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31/03/2017

Nucléaire : et un fiasco de plus pour l’EPR !

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Cette fois, c’est France Info – média national BCBG – qui allume la mèche : EDF comme AREVA sont passés outre aux avertissements et aux demandes d’explication de l’ASN concernant la qualité d’une pièce essentielle du réacteur de l’EPR de Flamanville, la cuve. Avec ce qui ressemble à un superbe bras d’honneur, les deux industriels ont installé la cuve dans le bâtiment réacteur en 2014, en dépit de ces mises en garde réitérées depuis 2004. Problème : cet élément clé de d’installation – c’est ce qui retient et confine les éléments actifs et radioactifs du réacteur – n’a toujours pas été validé par l’ASN.

La concentration de carbone dans l’acier de la cuve serait de 0,3 % alors qu’il devrait être de 0,2 %. Bof pourrait-on dire. On ne va pas en faire des caisses pour une si petite différence. Pour les profanes que nous sommes, c’est vrai sauf que, si l’on en croit les « experts », ça suffit pour modifier les propriétés mécaniques de l’acier et, en particulier, pour influencer la température à laquelle il devient moins souple et plus cassant. Une rupture de la cuve, c’est quelque chose qu’on ne peut même pas imaginer dans le nucléaire. Ce serait la catastrophe pire que Fukushima, Tchernobyl et Three Mile Island réunis…

L’EPR de Flamanville ! European Pressurized Reactor, puis Evolutionary Power Reactor, mais on pourrait plutôt dire Euh ! Pour Rire. Cette aberration - un réacteur d’une technique ancienne, dépassée mais gigantesque (1 650 mégawatts), sacrifiant du fait de ce gigantisme la sûreté à la productivité – devait coûter 3 milliards d’euros, il devrait (??!!) finalement coûter 10,5 milliards, et plus si affinité !En plus, cette dangereuse merde, qui devait démarrer en 2012 sera (??!!) finalement mise en service en 2018. Ce qui est tout à fait utopique puisque la cuve n’est pas validée.

Ce chantier a multiplié les retards, les malfaçons, les pannes, les organes déficients. Béton plein de trous par manque de ciment, cuve pas assez résistante, etc., etc.. Ceci en partie à cause d’une cascade de sous-traitance qui fait que la compétence des acteurs réels du chantier n’est pas assurée. En 2011 déjà, l’ASN avait dénoncé « un manque de compétences, de formation à la culture de sûreté des intervenants » et des « lacunes d’EDF dans la surveillance des sous-traitants ».

Il serait peut-être temps, pour la nouvelle administration qui va sortir des urnes, de prendre enfin la décision qui s’impose : abandonner purement et simplement ce foutoir imposé par le redoutable autant qu’irresponsable lobby des nucléocrates. L’EPR est merdique. Sa construction foire aussi bien en Finlande qu’à Flamanville. Où qu’on le construise, l’EPR sera dangereux. Il produit des déchets nucléaires qu’il faudra stocker durant des millions d’années. Pour chaque mégawatt d’électricité produite en un an, chaque centrale produit la radioactivité à vie courte et à vie longue d’une bombe de Hiroshima. Deux EPR à 1600 MWe chacun produiront la radioactivité de 3 200 bombes de Hiroshima ! On privilégie le gigantisme au détriment de la sécurité.

Les systèmes de sécurité passifs de l’EPR ne sont pas suffisants, armatures et pompes sont toujours entraînées par des moteurs qui peuvent s’arrêter à la moindre panne de courant. La seule innovation de l’EPR est le réservoir destiné, en cas d’accident majeur, à recevoir et refroidir le cœur en fusion. Pour ce faire, il faudrait d’une part que le bassin soit absolument sec, sans quoi les risques d’explosion de vapeur sont très élevés, et d’autre part, il faudrait recouvrir d’eau le cœur en fusion, ce qui provoquerait justement ces explosions de vapeur à éviter… De plus, à l’heure actuelle, aucun alliage – et surtout pas l’acier avarié des forges du Creusot - ne résiste à un cœur en fusion. Cela n’existe pas !

Et pour l’EPR, des gens mourront dans les mines d’extraction, par les radiations proches des centrales, dans les usines de plutonium (dites de retraitement) et d’enrichissement d’uranium. Comme toute autre centrale nucléaire conventionnelle, l’EPR produira des rejets radioactifs lors de son fonctionnement dit « normal ». Destiné à l’exportation, l’EPR aggrave donc le risque que de nouveaux pays entrent en possession de la bombe atomique.

Le projet EPR a commencé bien avant les événements du 11 septembre 2001. L’EPR n’est pas prévu pour faire face à une éventuelle attaque terroriste. Une attaque terroriste ou un accident nucléaire majeur rendraient une grande partie de l’Europe inhabitable pour toujours. Un pays possédant des centrales nucléaires est à la merci de tous les chantages.

De plus, l’uranium provient de l’étranger et sa pénurie se précise, avec l’envolée de son prix. Alors, si les réacteurs doivent être arrêtés par manque de combustible, pourquoi en construire de nouveaux ?

Ne serait-il pas plus raisonnable, au vu de ce fiasco, de remettre au pas le trop puissant lobby des nucléocrates et d’arrêter les frais en ayant le courage d’abandonner le chantier EPR pour mettre enfin le pognon et les compétences nécessaires dans la tant espérée arlésienne qu’est la « transition énergétique » ?

 

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...et construisit l'EPR !

29/03/2017

C’est aujourd’hui que la Grande-Bretagne va commencer à « libérer l’Europe ». Ouf !

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Peut-on jeter la pierre aux Anglais de vouloir sortir de cette Europe de la déception ? Ils ont au moins le courage de poser la question à leur peuple et son gouvernement, en actionnant aujourd’hui le « chapitre 50 » respecte le verdict des urnes, contrairement à nous, qui avons laissé un président tricheur se torcher sans vergogne avec la victoire du « Non » à la constitution européenne.

Cette Europe est exécrable. C’est vrai. Parce qu’elle « oblige » à vivre ensemble des peuples qui avaient la « désagréable » habitude de s’entre-massacrer tous les quarts de siècle ? Quel fanatique du « frexit » pourrait dire ça ? Parce que sans l’Europe, aussi imparfaite soit-elle, la désintégration de la Yougoslavie il y a quelques années aurait dégénéré en un nouveau carnage entre France et Allemagne. La paix, la PAIX entre ces deux frères ennemis vaut tous les désagréments.

L’Europe est, pour cela, trop précieuse pour qu’on la rejette. Et le « brexit » est une chance formidable : débarrassée du boulet britannique, l’Europe – actuellement massivement rejetée par les peuples qui la composent – peut entamer sa refondation autour d’u noyau restreint : les fondateurs plus les nations ibériques.

Ne rêvons pas, ce n’est pas demain que l’on aura une armée commune ce qui impliquerait de donner le bouton de notre force nucléaire à un Espagnol, un Italien, un Belge, un Allemand… Mais on peut avoir, rapidement, une diplomatie sinon unique du moins largement concertée. Et si on veut vraiment la relancer, on doit avoir rapidement une organisation sociale, des règles fiscales compatibles sinon communes. Parce que c’est de là que vient le rejet de l’Europe. Cette clause qui exclut le social et la fiscalité des règles communes a été imposée par les Anglais. C’est d’elle que découle les pratiques de rufians du Luxembourg, de l’Irlande, des Pays-Bas.

Refonder l’Europe c’est avant tout abroger cette clause scélérate, ainsi que le système des travailleurs détachés tout en laissant s’épanouir séparément la culture, le mode de vie, la langue évidemment, l’éducation. Ceci impliquant une prise de distance avec les « amis » et « alliés » étasuniens.

Faisons un petit retour en arrière. À l’époque de la création du Marché Commun, la Grande-Bretagne a tout fait pour le contrer, notamment en créant parallèlement une « zone de libre-échange » avec quelques pays de l’Europe du Nord. Mais les milieux d’affaires britanniques, assistant impuissant au rapide développement économique du Marché Commun sans en profiter ont poussé les politiques à demander leur adhésion.

De Gaulle – qui les connaissait bien - s’est en son temps farouchement opposé à leur entrée, en 1963 puis en 1967. Pour des raisons stratégiques : il avait compris que la Grande-Bretagne serait le cheval de Troie des États-Unis. Ce en quoi, là encore, sa vision était pertinente. Mais Rothschild-Pompidou, à la solde la City de Londres, leur ouvrit les portes et, après deux ans de négociations, la Grande-Bretagne adhéra à l’Europe en 1972, amenant dans ses bagages l’Irlande et le Danemark.

La Grande-Bretagne s’est tout de suite opposée à la seule réalisation européenne tangible, la politique agricole commune. Et le bordel européen a commencé…

Souvenons-nous, en 1979, de Margaret Thatcher réclamant, telle une virago : « I want my money back ! » Et obtenant un chèque annuel de restitution de tout ce que la Grande-Bretagne verse au budget de l’Europe. Et ça dure toujours !!! De même, Thatcher s’opposa aux tentatives de Jacques Delors d’avancer vers une certaine fédéralisation, vers une Europe intégrée d’États-Nations.

Souvenons-nous de Leon Brittan, nommé en 1989 commissaire européen à la très sainte « Concurrence ». Ultralibéral assumé, cette brute a tout fait pour donner le pouvoir aux multinationales étasuniennes et européennes. Il est à la source d’un lobby international regroupant les multinationales, le TABD (dialogue économique transatlantique), l’ancêtre de TAFTA.

Souvenons-nous de John Major qui, en 1990, proclamait que « le succès économique de la Grande-Bretagne dépend de ses coûts sociaux bas, pas de chapitre social et pas de salaire minimum ». Refusant l’application d’une des rares directives sociales de la Commission européenne, concernant une limitation du temps de travail à 48 heures et 3 semaines de congés payés, il fusilla toute tentative d’Europe sociale.

Souvenons-nous aussi de Tony Blair, le caniche de Washington, fidèle soutien de Bush dans son invasion de l’Irak et donc, à ce titre, coresponsable du foutoir actuel au Moyen-Orient. Il aurait sa place comme accusé devant le tribunal de La Haye, tout comme Sarkozy, Obama et évidemment tous les Bush…

C’est une constante de la politique extérieure britannique, lorsqu’elle met le pied dans une organisation, la Grande-Bretagne n’a qu’une chose en tête : la dominer et la façonner selon ses seuls intérêts ou sinon la faire capoter. Le premier terme de l’alternative n’étant pas réalisable, il fallait donc couler l’Europe, la faire échouer en tant que puissance politique, diplomatique, militaire. Ceci évidemment en étroite concertation avec les États-Unis.

Comment ?

D’abord en poussant à un élargissement sans frein, et le plus rapidement possible. Et ça a été l’intégration catastrophique de tous les pays de l’Est… 28 États dans une organisation où les décisions se prennent à l’unanimité ! Un « machin » rigoureusement ingouvernable, donc paralysé. C’est ce qui se passe actuellement. Et que serait-ce si on intégrait la Turquie ! Aux fous !

Ensuite freiner, par tous les moyens, toute avancée vers une plus grande intégration fédéraliste. Puis influer pour ouvrir cette Europe passoire à tous les vents d’une « mondialisation » façonnée par et pour les États-Unis (et leur cheval de Troie britannique).

