidas, Robert Louis-Dreyfus, aurait versé l'équivalent de 6,7 millions d'euros à la fédération allemande de foot DFB en 2000, pour alimenter une caisse noire afin d'acheter des voix au sein de la Fifa et d'assurer l'attribution de l'événement à l'Allemagne, a révélé le Spiegel, magazine allemand qui fait référence. Et voilà la vertueuse Allemagne au centre du scandale de la Fifa. Vrai ? Faux ? Vérité ? Intox ? Qui lo sa… En tout cas la réputation d’intégrité germanique en prend un sacré coup.

Qualité allemande ? Ou mairde in Germany ?

 

En Grèce - pays martyrisé par l’Allemagne - voilà que 64 suspects sont en procès concernant des versements de pots de vin par le géant allemand Siemens. Treize sont des ressortissants allemands, cadres de la société mère. Parmi les suspects, l'ancien homme fort de Siemens Hellas (Siemens Grèce), Michalis Christoforakos, qui s'est enfui en Allemagne et que les autorités allemande avaient refusé d'extrader vers la Grèce sur demande des autorités grecques. Les accusations font référence à du "blanchiment d'argent" et à de la "corruption active et passive". Selon la décision des juges, Siemens aurait versé dans les 70 millions d'euros pour décrocher un contrat et pour numériser le réseau de télécommunications public grec de l'époque, OTE. Le contrat "Convention 8002" avait été signé en 1997. Et qu’en pense le vertueux sinistre de l’économie Chat-au-bleu, bourreau des Hellènes ?

Qualité allemande ? Ou mairde in Germany ?

 

Et voilà que la plus puissante banque allemande, la prestigieuse Deutsche Bank, se retrouve dans la mouïse jusqu’au cou. Un « employé » aurait par mégarde, versé 6 milliards de dollars à un fonds spéculatif étazunien ! …teng ! Ça c’est de « l’erreur » de tête de gondole ! Une « erreur de frappe » en championnat (je n’ose pas dire en coupe d’Europe, ça craint !), pas en amical ! La Deutsche Bank n’en est pas à son coup d’essai. Elle est impliquée dans 6.000 affaires judiciaires dans le monde, dont plusieurs scandales financiers comme la manipulation des taux interbancaires Libor et Euribor, une affaire de blanchiment d’argent pas très net en Russie, des transactions avec l’Iran sous embargo, etc.

Qualité allemande ? Ou mairde in Germany ?

 

Bon. N’en jetons plus. Ne parlons même pas de cette décision « pittoresque » d’accueillir en Allemagne 800.000 « réfugiés » par an pour satisfaire la demande du patronat avide de chair fraiche, travailleuse, peu revendicative, pas chère, taillable et corvéable à l’envie…

 

Soyons généreux avec nos cousins germains. Mais de grâce ne les prenons plus, naïvement, pour exemple.

 

Photo X - Droits réservés

21/10/2015

Au bistro de la toile : après les toubibs, les bavards sont dans la rue.

Buveurs pour net.jpg

 

 

- T’as vu Victor tous ces pauvres malheureux qui battent le pavé. Il y a eu les toubibs il y a quelques jours, il y a les avocats en ce moment. C’est bien triste tout ça…

 

- Eh oui, Loulle !  Voir défiler ces pauvres toubibs, voir les envols bouleversants des enrobés noirs du barreau, c’est pathétique. On a là sous les yeux toute la misère du monde !

 

- Pourquoi ils roumèguent les bavards au fait ? Ils ne sont pas les plus à plaindre, non ?

 

- C’est une question de gros sous Loulle, comme toujours. Il s’agit de ce qu’on appelle « l’aide juridictionnelle », un système qui permet aux plus démunis d’avoir tout de même un avocat pour les défendre. Ce sont généralement les nouveaux venus, pas les gros cabinets d’avocat. Ils sont payés par l’Etat selon une tarification basée sur des « U.V. » (unités de valeur), chaque unité représentant théoriquement une demi-heure de travail. Rémunérée aujourd’hui 22,84 euros, l’unité de valeur (UV) devrait passer à 24,20 euros.

 

- Ça fait tout de même dans les 50 euros de l’heure…

 

- Ouais, mais ce qui fait tousser les bavards, c’est que pour chaque prestation, le nombre d’U.V. (donc le paiement réel) va baisser. Ainsi pour un divorce avec consentement mutuel, le nombre d’UV va passer de 30 à 25,5.

 

- Ça fait tout de même, attend, voilà : 617 euros. Pour un divorce où les partenaires sont d’accord et donc où il n’y a pas grand-chose à faire !

 

- Oui mais avant, c’était 685 euros.

 

- Mouais…Ça leur trouera pas le cul aux bavards…

 

- Il y a autre chose. Pour financer la réforme, la Chancellerie prévoit également de mettre à contribution les Caisses des règlements pécuniaires des avocats (Carpa). Il s’agit des comptes bancaires sur lesquels transitent les sommes d’argent perçues par les avocats dans le cadre de leur activité. Chaque année, ces comptes – bien remplis ! - engendrent environ 75 millions d’intérêts ! La ministre a prévu de ponctionner 5 millions en 2016 puis 10 millions en 2017 sur ces intérêts afin de financer une partie de la réforme.

 

- Eh bien en voilà une idée qu’elle est bonne ! Venant d’un gouvernement de droite, c’est méritoire, non ?

 

- C’est vrai. C’est presque une mesure de gauche.

 

- Alors qu’est-ce qu’ils vont faire les bavards ? Partir ailleurs ?

 

- M’étonnerez. Et toi Loulle, tu fuirais en Belgique ou tu serais fiscalement patriote si l’Etat voulait te taxer un peu plus ?

 

- Bof. Les frites, c’est trop gras, la bière ne vaut pas le vin et ce que je sauverais ou rien, c’est pareil… Je vis en France, j’y suis né, je m’y suis éduqué, je suis râleur et plutôt anar, alors je reste solidaire. Et même si je dois payer un peu plus, ben, je n’en ferais pas un caca nerveux. De plus Victor, je n’augmenterai pas le prix des consommations !

