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31/05/2016

Alors, cette Sixième République, ça vient ?

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Comment a-t-on pu, dans cette vieille démocratie qu'est la France, élire deux fois de suite, et pour cinq longues années dévastatrices pour le pays chaque fois, deux personnages – Sarkozy puis Hollande - qui se sont avérés être la quintessence de la nullité, de la fourberie, du mensonge ? Et comment peut-on imaginer que dans moins d'un an maintenant, ces deux mêmes nullards puissent de nouveau se présenter, sans vergogne, devant les suffrages des Français ?

On touche là, dramatiquement, les tares de cette cinquième république faite pour un géant et salopée par des cloportes. Une réponse évidente vient à l'esprit : il faut en changer. Aux oubliettes la cinquième, place à la sixième. Oui mais laquelle ? Faite par qui ? Avec qui ? L'un des principaux chantres de cette république nouvelle est Jean-Luc Mélenchon. Quelle en est son approche ? Voici donc la tribune qu'il a publiée à ce sujet dans le quotidien Le Monde il y a quelques mois :

« Abstrait le débat sur la 6e République ? Voyons. La France doit se protéger des pouvoirs de la finance. Ils dévorent l'économie réelle, qui ne peut supporter l'exigence de tels niveaux de rendement. Alors, un euro investi pour dix ans ne devrait pas avoir le même pouvoir de vote qu'un euro placé sans engagement de durée. Face à la désindustrialisation, ne serait-il pas opportun d'instituer un droit de préemption pour les salariés qui veulent reprendre leur entreprise quand son propriétaire la vend ou l'abandonne ? Un pays aussi instruit que le nôtre ne devrait-il pas miser d'abord sur l'intelligence collective des salariés d'une entreprise pour en conduire la stratégie et la marche ?

Eux, plutôt que le seul PDG et sa suite dorée de cadres financiers obsédés par leurs stock-options. Surtout depuis que ces derniers commandent à la place des ingénieurs de production ! Comment créer un cercle vertueux du partage de la richesse, sinon en instituant un salaire plafond tel que le plus haut ne puisse être plus de vingt fois supérieur au plus bas dans la même entreprise ?

Pour tout cela, la définition des droits constitutionnels de la propriété privée du capital devrait changer. D'un droit sacré inaliénable, il doit devenir un simple droit d'usage, encadré par les servitudes de l'intérêt général. Sans cela, comment accroître la rémunération du travail qualifié et réduire le coût du capital dans la production ? La reconnaissance due au travail et à l'imagination créatrice est l'urgence. Ce n'est pas un choix de circonstance ni même idéologique. Car la production et l'échange doivent impérativement changer de méthode. Il faut relever le défi des conséquences du changement climatique, de l'augmentation de la population et de la compétition pour l'accès aux ressources.

La France peut montrer l'exemple. Elle peut s'occuper de son domaine maritime, le deuxième du monde, et y ancrer la conversion de son modèle de production en vigueur à terre. Elle ne doit pas l'abandonner aux appétits prédateurs et irresponsables des compagnies privées pour qui la mer est déjà une poubelle. Il y faudra beaucoup de moyens.

Or l'arbitrage entre investissement et dividendes s'opère spontanément au profit des seconds. Ils imposent le règne du temps court et de l'intérêt particulier sur les besoins du temps long, celui de l'intérêt général ! Comment protéger les droits du temps long que la planification écologique exige ? Comment mettre au défi tous nos ingénieurs pour qu'ils trouvent le moyen de respecter la « règle verte » qui impose de ne pas prendre à la planète davantage que son pouvoir de récupération ?

Encore une fois, c'est l'inscription dans la Constitution qui fixera cet impératif comme une règle commune opposable aux aléas des majorités et des circonstances au nom de l'intérêt général humain. C'est elle qui donnera leur place essentielle aux lanceurs d'alerte et aux délégués environnementaux dont une république moderne a besoin à l'ère de l'anthropocène. Il n'est de domaine où les avancées de la connaissance et les fruits de l'expérience ne commandent d'inscrire de nouvelles dispositions dans les objectifs des institutions politiques. Et cette inscription provoquera une mutation en grappe des normes en vigueur dans toute l'organisation sociale.

Par exemple, la France doit interdire la brevetabilité du vivant. Et assurer l'égalité d'accès au Net. Elle devrait garantir l'absolue et définitive souveraineté sur soi en constitutionnalisant le droit à l'avortement et celui d'être aidé pour accomplir sa propre fin quand on en a décidé. La souveraineté qui se noue ainsi au corps est le point de départ de celle qui se cherche dans l'ordre politique. C'est le rôle du peuple. Quel rôle ? Celui qui est au point de départ de toutes les communautés humaines de l'histoire : assurer sa souveraineté sur lui-même et sur l'espace qu'il occupe.

Depuis 1789, nous définissons la citoyenneté comme la participation de chacun d'entre nous à l'exercice de cette souveraineté, sous l'empire de la Vertu. C'est-à-dire dans l'objectif de l'intérêt général. A présent tout cela est effacé. L'intérêt particulier de la finance et la main invisible du marché sont réputés produire le bien commun comme le foie sécrète la bile. La règle de la concurrence libre et non faussée est décrétée spontanément bienfaisante.

Mise au service du libre-échange, elle serait indépassable. Le peuple est invité à s'en remettre aux experts sur la façon la mieux adaptée de généraliser ces principes. La 5e République est le système qui organise ce détournement du pouvoir. Pour y parvenir, elle a été réformée vingt-quatre fois depuis sa création. Depuis, une construction gothique dilue la souveraineté du peuple dans les sables de la monarchie présidentielle. Le reste est refoulé par l'opaque mécanique des institutions européennes. Lesquelles protègent avec soin le saint des saints, c'est-à-dire le pouvoir financier confié à la Banque centrale européenne. Elle seule est souveraine en dernier ressort.

Une nouvelle démocratie est donc nécessaire. Exemple : comment garantir le droit du peuple à exercer sa souveraineté, même entre deux élections ? Le référendum révocatoire en cours de mandat le permet. Si un nombre prédéfini de citoyens le demande, un référendum est organisé pour savoir si un élu peut garder son mandat ou être déchu. Cette procédure s'appliquerait à tous. Donc aussi au président de la République. Si, selon les sondages (IFOP, réalisé du 8 au 9 septembre), 62 % des Français souhaitent qu'il s'en aille plus tôt que prévu, il faut que cela soit possible sans barricades.

Sinon ? Du banquier central européen au monarque-président, le système de commandement est d'une implacable rigidité. Il implosera. Non pour des raisons idéologiques. Juste parce qu'il est inapte à régler les problèmes du grand nombre. Inapte du fait de ses principes et du personnel qu'il doit recruter pour les assumer. Avec une assemblée constituante, le peuple écrira une autre histoire : celle de la 6e République.

Voilà pourquoi j'appelle à signer pour la 6e République sur www.m6r.fr »

 

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30/05/2016

Tafta entre USA et U.E., APE entre Europe et Afrique : la raison du plus fort…

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Les jocrisses, les bien-pensants, les tartuffes s'horrifient – à juste titre – de ces centaines, de ces milliers de femmes, enfants, hommes attirés par le miroir aux alouettes de l'eldorado européen et qui après avoir engraissés les maquereaux-passeurs finissent en patapon pour requin et crabes de la Méditerranée.

Parce qu'il faut savoir pourquoi ils partent de toute l'Afrique en une migration suicidaire vers le Nord, vers ce continent européen que les séries télés, les films, les magazines leur montre comme le paradis, la bonheur consumériste à la portée de tous. On ne leur montre pas les milliers de sans-abris et de sans-dents, de chômeurs, de grévistes. On s'efforce de leur cacher les bateaux surchargés qui chavirent, jetant à la mer, dans le froid de la nuit, leur cargaison dérisoire d'espoirs déçus, de vies perdues. Pourtant ils veulent malgré tout venir…

S'ils fuient l'Afrique, c'est parce qu'ils sont victimes, chez eux, du pillage des richesses de leur continent part les entreprises multinationales internationales, et en particulier européennes. Ceci étant le résultat d'accords économiques léonins, d'inspiration ultra libérale. On les appelle les A.P.E. (accords de partenariat économique), proposées par l'Union européenne à l'Afrique. Ces accords sont entre l'Union européenne et l'Afrique ce que les accords Tafta sont entre les États-Unis et l'Europe : des traités de vassalisation organisant le pillage du plus faible par le plus fort. Vis à vis des États-Unis, nous sommes les victimes, vis à vis de l'Afrique, nous sommes les bourreaux.

De l’esclavage à la colonisation et de celle-ci à la mondialisation, nous sommes en face de la même logique : décider pour les Africains (et d’une manière toujours conforme aux intérêts de l’Europe) la manière dont ils doivent exister face au reste du monde. La seule différence entre hier et aujourd’hui réside dans la nature des gadgets avec lesquels la lucidité de l’Africain est assommée : aux pacotilles ont succédé les « attestations » de leadership délivrées par l’Europe à des chefs d’État africains qui se disputent sans gêne la reconnaissance de l’homme blanc et de son système politico-économique. Ce qu’il y a surtout à redouter aujourd’hui au sujet de ces APE et de la lecture qu’en fait l’Afrique c’est essentiellement une stratégie de déconstruction des zones économiques et monétaires ou tout bonnement une décomposition de l’Union africaine par l'alignement d'un cartel de chefs d’États corrompues sur les ambitions impérialistes de l'U.E.

L’Afrique n’a absolument rien à gagner dans les APE : la Côte d’Ivoire a beau espérer vendre son cacao, mais elle doit savoir qu’elle ne maîtrise guère ses cours mondiaux et la technologie de transformation dont elle dispose est tellement rudimentaire que sa matière première pourrait lui être achetée et revendue moins chère. Le Sénégal n’a que son huile d’arachide que personne ne veut plus consommer en Europe et dont le cours a été fortement déprécié par les autres huiles. Le bois brut gabonais ne peut nullement contrebalancer la perte de devises qu’entraînerait l’ouverture des frontières gabonaises à l’UE. De toute façon la question que soulèvent les APE n’est pas fondamentalement une simple question économique : c’est une question de justice, d’équité et de morale universelle, et pour cette raison, c’est un combat que l’Afrique peut et doit mener avec tous les autres hommes et toutes les autres régions économiques de cette planète.

Tout comme les Etats-Unis font avec elle avec le Tafta, l'Union européenne exerce des pressions sur les pays africain argumentant que « l'aide au développement » pourrait diminuer drastiquement en cas de refus de signer. C'est du chantage. Il n'en a pas toujours été ainsi. Ainsi en 1963, la convention de Yaoundé (Cameroun) portait sur le commerce mais avec des préférences tarifaires non réciproques an faveur des produits des 18 états concernés, sur la coopération financière et technique et sur des projets d'infrastructures économiques et sociales. Plus tard, en 1975, la convention de Lomé (Togo), fondée sur le partenariat et la solidarité, était signé avec un groupe de 46 pays. De 1984 à 1995 vont se succéder les conventions Lomé III, IV et IV bis, qui concernent finalement 70 pays. Mais peu à peu, les accords s’imprègnent des thèses néolibérales émergentes.