Puis vint Maastricht et la création de l’Euro. Ce sont les Britanniques qui ont lutté farouchement, et avec succès, pour que la fiscalité et le social soient exclus des lois communes européennes. C’est donc à eux que l’on doit la concurrence sauvage entre pays vers le moins-disant fiscal et social. C’est à cause d’eux que des pays sans scrupule comme le Luxembourg, l’Irlande et les Pays-Bas ont mis au point des mécanismes exploitant cette faille et livrent l’Europe aux appétits sans frein des multinationales. C’est à cause d’eux que celles-ci ne paient pas d’impôts.

Quant à l’euro, non seulement ils n’y sont pas entrés, mais ils en profitent outrageusement grâce à la puissance financière de leur nid de banksters qu’est la City…

Ce ramdam autour de la sortie de la Grande-Bretagne cache le véritable problème de l’Europe devenue une colonie allemande. Ceci ne l’oublions pas, à cause de la faiblesse et du renoncement politique de la France. Frau Merkel à la baguette mène l’orchestre et la danse européenne, mais avec une musique exclusivement allemande. Avec des effets désastreux pour les nations de l’U.E. sauf… pour l’Allemagne.

Son économie est prospère ? Oui mais elle est basée sur l’exploitation éhontée de la main-d’œuvre des ex-pays de l’Est, sous payée, supportant des conditions de travail « à la chinoise ».

Elle exporte ainsi ses produits industriels avec le label « made in Germany » alors qu’ils sont souvent faits ailleurs, Tchéquie, Hongrie, Roumanie, etc. et seulement assemblés voire juste étiquetés en Allemagne.

Elle fout en l’air l’industrie laitière et l’élevage des autres pays européens, en industrialisant l’agriculture, exploitant là encore la main-d’œuvre détachée de ses marches de l’Est.

Ses décisions en matière de politique internationale sont catastrophiques, comme toujours lorsqu’elle se laisse griser par sa puissance économique.

Ainsi elle a étranglé et humilié la Grèce avec une brutalité et une morgue qu’on croyait rangées aux poubelles de l’Histoire.

Ainsi elle a ouvert toutes grandes, avec une effarante stupidité, les portes de l’Europe à une immigration sans limite… pour ensuite faire marche arrière.

Elle est allée (Frau Merkel) négocier la gestion des immigrés du Moyen-Orient - de sa propre initiative sans mandat ni même concertation de ses partenaires européens - avec le dictateur Turc Erdogan qui s’est fait une joie de lui imposer ses diktats.

Elle négocie avec la Chine ses seuls intérêts, s’implique en Ukraine comme un toutou docile des Yankees, donnant toutes facilités à l’Otan pour provoquer le voisin Russe, elle pousse à la roue pour signer au plus vite l’horreur économique qu’est le traité Tafta.

Mais elle se garde bien de s’impliquer dans les problèmes du Moyen-Orient et de l’Afrique, laissant la France s’épuiser par son effort militaire bien solitaire au profit pourtant de toute l’Europe.

Qui peut faire face à cette Allemagne à volonté hégémonique ? Comme le montre l’Histoire, seule la France est en mesure de le faire. Dès lors, l’avenir de l’Europe dépend en grande part de nous. Encore faut-il que nous le voulions et donc que nous nous débarrassions de cette caste politique ayant amplement prouvé son incompétence, sa lâcheté, sa cupidité. Dans quelques semaines nous aurons cette possibilité. Il s’agit de ne pas la laisser passer en se réfugiant derrière un « votutile » imbécile.

La victoire du « Brexit » peut être ce coup de pied dans la fourmilière qui permettra de rebattre les cartes.

 

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28/03/2017

M’ame Michu, M’ame Chazotte et le Sidaction

Les Vamps web.jpg

 

- V’z’avez donné vous au Sidaction M’ame Chazotte ?

- Moi ? Non. Pourquoi ? Fallait donner ?

- Ben quand même, ces pauvres gens qu’ont attrapé cette saleté de maladie. Par amour en plus ! Faut bien les aider. Moi ils me tirent des larmes. Alors j’ai promis vingt euros.

- C’est bien M’ame Michu. C’est bien. Vous avez agi par amitié pour ces garçons et pour ces filles, par compassion. V’z’avez donné parce que dans votre cœur vous acceptez de prendre sur vous un peu de leurs souffrances. V’z’avez bon cœur, et comme v’z’avez pas beaucoup de sous, votre don, lui, a de la valeur…

- Oh ! Vous savez, vingt euros, c’est pas beaucoup. C’est ce que j’ai donné à mon facteur de La Poste aussi. C’est ce que je donne chaque année au Téléthon. Mais pourquoi, y a des dons qu’ont pas la même valeur ?

- Ben, ceux des riches ont bien moins de valeur que le vôtre M’ame Michu. Pour certains, notamment les entreprises, les banques, etc., ce sont de belles opérations de communications qui leur permettent de se donner une image altruiste pour pas grand-chose. Pire encore, en faisant payer indirectement à vous, à moi, aux pauvres, au populo, l’essentiel de ces dons…

- Ben ça alors ! Alors c’est vous et moi qui payons pour les gens des grandes entreprises par exemple, qui font de gros chèques ?

- En partie M’ame Michu. En grande partie.

- Comment ça ?

- Ben, parce que les deux-tiers du montant de ces dons pourra être déduit par les riches de leurs impôts sur le revenu ! Ils s’achètent une bonne conscience à prix bradé ! Ce qui fait autant de manque-à-gagner pour l’État, c’est-à-dire pour vous et moi entre autres. Pognon que Monsieur L’État récupérera par ailleurs sur l’ensemble de la population. Autrement dit c'est vous et moi qui payons les deux-tiers des dons faits par les "généreux" donneurs. Et le tour est joué.

- Ben ça alors ! J’voyais pas ça comme ça. Pourtant, si nous on donne pas, Monsieur L’État ne fera pas un geste en faveur de ces malheureux. Finalement ça a quand même du bon, parce qu’on lui force la main à monsieur L’État.

- Y a un peu de ça M’ame Michu. Y a un peu de ça. Seulement cette charité - réminiscence de notre vieille culture judéo-chrétienne – si elle a sa justification du fait même de son efficacité, occulte et remplace la notion bien plus noble de Justice. Ces malades, ils ne demandent pas la charité, mais ils réclament la Justice ! Puisque en fin de compte c’est tout de même l’État qui casque l’essentiel, ne serrait-il pas plus JUSTE qu’il finance ces labos de recherche, ces aides aux familles dès le départ ?

- Ben, oui, c’est ben vrai ça !

 

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27/03/2017

L'Europe ? On ne la quitte pas, on la force à changer.

 

 

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On vient de fêter le soixantième anniversaire du Traité de Rome, point de départ de cette fantastique aventure qu’a été l’Europe avant d’être dévoyée.

Pas de grandes manifestations festives populaires pour l’occasion. Pour la tragique raison que les peuples de cette Union Européenne en sont arrivés à la détester. Pourquoi ce rejet ? Parce que les institutions de celle-ci ont été phagocytées par les officines financières ultralibérales. Parce que l’Europe des solidarités a cédé le pas à l’Europe de la mise en concurrence des travailleurs. Parce que l’Euro, constitué par et pour les Allemands a poussé à la faillite tous les États du Sud, insultés ces jours derniers de façon répugnante par le président de l’Euro groupe.

Dès lors, faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ? Autrement dit quitter l’Europe ? La réponse à cette question devrait gouverner le choix des électeurs à la présidentielle.

Trois choix :

- quitter l’Europe, c’est ce que préconisent les « stratèges » du F.Haine et d’autres groupuscules folkloriques ;

- continuer comme avant, au service de la finance et des multinationales, c’est la ligne de Fillon et, dans une moindre mesure, de Macron et de Hamon ;

- sauver le meilleur de la construction européenne en en abolissant le pire, « à savoir la guerre économique par le dumping fiscal et social et l’obsession imbécile de l’équilibre budgétaire qui interdit des politiques économiques efficaces. » comme dit Jacques Généreux.

L’Union Européenne n’a plus d’union que le nom. Elle est d’ores et déjà en voie de déconstruction comme le prouve de Brexit. La question n’est donc pas de savoir s’il faut en sortir ou non mais plutôt de savoir comment faire renaître cette formidable espérance, comment lui donner un nouveau souffle basé sur la coopération et non plus sur la seule « concurrence libre et non faussée », clé de voûte de l’U.E. actuelle. Vaste chantier disent les pessimistes, tremblant devant les diktats des dirigeants ultralibéraux de l’Allemagne actuelle.

Il ne s’agit pas de tout casser, il n’est pas question de lancer un ultimatum arrogant à nos partenaires, mais de créer un rapport de force entre les tenants de l’Europe des marchands de soupe actuelle, celle de la régression sociale et de la rivalité des nations et les pays qui veulent reprendre le chemin difficile mais exaltant d’une véritable union des peuples. Débarrassée du boulet britannique, la refondation de l'Europe, à un nombre restreints de membres dans un premier temps, est possible.

Mouais… Vœux pieux, belles paroles, espoirs utopiques diront les cyniques. On a vu comment les élans du Grec Tsipras se sont écrasés sur la muraille de la « troïka » déléguée par la finance…

À part que la France n’est pas la Grèce. La première puissance européenne n’est pas l’Allemagne mais la France. Par le dynamisme de sa démographie, par sa puissance militaire et nucléaire, par la présence mondiale de sa diplomatie, par son siège au conseil de sécurité de l'ONU, par son universalité puisqu’elle est physiquement présente sur quatre des cinq continents, par sa culture, par sa langue. Par son économie certes plus faible que celle de son voisin et partenaire d’outre-Rhin mais tout de même largement à la deuxième place européenne. Dès lors, si la France dit qu’il faut faire bouger l’Europe, elle bougera ! N’en déplaise à Frau Merkel qui fait ce qu'elle veut par l'effacement, la veulerie, la faiblesse de dirigeants brillant depuis deux quinquennats surtout par leur nullité…

Et que faut-il lui dire à l’Europe ? Déjà quelques mesures évidentes :

- Engager l’harmonisation fiscale et sociale pour jeter bas la pratique du dumping fiscal et social qui détruit l’Europe. Avec pour corollaire la mise au pas ce ces pays rufians que sont le Luxembourg, l'Irlande, les Pays-Bas.

- Supprimer la directive des travailleurs détachés.

- Stopper la libéralisation des services publics.

- Refuser les accords Tafta et Ceta.

Et si nos partenaires refusent, on fait quoi ?

On passe outre, autrement dit on désobéit à quelques directives des traités européens.

Et alors ! Comme dit l’autre… On risque quoi ? D’être expulsés de l’Union ? Hors de question. En effet un Etat peut demander à sortir de l’Union, mais personne ne peut exclure un pays, ni de l’UE ni de la zone euro. Et personne n’aura l’imprudente impudence de vouloir pousser la France vers la sortie, car ce serait alors la fin de l’euro et la fin de l’UE.

On ne risque donc rien ! Sinon quelques grimaces et peut-être quelques amendes qu’on a les moyens d’éviter ou même de payer. Et c’est tout.