 

- Voilà qui t’honore Loulle. Mais n’en profite pas pour nous mettre des verres plus petits !

 

- Tè ! J’ai un tuyau pour François s’il veut racler quelques milliards pour son nouveau budget. La glorieuse armée françouaise ressemble à l’armée mexicaine : il y a un officier pour 5 soldats ! Et des tombereaux  de généraux, des palanquées de colonels sans aucune affectation. Qui ne servent donc à rien. Et ces gens-là, ils touchent de bonnes payes !

 

- En voilà une idée qu’elle est bonne Loulle ! Et il y en a d’autres de tuyaux à lui donner. La niche Copé. Cet amendement présenté et défendu à la tribune par Copé, à l’époque ministre délégué au budget permet d’exonérer d'impôt sur les sociétés la revente, par une société-mère, de ses titres de participation dans une filiale. Cet énorme cadeau aux grandes entreprises et surtout aux holdings financiers a coûté des dizaines de milliard de manque à gagner pour le budget national.

 

- Et les cadeaux aux labos pharmaceutiques qui ruinent la sécu…

 

- Et les cadeaux aux gargotiers-restaurateurs-hôteliers – je ne parle pas pour toi Loulle ! – qui coûtent entre 3 et 4 milliards par an.

 

- Mouais… On pourrait aussi parler des dérogations fiscales pour les journaleux et…les faiseuses de pipes de Saint-Claude !

 

- Ce qu’on attendait de notre président et de son gouvernement, c’étaitt une réforme fiscale totale, globale, qui remette tout à plat pour repartir sur des bases justes. Et ça, comme les pipeuses de Saint-Claude, il nous a dit « Tè ! Fume… »

 

- A la nôtre Victor !

20/10/2015

Mon toubib chez les ploucs.

toubibs dessin tiers payant.jpg

 

Il m’arrive d’aller chez mon toubib « référent ». Il me prend la tension, me demande si ça va, je lui réponds oui, alors il regarde ma fiche sur son ordinateur (financé par la collectivité) et renouvelle l’ordonnance sur les quelques médicaments qu’il me prescrit, sans vérifier si ces médicaments ne sont pas considérés comme ne servant à rien par l’ANSM (agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé). Je lui donne ma Vitale et paie 23 euros pour ce service qui dure en gros cinq minutes. (Quand je vais voir mon toubib « chez les ploucs », au fin fond de la Lozère, l’été, ça dure plus longtemps et c’est plus sérieux comme examen…). Puis je vais chez mon potard qui me délivre les poutchingues ordonnées par le toubib. Là encore je donne ma Vitale et…je ne paie rien.

 

Ce qui marche très bien avec les pharmaciens rend littéralement fadas les toubibs ! Ils ont manifesté il y a quelques jours. Ils ont fait une grève largement médiatisée. Leurs élections professionnelles ont fait une large place aux opposants les plus radicaux de cette mesure de la loi Santé : instituer le tiers payant chez les médecins. Ils pourrissent littéralement la pauvre Marisol Touraine, leur ministre de tutelle, qu’ils nomment très élégamment « MST ». Etrange. Etrange. Qu’est-ce que ça cache ?

 

Leur argument principal : retards de paiement, paperasserie supplémentaire. Ils diffusent des tracts incendiaires dans le but de retourner l’opinion largement favorable au tiers-payant, balançant des mensonges patents du genre :  « mon médecin aura moins de temps pour m’écouter et me soigner à cause du travail administratif supplémentaire »,  « je ne choisirai plus mon médecin généraliste », « je ne choisirai plus les autres médecins spécialistes », « mon médecin ne pourra plus prescrire librement ce qui est bon pour ma santé », « le tiers payant a un coût mais c’est moi qui vais le payer », « mes données de santé ne seront plus soumises au secret », « finalement, ce qui sera bon pour ma santé sera décidé par l’administration et les mutuelles ». Toutes assertions hors de la loi Santé et relevant du fantasme et même du bourrage de crâne.

 

En fait, les toubibs ont peur de regarder la réalité en face : leur situation « libérale » est une aberration puisqu’ils sont en fait payés par les prélèvements obligatoires à travers la Sécu (et les mutuelles), faisant en fait d’eux des fonctionnaires qui refusent de l’admettre. Les médecins ont en charge un service public et ont des obligations : avoir une localisation qui fait que tous aient accès à un médecin sur territoire, faire des soins à un tarif opposable. Obligations qui sont loin d’être tenues. Au niveau tarif, si tel généraliste conventionné prend 23 euros, tel autre non conventionné prendra 40 euros pour le même boulot. Au niveau localisation, pour ce que je connais, en Provence, dans ma région avignonnaise, il y a pléthore de toubibs. Mais en Lozère, l’été, après deux Roumaines et un an sans personne,  il y en a un au plus proche village (8 km), un Espagnol, très compétent et attentif à ses patients (en non à ses clients). Son cabinet est mis à sa disposition, ainsi que son logement, par la municipalité. Et les « ploucs » sont bien contents.

En France la médecine est organisée de façon paradoxale : fonctionnement totalement libéral mais avec un financement public. Résultat : certaines régions ont vu la moitié de leurs cabinets fermer. Á l’horizon 2025 il y aura moins de 23.000 généralistes en cabinet contre 56.000 aujourd’hui. Les jeunes étudiants délaissent la spécialité « généraliste » pour d'autres plus glorieuses, plus rémunératrices.

Sont-ils réellement à plaindre, ces enfants gâtés de notre société ? La collectivité – donc nos sous - paie leurs longues études. Ne serait-il pas normal qu'en retour les toubibs acceptent au moins pour quelques années de s'installer là où leur présence serait la plus nécessaire ? Mais il est plus « sexy », plus confortable, plus rémunérateur de s'installer à Paris, Nice, Aix ou Avignon plutôt que dans le Nord, la Creuse ou la Lozère... Alors, lorsqu'on aura le temps, on les plaindra...

 

Est-il anormal que la collectivité qui les paie veuille avoir un droit de regard, voire de contrôle sur leur localisation ainsi que sur leur activité ?

