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01/09/2016

Au Brésil, le triomphe des vautours.

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Les lampions des Jeux Olympiques sont éteints, les factures restent. Et les politicards les plus corrompus du Brésil viennent de finaliser leur coup d'état avec la destitution de Dilma Rousseff, la présidente régulièrement élues. En arrière-plan, les manœuvres de la CIA.Comme au Vénézuela et ailleurs Amérique du Sud.

Dilma Rousseff, et avant elle son mentor Lula, ont réussi un pari fabuleux : transformer radicalement le pays, en faire une puissance émergente, imposer des règles de fonctionnement démocratique et établir une sorte de "new-deal" interne, qui a permis à 60 millions de Brésiliens de passer, en deux mandats, du statut de pauvres à celui de personnes à revenu acceptable. Tout le monde y a gagné : les Brésiliens, dont le niveau de vie s’est nettement amélioré, les entreprises, qui ont vu leur marché s’élargir, et le Brésil, qui changé de statut.

Mais la bourgeoisie a mal digéré cette situation. Elle est « offusquée » du fait que des anciens crève-la-faim atteignent des niveaux de vie décents. Elle ne se satisfait pas de sa condition de classe dominante. Elle exige des conditions qui lui permettent d’exploiter sans entrave la force de travail dont elle dispose : les plus pauvres, les sans-terres. Et les classes moyennes sont exaspérées non pas parce que leur niveau de vie se dégrade mais parce qu’elles voient les plus démunis gagner un peu plus de droits ! Cette pseudo-élite ne reconnaît le principe de majorité que lorsqu’il répond à ses intérêts…

La droite arbore sans complexe des idées carrément fachos : le retour à des valeurs autoritaires, le droit au port d’armes pour tous, l’abaissement de la majorité pénale, le refus de politiques d’« assistance » (allocations familiales, quotas de discrimination positive dans les universités) à destination des plus pauvres, des plus déshérités comme les noirs, les Indiens, les Haïtiens immigrés, mais encore les homosexuels. Il s’est ainsi constitué un front de conspirateurs qui réunit des juges, des procureurs, des agents de la police, des associations du patronat, des partis politiques, des "think tanks" conservateurs, tous appuyés par une grande presse oligarchique. Ces « golpistes » sont abreuvés de fric par le patronat et sont soutenus par quelques juges plus que douteux, par l’ensemble de la presse brésilienne et bénéficient de la « compréhension » de la presse internationale aux ordres des multinationales et des marchands d’armes. Avec, n’en doutons pas, quelques coups tordus de la CIA dont Michel Temer fut un collaborateur. 

Le personnage qui s’efforce de donner une teinture démocratique au « golpe », le ci-devant Michel Temer, vice-président de Dilma Rousseff, est lui aussi mouillé jusqu’au cou dans les scandales de corruption, notamment avec le géant pétrolier Petrobras, au centre de toutes les magouilles, tout comme 60 % des sénateurs qui ont destitué la présidente.

Voilà la clique qui a réussi à foutre en l’air Dilma Rousseff. Son objectif est de s’attaquer à la souveraineté populaire, exprimée par le vote et de la mettre sous la tutelle de la magistrature dont les membres, non élus et protégés de tout contrôle social, sont engagés dans un programme de changements rétrogrades qui ne sont pas exprimés. Contre la gauche – qu’ils vomissent – tout leur est bon, y compris un putsch militaire. Ils n’en ont pas eu besoin pour l’instant. Mais le peuple brésilien, sorti brutalement de l’opium des J.O., commence à bouger. La rue populaire se réveille et si Temer ne parvient pas rapidement à des résultats probants sur le plan économique, si le chômage continue de progresser, si les inégalités se creusent, les Brésiliens ne resteront pas les bras croisés. D’autant plus que son programme est à l’opposé de celui de la présidente destituée : tout pour les patrons et les possédants et destruction de tous les programmes sociaux mis en place par Lula et poursuivi par Rousseff.

Les Jeux Olympiques, après la Coupe du monde de foot, ont détourné l’argent vers des installations somptuaires et inutiles. 10 milliards pour la Coupe du monde, plus 12 milliards pour les Jeux Olympiques. Des montagnes de fric gaspillées au détriment des écoles, des transports, des programmes sociaux. Chaque siège d’un de ces stades inutiles coûte le prix d’une maison dans une favella… Avec pour résultat, à l’abri des grands stades, la prostitution enfantine et la drogue. Et le tourisme sexuel « boosté » par les J.O.

À San Paolo, le peuple descend dans la rue. Les « golpistes » ne sont pas encore sortis de l’auberge.

 

Photo X - Droits réservés

 

Commentaires

je te plains mon pauvre victor. tu as réponse à tout et tu sais mieux que quiconque ce qui est bien, ce qui est vrai... si j'osais, je dirai que tu es un saint !!!

Écrit par : michel versal | 15/09/2016

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