Mais pour ça, encore faut-il élire à la tête de la France quelqu’un qui les a bien pendues…

 

Illustration: merci à Titom


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26/03/2017

Gastronomie de temps de crue…

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La soupe d’ablettes du Père Bijoudi

 

Sous son passe-montagne enroulé en bonnet,

Deux yeux d'un gris normand et un nez basané

Surmontaient une barbe hirsute et flamboyante

Chapeautée par le tourbillon de deux bacchantes.

Emergeait de sa bouche aux dents de carnassiers

Une longue bouffarde à tête de bélier.

Vêtu de hardes vertes et botté de cuissardes

Le Père Bijoudi, aux origines sardes,

Surnommé par ici « le pirate du Rhône »,

Menait sa barque plate parmi ilots et lônes.

Le fleuve dangereux, ami et adversaire,

N'avait pas de secret pour ce grand solitaire.

Il connaissait par cœur les remous, les courants,

Les vasières, les trous, les nids de cormorans,

Les gouffres à anguilles, les passages d'aloses,

Les grands cadavres d'arbres que chaque crue dépose,

Agachon des brochets, perchoirs pour les butors,

Cauchemar des pêcheurs, refuge des castors.

Quand le jour s'estompait, calé dans sa barcasse,

II ramait pour poser ses filets et ses nasses

Qu'il irait relever à l’aurore suivante

Sans jamais déroger, qu'il pleuve, neige ou vente.

Personnage secret, taciturne à l’envi

Le Père Bijoudi a sauvé bien des vies

Lorsque le Fleuve-dieu, en ses grandes colères

Happait les imprudents dans ses eaux meurtrières.

Les jours de grandes crues, devant la ville inquiète,

Il préparait sa barque pour pêcher les ablettes:

Un grand filet carré ouvert par deux arceaux,

Pendu à un levier en tête de vaisseau.

A chaque relevée, le piège, en émergeant

Prélevait dans les eaux quelques éclairs d'argent.

Le Père Bijoudi les vendait aux badauds

Qui surveillaient la crue, au sec, sur les bord' eaux.

Lui, ce qu'il préférait, c'est la soupe d'ablettes...

- Ça c'est original Victor! Zou ! La recette !

- Prépare et fais sauter tomates et oignons

Dans de l'huile d'olive. Thym, laurier et sarriette.

Quand c'est bien coloré, rajoute tes ablettes.

Puis tu mouilles au vin blanc, cabernet-sauvignon,

Des vins de la Vallée, pas des vins bourguignons,

Ugni blanc ou clairette, coupé d'eau par moitié.

Bois un coup toi aussi et sales volontiers.

Attention! Tes poissons ne sont jamais vidés

C'est par là que ta soupe prend son parfum iodé.

Fais bouillir à feu vif dix à douze broquilles,

Le temps de fusiller, entre amis, une quille.

Au moulin à légumes tu vas alors passer

Les ablettes et leur jus. Après, tu vas presser

L'ensemble dans un linge. Serre sans te brûler,

Exprime tous les sucs et laisse bien couler.

Tu remets sur le feu, ajoutes du safran,

Attention, du pistil et pas du colorant,

Le safran est très cher, mais ne soit pas grigou:

Ton assaisonnement doit être de haut goût,

Coupées en minces tranches, quelques pommes-de-terre

Donneront à ta soupe du corps, du caractère.

Sers avec du râpé, gruyère ou parmesan,

Ce plat original, parfumé et puissant.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins d'esprit, puissants, pleins d'élégance

Qui naissent au soleil en terres de Provence.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

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25/03/2017

Célébrons La Femme avec Pierre Louÿs

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Pierre Louÿs

LA FEMME

 

Ex libris, nequam scriptoris

His libellus, o clitoris,

Ad limen te mittat oris.

 

Madame, vois l'ex-libris

D'un auteur français, qui peut-être

A mouillé votre clitoris

Plus d'une fois sans vous connaître.

 

L'ORCHIDÉE

Une fleur a mangé ton ventre jusqu'au fond

Sa tige se prolonge en dard sous les entrailles

Fouille la chair de sa racine et tu tressailles

Quand aux sursauts du cœur tu l'entends qui répond

C'est une fleur étrange et rare, une orchidée

Mystérieuse, à peine encore en floraison

Ma bouche l'a connue et j'ai conçu l'idée

D'asservir sous ses lois l'orgueil de ma raison.

 

C'est pourquoi, de ta fleur de chair endolorie,

Je veux faire un lys pur pour la Vierge Marie

Damasquiné d'or rouge et d'ivoire éclatant,

 

Corolle de rubis comme une fleur d'étoile

Chair de vierge fouettée avec des flots de sang

Ta Vulve rouge et blanche et toute liliale.

 

LA VULVE

I. LES POILS

 

Un rayon du soleil levant caresse et dore

Sa chair marmoréenne et les poils flavescents

Ô que vous énervez mes doigts adolescents

Grands poils blonds qui vibrez dans un frisson d'aurore.

 

Quand son corps fatigué fait fléchir les coussins

La touffe délicate éclaire sa peau blanche

Et je crois voir briller d'une clarté moins franche

Sous des cheveux moins blonds la chasteté des seins,

 

Et sous des cils moins longs les yeux dans leur cernure.

Car ses poils ont grandi dans leur odeur impure

La mousse en est légère et faite d'or vivant

Et j'y vois les reflets du crépuscule jaune ;

Aussi je veux prier en silence devant

Comme une Byzantine aux pieds d'un saint icône.

 

II. LES POILS

Quand j'énerve mes doigts dans vos épaisseurs claires

Grands poils blonds, agités d'un frisson lumineux,

Je crois vivre géante, aux âges fabuleux

Et broyer sous mes mains les forêts quaternaires.

 

Quand ma langue vous noue à l'entour de mes dents

Une autre nostalgie obsède mes narines :

Je crois boire l'odeur qu'ont les algues marines

Et mâcher des varechs sous les rochers ardents.

 

Mais mes yeux grands ouverts ont mieux vu qui j'adore :

C'est un peu d'océan dans un frisson d'aurore,

La mousse d'une lame, un embrun d'or vivant,

 

Flocon vague oublié par la main vénérée

Qui façonna d'écume et de soleil levant

Ta peau blanche et ton corps splendide, Cythérée !

 

III. LE MONT DE VÉNUS

Sous la fauve toison dressée en auréole

À la base du ventre obscène et triomphant,

Le Mont de Vénus, pur ainsi qu'un front d'enfant,

Brille paisiblement dans sa blancheur créole.

J'ose à peine le voir et l'effleurer du doigt ;

Sa pulpe a la douceur des paupières baissées

Sa pieuse clarté sublime les pensées

Et sanctifie au cœur ce que la chair y voit.

 

Ne t'étonne pas si ma pudeur m'empêche

De ternir l'épiderme exquis de cette pêche,

Si j'ai peur, si je veux l'adorer simplement

Et, penché peu à peu dans les cuisses ouvertes,

Baiser ton Vénusberg comme un saint sacrement

Tel que Tannhäuser baisant les branches vertes.

 

IV. LES NYMPHES

Oui, des lèvres aussi, des lèvres savoureuses

Mais d'une chair plus tendre et plus fragile encor

Des rêves de chair rose à l'ombre des poils d'or

Qui palpitent légers sous les mains amoureuses.

Des fleurs aussi, des fleurs molles, des fleurs de nuit,

Pétales délicats alourdis de rosée

Qui fléchissent, pliés sur la fleur épuisée,

Et pleurent le désir, goutte à goutte, sans bruit.

 

Ô lèvres, versez-moi les divines salives

La volupté du sang, la chaleur des gencives

Et les frémissements enflammés du baiser

 

Ô fleurs troublantes, fleurs mystiques, fleurs divines,

Balancez vers mon cœur sans jamais l'apaiser,

L'encens mystérieux des senteurs féminines.

 

V. LE CLITORIS

Blotti sous la tiédeur des nymphes repliées

Comme un pistil de chair dans un lys douloureux

Le Clitoris, corail vivant, cœur ténébreux,

Frémit au souvenir des bouches oubliées.

Toute la Femme vibre et se concentre en lui

C'est la source du rut sous les doigts de la vierge

C'est le pôle éternel où le désir converge

Le paradis du spasme et le Cœur de la Nuit.

 

Ce qu'il murmure aux flancs, toutes les chairs l'entendent

À ses moindres frissons les mamelles se tendent

Et ses battements sourds mettent le corps en feu.

 

Ô Clitoris, rubis mystérieux qui bouge

Luisant comme un bijou sur le torse d'un dieu

Dresse-toi, noir de sang, devant les bouches rouges !

 

VI. L'HYMEN

Vierge, c'est le témoin de ta virginité

C'est le rempart du temple intérieur, ô Sainte !

C'est le pur chevalier défenseur de l'enceinte

Où le culte du Cœur se donne à la Beauté

 

Nul phallus n'a froissé la voussure velue

Du portail triomphal par où l'on entre en Dieu

Nul homme n'a connu ton étreinte de feu

Et le rut a laissé ta pudeur impollue.

 

Mais ton hymen se meurt, ses bords se sont usés

À force, nuit et jour, d'y boire des baisers

Avec l'acharnement de la langue farouche.

 

Et quelque jour, heurtant le voile exténué,

Le membre furieux dardé hors de ma bouche

Le déchiquettera comme un mouchoir troué.

 

Pierre Louÿs

 

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Et faites-vous plaisir,

découvrez l'Amour aux temps préhistoriques:

 

...et l'Homme devint CON !: Le chute vers le progrès

 

24/03/2017

Déchets nucléaires : les approches opposées de l'Allemagne et de la France face à cette calamité.

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Le problème des déchets de l'industrie nucléaire déchaine des passions aussi bien en France qu'en Allemagne. Chez nos voisins – qui sont en pleine transition énergétique, avec l'arrêt progressif de toutes les centrales - le parlement fédéral a établi des règles : le choix d'un site de stockage des déchets nucléaires sera scientifique et sa recherche s'étendra jusqu'à 2030. La ministre de l'environnement allemand a été sans ambigüité : « Les déchets nucléaire doivent être tenus hors de l'environnement pendant un million d'année. Ce qui montre de manière explicite à quel point le recours à l'énergie nucléaire a été une erreur. »

Les lieux de stockage actuels sont en piètre état. Un des principaux centres de stockage du pays, « Asse II », en Basse-Saxe, a du être évacué : en 2008, la presse allemande révélait la pénétration de près de 12 000 litres d’eau par jour dans la roche saline, ayant provoqué des effondrements de galeries. Des barils seraient même endommagés.

Mais c’est surtout l’ancienne mine de sel de Gorleben, également en Basse-Saxe et longtemps considérée comme le site de stockage idéal, qui cristallise les passions. Cette petite commune de 634 habitants située dans le nord-est de l’Allemagne est devenue le symbole même de la lutte anti-nucléaire, des militants campants même sur les voies ferrées amenant les déchets. C'est une véritable poudrière politique que l’actuel gouvernement veut neutraliser avec son projet de loi.