 

Rappelons qu’en plus de leur paiement à l’acte, les médecins touchent un forfait plus que conséquent (5.000 euros par mois en moyenne) s’ils respectent des « objectifs de santé publique » comme l’informatisation du cabinet, la prescription de médicaments génériques, la vaccination des anciens contre la grippe, le dépistage des cancers du sein et du colon, etc. Mais ils sont aussi contrôlés s’ils prescrivent trop de médicaments aux vieux, trop de transports sanitaires pas indispensables, trop d’arrêt maladie, etc. On voit donc que les médecins « libéraux » ne sont pas si libres que ça. Ce qui est normal et logique compte tenu de qui les paie !

 

Une autre de leurs griefs : être à la merci des mutuelles. Ce qui n’est pas faux et recevable. Et tient, coucou, le revoilou ! L’une des plus redoutables des mutuelles - Malakoff Médéric – dont le patron est… Guillaume Sarkozy, oui, monsieur frérot prétend « contrôler les gestes médicaux », « accéder aux données individuelles des assurés », « adapter les cotisations aux comportements individuels des assurés ». Mais il n’y a rien, dans la loi Touraine, qui conforte ces prétentions de mutuelles quoi ont depuis longtemps perdus leur vocation d’économie « sociale et solidaire » et qui ne jurent plus que par le fric. Elles sont les armes les plus dangereuses oeuvrant pour ce dessein de toujours des assureurs et financiers privés : la mise à mort de la Sécu et son remplacement par les assurances privés. Et la gauche au pouvoir (??!!) n'est pas la dernière à participer à ce dépècement de l'un des fleurons de notre modèle social. Le plan massif d'allègement des cotisations sociales (plus de cotisation sociales employeurs pour le smic et rabotage significatif jusqu'à 1,6 smic, etc.) sans qu'un financement ne soit trouvé est significatif de cette collusion de « J'aime l'entreprise » avec le Medef.

La tactique pour la mise à mort de la Sécu ? On ruine celle-ci (qui pourtant arrive à baisser son déficit!) de façon à la déconsidérer vis-à-vis des assujettis ; parallèlement, on prend prétexte de ce déficit abyssal pour baisser les taux de remboursement des médicaments, voire on dérembourse des médicaments considérés comme peu efficaces ; le résultat est un transfert du remboursement du reste à payer sur les assurances dites « complémentaires ». Ce faisant, on habitue le cotisant à s'appuyer de plus en plus sur les assurances privées et à critiquer la Sécurité sociale. C'est de l'action psychologique destiné à préparer les cerveaux (déjà karchérisés par la télé et les merdias) à l'abandon progressif de la Sécu.

Dans cette stratégie, il est des dispositions qui sont présentés comme des « avancées sociales » et qui sont tout le contraire. C'est le cas de l'Accord national interprofessionnel (ANI) qui rendra obligatoire, à dater du 1er janvier 2016, l'adhésion des salariés à une assurance complémentaire santé d'entreprise. Mumm ! La bonne soupe pour les assurances privées, au détriment de la protection sociale collective ! Un énorme gâteau.

Des millions de salariés vont ainsi être obligés de souscrire des contrats collectifs d'entreprise gérés, évidemment, par les assurances privées. Le Conseil constitutionnel a en effet imposé qu’en absence d’accord d’entreprise ou de branche, la complémentaire santé soit choisie par l’employeur. Des grands groupes vont donc balayer les petites mutuelles pour se partager la gamelle ! Cette pseudo avancée sociale va accroître les inégalités entre salariés puisque la couverture différera d'une entreprise à l'autre. Il va de soi que les employeurs opteront pour une couverture limitée à un panier de soins minimum ; dès lors, les salariés qui voudront plus de couverture...devront se payer un complémentaire supplémentaire ! Au fou ! Mais tout ça, on ne vous le dit pas dans les merdias aux ordres...

Oui mais alors, on fait quoi ? On rend toutes ses prérogatives à la Sécurité sociale. A défaut d'un remboursement à 100 % - ce qui devrait être pourtant la norme – il suffit de créer, au sein de la Sécu, un département d'assurance volontaire, couvrant le remboursement de ce qui ne serait pas pris en compte par la Sécu principale. Avec évidemment, pour l'assuré, le versement volontaire d'une cotisation qui, de toute façon, serait bien moins chère que celle des assurances « complémentaires » privées, mutuelles ou non. Et, surtout, supprimer toutes les exonérations de cotisations car, si les entreprises ont de l'argent pour payer des complémentaires d'entreprise, pourquoi n'en auraient-elle pas pour payer des cotisations à la Sécu ?

Dès lors, les craintes des toubibs de ne pas être payés, de devoir faire un travail administratif parasitaire dans la jungle des quelques 400 organismes d’assurances complémentaires.

 

Tè ! Le mieux, c’est encore de ne pas être malade !

 

Illustration:merci à Frizou  

 

Sources :

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/dossier/201...

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/201...

http://www.mediapart.fr/journal/france/191015/tiers-payan...

19/10/2015

Rugby. Quand criera-t-on de nouveau : « Allez les petits ! » ?

rugby gosse tricolore.jpg

 

 

« Humiliés ! » « Désastre ! » « La honte ! »

Les canards sont unanimes pour clouer au pilori notre équipe de France de rugby, partie la fleur au fusil et revenu la queue rabougrie entre les jambes. Ils feraient mieux de se poser les bonnes questions, les terribles censeurs.

 

Philippe Saint-André – le seul courageux, qui ne refuse pas de répondre aux questions, contrairement aux pontes de la Fédération et de la Ligue professionnelle – a fait ce qu’il a pu avec ce qu’il a trouvé, tout simplement. Et il se trouve qu’actuellement, en France, il a ramassé ce qui se fait de mieux. Mais que ce n’est tout simplement pas au niveau. Pourquoi ? Questions à résoudre.

