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30/01/2017

Au Bistro de la Toile : Hamon, Fillon, le triomphe des seconds couteaux.

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- Je te salue, Victor, "apérologue" distingué! T’as vu, après Fillon voilà Hamon. C’est le triomphe des seconds couteaux.

- Tu l’as dit Loulle. Des seconds couteaux mais aussi des seconds coûteux ! D’un côté un déprimé magouilleur qui a tout subi de la part de son « employeur » Sarko, de l’autre une deuxième gâchette. Tous deux ont en commun qu’ils n’ont jamais, JAMAIS travaillés. Ils ont toujours grenouillé dans le milieu politicien. Dès lors ils sont totalement coupés des réalités, des problèmes du pélucre de base qui s’estime heureux de son sort s’il arrive à avoir un job merdique payé au SMIC. Ils sont l’illustration de cette caste politique qui contourne allègrement les lois qu’ils ont eux-mêmes votées.

Fillon est un exemplaire caricatural de ces professionnels de la politique.. Ce bourge, fils de notaire, élevé chez les curés se targue de hauts faits divers révolutionnaires : il aurait fait le mur de son école et y aurait été ramené entre deux gendarmes en chantant l’Internationale !

- Je me doutais bien qu’il y avait du révolutionnaire bolchevique chez ce sourcilleux « Mister Nobody » comme l’appellent ses collègues.

- Un révolutionnaire qui ne s’est jamais sali les pognes. Il est « entré dans la carrière » comme assistant parlementaire d’un ami du papa notaire, le ci-devant Le Theule, député RPR de la Sarthe puis plusieurs fois ministre. Grenouillant dans son sillage, il en sera le second couteau pendant des années. Lorsque celui-ci casse sa pipe, il se glisse dans ses pantoufles chaudes d’élu : conseiller général de la Sarthe puis député.

- Un paraît exemple de réussite clanique en quelque sorte.

- Exactement. Second couteau il est, second couteau il restera, notamment dans les basques de Philippe Séguin, puis de Balladur, enfin de Sarkozy. Bref, un parfait apparatchik rompu à toutes les embrouilles politiciennes.

- Il n’empêche que maintenant il est en haut de l’affiche !

- Par défaut. C’est le syndrome Hollande : il a gagné parce que les électeurs ont voté pour lui afin de virer Sarko ! Et par la même occasion celui dont il était prêt à prendre le sillage : Juppé.

- Il a « fait du monde » à son meeting de ce dimanche.

- Ce ne sont que des convaincus, des complices applaudissant debout sa tendre et chère – très chère - épouse Pénélope. Ils applaudissent une femme qui a pondu deux articles de quelques lignes et qui a pompé « modestement » les finances publiques : de 3 900 euros en 2001 à 7 900 euros en 2006. Les vrais assistants parlementaires, payés au max 2 500 boules par mois l’ont en travers d’ailleurs. Et c’est ce Fillon-là qui gueule que le SMIC est trop élevé. Et, François, c’est pas très « chrétien » ça!

- Ouais mais elle était une bonne gagneuse ailleurs qu’avec son patron de mari, la Pénélope : 100 000 euros comme pigiste dans une revue microscopique n’employant que le rédacteur unique et la secrétaire!

- Ben voyons ! Les deux notes de lecture - disponibles sur le site de la Revue des deux mondes et Marianne - permettent de faire le compte : elles cumulent 3 474 caractères au total, ce qui revient à 27 € le caractère si l’on considère que le salaire correspond aux deux notes de lecture. Il serait toutefois plus juste de compter 3 475 caractères, car la seconde note de lecture, de 926 caractères, comporte une erreur sur le verbe « illustrer », auquel il manque un « r ». À ce tarif-là, je serais millionnaire depuis longtemps !

- Eh ouais. C’est comme ça quand on est dans la politique depuis 40 ans. Le broussailleux, il n’a jamais connu les fins de mois qui commencent le 15. Il n’en a même pas idée. En plus, il a une haute idée de ce qu’il fait, de son « utilité » alors qu’il est un super-assisté qui a toujours vécu d’argent public pour un service rendu plus que contestable. Cinq ans sous Sarko, ça fait tache sur un CV ! Dans le privé, il se ferait virer à la fin de sa première semaine…

- C’est la mentalité de ces professionnels de la politique : ils ne se rendent pas compte que ce qui leur semble normal, équitable les concernant est profondément immoral pour les cochons de payants…

- Alors, Fillon, futur président ?

- Je n’y crois pas. Quoi que, avec un peuple qui a élu Sarko et Hollande, on peut s’attendre à tout…

- Et Hamon?

- Pareil. Encore un qui n’a jamais travaillé. JAMAIS ! Même parcours commençant par assistant parlementaire, le centre d’apprentissage en quelque sorte des politicards professionnels. Il a été élu « candidat du parti socialiste » à la présidentielle. Mais dans la réalité, il s’est juste positionné comme futur secrétaire du PS. Parce que ceux qui sont intéressés par son programme original et novateur – j’en suis – ne s’embarqueront pas dans une galère destinée à faire naufrage et préféreront l’original à la copie en votant Mélenchon. Et les autres rejoindront Macron.

- À voir. Allez, à la nôtre !


Illustration: merci au regretté Chimulus

 

28/01/2017

Ouiquinde érotique avec l’inventeur du phonographe !

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Coin de tableau

Sensation de haschisch

 

Tiède et blanc était le sein

Toute blanche était la chatte.

Le sein soulevait la chatte.

La chatte griffait le sein.

 

Les oreilles de la chatte

Faisaient ombre sur le sein.

Rose était le bout du sein,

Comme le nez de la chatte.

 

Un signe noir sur le sein

Intrigua longtemps la chatte;

Puis, vers d'autres jeux, la chatte

Courut, laissant nu le sein

 

Ventre de jade blanc, poli,

Veiné de lapis-lazuli,

Comme ces coupes que Desgosffe

Peint sur un tond de lourde étoffe

 

Ventre de nacre dont nul pli

Ne ride le cintre assoupli

Je veux, paphique philosophe,

Sur ta blancheur graver ma strophe

 

Ventre de satin, emperlé

Par le frisson qui t’a frôlé,

Ventre frais, je t’aime et te baise.

 

Ventre de neige, ton nombril

Rose comme un bouton d’avril

Sourit au désir et l’apaise.

 

Guy Charles Cros

 

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Photo X – Droits réservés

 

27/01/2017

Pendant les « Primaires » les « affaires » continuent : Fillon mais aussi Dassault

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Fillon et sa Pénélope, « faisons confiance à la justice de notre pays.  On aura l’occasion d’y revenir. Parlons de Serge Dassault. Il n’a pas daigné se déplacer, Pépé Dassault, au procès intenté contre lui l’été dernier et ayant repris ces jours derniers, pour blanchiment de fraude fiscale. Le PDG du groupe Dassault et sénateur Les Républicains est notamment accusé d’avoir détenu quatre comptes de fondations et sociétés à l’étranger (aux îles Vierges, au Luxembourg et au Liechtenstein) pour dissimuler des actifs (jusqu’à 31 millions d’euros en 2006 et 11 millions d’euros en 2014) au fisc français.

Une bricole quoi.

Pourtant, question rigueur, il n’est pas avare de donner des leçons Pépé. Ce qui lui a été renvoyé dans le groin par la procureure Ulrika Delaunay-Weiss se farcissant le fabricant des Rafales payés par nos impôts mais également le patron de presse « envoyant ses vœux aux lecteurs du Figaro pour s’inquiéter que l’État français soit en cessation de paiement, comme la Grèce. Rassurez-vous, il ne parlait pas d’évasion fiscale mais de fraude à la carte vitale… » Pas tendre la dame avec Pépé qui « a piétiné toutes les lois qu’il a votées sur le thème de la fiscalité » et « trahi son mandat ». Eh ! Oh ! qu’il fait dire par ses bavards Pépé : il a hérité de ces fonds de sa famille et il n’a appris leur existence que sur le tard. Eh ! À cet âge, on perd un peu la tête…

Pépé Serge est un habitué des prétoires, même s’il ne s'y présente que rarement. Il est encore mis en examen dans une affaire concernant l’existence de « cagnottes » au Luxembourg et au Liechtenstein qui auraient servi à acheter des voix lors de campagnes d'élections municipales. En 2009, le Conseil d'État avait annulé sa réélection à la mairie de Corbeil-Essonnes l’année précédente en raison de « dons d’argent » et avait déclaré M. Dassault, qui avait piqué cette ville aux communistes en 1995, inéligible pendant un an.

Allons, allons. Bricoles que tout ça. Plus important, la procureure Ulrika Delaunay-Weiss met les pieds dans le plat en disant regretter « l’absence de plainte de la CIF (Commission des infractions fiscales). » Ce faisant, elle met en cause ce qu’on appelle « le verrou de Bercy ». Kesako ? C’est un pouvoir discrétionnaire donné au ministre et aux hauts fonctionnaires de Bercy (ministère de finances). Concernant la répression des infractions pénales, la loi donne au procureur de la République la responsabilité de juger de l’opportunité de poursuites. En matière fiscale, en revanche, c’est le ministre du budget qui a l’initiative ! Il transmet au parquet, après avoir sollicité l’avis de la Commission des infractions fiscales (CIF), les dossiers qu’il souhaite voir poursuivis. Ni la Commission, ni le ministère des Finances n’ont à motiver leur décision de poursuivre ou ne pas poursuivre le contribuable. Ni la CIF ni le parquet n’ont la possibilité de connaître les cas de fraude que Bercy choisit de ne pas poursuivre en justice. Le ministre poursuit qui il veut et absout qui il veut ! Plus de 90 % des cas de fraudes constatés par l’administration fiscale échappent à l’appréciation du ministère public…

Ainsi dans l’affaire Cahuzac, Jérome Cahuzac, ministre du Budget en 2012, aurait été le seul à pouvoir décider de l’opportunité de poursuites contre lui-même, avant sa démission ! On marche sur la tête… C’est non seulement un verrou mais aussi une insupportable mainmise du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire.

L’administration fiscale peut ainsi traiter de façon inégale et donc foncièrement injuste les contribuables, en proposant arbitrairement à certains une transaction « convenable » et la refusant à d’autres. C’est une atteinte caractérisée au principe d’égalité des citoyens devant la loi. Selon la Cour des comptes « La politique de répression pénale des services fiscaux est ciblée sur les fraudes faciles à sanctionner et non sur les plus répréhensibles. […] Les dépôts de plaintes par la DVNI (direction des Vérifications nationales et internationales) ou la DNVSF (Direction nationale des vérifications de situations fiscales), qui vérifient les grandes entreprises ou des particuliers à fort enjeu, sont extrêmement rares. »

Ce monopole organiserait l’inefficacité voire l’impunité en matière de fraude fiscale.

Ah ! Au fait, le Conseil constitutionnel, célèbre pour ses décisions souvent « pittoresques » a déclaré le « verrou de Bercy » conforme à la Constitution…



Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Verrou_de_Bercy#cite_note- : 3-15

http://www.optionfinance.fr/droit-affaires/entreprise-expertise/fiscal/le-conseil-constitutionnel-valide-le-verrou-de-bercy.html

http://www.liberation.fr/france/2017/01/19/au-proces-de-serge-dassault-la-justice-epingle-le-verrou-de-bercy_1542686

 

Illustration X - Droits rservés

25/01/2017

Marchandages nucléaires : « Tu fermes Fessenheim ou je te plombe l’EPR ! »

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Comme d’habitude, la magouille a prévalu concernant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. EDF et l’État ont marchandé comme des margoulins : c’est Fessenheim contre l’EPR de Flamanville.

