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08/09/2016

Politiques. NON ils ne sont pas tous pourris!

Laurent Grandguillaume.jpg

 

Respect à Laurent Grandguillaume, jeune élu socialiste de 38 ans, conseiller municipal de Dijon et député PS de Côte d’Or. Cet homme rend quelques raisons de respect aux élus de la République. En effet, il vient d’annoncer que, pour mettre en cohérence ses convictions et son action (il s’est toujours prononcé contre le cumul des mandats), il annonce qu’il renonce à se représenter devant les électeurs aux prochaines élections législatives. Pour lui, l’engagement politique doit être un engagement au service de l’intérêt général et en aucune manière un métier. À rapprocher des manœuvres de certains élus de droite comme de gauche pour repousser aux calendes grecques le non-cumul des mandats (http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pendant-le-b...).

 

 

Écoutons-le :

Du non-cumul des mandats dans le temps à de nouvelles actions citoyennes, pourquoi j’ai pris la décision de m’engager autrement !

5 septembre 2016

Après mûre réflexion et après dix années de mandats électifs sans interruption (locaux et nationaux), j’ai décidé de ne pas me représenter aux élections législatives de juin 2017. Les désignations du parti socialiste pour ces élections étant prévues en fin d’année 2016, j’ai décidé d’annoncer ma décision dès maintenant pour garantir les meilleures conditions possible pour le renouvellement.

Je crois qu’il est grand temps de changer l’engagement politique par la preuve. Il doit en effet être conçu comme un engagement au service de l’intérêt général et non plus comme un métier. Faut-il attendre le changement des règles ou s’imposer les règles du changement ?

Je considère qu’il faut à la fois limiter le cumul des mandats en nombre et dans le temps car on ne peut pas être partout et bien faire plusieurs choses à la fois. C’est pourquoi je m’applique cette exigence à moi-même, comme je m’étais appliqué le non-cumul avec un exécutif local dès le lendemain de mon élection en tant que député en 2012, bien avant le vote de la loi qui s’appliquera à tous en 2017. On ne peut pas regretter de voir les mêmes têtes depuis des décennies et en même temps reproduire des schémas identiques, même quand on est plus jeune. L’ordre des choses installe une forme de glaciation qui empêche le renouvellement des idées, l’audace et la prise de risque. Il faudrait être candidat à tout, partout et tout le temps pour exister. C’est cela aussi le moteur de la défiance. En écrivant cette lettre, j’imagine déjà les quelques critiques sourdes de ceux qui, représentants d’un système dépassé, tenteront de décrédibiliser cette démarche. Comme le disait si bien Léon Blum "On est socialiste à partir du moment où l’on a cessé de dire : « Bah ! C’est l’ordre des choses ; il en a toujours été ainsi, et nous n’y changerons rien », à partir du moment où l’on a senti que ce soi-disant ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d’égalité, de solidarité qui vit en nous".

Bien d’autres jeunes responsables politiques locaux pourront continuer le travail dans la 1ère circonscription de la Côte d’Or, seule circonscription de notre département où la gauche a progressé lors des derniers scrutins. Elle est devenue en effet majoritaire aux dernières élections départementales avec l’arrivée d’une nouvelle génération d’élu(e) s socialistes de terrain (6 conseillers départementaux sur 10 sont issus de la gauche contre 2 sur 5 en 2012). Si les conditions de l’unité sont réunies, la gauche aura de grandes chances de la conserver. Mais l’unité ne se décrète pas, elle se construit dans la confiance.

Élu député en juin 2012, j’ai exercé mon mandat parlementaire avec rigueur pour faire face aux défis qui étaient devant nous : le redressement de nos finances publiques pour garantir notre souveraineté nationale et notre indépendance face aux marchés financiers, le combat contre ce fléau social et humain qu’est le chômage, le soutien à nos artisans - commerçants - - TPE - PME et ETI pour leur redonner des marges de manœuvre nécessaires pour créer des richesses, la transition écologique et énergétique,… Le bilan du quinquennat comporte bien entendu, comme tout bilan, des ombres et des lumières. Il appartiendra aux citoyens d’en juger par eux-mêmes dans les débats à venir.