 

Il y a des  raisons internes à notre championnat : 14 clubs, c'est 2 de trop. Les internationaux doivent se farcir une quarantaine de matchs par an entre le championnat, les Coupes d’Europe et les Six nations. Quant on connait la rugosité, la brutalité de ces rencontre professionnelles, on comprend que les joueurs soient fatigués, usés, voire souvent blessés. Les autres grandes équipes dans le monde jouent beaucoup moins, pas plus de 20 rencontres pour les All Blacks par exemple.

 

Puis, les instances (Ligue et Fédération) se vantent d’avoir le meilleur championnat national du monde. Et le fait est que les grandes équipes françaises (Toulon, Clermont, Toulouse, Stade Français, Racing) dominent souvent les autres nations rugbystiques européennes. Mais c’est un trompe-l’œil : ce championnat professionnel ouvert à tous les vents n'est plus le championnat DE France, mais un championnat EN France dans lequel les joueurs français sont en minorité et ne servent que de supplétifs, de remplaçants aux hordes de mercenaires étrangers venus se goinfrer de fric. Nos jeunes joueurs ne peuvent pas faire leur preuve. Comment dès lors s’étonner que Philippe Saint-André, bien qu’il eu essayé une centaine de joueurs en quatre ans, n’ait pas trouvé les perles qu’il cherchait.

 

Le professionnalisme est passé par là et a été mal digéré. Ces joueurs professionnels sont plus soucieux de monnayer leur image que de se sacrifier pour leur équipe. Dans l’entourage des « Bleus » rode leur agent ! Comme au fouteballe, ce sont des sortes de maquereaux qui s’occupent de gérer « l’image » des joueurs, de négocier des contrats de pube, de faire des photos publicitaires, d’amener leur gagneuse à des coquetèles, etc. Tout ça pour du pognon… Bref, les rugbymen sont devenus de vulgaires fouteballeurs… La honte.

 

Donc, avec cette mentalité, chaque joueur perçoit ses coéquipiers comme des concurrents en « image » ! De là on néglige le jeu collectif au profit de quelques coups d’éclats individuels qui feront de belles « images », on n’a pas envie de sacrifier sa belle gueule et donc son « image » pour gagner un match. On n’est peut-être même plus potes, copains, amis hors du terrain mais rivaux… Plus de ces troisièmes mi-temps gargantuesques, plus de cassoulet ni d’entrecôtes bordelaises géantes, plus de chansons gaillardes… La tristesse.

 

Le professionnalisme, c'est-à-dire l’arrivée du pognon a sonné le glas du rugby cassoulet. Pas de nostalgie, il faut vivre avec son temps. Mais il a aussi sonné le glas du « french flair », de la spécificité française qui faisait que toutes les équipes du monde tremblaient devant les Bleus, capables de se faire parfois dérouiller mais en se battant comme de renverser des montagnes. Rappelez-vous Dominici ridiculisant Lomu ! Plus de fulgurances comme celles de Blanco, de N’Tamak, de Lagisquet. Plus de Spanghero sonnant la charge, plus de Jo Mazo et ses inspirations imprévisibles, plus de  Gachassin slalomant entre les bourrins d’en face, plus de Jean-Pierre Rive ensanglanté renversant les Gallois, sans remonter aux frères Prat et Boniface…

 

Sans compter que le professionnalisme a probablement amené aussi ce dont on ne parle surtout pas, le dopage  et autres gonflettes à la créatine. Non mais vous les avez vus les bestiaux, tous, bien sanglés dans leurs maillots serrés ! C’est plus du nourri sous la mère, avec l’abdominal-cassoulet ! C’est du bodybuildé bouffeur de salades aux « compléments alimentaires » et autres saloperies.

 

Et puis ces matchs deviennent emmerdants. Toutes les grosses équipes ont le même style de jeu parce qu’elles sont formées et dirigés par des entraineurs souvent venus de l’hémisphère sud et qui uniformisent le jeu. On ne cherche pas à éviter, on rentre dans le lard. Les plus belles prestations ont été le fait d’équipes comme l’Argentine, le Canada, le Japon, les Tonga.

 

Le naufrage de l’équipe de France, pour navrant qu’il soit, ne marque pas la fin du rugby français, riche de milliers de clubs, de centaines d’écoles de rugby, de milliers de bénévoles. Mais pour retrouver une équipe nationale digne de ce non, il faut répondre sans barguigner aux questions soulevées plus haut.

 

Et on pourra de nouveau crier, comme Roger Couderc : « Allez les petits ! »

 

Photo X - Droits réservés

 

18/10/2015

Ouiquinde gastronomique anatolien

cuisses de femmes kadinbudukofte.jpg

 

 

Les KADINBUDU KOFTE (boules de viandes "cuisses de femme")

 

 

 

On sait être coquin du côté du Bosphore

Faire vibrer les sens et jubiler les corps,

Car au pays du grand Nasr Eddin Hodja

- Ce savoureux poète, celui qui érigea

Dans son œuvre subtile un monument d’humour

Où bon sens, paillardise riment avec amour –

On aime conjuguer les plaisirs de la table

Avec ceux du divan, tout aussi agréables.

C’est ainsi que l’on mange, près du pont Galata

Les « cuisses de jolies femmes » : Kadinbudu kofte.

 

Faites cuire à grande eau un grand verre de riz

Et préparez le reste durant le temps qu’il cuit :

Emincez une oignon de taille convenable,

Hachez une livre de bœuf de bonne étable

Malaxez à la main tout en incorporant

Une cuillère à soupe de baies qui, au Levant

Portent le nom de kuş uzumu, à défaut

Mettez des baies de myrtes ; ça c’est une info

Me venant d’une Étoile qui connaît le pays

Pour y avoir vécu, et aimé, et joui !

Ajoutez une cuillère à café de piments

Rouges, des pignons ; salez normalement

Puis une cuillerée de poudre de cannelle

Du persil, de l’aneth pour le goût sensuel,

Vous ajoutez un œuf puis le riz égoutté

Malaxez bien le tout ; avec un doigt, goûtez,

Remontez en épices si c’est indispensable

Enfin confectionnez sur le bord de la table

Des fuseaux allongés comme cuisses de femmes

Objets de nos désirs autant que de nos flammes.