Après la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995, la nécessité de « s’insérer dans l’économie mondiale » devient la priorité. L’Union a choisi d’imposer les règles de l’OMC aux pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) plutôt que de s’associer à eux pour les rendre plus équitables. Elle a choisi de faire perdre aux pays les moins avancés (PMA) de la zone ACP (40 sur 77) les dérogations que leur accordent les règles de l’OMC lorsqu’ils ne signent pas d’accords de libre-échange. Les préférences tarifaires non réciproques doivent disparaître. Elles ne sont en effet pas compatibles avec les règles de l’OMC qui imposent la réciprocité : les pays ACP doivent s’ouvrir aux produits européens de la même manière que le marché communautaire s’ouvre aux produits ACP. Ce sont les accords de Cotonou où l'on passe du respect de la souveraineté au dogme de la « croissance » que favoriserait (!!??) un marché « libéré » des obstacles à la concurrence. Dans les négociations, la Commission, négociateur unique au nom des Etats membres de l’Union, en a imposé la langue, le contenu et le rythme, en dépit des protestations des gouvernements ACP. Les documents sont rédigés en anglais, et les discussions ont lieu dans cette langue. Or les pays concernés d’Afrique, qui représentent 94 % de la population ACP, ont, très largement, le français comme langue véhiculaire. Bonjour la francophonie l'influence de la France en Europe…

Séparer pour mieux régner est la devise de l'U.E. Elle divise ainsi les ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique autrement dit les anciennes colonies) signataires des accords de Lomé en six régions :Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Afrique de l’Est et Corne de l’Afrique, Afrique australe, Caraïbes et région Pacifique. Et elle négocie avec chaque sous ensemble séparément. Pour la Commission, il ne s’agit pas de traiter les pays ACP en partenaires, mais bien d’organiser leur mise en concurrence, c’est-à-dire, selon la formule désormais consacrée, de les « intégrer dans le commerce mondial ». Les négociations visent à remplacer les mécanismes de solidarité des conventions de Lomé par la concurrence économique et commerciale orchestrée par l’OMC. La convention de Cotonou contraint ainsi des économies faiblement développées à affronter sur un pied d’égalité les entreprises des pays les plus riches. La vision du monde que propage désormais l’UE, à l’instar des États-Unis, s’organise autour de l’idée dominante de compétition.

L'U.E. ressert le discours des lobbies patronaux selon lequel les dérégulations favoriseraient les investissements. Elle exige donc la suppression des restrictions aux investissements dans le domaine des services. Il s’agit, en fait, d’interdire à ces pays de choisir eux-mêmes les investisseurs étrangers et de définir quel type de société ils entendent construire. Elle exige la concurrence, dont il faut assurer, selon une expression digne du traité constitutionnel européen, le caractère « libre et non faussé » ; les marchés publics, où elle entend qu’entreprises étrangères et entreprises nationales soient traitées sur un pied de stricte égalité ; et enfin l’investissement, où elle réclame une dérégulation des régimes en vigueur dans la plupart des pays ACP.

Les firmes européennes entendent opérer en toute liberté là où elles investissent, et tirer le profit maximum de l’absence d’exigences salariales, de législations sociales et de contraintes environnementales.C'est le renard libre dans le poulailler...

Mais la résistance s'organise. Ainsi en 2004, à Maputo (Mozambique), des centaines d’associations africaines, réunies à l’invitation de Third World Network Africa, un des réseaux altermondialistes les plus actifs, adoptent la déclaration de Maputo. Véritable document fondateur de la résistance africaine à la recolonisation par le libre-échange, elle dénonce les APER https://www.qwant.com/?q=afrique+APER&client=opensearch comme un instrument de la domination européenne sur les marchés émergents ; comme une agression contre les droits à l’autodétermination et à la souveraineté sur les ressources et les capacités des États ; comme une volonté d’exacerber les tensions entre sous-groupes africains et comme une négation des préoccupations légitimes des pays africains demandant un changement des règles de l’OMC. Reprise par le Forum social africain (Lusaha, décembre 2004), elle appelle à une transformation radicale des relations entre l’Europe et les pays ACP, fondée sur un principe : l’émancipation des peuples africains doit être leur propre œuvre.

A l'approche de la signature ou non des APE (dans les jours qui suivent), dans les pays d'Afrique concernés, des manifestations se multiplient - Pétitions, action d'information des populations, mobilisation des citoyens pour interpeler les députés, les collectivités locales, les administrations - contre la signature imminente de ces accords APE. Et leur logique de recolonisation déguisée de l'Afrique.

Tafta, APE, même logique de la loi du plus fort, mêmes combats à mener.

 

 

 

Sources et liens :

http://www.pressafrik.com/LES-APE-ou-la-logique-d-une-recolonisation-deguisee-de-L-Afrique_a149779.html

http://www.monde-diplomatique.fr/2005/02/JENNAR/11912#tout-en-haut

http://www.senxibar.com/Accords-de-partenariat-economique-ACP-UE-La-coalition-Non-aux-APE-demande-a-l-Etat-de-suspendre-sa-signature_a35645.htm

http://www.acp.int/fr

http://www.monde-diplomatique.fr/2005/02/JENNAR/11912#nb11

 

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29/05/2016

Gastronomie: en ces périodes de pénurie, faites le plein des sens

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La soupe au pistou

Comment peut-on servir, les soirs de canicule
Une soupe brûlante sans être ridicule?
Et pourtant, en Provence, terre où l'on ose tout,
Il en existe une: c'est la soupe au pistou.
Nous l'avons héritée de nos amis niçois,
Eux-mêmes la tenant de nos cousins génois.
C'est vrai que de chez nous, l'Italie est bien proche,
Le cœur, les chants, le goût, presque tout nous rapproche.
"Pistar", c'est "écraser" en langue provençale.
Et le fameux "pistou" dont chacun se régale
C'est l'ail, le basilic, le fromage mêlés
Dans le mortier de marbre, et simplement pilés.
Le basilic, chez nous, ce n'est pas le "pistou"
Mais c'est" lou balicot ". Voilà. Un point, c'est tout!
- Oh ! Doucement, Victor! Tu as les arcanettes ? (1)
Respire, bois un coup et dis-moi ta recette!
- Tu as raison, petit, fais péter le bouchon!
Pour une bonne soupe, il te faut du cochon.
Une couenne, un pied, un petit jambonneau
Que tu vas nettoyer et que tu mets en eau
Froide dans un faitout, puis que tu fais bouillir.
Tu laisses demi-heure et souvent tu écumes.
Pendant que ça cuira, épluches tes légumes:
Des haricots blancs, verts, rouges. Et sans mollir.
Quatre grosses courgettes, quatre belles tomates
Mondées, épépinées, et cinq ou six patates.
Dans ta viande qui bout, met tes légumes entiers,
Sale et fais cuire une heure. Prépare ton mortier.
Du sel, dix gousses d'ail, deux pieds de basilic,
Qu' avecque ton pilon, cet emblème phallique,
Tu écrases en pommade. En tournant vivement
Verse l'huile d'olive, et ne soit pas feignant.
Rajoute trois tomates pelées, mondées, hachées,
Enfin du parmesan ou de l'edam rapé.
Vérifie si la viande est correctement cuite,
Et rectifie le goût. Écoute bien la suite:
Avec une écumoire, sort patates, courgettes
Que tu vas écraser avec une fourchette.
Elle te serviront de liant pour ta soupe.
Enfin tu mets les pâtes. Pour pas que tu les loupes
Tu les tastes souvent et tu les cuis" al dente".
Quand c'est prêt, hors du feu, dans l' oulo qui chuinte,
Introduit ton pistou en mélange homogène
Directement à table, comme l'on fait à Gênes.
Respire ce parfum d'ail et de balicot,
Qui transcende cochon, tomates, haricots!
Cette soupe est un plat complet à elle seule,
Qui ravit les gourmets et les plus fines gueules.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Pour la soupe: - 1 couenne, - 1 pied, - 1 jambonneau de cochon, - 150 g de haricots blancs secs, - 100 g de haricots rouge (ces haricots seront mis à tremper une nuit), - 500 g de haricots verts frais, - 4 ou 5 belles courget-tes non pelées, - 4 ou 5 tomates (saint-pierre si vous en trouvez), - 5 ou 6 pommes de terre, - 500 g de pâtes genre petits macaronis, - 3 litres d'eau, - 2 cuillerées de gros sel de Camargue.
Pour le "pistou" : - 2 pieds de basilic à grandes feuilles, - 10 gousses d'ail, - 1 cuillère à café de sel fin, - 200 g de parmesan ou d'edam rapé (évitez le gruyère qui fait trop de fils), - 2 décilitres d'huile d'olive.

Les vins conseillés:

La soupe au pistou est un plat très parfumé qui se sert très chaud, en période estivale! Il faut donc l'accompagner d'un vin frais, léger, gou-leyant et, lui aussi, parfumé. Les vins rosés sont parfaits.
En Côtes-du-Rhône: rosés de Tavel, de Chusclan, de Travaillan, de Camaret, de Suze-la-Rousse, du Ventoux, du Luberon, des Costières-de-Nîmes, de Saint-Désirat, de Bouchet, de Nyons, de Bollène, de Roaix, de Saint--Pantaléon-les-Vignes.
En Coteaux du Languedoc: rosés de Cabrières, de Faugères, des Corbières.
En vins de Provence: les rosés de Pierrefeu, Brignoles, La Selle, Ollières, Saint-Zacharie, Tourves, Tavernes.

(1) Avoir les arcanettes .. faire preuve d'une certaine irritation.

 

 

Illustration originale Vincent Barbentan

28/05/2016

Les belles bacchantes de tonton Georges

brassens à table.jpg

 

Les Bacchantes 

 

La mauvaise rencontre 
Faite par le curé,
 
Les moines la racontent
 
Dans tous les prieurés.
 
Elles étaient cinquante,
 
Elles pressaient le pas.
 
Elles étaient bacchantes,
 
Elles allaient en sabbat.

 

Un brave pêcheur d’âmes 
Qui les a vues passer
 
Se dit : « Les pauvres dames
 
Faut les exorciser !

De leurs âmes fragiles 
Faut déloger Satan ! »
 
Avec ses Evangiles
 
Il partit à l’instant.

 

Dès qu’elles aperçurent 
L’envoyé de Jésus
 
Hurlantes de luxure
 
Elles ont sauté dessus.

Avecque leurs dentelles 
Les mains, elles lui nouent
 
Devant chacune d’elles
 
Il fut mis à genoux.

 

Mon Dieu ! Qu’un ange passe… 
Il servit à l’envi
 
La messe la plus basse
 
De sa très sainte vie.

- D’où reviens-tu, mon frère 
En ce piteux état ?
 
- Je reviens du calvaire;
 
D’en haut du Golgotha!

 

Frère ne soit pas triste! 
Ton calvaire après tout,
 
Près de celui du Christ
 
Nous paraît assez doux.

Prête-moi ta soutane, 
Que sans perdre de temps,
 
Je coure vers ces dames,
 
Qu’elles m’en fassent autant.

 

On dit que les bacchantes 
Allaient en escadron,
 
Qu’elles étaient cinquante :
 
Ça fait un compte rond.
 
Elles étaient bacchantes
 
Allaient en escadron.

 

Georges Brassens

 

Photo X - Droits réservés

 

 

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27/05/2016

Obama à Hiroshima. Des excuses, au bas mot ? Même pas cap...

 

 

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Reconnaissons-lui cette vertu : il est le premier président des Etats-Unis à avoir le courage d'affronter le regard des habitants d'Hiroshima, même s'il ne reste plus beaucoup de survivants. Pour l'aider dans sa prise de conscience, rappelons-lui ces minutes parmi les pires que l'Humanité ait connues.

Il faisait un grand soleil ce matin-là sur Hiroshima. Yoko venait juste de prendre son service à l’hôpital Shima, en plein centre ville. Ouvrant en grand les fenêtres du dortoir des contagieux, elle laissa aller un regard sur la ville puis, entendant un bruit d’avions, elle leva les yeux vers le gouffre  du ciel. Un dernier regard… Alors, de la voûte azurée des cieux fondirent sur sa ville, en une explosion de mille soleils,  les chevaux de l’apocalypse…

Dans le ciel radieux de ce 6 août 1945 autour de huit heures du matin, trois bombardiers américains B-29 Superfortress arrivaient sur la ville. « Enola Gay », « The great Artist » et « Necessary Evil ». Ils étaient partis vers 2 h 45 de l’île Tinian, occupée par les forces américaines, dans le Pacifique. Aux commandes du premier appareil, un solide gars de l’Illinois, Paul Tibbets, 40 ans. C’est lui qui avait baptisé son bombardier du nom de sa mère. Ça porte bonheur disait-il… Ça dépend pour qui. Dans sa soute : « Little Boy »… Un « petit garçon » ventru que le capitaine William Parsons arma précautionneusement dans l’heure suivant le décollage…

A 8 h 15, les trois appareils arrivèrent à la verticale de l’hôpital Shima, à un peu moins de 10.000 mètres d’altitude. Les équipages avaient chaussé des lunettes de précaution spéciales. Pour un dernier regard…

A 8 heures 16 minutes et 2 secondes, « Little Boy » était largué. Le « petit garçon » brillant fonça vers le sol. 43 secondes de chute puis des capteurs d’altitude et d’autres dispositifs automatiques déclenchèrent la mise à feu, à 580 mètres d’altitude.

