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30/04/2017

Gastronomie érotique végétarienne avec la belle Margot

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Margot roulait à bicyclette

 

Par des chemins de fruits dorés.

 

Dans le vent volait sa jupette

 

Sur de longues cuisses dorées.

 

 

 

Comme un champion du Tour de France

 

Moi, derrière, je salivais,

 

Fasciné par les abondances

 

Que par éclair je découvrais.

 

 

 

Percés au cœur par Cupidon

 

Devant son lascif abandon,

 

Gonflé d’amour j’ai eu l’honneur

 

 

 

De féconder cette orchidée.

 

Elle m’a donné du bonheur

 

Pour plus de mille éternités.

 

 

 

Pour Margot : La boumiane de tomates et d'aubergines

 

- Oh ! Victor ! Tu tirais la langue

 Pour suivre ta jolie mousmée,

Tu pédalais comme une branque

 Dans son sillage parfumé !

- Crois-moi, pour garder la cadence

Je n’avais pas besoin d’EPO,

J’étais fasciné par la danse

De ces jolis éclairs de peau.

Nous allions sur les bords du Rhône

Vers quelques nids d’amour discrets

Et dans ses grands yeux de Madone

J’ai découvert le Grand Secret,

Celui qui fait tourner le monde,

Celui qui peint les cœurs en bleu,

Qui fait sourire la Joconde,

Le seul vrai dieu, l’Amour, parbleu !

- Mais vivre d’amour et d’eau fraîche

Ça ne dure qu’un temps, pardi !

Quand Cupidon lance ses flèches,

Elles ouvrent aussi l’appétit !

Je te propose un plat champêtre,

Simple, léger, plein d’agréments,

Suffisant pour faire renaître

La fougue ardente des amants :

C’est la succulente Boumiane

Que vénèrent les Provençaux.

Prends quelques belles mérinjanes

Que tu coupes en gros morceaux.

Tu les saupoudres de sel gros

Afin qu’elles crachent leur eau.

Au bout d’une heure tu les rinces,

Les recoupes en portions plus minces,

Puis dans une large sartan

Tu les fais frire en ajoutant

Un grand verre d’huile d’olive

Et tu fais cuire à flamme vive.

Tu tournes régulièrement

Pour éviter l’attachement.

Dans une poêle séparée,

Tu cuis des tomates parées,

Les « marmandes » sont les plus sûres

Mais surtout il les faut bien mûres.

Tu ajoutes un bouquet garni,

Du sel, du poivre en harmonie,

Une cuiller de sucre en poudre

Pour l’acidité à résoudre.

Lorsque le jus aura réduit

Amalgame les deux produits

Dans la plus grande de tes poêles

Et laisse cuire encore un poil.

Avant de servir tu complètes

D’un peu de piment d’Espelette,

De trois gousses d’ail écrasées.

Ça se mange chaud ou glacé.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 6 aubergines (appelées en Provence merinjanes), - 12 tomates (Saint-Pierre, Marmande ou Russes ; évitez les in­sipides tomates trop belles pour être bonnes que l'on impose dans les grandes surfaces), - huile d'olive, - gros sel, - 1 beau bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 2 cuillerées à café de sucre en poudre, - 3 gousses d'ail, - 2 pointes de couteau de piment d'Espelette.

 

Les vins conseillés:

La boumiane est un plat de légumes qui s'accompagne idéa­lement avec des vins primeurs, des vins de soif, gouleyants, joyeux et sans chichis: Tulette, Sainte-Cécile-les-Vignes, Ro­chegude, Gaugeac, Saze.

Ventoux de Mormoiron, Caromb, Bédoin. Tricastin. Coteaux-du-Languedoc. Côtes-de-Provence.

 

 

Photo X - Droits réservés

 

29/04/2017

Au bistro de la Toile : En selle, condottierre Mélenchon ! Au service de la France.

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- Eh bè, Victor ! De Gaulle, il doit faire le ventilateur dans sa maison de campagne six pieds sous terre ! Le fin du fin, maintenant, pour ceux qui se prétendent encore gaullistes, c’est de se rallier aux mânes des pétainistes ! La vieille carcasse de Mémé Garaud (Marie-France… non, on peut barrer France), la révérente mère Boutin sortant de son bénitier et maintenant Ducon-Hainiant… Mouais. Craignos. Non ?

- Bof. Ce sont des vieux kroumirs qui salopent l’image de celui dont ils se prévalent. Ducon-Hainiant comme tu dis avait pourtant su se donner une image, certes ringarde, mais d’honnêteté intellectuelle : souveraineté nationale mais approche sociale gaullienne. En fait, ce n’est qu’un collabo qui lèche les bottes cloutées de ceux qui ont toujours combattu De Gaulle, un petit boutiquier – il compte sur Le Pen pour renflouer les caisses de son mini-parti – doublé d’un m’as-tu-vu ridicule : il compte ainsi se faire une place dans les poubelles du F.Haine. Il devrait rebaptiser sa boutique : « À plat ventre la France ». C’est surtout un kon qui marque là son suicide politique. Parce que sa « favorite » ne sera pas élue et donc lui sera cocu mais marqué à jamais du sceau de l’infamie. Bon débarras.