Puis dans deux œufs battus vous passez les boulettes

Un peu de chapelure et les cuisses sont prêtes.

Faites-les frire à l’huile et servez sans maraude :

Les cuisses les meilleures sont toujours les plus chaudes !

Cessons pour aujourd’hui ces contes culinaires,

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

 1/2kg de viande de bœuf hachée, 1 verre à thé (100 ml) de riz, 1 oignon de taille moyenne, 1 cuillère à soupe de pignons, 1 cuillère à soupe de kuş uzumu (C'est très petit, rond et noir. C’est une petite baie comme la myrte. Les Turcs l’utilisent séchée), 1 cuillère à thé de piment rouge, 1 cuillère à thé de cannelle, 1 cuillère à café de sel,1 œuf, un peu d’aneth et un peu de persil. Pour couvrir les boules avant de les frire: 2 œufs battus et de la chapelure.

 

Boissons conseillées :

 Bien sûr le thé si on veut se la jouer à l’orientale… mais on n’est pas obligé ! Les Turcs aiment bien le "tcharab", qu'il soit rouge, blanc ou rosé !

Ce plat parfumé et relevé s’accorde parfaitement avec des vins rosés frais, soyeux et parfumés comme…des cuisses de femmes.

 

Photo X - Droits réservés

 

17/10/2015

Ouiquinde érotique callipyge

lune.JPG

 

SONNET SUR LE CUL D'UNE DEMOISELLE

Beau cul de marbre vif, dont l'amour fait sa gloire,
Cul dont les doux regards sont d'attraits embellis,
Cul qui par sur tout autre oblige mes écrits,
De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire;

Cul qui sur tous les culs remportes la victoire,
Cul qui passes en blancheur et la Rose et les Lys,
Cul de qui le mérite oblige mes écrits
De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire,

Beau cul, bien que tant de bonheur se marque assez en vous,
Ce n'est pas le sujet qui fait qu'aux yeux de tous,
J'étale en ces écrits vos beautés que j'admire,

Mais surtout, je vous aime ô beau cul tout divin
Pour être le plus proche et l'unique voisin
De ce doux Paradis où l'Amour se retire!

ROBERT ANGOT DE L'ÉPERONNIÈRE (1640)

 

poésie érotique,culs

 

poésie érotique,culs

poésie érotique,culs

 

 

LA SERVEUSE

Verger de la Christine aux relents de cloaque, 
Buisson mouillé portant quelques morpions pour baies, 
Une motte à feux roux comme la haie 
En août d'une femme sans époques. 

Mais quelles fesses, voyez-vous ! 
Fesses magistrales, comtales, princières, 
Bonnes à condamner à la dossière 
La verge ponceau des récureurs d’égouts. 

Mais la langue vive et la bouche 
Baveuse et buveuse d'orgeats ! 
Langue fourrée, langue pineuse d'entrechats 
Ou d'entre-fesses ! Et les chibres qu'elle débouche ! 

Goulot d'amour, sa poitrine fleurie, ô ses seins ! 
Mammes roussottes ! Son anus rond : mon ergastule. 
- Gare, Christine ! si jamais je pars et te décule 
Et te brise les colonnades du bassin.

 

ARTHUR RIMBAUD

 

Photos X - Droits réservés

***********************

 

Et puis, le grand TONTON GEORGES !

 

 

16/10/2015

Au bistro de la toile : Turquie, migrants, Europe.

Buveurs pour net.jpg

 

 

- T’as vu Victor. On est sauvé : les « Zeuropéens » réunis à Bruxelles sont en passe de résoudre le problème des migrants…

 

- Ben voyons ! Ils étaient 28. C’est ce qu’ils appellent le Conseil européen. Et ils ont accouché d’une souris… La souris, c’est de vagues accords avec la Turquie concernant les migrants. Á la louche, l’Europe va refiler 1 milliard à la Turquie de ce grand « démocrate » d’Erdogan pour que celui-ci retienne quelque peu les migrants qui se servent de son pays pour passer en Europe, avec la complicité du gouvernement et de la population, contents de nous refiler la patate chaude.

 

- Attends, c’est un peu normal non ? Il y en a 2 millions de ces migrants en Turquie. Alors que les Turcs les incitent et les aident à dégager, vers l’Europe, ça se comprend, non ?

 

- Bien sûr. Mais la Turquie d’Erdogan est un peu responsable du bordel en Syrie car elle joue un double jeu avec les tueurs d’allah de l’Etat islamique : elle leur refile des armes, elle soigne ses blessés, elle leur achète leur pétrole, etc. Á côté de ça elle les « bombarde ». Enfin, elle fait semblant. Elle envoie 1 bombinette sur les tueurs d’allah, après les avoir prévenu, et 10 sur ses opposants kurdes !

 

- Alors c’est quoi ces accords ?

 

- Ben, contre un peu de pognon, elle va être plus stricte sur le passage clandestin des migrants vers l’Europe. En échange, l’Union européenne va faciliter grandement l’obtention de visas pour les citoyens turcs désireux de venir s’établir en Europe. Et – cerise sur le turban – on va rouvrir le dossier de l’adhésion de la Turquie à l’Europe, mis un peu en veilleuse. La Turquie en Europe, faut voir ce que ça implique Loulle.

 

- Explique.

 

- Eh bien si c’était déjà le cas, tous les réfugiés et les migrants entrant en Turquie depuis la Syrie, mais aussi l’Afghanistan, le Pakistan et autres pays sympathiques, seraient immédiatement en Europe, et donc autorisés à se déplacer partout dans l’Union. Plus besoin de risquer sa peau avec les barcasses pourries des passeurs mafieux… Le million et demi que maman Angela veut accueillir chaque année en Germanie ferait beaucoup de petits !

Si c’était déjà le cas, l’Europe aurait des frontières directes avec la Syrie, mais aussi l’Irak, l’Iran, l’Arménie, la Géorgie. Rien que des pays où la paix et la tranquillité ne sont pas évidentes ! Sans oublier la Russie en face, sur la Kara Déniz (la mer noire)…

Si c’était déjà le cas, la Turquie serait le pays le plus peuplé d’Europe avec 80 et quelques millions d’habitants et une démographie vigoureuse. Elle pèserait donc plus lourd que tous les autres quant aux décisions communes.

