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13/11/2015

Les toubibs en colère en remettent une couche !

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Les médecins, mais aussi les dentistes en remettent une couche ces jours-ci contre la réforme des professions de santé, avec en ligne de mire le retrait du « tiers-payant ». C'est-à-dire le fait que le médecin serait payé non plus par le patient mais par la Sécu et les mutuelles complémentaires. Ils n'en veulent pas. Pourquoi ? Peur de ne pas être payés, peur des retards de paiement, peur d'avoir trop de paperasses à faire. Ils ont peur aussi, mais ils ne le disent pas, que ce système permette aux patients de voir réellement le montant des dépassements d'honoraires le cas échéant !

 

Une étude réalisée par le Collectif Inter-associatif Sur la Santé (CISS), s'appuyant sur un sondage BVA réalisé au mois d'octobre 2015, devrait leur donner à réfléchir. Ce sondage concerne les « déserts médicaux ». En voici les principaux résultats :

 

- Les premières difficultés que rencontrent les Français pour consulter un médecin sont les délais pour obtenir un rendez-vous. 55% en tout et 62% en zone périurbaine.

 

- Plus de 70 % des Français ont eu des problèmes pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste dans un délai raisonnable. D'abord les ophtalmologistes, puis les dermatologues et les gynécologues.

 

- Face à l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous dans un délai ,raisonnable, 20 % sont allés aux urgences, 15 % ont renoncé à un soin et 10 % ont eu recours à l'automédication.

 

- Près d'un Français sur 5 (19%) a déjà eu recours à un médecin pratiquant des dépassements d'honoraires parce qu'il n'arrivait pas à obtenir de rendez-vous dans un délai raisonnable.

 

- 45 % des Français craignent les conséquences pour leur santé des difficultés à obtenir un rendez-vous médical.

 

- Une majorité des Français pensent que les déserts médicaux (60 %) sont d'abord la conséquence d'une mauvaise répartition des médecins sur le territoire plutôt qu'une insuffisance de médecins formés. Ce pourcentage grimpe à 80 % en zone rurale.

 

- Plus de 7 Français sur 10 (72 %) pensent que les pouvoirs publics devraient intervenir pour réguler la répartition des médecins libéraux sur le territoire. Une attente qui privilégie les mesures coercitives.

 

- 1/3 des Français seraient prêts à recourir à la téléconsultation (visioconférence par internet) auprès d'un spécialiste pour pallier l'insuffisance de médecins. Mais ils refusent à 80% ce système de téléconsultation concernant les généralistes.

 

Contrairement à ce qui existe pour d’autres professions libérales de santé, il n’existe aucun dispositif régulant l’installation des médecins par des critères d’encadrement tenant compte du rapport entre la densité médicale et la densité de population dans les territoires.

Pourtant, des dispositifs de ce type sont appliqués à d’autres professions de santé. Pour les infirmiers, dans le cadre d’un conventionnement avec l’Assurance maladie qui prévoit notamment qu’un infirmier envisageant de s’installer en exercice libéral dans une zone « surdotée » ne le peut que si un infirmier libéral cesse son activité dans cette même zone. Pour les pharmaciens, l’installation d’une nouvelle officine dans un territoire est conditionnée à une autorisation administrative délivrée par l’Agence régionale de Santé en fonction du nombre d’habitants. 

Des solutions existent. L'encadrement de l'installation des médecins en est une. Ce sondage montre que les Français sont 7 sur 10 à considérer à la fois que les règles de répartition des médecins sur le territoire ne prennent pas assez en compte les besoins des patients, mais aussi que les pouvoirs publics devraient intervenir pour réguler cette répartition.

Les médecins qui se crispent sur des positions corporatistes devraient songer un peu plus à ce que souhaitent leurs patients, pardon, leurs clients...

Et rappelons-leur encore une fois que leurs études ayant été payées par la collectivité, il ne serait pas « anormal » qu'ils renvoient un tant soit peu l'ascenseur en acceptant une répartition territoriale plus conforme avec les besoins de leurs patients (pardon, de leurs clients).

 

Illustration X - Droits réservés

Commentaires

Il y a très longtemps les médecins ne réclamaient pas d'argent (serment d'Hippocrate)!

Écrit par : Eymery | 13/11/2015

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