On se souvient que la fermeture de Fessenheim (Haut-Rhin) était une promesse du candidat François Hollande, qui argumentait ainsi : « Fessenheim est la plus ancienne centrale, elle était prévue normalement pour trente ans et aura quarante ans d’âge en 2017. De plus elle est proche d’une zone sismique, ce qui est quand même un risque. » Il oublie de dire qu’il se fait pousser au cul par les voisins allemands et suisses qui tremblent devant les risques que leur font prendre les Français, et donc gueulent en conséquence !

La chose était cause d’une embrouille au niveau gouvernemental entre Ségolène Royal qui voulait fermer Fessenheim et Manuel Vals qui ne voulait pas. Cazeneuve a tranché. Et donc le conseil d’administration d’EDF a approuvé le mardi 24 janvier le protocole d’indemnisation du groupe par l’État français pour la fermeture anticipée de la centrale. Les employés et les élus locaux doivent l’avoir en travers… Qu'ils se rassurent, la bête bougera encore longtemps.

Mais derrière cette saine décision il y a des tractations de marchands de tapis : c’est Fessenheim contre Flamanville ! En effet, le décret de création de l’EPR de Flamanville donne 10 ans à EDF pour finaliser la construction du réacteur. Et cette autorisation arrive à échéance en avril prochain. Or les nombreux problèmes de réalisation de ce monstre font que, de retard en retard, il n’entrera en service, au mieux, que fin 2018.

EDF dit avoir envoyé en temps utile – le 11 octobre 2015 – une lettre au ministre en charge de l’énergie (Ségolène Royal) demandant une prolongation de cette autorisation de 18 à 20 mois. C'est une procédure qui s’est déjà faite, notamment pour les réacteurs de Civaux (Vienne) et de Chooz (Ardennes).

EDF mettait donc comme condition à l’arrêt de Fessenheim la prolongation de l’autorisation de l’EPR. Mais ce n’est pas tout. EDF a également obtenu l’assurance de pouvoir redémarrer le réacteur n° 2 de la centrale de Paluel (Seine-Maritime), à l’arrêt depuis mai 2015 alors que la loi de transition énergétique prévoit qu’un réacteur à l’arrêt depuis plus de deux ans devrait être considéré comme en arrêt "définitif". « La ministre chargée de l’Énergie donnera suite positivement aux demandes que le conseil d’administration vient d’exprimer », a indiqué Ségolène Royal. Autrement dit, elle accepte la combine d'EDF. On peut toujours s’arranger pour qu’une promesse électorale, au moins une, soit tenue ! Encore que...

Encore que l’article L.593-13 du code de l’environnement dit que si une installation nucléaire de base (INB) n’est pas mise en service dans le délai fixé par son autorisation de création, « il peut être mis fin à l’autorisation de l’installation, après avis de l’ASN ». Et l’avis de l’ASN n’est pas obligatoirement celui que voudrait EDF…

Si la demande de modification du décret déposée par EDF constitue une modification notable, EDF devra compter avec une nouvelle procédure d’autorisation comprenant la réalisation d’une enquête publique. C’est donc au gouvernement qu’il reviendra de décider si la demande de prolongation constitue une modification notable ou non.

Corinne Lepage l’avocate spécialiste du droit de l’environnement, explique que « les faits, comme la législation, ont évolué depuis 2007, ne serait-ce qu’à cause de la catastrophe de Fukushima et des défauts à répétition de l’EPR, ce qui impose de refaire un dossier et de le soumettre aux citoyens ».

Ce décret devrait être pris un mois avant la présidentielle. Est-ce que ce sera le cas ? Car cette demande de prolongation d’autorisation sera vraisemblablement attaquée devant le Conseil d'État et fera probablement l’objet d’une QPR (question prioritaire de constitutionnalité). Tout ça prend du temps. Quel sera alors le gouvernement qui aura à trancher ?

« Ouate Inde Scie ». On verra bien.


Photo X - Droits réservés

 

24/01/2017

Au Bistro de la Toile : du revenu universel au don d'organe obligatoire.

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- Ben voilà. Tu l’avais vu venir Victor : c’est Hamon qui vire en tête. Nettement. Mais y avait pas beaucoup de spectateurs tout de même…

- C’est vrai. 1,3 million d’électeurs, ce n’est pas rien, mais ça ne légitime pas grand-chose si on compare ce chiffre aux 45 millions d’électeurs inscrits sur les listes. L’intérêt c’est que les deux finalistes incarnent réellement deux visions « irréconciliables » du socialisme.

Vals, c’est la continuité. La continuité à gérer comme il l’a fait avec Hollande, dans le sillage des économistes néolibéraux. Vals, c’est Blair ou Schroeder avec 20 ans de retard. Vals, c’est une social-démocratie éculée, qui a perdu son attractivité, sa nouveauté, qui est rentrée dans le moule ultralibéral triomphant. Comment espère-t-il faire rêver en se faisant complice d’une organisation de la société qui fait de l’homme, et encore plus de la femme, des esclaves « modernes » trimant avec des contrats précaires, sans possibilité de se défendre. Ceci au seul profit d’une petite minorité de parasites qui leur distille « l’emploi » comme une aumône rare. Et avec pour perspectives le stress, la dépression, le « burn out » comme ils disent maintenant, le cancer dû au travail, les maladies cardio-vasculaires, voire le suicide. Et s’il évite tout cela, la retraite à 67 ans et plus si affinité. Après quoi, esquinté par le travail, il ira pour quelques années (ou mois) de retraite « bien gagnée » dans des mouroirs où ses maigres éconocroques iront remplir les poches des maquereaux promoteurs des maisons de retraite. Là, gavés de médicaments assommoirs pour foutre la paix à un personnel rare et mal payé et engraisser l’industrie pharmaceutique, il attendra de débarrasser le plancher. Et si quelques morceaux de ses viandes sont récupérables avant d’être avariées, elles seront vendues pour être greffées sur d’autres. Sans sa permission maintenant. C’est nouveau, ça vient de sortir depuis le début de l’année.

- Qu’est-ce que tu dis là ?

- Ben ouais. Le don d’organe, tu connais. C’est formidable. J’ai un voisin, l’été, dans les Hautes Terres, qui a été greffé du foie et d’un tas d’autres bouts de barbaques. Il pète le feu. Je suis donc foncièrement pour le don d’organe mais je tiens à garder la décision. Or depuis le premier janvier, tout Français est donneur d’office. S’il ne veut pas, il doit s’inscrire sur une liste !

- Eh ! Oh ! Et qui c’est qui a la décision ?

-Ben, les toubibs. Dès qu’un toubib, ou j’espère plusieurs, dans un hosto ou une clinique, constate - ou considère - qu’un patient est en état de mort cérébrale, il peut le détailler en pièces détachées… Bien sûr, ça facilitera les greffes mais… gare aux dérives !

- …teng ! T’as raison. Faut faire gaffe. Si les toubibs ont des « commandes » de riches malades, ils peuvent éventuellement « anticiper » ou « aider » la « mort cérébrale ». Bon. Buvons un coup et parlons d’autre chose. Alors tu parlais de Vals et Hamon. Vals, c’est du réchauffé. Mais Hamon, c’est mieux ?

- Hamon, c’est « de gauche ». Il a un programme réellement de gauche, assumé, en rupture avec un système éculé. Sa mesure phare – le revenu universel – sur lequel Vals tape comme un sourd, ne sera évidemment pas mise en place du jour au lendemain. Mais le fait d’ouvrir le débat est positif.

- Tu y crois toi à ce truc ?

- Sans être naïf, on peut espérer qu’il sera un jour prochain mis à l’essai. Mais il y a différentes visions de ce revenu universel, ou revenu de base. Il peut être pensé comme un moyen de s’affranchir de l’aliénation par le travail imposé par le capitalisme. Benoît Hamon veut un revenu de base pour tous, quel que soit le revenu du bénéficiaire. Il rétablit ensuite l’égalité par la fiscalité : ce revenu touché par une personne ayant un bon salaire sera en fait restitué en partie par l’impôt puisqu'il changerait de tranche. Dans son système, toute la protection sociale demeure, tant l’assurance maladie que l’assurance chômage. Le financement serait assuré en partie par les économies réalisées grâce à la fusion de toutes les aides existantes et par une rénovation de la fiscalité, notamment avec la création d’une taxe carbone, d’une taxe sur les transactions financières, d’une taxe sur les robots. Hamon pense qu’avec ce revenu universel, les salariés retrouveraient un pouvoir de négociation face aux patrons puisqu’ils ne seraient plus tenus de s’incliner toujours plus bas par crainte du chômage.

Il y a aussi la manière ultralibérale de voir ce revenu universel. C’est l’école de l’économiste étasunien Milton Friedman. On donne à chaque adulte une somme (pas très importante, de l’ordre du RSA actuel). Ce « revenu de liberté » serait financé par une « flat tax », un impôt uniforme autour de 22 à 25 % pris sur tous les revenus, y compris ceux du patrimoine. Un impôt qui remplacerait l’impôt progressif sur le revenu mais aussi tous les prélèvements obligatoires. Avec évidemment suppression de toutes les aides existantes, prestations familiales, minima sociaux, bourses, etc. De plus, la simplification administrative permettrait de se débarrasser de milliers de fonctionnaires. Censée lutter contre la pauvreté, ce système reviendrait en fait à supprimer tous les filets de sécurité des plus fragiles tout en effectuant un transfert de fric vers les plus hauts revenus.

- Ouais. Pas facile tout ça. Il convient donc de ne pas se laisser éblouir par cette proposition, peut-être trop belle pour être honnête. On peut aussi redouter que les patrons en profite pour déduire du salaire qu’ils proposent le montant de ce revenu universel qui ne serait dès lors plus qu’une subvention généralisée aux entreprises, abaissant d’autant le coût du travail ! Et puis, avec ce système, les femmes au foyer toucheraient ce revenu, ce qui serait une façon de reconnaître leur énorme travail domestique. Elles resteraient à la maison et feraient des petits ? Eh ! Oh ! Ce serait peut-être bon pour la démographie du pays tout en résorbant le chômage mais bonjour l’épanouissement des femmes ! Ce serait plutôt un piège pour les remettre sous la coupe des mâles… Pas très bon tout ça Victor.

-Tu touches du doigt la complexité de la chose Loulle. Mais tu vois, rien que le fait d’en parler fait avancer le schmilblick. Le revenu universel est une utopie brillante, à notre portée ! Pour en revenir à Hamon, il a besoin de clarifier sa position sur quelques points : il n’est pas clair sur la laïcité, pas clair avec l’islam, pas clair avec les migrants. Il devra clarifier car se faire élire à la présidentielle, ce n’est pas pareil qu’au conseil municipal de sa ville de Trappes où il y a une importante filière de départ de djihadistes.

- Allez ! À la nôtre ! Ça nous éclaircira les boyaux de la tête !



Illustration: merci au regretté Chimulus

22/01/2017

Gastronomie dominicale: La tête de veau en l'honneur de Louis.

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Quand revient chaque année le temps des jours nouveaux

Je convie mes amis pour la Tête de Veau.