Si c’était déjà le cas, la religion musulmane représenterait entre 120 et 130 millions de « croyants » plus ou moins salafistes. Bonjour la déjà difficile à trouver « identité européenne » !

Sans oublier le pognon que nous a déjà coûté la Turquie dans le cadre de sa « pré-adhésion » : 6 milliards.

 

- Mouais… On n’y est pas encore.

 

- Ne crois pas ça. L’Union Européenne ressemble de plus en plus à une sorte de monstre géant dont l’organisation du pouvoir et les procédures de prises de décision demeurent opaques. On a progressivement abouti au fil du temps à une organisation oligarchique qui ne dit pas son nom et dont les compétences supranationales s’imposent de toute façon aux Etats qui en sont membres, l’exemple de l’intégration forcée de la Turquie le démontre. On agit en fonction d’objectifs politiques et idéologiques qui ne tiennent nullement compte de l’intérêt des citoyens de l’Union car tout indique que cette intégration se révèlera extrêmement coûteuse et problématique à tous les niveaux et qu’elle provoquera chez les membres de l’UE une dénaturation du sentiment de conscience européenne qui pouvait encore subsister… Mais toutes ces objections pertinentes, les instances européennes n’en ont rien à foutre et décident de passer en force, vaille que coûte ! Les Grecs ont payés – et paient – pour le savoir !

 

- Allez, zoù ! A la nôtre !

 

15/10/2015

Leçon de géographie.

cul carte.jpg

 

 

Allez, laissons l’actualité blafarde et intéressons-nous à la géographie, science vivante s’il en est.

De quoi se plaigne-t-il les élèves ? Et les profs ? Si à mon époque on avait eu un tel matériel pour apprendre la géographie, maintenant j'en serais professeur !

Et si Christophe Colomb avait pu consulter un tel planisphère, il ne se serait sans doute pas gouré sur sa destination.

Et je sais parfaitement, maintenant, où passe le méridien de Greenwich.

Mais attention, il est interdit de piquer des punaises pour repérer les pays !

ADIEU LE GPS !

 

Photo X - Droits réservés

14/10/2015

Les médias au service des milliardaires !

médias.jpg

 

 

Ça fume dans les médias. Les journalistes de L'Express ont adopté mardi une motion de défiance contre le nouvel actionnaire du groupe, Patrick Drahi, et le directeur des rédactions, Christophe Barbier, pour protester contre un plan social qui vise 125 salariés. Voilà qui nous donne l'occasion de fouiller un peu dans ce qu'est devenu la presse et les médias en général.

 

On est loin des directives du Conseil National de la Résistance qui interdisait les concentrations afin de préserver la pluralité et la liberté de la presse. Actuellement, quasiment tous les médias importants sont aux mains de quelques milliardaires. Qu'on en juge :

 

Patrick Drahi, patron de Numéricable, a été traité de flibustier, exil fiscal, holdings douteuses aux Bahamas, nationalité française incertaine lorsqu'il est parti ,à l'assaut de SFR. Il a compris : pour museler les médias, il suffit de les acheter ! Il s'est donc payé Libération, puis L'Express, L'Expansion, BFM-TV, RMC. Depuis, il est devenu persona grata car on y regarde à deux fois avant de critiquer un patron de presse...

 

Les « B.N.P. ». C'est le consortium Le Monde, L'Obs, Télérama, Courrier international. Il appartient à un trio. Pierre Bergé (qui possède en plus Têtu) ; Xavier Neel (Free) qui possède en plus Atlantico, Causer.fr et Huffington-post (sites d'information internet) ; Mathieu Pigasse, pantouflard de Bercy, directeur délégué de la banque Lazard qui possède en plus Les Inrocks, Radio-Nova.

 

Arnaud Lagardère. L'extravagant fifils de son papa a dans son escarcelle Elle, Paris-Match, Le Journal du Dimanche, Europe 1, Radio Virgin, le groupe Hachette (Livre de poche, Fayard, Calmann-Lévy)

 

Serge Dassault, sénateur corrupteur, marchand d'avions, possède  Le Figaro.

 

Martin Bouygues, un des rois du béton en France s'est payé, excusez du peu : TF1, LCI, Euro-sport.

 

Bernard Arnault, l'un des rois du luxe, première fortune de France (35 milliards) possède : Les Echos, Le Parisien-Aujourd'hui-en-France.

 

François Pinaut, l'autre roi du luxe entre autres activités lucratives s'est payé Le Point.

 

Bolloré, figure centrale de la France-Afrique, défraie la chronique en attaquant au sabre d'abordage les émissions phare de Canal +. Il a acheté donc Canal+, mais aussi i.Télé, Direct 8, 17, Direct-matin, Daily Motion.

 

Or tous ces titres bouffent du fric ! Quel est donc le motif pour lequel ces milliardaires, « brillants » hommes d'affaires, acceptent de perdre des monceaux de pognon ? Pour deux choses. Premièrement, avoir un moyen de pression important sur un acteur primordial - l’État – qui agit sur les affaires essentielles de ces gens de deux manières : - les commandes d’État, - la régulation des secteurs économiques. Secondement, pour influencer l'opinion générale de la population dans le sens de leurs affaires ,économiques (consommateurs) mais aussi pour influencer sur le choix des personnels politiques (électeurs).

 

Commande publique : les avions de Dassault, les grands chantiers, genre EPR pour Bouygues, la France-Afrique pour Bolloré (port de Conakry, lignes de chemin de fer, etc.)

 

Régulation : par exemple s'il y avait une taxe sur le luxe ou si la TVA n'était pas supprimé pour les clients étrangers, Pinaud et Arnaud feraient la gueule. Comment ! L’État irait chercher le pognon où il est ? Privilégiant l'intérêt général au détriment de celui de quelques milliardaires ? Vous n'y pensez pas !