- Et Méluche qui joue les « gazelles pudiques »… À quoi il joue lui aussi ? La bande à Le Pen profite du flou artistique dans lequel il s’enferme pour venir draguer sans vergogne parmi ses sept millions d’électeurs ! Désolant…

- Lui, c’est autre chose. Il faut comprendre sa grande désillusion. Il se voyait réellement au second tour. Et ce n’était pas illusoire, il s’en est fallu de 600 000 voix. C’est beaucoup, mais moins du dixième des électeurs qu’il a su mobiliser. Une semaine de campagne de plus et le siphonnage des voix de Hamon pouvait permettre cette qualification. Mais probablement pas la victoire finale car pour cela il lui aurait fallu éliminer Macron et se trouver face à Le Pen. Alors pas de regret ami Jean-Luc ! Tu as fait une campagne formidable, tu as réveillé un peuple de gauche qu’on croyait disparu, tu as suscité l’enthousiasme de centaines de milliers de militants, ce qui n’était plus arrivé depuis longtemps, tu as rendu lumineux un avenir jusque-là désespérant. Pas de quoi faire la gueule, non ?

- C’est vrai que réunir 20 % des électeurs sur un programme novateur, réellement de gauche, portant une transformation non seulement politique mais aussi écologique et économique, c’est un résultat formidable.

- Et le levain d’une vraie et puissante force populaire apte à donner une dimension politique aux luttes sociales et écologiques. Une force qui, traduite dans les urnes aux législatives, peut être une force d’opposition efficace, capable de calmer les ardeurs ultralibérales supposées de Macron.

- Une opposition qui sinon, avec la débandade tant du PS que du LR, sera laissée au F.Haine…

- Hélas. Raison de plus pour que Mélenchon oublie sa déconvenue, se requinque et reparte, avec son enthousiasme communicatif dans une campagne législative triomphante. Pour cela il lui faut reconquérir les voix des ouvriers que la décomposition du Parti Communiste a laissés partir chez Le Pen. Et là, on peut en vouloir au Parti Socialiste qui non seulement a précipité la chute du PC mais, par sa conversion « blairiste » à l’ultralibéralisme, a abandonné les classes laborieuses qui, par dépit plus que par choix, se sont laissées séduire par les sirènes nauséabondes du parti facho… Le succès de la France Insoumise propose enfin une alternative politique au Front national. L’espoir, il est là ! Et il n’est pas mince. Merci pour tout ça, ci-devant camarade Mélenchon ! Et remonte en selle : la France a encore besoin de ton enthousiasme, de ta fougue, de ta détermination, de tes idées. Banzaï !

- Bien dit Victor. Allez, c’est ma tournée. Rouge pour tout le monde !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

28/04/2017

Rigolothérapie en campagne électorale

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Les élections législatives approchent. Un député effectue une tournée de sa circonscription.

Il visite en premier un complexe scolaire et écoute les plaintes des élèves et des profs.

« Monsieur le Député, le chauffage est vieillot et on s’attend à un hiver rigoureux, nos salles de cours sont exiguës et nécessiteraient une réfection, beaucoup de bancs et chaises sont plus que vétustes, toutes les fenêtres laissent passer l’air… etc., etc., etc. »

Après avoir entendu toutes leurs doléances, le Député répond :

« Ne vous en faites pas, tout sera corrigé le plus tôt possible. »
Il monte alors dans sa flamboyante Citroën et continue sa tournée en s’arrêtant à la prison locale.

Là aussi les doléances sont nombreuses notamment celles des détenus :

« Monsieur le Député, on aimerait avoir une meilleure qualité de vie, une amélioration des repas serait la bienvenue, on souhaiterait avoir des draps et des couvertures neuves tous les 6 mois, des TV grand écran, home cinéma, piscine, court de tennis, petites masseuses privées une fois par semaine, etc., etc., etc. »
Après avoir une fois encore entendu toutes les doléances, le Député répond :

« Ne vous en faites pas, tout sera corrigé le plus tôt possible. »

Il retrouve à nouveau sa Citroën et, pendant le voyage de retour, donne des instructions à son secrétaire :

« Alors, Michel, faites envoyer à l’école une équipe de réparations pour remplacer quelques fenêtres et boucher quelques trous, mais rien d’autre.
Ensuite, faites envoyer une autre équipe à la prison pour installer une piscine, des bains jacuzzi, des bains turcs (hammam), un sauna, un court de tennis, une salle de loisirs avec un téléviseur de 80 centimètres, etc., etc. »

Le secrétaire, tout surpris, lui répond :

« Mais, ce que vous me demandez, Monsieur le Député, n’a pas de sens. »

Et celui-ci de lui répondre :

« Voyons Michel, on est déjà allés à l’école, on n’y retournera plus. Mais pour ce qui est de la prison… on ne sait jamais ! »


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27/04/2017

L’Arabie, c’est où, dites ? C’est là, mec !

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Pendant qu’on sodomise les diptères avec nos élections, il se passe, fort heureusement, des choses réconfortantes dans le vaste monde. Ainsi la Commission des droits des femmes de l’ONU - organe chargé de "la promotion de l’égalité hommes femmes et l’autonomisation des femmes" - vient de recevoir le renfort d’un des pays champions de la cause des femmes : j’ai nommé l’Arabie saoudite ! Non, ce n’est pas un « hoax ». Le nid de vipère des salafistes a été admis par vote secret de 47 des 54 membres du Conseil économique et social des Nations unies.