On la mange toujours le 21 janvier

En souvenir du jour où la Veuve d'acier

Décolleta Louis, le seizième du nom,

En des temps de fureur, de fusils, de canons.

C'est un plat collectif, festif, essentiel;

C'est un repas royal ou... présidentiel!

Me méfiant des veaux qui ont "la vache folle",

Je vais chercher les miens en terres cévenoles.

Pour avoir du bon veau, et pas de la charogne,

Je commande la tête au boucher de Langogne.

Et je vais la chercher moi-même, par le train

Qui, de Nîmes, hardiment, gravit avec entrain

Les mille et un lacets, les soixante tunnels,

Les trente viaducs suspendus en plein ciel

Reliant les splendeurs de la cité romaine

Aux sauvages attraits des terres lozériennes.

Heureux, le nez au vent, ma glacière à la main,

J'en prend plein les mirettes, je hume le terrain

Qui défile et s'enfuit, lentement, pas pressé.

Cités mélancoliques de mines délaissées,

Juvéniles chahuts, rires à chaque arrêt,

À-pics vertigineux, oppressantes forêts,

Rivières et torrents, petits lacs de barrages

Viennent et disparaissent après chaque virage.

Paisibles bovidés paissant dans les prairies,

Spectacle interrompue par chaque galerie,

Le voyage est trop beau, le voyage et trop court...

- Oh ! Victor, bois un coup, arrête tes discours,

Si maïses coume aco, la testa de vedeù

Bouto, la manjaren beleù a l' an nouveù ! (l)

- C'est bien vrai. Sers-moi donc un primeur agréable

Qui chatouille si bien mon gosier insondable.

Zou ! Trinquons et buvons, et ne fais pas la bête,

Je vais te raconter comment on fait la tête.

Lorsque j'arrive avec mon chef en bandoulière,

La Lionne a déjà sorti la gazinière

Des grandes occasions. Ce qui se fait de mieux:

Un feu sur doubles rampes se croisant au milieu.

Dans une oulo (2) profonde, voire une lessiveuse

On met à dégorger la tête voyageuse

Dans de l'eau claire et froide pendant une heure ou deux.

La laisser une nuit pourrait être hasardeux.

On la sort, on la met sur un large torchon,

On noue les quatre coins tout comme un baluchon.

Ainsi enveloppée, au fond de la bassine

On place, dans l'eau chaude, la caboche bovine.

Trois oignons giroflées, trois poignées de sel gros

Du thym et du laurier, du persil, mais pas trop.

Quand ça bout on écume avec application,

Puis on baisse le feu à tout petit bouillon.

On laisse cuire ainsi entre trois et quatre heures

Cette lenteur voulue rend la cuisson meilleure.

Pour la vérifier, je plante une fourchette:

Quand ça rentre tout seul, on chauffe les assiettes.

Soulevant le torchon, je sors alors la tête

Que je fais égoutter, coiffée d'une serviette

Pour bien tenir au chaud la viande qui tremblote.

Alors ma femme attaque la sauce ravigote :

Pour une tête entière, donc pour dix gros mangeurs,

Gourmands tant que gourmets, solides bambocheurs,

Elle écrase au mortier persil et estragon,

Cerfeuil et ciboulette, câpres et cornichons,

Tout cela manié dans trois hectos de beurre,

Elle s'en servira dans sa phase ultérieure.

Elle met à réduire huit ou dix échalotes

Dans un verre de vinaigre, au fond d'une cocotte,

Lorsque c'est bien réduit, trois cuillers de farine

Dans du beurre fondu (pas de la margarine)

Puis elle mouille avec cinq verres de bouillon,

Le jaune de cinq œufs, sale avec précaution.

Tournant au bain-marie, elle incorpore alors

Deux bons hectos de beurre, du demi-sel d'Armor.

Lorsque la sauce prend certaine consistance

Elle y met l'appareil préparé par avance

Et manie bien le tout à la cuillère en bois.

La sauce est enfin prête pour un repas de choix.

C'est alors que j'apporte, avec solennité

La tête décorée avec habileté

Par du persil frisé, dans le nez, les oreilles.

L'assemblée s' esbaudit devant cette merveille.

Les manches retroussées, armé du Laguiole,

Je découpe en public la brûlante bestiole

Les joues souples et grasses qui fument et tressautent,

Le dedans du palais, puis la langue et la glotte,

Les viandes délicates, mousseuses du cou,

Les oreilles craquantes, les muscles des bajoues,

Enfin, le dernier bout, le bonheur des gourmets:

La pointe du museau, avec les trous du nez.

Nicole distribue: chacun son bout de veau,

Moi, je remplis les verres avec du vin nouveau.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

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Ingrédients et proportions pour huit personnes:

 

Une tête de veau, même sans la cervelle (depuis la vache folle les bou­chers la vende écervelée), ça pèse autour de dix kilos et plus. Mais il reste beaucoup moins de viande mangeable!

Pour la tête: - 1 tête sans la cervelle (dommage...), - 3 ou 4 gros oignons piqués de clous de girofle, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - 6 feuilles de laurier, - 3 branches de persil plat, - eau à la demande (la tête doit toujours cuire entièrement immergée, au besoin mettez un poids dessus).

Pour la sauce ravigotte : - 3 branches de persil plat, - 3 branches d'estra­gon, - quelques tiges de cerfeuil, - autant de ciboulette, - 1 cuillerée à café de câpres, - 2 cornichons. Tous ces ingrédients, pilés au mortier, seront maniés dans un hecto de beurre.

- 5 échalottes, - 1 verre de vinaigre, - 2 cuillerées de farine. - 3 verres de bouillon, - 3 jaunes d'œuf, - 2 hectos de beurre demi-sel.

- persil pour décorer les oreilles et les trous de nez.

 

Les vins conseillés:

 

La tête de veau s'accompagne idéalement avec des vins primeurs, des vins de soif, gouleyants, joyeux et sans chichis: Tulette, Sainte-Cécile-­les-Vignes, Rochegude, Gaugeac, Saze.

Ventoux de : Mormoiron, Caromb, Bédoin. Tricastin.

Coteaux du Languedoc.

Côtes de Provence.

Et même, en cas de pénurie de Côtes-du-Rhône, Bordeaux légers et Vins de Loire.

 

(1) Si tu parles comme ça, la tête de veau, on la mangera peut-être, mais l’an prochain !

(2) oulo : grand récipient profond destiné à la cuisson des aliments, soit suspendu à la crémaillère d’une cheminée, soit posé sur un trépied.

 

Photos X - Droits réservés

21/01/2017

Au bistro de la toile: pour qui vote-t'on? (vos tétons?)

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- Alors Victor, tu vas allez voter à la primaire de gauche ?

- Ben ouais. Parce que je respecte ce droit de vote pour lequel nos valeureux ancêtres ont lutté, pour lequel certains ont laissé leur peau. Mais sans illusion. D'autant plu qu'à la vraie élection, je voterai sans beaucoup de doute pour Mélenchon.

- Alors pourquoi tu te dérangerais pour choisir quelqu'un pur lequel tu ne voteras pas à la vraie élection ?!

- Je n'ai pas d'explication. C'est comme ça.

- Et tu sais pour qui tu vas voter ?

- Je sais en tout cas pour qui je ne voterai pas. Mais pour rester positif, mon bulletin va balancer entre Benoit Hamon et Sylvia Pinel.

Hamon, ce que je lui trouve POUR :

- il ne se prosterne pas devant le « dieu-travail », comme Montebourg ; il prend en compte la réalité du chômage de masse et la précarité, il pense aux conséquences de cette raréfaction du travail en proposant la création « à terme » d'un revenu universel.

- il est pour le non cumul des mandats non seulement au niveau du nombre de mandats différents, mais aussi au niveau de la longueur des mandatures : pas plus de 3 consécutives. Personnellement, je préfèrerais 2 mandats et deux mandatures maxi, et sans dérogation.

- il veut revenir à un septennat unique, ce qui éviterait radicalement au président élu de plus penser à sa réélection qu'à sa mission. Et de plus li veut publier les débats de ce Conseil constitutionnel, qui prends dans le plus grand flou puant la magouille, des décisions pour le moins « pittoresques ».

- il veut établir un contrôle du citoyen sur leurs élus avec une sorte de « 49.3 citoyen », qui permettrai à 1 % du corps électoral d’imposer au Parlement d’examiner une proposition de loi proposée par les citoyens (droit d’initiative citoyenne), de suspendre l’application d’une loi adoptée par le Parlement, jusqu’à un an après sa promulgation, pour que celle-ci soit soumise à référendum. Ca refilerai un coup de jeune à la démocratie.

- il veut créer une fiscalité sur les robots et les machines qui prennent le travail des humains.

- il veut lutter contre les déserts médicaux en retirant le conventionnement aux médecins qui s’installent en zone surdotée.

- il veut lutter pour une harmonisation fiscale européenne.

- il veut mettre en place une loi antitrust dans les médias.

- il veut maintenir l'interdiction des gaz de schiste, réduire à 50 % la part d’électricité nucléaire en 2025 et fermer les centrales nucléaires à risque en fin de vie.

- il veut légaliser la consommation de cannabis.

- il veut refuser les traités TAFTA et CETA.

 

Je lui trouve CONTRE :

- il est favorable au maintien de la France dans le commandement intégré de la France.

- il est pour l'assassinat médical rebaptisé « euthanasie ».

 

- Bon. Et Sylvia Pinel. Qu'est-ce que tu lui trouves de bon ?

- D'abord, c'est une femme ! Et au milieu de ce monde de machos assumés et prétentiards, son sourire réchauffe. Mais si c'est nécessaire, ce n'est pas suffisant comme disent les matheux.

Pinel, ce que lui trouve POUR :

- elle veut dialoguer avec la Russie, grande nation européenne, avec laquelle le dialogue, même s’il doit être ferme, est indispensable, pense-t-elle.

- elle est défavorable à l’autorisation en France de la GPA, qui reviendrait à admettre une inacceptable marchandisation du corps de la femme. Par contre elle veut ouvrir la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes.

- elle est la seule qui pense aux « aidants », ceux qui sacrifient leur existence personnelle pour accompagner leurs parents, compagne ou compagnon en grave difficulté.

- elle est pour la légalisation contrôlée du cannabis.

 

Je lui trouve CONTRE :

- elle est elle aussi pour l'assassinat médical rebaptisé « euthanasie ».

- Tè, bois un coup, Victor, ça t'aidera à prendre ta décision !

- A la nôtre !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus.

19/01/2017

En direct du « Parasites-club » de Davos.

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Ça y est. Ils sont de retour. C'est la grande migration annuelle des vautours populophages. Ils viennent du monde entier en volant. Pas en volant à la façon des hirondelles, non, plutôt à la façon des banquiers, ou des mafieux ! Ils se donnent, au temps des grands frimas, rendez-vous dans une petite station de ski des Grisons, en Suisse, bourrée de flics et transformée en camp retranché pour l'occasion. Qui sont ces « ils » ?

« Ils », c'est le « Parasite-Club » mondial. ce sont les 1 % qui accaparent pour eux seuls l'essentiel de la richesse mondiale. Ce sont les bénéficiaires d'une économie au service des grandes entreprises multinationales et des individus les plus riches, qui parasitent les 99 % et exacerbent les inégalités en éludant l’impôt, en réduisant les salaires et en maximisant les revenus des actionnaires. A eux seuls, huit milliardaires détiennent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, ce qui représente 3,6 milliards de personnes. Les dix plus grandes entreprises génèrent désormais des bénéfices supérieurs à ceux de 180 gouvernements pris dans leur ensemble. En France, les 1 % les plus riches détiennent 25 % des richesses nationales.

