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18/10/2016

Aujourd'hui se joue à Luxembourg l'avenir du très nuisible accord CETA.

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 Ce mardi 17 octobre les ministres européens du Commerce se réunissent à Luxembourg pour approuver l'accord commercial CETA entre l'U.E. et le Canada, accord qui devrait être signé le 27 octobre à Bruxelles en présence du chef du gouvernement canadien Justin Trudeau.

«Nous exhortons le gouvernement à ne pas ratifier le CETA. Cet accord menace nos services publics, notre système de santé et nos emplois». Paroles de syndicaliste. Elle émane de qui ? CGT ? Confédération des syndicats européens ? C'est ce que l'on voudrait entendre tant ces accords sont nuisibles à tous les travailleurs. Non, cette exhortation a été formulée par Mark Handcock, l'un des principaux dirigeants syndicalistes...canadien ! Et il n'est pas le seul représentant des travailleurs d'outre-atlantique a prendre position rdicalement contre le CETA. Hassan Yussuff, président du Congrès du travail du Canada (CTC), déclarait à son tour : « Le Canada et l’Europe partagent de nombreuses valeurs qui pourraient nous permettre d’approfondir nos relations commerciales d’une manière juste et équitable en respectant de forts droits des travailleurs et travailleuses et des normes environnementales élevées. Malheureusement, le CETA nous en empêche.» Cette organisation (plus de 3 millions d'adhérents) s'oppose avec vigueur aux accords CETA dont elle pense qu'il favorise par trop les intérêts des entreprises et en particulier des multinationales aux détriments des travailleurs...canadiens. Comme quoi il n'y a pas qu'en Europe que ce traité et son jumeau le TAFTA font grincer des dents.

Cette identité de vue des syndicats de part et d'autre de l'Atlantique a donné lieu, le 4 mai dernier, a la publication d'une requête commune entre le CTC canadien et la CES (Confédération européenne des syndicats). Les deux confédérations demandaient aux négociateurs de la Commission européenne et du ministère canadien du Commerce cinq modifications majeures: l’élimination des tribunaux de l’investisseur, le respect du droit du travail, la possibilité de réviser l’accord dans les cinq ans suivants sa ratification, la protection des services publics et la protection des autorités locales.

Il faut dire que les Canadiens ont déjà une large et cuisante expérience de ces « accords », avec l'ALE (accord de libre-échange entre le Canada et les Etats-Unis) et l'ALENA (accord de libre échange entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique). Concernant le volet le plus contesté de ces types d'accord - les tribunaux privés pour régler les différents entre entreprises multinationales et Etats – le constat est sans ambiguïté : sur les 77 poursuites connues entre investisseur et État en vertu de l’Alena, 35 ont été intentées contre le Canada, 22 visaient le Mexique et 20 les États-Unis. Le gouvernement des États-Unis a remporté 11 de ses affaires et n’a jamais perdu une affaire en vertu de l’Alena, ni payé de dédommagement à une société canadienne ou mexicaine. Cela prouve que même si les accords commerciaux semblent traiter toutes les parties équitablement, les pays les plus puissants sont généralement mieux immunisés contre les poursuites commerciales.

La position identique des organisations de travailleurs européenne, canadienne et étasunienne (concernant le TAFTA) souligne bien que l'enjeu de ces traités n'est pas l' intérêt de tel pays contre tel autre pays comme on le dit parfois, mais avant tout l'intérêt des multinationales contre l'intérêt des citoyens, qu'ils soient travailleurs ou consommateurs.

Les Wallons, qui refusent toujours de signer ces accords CETA, subissent le feu roulant des pressions des autres pays européens, de la Commission, des me(r)dias aux ordres, des canards laquais. Tiendront-ils le coup ? Auquel cas nous devront élever un monument à leur courage et à leur lucidité !

 

Sources :

https://blogs.mediapart.fr/fabien-grasser/blog/151016/ceta-les-syndicats-canadiens-sur-le-pied-de-guerre

http://www.cgt94.fr/spip.php?article1536

http://www.force-ouvriere.fr/le-ceta-ne-fait-pas-un-tabac

http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/le-non-wallon-au-ceta-pourrait-empecher-sa-mise-en-oeuvre-1176084

 

Illustration X - Droits réservés

Commentaires

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Écrit par : victor | 18/10/2016

Faire passer en premier les bénéfices des entreprises devant les DROITS des travailleurs.
C'est ce qu'on appelle la globalisation.

Écrit par : financesentempsdecrise.hautetfort.com | 20/10/2016

Les commentaires sont fermés.