 

Idem pour Drahi, Bouygues et Orange, qui règnent sur le numérique et dépendent des lois et règlement établis par l’État. D'où l'intérêt d'avoir des moyens de pression que constituent les médias.

 

Posséder des médias, même largement déficitaires, c'est le Graal au niveau de l'influence. Plus efficace encore que la corruption. Et complémentaire du lobbying pour influencer le public dans le sens voulu par nos milliardaires.

 

S'ajoute à cette main-mise des milliardaires l'attitude des journalistes – tous sortis du même moule ultralibéral - qui pratiquent l'auto-censure à grande échelle pour ne pas faire parti de la prochaine charrette...

 

Voilà pourquoi les médias – que d'aucuns appellent « merdias » ont tous la même ligne éditoriale, au service de la doxa ultralibérale. Fini la liberté impertinente de Libé, à la poubelle la réputation de quotidien de référence du Monde.

 

Acheter ce qu'on vous « conseille », consommez comme on vous l'indique et surtout, votez comme on vous le dit !

 

Alors comment s'informer ? Il reste tout de même quelques titres : le Canard enchaîné évidemment, Le Monde diplomatique, Marianne. Quelques journaux numériques donnant la plume à leurs lecteurs: Médiapart, Agoravox. Quelques sites comme Basta !, Fakir. Et la jungle des blogs.

 

Au lecteur de faire l'effort de trouver ses infos en dehors des merdias, de la presse purée et des canardes-laquais des milliardaires !

 

 

Photo X - Droits réservés

13/10/2015

Poutine le diable ou Russie mon amour ?

fille russe.jpg

 

 

Actuellement, dans les cercles de la bien-pensance atlantique, c’est plutôt Russie grand méchant loup…Son président est affublé de tous les défauts, considéré comme un infâme dictateur liberticide et sanguinaire. Et la Russie présentée comme un pays de brutes illettrées et alcooliques représentant une terrible menace pour l’Europe et le monde. Réalité ? Ou propagande ?

 

Toutes les informations dont nous abreuvent les merdias à la solde des marchands de canon et de béton nous sont présentées, systématiquement, sous un angle antirusse. Que ce soit pour l’Ukraine, la Syrie, ou encore la situation économique de ce pays, ses rapports avec le monde.

 

Cette russophobie n’est pas nouvelle. Chez les Français, elle date évidemment de la pâtée prise par Napoléon. Pour les Anglais, elle vient de la rivalité impérialiste britannique de domination de l’Asie qui s’est heurtée à la puissance russe. Pour les Allemands elle vient de leur prétention « d’espace vital à l’Est » ayant sombré dans la terrible défaite hitlérienne. Quant aux Etazuniens, ils se sont retournés contre leur allié antinazi dès la guerre gagnée (surtout par les Russes !). Depuis, leur stratégie consiste à encercler le territoire russe par des bases militaires hostiles dans des pays à la remorque de l’Otan. Et leur politique tend à être toujours antagoniste de ce pays, à tenter de casser ses initiatives, à l’humilier et à tenter de le piller autant que faire se peut.

 

La russophobie étazunienne prend deux aspects : - une forme idéologique autour de la soi-disant défense de la démocratie et des droits de l’homme ; - une rivalité géopolitique car ils ne supportent pas que d’autres puissances osent contester leur « hégémonie » et font tout ce qui est en leur pouvoir pour faire passer la Russie pour une puissance hostile à l’Europe. Ce qu’elle n’est pas. Et nous, Européens veules, serviles et puants d’ingratitude, nous nous faisons les complices de toutes les forfaitures des Etats-Unis sous prétexte « qu’ils nous ont sauvés en 45 », oubliant que c’est l’URSS - c’est-à-dire les Russes - qui ont le plus donné de vies pour délivrer le monde du monstre nazie…

 

Pourtant, la Russie est évidemment européenne. De Gaulle ne parlait-il pas de « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » ? Elle est européenne par la géographie, par la population, par la (les) religion(s), par la civilisation, par l’histoire. Que représentent les Etazuniens, « passés directement de la barbarie à la décadence en oubliant la civilisation », par rapport à cette grande nation qui a donné au monde les écrivains Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevski, mais aussi les musiciens Borodine, Rimski-Korsakov, Moussorgski, Rachmaninov, Tchaïkovski, mais encore Mendeleïev, génie de la physique qui a réalisé la classification des éléments de la nature, etc., etc. et - cerise sur le vatrouchka – le pays qui a envoyé le premier homme dans l’espace et le seul actuellement capable de ravitailler la station internationale orbitale !

 

C’est une civilisation jumelle, imbriquée depuis toujours à la nôtre. Ils connaissent nos penseurs, nos artistes, nos idées. Ils ont parlé français dans les hautes sphères pendant deux siècles. Et que savons-nous d’eux ?

 

Ce sont des terres infinies, de l’Arctique au Pacifique, de la Sibérie à la Mer Noire. C’est une mosaïque de peuples mêlant les blonds vikings des terres du froid aux yeux obliques des steppes d’Asie. Et nous les méprisons ?

 

Vous imaginez la puissance d’une entité Europe-Russie de Lisbonne à Vladivostok ? Un bloc continu, possédant toutes les matières premières voulues, fort d’une population de 700 millions de personnes éduquées, dynamiques, fruit de la filiation civilisationelle allant d’Athènes, Rome et Byzance à la Renaissance, aux Lumières, à la Science moderne, aux Droits de l’Homme, à la Liberté. Le cœur, la quintessence de la civilisation occidentale. La Russie de devrait-elle pas être invité à la réalisation de ce grand dessein ? La Russie manque à l’Europe comme l’Europe manque à la Russie. Si on ne l’y invite pas, c’est par lâcheté, veulerie, vassalité, servitude volontaire envers ces Etats-Unis lointains, méprisants et nuisibles prédateurs du globe.

 

En fait, nous leur en voulons d’être ce que nous ne sommes plus : un pays fier, conscient de sa force. Un pays qui croit encore à l’instruction, au savoir, en ses institutions. Qui croit en son destin quand nous confions le nôtre aux cours de la Bourse et aux banquiers de Wall Street, de Francfort et de la City.