Ils se prétendent les grands décideurs de la planète. Ils pensent et régissent le monde « pour le bien du peuple » bien sûr. Et surtout pour celui des actionnaires.

Mais qui sont-ils ces soit disant « maitres du monde » pour prétendre à cet extraordinaire pouvoir ? Qui les a choisis ? Qui les a élus ? Qui représentent-ils ? Devant qui sont-ils responsables ? Ils sont les représentants de quelques centaines d’officines financières et de compagnies multinationales qui mettent la terre en coupe réglée, qui réduisent au quasi esclavage l’essentiel de l’humanité, qui saccagent la planète au profit de quelques milliers, allez, soyons large, quelques dizaines de milliers de parasites. Elus par personne évidemment si ce n’est par ces cercles mafieux qui se camouflent sous le nom de « conseils d’administrations ».

Ils sont les « apôtres » de la mondialisation, de la dérégulation sans freins, de la croissance à tout crin. Résultat de l’action de ces nuisibles : la planète dévastée, le climat déréglé, la clochardisation généralisée des populations laborieuses, l’accaparement des richesses mondiales au profit d’une poignée d’escrocs cupides et veules, la défaite des démocraties, le règne des dictatures, l’abrutissement des foules par l’obscurantisme religieux. Quant aux « politiques » qui se montrent à ce bal des sorcières, ils ne sont que les marionnettes de ces crapules.

2.500 participants dont 1.500 chefs d'entreprise, plus de 50 chefs d'Etat y compris des pays émergents (Chine, Russie, Brésil, Mexique, etc.). Tout ce beau monde représenté par des ministres des finances, du travail ou de l'environnement. Mais aussi les patrons de Google, Facebook, Microsoft, Alibaba, Baidu, Uber et Airbnb, mais encore les représentants des principales ONG mondiales, sans oublier des universitaires, 300 journalistes et quelques guignols du chaubiz.

Cette année, ils se prosternent devant l'empereur Chinois Xi Jinping… Cette année aussi, les guignols jouent à se faire peur. Sans crainte du ridicule, certains ont participé à une « simulation de la vie de réfugiés ». Non, ce n'est pas une blague. Ils se sont déguisés en pauvres fuyant la guerre ou la misère. Ils font semblant de vivre sous des tentes improvisées faites de bâches en plastique, ils rampent, se mettent à quatre pattes, feignant de fuir des armées en marche. Ils ont du « subir » les (délicates) brutalités de pseudo gardes chiourmes armés, ils ont fait semblant de subir les affres des plus pauvres des réprouvés. La mise en scène de la détresse des réfugiés est devenue un événement couru du Forum de Davos. Spectacle abominable pour richards sans vergogne. C’est une honte, cela montre le niveau d’absurdité, d’arrogance et d’étroitesse d’esprit des ces petits êtres avec tout cet argent.

S'ils veulent bien, l'espace d'un moment entre deux cocktails et trois conférences, tenter de savoir comment survivent des damnés de la terre, ils ne se posent pas la question de savoir pourquoi ils sont dans cette détresse. Ils ne leur vient pas à l'idée que la cause pourrait être le destruction de l'Irak, la destruction de l'Afghanistan, la destruction de la Libye.

Une fois qu'ils se sont donnés quelques frissons, ils se retrouvent entre eux pour parler bizness. A quoi servent-ils ? A rien. Enfin si, à échanger entre gros rapaces des cartes de visites utiles ! Á oui, j’oubliais : ils vont œuvrer à la « stabilité mondiale » !

Ce qu’ils appellent « stabilité mondiale », c’est le maintien sans trop de problèmes de leur mainmise sur l’économie du monde. Que les pauvres s’appauvrissent un peu plus, ils s’en branlent complètement. Mais ils ne sont pas tranquilles, comme s’il y avait des cailloux dans leur caviar. Ces cailloux, ce sont la crise des matières premières, l’effondrement du prix du pétrole, la poudrière du Moyen-Orient, le terrorisme islamique, les ratés du moteur chinois, le déferlement des migranvahisseurs, la montée de la dictaturocratie en Europe, sans oublier le bordel généré par le changement climatique. etc.

Et ça coûte des thunes ce raout ! Beaucoup de thunes. A moins de 5 milliards de chiffre d’affaire, une entreprise ne peut prétendre à ce que son patron fasse partie du sérail. Puis il y a la cotise annuelle. C’est plus cher qu’au club bouliste de l’Estaque : 40.000 euros de cotisation annuelle versée à la Fondation Davos basée à Genève, ce qui donne droit à une entrée au Forum. Il faut encore casquer des frais d'organisation : 16.000 euros hors frais d'hébergement et de transport. Ainsi, envoyer entre deux et cinq représentants pour les quatre jours de conférence coûte de 200.000 à 400.000 euros, selon le niveau de notoriété. Mais c’est de l’investissement productif ça, Coco ! Ça permet de se claquer les salsifis directement avec les « maitres du monde » !

Restons optimiste et espérons que les avalanches et les tremblements de terre qui ravagent l'Italie remontent vers Davos !

 

Photo X - Droits réservés

17/01/2017

Au Bistro de la Toile : du Trump brut de décoffrage !

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- Oh Loulle ! T’en fais une tronche. T’as les hémorroïdes qui te taquinent ?

- Non Victor. Mais je crois que nous sommes espionnés par la NSA !

- Rien que ça !

- Eh ouais, tè, t’as entendu comme moi ce qu’il a dit Trump : il allume Mutti Merkel pour sa décision « catastrophique » d’ouvrir les portes de l’Europe à des millions de « migrants ». On a dit pareil ici. Il dit que l’Union Européenne est un instrument pour l’Allemagne et que les Rosbifs ont eu raison de quitter cette union qui est à refaire. On dit pareil ici. Il estime que l’Otan est « obsolète », qu’il date d’une époque totalement révolue, et qu’il veut éventuellement en sortir et laisser les Européens se démerder avec leur défense. On a dit pareil ici. Il dit qu’il faut se rapprocher de la Russie et non pas en faire un ennemi. On dit pareil ici. Il dit que l’invasion de l’Irak a été une énorme konnerie. On dit pareil ici. Etc. Je te le dis Victor : les grandes oreilles indiscrètes de la NSA espionnent mon rade !

- Eh ouais Loulle, t’as raison : ce Trump risque de se révéler beaucoup moins débile que les médias « main stream » voudraient nous faire croire. Les idées qu’il étale, et que tu viens de rappeler, sont marquées du sceau de la sagesse. Et puis, un type qui est pourri à la fois pas Bernard Guetta et pas Alain Minc ne peut pas être totalement mauvais !

En allumant Tati Merkel, il lui rappelle la vassalité de son pays, découlant du « Préambule à la loi portant ratification du traité franco-allemand voté par le Bundestag » du mois de juin 1963.

- Précise.

- Ce « préambule interprétatif » réintroduisit unilatéralement, sans l’accord de la France, tous les éléments que De Gaulle avait justement délibérément exclus du traité dit « de l’Elysée » scellant la réconciliation franco-allemande, signé le 22 janvier 1963 par De Gaulle et Adenauer, dans l’objectif de desserrer les liens entre l’Allemagne et les États-Unis afin de soustraire l’Europe à l’hégémonie américaine. Ce préambule destructeur subordonne la construction européenne à l’intégration militaire dans l’Alliance Atlantique (Otan), impose l’entrée de la Grande-Bretagne chargée de contrôler cette construction européenne dans le sens voulu par Washington, et à la détruire au besoin, implique des accords commerciaux genre Gatt puis devant finaliser la vassalisation totale de l’Europe aux multinationales yankees par le TAFTA.

- Mais tu dis que Trump veut justement annuler le TAFTA.

- Ce qui est une excellente chose et prouve que Trump veut sortir de la ligne impérialiste des États-Unis pour se consacrer non pas à « l’Amérique » mais aux Américains. Si ça pouvait être vrai… Il rappelle à Merkel la vassalité de son pays, mais lui dit aussi de ne plus compter sur le parapluie de défense étasunien, tout en menaçant de taxer de 35 % les grosses bagnoles « made in Germany ». « Tu t’écrases ou tu morfles ! » Il lui dit aussi, concernant l’Otan, « Tu casques ou on se casse ! ». Et il ne met pas de gants pour critiquer vertement la prétendue générosité de l’Allemagne et qui met en danger l’existence même de l’U.E. Il estime que l’afflux de réfugiés a été « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase » pour l’Union européenne. Il se félicite du Brexit et insiste : « Je pense que d’autres sortiront. Je crois que maintenir l’union ne sera pas aussi facile que nombre de gens le pensent. Et j’estime que si des réfugiés continuent d’affluer vers différentes parties d’Europe, il sera difficile de maintenir l’union car les gens en seront mécontents ». Et il estime que les conséquences de cette politique d’accueil se sont fait récemment « clairement sentir » - une allusion à l’attentat au camion bélier contre un marché de Noël à Berlin le 19 décembre (12 morts), revendiqué par l’organisation jihadiste État islamique.

Et puis enfin, sa volonté de renouer avec la Russie, de supprimer ces sanctions aussi ridicules que contre-productives sont une ouverture formidable. Qui veut mourir pour la Crimée ou le régime neo nazi de l'Ukraine ?

- Effectivement, peut-être qu’on se trompe sur Trump.

- En tout cas, sa manière de parler sans langue de bois est une bouffée d’air frais. Et si nos dirigeants sont à la hauteur – ce qu’ils tardent à prouver – il y a là une occasion formidable pour l’Europe de se libérer du carcan Atlantique et de se refonder autour d’un noyau réduit et de valeurs de solidarité différentes de cette « concurrence libre et non faussée » qui fait que les populations non seulement s’en détournent mais la rejettent.

- Ouais… Veren ben ! Zoù, à la nôtre !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

 

15/01/2017

Ouiquinde gastronomique pour temps de grands froids

 

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Le Baeckeoffe d’Alsace et de Lorraine.

 

Il me souvient de grandes fêtes vigneronnes

Entre les vins d’Alsace et les Côtes-du-Rhône

Où, avec ma chorale de vigoureux soiffards,

Nos pifs enluminés jouaient les gyrophares.

Nous avons ripaillé, chanté, mangé, et bu

Avant que de sombrer, fin remplis et fourbus

Dans les bras de Morphée, de Sophie ou Gisèle

Vaincus par la bamboche plus que les demoiselles…

- Tu le sais bien Victor que le vin, s’il enflamme,

En amour est meilleur s’il est bu par les femmes !

Au cours de ces agapes, qu’avez-vous donc mangé ?

- Dans ces contrées de froid si loin de ma Provence

Nous avons dégusté, au cours de ces bombances,

Le célèbre Baeckeoffe, la potée alsacienne

Un plat qui tient au ventre, platée rabelaisienne.

Les femmes le préparaient, enfin, c’est ce qu’on dit,

Le dimanche matin pour le cuire lundi.

 

Tu tailles en gros morceaux de la viande sans os

Ton boucher, s’il est bon, te le fait rapidos,

Une livre de bœuf, gite ou paleron,

Une livre de porc et autant de mouton.