Ainsi, à partir de 2018 et jusqu’en 2022 - grâce aux votes de ces pays (quid de la France ? De la Belgique ? Des autres pays européens ? Au moins cinq ont votés pour…) - les barbus avec un torchon sur la tête veilleront à promouvoir les droits des femmes et l’égalité entre les sexes. C’est-y pas beau ça ?

Dans ce beau pays, les femmes sont réellement bien protégées. Ainsi, en ces lieux où règne la charia, elles doivent « bénéficier » de la présence d’un tuteur couillu (père, frère, mari) dans tous les actes de la vie, pour voyager, pour travailler, peut-être même pour aller pisser. Et ceci de la naissance à la mort. Les chiens ont plus de droits en France que les femmes en Arabie saoudite !

Ce n’est pas la première décision « pittoresque » de l’ONU en la matière. Ainsi, en septembre 2015, malgré les centaines d’exécutions - par décapitation entre autres - prononcées chaque année dans le royaume, le pays avait déjà été nommé à la tête de l’une des commissions consultatives de l’ONU sur les droits de l’Homme. C’est l’ambassadeur de ce pays à Genève, Faisal Trad, qui a été choisi pour présider le panel du Conseil des droits de l’Homme !

Voilà donc pour défendre les droits des femmes, et des hommes, le pays le plus barbare, le plus arriéré, le plus fanatique du monde, le pays qui pratique encore l’esclavage, qui coupe le cigare à qui ne croit en « dieu » ou « blasphème » le nom d’un prétendu prophète, qui lapide à mort une femme qui s’est fait violer, qui pend ou précipite d’en haut d’un immeuble les homosexuels, qui coupe une main, puis l’autre, éventuellement le pied à un voleur, un pays qui répand de par le monde la pire des névroses collectives, le salafisme, qui alimente, finance, arme les terroristes partout dans le monde. Un pays qui achète les plus beaux fleurons de notre pays avec la complicité de politicards véreux jusqu’à la moelle.

Oui mais il achète aussi les Mirages de Dassault et plein de belles machines rutilantes, en acier bien trempé, conçues pour faire plein de trous dans la viande, pour brûler la couenne, pour hacher les os, pour générer plein de larmes, de deuils et de malheur !

Eh ! Oh ! C’est du commerce ça. Faut pas y toucher… Et puis, les femmes de ces braves gens, lorsqu’elles viennent en France, ont toutes libertés de trimbaler leur linceul grillagé dans les boutiques de luxe de Paris ou de la Côte d’azur.

Les pétrodollars permettent de tout acheter. Même l’honneur ?

 

 

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25/04/2017

Eh ! Ci-devant Mélenchon, qu’est-ce que c’est que ces « pudeurs de gazelle »

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Oui. À quoi tu joues, camarade Mélenchon ? Ce sont nous, les Insoumis, qui t’avons amené à tangenter les sommets. Ce qui nous donne quelques droits voire quelques exigences. Et la première de ces exigences, c’est de sortir de cette ambiguïté, de laisser tomber ces « pudeurs de gazelle » et d’appeler un chat un chat et Marine Le Pen une dangereuse fasciste alors que Macron n’est qu’un avatar de plus de la gouvernance ultralibérale. Entre le Sida et la Chaude-pisse, le choix est vite fait, camarade Mélenchon. Alors dis-le franchement, dis-le vite : « Pour éliminer Le Pen, votez Macron ». Si ça t'arrache la gorge, fais-le dire à ton hologramme !

Les jeunes qui t’ont donné leur voix avec générosité ne risquent-ils pas de se laisser abuser par les sirènes de la patronne du F.Haine, elle qui t’a piqué ton programme social pour ne surtout pas l’appliquer ? Quand on est jeune, on est entier, on est sans concession, et c’est très bien comme ça. Mais on agit aussi par impulsion. Ce qui risque d’en jeter un certain nombre dans les bras de l’ennemi si tu campes dans tes pudeurs de gazelle !

Dis leur aussi ce qui se passera si la fasciste Le Pen bat l’ultralibéral Macron.

Dès sa prise de pouvoir, les emmerdes vont commencer. Les législatives vont avoir lieu avec le système actuel (majoritaire à deux tours). Elle ne pourra pas les gagner. Qu’à cela ne tienne : elle va avoir recours à l’article 11 de la Constitution, qui l’autorise, sur proposition du gouvernement, pendant la durée des sessions, à soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics. Et faire ainsi adopter par référendum le passage à la proportionnelle intégrale. Suite de quoi elle dissoudra l’assemblée récemment élue et refera des législatives qui lui donneront tous pouvoirs.

Cet article 11 pourra encore être mis à contribution, dès le premier mois, par exemple pour rétablir la peine de mort, supprimer le droit du sol, imposer la préférence nationale, le flicage de masse, la sortie de l’Euro et autres joyeusetés. Certaines lois déjà en place vont lui faciliter la tâche, comme cette loi d’avril 2015 votée dans le cadre de la prévention contre le terrorisme qui élargit les motifs de surveillance pour des raisons moins précises que la seule lutte contre le terrorisme. L’auteur de ce blog et bien d'autres, par exemple, pourrait (pourrait déjà), être rapidement identifié et poursuivi pour « trouble à l’ordre public » ou « atteinte aux intérêts de la Nation ». L’accord d’un juge n’est plus nécessaire, celui du Premier ministre suffit. Eh oui ! C’est ça qui nous pend au nez si, par un réflexe de colère (bien mauvaise conseillère), on se laisse aller à voter Le Pen.