J’ai mené des missions difficiles, et passionnantes, qui m’ont été confiées par les Premiers Ministres Jean Marc Ayrault et Manuel Valls, et le président de la République, François Hollande : le conflit des autoentrepreneurs et des artisans, le conflit des taxis et des VTC, la mission de simplification pour les entreprises. J’ai porté une loi avec le monde associatif, votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale et au Sénat, pour expérimenter dans 10 territoires une utopie réaliste de lutte contre le chômage de longue durée. J’ai été rapporteur thématique des lois Hamon et Macron, rapporteur budgétaire sur l’asile, l’intégration et l’immigration, rapporteur de la mission d’évaluation de Bpi France. J’ai fait adopter plusieurs amendements visant à encadrer les retraites chapeaux, les Golden Hello, à protéger la résidence principale des entrepreneurs individuels, à faciliter les changements de compte bancaire pour les consommateurs ou encore à renforcer les dispositifs de lutte contre le surendettement des familles. J’ai tenté aussi d’apporter des idées nouvelles à travers deux livres, conçus comme des contributions pour tenter de bousculer l’ordre des choses.

Bien sûr, j’ai aussi des regrets : ne va pas avoir réussi à convaincre ma propre famille politique qu’il ne fallait pas supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires mais qu’il fallait juste l’encadrer pour éviter un coût trop important pour les finances publiques ; je regrette les fortes tensions, la violence et les fracturations sur la loi travail alors que notre pays a tant besoin de réformer son droit et son modèle social pour prendre en compte les mutations du travail ; je regrette les polémiques inutiles et le manque d’unité nationale dans le combat contre le terrorisme qui est une des plus grandes épreuves de l’histoire récente de notre Nation. Il serait sain pour la classe politique qu’elle soit parfois capable de compromis et de respect dans la diversité.

J’entends mener mon travail jusqu’au bout du mandat. Aussi, je consacrerai mon énergie à terminer ce que j’ai commencé : la simplification pour les entreprises, le travail avec tous les acteurs pour une sortie durable du conflit des taxis et des VTC, et je veillerai à l’application de la loi d’expérimentation territoriale visant à résorber le chômage longue durée. Je suivrai en parallèle une formation dans le cadre de mon retour à la vie professionnelle à l’issue du mandat.

J’ai par ailleurs adressé aujourd’hui ma démission de mon mandat de conseiller municipal de Dijon pour permettre à un autre citoyen d’exercer dès maintenant ce mandat, avec tout le temps nécessaire dont il disposera pour répondre à cette fonction exigeante. Je continuerai à suivre en tant que citoyen le développement de notre belle ville de Dijon.

Au plan local, au travers de mes anciens mandats de conseiller général de la Côte d’Or, de Vice-Président aux finances de l’agglomération dijonnaise, d’Adjoint au maire délégué à la jeunesse, à la vie associative et à la démocratie locale, et de Président du groupe socialiste du conseil municipal de Dijon, je suis fier d’avoir travaillé, dans un cadre collectif, à de nombreux projets utiles pour les habitants que ce soit avec la rénovation du quartier de la Fontaine d’Ouche, l’accompagnement de la vie associative, la mise en place des budgets participatifs des commissions de quartier, la création du festival Kultur’Mix, ou encore l’élaboration du plan de financement des deux lignes de tramway.

Face aux enjeux pour notre pays, face aux fanatismes et aux extrémismes, nous avons besoin d’unité nationale, de dépasser certains clivages sans renier notre identité et notre histoire politique. La politique est parfois devenue le théâtre d’affrontements des apparences, elle devrait redevenir l’espace de construction de ce qui nous est commun.

On ne gagne que les combats que l’on mène. Aussi je continuerai à mener d’autres combats pour mettre l’humain au cœur des choix, que ce soit dans ma vie professionnelle, que je vais retrouver avec grand plaisir, et dans le monde associatif qui est au cœur de la vie de la cité. L’essentiel c’est la République laïque et sociale par l’action.

Citoyennes, citoyens, la démocratie nous appartient. La démocratie est représentative, participative et sociale. Il est essentiel de renouveler le débat d’idées et les responsables politiques. Dans cette perspective, il n’y a pas qu’un seul chemin possible. Ici, et demain, je suis persuadé que nous aurons de nouveaux combats à mener ensemble. Je ne manquerai pas de continuer à m’exprimer en homme libre.

 

http://www.grandguillaume.net/2016/09/du-non-cumul-des-mandats-dans-le-temps-a-de-nouvelles-actions-citoyennes-pourquoi-j-ai-pris-la-decision-de-m-engager-autrement.html

 Livre de Laurent Grandguillaume : La gauche a perdu sa boussole, offrons-lui un GPS !, éditions du Moment, avril 2016

Photo X - Droits réservés

Commentaires

D'un autre côté il risque de ne pas avoir beaucoup de socialistes à la prochaine assemblée, alors c'est pas mal joué de sa part. mais je vois le mal partout! :-)

Écrit par : wilfrid | 08/09/2016

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