Tu fais tremper tout ça dans une marinade :

Oignons, poireau, carotte, ail, girofle, muscade,

Bouquet garni, sel, poivre et bien sûr vin d’Alsace,

Riesling ou Sylvaner sont les plus efficaces.

Tu laisses mariner, au frais, vingt-quatre heures.

Emince cinq oignons, deux kilos de patates

Comme pour préparer la truffade auvergnate.

Le « Baeckeoffe » est aussi le nom du plat en terre

Large, ovale et profond, solide, utilitaire.

Etale tes patates en couches sur le fond,

Sale, poivre et dispose au dessus les oignons,

Sel, poivre de nouveau puis dispose les viandes

Egouttées, séparées d’avec leur marinade,

Mouille avec celle-ci jusqu’à demi terrine

Complète avec du vin…et remplit ma chopine !

Pour donner du moelleux, met un pied de cochon

Ou bien un pied de veau…et verse ton cruchon !

Ajoute par-dessus ce qui a mariné

Sel, poivre du moulin et…remet ta tournée !

Ferme alors ton couvercle très hermétiquement

Avec farine et eau maniées fermement,

Ça s’appelle « luter » : fermer avec la pâte.

C’est fini, il faut cuire longuement et sans hâte,

Dans un four préchauffé, cent-quatre-vingt degrés,

Quatre heures minimum et plus si ça t’agrée.

Ce plat pourrait sauver bien des anorexiques,

Régale les gourmets, stoppe les boulimiques.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

D’un Gewurztraminer à la saveur friponne

Et  laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients pour six personnes :

½ kilo de gîte, poitrine ou paleron de bœuf sans os – ½ kilo d’épaule ou d’échine de porc sans os – ½ kilo d’épaule de mouton ou d’agneau sans os – 1 queue, 1 pied de porc ou de veau (facultatif) – 1/2 d’oignons – 1 grosse carotte - 2 gousses d’ail – 2 kg de pommes de terre – 2 blancs de poireau – 1 bouteille de Riesling ou de Sylvaner – 1 bouquet garni – girofle – sel et poivre – farine.

 

Vins conseillés :

En rouges, des Alsaces Pinot noir ; en blancs Alsace Pinot gris (Tokay), Riesling, Sylvaner ; en vins d’Allemagne Riesling, Rheingau.

 

 Illustration X - Droits réservés

 

 

13/01/2017

Les Dalton-Wildenstein sabrent le champagne !

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« Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. » Lacordaire.

Le bon juge Olivier Géron, président de la XXXVII° chambre correctionnelle de Paris, devait, n’en doutons pas, avoir ces fortes paroles de Henri-Dominique Lacordaire à l’esprit lorsqu’il a relaxé, le 12 janvier de cette année 2017, les huit prévenus de fraude fiscale, complicité ou blanchiment de fraude fiscale, parmi lesquels Alec et Guy Wildenstein, milliardaires de leur état. A la tête d'une montagne de 3 à 4 milliards essentiellement constituée de biens immobiliers, de galeries d’art et de toiles de maître.

Que leur était-il reproché à ces braves gens auxquels la Justice vient de rendre leur honneur ? D’avoir consciencieusement soustrait au fisc de notre pays, génération après génération, quelques centaines de millions. Allons, allons, il faut raison garder et « faire confiance en la justice de notre pays » selon la formule consacrée. 500 millions ? Mais caisse ? (Pardon… qu’est-ce ?). Une « négligence », tout comme celle de Dame Lagarde, blanchie par la belle justice de notre grand pays pour les 410 millions « négligemment » partis de la poche des con-tribuables dans celle de Nanard Tapie.

500 millions par là, 400 millions par ci, mais caisse ? Enfin, soyons justes : ces prévenus n’ont pas déchiré de chemises de DRH comme les terroristes d’Air France, que je sache ! Ils n’ont pas « séquestré » des cadres comme les huit bandits de Goodyear !

Que reprochait-on à ces braves gens ? Écoutons les juges : « Il ressort en effet du dossier que, et ce depuis au mois trois générations, des membres de la famille Wildenstein ont pris soin de dissimuler derrière des constructions juridiques inconnues du droit français, un patrimoine considérable qui échappait ainsi en grande partie à l’impôt. Cette volonté très claire de dissimulation explique à la fois les manœuvres de toute nature ayant pour objet de maintenir l’opacité autour des biens et les indéniables inquiétudes manifestées dans plusieurs écrits. Elle révèle incontestablement, nonobstant les dénégations des prévenus directement concernés, une claire intention d’évasion patrimoniale et fiscale. Néanmoins, l’existence d’une intention qui pourrait être qualifiée de frauduleuse, ne suffit pas pour retenir l’existence d’une infraction en l’absence d’élément légal. »

On retrouve bien là la formule de Lacordaire… façon Rantanplan ! D’accord, cette famille s’est fait une spécialité de dissimuler des montagnes de fric par le truchement de « trusts » aux Bermudes, aux îles Caïmans, aux Bahamas, dans l’État de New York, à Guernesey et aux îles Vierges britanniques, ces constructions commercialo-juridiques servant uniquement à passer à travers les mailles du fisc.

Mais si les armées de juristes au service de ces escrocs ont réussi à passer à travers les mailles du filet fiscal français, c’est bien parce que les mailles en sont suffisamment lâches pour permettre d’y passer à travers, si on a les moyens ! En effet, ce n’est que le 29 juillet 2011 que la France s’est dotée d’une législation sur la fiscalité des biens logés dans des trusts, ces entités juridiques de droit anglo-saxon qui servent à transmettre en grugeant le fisc les gros patrimoines. Donc, en droit, les magouilles des Wildenstein antérieures à ces lois passent à travers. On ne peut reprocher aux juges les carences dues aux législateurs !

Et voilà que l’on retrouve le "pittoresque" Conseil constitutionnel ! Le registre public des trusts, qui avait été créé en juillet 2016 pour lutter plus efficacement contre la fraude fiscale, a été supprimé le 21 octobre par le Conseil constitutionnel, au motif qu’il portait « une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée ». Ben voyons !

Cette énième affaire montre la déliquescence d’une république pourrie à tous les niveaux, une Cinquième république faite pour un géant et salopée jusqu’à la gadoue par des gnomes sans foi ni loi.

Il est temps de passer à autre chose : la Sixième.

 

Sources :

http://ccfd-terresolidaire.org/infos/partage-des-richesses/registre-public-des-5670

https://www.mediapart.fr/journal/france/120117/proces-wildenstein-relaxe-generale-pour-l-evasion-fiscale-du-siecle?page_article=2

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Lacordaire


Photo X - Droits réservés

12/01/2017

Au bistro de la Toile : « Latinia »

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- Salut Loulle. Je viens d’entendre ce matin une proposition originale et fort intéressante. Elle émanait d’un de ces présidents éphémères de la France qui s’expriment très brièvement chaque matin sur France Inter.

- Ah ! Et alors c’est quoi ?

- Ce président d’un matin propose de reconstruire l’Europe selon des regroupements de nations. Un peu comme on a regroupé les départements français en grandes régions selon les proximités géographiques et culturelles. Il propose donc la création d’une grande Nation latine, qui s’appellerait Latinia et qui regrouperait la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Belgique Wallonne et, je crois encore la Suisse non alémanique (parlant français, italien, romanche). Ce président éphémère définissait ainsi brièvement cette nation latine : langue, l’italien (facile à apprendre dit-il), armée commune, diplomatie commune, monnaie : l’euro latin.

- Bref, les buveurs de vins, ayant subi la religion catholique.

- On peut le voir comme ça, selon ta vision de mastroquet. Je modulerais un peu la chose en intégrant à cette Nation latine un pays qui, certes n’a pas de continuité territoriale avec les pays précédents, mais qui est latin par la langue, c’est la Roumanie. Et je mettrais comme langue commune, non pas l’italien mais évidemment le latin, langue de base de tous les idiomes parlés dans cet espace géographique, et véritable ciment culturel entre leurs populations. Ce pourrait être une confédération, sur le modèle suisse. Quant à la capitale confédérale, ce serait probablement Paris, ou Barcelone ? Ou Milan ? Ou Genève ?

- Pourquoi pas Avignon Victor ? Ville qui a déjà été capitale de la chrétienté ! Et qui a une position géographique idéale entre le nord de la France, l’Espagne et l’Italie ?… teng ! Mon bistro prendrait de la valeur. Je vois d’ici la pancarte : « Bistrotum Loulo. Potest bibere, manducare, disputatio. »

- C’est vrai que ça aurait de la gueule. Ce Latinia aurait une population de plus de 210 millions d’habitants, atteignant ainsi la taille critique des grands pays (plus que la Russie, plus que le Japon). Son PIB atteindrait les 10 000 milliards d’euros, à comparer à celui des États-Unis (18 000 milliards) et de la Chine (12 000 milliards d’euros). Il serait au troisième rang mondial.

- Mais, et l’Allemagne ? On ne va pas encore se fâcher avec nos cousins germains ? On sait trop où ça mène…

- L’Allemagne pourrait, sur le même modèle, créer une autre grande Nation regroupant les pays de culture et de langue nordico-germanique : l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique flamande, le Danemark, la Suède, l’Autriche, le Luxembourg, la Finlande, les Pays baltes et peut-être, mais pas sûr, la Pologne. Ça ferait une nation – Germania – équivalente, avec 182 millions d’habitants et 6 500 milliards d’euro de PIB. Avec pour monnaie l’euro nordique. Les deux monnaies étant liées mais dans une union moins rigide, genre de serpent monétaire, l'une pouvant fluctuer par rapport à l'autre mais dans une proportion modérée.

- Le pays buveurs de bière. Ayant subi la religion protestante.

- C’est vrai. Quant aux pays de l’est de l’Europe, Grèce comprise, ils pourraient eux aussi se regrouper en une autre grande Nation.

Et comme il s'agit avant tout et surtout de ne pas de se taper sur la gueule entre ces nouvelles entités, ces trois nations refonderaient ensuite naturellement, ensemble, l’Union des Grandes Nations d’Europe. Basée sur la solidarité et non sur la « concurrence libre et non faussée ». Il serait probablement plus facile de faire vivre et travailler ensemble des populations se comprenant et ayant des affinités naturelles. Et plus facile de se mettre d'accord à trois qu'à vingt-sept.

- Ce serait toujours mieux que le foutoir actuel. Allez,  At nostri ! Vinum purpuriso !

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France 66 M, Italie 61 M, Espagne 47, Portugal 10,5, Wallonie 3,5, Roumanie 20, soit 208 millions d’habitants et un PB de 10 000 milliards d’euros.

Allemagne 82 M, Pays-Bas 17 M, Flandre belge 7,5, Danemark 5,5, Luxembourg 0,5 Suède 10, Finlande 5,5, Pays baltes, Autriche 8,5, Pologne 39, soit 182 millions d’habitants et un PIB de 6 500 milliards d’euro.


Illustration: merci au regretté Chimulus

 

11/01/2017

Trois Pater, deux Ave Maria et un Big Mac

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Un ami, qui manie le second de gré avec maestria,  m'envoie cette fiction aussi subtile que cynique. Je vous en fais profiter:

 

 

(Chambre Arbitrale des Conflits du Commerce - Piazza Cavour - Rome - Italie 5 Janvier 2022)

Nous sommes, chers amis, le 5 Janvier 2022, exactement dans cinq ans. Et cet imposant bâtiment, le Palazzo di Giustizia, surplombant la Piazza Cavour n'est plus aujourd’hui le siège de l'ancienne Corte Suprema di Cassazione, la Cour de Cassation de la République Italienne.