En cas de problèmes, les déchets doivent pouvoir être récupérés sur une durée de 500 ans. Le gouvernement estime à 2000 le nombre de « castors », ces conteneurs spéciaux devant être stockés. Mais personne n'en veut…

En France, le puissant lobby des nucléo-nuisibles sévit avec d'autant plus de virulence que leur cause recule dans l'opinion. Ainsi la justice a débouté jeudi en appel les antinucléaires qui demandaient la condamnation de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. Ces associations demandaient à la justice civile de condamner l'Andra pour avoir dissimulé et sous-estimé la présence d’une nappe phréatique présentant un intérêt particulier pour la géothermie. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) exclut en effet ce genre d’action en France lorsque cela peut représenter un intérêt particulier pour la géothermie. Jeudi, la cour a pourtant confirmé le premier jugement et estimé que les demandes de ces collectifs étaient bien recevables, mais les a déboutées car «l'examen attentif de leur argumentation ne permet pas de caractériser contre l'Andra la moindre faute. » Une victoire pour l'Agence nationale empêtrée dans de nombreuses procédures engagées par les opposants à son projet. Ceux-ci ne s’interdisent pas dans un avenir proche de saisir la Cour de cassation pour obtenir gain de cause.

Contrairement à ce qui se passe maintenant en Allemagne (recherche d'un site sur le strict critère scientifique), chez nous les nucléocrates n’ont pas choisi le site de Bure sur le critère technique de sa structure géologique, ce qui aurait été au moins scientifiquement honnête, mais sur un critère « d’acceptabilité par la population » ! Une population, ou plutôt des élus, des collectivités locales achetées à grands coups de subventions.

Le pognon – le nôtre ! - coule à flot dans le milieu nucléaire. La première estimation du projet de Bure, d’environ 15 milliards d’euros, a fait l’objet d’une « actualisation suite à l’approfondissement du travail technique ». La Cour des Comptes jugeait elle de son côté, dès 2009, que le coût pourrait atteindre près de 35 milliards d’euros. Bonjour la fiabilité !

La nocivité des nucléocrates se retrouve aussi dans un rapport publié par l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologique), officine chargé d’informer le Parlement, qui préconise le stockage géologique profond, la valorisation et le recyclage des déchets radioactifs. Un rapport très favorable aux grands acteurs industriels du secteur.

Ce nouveau rapport de l’OPECST propose de "récupérer les matières énergétiques présentes dans les combustibles usés" pour les réutiliser, à court terme, dans les ERP, les réacteurs à eau pressurisée, dont le parc naturel actuel est doté. Ou, à long terme, de les recycler dans de nouveaux types de réacteur dits "à neutrons rapides". Ce qui implique évidemment l'abandon de la sortie du nucléaire...

Les ONG qui militent contre l’utilisation de l’atome dénoncent la partialité des deux députés ayant piloté sa rédaction, le député PS Christian Bataille et le sénateur UDI Christian Namy. Bataille, on le connaît bien, c'est le fer de lance du lobby nucléaire. Estampillé "nucléocrate" par l’ONG Sortir du nucléaire, il est à l’origine de la loi de 1991, une nouvelle fois votée en 2006, sur les déchets radioactifs. Il a organisé des colloques à l’Assemblée sponsorisés par… Areva, le spécialiste du combustible et du retraitement des déchets nucléaires, BNFL, son concurrent britannique, ou encore l’ANDRA, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs ! Bonjour l'impartialité ! Tiens, au fait, il vient de rejoindre le clan des Macroniens...

Bure, késako ? Il s’agit de créer un centre de stockage des déchets atomiques résultant de l’activité des centrales électronucléaires. Pour ce faire, l’ANDRA (l’organisme en charge de cette réalisation) doit creuser dans le sous-sol argileux de Bure (petite localité de Lorraine) des puits d’accès, des galeries de circulation et des loges où seront entreposés pour des millénaires et des millénaires des conteneurs d’acier emplis des déchets nucléaires vitrifiés. A charge pour l’Andra de faire en sorte que ce stockage soit réversible, c’est-à-dire que – si l’avancement de la science le permet dans l’avenir – ces colis soient récupérables ! Ce qui n’est pas évident comme l’a montré un incendie dans une installation similaire aux États-Unis…

Bure, 93 habitants… C'est dans ce petit village de l'Est que l’État envisage de créer cette poubelle nucléaire. Poubelle où seront stockés – si le projet voit le jour - jusqu’à 80 000 m3 de déchets radioactifs ayant une durée de vie estimée entre quelques milliers d’années et plusieurs centaines de milliers d’années. Ces "colis" seront enfouis dans des couches d’argile, à 500 mètres sous terre, pendant au moins 120 ans. S'ils ne représenteront que 0,2 % du volume des déchets nucléaires produits, ils concentreront 98 % de la radioactivité émise par ces résidus.

Rien d'équivalent n'existe dans le monde. En Allemagne, ça vire au désastre. Aux États-Unis, c'est pareil avec les déboires à Yucca Mountains.

Au fait, ces déchets, où sont-ils actuellement ? Les plus radioactifs d'entre eux se trouvent à La Hague, Marcoule et Cadarache. Dans de simples bidons métalliques…

 

Sources :

http://www.humanite.fr/nucleaire-les-opposants-au-projet-cigeo-deboute-devant-la-justice-633875

http://www.la-croix.com/Actualite/Economie-Entreprises/Economie/Le-stockage-des-dechets-radioactifs-en-Allemagne-vire-au-desastre-_NG_-2010-02-08-546433

http://www.novethic.fr/lapres-petrole/energie-nucleaire/isr-rse/etats-unis-ou-stocker-les-dechets-nucleaires-a-haute-valeur-radioactive-142919.html

 

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22/03/2017

Au bistro de la toile : le cumul des mandales !

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- …teng ! T’as vu ça Victor, ça dégage grave : il est dans la chicorée, Leroux ! Non mais t’imagine, les bourres, à la demande du parquet financier, convoquant leur patron pour le cuisiner sur des magouilles !

- Après Le Pen, après Fillon, voilà donc le ministre de l’intérieur lui-même dans les cagades. Comme si c’était dans l’ordre de choses. Comme si c’était normal en quelque sorte. « Détournement de fonds publics » pour Leroux, bof, normal. « Escroquerie aggravée et faux » pour Fillon, bof, la routine. Des tombereaux de soupçons concernant le F.Haine et Marine Le Pen. bof, des broutilles. Et même l’inexistant Moscovici qui fillonise en se faisant offrir lui aussi des costards venant du même tailleur que le Broussailleux-à-la-triste-figure !

- Après ça qui s’étonnera de l’épidémie de « dégagisme » qui sévit aux cris de « Tous pourris »… Ce qui n’est pas vrai pour bien des élus de petites villes qui se décarcassent et prennent plus de coups que de prébendes. Mais l’image donnée par quelques-uns - qui trempent trop leurs pattes avides dans la confiture - salope celle de tous les autres.

- Eh ! C’est tellement tentant, tellement facile de se gaver lorsqu’on n’a pas trop de scrupules. Ils voient à leur portée des monceaux de pognon, alors parfois leur regard ne voit ps leur patte qui se sert.

- Le pire c’est le « Et alors ? » de Fillon. Il nous fait un doigt, sans vaseline. Ni vergogne ni dignité.

- Cette culture de la magouille et de l’impunité vient du fait que les « pourris » sont tous des professionnels de la politique. Ils ont oublié que l’engagement politique doit être un engagement au service de l’intérêt général et en aucune manière un métier. On voit les mêmes têtes depuis des décennies. L’ordre des choses installe une forme de glaciation qui empêche le renouvellement des idées, l’audace et la prise de risque. Il faut être candidat à tout, partout et tout le temps pour exister. C’est cela le moteur de la défiance et du rejet.

- Ça devrait changer avec la loi contre le cumul des mandats…

- Mouais… Tu y crois toi ? Cette loi prendra effet en juin, c’est-à-dire après les élections présidentielles et législatives. Ce qu’une majorité à fait une autre peut le défaire. On peut compter sur la droite, si elle revient – hélas – au pouvoir, pour abroger cette loi, qui plaît tant aux Français et que rejettent avec tant de vigueur les « Zélus ». D’un bord comme de l’autre, c’est l’entente cordiale. À défaut de lutte des classes, c’est la lutte des places ! Le Parti Socialiste, comme son frère ennemi Les Républicains, ce sont deux tiers de membres déjà élus et qui veulent être réélus, et un tiers qui aspire à l’être ! Hors de ces deux grosses machines, point de salut pour qui veut faire de la politique un métier, alors que c’est une mission, quasiment un sacerdoce. On comprend dès lors les coups de frein violents et récurrents des caciques de ces partis qui ne veulent en aucune manière lâcher le fromage dont ils se gavent.

- Note que lorsqu’ils se font prendre la main dans le pot de confiture, ils s’offusquent de la célérité et de la sévérité de l’appareil judiciaire à leur encontre. Ils évoquent, la main sur le cœur (ou plutôt le portefeuille) la sacro-sainte « séparation des pouvoirs ». En gros ni la justice, ni les citoyens et le gouvernement qui les financent n’ont à mettre le nez dans leurs petites affaires.

- Oui mais tant que les citoyens votent pour ces pourris et laissent faire, ils sont complices de ces abus.

- Alors on fait quoi ?

- On renvoie dans leur bauge tous ces profiteurs, c’est-à-dire qu’on fout en bas cette république faite pour un géant et salopé par des gnomes. Puis on rebâtit sur du neuf, avec une constituante en partie tirée au sort qui établira des règles du jeu rendant le pouvoir au peuple, non pas en pointillé (tous les cinq ans) mais à tout moment, avec un droit de révocation des représentants et de révision des lois émanant de ce peuple.

- L'espoir fait vivre... Bon. À la nôtre ! Et vive le cumul non pas des mandats, mais des mandales !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

20/03/2017

Choisir entre vote utile ou votes inutiles…

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Ce soir ils vont tous faire la roue pour tenter de nous séduire. Pourtant, sans s’illusionner de trop, ce petit bulletin de vote est une arme. C’est même notre seule arme. Et elle peut être efficace. Voyons les forces en présence, en faisant abstraction des candidatures dites « de témoignage ».

Le crincrin sondagier nous serine depuis des mois que la ci-devant Le Pen serait qualifiée d’office. C’est quasiment un dogme. Bof. Elle plafonne autour de 25 % dans les sondages. C’est son score aux dernières élections européennes. Mais avec une abstention de 56 % ! Donc son score réel est du quart des 44 % des votants, soit autour de 11 %. C’est la jauge historique de l’extrême droite en France. On reste loin des 50 % plus une voix nécessaire pour être présidente. Le risque qu’elle soit élue au premier tour est donc nul. Et au second tour, elle sera toujours battue. Donc vote non seulement inutile mais nuisible.

Fillon, même pas la peine d’en parler, il est cuit. Son avenir est tout tracé : ouvrir une quincaillerie en association avec son « collaborateur » Sarko, où ils pourront vendre leurs casseroles. Les voix qu’il récupérera sont des voix inutiles. Si, utile quelque part puisque c’est autant qui n’iront pas sur la ci-devant Le Pen.

Hamon, son programme séduisant du départ subit le rabotage « pragmatique » imposé par son parti. Parce qu’il doit bien passer par là. Son grand raout d’hier est à la fois encourageant et rageant car il montre qu’il y a encore un peuple de gauche. Mais il n’a aucune chance d’être au qualifié pour la finale. Donc vote inutile.

Macron est le plan B du patronat, le candidat des banques, des assurances, de l’Europe ultralibérale. Il cherche son électorat tant à droiche qu’à gaute. C’est le vote utile si l’on veut que rien ne change sinon quelques têtes.