Oui mais le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État seront autant de contre-pouvoirs. De même les structures administratives en place pourront freiner les décisions. Les collectivités territoriales, la police, etc. C’est bien optimiste tout ça. L’exemple des mairies conquises par le F.N. montre un suivisme mou. Des structures d’entrisme existent déjà, comme le Collectif Racine (dans l’Éducation nationale) et France Police (au ministère de l’Intérieur) qui se présentent comme des patriotes engagés dans la défense des services publics et des Français. Ben voyons…

Et que dire de la catastrophe économique, très rapide, qui nous tombera dessus !

Alors, ci-devant camarade Mélenchon, nous t’avons fait confiance, nous sommes le ferment d’un renouveau de la gauche. Nous sommes l’espoir de la France. Alors cesse tes « pudeurs de gazelle » et prend vite tes responsabilités afin d’éviter la catastrophe F.Haine.

Salutations révolutionnaires !

 

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Article_11_de_la_Constitution_de_la_Cinqui%C3%A8me_R%C3%A9publique_fran%C3%A7aise

http://bibliothequefahrenheit.blogspot.fr/2016/04/la-presidente-vous-ne-pourrez-pas-dire.html#more

http://bibliothequefahrenheit.blogspot.fr/2016/11/la-presidente-tome-2-totalitaire.html

 

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24/04/2017

La messe (républicaine) est dite.

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Ite, missa est ! Où même Ouest puisque c’est l’ouest qui a mis Macron largement en tête en en position de plier le match.

Derrière, la représentante de la PME Le Pen fait le plein. Elle n’ira pas plus haut. N’importe qui la battrait au second tour.

Fillon arrive tout de même à attirer sur son nom près de 20 % des électeurs. Il est vrai qu’à 'UMP, même rebaptisé « L.R. », avoir des démêlés avec la justice est en quelque sorte un rite de passage, et être condamné un brevet de fiabilité !

Mélenchon est amer. Grâce à une campagne du feu de dieu (non, pas dieu), il redonne de sacrés couleurs à la gauche vraie ! Il est amer parce qu’il est passé proche de la qualif. « A une marche du podium ». Mais la présidentielle est sans pitié : il n’y a pas de podium, pas de place d’honneur. Il faut être dans les deux premiers au match aller pour espérer gagner au match retour. Point/barre. Mélenchon, pour gagner au second tour, devait être opposé à Le Pen. Il lui fallait donc éliminer Macron. Pas facile. Bien sûr si Hamon s’était désisté entend-on… Mais le candidat du PS ne pouvait pas se désister, ne serait-ce que pour de basses questions d’intendance : s’il se désistait le P.S. ne touchait pas les 8 millions de l’État pour ses frais de campagne. De même en restant en lice : il s’en est même fallu de peu puisqu’en dessous de 5 %, c’est oualou pour le flouz…

Eh ! Camarade Mélenchon. À défaut de ta présence au match retour, il y a la belle : les élections législatives ! C’est là qu’il faut transformer l’essai. T’es premier à Marseille ! Premier à Montpellier ! Premier à Grenoble ! Premier dans les départements d’outre-mer et dans bien d’autres lieux. Plus de 7 millions de voix ! Et surtout des jeunes. Pas de quoi être amer, non ? Ton combat, il faut le continuer là. Etre député toi-même. Faire une autre campagne triomphante pour imposer des députés de la gauche vraie. Et avoir ainsi une opposition qui aura de la gueule.

Le plus enthousiasmant de cette élection, ce n’est pas l’arrivée d’un OPNI (objet politique non identifié), mais c’est le rejet sans appel des deux partis de politiciens professionnels qui confisquent et se partagent le pouvoir politique depuis longtemps. Le P.S. et les L.R. tombent dans les poubelles de l’histoire. Bon débarras ! On les a assez vus, on les a assez subis, ils nous ont assez menti. Dégagez ! Le peuple de gauche se partagera entre « la France Insoumise », les « En Marche » et un PS refondé probablement autour d’un Montebourg sortant indemne du tsunami.

Bon. Alors ce sera Macron ?

Ce sera Macron. Il est considéré comme le fils putatif de Hollande ? Bof… Il traîne son boulet d’ancien banquier ? Bof… Il est adoubé par Frau Merkel ? Bof… Il est le chouchou des médias tenus pas des milliardaires ? Bof… Alors pourquoi caracole-t-il en tête ? Peut-être parce qu’il est jeune. Peut-être parce qu’il n’est pas (encore) compromis par le pouvoir. Peut-être parce qu’il ne rejette pas l’Europe mais veut, au contraire, peser de tout le poids de la France (deuxième économie mais première puissance de l’Union !) pour la faire évoluer.

Alors, sans être dupe de ses orientations ouvertement libérales ne lui faisons pas de procès d’intention. Ce sera tout de même mieux que Fillon.


 

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23/04/2017

C'est aujourd'hui qu'on gouverne la France ! VOTONS !

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Votez Mariçois Fillopen !

 

Approchez ! Approchez ! Barjottes, barjots.

Vous aimez les promesses ?

Oui !

Vous aimez les mensonges ?

Oui ! Euh ! Pas trop…

Vous voulez du pouvoir d’achat ?