Dans les premières microsecondes, l’énergie libérée par la réaction nucléaire se fit essentiellement sous forme de rayons γ et de neutrons. Ces rayonnements étant absorbés par l'air en quelques mètres, un dégagement de chaleur eut lieu, la température dépassant localement le million de degrés Celsius. Cet air surchauffé forma alors une "boule de feu" (masse sphérique de gaz incandescents) de quelques dizaines de mètres. Se comportant comme un corps noir, elle émit un rayonnement thermique intense, d’abord sous forme de rayons X. L’atmosphère étant peu transparente à ces derniers, ils furent réabsorbés en quelques mètres. Dans les millisecondes qui suivirent la boule de feu se dilata et se refroidit. Son rayonnement thermique « glissa » vers l’ultraviolet, la lumière visible et l’infrarouge. L'air étant transparent à ces longueurs d'onde, le rayonnement thermique pût alors se propager à plusieurs dizaines de kilomètres. En quelques secondes, la boule de feu qui continuait de se refroidir atteignit son diamètre maximal — autour de 2.2 km en 10 s pour 1 Mt. Cette dilatation ayant lieu initialement à vitesse supersonique, elle généra une onde de choc suivie d'un effet de souffle. Par convection, la boule de feu s'éleva rapidement du fait de sa chaleur. En se refroidissant, elle cessa d'émettre de la lumière visible et donc cessa d'être incandescente. L’explosion généra d’énormes quantités de vapeur d'eau, de poussières et de débris qui se condensèrent,  formant le sommet du sinistre champignon atomique. Il atteignit la stratosphère, à environ 20 km d'altitude et s'écrasa horizontalement sur quelque 35 Km de diamètre…

Au sol, là où était quelques secondes plus tôt la ville de 350.000 habitants, de dessous une lourde dalle, un gros scorpion sortit, queue recourbée et dard tendu. Il avait résisté sans encombre à la Bombe, lui…

Ouais, dit la propagande des vainqueurs, mais le feu atomique a permis de terminer très vite la guerre avec les Japonais, évitant ainsi des milliers de vies (sous-entendu « de soldats étazuniens »). Sauf que c'est loin d'être vrai.

C'est de Postdam, en pleine conférence entre les alliés (Etats-Unis, Grande-Bretagne, URSS) que Truman, qui avait succédé dans la douleur à Roosevelt, donna l'ordre de larguer la bombe. Ce n'était pas nécessaire puisqu'un pacte secret stipulait que les Russes retourneraient l'essentiel de leurs forces du front allemand contre le Japon au plus trois mois après la capitulation allemande. Ce qui fut fait le 2 aout. Mais, de peur de voir le Japon tomber dans l'orbite soviétique avec l'arrivée de l'Armée rouge, les Etatsuniens avaient promis de garder la dynastie impériale. L'Empereur avait donc intérêt à capituler le plus tôt possible, et devant les États-Unis plutôt que devant l'URSS qui aurait balayé sa clique médiévale. 

Seulement ll fallait faire la démonstration à "l'allié" soviétique de la suprématie des armes étasuniennes. La démonstration à coûté 300.000 morts...

Quant à la bombe de Nagasaki, elle était d'une autre technologie. Il fallait donc aussi tester cette bombe.

Ainsi les habitants d'Hiroshima ont été sacrifiés sur l'autel de l'intimidation d'un allié ! Quant aux habitants de Nagasaki, ils ont été sacrifiés pour satisfaire l'ego de quelques savants fous...

De tels agissement ont un nom: crimes de guerre. Mais les crimes de guerre, c'est pour les vaincus, jamais pour les vainqueurs...

 

Photo X - Droits réservés.

 

26/05/2016

Les canards laquais bouillonnent pour avoir refusé une tribune de M. Martinez de la CGT !

 

Tout ça pour ça ? Est-ce que ça valait la peine de perdre des monceaux de pognon pour obéir aux diktats des propriétaire de ces journaux qui n'ont plus rien à voir avec des patrons de presse ? Rien de bien révolutionnaire pourtant dans cette tribune. Qu'on en juge :

« La modernité, c'est le progrès social, pas la loi travail.

Martinez CGT.jpeg

Depuis l'annonce de son projet de loi dit travail, le gouvernement a refusé toute forme de concertation avec l'ensemble des organisations syndicales et singulièrement la CGT. Une réunion sur des sujets très larges et puis...plus rien !

D'ailleurs, la première version de ce texte n'a pas été remise en premier lieu aux organisations syndicales mais à la presse.

Le CGT dénonce un gouvernement qui impose des reculs sociaux successifs par la loi de sécurisation de l'emploi ou la loi Macron.

La CGT dénonce un gouvernement qui se radicalise en bafouant d'abord la démocratie sociale, puis la démocratie politique avec l'utilisation du 49.3 à l'Assemblée nationale.

La CGT dénonce un gouvernement qui se radicalise alors que 74 % de l'opinion publique se dit opposée au projet de loi travail.

La CGT dénonce un gouvernement qui se radicalise alors qu'un mouvement social porté par quatre organisations syndicales se salariés et trois organisations de jeunesse dure depuis plus de deux mois. Sans compter le fait qu'un cinquième syndicat de salariés conteste de nombreux articles du projet de loi, dont l'inversion de la hiérarchie des normes.

Plusieurs ministres, dont le premier d'entre eux en tête, refusent le dialogue et le débat de fond et ont fait le choix délibéré de l'invective et de l'autoritarisme en ciblant le premier syndicat de France, la CGT, et ouvrant ainsi la voie à la surenchère et aux insultes de la droite et de l'extrême droite.

Le président de la République, le premier ministre et le ministre de l'économie font la preuve qu'ils sont bien engagés dans un combat, mais un combat loin des réalités sociales du pays et des préoccupations des citoyens, celui de la candidature à l'élection présidentielle en 2017.

Si la CGT salue l'annonce de mesures spécifiques aux jeunes faites par Matignon et obtenues grâce aux premières mobilisations unitaires, alors que le gouvernement fustigeait et dénigrait la jeunesse accusée de ne rien comprendre, elle ne peut que constater qu'elles n'ont rien à voir avec le projet de loi travail. La CGT sera pour autant vigilante à l'application concrète de ces mesures.

Si la CGT salue les avancées dans un accord signé à l'unanimité des syndicats et du patronat de la profession du spectacle sur l'indemnisation du chômage, obtenu là encore par les mobilisations, elle ne peut que condamner l'opposition du Medef et le silence inquiétant du gouvernement.

La CGT dénonce un texte guidé par la baisse du « coût » du travail qui donnerait moins de protection aux salariés et baisserait la rémunération. Ainsi il faudrait précariser et licencier plus pour embaucher plus ?

La CGT ne peut accepter que, avec ce texte, chaque employeur pourra comme il le voudra « faire sa loi » dans l'entreprise. Le principe de la dérogation au droit collectif deviendra donc la règle.

C'est pour ces raisons que la CGT demande le retrait du projet de loi travail et l'ouverture de véritables négociations pour un nouveau Code du travail identique pour tous, basé sur :

La mise en place du nouveau statut du travail salarié et de la Sécurité sociale professionnelle pour répondre aux enjeux du monde du travail d'aujourd'hui et de demain. C'est-à-dire des droits (emploi, carrière, reconnaissance des qualifications, formation professionnelle, protection sociale…) rattachés à la personne, évolutifs et progressifs qui empêchent tout retour en arrière et transférables et opposables aux employeurs.

Dans le même tempe, la CGT revendique de travailler moins, travailler mieux et travailler tous afin de concilier création d'emploi et progrès social.

Parce que oui, la modernité, c'est le progrès social, c'est plus de droits et de sécurité pour l'ensemble des salariés et des citoyens. Pas un retour au XIX° siècle. »


Par Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT

 

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25/05/2016

Au bistro de la Toile : Trinquons avec Etienne de la Boétie !

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- Alors Victor, ça y est ? C'est le foutoir général ? Le « ça va péter ! » qui fait rêver certain et trembler d'autres ?

 

- Bof. Qui lo sa ? On verra bien. Mais ça sent bon ou mauvais, selon le bord dans lequel on se trouve. En tout cas, il y a déjà un résultat que, personnellement, je trouve rafraîchissant : les ouvriers sont de retour ! Oubliés, humiliés, moqués, exploités, menacés quotidiennement du couperet du chomdu, ils baissaient la tête et se réfugiaient derrière les rodomontades mensongères du Front National. Et là, miracle, il existent de nouveau ! Le gouvernement, les patrons, les « zélites » auto-proclamées découvrent de nouveau la force des ouvriers, des manards, de ceux qui n'ont à vendre que leurs bras ou leurs boyaux de la tête. Les esclaves se rebiffe !

 

- « Debouuuuut les damnés de la teeeeeere ! »

 

- Ne rigole pas Loulle. C'est rafraîchissant cette renaissance. Tiens, écoute ce qu'écrivait un minot de 19 vendanges, Etienne de La Boétie. Je te lis, c'est dans « Discours de la servitude volontaire »: « Je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire. Chose vraiment étonnante - et pourtant si commune qu’il faut plutôt en gémir que s’en ébahir, de voir un million d’hommes misérablement asservis, la tête sous le joug, non qu’ils y soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et pour ainsi dire ensorcelés par le seul nom d’un, qu’ils ne devraient pas redouter - puisqu’il est seul - ni aimer - puisqu’il est envers eux tous inhumain et cruel. Telle est pourtant la faiblesse des hommes : contraints à l’obéissance, obligés de temporiser, ils ne peuvent pas être toujours les plus forts. »

 

- Fatche, c'est vrai qu'il envoie le caganis ! Continue.

 

- « Quel est ce vice, ce vice horrible, de voir un nombre infini d’hommes, non seulement obéir, mais servir, non pas être gouvernés, mais être tyrannisés, n’ayant ni biens, ni parents, ni enfants, ni leur vie même qui soient à eux ? De les voir souffrir les rapines, les paillardises, les cruautés, non d’une armée, non d’un camp barbare contre lesquels chacun devrait défendre son sang et sa vie, mais d’un seul ! Non d’un Hercule ou d’un Samson, mais d’un homme et souvent le plus lâche, le plus efféminé de la nation, qui n’a jamais flairé la poudre des batailles ni guère foulé le sable des tournois, qui n’est pas seulement inapte à commander aux hommes, mais encore à satisfaire la moindre femmelette ! Nommerons-nous cela lâcheté ?

Appellerons-nous vils et couards ces hommes soumis ? Si deux, si trois, si quatre cèdent à un seul, c’est étrange, mais toutefois possible ; on pourrait peut-être dire avec raison : c’est faute de cœur. Mais si cent, si mille souffrent l’oppression d’un seul, dira-t-on encore qu’ils n’osent pas s’en prendre à lui, ou qu’ils ne le veulent pas, et que ce n’est pas couardise, mais plutôt mépris ou dédain ? C’est le peuple qui s’asservit et qui se coupe la gorge ; qui, pouvant choisir d’être soumis ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug ; qui consent à son mal, ou plutôt qui le recherche… Plus les tyrans pillent, plus ils exigent ; plus ils ruinent et détruisent, plus on leur fournit, plus on les sert. Ils se fortifient d’autant, deviennent de plus en plus frais et dispos pour tout anéantir et tout détruire. »

 

- ...teng ! Ca réveille. Un sacré coup de pied au cul !

 

- Et ce n'est pas fini. Ecoute cette phrase. Elle explique les grèves actuelles : « Mais si on ne leur fournit rien, si on ne leur obéit pas, sans les combattre, sans les frapper, ils restent nus et défaits et ne sont plus rien, de même que la branche, n’ayant plus de suc ni d’aliment à sa racine, devient sèche et morte. »

 

- Trop bon Victor ton mec !