Mélenchon est donc le seul qui porte un espoir réel. Mais voter pour lui est là encore un vote inutile car il ne sera jamais qualifié pour le tour décisif.

Tout électeur de sensibilité de gauche ne peut qu’avoir les boules parce notre camp va rater une occasion historique de donner enfin à la Gauche vraie l’occasion de conquérir le pouvoir et de faire ses preuves.

Mélenchamon comme Hamolanchon – bref la gauche unie - c’est la seconde place quasiment assurée au premier tour. Pourtant pas obligatoirement la victoire au second. Un tel alignement des planètes ne se présentera pas de sitôt : un FN fort mais loin d’être triomphant, avec un programme catastrophique, une droite désarçonnée par les affaires d’un candidat déprécié et un centre qui pompe les voix de droite. Pour gagner, il faut être autour de 25 %, comme Macron-Beyrou, comme Le Pen. Ce qui est le cas en unissant les efforts des deux candidats de gauche. Tout le reste n’est que baratin inutile.

Malgré leurs discours enflammés, malgré les déplacements de foule, désunis Hamon comme Mélenchon vont patauger autour de 12 à 13 % chacun. Sans aucune chance d’être au second tour, entraînant ainsi la France de gauche, qui existe encore, dans la désespérance de longues années sous la gouvernante de la droite la plus bornée, voire sous le joug du parti fasciste.

On sera à la Pen ou on mangera de la Macronade…

Fort indigeste tout ça.


Photo X - Droits réservés

19/03/2017

Gastronomie érotique indienne

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Adrienne.

 

Je n’oublierai jamais les grands yeux d’Adrienne,

Pervenche le matin, lilas au crépuscule,

Lacs bleus où l’on se noie, brasiers où l’on se brûle.

J’en étais amoureux et je la voulais mienne.

 

Le geai de sa crinière, la blancheur de sa peau

Enfiévraient les pensées de mes nuits sans repos.

Je les voulais pour moi ces belles tiédeurs rondes,

Ces courbes satinées et ces vallées profondes,

 

Je rêvais ses parfums, son porte-jarretelles,

Je rêvais plus encor d’effeuiller ses dentelles

Je rêvais de l’avoir pour la nuit, pour la vie,

 

Je me serais damné tant j’en avais envie

Peu m’importait alors de courir à ma perte

Je la voulais à moi, amoureuse et offerte.

 

 

- Eh alors ! Tu l’as eu, Victor, ton Adrienne ?

- Exact ! Je l’ai séduite à la cuisine indienne !

La pièce était tendue de tissus de Madras,

Sur le tapis, des poufs et une table basse,

Un encens très musqué, en volutes diaphanes

Créait une atmosphère de chaude nuit persane,

Ravi Shankar jouait un doux raga du soir.

Tout me semblait propice à combler mes espoirs.

J’ai servi dans les verres une douceur exquise :

Par tiers : menthe poivrée, gin, Beaumes-de-Venise.

A la deuxième coupe, ma compagne avait chaud,

J’ai, pour la rafraîchir, servi le Gaspacho.

Trois tomates, oignon, ail, basilic, persil,

Un demi-poivron rouge cuit avant sur le gril

Côtes de céleri débitées en lichettes

Sel, poivre du moulin et piment d’Espelette.

Mixez ces ingrédients avec quelques glaçons

Puis passez au chinois et servez sans cuisson.

Adrienne, à l’issue de cette mise en bouche,

S’alanguit quelque peu, tout en restant farouche.

Alors, pour transformer mon oie blanche en houri,

J’ai servi une bombe : le poulet au curry.

Un beau poulet fermier coupé en six portions

Auquel on fait subir quelques préparations.

Mêlez dans une jatte deux yaourts goût nature

Trois cuillerées à soupe de poudre de curry,

Ou de carry “ Vinday ” ; lissez bien la mixture,

Huile, ail, sel marin et sel de céleri.

Enduisez le poulet avec cet appareil,

Et laissez au frigo, deux, trois heures, en sommeil.

Dans un profond poêlon ou, mieux, un “ wok ” chinois,

Blondissez dans de l’huile ou de la graisse d’oie

Quatre oignons émincés et quatre gousses d’ail.

Quand c’est prêt, rajoutez vos morceaux de volaille,

Saisissez à feu vif en tournant constamment.

Lorsque c’est coloré, mouillez abondamment

Avec de l’eau salée dans laquelle a trempé

De la noix de coco en copeaux ou râpée.

Couvrez et laissez cuire doucement, à feu doux

Quarante cinq minutes, sans découvrir surtout.

Pelez et découpez quelques pommes de terre,

Découvrez et posez vos tranches maraîchères

Sur les bouts de poulet, dans le jus qui frémi,

Tout doit être immergé, et non pas à demi.

Laissez cuire à feu doux pour un quart d’heure encor

Puis vous servez très chaud ce plat subtil et fort.

A Delhi, à Bombay ou à Pondichéry

On mange avec les doigts, mais si votre chéri(e)

Répugne à se servir de ses mains dans l’assiette,

Prévoyez tout de même le couteau, la fourchette.

N’oubliez pas surtout de mettre un rince-doigts,

Un seul, car il permet quelques contacts courtois,

Préludant ces élans de plus grande tendresse

Qui guident la passion, entre amant et maîtresse.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

 

Photo X - Droits réservés

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

Quelle différence y a-t-il entre des cacahuètes et un clitoris?

IL n'y en a pas, ce sont des amuses-gueule!

 

15/03/2017

Au bistro de la Toile : « Eh alors ? ! »

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- Loulle. Faut que je te parle.

- Je te suis tout ouïe, mon beau. C’est quoi ces airs de conspirateur ?

- Ben voilà, je préfère que ça reste discret entre nous.

- Victor ! Tu me prends pour qui ? Ça ne sortira pas du département et des départements limitrophes ! Alors accouche.

- Voilà. Je me présente à la présidence de « Buveurs sans frontières ». Alors j’ai une campagne à faire. Ça fait des frais tout ça. Il faut en payer des tournées. Et puis, il faut marquer bien…

- C’est vrai que tu ressembles plus à un chiapacan qu’à un candidat à une quelconque élection. Tiens, je vais faire un effort pour toi. Je t’ouvre une ligne de crédit de 45 euros chez Kiabi !

- Merci Loulle. Je reconnais bien là ton altruisme honnêtement combiné à ton sens des affaires. Mais je saurais te renvoyer l’ascenseur. Discrètement bien sûr. Si je deviens président de « Buveurs sans frontières », le lieu de réunion sera chez toi, dans ton rade ! Et des Buveurs sans frontières, ça lève bien le coude. C’est la fortune assurée pour toi, Loulle.

- Voilà une honnête transaction Victor. Tope là ! Et si quelqu’un trouve à redire, je lui répondrai, avec un doigt d’honneur : « Eh alors ? »

- On rigole Loulle, mais c’est comme ça que fait François « Filou » Fillon… Dis, tu as souvent offert des costards à des amis toi ? Moi, jamais, et je n’en ai jamais reçu.

- En plus, ce type exploite ses enfants d’une manière éhontée : il paraît qu’il récupérait 70 % des salaires que ces pauvres jeunes recevaient pour leurs compétences…

- Si c’est pas malheureux tout de même…

- Remarque, pour Filou Fillon, être mis en examen, c’est un bâton de maréchal. À l’Uhèmepet, c’est un signe de reconnaissance. Chichi, Juppé, Sarko, sans oublier les seconds couteaux parmi lesquels Balkany brille presque autant que feue Pasqua!

- L’avantage, c’est que s’ils ne sont pas élus, ils peuvent toujours ouvrir une quincaillerie avec toutes les casseroles qu’ils ont au cul ! Tout ça résulte de cette dérive de la république que sont les professionnels de la politique. La plupart des « zélus » sont entièrement coupés de la vie ordinaire. Ils grenouillent depuis leurs débuts dans la caste politique. Ils ne savent rien faire d’autre et donc s’accrochent à leur place comme les morbacks sur les aliboffis d’un moine. L’essentiel de leur action est de se faire réélire. Voilà pourquoi ils sont presque tous vent debout contre la loi sur le non-cumul des mandats. Une loi à mettre au crédit de François Normalou Hollande pour une fois. Le Parti Socialiste, comme son frère ennemi (encore que ? !) Les Républicains, c’est deux tiers de membres déjà élus et un tiers qui aspire à l’être ! Hors de ces deux grosses machines, point de salut pour qui veut faire de la politique un métier, alors que c’est une mission, quasiment un sacerdoce. On comprend dès lors les coups de frein violents et récurrents des caciques du parti qui ne veulent en aucune manière lâcher le fromage dont ils se gavent. Le PS, comme le PC regorgent de ces « notables », caciques locaux voire satrapes qui se croient élus de droit divin. Et ils ne veulent pas le lâcher le morceau ! La droite, protectrice de toutes les magouilles, est évidemment sur la même ligne.

- Voilà qui explique en partie le rejet de tous ces politiciens professionnels. Aux prochaines élections, les deux partis hégémoniques dont tu viens de parler ne seront vraisemblablement pas au second tour ! Dégagez ! On vous a assez vus…

- Mouais… Les autres valent-ils mieux ? L'un est un parti facho, l'autre le choix des banksters...

- Bon. Pour ce dont tu m’as causé, Victor. C’est d’accord. Je te paierais même une paire d’espadrilles de grande marque, made in Pays basque ! À la nôtre.

- Au fait, Loulle, il vient de sortir le dernier livre sorti des boyaux enfiévrés de ma tête. Clique sur l’image en-dessous et tu en sauras plus. À la nôtre !

 

 

13/03/2017

«… et l’Homme devint CON ! »

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C’est le titre un peu provocateur du dernier livre que je viens de commettre. On y apprend pourquoi, quand et comment l’Humain est devenu CON !

Cette saga préhistorique se passe à une époque charnière, celle du réchauffement climatique (déjà!) qui termine la glaciation de Würm, il y a douze millénaires. Fonte des glaces, recul de la toundra vers le nord, arrivée des grandes forêts, arrêt des migrations des immenses troupeaux de rennes, extinction des mammouths, des rhinocéros laineux, etc.

Il a résulté de ce changement du climat mais aussi et surtout de la nature, de l’habitat, de la faune,un bouleversement radical dans le mode de vie des humains. De chasseurs-cueilleurs nomades, ceux-ci, par la force des choses, sont devenus pasteurs et agriculteurs. C’est ce qu’on appelle le néolithique. D’aucuns y voient le début de la « civilisation ». C’est un point de vue qu’on n’est pas obligé de partager.

Cette période a vu passer l’humanité des jours brillants du paléolithique supérieur à l’époque troublée du néolithique. Les humains qui ont réalisé les chefs-d’œuvre des grottes de Lascaux, Altamira, Cosquer ou Chauvet ne pouvaient pas être les sombres brutes que l’on nous présente généralement. Lorsqu'ils avaient tué un renne, les membres d'un clan avaient à manger pour une semaine ou plus. Et avaient donc le temps de vivre, de glander ! Mais tout ça va changer.