Oui !

Moi non. Moi non plus.

Vous aimez le chômage ?

Oui… ? NON !

Moi oui. Pas tant que moi : ça fait baisser les salaires.

Vous aimez le flicage généralisé ?

Oui… ? Euh ! NON !

Vous aimez les banksters qui vous font les poches ?

Oui… ? Euh ! NON !

Vous exécrez la Liberté, l’Égalité, la Fraternité ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous souhaitez foutre en l'air ce qui reste des services publics ?

Vous souhaitez partir à la retraite à 75 ans ?

Vous souhaitez payer plus chers vos médicaments ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous détestez la Sécurité Sociale et vous préférez le tout sécuritaire ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous êtes pour des interventions militaires diverses et variées (Syrie, Iran après Afghanistan et Libye) ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous pensez que la laïcité telle qu'elle existe actuellement ne fonctionne pas ?

Vous êtes pour plus de place des conceptions religieuses dans la vie politique ?

Vous acceptez de vous mettre à plat ventre devant les fonds de pensions et les banques ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous aimez les vautours du MEDEF ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous voulez des flics partout et de la justice nulle part ?

Vous voulez vous faire endoffer pendant cinq ans ?

Oui… ? Euh ! Non, pas trop…

Alors VOTEZ pour moi ! Non pour moi !

On vous fournira la vaseline !

 

Sinon, méditez ce texte de la Commune :

 

 

CITOYENS , CITOYENNES

 

« Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre propre vie, souffrant des mêmes maux.

Méfiez vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent par se considérer comme indispensables.

Méfiez vous également des parleurs incapables de passer à l’action ; ils sacrifieront tout à un discours, à un effet oratoire, à un mot spirituel.

Enfin, cherchez des hommes, des femmes aux convictions sincères, des hommes, des femmes du peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et honnêteté reconnue.

Nous sommes convaincus que, si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire »


Texte de la commune de Paris du 26 mars 1871

 

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22/04/2017

Au bistro de la toile : donner aux choses l’importance qu’elles ont.

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- …teng ! T’as vu ce bordel Victor : des flics se font flinguer en pleins Champs-Élysées, à 9 heures du soir, pendant le dernier raout des candidats. C’est dingue non ?

- Je vais te dire un truc qui va peut-être te faire monter en rabia Loulle. Ce truc des Champzés, c’est surtout effarant et désolant. Effarant de konnerie et désolant de contre-productivité. Les tarés de l’état islamique doivent sabler le Perrier (« le champagne des eaux de table ») en se tapant sur le ventre ! Sans aucune dépense, ni humaine, ni financière, ils bénéficient d’une victoire médiatique extraordinaire ! Pendant des heures, des jours, les médias du monde entier montrent en boucle des images de gens en panique courants sur les Champs-Élysées, des centaines de flics en armes, des camions de pompiers, des voitures de police, phares bleus tournant, avertisseurs deux tons à fond. Comme si la France était sous attaque, comme si Paris était investi par des hordes de sauvages ennemis venant jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes. Bonjour la réclame !

- Tout de même Victor, une voiture de police a été mitraillée, des centaines de passants et de touristes ont été menacés.

- Allons, allons Loulle, ça c’est ce que disent et montrent ces miroirs déformant que sont les chaînes de TV d’informations en continu. Regardons froidement les faits : il y a eu un homicide sur la voie publique. L’auteur : non pas un commando kamikaze mais un abruti faisant une fixation morbide : tuer du flic. Un type seul puisqu’il arrive en bagnole, stoppe sa caisse à proximité des flics, sort sa kalach, défouraille puis s’enfuit pour regagner sa tire pour se barrer. Les flics attaqués ont régi efficacement et abattu le forcené. Il était forcément seul, puisque la bagnole est restée sur place. S’il avait eu un ou des complices, ils auraient tiré eux aussi ou se seraient barrés. Point barre. Les flics attaqués ont évidemment communiqué en donnant un rapport circonstancié à leur hiérarchie. Et c’est là que le bordel a commencé. En quelques minutes, des dizaines de voitures de flics et de pompiers déboulent, phares tournoyant et sirènes hurlantes. Et c’est ça qui a déclenché la panique.

- Mais enfin Victor, des coups de flingue à tout-va. Ça s’entend, ça se voit ! Et les gens qui en sont témoins se barrent en courant. C’est humain non ?

- Bien sûr. Mais quand tu tires debout avec n’importe quelle arme automatique, Kalash ou autre, tu es obligé de tirer par très courtes rafales, de trois balles, parce que le canon monte et tu tires en l’air. Donc le tueur de flic a dû tirer deux, trois rafales. Et les flics, en retour, guère plus. Ceci en quelques secondes. Dans le bruit de la circulation des Champs-Élysées… Seuls les passants qui étaient à proximité immédiate ont dû baliser et décaniller. C’est la sur action des forces de l’ordre qui a donné le signal de la panique : des gens qui renversent les terrasses en courant dans tous les sens, qui se réfugient en gueulant dans les boutiques, des familles séparées et qui paniquent. Et pour accélérer le bordel, les télés qui filment ces gens affolés, ces images qui passent sur les réseaux, ceux qui sont sur les Champs, même loin du lieu des faits, qui voient ça sur leurs machines à laver le cerveau portative et qui paniquent eux aussi. Et pour couronner le tout, les annonces sépulcrales de Pujadas aux candidats… Lamentable Loulle.