 

- Et ça date de près de 500 ans. A une époque où on te coupait les claouis et le citron pour pas grand-chose. Mais c'était un rude, un mangeur de magret l'Etienne ! Un minot de Sarlat, macarelle ! Je te refilerais son bouquin. Tè, écoute encore un peu :

« Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est, de celui pour qui vous allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort. Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ? Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes? Comment oserait-il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous mêmes ? Vous semez vos champs pour qu’il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu’il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu’il en fasse des soldats dans le meilleur des cas, pour qu’il les mène à la guerre, à la boucherie, qu’il les rende ministres de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu’il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu’il soit plus fort, et qu’il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d’indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir. »

Le maître actuel, Loulle, c'est la finance, les banksters, les multinationales voyoux. Et puis écoute ça :

« Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre. »

 

- Olé ! Trop bon ton jeunot Victor ! Trop bon. Tè ! Tournée générale !

 

- A la nôtre et à la mémoire de notre pote Etienne. Etienne de La Boétie !

 

Illustration, merci à Chimulus

 

24/05/2016

La forme ultime du capitalisme : le communisme...sans le social !

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Lorsqu'il y a trop de crocodiles dans le marigot, ils se bouffent entre eux. Et lorsqu'il n'y a plus qu'un crocodile, il fait ce qu'il veut, impose sa loi aux malheureux poissons qui essaient de survivre avec ce qu'il leur laisse. Parce qu'il leur laisse quelques broutilles : assez pour qu'ils ne crèvent pas et restent ainsi pour lui un réservoir de nourriture correcte.

 

Eh bien le capitalisme, la « Word Company », c'est absolument pareil. Les entreprises les plus grosses rachètent leurs concurrentes. Les plus petites comme les plus grosses, avec la complicité active des banksters. Non pas pour les aider à se développer – pas si kons ! - mais pour éliminer un concurrent, lui piquer des brevets, son savoir-faire, sa clientèle. Et ainsi devenir unique sur son secteur afin d'être indispensable et donc, évidemment d'établir les tarifs qu'il veut pour ses produits et services. Rentabilité avant tout. Entre elles, les grandes entreprises multinationales ne se font pas de cadeaux. Elles se bouffent dès qu'elles peuvent afin de construire des conglomérats géants, des « trusts » les moins nombreux possibles. Avec en ligne de mire l'entreprise unique, la faaameuse « Word Company ». C'est la trame de fond de la « mondialisation », de la « globalisation » qui tend vers une gouvernance mondiale unique par et au seul service du fric des grandes compagnies multinationales.

 

Cette guerre se heurte parfois à des résistances. Ce sont les Etats qui prétendent rester maitres de la situation, ce sont les « con-sommateurs » qui prétendent choisir ce qu'ils veulent, ce sont les citoyens qui refusent la dictature du fric. Bref, leur ennemi, c'est...la dé-mo-cra-tie. Et leur idéal politique le communisme mais sans sa composante sociale : tous les pouvoirs concentrés en quelques mains (le conseil d'administration égale le politburo), pas de contestation possible sous peine de goulag ou d'élimination définitive, évidemment pas de syndicats. Big Brother pour surveiller les populations, repérer les mauvais consommateurs (les « déviants »). Et des médias aux ordres pour leur travailler les boyaux de la tête afin de « rendre leur cerveau réceptif à CacaCola » comme avouait en son temps, avec une belle franchise, le patron de TF1.

 

Les Etats. Pour la pieuvre capitaliste, c'est la strate qu'il convient de neutraliser la première mais ce n'est pas la plus difficile à circonvenir. Dans ce combat, le bras armé de la « Word Company », ce sont les Banksters (tout le monde de la finance, des banques aux fonds de pensions, des « paradis fiscaux » aux agences de notation, etc). Le moyen : la dette évidemment ! Depuis que Rothschild à travers le grand prédécesseur de Macron, Pompidou, a imposé à la France d'emprunter uniquement à travers les banques privées et non auprès de la banque de France, cette dette a grossi jusqu'à en devenir obèse, atteignant bientôt le PIB national. Et les gouvernants d'un Etat qui doit tant de pognon aux banksters ne peut-être que docile. La « Word Company » lui fait voter les loi qu'elle veut, lois visant toujours au démembrement de toutes les structures sociales, à la privatisation des secteurs les plus juteux (assurances privés à la place de la Sécurité sociale), à la destruction de toutes les protections des classes laborieuses, comme c'est le cas actuellement en France avec la Loi El Khomry par exemple. Les « personnels politiques »  qui veulent garder leur place ont tout intérêt à filer doux s'ils veulent continuer à jouir de positions confortables ainsi que d'un semblant de faux pouvoir. Le seul pouvoir que la « Word Company » leur laisse, c'est celui de faire obéir la « populace »… Et pour bien ficeler tout cela, des accords comme Tafta sont là pour abattre ce qui reste aux États.

 

Les consommateurs. Pour la « Word Company », c'est le « coeur de cible » comme ils disent dans leur jargon. Autrement dit celui qu'il faut plumer. Le « kon-sommateur » doit dépenser tout ce qu'il gagne en produits et services, même s'il n'en a pas besoin. Pour cela, l'arme, c'est la publicité. Elle doit se glisser facilement dans les « cerveaux réceptifs, préparés par la télé, les magazines, les films, les jeux video, etc. Elle a deux fonction : faire acheter ET empêcher de réfléchir. La Con-sommation sera encore plus juteuse pour la « Word Company » si « on » peut sommer le bon kon d'acheter à crédit. Ah que voilà une belle arme pour rendre les gens dociles ! Et les faire marner pour une poignée de figues.

 

Les citoyens. C'est de ceux-là que peut venir le danger. Parce qu'avec internet, ils peuvent maintenant se renseigner sans passer par le canal des me(r)dias aux ordres, se parler à distance, se regrouper pour telle ou telle action ponctuelle, décider de boycotter tel ou tel produit, contester telle ou telle décision, influencer les « politiques », dénoncer les abus de la« Word Company » , etc. On comprend dès lors les pressions constantes sur les politiques pour qu'ils prennent toutes sortes de mesures restrictives contre la liberté d'internet. Pour ce faire, la « Word Company » a inventé, promu et protège le terrorisme. Le terrorisme, la mort imparable, aveugle, partout… Quel formidable outil pour restreindre les libertés (état d'urgence), pour espionner et pour ficher tout le monde, pour faire accepter comme nécessaire à la « sécurité » les « sacrifices » indispensables, comme la mise à bas de tout liberté sur internet !

 

Ce qu'ils oublient les crocodiles, c'est qu'ils ne sont que un pour mille. Et que les pauvres sont infiniment plus nombreux que les riches. Et que lorsque ils auront enfin compris leur puissance réelle et la fausse puissance des riches, ceux-ci auront du soucis à se faire ? Y aura-t-il assez de platanes pour les « traiter » ?

 

Ils le savent ça les riches. Et cherchent la parade. Cette parade, c'est « la réduction du troupeau humain » que prône à demi-mots les « Bildenberg ». D'où l'intérêt des guerres locales, des épidémies douteuses genre Ebola ou H5N1, etc. Pour que prospère la « Word Company », il y a des milliards d'humains qui ne sont plus nécessaire...

 

 

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23/05/2016

Après l'Autriche, qui réveillera La Bête ? La France l'an prochain?

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Élu ou pas, en Autriche, ce dimanche, le candidat de l'extrême-droite a recueilli sur son nom et surtout ses idées 50 % des voix… Pourquoi ? Les Autrichiens seraient-ils des affreux fachos ? Pas du tout. Ils réagissent à l'arrivée non souhaitée de centaines de milliers de migrants.

L'Autriche a accueilli 100.000 « réfugiés ». Ce qui est énorme pour un pays de 8 millions d'habitants. Comme si la France « recevait » 800.000 migrants. L'Autriche a subi en cela la politique des bras ouverts suggéré sinon imposée à Frau Merkel par le tout puissant patronat de leur encombrante voisine, l'Allemagne. Résultat : un Autrichien sur deux vote pour le F.N local… Voilà où mène le crétinisme d'une Europe sous direction allemande. Les populations des vieux pays qui forment l'Europe multiplient, pacifiquement pour l'instant, par le biais démocratique des urnes, leur refus d'une invasion rampante musulmane. Parce que le problème, c'est là qu'il est. Quelques millions de réfugiés, voire de migrants économique, les 500 millions d'Européens pourraient les accueillir. Et le feraient certainement sans véritables problèmes. S'ils n'étaient pas musulmans. Parce que l'Europe s'est faite au cours de sa longue histoire mouvementée, en opposition aux invasions musulmanes. L'Autriche-Hongrie a été en première ligne contre l'expansion ottomane.

On comprend donc que les Autrichiens refusent ce qu'il faut bien appelé par son nom : une invasion lente, molle, s'appuyant sur la compassion, la générosité confinant à l'imbécilité de populations européennes qui oublient qu'à côté des Droits de l'Homme, il y a les Devoirs de l'homme. Et le premier devoir d'un citoyen, c'est de défendre sa terre, son pays contre toute invasion qui risque de changer radicalement sa manière de vivre ensemble, sa res publica. Parce que l'arrivée annuelle de plusieurs millions de gens venus d'ailleurs, apportant avec eux leurs coutumes si différentes des nôtres et – pire que tout – leur religion, essentiellement musulmane, donc difficilement compatible avec les valeurs de l'Europe, va se faire sans profonds bouleversements ? Est-il inconvenant de se demander comment des cultures différentes pourront à terme coexister sans communautarisme, qui consiste à séparer la société en groupes concurrents voire antagonistes ?

Accueillir tous ces migrants ? Impensable sauf à accepter des troubles qui déboucheront sur des guerres civiles en Europe et l'arrivée au pouvoir des partis de l'extrême-droite fascisante. C'est ce qui est en train d'arriver. En Autriche, mais aussi ailleurs et peut-être – horreur ! - l'an prochain en France...

Pourquoi ne vont-ils pas vers ces pays ultra-riches, ayant les mêmes convictions religieuses qu'eux que sont les douces monarchies pétrolières ?

Alors qu’est-ce qu’elle fait l’Union Européenne, paniquée par l’afflux torrentiel de ces migrants aux dents longues attirés par les promesses ahurissantes de Frau Merkel d’accueillir dans la seule Allemagne un million de « réfugiés » par an. Non pas par bonté d’âme, mais pour satisfaire son patronat avide de main d’œuvre docile et sous payée ; et accessoirement remplacer les ventres stériles et les couilles sèches de ses compatriotes ? Qu’est-ce qu’elle fait ? Elle se prosterne devant le sultan Erdogan et impose à l'U.E. de lui verser un tribut de deux fois trois milliards d’euros ! Pour que celui-ci garde chez lui les millions de réfugiés qui se ruent vers le ventre gras de l’Europe molle… Il fera…ou pas ! En plus du fric, le sultan a imposé aux Débileuropéens l'obtention automatique des visas pour les Turcs désirant venir en Europe et – cerise sur le halva – la relance du processus d’adhésion de la Turquie à l’U.E.

Ne faudrait-il pas envoyer devant le Tribunal international de La Haye les ci-devant Bush père et fils, Obama, Sarkozy, Cameron, responsables de l'avènement de l’État Islamique et du chaos effroyable qui secoue le Moyen-Orient, la Libye et leur cortège de malheur ?

Quand nos responsables politiques auront-ils le courage de laisser leur culte du fric de côté pour regarder les choses en face : comment considérer l'Arabie saoudite et le Qatar comme des pays amis alors qu'ils financent et exportent partout dans le monde des « prêcheurs » qui vident l'islam de sa spiritualité pour en faire une machine de mort ?

Qu'est-ce qu'ils attendent ces sans-mémoire qui nous « gouvernent » (si mal) ? Que l'extrême-droite arrive au pouvoir ?

 

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21/05/2016

Ouiquinde érotique calipyge

 

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Sonnet sur le cul d'une demoiselle.

