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01/11/2015

Ouiquinde gastronomique: le python aux bananes

 

femme et serpent.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La terrible Quouang Li, chinoise du Sinkiang

Régnait sur une armée de plus de cent ruffians

Qui trafiquaient l’opium dans le Triangle d’or

Où Karens et Méos plantent l’herbe de mort.

 

Debout sur un radeau de bambous assemblés,

Je traversais les jungles de ce pays troublé

Sur le fleuve Nam Ka aux eaux tumultueuses

Quand giclèrent vers moi des fruits de mitrailleuse.

 

Kalachnikovs braquées, des truands m’ordonnaient

D’accoster puis, canons dans le dos, m’emmenaient

Près de leur chef de bande. Je sentais la panique

 

Qui enflammait mes veines. Enfin voilà Quouang Li

Je dus plaire à la belle. Etais-je si exotique ?

Probable car le soir, elle m’ouvrit son lit !

 

Le python à la birmane

 

- Oh ! Victor, dans la tête faut avoir un fromage

Pour traverser tout seul ces pays de sauvages !

- Non mais il faut avoir envie de se trouver,

Car en voyageant loin, il faut bien l’avouer,

C’est soi-même qu’on cherche. Et pour se découvrir

Faire face au danger vaut mieux que discourir.

Ce jour-là, le danger, dans la jungle birmane

C’était les trafiquants que les opiomanes

Génèrent par leur vice en donnant du crédit

Au suc brun d’une fleur que la loi interdit.

Cent dangereux ruffians et autant de mulets

Transportaient en forêt tout l’opium volé

Aux paysans forcés de faire cette culture

Au détriment de celle procurant nourriture.

Bien entendu ces gens n’aimaient pas les témoins

Et flinguaient sans procès les intrus. Néanmoins

S’ils m’ont laissé la vie je le dois sans conteste

A la belle Quouang Li. L’amour a fait le reste…

C’est une moustiquaire qui nous servi d’alcôve

Avec pour ciel de lit une Kalachnikov !

J’ai honoré sa couche, cajolé ses appâts,

J’ai aussi, plusieurs fois, partagé ses repas.

D’abord, le riz gluant. C’est la base de tout.

On le bourre dans une section de bambou

Que chacun portera accrochée à l’épaule.

Pour les soldats Viêt-Cong, c’était tout un symbole.

On le mange en boulettes, avec sel et piment.

Quouang Li l’accompagnait, et j’en étais gourmand,

De grosses larves blanches qui fondent sur la langue

Avec un goût exquis de noisette et de mangue.

Puis quelques sauterelles amputées des élytres

Qui craquent sous la dent et ont un parfum d’huîtres.

Mais le met principal, le plat le plus dopant,

Le plus original, ce fut un gros serpent.

Un soldat marmiton nous l’amena bien vif,

Il l’écorcha vivant puis, comme apéritif,

Lui arracha le foie que Quouang Li pris en bouche

Et que nous partageâmes en un baiser farouche.

Puis, coupé en tronçons, il en fit un ragoût

Mêlé à des bananes. On retrouve le goût

De nos grosses anguilles ou bien de ces couleuvres

Que l’on mange en Camargue en guise de hors d’œuvres.

Pour accompagner ça, pas de Côtes-du-rhône

Mais la bière de riz, la boisson autochtone.

Dans une haute jarre, on met à fermenter

Du riz avec de l’eau. Quelques heures et c’est fait.

Un bambou évidé nous sert de chalumeau,

Lorsque le niveau baisse, on rajoute de l’eau.

Il faut boire beaucoup pour atteindre l’ivresse

Puis goûter, de Quouang Li, les savantes caresses…

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour les hors d'œuvre :

- 3 douzaines de grosses larves blanches de hannetons ou de cigales (on les trouve facilement dans les champs labourés et sous les écorces d'arbres abattus par la tempête), - 3 douzaines de sauterelles, ce sont les criquets de nos prairies, (pour les uns comme pour les autres, prévoir plus si les invités aiment, moins sinon...)

Pour le plat principal:

1 python de taille convenable (pas moins de deux mètres), à défaut une grosse couleuvre, - 2 douzaines de bananes, - huile d'olive, - 3 cuillers à soupe de carry Vinday (on le trouve dans toutes les boutiques asiatiques authentiques, mais rarement dans les grandes surfaces).

 

Les vins conseillés:

Évidemment, en pleine jungle, on se contente de bière de riz, mais ici, enfin! Rien en dessous de 14° ! Mais le choix reste large.

En vallée du Rhône: Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Châteauneuf-de-Gadagne, Saint-Gervais, Vinsobres, St-Maurice-sur-Aygues, Visan, Rochegude.

En vins du Languedoc et du Roussillon, Saint-Chinian, Fitou, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, Tourves, Brignoles, Sainte-Zacharie, Les Arcs, Bellet.

 

Photo X - Droits réservés

 

 

Commentaires

Ah ! celle-là est bien séduisante ! (Je parle de la recette.)

Aïoli à l'aqua-bar !

Écrit par : ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ | 01/11/2015

Le moins facile est de trouver un python. Évidemment, il a ceux que 'lon trouve en quicaillerie, mais c'est indigeste, ça reste sur l'estomac.
Ah là ya quoi au bar

Écrit par : victor | 01/11/2015

Les commentaires sont fermés.