- Mouais. Vu comme ça, c’est vrai ce que tu dis Victor… Mais qui pouvait savoir que ce n’était que le coup de folie d’un abruti solitaire ? Et si ça avait été une attaque concertée, coordonnée, comme au Bataclan ?

- Il faut donner aux choses l’importance qu’elles ont. Les flics qui ont subi l’attaque sont des gens responsables, aguerris, pas des amateurs. Le récit qu’ils ont dû faire devait laisser entendre que le type était seul, et qu’il a été abattu. Et puis ce type - le ci-devant Karim, tueur de flic reconnu, celui qui a tué le ci-devant Xavier, bénéficiant lui du beau nom de Gardien de la Paix – qu’est-ce qu’il foutait là ? Il avait été condamné en 2005 par les Assises à 15 ans de taule. Il aurait dû sortir en 2 020. Si un J.A.P. (qui doit voir aujourd’hui j’espère des insomnies) ne l’avait pas libéré avant la fin de sa peine, Xavier serait toujours vivant.

- C’est vrai. Et c’est d’autant plus révoltant que ce fumier a été présenté à un autre J.A.P. (juge d’application des peines) le 14 avril, pour ne pas respecter ses obligations judiciaires, et laissé libre…

- Et a qui va profiter cette konnerie taille XXL ? Non pas à ceux des candidats qui prônent la paix mais à ceux – Le Pen et Fillon – dont le fonds de commerce est la peur des gens. Et les vrais vainqueurs, si un de ces deux gagne, ce sera les abrutis de Daech dont le but est de déclencher une guerre civile chez nous et ailleurs en Europe.

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

20/04/2017

Élections. L’heure du choix pour les antinucléaires

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Pas facile de choisir !

Impossible de trouver un candidat qui satisfasse à tous nos souhaits. Il convient donc, afin de faire le choix le plus judicieux, de lister et de hiérarchiser les problèmes que nous souhaiterions voir prendre en compte. En vrac, on trouve la lutte contre le chômage, la sécurité, le pouvoir d’achat, la santé, l’école, les libertés, etc. Tous les candidats ont leurs propres recettes pour résoudre ces problèmes. C’est souvent de la poudre de perlimpinpin. Il est vrai que les promesses n’engagent que ceux qui y croient selon le théorème de Pasqua.

Il y a aussi un problème essentiel car il inclut en lui-même la sécurité, la santé voire la liberté mais qui est peu évoqué par les candidats, c’est la sortie du nucléaire. Où se place-t-il dans la hiérarchie des priorités ? Loin. Et pourtant…

Pourtant, la France – dont le tourisme, l’agriculture, les vins comptent pour une part prépondérante de son économie – ne se relèverait pas d’un accident nucléaire genre Tchernobyl ou Fukushima. Et elle causerait la ruine de ses voisins européens. N’est-ce pas là une question essentielle à l’heure du choix ? Mais ça n’arrivera jamais chez nous couinent les nucléocrates. Naïveté, duplicité, incompétence, ou les trois à la foi ? En matière de nucléaire, le facteur humain reste déterminant, et l’homme est tout sauf parfait. En témoignent les magouilles autour des certifications de certaines pièces essentielles (cuves, pompes) avec les faux rapports d’Areva et le laxisme d’EDF. La privatisation sournoise de la filière – et donc la recherche du profit avant tout, serait-ce au détriment de la sécurité – augmente encore les risques que fait courir à la France et à l’Europe cette industrie du passé.

Le problème du nucléaire, c’est que les conséquences des catastrophes sont sournoises et surtout infinies dans le temps et dans l’espace.

Et que dire des coûts ! Ayons la magnanimité de ne pas parler du fiasco total de l’EPR, tant au niveau technique que financier, mais le rafistolage des centrales à bout de souffle coûtera au bas mot une grosse centaine de milliards.

Et les déchets, dont on se sait que faire !

Et le démantèlement que l’on ne sait pas faire !

Et le pillage des ressources des pays pauvres en Afrique !

Et la fin programmée de l’uranium !

Il ne s’agit pas de réclamer l’arrêt immédiat et total de la filière nucléaire. Ce n’est pas possible à cause de l’impéritie de générations de gouvernants inféodés au lobby nucléaire et qui ont donné à cette énergie une place trop considérable, au détriment des énergies propres, renouvelables. Mais il s’agit de chercher le candidat qui a inscrit dans son programme la décision de sortir du nucléaire à une échéance raisonnable.

Un seul candidat en a fait la promesse ferme et définitive, c’est Mélenchon. Mardi, lui et ses hologrammes proclamaient : « Dans les 3 premières années, nous allons fermer 18 réacteurs nucléaires. » C’est clair, c’est raisonnable, c’est réalisable.

Revenons au problème du choix. Un candidat, même porteur de toutes nos espérances, n’est un choix efficace que s’il a des chances de gagner ! Les élections présidentielles sont impitoyables, il n’y a qu’un vainqueur. Pas de places d’honneur. Donc, pour avoir des chances de faire passer ce qui, aux yeux des plus lucides, est essentiel - la sortie du nucléaire - encore faut-il que cette proposition soit portée par un candidat ayant des chances réelles de gagner. Pour la première fois, cette formidable possibilité existe. Il ne faut pas la gâcher.