Beau cul de marbre vif, dont l'amour fait sa gloire,
Cul dont les doux regards sont d'attraits embellis,
Cul qui par sur tout autre oblige mes écrits,
De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire;

Cul qui sur tous les culs remportes la victoire,
Cul qui passes en blancheur et la Rose et les Lis,
Cul de qui le mérite obliges mes écrits
De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire,

Beau cul, bien que tant de bonheur se marque assez en vous,
Ce n'est pas le sujet qui fait qu'aux yeux de tous,
J'étale en ces écrits vos beautés que j'admire,

Mais surtout, je vous aime ô beau cul tout divin
Pour être le plus proche et l'unique voisin
De ce doux Paradis où l'Amour se retire!

Robert Angot de l'Éperonnière (1640)

 

 

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Et puis, le grand TONTON GEORGES !

 

 

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20/05/2016

Glyphosate : le tango des dép(u)ités européens.

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Un pas en avant, deux pas en arrière, un pas glissé sur le côté… Les têtes d'oeufs de l'Europe de Bruxelles n'en finissent pas de tergiverser sur l'arrêt ou non de ce poison reconnu mais...autorisé par l'U.E. Les peuples de l'Union ne veulent pas du glyphosate, molécule du tueur d'herbe Roundup, substance « probablement cancérogène » selon l'OMS (organisation mondiale de la santé). Mais, si « on » tenait compte de l'avis de la « populace » dans les bureaux feutrés de Bruxelles, ça se saurait…

Le lobby des empoisonneurs, très influent parmi les « on » qui décident pour nous, font la roue ( ! sonnante et trébuchante la roue ? Qui lo sa…) devant eux pour les séduire. Ca a failli marcher au mois de mars, mais une vague citoyenne a fait réfléchir les députés qui étaient prêts à donner quinze années supplémentaires d'autorisation d'utilisation de la molécule maudite. Ils ont alors repoussé leur décision à ces jours derniers. Nouvelle levée de bouclier, nouveau doutes parmi les députés, le vote n'est pas suffisamment probant. Que fait l'U.E. ? Elle repousse de nouveau sa décision...tout en laissant les produits en vente, bien sûr. Jusqu'à quand ? Elle espère probablement faire passer l'embrouille durant l'été, lorsque les citoyens sont moins mobilisés, occupés qu'ils sont à se bronzer la couenne… Entre temps, on va voir fleurir des « études scientifiques » démontrant l'innocuité de cette substance. Ben voyons.

Cette substance, que l'on retrouve dans l'herbicide RoundUp de Monsanto, a pourtant été classée cancérogène "probable" par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2015. Classement que réfute en bloc l'Autorité européenne de la sécurité des aliments (AESA) – chargée de veiller sur notre santé !!! - affirmant qu'au contraire la substance ne serait probablement pas cancérogène. Même l'OMS, travaillée au corps par les lobbies, remet en doute son précédent avis.

On assiste à un cas flagrant de prise de pouvoir des multinationales aux dépens de notre santé. En effet, la ré-autorisation proposée à Bruxelles, se base sur des évaluations fournies par la Glyphosate Task Force (GTF - groupe de travail sur le glyphosate), un consortium d'entreprises de l'agrochimie auquel appartient -- avec d'autres géants de l'agrochimie -- Monsanto. Quelle bonne surprise !

Le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) avait classé le glyphosate comme cancérogène "probable" en mars 2015 suite à la réunion d'un comité de 17 experts scientifiques indépendants ayant étudié pendant plus d'un an 260 études menées aux États-Unis, en Suède et au Canada depuis 2001. En d'autres termes, une classification prise au sérieux et basée sur des données scientifiques solides.

Monsanto, qui accuse le CIRC d'avoir écarté de son évaluation les études commissionnées par les industriels de l'agrochimie, ne dit pas toute la vérité. Comme le rappelle Kathryn Guyton, directrice de recherche au CIRC, les recherches menées par les industriels comme Monsanto n'ont jamais été publiées publiquement et n'ont donc pas pu être évaluées par les chercheurs indépendants.

Alors, aujourd'hui se pose une question très simple : pourquoi la Commission européenne et l'AESA refusent l'évaluation du CIRC concernant les dangers du glyphosate pour l'homme ? La réponse est simple : la Commission est à la botte du lobby du glyphosate et des industriels de l'agrochimie comme Monsanto. Il sera d'autant plus difficile de lutter contre les pressions des industriels qu'une nouvelle OPA géante pourrait bouleverser bientôt la chimie. Le groupe allemand de chimie et de pharmacie Bayer, qui vaut 80 milliards d'euros, a indiqué ce jeudi 19 mai avoir proposé de racheter l'américain Monsanto, numéro un mondial des semences et producteur de l'herbicide Roundup. Frau Merkel, soucieuse des intérêts de ses industriels, pourrait faire pencher la balance. Dans le mauvais sens bien sûr, celui de l'autorisation du poison.

Restons vigilants ! Ne pouvant, comme les lobbies, les inviter dans de grands restos pour les influencer, abreuvons nos députés européens de lettres ou de courriels pour leur rappeler comment voter !

Liste des députés européens français :

http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/search.html?country=FR

Liste des députés européens belges :

http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/search.html?country=BE

Pour signer la pétition contre le glyphosate: https://www.foodwatch.org/fr/s-informer/topics/glyphosate/petition-contre-le-glyphosate/

 

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19/05/2016

TAFTA – FRANCE : « Plus faux-cul que moi, tu meurs ! »

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Comment s'étonner du fossé qui se creuse dangereusement entre le Peuple et les gouvernants ?

Comment s'étonner que la violence remplace le dialogue dès lors que derrière les belles paroles des gouvernants se cachent des manœuvres sournoises en contradiction totale ?

Comment dès lors s'étonner de cette insurrection qui risque d'arriver ?

 

Ce gouvernement, élu sur un programme de gauche totalement bafoué, nous donne encore un exemple révoltant de son cynisme faux-cul. C'est un article du Monde qui nous en donne une nouvelle illustration.

 

De quoi s'agit-il ?

 

TAFTA, vous connaissez maintenant. C'est ce traité de vassalisation de l'Union Européenne – donc de la France – aux Etats-Unis. Vassalisation économique s'entend, les vassalisations politique et militaire étant depuis longtemps réalisées avec l'Otan. Un des point les plus contestés de ces « accords », c'est l'établissement de tribunaux privés chargés de régler les litiges entre multinationales et Etats. Cette privatisation de la justice, au seul profit des entreprises et au détriment des peuples et des Etats qu'ils se sont choisis, est scandaleuse. Elle est rejetée par toutes les populations formant l'U.E.

 

Dans les faits, à travers de telles juridictions privées, composées d'avocats d'affaires et de juristes au service des entreprises, les multinationales peuvent attaquer un gouvernement qui, prendrait, par exemple, des décisions contre le tabagisme, et réclamer des sommes fabuleuses pour « compenser » leur manque à gagner. Juridictions sans appel possible. Depuis qu'ils ont eu connaissance de ces horreurs ultra libérales les peuples de l'Union Européenne font entendre leur voix farouchement contre. A tel point que le gouvernement français à annoncé, à plusieurs reprises, son opposition à ces juridictions privées, menaçant même de refuser de signer TAFTA si ces tribunaux privés étaient retenus. On ne peut que se féliciter de cette fermeté. Sauf que…

 

Sauf que, par ailleurs, la France prône tout le contraire à l'intérieur même de l'Europe ! Explications. Il existe quelques 200 traités bilatéraux régissant le commerce entre les membres les plus anciens de l'Europe et ceux qui ont été récemment intégrés. Bruxelles souhaite – à raison – supprimer tous ces traités, vestiges d'autres temps et incompatibles avec le droit européen. Mais cinq pays de l'Union – la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande – se disent d'accord pour abroger ces traités obsolètes à conditions de sauvegarder le mécanisme de règlement des différends investisseurs-États qui est une juridiction arbitrale privée vers laquelle les entreprises peuvent se tourner au lieu des tribunaux nationaux ! C'est exactement le mécanisme farouchement combattu dans le TAFTA ! Les arguments avancés sont exactement ceux du lobby patronal « Business Europe »

 

On peut légitimement se demander pour qui travaille le gouvernement : pour les citoyens et les consommateurs français ou pour les multinationales ?

 

On peut légitimement se demander à quoi mène cette privatisation de la justice, sinon à une démission de l’État devant les seuls intérêts privés.

 

On peut légitimement se demander ce qu'est devenue la formidable idée de l'Europe enfin unie, maintenant qu'elle est tombée au mains des lobbies au services des banksters et des multinationales .

 

On peut légitimement se demander si nos gouvernant, avec leur double langage, nous prennent pour des kons ! La majorité des Français, comme des autres Européens d'ailleurs, est contre ce système d'arbitrage privé, porte ouverte à toutes les magouilles.

 

Et puis, en continuant dans cette logique de privatisation de tout et de tous, pourquoi ne pas privatiser le gouvernement ? Vous me direz, c'est déjà fait en partie, tant les intérêt privés et les conflit d'intérêt sont d'ores et déjà présents à tous les niveaux décisionnaires… Et puis, il serait temps d'enseigner dans nos « grandes » écoles la corruption et les techniques les plus efficaces des magouilles. Ceci au nom du pragmatisme, de l'efficacité, de la concurrence « libre et non faussée » car l'honnêteté et la probité sont sources de désavantages de compétitivité pour nos entreprises !

 

Et on s'étonne que ça risque de péter partout ?

 

Illustration: merci à Geluck

17/05/2016

AU SECOURS ! « L'ORDRE MORAL » REVIENT...

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Il y a quelques jours, j'ai revu à la télé ce formidable film: « L'été meurtrier ». Outre une Isabelle Adjani aussi belle et sexy que bouleversante, j'ai pu mesurer l'effarante régression « morale » entre ces temps post-soixantuitards flamboyants et notre époque où le puritanisme revient imposer ses interdits nauséabonds. Les filles étaient belles dans leurs affriolantes mini-jupes. Le réalisateur n'avait pas peur de montrer, sans rien flouter, les charmes splendides de la si belle Isabelle. Il se dégageait de ce film une atmosphère de liberté, de joie de vivre, d'être ensemble malgré une intrigue sordide. On en est loin...

La grosse trique des curés et des rabbins est de retour, poussée au cul par la débilité abyssale des imams salafistes. C'est le retour, partout, de « l'ordre moral », c'est-à-dire de la tartufferie érigée en idéologie. Les abrutis d'allah de l’État Islamiste qui brûlent les apostats, les ayatollahs iraniens qui pendent les homos, les « bon clients » saoudiens qui décapitent en place publique les blasphémateurs, les talibans qui lapident les femmes adultères sont-ils loin des sordides curés qui – il n'y a que 250 ans - le 1er juillet 1766, après avoir l'avoir passé à la torture de « la question » ont fait décapiter et brûler le chevalier Jean-François de La Barre, un gamin de 18 ans, avec l'exemplaire saisi du Dictionnaire Philosophique de Voltaire. Son crime : n'avoir pas salué la procession de la Fête Dieu.…

Ainsi, aux États-Unis, cette jolie présentatrice de météo obligée, pendant sa prestation, d'enfiler un affreux gilet gris parce que sa tenue – une simple petite robe noire laissant les épaules libres – était jugée par les téléspectateurs trop « sexy ».

 Ainsi les manifestants il y a deux ans à Paris contre le mariage pour tous qui vociféraient contre les gays, l’avortement, l’euthanasie, les étrangers, les juifs, l’art qu’ils jugent « dégénéré » et...les socialistes au pouvoir.

 Ainsi l'interdiction de chanter à Verdun du rappeur Black M. Son crime : envoyer le bouchon un peu loin avec ses dégueulis verbaux contre les « youpins qui font les magasins », les « pédés » qu'il faudrait laisser morts sur le périphérique, les « kouffars, c'est-à-dire aux non-musulmans, qui composent la France. Le maire de Verdun, en invitant ce personnage, lui fait bien trop de pube, mais doit-on l'interdire de s'exprimer pour satisfaire un « ordre moral » imposé par le Front National ?