Simple déménagement, peut-être afférent aux difficultés de l'État italien dans la gestion de son magnifique patrimoine de monuments historiques ? Non, il s'agit de tout autre chose. Et nous allons vous en parler.

Au lendemain de l'adoption le 5 Janvier 2021 du TAFTA (Traité de Libre Échange Transatlantique) entre l'UE et les USA, le Président Jean-Claude Juncker pouvait enfin annoncer, considérable mesure d'économie pour les différents États de l'Union, la mise en congé définitive, dans les 28 pays qui la composent, de toutes les instances judiciaires étatiques traditionnelles et de leurs encombrantes et coûteuses magistratures. La Piazza Cavour allait accueillir d'autres institutions.

Quand on apprend de surcroît, ce n'est pas là notre sujet, que le même Jean-Claude Juncker peinait à ce même moment à se dépêtrer d'un imbroglio judiciaire où il était poursuivi pour trafic d'influence et blanchiment de fraude fiscale à l'échelle de l'Union, on devine l'immense soulagement qui dut l'étreindre en décrétant cette mesure de pure rationalité économique et de souci du bon usage de l'argent public.

Il n'y aurait plus désormais de crimes et de délits, du moins justifiant d'être poursuivis, mais de simples conflits ou différends entre parties. Plus de Tribunal jugeant en fonction de la Loi, cet ancien instrument de la volonté générale, plus de Tribunal, mais des Chambres Arbitrales, arbitrant en fonction du Contrat, cet autre nom dans notre monde néolibéral de l'accord entre deux parties, chacune, dans ce tope-là, espérant obtenir de l'autre la Chose au moindre coût. Le Contrat, a estimé Pierre Gattaz, est tellement plus simple que la Loi. Sage formule. Qui ne s’y rangerait ?

Vous n'êtes pas sans savoir qu'une des dispositions actuellement les plus controversées de ce projet de Libre Commerce Transatlantique serait que désormais toute entreprise ou multinationale s'estimant lésée, au nom de la Concurrence Libre et Non Faussée, lésée par la réglementation ou la norme sociale ou environnementale en vigueur dans un pays signataire, aurait toute latitude de déposer plainte auprès d'une chambre arbitrale ad hoc pour régler le différend. En clair, pour contraindre l'État récalcitrant à réviser sa législation ou sa réglementation.

Plus de loi, plus de juge, plus de tribunal. Mais un contrat et une chambre arbitrale et ses arbitres. Cet autre nom pour parler d'avocats d'affaires véreux. À eux de départir et de condamner si nécessaire.

Nous vous devinons un peu perplexes. Et c'est bien compréhensible. L'entrée en vigueur du TAFTA au 5 Janvier 2021 ? Mais ne nous avait-il pas été dit au tournant des années 2016-2017, que le TAFTA était enterré, jugé par nos gouvernants trop compliqué à mettre en œuvre et trop impopulaire pour être ratifié, y compris par des parlements-croupions, ne parlons pas de référendums populaires. Que le Président Trump le regardait d'un très mauvais œil, ce qui, vu le personnage, semblait de fort mauvais augure pour ce traité de Libre Concurrence et de Libre Échange. Au frontispice duquel était prévu de graver, Jean-Claude Juncker y avait absolument tenu « Liberté chérie, j'écris ton nom ! »

Eh bien, chers amis, on vous avait amusé et abusé. Sitôt les périlleuses et toujours inconfortables périodes électorales de 2017 passées, le TAFTA chassé par la porte était rentré par la fenêtre, toujours négocié secrètement à Bruxelles, jusqu'à cette habile clause rédigée et adoptée par les 28 ministres du Commerce Extérieur, à savoir que le Traité pourrait être mis en œuvre sans avoir été préalablement ratifié. Il suffisait d'y penser.

Au terme de cet un peu long mais nécessaire préambule juridico-économico-politique, il serait peut- être temps de revenir maintenant à la Piazza Cavour, adresse officielle aujourd'hui, depuis un an, de la Chambre Arbitrale des Conflits du Commerce. Adieu la Corte Suprema di Cassazione.

Il vient d'y être arbitrée et expédiée en une matinée d'audience, c'est l'objet de notre chronique, la difficile affaire qui empoisonnait depuis plus de cinq ans les relations jusque-là tout à fait courtoises et de respect mutuel qu'entretenaient le Vatican et McDonald's, le géant américain du fast-food.

Affaire dont nous voulons à tout prix vous rendre brièvement compte.

La dénonciation par Monsignore Ottavio Paolino, grand camérier du Saint-Siège et gestionnaire de la société de biens immobiliers du Vatican, dénonciation du contrat de location autorisant McDonald's et sa gentille mascotte Ronnie à ouvrir leurs échoppes Place Saint-Pierre, à l'entrée de la Basilique. Entre 3 et 5 millions de visiteurs annuels. « Nous n'allons pas laisser tomber tout cela dans l'escarcelle de quelques trattorias » avait estimé Steve Easterbrook, le juvénile et dynamique PDG de la firme au Big Mac, approuvé publiquement, allié de circonstance, par Heinz Clifford, le magnat du ketchup.

Fronde des cardinaux, homélies répétées du Pape François, pétitions des associations de quartiers, processions de pleureuses et de flagellants, émotion et motions au Conseil municipal de Rome, rien n'y a fait.

Déjà chassé de la Piazza del Duomo de Florence en 2016, au motif un peu léger des autorités municipales, que la Piazza était classée au patrimoine mondial de l'Unesco, Steve Easterbrook n'a pas voulu jeter cette fois l'éponge. Puisqu'il y a TAFTA et Chambre Arbitrale, nous irons jusqu'au bout, avait-il décidé.

L'affaire a fait grande émotion lorsque l'on a su que Ronnie envisageait de demander quelque 50 milliards de dollars de dédommagement, préjudice moral compris, avec toutes ses conséquences : la vente aux enchères de la Basilique à un consortium sino-canadien et le Pape François dans l'obligation de rejoindre un ordre mendiant.

Heureuse conclusion. Le différend du Commerce a trouvé ce matin solution à l'audience de la Chambre Arbitrale, avec la concession à Ronnie d'un bail emphytéotique de 99 ans, en échange de la fermeture des fast-foods durant le carême et de la garantie d'un fish and chips sur la carte des menus chaque vendredi.

Lorsque l'entente est possible, fol est qui ne s'y prête.

 

Jean Casanova


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09/01/2017

Campagne présidentielle : Mélenchon flamboyant à Tourcoing !

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« Vous êtes 13 millions ! Vous êtes la classe la plus puissante de notre pays. Alors ne vous abstenez pas. N’abandonnez pas votre bulletin de vote ! Ne vous éliminez pas de la décision ! »

Il avait du gaz Mélenchon dimanche après-midi à Tourcoing ! Salle trop pleine, et un millier de personnes qui bravaient le froid et la brume dehors. C’est d’ailleurs dehors que le premier de « La France insoumise » a prononcé l’essentiel de son discours de plus d’une heure et demi, essentiellement axé sur le volet Travail de son programme.

Il a soulevé l’enthousiasme de la foule en s’en prenant sans fioritures à Auchan, l’entreprise où une caissière a fait récemment une fausse couche à cause de conditions de travail déplorables. « Cette jeune femme a perdu son enfant uniquement du fait du mépris de ceux qui en avaient la responsabilité, qui n’ont pas écouté ce qu’elle avait à dire…/… « Le patron de ce groupe qui est responsable du malheur de cette jeune vendeuse, M.Mulliez n’habite pas très loin d’ici, mais en Belgique ! Eh bien quand je serais président, il paiera les impôts qu’il doit où qu’il soit, même en enfer ! »

Et Mélenchon s’appuie sur ce fait divers pour préciser ses idées sut la question : « Quand je serais président, l’impôt sera universel, basé sur la nationalité du cotisant quand il n’est plus en France. Les citoyens français devront déclarer partout dans le monde ce qu’ils paient comme impôt à la nation qui les accueille. Il est bien normal qu’ils en paient là où ils se trouvent, car nous pratiquons de même chez nous, mais ils devront déclarer ce montant au fisc, et celui-ci regardera si, après avoir payé cette somme, en France, ils ne devraient pas encore d’argent. »

« N’écoutez pas les bonimenteurs. Le problème ce n’est pas le coût du travail ni celui des chômeurs le problème, ce sont les banquiers ! Le problème ce sont les Mulliez !…/… Chaque mois la BCE (Banque centrale européenne) donne 85 milliards aux banques, ce qui équivaut à six millions de SMIC ! Où sont ces milliards ? Que devient cet argent ? Il sert à soutenir l’activité ? Pas du tout, pour l’essentiel ces milliards repartent immédiatement dans la sphère spéculatrice financière ».

« Savez-vous ce qui est arrivé le 3 janvier, à 18 heures ? Non, vous ne savez pas ? Eh bien en deux jours et demi, les cent vingt patrons les mieux payés de France ont gagné autant que tous les salariés ! Nous avons le record d’Europe des dividendes ! »

Il fustige le gouffre du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) qui est un cadeau de 20 milliards par an aux entreprises. « Chaque emploi créé grâce au CICE coûte 200.000 euro à l’État ! Et l’État, c’est nous ! Voilà pourquoi le CAC 40 est la plus grande association d’assistés de France ! »

« Le système capitaliste fonctionne sur la quasi-gratuité du travail qu’implique la mondialisation. Voilà pourquoi ils délocalisent, voilà pourquoi ils font appel aux travailleurs détachés…./… Nous sommes tous riches des 2 000 milliards qui sont le fruit de notre travail. Mais vous êtes spoliés d’une partie de votre part. En quelques années dix % des bénéfices générés par ce travail sont passés de la poche des salariés dans celle des actionnaires. »

Jean-Luc Mélenchon s’en prend à la Loi El Khomry : « Elle est là pour détruire. Détruire la hiérarchie des normes sociales. Désormais, un accord d’entreprise peut s’imposer même si un accord de branche ou la loi sont plus favorables aux salariés. C’est la porte ouverte au dumping à l’intérieur d’une même branche entre entreprises et à la régression de tous les droits des salariés. L’accord d’entreprise ne doit prier que s’il est plus favorable aux salariés. Il en va de l’égalité des salariés et de la justice entre les entreprises. La Loi El Khomty, c’est le temps de travail légal à 48 heures, comme le veut l’Europe. Et les heures supplémentaires payées à 10 % et non plus à 25 % comme aujourd’hui. Cette loi sera supprimée. »

Il prône le retour aux 35 heures, le renchérissement des heures supplémentaires, la semaine de 5 jours avec 2 jours de congé consécutifs, fustigeant au passage Fillon « Avec Fillon, plus de durée légale du travail ! » Il s’élève contre la généralisation du travail du dimanche qui désorganise la vie. « C’est une stratégie à long terme dont le but est que les femmes restent à la maison et abandonnent leurs carrières professionnelles. C’est leur façon de résoudre le chômage et éliminant les femmes du monde du travail ! »

L’orateur propose le SMIC à 1700 euro brut immédiatement, net plus tard. « Savez-vous que ceux qui sont payés au SMIC touchent 100 euro de plus seulement que le seuil de pauvreté ! ? ! ? » Mais pour ne pas écraser les TPE et PME, Mélenchon propose de faire une caisse commune de cotisations sociales entre entreprises, grosses et petites.