 

Nous nous coupons de notre destin pour obéir aux injonctions de ces grands « démocrates » qui font Guantanamo, qui assassinent par drones aux quatre coins du monde, qui embastillent sans procès, qui assassinent légalement leur propre peuple, qui par de sordides guerres jamais gagnées ont semé l’enfer sur terre de Kaboul à Bagdad, qui pillent le monde à l’aide de leur dollar. Qui nous espionnent, nous épient et nous méprisent.

 

Mais non. Le méchant c’est Poutine. La menace, c’est la Russie.

 

Aux fous !

 

Photo X - Droits réservés

 

12/10/2015

Procès en appel d’un « serial killer » acquitté.

euthanasie par Konk.jpg

 

 

L’ex docteur Bonnemaison de nouveau jugé en appel. Rappelons que ce médecin a été acquitté en juin 2014 pour avoir « abrégé la vie » de sept personnes qui n’en demandaient pas tant. C’est le procès de l’euthanasie.

 

Ce « bon docteur » était mu par quoi ? La compassion ? La méchanceté ? L'altruisme ? Le vice meurtrier ? La cupidité ? La dépression ? Le souci de rentabiliser les lits ? Tout est ouvert.

 

Lors de son premier procès il a été non seulement blanchi mais acquitté. C'est-à-dire que les jurés ont estimé que ses actes ne sont, en aucune manière, répréhensibles. Ça veut dire quelque chose toute de même ! D'autant plus que ça va dans le sens général puisque les f(u)ameux sondages montrent que les Français seraient sont favorables à l'euthanasie.

 

Mouais…Nous sommes au siècle du spectacle. L'affect populaire est modulé par la télévision, c'est-à-dire par le degré zéro de la culture. Le jury de Pau, lors du premier procès, a jugé non par la raison mais par l'émotion. Et les 90% de sondés qui acceptent le rétablissement de la peine de mort – parce que c'est de ça qu'il s'agit – confondent la compassion altruiste avec une sensiblerie pleurnicharde. Eh ! Oh ! Le « bon » docteur Casabuena, Goodhouse, Iyiev, Guthause, Buenhogar ou tout ce qu’on voudra, il a tout de même tué volontairement et sciemment malgré ses dénégations concernant son « intention de tuer ». Il a injecté du CURARE – substance létale du cocktail de poisons des tueurs légaux étazuniens – la nuit, en catimini, à des personnes qui n'ont JAMAIS demandé à mourir. Á des personnes très, très vulnérables venues en milieu hospitalier pour chercher une guérison, au moins un espoir. Et il les a tués, sans concertation avec des collègues, sans même en prévenir la famille ! Ce type – par ailleurs fragile mentalement - est sorti sous les applaudissements ! Et les jurés, comme les aplaudisseurs peuvent encore se regarder dans la glace ?

 

Peut-être ont-ils pensé à la souffrance des pauvres gens dans les angoisses ultimes de l'agonie ? Sensiblerie. Sous la pression de très nombreux imbéciles heureux, la justice populaire a statué sur la mise à mort des malades, des comateux, des vieux, des handicapés, des trop malades. Bientôt, sous Marine par exemple, pourquoi pas des trop moches, des trop bronzés, des trop récalcitrants à l’idéologie dominante « pour abréger leurs souffrances », bien sûr. Á la discrétion des autorités médicales ou à la demande des familles des « impétrants » à l’euthanasie. Euthanasie, tiens, en voilà un joli mot ! Ça fait savant, propre sur soi, pas comme ces vieux qui bavent, pissent et se chient dessus. Et qui coûtent si cher à la Sécu ! Pourtant, le meurtre par empoisonnement d’une personne, ça a un nom précis : ASSASSINAT ! Mais c’est pas joli.

 

Le jugement de Pau, s’il est confirmé en appel dans le procès qui s’ouvre aujourd’hui, fera jurisprudence. Il donnera à une corporation – les médecins – qui se croit déjà au-dessus des lois, le droit de vie ou de mort sur des personnes en état de souffrance et de vulnérabilité extrême. Il s’agit ni plus ni moins du rétablissement de la peine de mort mais décrétée non pas par un jury populaire et des juges professionnels, mais par un collège de toubibs et de personnes de l’entourage du « patient » ! La porte ouverte à toutes les magouilles ou les intérêts les plus sordides le disputeront à la vraie compassion.

 

On peut rétorquer : oui mais si le mourant a, lorsqu'il était lucide, demander la mort assistée et douce plutôt que la souffrance ?

 

En finir avec la vie, c'est facile d'en parler lorsqu'on est en bonne santé, fort et un peu bravache. C'est probablement différent dans les angoisses ultimes, non ? Et puis, cette mise à mort légale, est-ce à la demande du malade ou à celle de sa famille, de son entourage ? Il faut se méfier de ce premier réflexe qui se veut altruiste et compassionnel : abréger les souffrances du malade en accédant, voire en lui suggérant de mettre fin à ses jours.

 

Alors que faut-il faire ?

 

La loi Léonetti est une bonne loi. Encore faudrait-il l'appliquer. Il existe des moyens de rendre les derniers instants dignes et apaisés. Encore faut-il que le monde hospitalier se donne les moyens de ces indispensables soins palliatifs. Ce qui compte, avant tout, c’est d’abattre la souffrance, pas de tuer le souffrant. Seulement ça coûte des sous. Beaucoup de sous. Et des sous, y en a pas...

 

Derrière tout ça, il y a des calculs trop sordides pour qu'on les laisse apparaître au grand jour. C'est le culte du pognon de la société ultralibérale : élimination des gens qui ne seront plus productifs, économies conséquentes sur les retraites, remise à flot de la Sécu. Une journée d'hôpital coûte cher à la collectivité, donc en ces temps d'austérité, abréger la vie ou suggérer aux patients que ce serait mieux qu'ils cessent de vivre parce que leur vie est devenue indigne va faire faire à la société de substantielles éconocroques !

 

Tè ! Le mieux, c’est encore de ne pas mourir !

 

 

Illustration: merci à Konk