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09/11/2015

COP 21. Les Humains sont de très mauvais Terriens…

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Il se décarcasse notre François. Il veut le réussir son « COP 21 », son grand raout sur le climat. « C’est bon ça, Coco. Si on réussit le coup, même à minima, qu’en plus le chomdu baisse un peu et – chut faut pas le dire ! – si Le Pen monte, c’est du tout bon ! ». Parce qu’on peine à le croire sincère notre plus célèbre scootériste de France. On a déjà entendu Chirac, en d’autres temps, asséner au monde que « la maison brûle et nous regardons à côté »…et ne rien faire pour éteindre l’incendie. Mouais, pas de procès d’intention, Victor.

 

François a demandé à Corinne Lepage de lui faire un rapport sur « Les droits de l’humanité ». Il faudrait aussi penser aux « devoirs de l’humanité », parce que si la maison brûle, c’est bien parce que « l’humanité » lapiniste a le feu au cul et la reproduction démentielle, non ? Corinne Lepage lui a remis son rapport intitulé « Déclaration Universelle des Droits de l’humanité » au mois de septembre. Cette proposition sera présentée par le président français aux Nations Unies. Gageons qu’on en parlera aussi à COP 21.

 

Ces « Droits de l'humanité » différent des Droits de l’homme parce qu’il passe du droit de l’individu à celui de l’espèce. Il s’agit d’établir le droit « pour tous les habitants de la Terre de vivre dans un monde dont le futur n’est pas compromis par l’irresponsabilité du présent ». Ces droits nouveaux impliquent le droit au développement, le droit à la paix (le recours à la force étant interdit en droit international sauf exceptions) et le droit à l'environnement. Ce qui permet de prendre en compte les intérêts des générations à venir en matière de politique environnementale. Ce texte – s’il ne tombe pas dans les limbes -  pourrait donner un fondement à toute action en matière de lutte contre les gaz à effet de serre, inviter à trouver un statut juridique aux réfugiés climatiques, impliquer le financement de l’adaptation aux changements climatiques.

Ces droits s’appuient sur quatre principes et énoncent six droits et six devoirs de l’humanité :

Les principes :

1 - Le principe de responsabilité, d’équité et de solidarité, intragénérationnelles et intergénérationnelles, exige de la famille humaine et notamment des Etats d’œuvrer, de manière commune et différenciée, à la sauvegarde et à la préservation de l’humanité et de la terre.

2 - Le principe de dignité de l’humanité et de ses membres implique la satisfaction de leurs besoins fondamentaux ainsi que la protection de leurs droits intangibles. Chaque génération garantit le respect de ce principe dans le temps.

3 - Le principe de continuité de l’existence de l’humanité garantit la sauvegarde et la préservation de l’humanité et de la terre, à travers des activités humaines prudentes et respectueuses de la nature, notamment du vivant, humain et non humain, mettant tout en œuvre pour prévenir toutes les conséquences transgénérationnelles graves ou irréversibles.

4 - Le principe de non-discrimination à raison de l’appartenance à une génération préserve l’humanité, en particulier les générations futures et exige que les activités ou mesures entreprises par les générations présentes n’aient pas pour effet de provoquer ou de perpétuer une réduction excessive des ressources et des choix pour les générations futures.

Les droits de l’humanité :

5 - L’humanité, comme l’ensemble des espèces vivantes, a droit de vivre dans un environnement sain et écologiquement soutenable.

6 - L’humanité a droit à un développement responsable, équitable, solidaire et durable.

7 - L’humanité a droit à la protection du patrimoine commun et de son patrimoine naturel et culturel, matériel et immatériel.

8 - L’humanité a droit à la préservation des biens communs, en particulier l’air, l’eau et le sol, et à l’accès universel et effectif aux ressources vitales. Les générations futures ont droit à leur transmission.

9 - L’humanité a droit à la paix, en particulier au règlement pacifique des différends, et à la sécurité humaine, sur les plans environnemental, alimentaire, sanitaire, économique et politique. Ce droit vise, notamment, à préserver les générations successives du fléau de la guerre.

10 - L’humanité a droit au libre choix de déterminer son destin. Ce droit s’exerce par la prise en compte du long terme, et notamment des rythmes inhérents à l’humanité et à la nature, dans les choix collectifs.

Les devoirs à l’égard de l’humanité :

11 - Les générations présentes ont le devoir d’assurer le respect des droits de l’humanité, comme celui de l’ensemble des espèces vivantes. Le respect des droits de l’humanité et de l’homme, qui sont indissociables, s’appliquent à l’égard des générations successives.

12 - Les générations présentes, garantes des ressources, des équilibres écologiques, du patrimoine commun et du patrimoine naturel, culturel, matériel et immatériel, ont le devoir de faire en sorte que ce legs soit préservé et qu’il en soit fait usage avec prudence, responsabilité et équité.

13 - Afin d’assurer la pérennité de la vie sur terre, les générations présentes ont le devoir de tout mettre en œuvre pour préserver l’atmosphère et les équilibres climatiques et de faire en sorte de prévenir autant que possible les déplacements de personnes liés à des facteurs environnementaux et, à défaut, de secourir les personnes concernées et de les protéger.

14 - Les générations présentes ont le devoir d’orienter le progrès scientifique et technique vers la préservation et la santé de l’espèce humaine et des autres espèces. A cette fin, elles doivent, en particulier, assurer un accès et une utilisation des ressources biologiques et génétiques respectant la dignité humaine, les savoirs traditionnels et le maintien de la biodiversité.

15 - Les États et les autres sujets et acteurs publics et privés ont le devoir d’intégrer le long terme et de promouvoir un développement humain et durable. Celui-ci ainsi que les principes, droits et devoirs proclamés par la présente déclaration doivent faire l’objet d’actions d’enseignements, d’éducation et de mise en œuvre.

16 - Les Etats ont le devoir d’assurer l’effectivité des principes, droits et devoirs proclamés par la présente déclaration, y compris en organisant des mécanismes permettant d’en assurer le respect.

 

Ce rapport ambitieux – dont on peut s’étonner qu’il n’est pas été proposé plus tôt – n’entrera pas dans les négociations COP 21, mais la présence en France de l’ensemble des responsables politique de la planète est une occasion formidable de le promouvoir afin d’aboutir à une adoption du texte par l'Assemblée générale des Nations unies courant 2016. Comme il s'agit d'une déclaration, et non d'un texte contraignant, il sera plus facile à faire adopter. Á très long terme cependant, la « Déclaration universelle des droits de l'Humanité » pourrait permettre d'édicter des textes contraignants pour les États.

Soyons positif car le pessimisme de la pensée n’empêche pas l’optimisme de l’engagement.

 

Illustration: merci à Michel Ange

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