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20/06/2016

« In » ou « Out » ? Une semaine d'ESPOIR pour l'Europe.

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Le rationnel, pour les britanniques, seraient de quitter cette Europe dont ils n'ont jamais voulu, dont ils refusent les règles, et qu'ils parasitent allègrement. Et le référendum, dans un déroulement de campagne normal, menait à un vote confortable pour le « Brexit »,le « Leave » (quitter).

Et voilà que, soudainement, un évènement « fortuit » fait basculer cette consultation vers l'émotionnel : l'assassinat de la députée Jo Cox, championne du camp pro-U.E. une petite semaine avant le scrutin. Tuée par un partisan fanatique du « Brexit » (de quitter l'Europe). Dans l'inconscient populaire façonné à l'émotion par les télés, les me(r)dis et les réseaux dits « sociaux », une figure charismatique du « In » (rester dans l'U.E.) est lâchement assassinée par un fou du « Out ». Dun côté la belle figure de la jeune députée assassinée pour ses idées européistes, de l'autre l'incarnation du mal se réclamant du « out ». C'est un peu trop gros pour qu'on ne soit pas dubitatif…

A rapprocher d'un même cas de figure en Suède, il y a 13 ans, où une belle figure des pro-Europe été assassinée dans des circonstances semblables, trois jours avant le vote. Vote qui était aléatoire mais que la vague émotionnelle qui a parcouru le pays a fait penché vers le « oui » à l'Europe.

On peut légitimement faire des rapprochements… Et, comme en Suède à cette époque, les me(r)dias dominants nous bassinent avec des sondages qui inversent « miraculeusement » la courbe.

A qui profite le crime ? Cherchons....

Notons que l'une des première personnalités à réagir a été le ci-devant John Kerry, ministre étasunien des affaires étrangères du pays qui a imposé son pittbull - la Grande-Bretagne - à l'Europe et qui voit d'un très mauvais œil sa possible sortie voulue par son peuple. Comme si l'opinion des peules avait quelque intérêt...


Revenons quelques décennies en arrière. Depuis les premiers pas de l'Europe (CECA puis Marché commun), les Anglais se sont posés cette question : quelle est la meilleure place pour la foutre en l'air, être dedans ou rester dehors ? L'histoire a montré que lorsque les Anglais entrent dans une organisation, c'est soit pour la dominer et la réduire à servir ses seuls intérêts, soit pour la faire foirer. Là, chapeau, ils sont en train de réussir les deux.

S'ils restent, ils auront obtenus tellement de dérogations, avantages, exemptions, chèque de retour, statuts particuliers, etc. que l'E.U. n'y survivra pas car d'autres pays vont exiger un traitement identique, ce qui est justice.

S'ils s'en vont, un espoir se fera jour : une refondation de l'Europe basée sur une réelle alliance entre France et Allemagne ouverte à ceux qui voudront en accepter les règles.

Oui mais quelles règles ? Il faudrait instituer une diplomatie, une armée, voire une police commune, une organisation sociale, des règles fiscales compatibles sinon communes, tout en laissant s'épanouir séparément la culture, le mode de vie, la langue évidemment, l'éducation. Ceci impliquant une prise de distance avec les « amis » et « alliés » étasuniens. Mais comment la France peut-elle parler d'égal à égal avec l'Allemagne ? Ni avec son économie anémiée, ni avec ses dirigeants « couilles-molles » incapables de tenir tête à Frau Merkel.

Peut-on jeter la pierre aux Anglais de vouloir sortir de cette Europe de la déception ? Ils ont au moins le courage de poser la question à leur peuple et on peut être sûr qu'ils respecteront le verdict des urnes, contrairement à nous, qui avons laissé un président tricheur se torcher sans vergogne avec la victoire du « Non » à la constitution européenne.

Ce ramdam autour de la sortie ou non de la Grande-Bretagne cache le véritable problème de l'Europe devenue une colonie allemande. Ceci ne l'oublions pas, à cause de la faiblesse et du renoncement politique de la France. Frau Merkel à la baguette mène l'orchestre et la danse européenne, mais avec une musique exclusivement allemande. Avec des effets désastreux pour les nations de l'U.E. sauf...pour l'Allemagne.

Son économie est prospère ? Oui mais elle est basée sur l'exploitation éhontée de la main d'oeuvre des ex pays de l'Est, sous payée, supportant des conditions de travail « à la chinoise ».

Elle exporte ainsi ses produits industriels avec le label « made in Germany » alors qu'ils sont souvent faits ailleurs, Tchéquie, Hongrie, Roumanie, etc. et seulement assemblés voire juste étiquetés en Allemagne.

Elle fout en l'air l'industrie laitière et l'élevage des autres pays européens, en industrialisant l'agriculture, exploitant là encore la main d'oeuvre détachée de ses marches de l'Est.

Ses décisions en matière de politique internationale sont catastrophiques, comme toujours lorsqu'elle se laisse griser par sa puissance.

Ainsi elle a étranglé et humilié la Grèce avec une brutalité et une morgue qu'on croyait rangées aux poubelles de l'Histoire.

Ainsi elle a ouvert toutes grandes, avec une effarante stupidité, les portes de l'Europe à une immigration sans limite...pour ensuite faire marche arrière.

Elle est allée (Frau Merkel) négocier la gestion des immigrés du Moyen-Orient - de sa propre initiative sans mandat ni même concertation de ses partenaires européens - avec le dictateur Turc Erdogan qui s'est fait une joie de lui imposer ses diktats.

Elle négocie avec la Chine ses seuls intérêts, s'implique en Ukraine comme un toutou docile des yankees, donnant toutes facilités à l'Otan pour provoquer le voisin Russe, elle pousse à la roue pour signer au plus vite l'horreur économique qu'est le traité Tafta.

Mais elle se garde bien de s'impliquer dans les problèmes du Moyen-Orient et de l'Afrique, laissant la France s'épuiser par son effort militaire bien solitaire au profit pourtant de toute l'Europe.

Qui peut faire face à cette Allemagne à volonté hégémonique ? Comme le montre l'Histoire, seule la France est en mesure de le faire. Dès lors, l'avenir de l'Europe dépend en grande part de nous. Encore faut-il que nous le voulions et donc que nous nous débarrassions de cette caste politique ayant amplement prouvé son incompétence, sa lâcheté, sa cupidité.

La victoire du « Brexit » peut être ce coup de pied dans la fourmilière qui permettra de rebattre les cartes.


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