L’humain, pour remédier aux effets du changement climatique, est devenu pasteur et agriculteur. Ça a commencé entre Tigre et Euphrate. Pour cela il s’est sédentarisé. Il a clôturé les lopins de terre où il a fait pousser son épeautre et où il a élevé ses mouflons devenus moutons. Il a ainsi inventé la propriété privée, et avec elle l’envie, la jalousie, le vol. Pour la défendre il a inventé les flics, les soldats, les religions mortifères, la hiérarchie, et enfin la guerre.

L’Homme est alors devenu CON.

C’est l’homme « moderne ».

Le lecteur s’immerge dans le quotidien d’une extraordinaire tribu d’hommes et de femmes de chasseurs-cueilleurs Cro-Magnon confrontée à l’arrivée imminente sur leurs territoires de cette catastrophe. Il partage leur existence quotidienne, leurs amours gaillardes, leurs craintes, leurs aventures tendres et violentes, leur humour picaresque, leurs fêtes paillardes, leur énorme appétit de vie qui les amènera, depuis les rives du Rhône, jusqu’à celle de l’Euphrate puis du Saint-Laurent, à la découverte du monde.

D’un monde qui chute vers le « progrès »…

J’ai passé deux années jouissives à mettre de la chair sur les ossements de nos lointains ancêtres. Puissent cet ouvrage vous apporter - si vous vous y intéressez évidemment – quelques heures de plaisir, sans oublier d’en sucer la substantifique moelle derrière les aventures souvent outrancières de mes amis d’outre temps.

(Titre inspiré du Grand Cavanna :… et le singe devint con).

On peut se le procurer là en cliquant sur l'image :

Une de et l'homme amazon.jpg

 

12/03/2017

Ouiquinde gastronomique: La bouillabaisse de Juvénal

 

 

bouillabaisse web.jpg

 " Pour faire une bonne bouillabaisse

Il faut se lever de bon matin

Préparer le pastis et sans cesse

Raconter des blagues avec les mains..."

 

Ainsi dit le refrain devenu immortel

Depuis qu'il fut chanté par le grand Fernandel.

Avec beaucoup d'humour, talent et allégresse

Il dit tout ce qu'il faut pour une bouillabaisse.

Ce fleuron flamboyant des tables de Marseille

Populaire partout au pays de Mireille.

Je vais vous raconter celle de Juvénal

Qui, bien que président auprès du Tribunal,

Était un personnage hautement sympathique

Dont les seules rigueurs étaient gastronomiques.

Devant le Roucas-blanc, des amis dévoués

Installaient son quintal dedans le tranvoué.

A l'époque, il roulait encore sur des rails,

Ses passagers riaient, galégeaient, sentaient l'ail.

Les trous de la chaussée remuaient les wagons,

Particulièrement le dernier des fourgons,

À tel point qu'à Marseille, en parlant d'une fille

Ayant l'arrière-train sur roulement à billes

On disait: « Celle-là elle bouge les miches

Presqu'autant que le tranvoué de la Corniche! »

Arrivé au Vieux Port, Juvénal descendait

Et, suivant sa bedaine, en quelques embardées,

Saluant les chalands sans faire de façons,

Il gagnait le superbe marché aux poissons

Où pointus marseillais (1) et bettes martéguales (2)

Débarquaient la marée du profond de leurs cales.

Juvénal inspectait l'étal des poissonnières,

De solides matrones, fortes en gueule et fières,

Justement redoutées par clients et pêcheurs

Parce qu'intransigeantes sur l'état de fraîcheur

Des poissons colorés qu'elles mettaient en vente.

Leurs bordées de paroles pouvaient être violentes!

Juvénal s'arrêtait devant Berthe Chouli

Une maîtresse femme nourrie aux raviolis,

À la pastasciuta (3) et aux chichi-frégi (4),

Aussi large que haute: cent kilos d'énergie.

Ils se congratulaient de façon très mondaine

En se claquant le dos, ventre contre bedaine.

Juvénal commandait à sa chère acolyte :

- « Berthy, servez-moi bien: ce soir j'ai "mes petites" !!!

- Je vous mets un beau loup, des vives et du fiala (5),

Une queue de baudroie, un saint-pierre un peu là !

Des roucaou (6), des rascasses, un kilo de favouilles (7)

Qui donnent si bon goût quand on les écrabouille,

Deux langoustes en vie. Vé ! Si elles sont belles !

Et puis, zou ! en cadeau, deux poignées de girelles.

- Aco vaï ben (8), Berthy. Je vous aime beaucoup !

Vous me préparez ça, le temps de boire un coup ... »

Juvénal s'en allait vers les terrasses peintes

Déguster un violet en buvant son absinthe.

Enfin, l'air réjoui, content de ses emplettes,

Il reprenait le tram vers son repas de fête.

Maître de la cuisine pour cette bouillabaisse,

Il chassait ses "petites" en leur claquant les fesses

Affectueusement. Chantonnant l'Opéra,

Sans quitter son chapeau, la canne sur le bras,

Il vidait, écaillait et lavait les  poissons.

Selon leur gabarit les coupait en tronçons.

Puis lorsque tous étaient nettoyés et parés

Enfin il les rangeait en deux plats séparés.

Dans l'un les poissons tendres à la chair délicate:

Loups, Saint-Pierre, roucaou, poissons aristocrates.

Dans l'autre les plus fermes: fiela, vives, baudroie,

Langoustes et favouilles, poissons que l'on rudoie.

Au fond d'une marmite, Juvénal disposait

Trois oignons émincés, beaucoup d'ail écrasé,

Trois tomates pelées, écrasées au mortier,

Férigoule et fenouil, zest d'orange et laurier,

Dessus il déposait son choix de poissons fermes,

Un verre de bonne huile d'olive de la ferme,

Du poivre du moulin et du safran en brins,

U ne grosse pincée de bon gros sel marin.

Il mouillait tout cela avec de l'eau bouillante,

Juste un doigt au dessus, c'est la valeur courante.

Il enlevait alors les ronds de la "Rosières" (9),

Pour que la flamme entoure son oulo (10) presqu'entière.

Il montait ça au bouilh (11), cinq minutes, à feu vif,

Alors il ajoutait les poissons de récifs.

Encore cinq minutes de grosse ébullition

Pour bien amalgamer l'huile avec le bouillon.

- « Ma bouillabaisse est prête. Humez-moi ce parfum

C'est toute la Provence, la mer et ses embruns! »

Il versait le bouillon, fumant dans la soupière,

Sur du pain frotté d'ail et en tranches entières.

Il servait les poissons à part, sur un grand plat.

Et tous appréciaient ce repas de gala.

Un grand Châteauneuf blanc servi dans du cristal

Sublimait les saveurs du plat de Juvénal.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

3 petits loups (un kilo en tout), - 1 demi kilo de fiala (congre) pris dans le ventre. - 1 kilo de poissons de roches (vives, girelles, roucaou ), 1 saint-pierre (5 à 700 g), - 1 queue de baudroie (800 g), - 1 kilo de favouilles (petits crabes), - 1 langouste (pas obligatoire), - 3 ou 4 tomates, - 3 oignons, - 4 gousses d'ail, - 3 cuillères à soupe de gros sel marin, - poivre noir du moulin, - safran en brins, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 3 branches de fenouil. - 1 zeste d'orange. - un grand verre d'huile d'olive.

 

Les vins conseillés:

Les vins blancs frais, joyeux et embaumés de Cassis sont le complément naturel de la bouillabaisse. On peut les remplacer avec bonheur par des blancs de Bandol, de La Ciotat, de Draguignan, de Vidauban, de Pierrefeu. Tous les grands vins blancs secs de la vallée du Rhône: Saint-Peray, Châteauneuf-du-Pape, Saint-Gervais, Uchaux, Laudun, Villedieu, Saint­Victor-Lacoste, Pujaut.

Les blancs puissants et parfumés des Coteaux du Languedoc de Quatourze, La Clape, La Méjanelle, Picpoul de Pinet

 

 (1) Pointus marseillais: bateau de pêche à étrave pointue et fond en forme. Commun à tous les pêcheurs de la Méditerranée. Une forme qui n'a pas changé depuis les phéniciens et les grecs.

(2) Bette martéguale : bateau de pêche pointu mais à fond plat, originaire de Martigues.

(3) Pastacciuta : plat de pâtes à l'italienne.

(4) Chichi-frégi : beignet marseillais en forme de boudin à base de farine de pois-chiche à l'origine, de froment à présent.

(5) Fiala : congre.

(6) Roucaoû : poisson de roche .

(7) Favouilles : petits crabes de la Méditerranée.

(8) Aco vaï bèn : ça va bien.

(9) Rosières : marque de cuisinière en fonte.

(10) Oulo : récipient de cuisson métallique profond, qu'on suspend au dessus de la cheminée ou que l'on pose sur la cuisinière.

(11) Bouilh : ébullition.

 

11/03/2017

Ouiquinde érotique avec Clovis Hugues

bouche-chatte.jpg

 

Quand une femme est en chemise
Les épaules de marbre blanc,
Le cul, forme encore indécise
Dans les plis du voile tremblant,
Le parfum épars dans la chambre,
L'orteil, le mollet qui se cambre,
Les nichons rosés d'un émoi,
Les bras, la taille forte ou frêle,
Tout t'annonce, tout te révèle,
Rien n'est attirant que pour toi.

Le voile glisse. Extase ! Aurore !
Exquis prélude des bons coups !
Les cuisses te cachent encore,
Mais voici ton poil souple et doux,
Ton poil, touffe d'or ou d'ébène
Que l'on croirait posée à peine
Au bas du ventre point plissé,
Et qui, lentement caressée,
Allonge sa pointe frisée
Comme un triangle renversé.

Mais les cuisses s'ouvrent. Victoire !
Voici le con dans sa beauté,
Sous sa frisure blonde ou noire
Adorablement abrité,
Humide comme une prunelle,
Frissonnant déjà comme une aile
Dans le fouillis des rameaux verts,
Détendu sur sa fente rose,
Et l'air tout de même un peu chose,
Avec son sourire en travers !

La main de l'amant t'entre-baille
Vivante rose de cypris,
Et de tout de suite elle travaille,
D'un doigt léger, le clitoris.
Fin chef-d'œuvre de la nature,
Vit d'oiseau, pine en miniature,
Bouton subitement durci,
Qui, dans l'écartement des lèvres,
Tout baigné d'amoureuses fièvres,
Dresse la tête et bande aussi.

Ô paradis ! joie étoilée !
Explosion du désir fou !
La langue, la langue effilée,
Toute la langue dans le trou !
Pendant que, de ses mains savantes,
Il étreint les fesses mouvantes
Ou chatouille le bout des seins,
Et que, la chevelure éparse,
L'impétueuse et belle garce
Halète en mordant les coussins !

Victoire charnelle de l'homme
Rayonnant et transfiguré !
Le pape vient d'entrer dans Rome,
La pine est dans l'antre sacré,
La calotte vite abaissée,
Électrique, droite, élancée
Comme une flèche dans l'azur,
Faisant, sans que rien l'interrompe,
Son léger mouvement de pompe,
Les nerfs tendus, le couillon dur.

La caresse devient morsure,
Les voix se mêlent : "- Prends-moi bien !
- Arrange-toi pour que ça dure !
- Mon petit con ! - Mon petit chien !
- Colombe ! - Scélérat ! - Rusée !
Celui qui ne t'a pas baisée
N'a pas plus joui que vécu !
- Entre et sors, envahis mon être !
- Bel ange pur, laisse-moi mettre
Mon doigt dans le trou du cu !