Il illustre ses propos concernant la défense des PME avec l’histoire des Ecopla, cette entreprise de fabrication de récipients jetables en aluminium pour l’agroalimentaire, entreprise mise en faillite par une succession de magouilles entre fonds d’investissement voyous et que le tribunal de commerce à refuser de vendre à une Scoop créée par les salariés. « Il faudra réformer les tribunaux de commerce pour lesquels la priorité n’est pas de défendre l’emploi mais l’intérêt des créanciers. » Ce qui l’amène à envisager un « droit de remontrance » pour les salariés si les patrons font des erreurs manifestes.

Très en verve, Mélenchon exhorte ses auditeurs à ne pas se résigner : « Avec leur indifférence au sort des autres, les puissants veulent toujours avoir le dernier mot et c’est avec ça qu’ils impressionnent, qu’ils font peur et que les gens ont peur et c’est de cette peur que nous voulons délivrer le monde du travail », puis le candidat invite les salariés, les ouvriers et les chômeurs a « relever la tête » avec la France insoumise.

Enfin, l’orateur, très applaudi, cite Jaurès : « La révolution de 1789 a fait les Français rois dans la cité, mais ils restent serfs dans l’entreprise. »


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08/01/2017

Il fait froid ! Pour vous réchauffer, faites l'andouille.

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L’andouille au Côte-du-Rhône

 

Il fait froid dites-vous ? C'est normal : c'est l'hiver !

Protégez-vous la couenne avec des pull-over

Réchauffez-vous le cœur d'un début de biture,

Tapissez-vous la tripe de saines nourritures :

Mettez donc à tremper un kilo de fayots

De Paimpol ou Pamiers, si possible bio

Et pour, de votre anus, éviter la cantate

Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.

Faites cuire à l’eau froide pendant deux heures au moins

Une andouille de porc choisie avec grand soin

Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson

Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

La nuit étant passé, égouttez les fayots

Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l’eau,

Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,

Deux carottes en rondelles, trois oignons en quartiers,

Un peu de céleri et de l’ail écrasé

Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.

Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres

De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.

Faites frémir une heure à feu non emballé,

Puis ajoutez l’andouille confite en sa gelée.

Remettez en cuisson pour que les haricots

Soient fondants à souhait sans être musicaux.

Servez le plat bien chaud en deux plats séparés,

Avec un peu de beurre, du persil ciselé.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

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07/01/2017

Ouiquinde érotique sous le signe de Lesbos

 

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Amours de femme


Oui, ce sont des regards de femme
Que cherche son regard brûlant,
Elle a soif de l'ardeur infâme
Qu'une autre sait mettre en son flanc.

Les yeux hagards, le trouble à l'âme,
La langue aux lèvres se collant,
Chacune tour à tour se pâme,
Se tord et retombe en râlant.

Bientôt leur tendresse lascive,
Comme une chaîne qui les rive,
Dresse dans l'ombre leurs tombeaux ;

Et sur la pierre, quand arrive
Le soir à la marche craintive,
Pleurent les filles de Lesbos.


(1884)

Albert Sémiane

 

 

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05/01/2017

Fraude fiscale : les étranges décisions du Conseil constitutionnel.

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Si vous êtes boucher charcutier, fleuriste, épicier ou artisan maçon ; si vous êtes patron d’une petite boîte que vous avez monté seul et dans laquelle vous avez investi toutes vos économies, vos forces et vos rêves, amusez-vous à ne pas payer vos impôts ou magouiller sur la TVA : vous verrez vite arriver des convocations voire la visite aussi explicite que menaçante des fonctionnaires du fisc préposés à la chose.

Pour vous, pas de cadeau, pour vous les foudres de Bercy, pour vous éventuellement la saisie, la faillite, la rue.

Pour d’autres, comme cette énorme firme à non de chiotte, Google, ne pas payer ses impôts, ça s’appelle de « l’optimisation fiscale. » Pour vous c’est de la triche. En France, les grands groupes ne paient que 8 % d’impôts sur les bénéfices. Eh ! Vous avez l’air plutôt bonne poire vous, patrons de TPE (très petites entreprises) et de PME (petites et moyennes entreprises) qui payaient 30 % !

8 % que l’on refile à ces rubish frenchies - qu’ils se disent les Yanksters qui dirigent les Google, Amazon, Microsoft, etc. - c’est encore trop. Entourés de bataillons d’avocats d’affaires mettant leur compétence à trouver comment détourner les lois, ces multinationales mettent au point des montages avec des filiales bidon pour, en s’appuyant sur les « prix de transferts », faire passer l’essentiel de leurs profits réalisés en France dans des paradis fiscaux après transit dans des pays voyous européens, genre Luxembourg ou Pays-Bas. Cerise sur le pudding, ils déclarent des pertes en France afin non seulement de ne payer aucun impôt mais en plus de recevoir du fric des pouvoirs publics.

« Mais c’est dégueulasse, c’est totalement immoral » vous allez rouméguer ! « Mais que fait la police ? » La police, en la matière, c’est le ministère des finances, encore connu sous le nom de son quartier parisien : Bercy. Eh bien le ministère des finances a longtemps bataillé, de même que le gouvernement, contre une disposition proposée par le député socialiste Yann Galut qui visait à appliquer aux entreprises redressées par le fisc un nouvel impôt de 38,33 % sur les profits détournés vers l’étranger. Cette loi a pourtant été votée par l’Assemblée malgré les réticences du Gouvernement.

Ouf ! Très bien. Enfin ! Allez-vous penser. Ben voyons… C’était compter sans cette institution prestigieuse, garante de la Loi ultime : le Conseil constitutionnel. On peut penser que cette institution est là pour veiller sur l’intérêt des citoyens, le respect de la justice, l’équilibre des Pouvoirs… Tè ! Fume !

Le Conseil constitutionnel, manifestement plus soucieux de la liberté d’entreprendre et de l’intérêt des grosses multinationales que de la fraude fiscale, a censuré cette disposition appelée « taxe Google », ceci « au nom de l’égalité devant l’impôt ». Il estime que ce texte revient à « laisser à l’administration fiscale le pouvoir de choisir les contribuables qui doivent ou non entrer dans le champ d’application de l’impôt sur les sociétés ». Pourquoi ? Certains ont « le droit » de ne pas payer d’impôts ?

Mais ce n’est pas tout. Trois semaines plus tôt, ce même Conseil constitutionnel avait déjà annulé une disposition sur le reporting pays par pays, imposant une transparence aux multinationales, laissant l’État totalement démuni pour lutter contre une fraude qui coûte de 60 à 80 milliards d’euros par an : « L’obligation faite à certaines sociétés de rendre publics des indicateurs économiques et fiscaux correspondant à leur activité pays par pays est de nature à permettre à l’ensemble des opérateurs qui interviennent sur les marchés où s’exercent ces activités, et en particulier à leurs concurrents, d’identifier des éléments essentiels de leur stratégie industrielle et commerciale. Une telle obligation porte dès lors à la liberté d’entreprendre une atteinte manifestement disproportionnée au regard de l’objectif poursuivi. »

Mais ce n’est pas encore fini. Ce même jour, le Conseil constitutionnel a retoqué encore un article de la loi des finances prévoyant de sanctionner ceux qui ne signaleraient pas des opérations soumises à TVA supérieures à 863 000 euros. Une paille… Cette « omission » aurait valu, selon la disposition de la loi, une amende proportionnelle au montant non déclaré. Les « sages » ont jugé qu’« en prévoyant une amende proportionnelle non plafonnée, pour un manquement à une telle obligation de signalement, alors même que la personne sanctionnée ne pouvait savoir que son cocontractant ne reverserait pas la taxe sur la valeur ajoutée, le législateur a instauré une sanction manifestement disproportionnée à la gravité des faits qu’il a entendu réprimer ». Eh ! Oh ! Magouiller la TVA, c’est un peu un sport national, non ? Mouais… Mais la fraude à la TVA coûte entre 20 et 30 milliards chaque année à l’État.

Ainsi, une institution que l’on croyait exemplaire, vouée à la défense des citoyens, se révèle être un « machin » démontant toutes les mesures permettant à l’État de lutter contre la fraude fiscale. Ainsi, les « sages » censés être les intransigeants défenseurs de l’égalité, de la liberté, de la justice s’avèrent être les complices zèlées des plus magouilleuses des entreprises. Étrangères de surcroît !

Il faut savoir que les « sages » sont l’objet de soins aux petits oignons de la part des lobbies. Ils reçoivent ainsi des « portes étroites » de la part de groupes de pression les « prévenant amicalement » que telle ou telle disposition d’une loi serait anticonstitutionnelle…

Après, on s’étonnera du rejet des institutions et de la montée des populismes…

 

Vous ne les connaissez pas les dix « Sages » du Conseil constitutionnel ? Les voilà :

Laurent FABIUS, nommé par le Président de la République en février 2016

Valéry GISCARD D’ESTAING, membre de droit comme ancien président de la république

Michel CHARASSE, nommé par le Président de la République en février 2010

Claire BAZY MALAURIE, nommée par le Président de l’Assemblée nationale en août 2010

Nicole MAESTRACCI, nommée par le Président de la République en février 2013

Nicole BELLOUBET, nommée par le Président du Sénat en février 2013

Lionel JOSPIN, nommé par le Président de l’Assemblée nationale en décembre 2014

Jean-Jacques HYEST, nommé par le Président du Sénat en octobre 2015

Michel PINAULT, nommé par le Président du Sénat en février 2016

Corinne LUQUIENS, nommée par le Président de l’Assemblée nationale en février 2016

 

Parmi les anciens Présidents de la République, membres de droit du Conseil constitutionnel, seul Valéry Giscard d’Estaing siège actuellement au Conseil constitutionnel.
Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ne siègent plus depuis respectivement mars 2011 et janvier 2013.

 

Sources :

https://www.mediapart.fr/biographie/martine-orange

https://www.mediapart.fr/journal/france/121015/dans-les-coulisses-du-conseil-constitutionnel-cible-des-lobbies

http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2016/11/08/32001-20161108ARTFIG00168-un-depute-ps-propose-une-google-tax-a-la-francaise.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_de_transfert

 

04/01/2017

Au bistro de la toile : Mélenchon, Trump, Fillon et la Sécu.

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- Oh ! Victor, je viens d’entendre La Merluche ce matin sur France Inter, face à la péronnelle Salamé. Ah ! Il a du gaz le Jean-Luc. Mais avec beaucoup plus de sérénité qu’avant. Il ne se laisse plus aller à ses coups de gueule qui faisaient la joie des questionneurs, mais il ne laisse rien passer !

- Je l’ai entendu aussi. Lorsque Salamé, avec insistance, lui demande ce qu’il faut faire de Bachar El Assad, il lui répond l’évidence : « Mais c’est aux Syriens de le dire ! Pas à nous. » Il considère que Poutine et Erdogan, ce n’est pas la même chose, le Turc étant pour lui un dictateur, « un illuminé fanatisé par sa religion » et dont l’armée a franchi les frontières de son voisin syrien « sans que cela émeuve personne ». Et il met les pendules à l’heure en évoquant les vraies raisons de la guerre en Syrie : « Ce n’est pas une guerre de religion mais un conflit de territoire dans lequel la Turquie a mis les doigts jusqu’au coude, une guerre pour savoir où vont passer le pétrole et le gaz et ce que l’on fait des Kurdes ». Et là, Loulle, il fait preuve de plus de lucidité que la plupart de nos politiques et de tous les matamores qui squattent les plateaux de télévision et de radio. Il pense à juste titre qu’il serait plus judicieux et plus facile, sous l’égide de l’ONU, d’organiser des élections honnêtes en Syrie, avec les réfugiés de retour dans leur pays, que de tout bombarder.