Pour tous ceux qui sont pour la sortie de cette folie qu’est l’industrie nucléaire, un seul choix s’impose : voter dès le premier tour pour Mélenchon. Même si ce n’est pas par adhésion à l’ensemble de son programme, mais parce qu’il est le seul en potentialité de nous sortir des griffes diaboliques des nucléocrates.

Le vote pour Mélenchon devient ainsi – pour les antinucléaires – le seul vote de raison.

 

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Illustrations X - Droits réservés

18/04/2017

Avenir lourd de menaces dans la Turquie d’Erdogan…

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Sortons un peu de notre nombrilisme électoral. En attendant les nôtres d’élections, il y a eu le référendum-plébiscite chez les Turcs. Le sultan local a gagné. Avec des méthodes staliniennes et des bourrages d’urnes bien sûr, mais il a gagné. Pourtant c’est ric-rac : les opposants aux pleins pouvoirs donnés à Erdogan sont sensiblement aussi nombreux que ses partisans. Ce qui risque – soyons optimistes – de compliquer un peu ses ambitions dictatoriales.

Il y a peu encore, Erdogan était encensé par nos « penseurs » qui voyaient en lui le promoteur d’une « démocratie musulmane » sur le mode de nos « démocraties chrétiennes ». Erdogan prouvait, par son efficacité économique et sa rigueur, que l’islamisme était « compatible avec la démocratie ». Sauf que ces naïfs (ou ces imbéciles heureux) oubliaient que si dans nos contrées la séparation entre la politique et la religion était un fait établi et accepté depuis longtemps, il n’en est pas de même chez les mahométans où religion et politique sont une seule et même chose.

Pour Erdogan, la démocratie est un moyen et non une fin. Ce mégalo se voit comme un nouveau sultan et se sent investi d’une double mission  : redonner à l’islam toute sa place en Turquie et redonner à la Turquie, héritière de l’Empire ottoman, son rang dans le monde. Ce qu’il faut avoir présent à l’esprit, c’est que Erdogan hait Mustapha Kemal Atatürk, le père de la Turquie moderne, celui qui a instauré la démocratie, imposé la laïcité, donné le droit de vote aux femmes bien avant la France, celui qui n’hésitait pas à proclamer : « L’islam est un chien puant dont il faut débarrasser la Turquie. » Erdogan, lui, veut que la Turquie redevienne le phare de l’islam : « Nous voulons forger une jeunesse religieuse et moderne […], une jeunesse qui revendique sa religion, son langage, sa sagesse, sa chasteté et ses rancunes ». Et il revendique et fait siennes les paroles ultra-belliqueuses du père du nationalisme turc, Ziya Gökalp : « Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les mosquées nos casernes. »

Ce référendum est le point d’orgue de cet étrange « coup d’État » complètement foiré. En matière de coups d’État, l’armée turque a pourtant un indéniable « savoir-faire » ! Si bien que si l’on n’est pas trop naïf, on peut légitimement penser que ce putsch d’amateurs a été téléguidé par le pouvoir, organisé par quelques officiers manipulés à leur insu par Erdogan et réalisé par quelques milliers de troufions pas très motivés. À la suite de quoi, Erdogan en a réalisé un vrai, lui, de coup d’État, en épurant (selon ses vues à lui) l’armée, l’administration, l’éducation, la magistrature, la justice et tous les corps constitués. Il a réduit au silence tous les médias d’opposition, faisant de la Turquie la plus grande prison de journalistes du monde. Et il a embastillé tous ses opposants. Plus de 40 000 citoyens turcs arrêtés, battus, souvent torturés. Près de cent mille agents de l’État ont été limogés. Parmi eux, au moins treize mille policiers et gendarmes, quatre mille militaires, et presque autant de membres du système judiciaire mais surtout bon nombre d’universitaires, enseignants et intellectuels divers. Et comme les prisons sont pleines, le nazislamiste d’Anatolie veut, dans la foulée de sa « victoire », faire un nouveau référendum pour rétablir la peine de mort.

Et c’est avec ce personnage que l’Europe, dans sa grande faiblesse, doit composer puisqu’elle en a fait le « régulateur » de la venue ou non des trois millions de réfugiés syriens qui survivent en Turquie. On peut penser pourtant que la Turquie est bien plus généreuse que l’Europe en la matière. Frau Merkel, sans consulter ses partenaires européens, est allé se prosterner devant le Sultan, lui promettant – sans aucun mandat pour cela – six milliards d'euros pour qu'il garde les réfugiés chez lui. Et l'autre fait un chantage permanent avec cette arme des « réfugiés ». Mais le dictateur d’Ankara a aussi derrière la tête un objectif sournois et pas très avouable : l’accueil de trois millions de réfugiés syriens, par l’implantation de cette population arabe, peut constituer une population de peuplement des zones frontalières turques à moitié kurde.

Espérons que les évènements actuels vont définitivement stopper cette ineptie monstrueuse que serait l’entrée de la Turquie – et de ses 80 millions de musulmans – dans l’Union Européenne. Mais là, Erdogan va nous donner un coup de main : dans la foulée de sa victoire, il veut organiser un référendum sur l’entrée de la Turquie en Europe. Et là, souhaitons que les Turcs disent « Hayir », « Non ».