- Oh ! mourir ainsi, que t'en semble ?
- Non, vivons pour recommencer !
- Comme c'est bon ! partons ensemble !
Va toujours, mais sans te presser !"
Et tandis que la bien aimée
Célèbre, d'une voix pâmée,
La pine active et sans arrêts,
Toi, tu l'engouffres tout entière,
La bouche ardente et carnassière,
Comme si tu la dévorais.

Tu fonds en célestes coulées,
Tu te tords et t'épanouis,
Quand, les prunelles envolées,
Elle a soupiré : "- Je jouis !"
Et quelle extase sans seconde !
Quel heureux vol dans l'autre monde !
Quels délires vertigineux,
Si le sort, la voulant parfaite,
Te donna le casse-noisette,
Mystérieux étau des nœuds !

Telle est ton œuvre sur la terre,
Vagin, faiseur de paradis,
Unique bien du prolétaire,
Consolation des maudits,
Trésor de la déshéritée,
Tabernacle sans un athée,
Temple au chapiteau frisotté
Qui, sur le renflement des hanches,
As pour piliers deux cuisses blanches,
Et pour prêtre l'Humanité !

Tant pis pour toi, quand une vierge,
Les rêves et le teint pâlots,
Te laissant jaunir comme un cierge
Sous le pantalon toujours clos,
Dérobe ta douce ouverture
Aux pines rouges de luxure,
Te tient captif, comme emmuré,
Te met sans raison à la diète
Ou ne t'effleure - la pauvrette ! -
Que d'un doigt vite retiré !

Mais, gloire à toi, quand une belle,
Le cul, l'âme et les yeux ardents,
T'offre à toute la ribambelle
Des vits affamés et bandants !
J'admire le con de Lucrèce,
Mais ce n'est point, je le confesse,
De s'être fermé pour Tarquin :
C'est, en se fermant pour cet homme,
De s'être un instant conduit comme
Un noble con républicain.

Et nargue aux poètes sans couilles,
Aux filandreux bouffe-Jésus
Qui prétendirent que tu souilles
Le vers en te posant dessus !
Ce que tout Roméo désire,
Avec son pâle et doux sourire
Flottant de la lune au balcon,
C'est dans le chant de l'alouette,
Moins le baiser de Juliette
Que la morsure de son con.

A toi l'amour doré du Verbe,
Les chants délicats et fleuris,
Chat féminin, matou superbe
Dont nous sommes tous les souris,
Que nous mangeons et qui nous manges
Avec des pâmoisons étranges,
Dans un bâillement sans pareil,
Et qui, pour nos yeux plein de rêve,
Sembles errer là-haut, sans trêve,
Tout emmitouflé de soleil !

Erre toujours ainsi, va, marche !
Si je vieillis, doux rabâcheur,
Souviens-toi que le patriarche
Fut de tout temps un vieux marcheur,
Tout ce qu'à présent je souhaite,
C'est de mourir en bon poète,
Libéré de nos soucis vains,
Sans bruit et surtout sans harangue,
Avec ma langue sur ta langue,
Et mon front dans tes poils divins.

Clovis Hugues (Ode au vagin, extraits)

 

 

Courbet lorigine du monde.jpg

Courbet - La création du monde

 

 

Illustrations X - Droits réservés

 

08/03/2017

C’est la journée des femmes, Femmes, FEMMES

lamazou femmes.jpg

 

Femme maîtresse

Ouverte, offerte sous les caresses

Femme mère

Créatrice de la vie sur terre

Femme putain

Désir de soie et de satin

Femme dirigeante

Intuitive et compétente

Femme politique

Courageuse et démocratique

Femme enfant

Que l’on protège et l’on défend

Femme salope

Qui fait jouir et rend myope

Femme avide

Calculatrice, sans cœur, cupide

Femme sorcière

Envoûtante, sournoise, incendiaire

Femme lesbienne

Délicate et altière clitoridienne

Femmes battues

Femmes vendues

Victime des stupides couillus

Femmes voilées

Femmes enfermées

Femmes niées

Femmes lapidées

Femmes brûlées

Femmes massacrées

Au nom d’un obscurantisme borné

Femme, femmes FEMMES !

Vous êtes des Humains pour le meilleur et pour le pire

Je vous respecte, je vous adore et je vous aime !

 

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Illustration Lamazou et X - Droits réservés

 

07/03/2017

Fillon, BASTA ! Parlons plutôt des évadés (fiscaux).

évasion fiscale Charb.jpg

Ah ils rigolent bien, tous ces people qui s’enrichissent en France et qui ne veulent surtout pas participer à l’effort national ! Pas si kon de payer leurs impôts dans le pays qui les engraissent, ils « s’évadent fiscalement », qui vers la Suisse, qui vers la Belgique, qui plus loin encore. Mais tous reviennent se faire soigner en France s’ils ont un pet de travers…

Tiens, un site « people » en a listé une trentaine. Intéressant palmarès :

José Garcia, en Belgique ; Florent Pagny, oui, celui qui chante sa « liberté de pensée », en Patagonie ; Jean Alesi qui a une superbe propriété, vide, à un km de chez moi, en Suisse ; Charles Aznavour, le papy donneur de leçon, en Suisse ; Bernard Darty, le marchand de plein de choses dont de superbes casseroles, en Belgique ; Jo-Wilfried Tsonga, le roitelet de la petite baballe jaune, en Suisse ; Johnny Hallyday, l’archive chantante, en Suisse ; Yannick Noah, ex « personnalité préférée des Français », aux États-Unis (New-York) ; Marc Levy, un des écriveurs qui vendent le plus en France, au Royaume-Uni ; Amélie Mauresmo, qui « coatche » l’équipe de France de tennis, en Suisse ; Alain Delon, chef-d’œuvre en péril, en Suisse ; Daniel Auteuil, pas si kon qu’Ugolin, en Belgique ; Marion Bartoli, encore une tapeuse dans la petite balle jaune, en Suisse ; Lætitia Casta a laissé la Corse pour le pays des bourreaux de Napo, le Royaume-Uni ; Michel Polnareff, est revenu traîner ses fesses vieillies en France pour prendre du fric, avant de retourner aux États-Unis ; Sébastien Loeb, useur de voitures françaises, en Suisse ; Richard Gasquet, encore un tapeur de balle jaune, membre de l’équipe de France, en Suisse ; David Hallyday, c’est de famille, en Suisse, comme papounet ; Gaël Monfils, membre lui aussi de l’équipe de France de tapeur de balles jaunes, en Suisse ; Patricia Kaas, en Suisse elle aussi…

N’en jetez plus.

Mais ça, c’est le menu fretin, les gros fraudeurs, on peut les trouver là : http://300plusriches.bilan.ch/index.html

et là : http://danactu-resistance.over-blog.com/search/liste%20de...

C’est la grande évasion en quelque sorte… Mais en l’occurrence, la grande évasion, c’est celle du pognon que les pleins de thunes et les entreprises volent à l’État, donc à nous, pour le planquer sous des cieux cléments. Et pas besoin d’aller loin : Suisse, Luxembourg, Royaume Uni, Monaco, etc. Parait que ça tourne entre 60 et 80 milliards par an ! L’équivalent de ce déficit budgétaire qui nous fout en bas…

Les problèmes financiers de la France proviennent essentiellement du hold-up des tricheurs qui « évadent » les capitaux. L’évasion fiscale est peut-être un sport national mai c’est surtout une félonie, une trahison, un attentat contre le vivre ensemble.

La France ne s’est dotée ni des moyens, ni de la volonté politique de lutter contre cette évasion. Elle est totalement impuissante. Savez-vous que les procureurs de la République ne peuvent pas ouvrir d’enquêtes pour fraude fiscale ? Savez-vous que seul le ministre du Budget peut le faire ? Et lorsque l’on se souvient que le ministre du Budget a été, il y a quelques années, un certain ci-devant Cahuzac, lui-même gros fraudeur…

Un ministre ripou ne pourrait pas magouiller s’il n’avait pas derrière lui une administration fiscale inféodée à l’idéologie ultralibérale. Ceux qui sont chargés de lutter contre cette évasion fiscale, ce sont les hauts fonctionnaires de Bercy (du ministère des finances, ceux qui ont été les employés de Macron). Des inspecteurs des finances au mieux laxistes, au pire complices. Complicité passive ou active des magouilles des fraudeurs, essentiellement des grosses entreprises multinationales, avec lesquelles ils font preuve d’une grande mansuétude, en pensant… à un pantouflage futur fort juteux ! Ceux-là, c’est cœur de pierre avec les petits, cœurs d’artichauts avec les riches…

Toute lutte contre la fraude doit commencer par une karchérisation sans pitié de Bercy : virer les premièr, deuxième, troisième, voire quatrième rangs hiérarchiques de ces directions du ministère des finances et envoyer ces brillants « inspecteurs des finances » inspecter les finances à Plougastel, Hazebrouck, Saint-Flour, Carpentras ou Cahors…

Et l’Europe elle fait quoi la dedans ? Sinon rien du moins pas grand-chose puisque certains pays membres sont eux-mêmes des paradis fiscaux ou des parasites fiscaux.

Paradis fiscaux par leur système bancaire le Luxembourg, Chypre, Malte, et surtout malgré le Brexit la City de Londres et les îles anglo-normandes.

Parasites fiscaux par leur taux de fiscalité des entreprises l’Irlande, les Pays-Bas, etc. Et cerise sur le gâteau : c’est le ci-devant Junker, premier ministre du Luxembourg, état-confetti-voyou qui préside maintenant aux destinées de l’Europe. Pardon, j’oubliais qu’il a dit qu’il allait faire de cette évasion fiscale une de ces priorités…

Qui a-t-il sur ce problème essentiel dans les programmes des candidats ? On n’en sait rien : les me (r) dias aux ordres des milliardaires préfèrent nous gonfler les aliboffis avec les fillonneries quotidiennes.

Basta avec ces enfumages perpétuels.

 

Illustration: merci à l'irremplacé Charb, assassiné pour avoir défendu notre liberté

05/03/2017

Ouiquinde gastronomique : la brandade de Nîmes.

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La Fanny est serveuse au café des Platanes

Elle a de ces rondeurs que les dévots condamnent

Mais que les jouisseurs lorgnent avec désir

Tant elles sont promesses de joies et de plaisir.

 

Elle ondule parmi les joueurs de pétanque,

Ces acteurs naturels, ces presque saltimbanques,

Perturbe les tireurs, énerve les pointeurs,

Prive de leurs moyens ces superbes menteurs.

 

Sous l’effet ravageur de ses hanches qui roulent

Tous restent bouche bée et en perdent la boule

Parmi les équipiers, voilà la zizanie :

 

On s’insulte, on se crie, pour un point on s’encagne

On joue contre son camp, on joue à Qui-perd-gagne

Tous rêvent du Zéro… et de baiser Fanny

 

Victor ! Tes pétanqueurs qui rêvent d’embrassades

En matant les rondeurs de la belle Fanny,

Ils devraient s’entraîner à faire la brandade,

Ca calmerait un peu leur érotomanie !