 Ainsi, les djihadistes qui sont incontestablement les guerriers « de la morale et de la loi divine » dont ils veulent forcer l’observance alors qu'ils sont pour nous l'origine du mal et l'incarnation de l'immoralité. C’est au nom de leur « morale » pourtant qu'ils s'arrogent le droit de tuer et de violer, avec Dieu à leur côté ! Comme les nazi (« Gott mit uns » et les États-uniens au Vietnam (« God in our side »).

 Et que dire du pape qui se permet de critiquer la laïcité en France qu'il estime « exagérée » ! Il ferait mieux de résoudre le problème de ses si nombreux pédophiles...

 L'hypocrisie sociale qui se planque derrière ces retours à faces multiples de « l'ordre moral » doit être dénoncée et combattue. La morale est une affaire privée qui n'est pas un dogme politique à imposer à tous. Un athée – comme moi par exemple – n'a pas besoin de support, de préceptes religieux pour respecter les évidences humanistes : ne pas tuer, aimer ses parents, respecter son prochain, admettre les idées des autres, etc.

 Vouloir imposer une « morale républicaine » figée est tout aussi ringard. Il vaut mieux respecter une stricte laïcité et refuser tous ces bourrages de crâne.

 On a mis les curés à la porte de nos chambres à coucher, ce n'est pas pour les y laisser rentrer par la fenêtre, accompagné des rabbins et des imams, tous ces empêcheurs de vivre et de jouir en paix.

 

Illustration X - Droits réservés

16/05/2016

Au bistro de la toile : La vie est une maladie mortelle !

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- Salut à toi, maître empoisonneur ! Loulle, je viens d'en entendre un qui parlait dans le poste et qui se lamentait sur le sort des bestiaux. Il a raison le mec lorsqu'il s'encagne contre la manière actuelle d'élever les vaches. Il citait même Louise Michel qui disait qu'il n'y avait que les forts et les faibles, et que les forts brimaient et exploitaient les faibles, qu'ils soient des hommes ou des animaux. Ce sont de belles paroles. Mais faut-il pour autant ne manger que de l'herbe ?

 

- J'ai eu un ami berger qui un jour m'a dit : « Si tu veux manger de la viande, il faut que tu sois capable de tuer l'animal que tu veux bouffer ». Pas pour chaque côtelette, bien sûr : il y a des bouchers pour ça. Mais philosophiquement. J'ai donc essayé. Et ce n'est pas facile de tuer, même une poule, le bestiau le plus kon que tu puisses trouver.

 

- Je suis passé moi aussi par ces mêmes interrogations. Mais il y a un monde entre les usines à tuer actuelles et le cochon que l'on tuait selon un rituel païen se terminant par une grande bringue après une journée de joyeux et efficace travail en commun. Tout petit, je tenais la queue du cochon, après la patte arrière. Et ça regimbe un porc qui sent le couteau ! Parce que, que les vaches soient élevées dans ces usines à lait et à barbaque que sont les « fermes à mille vaches » où en « stabulation libre » comme il disent en cambrousse, leur fin est la même : l'abattoir, le couteau. Et maintenant de moins en moins en ayant été « étourdies » au merlin électrique, pour ne pas perdre les marchés des viandes hallal ou casher. Et parce que ça coûte moins cher !

 

- La peur de voir la réalité. Maintenant, la viande est découpée, mise sous plastique. Parfois même pas transparent. Faut qu'on ne reconnaisse pas trop le bestiau. Ça risque de choquer la sensibilité de ces braves clients.

 

- Bof. C'est l'époque qui veut ça. Tout doit être aseptisé, homogénéisé, désinfecté, normalisé. « On » nous protège de tout. Normalement, avec les critères sociologiques et les normes actuels , toi et moi Loulle, on devrait ÊTRE MORT depuis longtemps. On fait donc du rab Loulle. Tout comme toi, je suis un de ces salauds qui bouffent le pognon de la Sécu. Et oui Loulle. Et tu es complice, toi qui me conforte, voire me pousse à lever le coude pour emplir la caisse de ton merveilleux rade de perdition ! Tu te rends compte, maître empoisonneur, de ce que tu fais ! J’ai entendu un autre « professeur » émérite asséner des vérités terribles comme, par exemple, que l’on risque le cancer dès le premier verre de vin !

 

- …taing !  T'as tenu jusque là, c'est donc que tu peux encore tenir quelque temps, mais, couillon, ne bois pas le verre de vin qui donne le cancer, bois les autres !

 

- Voilà un bon conseil, Loulle. Tè. Mets ma tournée. Eh ! Maintenant, l’essentiel c’est le propre, l’inodore, le sans saveur, le « zéro risque ». Le principe de précaution institué au niveau de la Constitution !

 

- Économise-toi Victor. On a encore besoin de toi !

 

- Quand j’étais miston Loulle, il y avait des peintures au plomb partout et les tuyaux d’adduction d’eau étaient aussi en plomb. Ça faisait de jolies hernies quand il gelait, alors on appelait…le plombier !

Les prises électriques étaient évidemment sans protection, les fils de la lampe pendaient, les isolants étaient en bois et, bien sûr, il n’y avait pas de prises de terre.

On se chauffait au charbon dans une seule pièce et il n’y avait pas d’aération, sauf par les portes et fenêtres bancales.

On mettait l’eau de Javel, le permanganate et le crésyl (produits indispensables et courants à l’époque) dans des bouteilles de pinard vidées généreusement.

Quant aux quelques médicaments (vermifuge Lune, Alunosal, Elixir parégorique, cachets d’aspirine « Usine du Rhône », etc.) ils étaient sur l’étagère de la cuisine, à côté de la boite à sel et de la bouteille d’huile.

On buvait l’eau au robinet ou à la pompe dans la rue, et non des bouteilles cachetées.

On bouffait du pain, du beurre quand il y en avait, des gâteaux bien sucrés et on n’était pas obèses pour autant parce qu’on se bougeait le cul au lieu de rester derrière une console de jeu !

On jouait, quand il n’y avait pas école, toujours dans la rue, dans les terrains vagues, au bord du Rhône.

On fabriquait des traîneaux à roulements avec des planches et des roulements à billes qu’on allait chercher chez Bébert, le garagiste, et on descendait à fond la caisse. Les gamelles étaient nombreuses et ça nous apprenait à vivre.

 

- Putaing, les genoux et les coudes écorchés soignés à l’eau oxygénée, à l'eau d'alibour et au mercurochrome rouge !

 

- On grimpait aux arbres, aux poteaux de la ville et on se cassait parfois un bras ou quelques ratiches sans faire d’histoires ni porter plainte contre le maire.

On allait faucher les cerises chez les paysans ce qui nous valait parfois une volée de gros sel dans le cul.

Il nous arrivait, pour des questions de « t’es pas chiche ! » de bouffer des hannetons ou des vers de terre. Sans dommage.

On avait plein de potes partout : il suffisait de sortir dans la rue, tous les gosses étaient là, c’était notre terrain de jeux. Et si on allait chez un pote, on entrait nature, sans invitation, et sa mère nous faisait goûter sans histoires.

On rentrait chez nous à la nuit sans que nos parents ne se tracassent la tête et ne déclenche l"Alerte Enlèvement".

 

- Ouais Victor, mais pense donc, on n’avait pas de portables ! Et même pas de nintendo, de play station, d’ordinateurs, de baladeurs, de télé 80 chaînes, etc. Quelle triste vie !

 

- On a pourtant survécu Loulle ! Á l’école, dans nos classes à quarante élèves, quand un mec ne suivait pas bien, on l’aidait et s’il était trop branque, il redoublait. Sans que les « parents d’élèves » ne s’offusquent. Et si on était trop chiants et que le « maître » nous traitait par la podoculothérapie (l’art de soigner par le coup de pied au cul), les parents non seulement ne le faisaient pas mettre en taule, mais ils redoublaient la sanction podoculesque !

 

- J’ai connu ça moi aussi Victor. Pareil pour les gardes champêtres et les flics qui nous coursaient quand on faisait des konneries et nous secouaient le matricule sans qu’on soit pour autant des « victimes de la société ». On faisait les kons ? On assumait les conséquences. On roulait partout avec nos vieilles cranques de vélo, sans casque évidemment. Et pour le lundi de Pentecote, on allait à vélo se baigner au Gardon. 50 bornes aller-retour. Et les bagnoles, plus tard, nos vieilles Deuches ou 4L n’avaient ni ceintures ni air bag, quant aux freins ils étaient plus que douteux.

 

- Et je te dis pas le nombre très conséquent de verres de vin que j'ai bu tout au long de mes décennies d'existence ! Tellement au-delà du "premier verre qui donne le cancer" que je devrais fumer les pissenlits par la racine depuis... Pfff ! Et c’est pourtant notre génération qui a fait exploser les inventions qui font la réalité d’aujourd’hui !

 

- On avait la liberté, on assumait les risques, on acceptait les échecs, on jouissait des succès, on était RESPONSABLES ! Je me rends compte que normalement, avec une vie aussi « risquée », un environnement aussi « hostile », des façons de vivre aussi « aberrantes », je devrais être mort depuis bien longtemps ! Seulement ma femme m'a menacé: "Si tu meurs, je te tue!" Alors je me tiens à carreau…

 

- Eh ! La vie est une maladie mortelle…

 

- Et vous nous dîtes ?

 

- Je continue !

 

- A la nôtre !

 

 

 

15/05/2016

Ouiquinde gastronomique épicé et parfumé

 

cuisine

 

Dans l’été parfumé, un peu avant minuit

Antoine va rejoindre Sabine dans la nuit.

Sous un bouquet de pins perché sur la falaise

Ils se creusent un lit d’amour et de liesse,

 

Puis, gonflés de désir, leurs deux corps dénudés,

Se jettent l’un dans l’autre avec voracité.

Emportés par l’élan de leurs folles étreintes

Ils goûtent sans compter un plaisir sans contrainte.

 

Enfin le corps repu ils s’étendent sans voiles

Pour écouter la nuit et parler aux étoiles.

Ils appellent Deneb, Véga et Altaïr,

 

Complices de leurs jeux, témoins de leur plaisir.

Plus tard lorsque la vie les aura séparés

Ils se retrouveront en voyant Cassiopée.

 

 

- L’on ne vit pas toujours que d’amour et d’eau fraîche

Et lorsque Cupidon a remballé ses flèches,

Quand le corps est comblé, il faut bien le remplir

Pour lui donner les forces d’où monte le désir.

Manger sous les étoiles est un plaisir subtil

Qui joint élégamment l’agréable à l’utile.

Je te propose donc, pour Antoine et Sabine

Un plat oriental : de l’agneau en tajine.

Les tajines se font toujours à l’étouffée

Et sont encor meilleurs lorsqu’ils sont réchauffés.

Tu désosses au couteau une épaule d’agneau

Que tu vas découper en assez gros morceaux.

Avec huile et oignon, tu les fais rissoler,

Qu’ils soient juste dorés et l’oignon pas brûlé.

Tout en surveillant bien, met dans une coupelle

Du gingembre râpé, ail, poudre de cannelle,

Un zeste de citron, un peu de persil plat

Puis tu verses l’ensemble, en tournant, dans ton plat.

Ajoute poivre et sel et mouille à ras d’eau chaude,

Monte à ébullition et couvre avec méthode.

Tu laisses cuire une heure, en couvrant ta cocotte

Puis tu vas rajouter un kilo de carottes,

Une botte de feuilles de coriandre hachées,

Tu trouves cette plante chez les bons maraîchers,

Et enfin n’oublie pas, pour couronner tout ça

Une grosse cuillère à café d’harissa,

Mélange emblématique dans le nord de l’Afrique

Qui redonne du nerf aux plus neurasthéniques !

Tu trouves ça en tube ou en boite, tout prêt

Mais tu peux aisément, aussi, le préparer.

Tu piles deux ou trois gousses d’ail au mortier,

Du coriandre frais, des piments antillais,

Algériens, tunisiens, ou encor marocains,

Une cuillère d’eau, du sel et du cumin.

Puis tu fais revenir dans de l’huile, à feu doux.

Ton harissa est prêt et, “ Ah, dis donc, Doudou ! ”

Il y a là de quoi relever les ardeurs

Amoureuses de trois régiments d’artilleurs !