La journaliste le relance pour Trump voulant imposer à Ford de rapatrier ses usines aux USA. « S’il le fait c’est très bien mais on verra. Comme Français, soyons habiles, si Trump renonce à Tafta je serais d’accord avec lui. Je ferais tout pour planter Tafta et aussi Ceta qui sont des pourvoyeurs de chômage et de destruction de toutes nos protections et normes environnementales. »

Tout le monde le pourri, le Trump, mais il n’empêche qu’avant même d’être en fonction, il fait plier les plus puissantes multinationales comme Ford et même Général Motors.

Raison de plus pour y regarder de plus près. Il sera peut-être une calamité pour certains de ses concitoyens, une bénédiction pour d’autres. Mais ça, on s’en fout Loulle, qu’ils se démerdent entre eux chez eux. Ce qui importe pour nous, c’est sa politique étrangère. Les plumitifs le qualifient tous d’ignare en la matière. Et pourtant le Trump, il pense que la guerre en Irak a été une énorme konnerie ; il pense que l’Otan ne sert à rien et coûte trop de pognon aux Étasuniens ; il est contre les traités commerciaux genre Tafta, Ceta, Alena et autres ; il est pour un rapprochement pragmatique avec la Russie ; il n’a rien à foutre des embrouilles du Moyen-Orient, etc. Et ça, c’est très bon pour nous, Loulle !

- C’est vrai. Tiens, les « milieux autorisés », comme disait Coluche, parlent aussi de Fillon et de ses « convictions gaullistes et chrétiennes »

- Je me demande bien ce que le rappel à la statue du Commandeur et les convictions de grenouilles de bénitiers de Fillon ont à voir avec la Sécu ! Le « Faillitaire » fait le tango : un pas en avant, deux pas en arrière et un sur le côté. En fait c’est un mou. Il rétropédale au moindre froncement de sourcil. Alors s’il est élu, on verra comment il réglera le bordel social que ses « réformes » vont fatalement générer, dès la rentrée.

Fillon est une marionnette du Medef. Son programme : faire d’énormes cadeaux aux entreprises avec du pognon pris dans la poche des ménages. Avec en corollaire un danger mortel pour l’une des principales conquêtes de la Libération : tuer la Sécu. Depuis des décennies le patronat en rêve, Valls – sur instruction de Hollande – a essayé de le faire. Ce rêve cauchemardesque, c’est donner de plus en plus de parts de l’énorme gâteau de la protection sociale aux assurances privées. Fillon, Gattaz, Bébéar, même combat…

D’ailleurs la nouvelle législation européenne sur les marchés publics conforte cette dérive vers la privatisation. En effet pour le Parlement européen, il convient « d’encourager une concurrence équitable et de permettre un meilleur rapport qualité-prix » en ouvrant au maximum les marchés publics au secteur public, y compris l’ouverture à la concurrence des services de Sécurité sociale obligatoire ».

La directive sur la passation des marchés publics ne fait pas mystère des intentions d’ouvrir à la concurrence les services de Sécurité sociale obligatoire dans son article 74 (Attribution de marchés pour des services sociaux et d’autres services spécifiques) et son annexe XVI.

La directive permet à un « État de l’Union européenne [qui le] souhaiterait – dans le cadre de son autonomie en la matière – [d’] organiser certains services de Sécurité sociale à travers un contractant.. »

Ainsi un État membre pourra construire son marché des services de Sécurité sociale en respectant les règles de la concurrence libre et non faussée en matière de services de Sécurité sociale obligatoire. C’est la privatisation de la Sécu.

- Raison de plus pour voter Mélenchon. Allez, à la nôtre !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

02/01/2017

Ras le hanap de ces vins trop lourds qui veulent péter plus haut que leur cru.

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Nous avons largement festoyé ces derniers jours. Et Sa Majesté le Vin a été l’un des indispensables rois de la Fête.

Seulement voilà : les vins actuels titrent quasiment tous au-dessus de 13 degré alcoolique. Les vignerons sont à côté de la plaque avec leurs vins hyper alcoolisés. Il fut un temps où seul le Châteauneuf, voire le Gigondas tangentaient les 13,5 ou 14°. Maintenant, le moindre vin de pays affiche son 13,5°. Aberration énorme ! Comment voulez-vous, amis vignerons, que nous buvions ça ? Les temps ont changé, les lois routières aussi, il faut vous adapter !

Les vignerons subissent une crise qu’ils ont eux-même, en partie, généré. Ceci avec le système de paiement des coopérateurs au degré-hecto qui a formé – ou plutôt déformé – les mentalités et régit les pratiques pendant des décennies. Ce système faisait que pour un volume déterminé, plus le degré était fort, plus le vigneron gagnait d’argent. Résultat : des encépagements qui pissent du degré, des vendanges en surmaturation, etc. Nos amis vignerons rétorquent : « Oui mais le soleil… oui mais la chaleur… ».

Qu’ils se débrouillent ! Qu’ils replantent des aramons ! Ce sont eux les professionnels, eux qui paient (fort cher) les services d’oenologues sortis du même moule influencé par l’ignoble Parker, le fossoyeur de la viticulture française de qualité. Ces oenologues ont fait en sorte qu’il n’y aie plus de mauvais vins, mais il n’y en a plus de grandioses… Les vignerons d’antan manquaient souvent une cuvée, mais ils nous concoctaient parfois des nectars sublimes. Maintenant il n’y a plus que des vins corrects, sans plus. Et surtout qui cachent leurs défauts derrière un degré d’alcool aberrant. Les grands Pétrus ne titre pourtant que rarement plus de 12°…

Les professionnels du vin sont évidemment préoccupés par ce dilemme : le réchauffement climatique augmente la teneur en sucre donc en alcool, mais la clientèle réclame des vins faciles à boire, plus léger en alcool.

Les vignerons ont à leur disposition plusieurs techniques pour empêcher que le degré d’alcool ne s’élève trop : vendanger plus tôt, avant complète maturité. Mais cela peut être gênant sur certains vins. Si l’on veut que le fruit s’exprime, que le vin soit souple, élégant, il faut que le fruit soit mûr…

Il y a aussi maintenant des techniques de désalcoolisation partielle des vins :

- Le procédé REDUX de réduction de la teneur en sucre des moûts. Ce procédé, proposé par la société Bucher-Vaslin, associe ultrafiltration et nanofiltration pour éliminer une partie du sucre contenu dans le moût. Cette technique ne permet pas de dépasser une baisse de degré supérieure à 2 % vol. Les vins obtenus par ce procédé sont de bonne qualité avec des équilibres en bouche très intéressants. Les profils aromatiques de ces vins sont proches des vins sans traitement issus de la même date de récolte, contrairement aux vins issus de récolte précoce mais de même degré. Le principal inconvénient de la technique est une perte de volume importante : environ 7 % pour 1 % volume d’éthanol éliminé.

- Le procédé Spinning Cone Column (SCC) ou colonne à cônes rotatifs (CCR). Une fraction du vin passe une première fois dans une colonne à 30°pour en extraire les composés très volatils (arômes) puis une deuxième fois pour éliminer l’alcool de cette fraction désaromatisée. L'extrait aromatique est alors réintroduit, puis cet ensemble est réintégré dans l’ensemble du vin traité. On descend ainsi le degré final d’alcool du vin à la demande.

- Le procédé de désalcoolisation membranaire Memstar. Ce procédé est basé sur la nanofiltration par le double passage du vin à travers une membrane. Un premier passage permet d’extraire un liquide eau-alcool. Un second passage à travers des membranes hydrophobes permet d’extraire l’alcool. Là encore les extraits aromatique récupérés au premier passage sont réintroduits.

Les techniques existent, encore faut-il que les professionnels les adoptent et que les législations les intègrent. C’est à la filière viticole de faire le nécessaire auprès des pouvoirs publics, tant nationaux qu’européens.

La filière viticole est organisée par les syndicats professionnels et par les Comités interprofessionnels qui regroupent les vignerons indépendants, les vignerons coopérateurs (à travers leurs représentants), les négociants, les courtiers. Bien. C’est très positif de s’organiser. Seulement voilà, il manque le maillon LE PLUS IMPORTANT de la filière. Celui sans qui tous ceux qui sont en amont travaillent pour rien. Je veux parler évidemment du BUVEUR DE VIN ! Celui qui sort ses sous de sa poche pour acheter les produits que concoctent amoureusement les autres. C’est son avis à lui qui compte. C’est lui le roi : il achète ce qui lui plaît, et pas ce que la filière vigneronne veut lui faire acheter. Croyez-vous qu’on lui demande son avis ? Pas du tout. Il n’existe pas, ce cochon de payant. Alors il ne faut pas s’étonner s’il va chercher ailleurs des vins qui lui conviennent.

Nous — buveurs de vin, fiers de l’être, pas ivrognes du tout, amateurs militants des bonnes choses de la vie, disciples vénérables de Bacchus — voulons retrouver des vins plaisir, des vins de soif, des vins légers comme une caresse de jeune fille, des vins spirituels et pas spiritueux, des vins dont un verre en appelle un autre.

Ce que nous ne voulons plus, ce sont des vins assommoirs, des vins fabriqués par des « vitiplanchistes » ayant tous le même goût d’infusion de parquet.

Amis vignerons, faîtes-nous de nouveau plaisir. Arrêter de tous vouloir faire des vins qui veulent péter plus haut que leur cru !


Liens : http://www.vignevin-sudouest.com/publications/fiches-prat...

http://avis-vin.lefigaro.fr/magazine-vin/o28431-vin-et-cl...


Photo X - Droits rservés

01/01/2017

Qui veut de mes voeux baveux tirés par les cheveux ?

 

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Je nous souhaite non pas une bonne année, c’est trop restrictif, mais de BONNES ANNÉES, ou des bonnes à nez.

Je nous souhaite que notre viande – pas celle qui nous nourrit, celle qui nous constitue - soit saine. Enfin, la plus saine possible.

Je nous souhaite que nos cervelles fument bien et de moins puer du cerveau que des pieds.

Je nous souhaite que la bouffe soit bonne, abondante et variée.

Je nous souhaite que notre très large soif  puisse toujours s’étancher avec les meilleurs de nos vins.

Je nous souhaite que l’amitié, la fraternité, la sororité, la générosité, la tolérance nous réchauffent.

Je nous souhaite que l’amour nous fasse chanter la viande dans une lumière bleue où crépitent des étincelles d’or.

Je nous souhaite à tous, nous les Humains, poussières d’étoiles ou fiente du cosmos, des palanquées de bonheurs.

Le bonheur, toujours furtif, dont on s’aperçoit – comme disait Prévert - qu’il existe au bruit qu’il fait lorsqu’il s’en va.

 

Bonnes années et longo maï.

A l’an qué vèn

E qué si sian pas maï,

O men siguèn pas mens !

 

Illustration: merci à Geluck