Voici comment la font, pour leur table éponyme

Serge, et Wladimir, restaurateurs à Nîmes.

Pour réussir ton plat, éloigne les intrus,

Une nuit, à l’eau fraîche, dessale ta morue,

En six coups de hachoir frappés sur une planche,

Sans enlever la peau, en portions tu la tranches.

Tu la mets, à l’eau froide, dans un large faitout

Que tu lèves du feu quand le liquide bout,

Et tu laisses tremper dix minutes environ,

Le temps de te verser quelques petits canons.

Puis égoutte, essore, et lève les arêtes,

Dans une casserole, met ta morue défaite,

Dès lors, tu vas chauffer l’ensemble au bain-marie.

A la cuillère en bois, à tour de bras, manie,

Ecrase la morue d’une main combative

En ajoutant du lait et de l’huile d’olive,

L’un et l’autre, tiédis, de façon mesurée

Pour obtenir enfin une lisse purée.

Cette crème doit être onctueuse et épaisse

Pour cela, il te faut branler fort, sans faiblesse.

Lorsque tu en est là, prend le temps de souffler,

Décontracte ton bras, laisse-le dégonfler,

Verse-toi volontiers un vin blanc des Costières

Et va faire un câlin avec la cuisinière.

Reprend ton appareil, oublie la rigolade

Si tu veux, comme un chef, réussir ta brandade.

Il faut la parfumer, la monter en saveur.

Elle doit embaumer pour chavirer les cœurs.

Ecrase, au mortier, une gousse d’ail blanc,

Râpe un peu de muscade – excellent stimulant ! -

Un zeste de citron que finement tu haches,

Un peu de poivre blanc, un soupçon de pistache,

Du sel si nécessaire, mais reste circonspect,

Enfin, lorsque tu sers, une truffe râpée.

Ce plat emblématique de Nîmes la Romaine

Incitera Fanny, à la dernière mène,

A laisser les vainqueurs autant que les vaincus,

Selon la tradition, lui embrasser le cul !

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

C’est deux anciens qui discutent sur le banc des sénateurs, près du jeu de boule. L’un dit à l’autre :

- Tu crois qu’on joue à la pétanque dans l’au-delà ?

 

- J’en sais rien, répond l’autre, mais on va se faire une promesse : celui qui partira le premier devra prévenir l’autre par tous les moyens…

 

Et un jour, hélas mais c’est la nature, l’un d’eux meurt.

Quelque temps après, une nuit, il apparait à son ami qui lui demande :

- Alors, c’est comment là-haut, ou là-bas ? On joue aux boules ?

 

L’autre répond :

- Eh bien, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi.

- Ah bon !

- La bonne c’est qu’on joue à la pétanque ici, la mauvaise, c’est que tu es inscrit au concours de samedi prochain.

 

 

04/03/2017

Ouiquinde érotique potager avec tonton Georges!

brassens à table.jpg

 

Les radis

 

Chacun sait qu'autrefois les femm's convaincues d'adultère
Se voyaient enfoncer dans un endroit qu'il me faut taire
Par modestie...
Un énorme radis.

Or quand j'étais tout gosse, un jour de foire en mon village,
J'eus la douleur de voir punir d'une épouse volage
La perfidie,
Au moyen du radis.

La malheureuse fut traînée sur la place publique
Par le cruel cornard armé du radis symbolique,
Ah ! sapristi,
Mes aïeux quel radis !

Vers la pauvre martyre on vit courir les bonn's épouses
Qui, soit dit entre nous, de sa débauche étaient jalouses.
Je n'ai pas dit :
Jalouses du radis.

Si j'étais dans les rangs de cette avide et basse troupe,
C'est qu'à cette époqu'-là j' n'avais encor' pas vu de croupe
Ni de radis,
Ça m'était interdit.

Le cornard attendit que le forum fût noir de monde
Pour se mettre en devoir d'accomplir l'empal'ment immonde,
Lors il brandit
Le colossal radis.

La victime acceptait le châtiment avec noblesse,
Mais il faut convenir qu'elle serrait bien fort les fesses
Qui, du radis,
Allaient être nanties.

Le cornard mit l' radis dans cet endroit qu'il me faut taire,
Où les honnêtes gens ne laissent entrer que des clystères.
On applaudit
Les progrès du radis.

La pampe du légume était seule à présent visible,
La plante était allée jusqu'aux limites du possible,
On attendit
Les effets du radis.

Or, à l'étonnement du cornard et des gross's pécores
L'empalée enchantée criait : "Encore, encore, encore,
Hardi hardi,
Pousse le radis, dis !"

Ell' dit à pleine voix : "J' n'aurais pas cru qu'un tel supplice
Pût en si peu de temps me procurer un tel délice !
Mais les radis
Mènent en paradis !"

Ell' n'avait pas fini de chanter le panégyrique
Du légume en question que toutes les pécor's lubriques
Avaient bondi
Vers les champs de radis.

L'œil fou, l'écume aux dents, ces furies se jetèrent en meute
Dans les champs de radis qui devinrent des champs d'émeute.
Y en aura-t-y
Pour toutes, des radis ?

Ell's firent un désastre et laissèrent loin derrière elles
Les ravages causés par les nuées de sauterelles.
Dans le pays,
Plus l'ombre d'un radis.

Beaucoup de maraîchers constatèrent qu'en certain nombre
Il leur manquait aussi des betterav's et des concombres
Raflés pardi
Comme de vils radis.

Tout le temps que dura cette manie contre nature,
Les innocents radis en vir'nt de vert's et de pas mûres,
Pauvres radis,
Héros de tragédie.

Lassés d'être enfoncés dans cet endroit qu'il me faut taire,
Les plus intelligents de ces légumes méditèrent.
Ils se sont dit :
"Cessons d'être radis !"

Alors les maraîchers semant des radis récoltèrent
Des melons, des choux-fleurs, des artichauts, des pomm's de terre
Et des orties,
Mais pas un seul radis.

A partir de ce jour, la bonne plante potagère
Devint dans le village une des denrées les plus chères
Plus de radis
Pour les gagne-petit.

Certain's pécor's fûtées dir'nt sans façons : "Nous, on s'en fiche
De cette pénurie, on emploie le radis postiche
Qui garantit
Du manque de radis."

La mode du radis réduisant le nombre de mères
Qui donnaient au village une postérité, le maire,
Dans un édit
Prohiba le radis.

Un crieur annonça : "Toute femme prise à se mettre
Dans l'endroit réservé au clystère et au thermomètre
Même posti-
Che un semblant de radis

Sera livrée aux mains d'une maîtresse couturière
Qui, sans aucun délai, lui faufilera le derrière
Pour interdi-
Re l'accès du radis."

Cette loi draconienne eut raison de l'usage louche
D'absorber le radis par d'autres voies que par la bouche,
Et le radis,
Le légume maudit,

Ne fut plus désormais l'instrument de basses manœuvres
Et n'entra plus que dans la composition des hors-d'œuvre
Qui, à midi,
Aiguisent l'appétit.

 

 

légumes et fruits érotiques.jpg

Paroles: Georges Brassens. Musique: Georges Brassens   1957 © Editions musicales 57

 

 

Ecoutez donc Tonton:

 

https://www.youtube.com/watch?v=zi3t3RYxfXU

Photos X - Droits réservés

02/03/2017

Au Bistrot de la Toile : « La France qu’on assassine » !

chimulus bistro copie.jpg

 

- «… c’est la Fraance kon assassiiine,

La Rapiiiine. »

- Fatche, Loulle, t’as un bel organe !

- Ouais, je sais, ta femme me l’a déjà dit.

- Je parle de ton organe vocal, bougre de nifle. Pour le reste, elle n’a pas besoin d’ersatz.

- Eh ouais. Je chante comme braille sur toutes les ondes le forcené de la Sarthe, l’assassiné qui gueule encore. Il devait bien abandonner la course à l’échalote présidentielle s’il était bien mis en examen, non ?

- Eh, Loulle, en matière politicarde, la parole n’est jamais définitivement donnée, seulement prêtée. Mais il n’empêche que l’attitude outrancière, lamentable de ce deuxième série B est une honte pour le pays. Si tentative d’assassinat il y a, c’est celle de la Justice par deux candidats à la plus haute fonction. Fillon et sa complice Le Pen voudraient bien que la Justice soit à leur botte. C’est la marque de tous les fascismes. Et ce faisant, Fillon se met au même niveau que la patronne du F.Haine. Le Grand, dont il ose évoquer les mânes « Imagine-t-on De Gaulle mis en examen… » doit faire le ventilateur dans sa maison de campagne six pieds sous terre !

Il est sans vergogne ce type, et sans fierté. Il est en train de foutre en bas son mouvement politique, qui n’a jamais été mon ballon de rouge, mais qui a sa place dans une démocratie. D’ailleurs, les passagers du Titanic ripoublicain cherchent des chaloupes et bientôt les rats vont quitter le navire. Beau résultat pour le « collaborateur » de Sarko. La collusion d’intérêt entre Fillon et Le Pen donne à ce terme de « collaborateur » une drôle de connotation en l’occurrence…

- Bof. Laissons-les dans leur bauge. Et puis, c’est une tradition dans ce parti. Si t’es pas mis en examen, t’as aucune chance. C’est en quelque sorte un rituel de passage ! Moi, Victor, y a un truc que je ne comprends pas, c’est cette attitude poulidorienne des candidats à cette présidentielle décidément pittoresque. Ils n’aspirent pas à la première place, mais à la seconde seulement ! Comme s’ils avaient admis, intégré, accepté l’inéluctable victoire de Le Pen au soir du premier tour ! C’est incroyable comme attitude, non ?

- T’as raison Loulle. Personne n’attaque le F.Haine avec la vigueur qui serait nécessaire. Personne ne parle de son programme bâti sur des mensonges : le programme social volé à Mélenchon et qui ne sera évidemment jamais mis en oeuvre, une sortie de l’Europe qui renverrait la France au niveau du Montenegro. Personne, ou pas grand monde, ne souligne les magouilles de cette PME familiale qui prospère sur les embrouilles. Personne ne met en évidence que c’est chez les quelques élus de ce parti que l’on trouve le plus de « mis en examen ». Personne ne met en garde contre le bouton nucléaire mis dans les mains de la fureure. Comme si c’était une fatalité, une sorte de « punition » envoyée par les foudres divines. C’est dingue.

- Ce serait à la gauche de batailler sur ces thèmes, ce serait à la gauche de disputer la première place, en profitant du fait que la droite se vautre dans la merde et se ridiculise. Mais la gauche se carcagne dans des bagarres de cour d’école…

- …alors qu’elle a effectivement une chance unique d’accéder au pouvoir. Et qui ne se représentera pas de demain. Mais tant Hamon que Mélenchon n’ont pas cette volonté, cette ambition. Ils se contentent de vouloir être les petits caïds de leur quartier. C’est lamentable Loulle. Unis, ils font gagner la gauche, la vraie. Séparés, ils détruisent tout cet espoir du peuple de gauche.

- Et ils laissent la main à qui ? Au représentant des banques.

- Eh ouais… Les banksters, comme les Bilderberg d’ailleurs, avaient choisi Fillon, mais en plan B, ils propulsent Macron.

- Celui-là, il fait même sa pube sur les maillots des rugbymen écossais ! Allez, à la nôtre !

 

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