Pour demi-heure encore tu laisses mijoter,

Puis tu mets des olives noires dénoyautées.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

Aux portes du paradis, un nouvel arrivant commence son récit: 
- Cela faisait un certain temps que je soupçonnais ma femme d’avoir une relation extra conjugale. Je suis donc rentre chez moi à l’improviste et évidemment, je l'ai trouvé complètement nue sur le lit. J’ai immédiatement fouillé l'appartement pour trouver le coupable. En vain. Et puis, je me suis souvenu qu'habitant le 15ème étage d'une tour, nous disposions d'un petit balcon. J'ai donc ouvert la porte-fenêtre et c'est la que j'ai vu cet homme suspendu dans le vide et s'agrippant à la rambarde du balcon. Je lui ai piétiné les mains pour qu'il tombe, mais il tenait bon. Alors je suis parti chercher un marteau. A grands coups sur chaque main, il a fini par lâcher prise. Mais un arbre a amorti sa chute. Voyant qu'il bougeait encore, j'ai attrapé le réfrigérateur de la cuisine et je l'ai fait basculer sur cet individu. L'effort a été si violent que j'ai succombé à une crise cardiaque. Et donc me voilà. 

- Ah bon ! Répond St Pierre passionné. C'est bon vous êtes admis au paradis.

 

Un second homme se présente peu après et commence à raconter l'histoire de sa mort a St Pierre: 
- Voyez-vous, débute-t-il, j'étais en train de repeindre mon balcon au 17ème étage d'une tour. Mon tabouret a vacillé et j'ai basculé dans le vide. Mais j'ai eu la possibilité de me rattraper à un balcon, deux étages plus bas. Je pensais être sauvé quand le propriétaire de ce balcon a commencé à me piétiner les mains puis à me casser les doigts à coups de marteau. Il était fou furieux que je m’accroche à son balcon. Et pire, lorsque j'ai lâché prise, comme je ne suis pas mort tout de suite, il m'a balancé son frigo sur la tête pour m’achever.

 

St Pierre : 
- Oui, j'ai entendu parler de cette histoire, vous pouvez entrer au paradis.

 

Un troisième homme arrive et entame, lui aussi, son récit à St Pierre: 
- Franchement, je ne sais pas comment c'est arrivé ! J’étais caché à poil dans un frigo et me voilà !!! 

 

 

14/05/2016

Ouiquinde érotique avec Alphonse Allais

 

 

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Proposition folichonne d’un peintre un peu loufoc qui voulait entraîner une jeune femme dans des cryptes, à seule fin de lui peindre le dos avec de la couleur verte.

 

Je dis, mettons, vers mes passages souterrains

Jeudi, mes tons verts, mais passages, sous tes reins.

 

Nous nous étalons

Sur des étalons.

Et nous percherons

Sur des percherons !

 

C’est nous qui bâtons,

A coup de bâtons,

L’âne des Gottons

Que nous dégottons !

Mais nous l’estimons (1)

Mieux dans les timons.

 

Nous nous marions

A vous Marions

Riches en jambons.

Nous vous enjambons

Et nous vous chaussons !

Oh ! Plutôt nichons

Chez nous des nichons !

 

Vite polissons

Les doux polissons !

Et les repompons !

C’est nous qui poissons

Des tas de poissons

Et qui les salons

Loin des vains salons !

 

Tout d’abord pigeons

Sept ou huit pigeons.

Du vieux Pô (2) tirons

Quelques potirons !

Aux doux veaux rognons

Leurs tendres rognons,

Qu’alors nous oignons

Du jus des oignons !

 

Puis, enfin, bondons-

Nous de gras bondons.

Les vins ? Avallons

D’exquis Avallons !

Après quoi ponchons (3)

D’odorants ponchons

Ah ! Thésaurisons !

Vers tes horizons

Alaska, filons !

A nous tes filons !

Pour manger visons

Au  front des visons,

Pour boire, lichons

L’âpre eau des lichons (4)

Ce que nous savons

C’est grâce aux savons

Que nous décochons

Au gras des cochons.

 

Oh ! Mon chat, virons,

Car nous chavirons !

 

Notes de l’auteur :

1 – L’âne, bien entendu.

2 – La chose se passe en Italie.

3 – M.Raoul Ponchon, notre éminent confrère et brave ami, ayant donné son nom à une des meilleures marques de cigares de La Havane, le verbe poncher est devenu synonyme de fumer avec délices.

4 – On appelle lichon, au Canada, le filet d’eau qui coule des glaciers.

 

 

Alphonse Allais

 

Illustration: merci à Serpieri

13/05/2016

Avant le temps des cerises, c'est celui des fraises. Oui, mais lesquelles ?

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J'ai sous le nez deux barquettes de superbes fraises « ciflorette ». Elles viennent de chez mon neveu qui les fait pousser dans son jardin, près de Bédarrides, dans le Vaucluse. Hum ! C'est son voisin – un petit producteur - qui lui appris comment les faire pousser, en pleine terre. Celui-ci, en ayant ras le cul de se faire exploiter par les grandes surfaces, les vends à un prix très correct – 7 euros la barquette d’un kilo - au cul de sa camionnette. Et les clients ne s’y trompent pas ! Ça change de ces putains de « fraises » espagnoles qu’on trouve aux supermarchés ! T’as l’impression de croquer dans un bout de caoutchouc dur qui aurait un vague gout de tomates transgénique… Dégueulasse. Et les mecs, ils vendent ça en belles barquettes d'un demi-kilo, autour de 2 ou 3 € pièce. Comme ça ne paraît pas cher, les bons kons achètent. En fait, ils paient autant que chez mon petit jardinier provençal. Seulement voilà, ces saloperies sont le nec plus ultra de la merde.

 

Elles arrivent du sud de l’Espagne et ont donc parcourues au bas mot 1.500 à 2.000 bornes en camions crachant leur gazole à la tonne. Près de 90.000 tonnes chaque année ! À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16.000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi totalité de ces merdes poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe. Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.

 

Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la micro faune détruite avec du bromure de méthyle et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005… ! ! !); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.

 

Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main d'œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans papiers sous payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au cœur de l'hiver. Mais c’est qu’en plus ils polluent ces cons d’esclaves mon brave, en plus d’avoir les poumons pourris par les merdes qu’ils respirent et la peau vérolées par les pesticides !

 

Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui intègre des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2.000 hectares ont été rasées pour faire place aux fraisiers.

 

La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place.

 

Quant aux esclaves, ils sont priés de se barrer, retourner chez eux ou s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner - à leurs frais puisque la plupart de son pas déclarés ! - au cas ou les produits nocifs qu'ils ont respirés...

 

La production et l'exportation de la fraise espagnole - l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril - représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises…

 

Mangez cinq fruits et légumes par jour qu’ils nous bassinent… Vous crèverez plus tôt, ça soulagera la sécu !

 

 

 

Illustration X – Droits réservés

12/05/2016

Au bistro de la toile : fraude fiscale, motion de censure, festival de Cannes, féria de Nîmes.

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- Attends Victor, on aura tout vu : le rosbif Cameron préside aujourd'hui, à Londonistan, un colloque sur la fraude fiscale ! C'est comme si les Balkany organisaient un colloque sur l'éthique en politique…

 

- La com Loulle. La com. On fait croire qu'on fait, mais on ne fait rien, c'est de l'enfumage. Dans l'U.E. toute décision concernant la fiscalité doit être prise à l'unanimité des 28 membres ! Bonjour l'efficacité, et merci aux Rosbifs qui ont imposé cette directive scélérate pour protéger les intérêts des vautours de la City. La City n’est pas seulement un quartier d’affaire, poumon économique avéré de la capitale anglaise, mais aussi et surtout elle est le consulat des paradis fiscaux dans l’univers de la finance officielle, la finance respectable en melon et parapluie. Elle est l’alibi et la complice, avec ses têtes de pont anglo-normandes, luxembourgeoise, suisse, monégasque, et tous les paradis fiscaux tropicaux, d’un écran de fumée financier élevé par une mafia hyper fermée où le ticket d’entrée n’est fixé que par un nombre de zéros sur les comptes à gérer. Et des questions on n'en pose pas. Inutile et hautement suspect, les questions! Bon. Il paraît qu' « ils » veulent curer ce cancer. Les banques vont être très prochainement obligées (http://europa.eu/rapid/press-release_IP-14-210_fr.htm) à déclarer, entre autres, le nombre des personnels qu'elles emploient pays par pays, les bénéfices qu'elles réalisent pays par pays, le montant de l'impôt qu'elles y paient, pays par pays encore. On verra si Junker – le patron-voyou de la Commission européenne - propose d'étendre cette excellente directive aux multinationales qui adorent tant le Luxembourg! On t'attend, là, euro-citoyen Junker.

 

- Bon. Je crois qu'on peut attendre encore longtemps… Alors, et ce cinéma chez nous, avec cette « motion de censure », c'est quoi ce bordel ?

 

- Bof. Là encore, gesticulation. La « motion de censure » est une procédure permettant de « faire tomber le gouvernement », comme on disait sous la Quatrième où c'était une routine. Elle est déposée par un groupe qui n'est pas d'accord avec une loi imposée par le gouvernement par la procédure dite du 49.3, qui revient à dire aux députés « allez vous faire foutre, je passe ma loi en force ! ». C'est ce qui va se voter aujourd'hui. Mais les députés « frondeurs » ont des limites à leur effronterie. Ils aiment trop leur belle et bonne gamelle pour couper la branche sur laquelle ils sont assis. Parce que si le gouvernement est censuré, il ne peut que donner sa démission. Avec pour conséquence de nouvelles élections législatives. Et donc l'incertitude pour les députés de retrouver leur gamelle ! Voilà pourquoi les effrontés ne mêleront pas leurs voix à celles de l'opposition. Gesticulation Loulle. Enfumage…

 

- Mouais. Alors, ce ouiquinde, festival de Cannes ou Féria de Nîmes,

 

- Cannes, j'y est habité lorsque j'étais un peu plus jeune. Beaucoup de Cannois fuient leur ville quand débarquent les hordes de shootés à la péloche. Comme les Avignonnais durant le festival de théâtre. Et – pas kon – ils louent à tarif salé leurs turnes aux festivaliers. Quant à la Féria de Nîmes, ça m'intéresse un peu plus mais il faut pas avoir peur de la viande saoule… Quand tombe la nuit, c'est le règne des soiffards sans limite. Très peu pour moi Loulle. Je préfère m'en envoyer un ou deux chez toi, entre amis, que de me trouver coincé au milieu d'une foule de braillards abiérisés à mort.

 

- Il y a les corrida tout de même.

 

- Bien sûr et heureusement.

 

- Y en a qui n'aiment pas…

 

- On s'en fout. La corrida Loulle, c'est un rituel ancestral codifiant le combat de l’homme et du dieu Mithra.

Les vieux gradins de pierres blondes des arènes de Nîmes sont garnis jusqu’au sommet d’une foule aux couleurs excessives. Sous un soleil excessif. Pour trembler, hurler, s’enthousiasmer, applaudir, haïr de manière excessive devant un spectacle excessif. Symboliquement, c’est le combat de l’homme et de la femme. Combat toujours perdu par l’homme. L’homme, ici, c’est le toro, sa puissance brute, son courage insensé, ses charges désordonnées. La beauté de la force. La femme, c’est le torero. Léger, aérien, si féminin dans son allure, son costume et ses attitudes. Opposant à la force l’intelligence, l’esquive, le leurre. La beauté.

Au centre du cirque, il y a un homme. Seul. Sous les regards de dix mille paires d'yeux.

 

- Une danseuse, qu'il dit Cabrel en parlant de ton torero !

 

- Cabrel n’a manifestement jamais vu l’œil d’un toro de près. L'homme – femme, danseuse – a en face de lui un monstre mythique. Six cents kilos de force brute, de bravoure, de volonté de détruire tout ce qui s’oppose à lui.

Des deux, un seul sortira vivant. Et ce sera, presque toujours, l’homme. L’animal n’a jamais sa chance. C’est vrai. Combat inégal, certes, mais où l’homme risque toujours sa vie. Où son existence est suspendue à une erreur, une inattention. Où il frôle constamment la cogida, la blessure, le désastre, la mort.

