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17/06/2016

Au bistro de la toile : Martinez chez El Khomry

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- Alors ! Victor, tu crois qu'ils vont se rouler une pelle ?

 

- Qui ça ?

 

- Ben, M'ame El Komry et le camarade Martinez, ci-devant moustachu de la CGT.

 

- C'est vrai qu'ils se rencontrent ce matin. Si leurs négociations durent jusqu'à demain , ce qui voudrait dire que ça avance positivement, et qu'ils se se fassent une salade de museau pour fêter ça, on pourra dire que c'est « la pelle du 18 juin » !

 

- Il doit y avoir tarpé parce que les kroumirs vindicatifs du Sénat sont en train de lui filer de sacrés suppositoires au cul à cette Loi El Komry pour la bouster ! Sous sa version actuelle, elle leur semble trop « gauchiste ». Ils ont même voté l'abandon des 35 heures.

 

- Le Sénat, après un bref passage à gôôôche, a retrouvé sa vocation : être la grosse caisse de tout ce que la droite la plus bornée peut proposer. Ainsi, le fameux article 2, celui qui préconise l'inversion des normes leur semble encore trop favorable aux manards…

 

- Et qu'est-ce qu'il dit cet article ? C'est quoi « inverser les normes » ?

 

- En matière de négociations entre syndicats et patronat la règle est que ces négociations se passent au niveau des « branches ». Les branches, ce sont les organisations professionnelles qui regroupent les entreprises œuvrant dans un même secteur. La branche textile regroupe ainsi toutes les boites qui marnent dans le tissu, la branche métallurgie regroupent toutes celles qui sont dans la ferraille, etc. Ce système donne un certain poids à ces « branches », poids que n'auraient évidemment pas les entreprises prises séparément. Ce sont les « accords de branche » d'où découlent les « conventions collectives » qui régissent les rapports entre patrons et salariés.

La Loi El Komry, sur diktat du patronat, veut donc casser ce rapport de force. « Inverser les normes » consiste à donner priorité aux accords directs entre salariés et patrons au sein des entreprises, sans passer par les « branches », bien trop puissantes pour les patrons. Note que cette inversion des normes comme ils disent dans leur jargon est dictée par la Commission Européenne qui l'a déjà exigée de la Belgique, l'Espagne, l'Italie, pays qui avaient des accords équivalents aux nôtres.

 

- Et ça va changer quoi ?

 

- Ben, si cette loi passe, une entreprise pourra désormais négocier avec ses salariés des conditions moins favorables que la convention collective de branche, ce qui ouvre la porte au dumping social. Les salariés, seuls, avec l'épée de Damoclès du chomdu sur leur tête, seront des proies plus faciles à plumer par les patrons. Voilà ce que Martinez refuse.

 

- Oui mais la CFDT est pourtant d'accord pour signer ces accords ? Pour eux les négociations ont été positives...

 

- Bof. Comme disent les slogans des manifs, « Si le Medef voulaient instaurer l'esclavage, la CFDT négocierait le poids des chaines »…

 

- Bon. En attendant le résultats des négociations, levons nos verres !

 

- A la nôtre !

 

Illustration: merci à Chimulus

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