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23/11/2015

« Formez vos bataillons ! » Le retour du Service militaire ?

révolution tableau nichons drapeau.jpg

 

Depuis ce vendredi 13 de malheur, dans les plis du drapeau tricolore revigoré, on entend retentir partout, dans les stades, dans les rues et même à l'étranger les paroles de ce chant de route des volontaires du Midi qui, à la révolution, remontaient depuis Marseille vers la capitale pour défendre le sol de la France foulé par les soudards des armées étrangères. Depuis une dizaine de jours, on nous conseille, on nous incite, on nous enjoint, on nous conjure de « former nos bataillons » et de « marcher, marcher » afin que ce fa(u)meux « centguimpur » puisse étancher la soif de nos sillons !

 

Pour cela, pour crier « Aux armes, citoyens !  », et puisque « nous sommes en guerre » comme nous le répètent sans cesse notre président comme son premier ministre, peut-être faudrait-il revenir à cette notion de « la Nation en armes », de l'armée citoyenne contrairement à l'armée professionnelle. L'armée citoyenne, l'armée des conscrits qui – ne l'oublions pas – est garante de la loyauté de l'Armée et l'a prouvé notamment lors du putsch des généraux il y un demi siècle en Algérie et en France.

 

Le service militaire n'est pas supprimé mais seulement suspendu par Chirac. Faut-il y revenir ?

C'était un temps de rencontre entre la nation et sa jeunesse. Le Service militaire avait un rôle de creuset social de cette nation. Il mettait en contact des individus venant de cadres sociaux différents, d’éducations différentes, de religions différentes ou de pas de religion du tout. Il faisait vivre ensemble quotidiennement, pendant des mois, des jeunes qui autrement n'auraient jamais eu l'occasion de se rencontrer...et de se connaître, de s'apprécier dans des conditions de vie similaires, face à des problèmes à résoudre communs, en butte éventuellement à une adversité identique, fusse-t-elle la konnerie d'un chien de quartier vindicatif !

 

Tous râlaient contre ce foutu service qu'ils considéraient comme du temps perdu, des mois de belle jeunesse confisquées. Pourtant ce temps, après coup, laisse à tous des souvenirs positifs, la mémoire de moments heureux vécus en commun. Ah ! Les copains de régiments ! Ils se sont aussi découverts capables de faire des choses qu'ils n'osaient imaginer en matière de sport et d'activités physiques : sauter en parachute, escalader des montagnes, faire de la plongée sous-marine, etc. Ils découvraient aussi les règles de la vie en commun, le respect des autres et de la hiérarchie, surtout la force de la cohésion, de la solidarité, de l'entraide, de l'esprit d'équipe.

 

L'adversité affrontée en commun balayait leurs préventions, leurs idées préconçues, leurs vantardises de matamores. Une marche de 40 km de nuit, sous la pluie, dans le froid et la gadoue leur montrait que pour s'en sortir, il valait mieux savoir lire une carte et utiliser une boussole que faire des rodéos pétaradants avec une bagnole « empruntée » dans les cités. Ils apprenaient alors que le chef, ce n'est pas celui qui fait le beau au volant d'une grosse bagnole acquise avec le pognon pourri de la drogue, mais celui qui a la compétence et en qui on peut faire confiance pour vous sortir d'un mauvais pas. Ils apprenaient que la vitesse de marche d'une section est celle du plus faible. C'est donc celui-ci qu'il fallait aider, soutenir, pour être plus efficace. De plus, ils y passaient, gratuitement, le permis de conduire et certains y apprenaient un métier. Ce temps du service militaire apportait des référents forts. Il était une école de la fraternité à la dure, un outil efficace d'intégration et d'éducation à la citoyenneté.

 

Ces référents, cette citoyenneté comprise et acceptée était forgée par quatre outils : - la famille d'abord, - l'école de la République, - l'usine et les syndicats, - enfin le service militaire.

 

La famille a trop souvent abdiquée. L'usine est de plus en plus rare et les syndicats douloureusement affaiblis. Le service militaire n'existe plus. Ne reste que l'école qui, malgré les efforts d'un personnel enseignant dans sa grande majorité plein d'abnégation et de bonne volonté, ne peut pas tout faire.

 

Dès lors, ne conviendrait-il pas de réfléchir au retour du service militaire obligatoire, filles et garçons – et pas un service civil sur la base du volontariat ? Puisqu'on parle de la création d'une Garde Nationale, elle serait tout naturellement là, dans cette conscription nouvelle manière.

 

D'accord ? Pas d'accord ?

 

« J'veux pas l'savoir ! Gaard'vous ! R'pos. Pouvez fumer » (Ah non, merde, ça c'est interdit maintenant.)

 

Commentaires

"...des jeunes qui autrement n'auraient jamais eu l'occasion de rencontrer des VAHINE...et de connaître la POLYNÉSIE...". Tu as raison, Victor, c'est une excellente école. Et puis, nos ancêtres ont fait la révolution pour cela "L'armée du peuple". Mais la France a-t-elle le fric pour financer ?

Écrit par : Pierre Carabasse | 23/11/2015

C'est vrai que ce serait un investissement assez important mais certainement rentable même à court terme. En tout cas j'y crois.

Écrit par : Pascal | 23/11/2015

Une armée de conscription est inutile, obsolète, ce n'est vraiment pas une bonne idée militairement parlant, quant à l'idée du service qui forme un homme, l'intègre dans une communauté je vous conseille de lire ou relire l'excellent livre d'Yves Gibeau : "Allons z'enfants".

Écrit par : wilfrid | 23/11/2015

filles et garçons
un rituel de passage
où on passe son permis de conduire
où on forme des secouristes
etc. des citoyennes, des citoyennes au sens propre

Écrit par : bonnal | 24/11/2015

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