On est là. Assis. Pétrifié par une attention insupportable. Tous nos sens tendus vers le ballet de mort qui se déroule à quelques dizaines de mètres.

Ambigüité de l’homme, Loulle: on tremble pour le torero mais on sent pourtant monter, malgré tous les barrages de la civilisation, depuis les tréfonds cachés de notre personnalité, l’angoisse mais aussi quelque chose de moche, de sale : l’espoir honteux de la victoire du toro, de la défaite et du massacre de l’homme. Le dompteur mangé par le lion…

 

- La corrida, c’est du sang, de la peur, de la violence.

C’est la mort toujours présente. Fascinante et répugnante. Appelée et rejetée.

 

- La corrida, c'est beau et obscène. Grandiose et pervers.

Comme la vie. Comme la mort.

 

- Allez. A la nôtre !

11/05/2016

Au Vénézuela comme au Brésil, les revanchards yankees à la manœuvre.

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Après le Brésil, sous la menace d'un « golpe » fomenté par les États-Unis s'appuyant sur les forces les plus rétrogrades du pays, intéressons-nous au Vénézuela , autre pays sous la menace directe d'un coup d'état d'inspiration yankee.

 

Nos médias nous montrent la grande misère de ce pays, pourtant assis sur la fortune du pétrole. Avec de gros plans sur des queues pour avoir un bout de pain, des étals de magasins vides, des familles ne mangeant qu'une banane par jour. Tout ça pue la manipulation. Le but, là encore, c'est de faire table rase de toutes les avancées sociales apportée par le régime de Chavez, dont la mort reste plus que suspecte, et de son successeur Maduro.

 

Ceci fait partie d'un plan géostratégique global des États-Unis visant non seulement les pays d'Amérique du Sud qui ont su s'extirper des griffes yankees, mais aussi la Russie, la Chine et, d'une autre manière, l'Europe.

Arme principale : la baisse du prix des matières premières. En mettant sur le marché du gaz et du pétrole de schiste, l'offre devient pléthorique et les tarifs baissent. Premiers visés : la Russie et le Venezuela.

En jouant de tous les registres pour freiner la croissance de la Chine, donc sa demande de matières premières. Premiers visés, le Brésil et l'Europe.

Autre levier : attiser autant que faire se peut l'insécurité à partir du foutoir au Moyen-Orient. Premier visé : l'Europe englué dans un problème de migrants fabriqués par les aventures militaires étasuniennes dans cette région (Irak, Afghanistan, Libye.

Autre levier encore : l'Ukraine afin de rendre impossible tout rapprochement entre l'U.E. et la Russie et mettre en difficultés les économies tant russes qu'européennes par des « sanctions » économiques boomerang.

 

Au Vénézuela, le but de toutes les manips, c'est de virer Maduro pour le remplacer par un pantin à la solde de Washington et recommencer à voler les profits du pétrole que Chavez avait récupéré pour son peuple. La baisse du prix du pétrole coupe les subsides du gouvernement vénézuélien. Les propriétaires et les forces de droite du pays organisent la pénurie de biens de consommation courante, attisant ainsi la ire des populations. L'inflation devient galopante. De grandes manifestations secouent le pays, les « étudiants » de droite excitant et manipulant les sans-dents. Dès lors, on lance, à travers la presse inféodée aux forces les plus conservatrices, une pétition pour demander, comme au Brésil, la destitution du président Maduro. Même objectif, mêmes éléments…

 

Derrière ces troubles, c'est le spectre d'un coup d’État orchestré par Washington qui se fait jour. Les fachos de la CIA manœuvrent pour reproduire au Venezuela leur coup du Chili. Sans effusion de sang si possible, sinon… Des armes circulent, des mercenaires se tiennent prêts. Ils doivent déjà avoir leur Pinochet en réserve. L’option de l’assassinat du président successeur de Chavez, Nicolas Maduro, est activée. La CIA et ses complices au premier rang desquels les médias, tous inféodés à la droite extrême, voudraient profiter du niveau élevé d’exposition du président au cours de ses contacts directs avec la population pour s'en débarrasser radicalement. Ils trouveront bien un « Lee Arvey Oswald »...

 

La CIA, la droite et l'extrême-droite sud-américaine (ainsi que certains dirigeants européens) n'ont jamais digéré le virage radical vers leur émancipation de l'oppression étasunienne opérée par beaucoup d’États d'Amérique du Sud. Nostalgique des périodes où elle semait la terreur, la CIA veut prendre sa revanche sur le chavisme. Ce mouvement n'est pas exempt de reproches, mais il a ouvert des horizons et redonné espoir à des millions de personnes, malgré un climat international particulièrement injuste et hostile à son égard.

 

Le camarade Chavez a tout de même de très belles choses à son actif. D’abord il a foutu dehors les compagnies pétrolières rapaces étasuniennes et européennes pour rendre à son peuple le profit de cette manne pétrolière sur laquelle son pays, le Venezuela, est assis. Ensuite il a mis ces masses énormes de pognon récupéré au service de son peuple : éducation, santé, réduction des inégalités, élimination de la grande pauvreté. Enfin il a suscité partout en Amérique du sud des mouvements de libération politique de gauche qui se débarrassent enfin de la mainmise ultralibérale des multinationales et des officines étasuniennes.

 

Le succès de Chavez, une révolution en construction, c’est son pays décrété « territoire libre d’analphabétisme » par l’Unesco en 2005, c’est près de 60.000 nouveaux établissements, 55.000 enseignants incorporés chaque année, 75.000 bibliothèques, un accès gratuit à la santé avec la coopération de Cuba, la création de dispensaires et de médecins dans les banlieues et le secteur rural, la production nationale de médicaments génériques gratuits, 178.000 Vénézuéliens pauvres récupérant la vue grâce à la mission « Miracle », le traitement du Sida gratuit, 4 millions de personnes engagées dans le sport, la reconnaissance des peuples indigènes, la distribution de terres aux paysans, 3 millions d’hectares distribués, des pensions de vieillesse à plus de 20.000 agriculteurs et pêcheurs qui ont atteint l’âge de la retraite sans avoir cotisé, la nationalisation des secteurs de l’économie qui, adossée à la hausse des prix du pétrole, ont généré d’importants revenus dont bénéficie la majorité de la population.

 

Il va de soi que de telles réalisations au profit du peuple n'ont pu se faire qu'au détriment des parasites. On comprend dès lors que ceux-ci veuillent se débarrasser de Maduro, cet empêcheur de magouiller en rond…

 

Méditons sur ce principe : tout ce qui est bon pour les États-Unis est mauvais pour le reste du monde.

 

Illustration X - Droits réservés.

 

10/05/2016

USA : fomenter un « golpe » institutionnel au Brésil pour tenter de casser les Brics

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Le foutoir continue et s'amplifie même, au Brésil, où la présidente élue, Dilma Rousseff est sous le coup d'une destitution pour un motif mineur : débits budgétaires reportés d'une année sur l'autre, pour pouvoir annoncer un déficit inférieur. Un processus utilisé régulièrement par tous les partis au pouvoir. Les députés ont voté à une large majorité la demande de destitution. Ces parlementaires « golpistes » qui se sont prononcés pour la destitution sont aussi clairs qu'un élu des Haut-de-Seine ! Beaucoup ont gamellé auprès de Petrobras, machine à sous généreuse, d'autres sont poursuivis pour crimes et corruption…Au total, 60 % des 594 membres du Congrès du Brésil font face à des accusations graves comme corruption, fraude électorale, déforestation illégale, enlèvements et homicides. Quant à leur chef de file, le président de la chambre des députés Eduardo Cunha, il est lui-même mis en accusation par le Tribunal Suprême. Cette même Cour l'a écarté de ses fonctions pour avoir tenté d’entraver l’enquête sur les faits de corruption dont il est accusé ! C'est l'arroseur arrosé. Adversaire de Dilma Rousseff, il est l’homme qui avait déclenché « l'impeachment », en acceptant, en décembre, une demande de destitution de la présidente, une prérogative du chef du perchoir. Il a été remplacé par son vice-président Waldir Maranhao. Celui-ci a provoqué un retentissant coup de théâtre en annulant le vote de l'assemblée plénière des députés qui avaient approuvé le 17 avril la procédure de destitution de Dilma Rousseff.

 

Mais, nouveau coup de théatre, quelques heures plus tard, le président du Sénat Renan Calheiros a ordonné dans l'après-midi la poursuite de la procédure, ignorant la décision "intempestive" de suspension prise quelques heures plus tôt par le président par intérim du Congrès des députés ! Quant on parle de foutoir, c'est un terme encore bien faible…

 

Le coup d'état « non violent » a donc repris pour destituer une présidente démocratiquement élu, et installer un des politiciens les plus corrompus – qui, d’une façon qui ne doit rien au hasard – se trouvent être préférés par l'establishment politique américain, bafouant ainsi la démocrati et les 54 millions de personnes qui ont réélu la première femme présidente du Brésil, il y a seulement 18 mois. La personne que les oligarques brésiliens et leurs organes de presse tentent d'installer en tant que président : le vice-président Michael Temer est l’incarnation de la contamination par la corruption au service des oligarques. Il est profondément impopulaire. 

 

Deux faces d’un même pays s’affrontent par partis interposés, le Brésil des riches et celui des pauvres. Il s'agit bien de manœuvres de renversement illégal d'un pouvoir élu démocratiquement. Il est mené par l'opposition de droite : la droite politique qui veut échapper aux condamnations judiciaires et revenir aux affaires ; et la droite judiciaire qui utilise les enquêtes et leur médiatisation de façon partisane et en violant au passage les libertés publiques. Que des millions de personnes appuient ce coup d'État dans la rue n'y change rien. D'autres l'avaient fait avant eux il y a 50 ans, lorsqu'un coup d'Etat militaire avait été acclamé par des millions de Brésiliens, la presse, et la majorité de la classe politique. La dictature a duré 21 ans.

 

La bourgeoisie brésilienne ne se satisfait pas de sa condition de classe dominante. Elle exige des conditions qui lui permettent d'exploiter sans entrave la force de travail dont elle dispose : les plus pauvres, les sans-terres. Et les classes moyennes sont exaspérées non pas parce que leur niveau de vie se dégrade mais parce qu'elles voient les plus démunis gagner un peu plus de droits ! Cette pseudo élite ne reconnaît le principe de majorité que lorsqu’il répond à ses intérêts…

 

Voilà la clique qui veut foutre en l'air Dilma Rousseff. Certes le Parti des Travailleur a trahi sa promesse d'être un parti "propre", "éthique". Il s'est fondu dans le système, en partie pour mener des politiques d'inclusion que rejetait l'écrasante majorité de la classe politique (qu'il lui a fallu acheter), en partie parce que des politiciens du PT ont profité de l'exercice du pouvoir pour s'enrichir personnellement. Certes Dilma gouverne peu et mal. Sous la pression de la crise économique résultant de la chute des prix des matières premières dont le Brésil est un grand pourvoyeur mondial, elle a renoncé à mener des politiques sociales et de croissance. Mais ce ne sont pas des raisons valides pour faire démettre une présidente élue démocratiquement.

 

L'objectif des « golpistes » est de s'attaquer à la souveraineté populaire, exprimée par le vote et de la mettre sous la tutelle de la magistrature dont les membres, non élus et protégés de tout contrôle social, sont engagés dans un programme de changements rétrogrades qui ne sont pas exprimés. Contre la gauche – qu'ils vomissent – tout leur est bon, y compris un putsch militaire.

 

Mais derrière ces basses manœuvres, on devine les sales pattes des officines secrètes – CIA entre autres - qui magouillent sournoisement pour imposer la politique de Washington. A travers le Brésil, ce qui est visé, c'est l'alliance économique des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Car quelle meilleure façon de contrecarrer les actions réussies de cette alliance qui ose se dresser face à « l'Empire » que de placer au Brésil un gouvernant oligarchique à la botte des intérêts étasuniens ?

 

Bonne ambiance pour les J.O. !

 

Illustration X - Droits réserrvés