 

Illustration: merci à Goutal

 

17/04/2017

C'est Pâques, mais pas que...

Reiser jésus paques.jpg

 

Brassens: Le sceptique

Imitant Courteline, un sceptique notoire,
Manifestant ainsi que l'on me désabuse,
J'ai des velléités d'arpenter les trottoir(e)s
Avec cette devise écrite à mon gibus :
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Dieu, diable, paradis, enfer et purgatoire,
Les bons récompensés et les méchants punis,
Et le corps du Seigneur dans le fond du ciboire,
Et l'huile consacrée comme le pain bénit,
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Et la bonne aventure et l'art divinatoire,
Les cartes, les tarots, les lignes de la main,
La clé des songes, le pendule oscillatoire,
Les astres indiquant ce que sera demain,
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Les preuves à l'appui, les preuves péremptoires,
Témoins dignes de foi, metteurs de mains au feu,
Et le respect de l'homme à l'interrogatoire,
Et les vérités vraies, les spontanés aveux,
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Le bagne, l'échafaud entre autres exutoires,
Et l'efficacité de la peine de mort,
Le criminel saisi d'un zèle expiatoire,
Qui bat sa coulpe bourrelé par le remords,
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Sur les tombeaux les oraisons déclamatoires,
Les "C'était un bon fils, bon père, bon mari",
"Le meilleur d'entre nous et le plus méritoire",
"Un saint homme, un cœur d'or, un bel et noble esprit",
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Les "saint-Jean Bouche d'or", les charmeurs d'auditoire,
Les placements de sentiments de tout repos,
Et les billevesées de tous les répertoires,
Et les morts pour que naisse un avenir plus beau,
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Mais j'envie les pauvres d'esprit pouvant y croire.

 

https://www.youtube.com/watch?v=RkYbGCQj5iY

 

Merci aux irremplaçables et irremplacés Reiser et Brassens

 

16/04/2017

Ouiquinde pascal: L’agneau en cuisson douce

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Moi qui suis un athée très anticlérical

Lorsque vient le printemps, j’aime l’agneau pascal.

J’aime sa chair gorgée de toutes les fragrances

Qu’exhalent les collines entre Rhône et Durance,

J’aime le jus coulant de cette peau dorée

Fleurant l’ail et le thym. J’aime le dévorer,

Oui mais avant cela, encor faut-il le cuire

Comme on fait en Provence. Je m’en vais vous le dire.

Prenez donc un gigot d’agneau de Sisteron

D’environ deux kilos, au cuissot doux et rond.

Coupez six gousses d’ail dégermées en lamelles,

Glissez-les sous la peau avec votre Opinel ;

Dans un hecto de beurre fondu demi sel

Vous mélanger cumin, thym, poivre, peu de sel ;

Enduisez le gigot avec cette pommade,

Et laissez reposer dans cette marinade

Trois heures de pendule ; mieux : la nuit au frigo,

Pour que tous ces parfums pénètrent le gigot.

Placé votre appareil dans un plat bien beurré

Dans votre four réglé sur cent-trente degrés.

Laissez cuire deux heures en le tournant souvent

Il va se colorer et cuire doucement,

Puis baisser votre four sur 110 ou sur Un

Tournez et arrosez lorsque c’est opportun,

Laissez encore cuire pour une heure et demie

Sur la fin vous salez avec parcimonie.

Cette cuisson très douce va sublimer la viande

Qui restera rosée, bien juteuse et gourmande.

Coupez « à la française » : angle droit avec l’os,

Pour que ça reste chaud, vous servez rapidos

Avec des flageolets réchauffés dans le jus

Mais cèpes et girolles sont aussi bienvenus !

Buvez très largement de la tété d’automne

Ces vins de large soif de la Côte-du-Rhône,

Et pour laisser le monde des maigres, des sans-goûts,

Alors resservez-vous !

 

 

Photo X – Droits réservés

 

Et puis, tout en festoyant, rappelons-nous :

 

La chanson de Craone

 

Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé

On va reprendre les tranchées,

Notre place est si utile

Que sans nous on prend la pile

Mais c'est bien fini, on en a assez

Personne ne veut plus marcher

Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot

On dit adieu aux civ'lots

Même sans tambours, même sans trompettes

On s'en va là-haut en baissant la tête

 

- Refrain :

Adieu la vie, adieu l'amour,

Adieu toutes les femmes

C'est bien fini, c'est pour toujours

De cette guerre infâme

C'est à Craonne sur le plateau

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

C'est nous les sacrifiés

 

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance

Pourtant on a l'espérance

Que ce soir viendra la r'lève

Que nous attendons sans trêve

Soudain dans la nuit et le silence

On voit quelqu'un qui s'avance

C'est un officier de chasseurs à pied

Qui vient pour nous remplacer

Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe

Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

 

- Refrain -

 

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards

Tous ces gros qui font la foire

Si pour eux la vie est rose

Pour nous c'est pas la même chose

Au lieu d'se cacher tous ces embusqués

Feraient mieux d'monter aux tranchées

Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien

Nous autres les pauv' purotins

Tous les camarades sont enterrés là

Pour défendr' les biens de ces messieurs là

 

- Refrain :

Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendront

Car c'est pour eux qu'on crève

Mais c'est fini, car les trouffions

Vont tous se mettre en grève

Ce s'ra votre tour messieurs les gros

De monter sur l'plateau

Car si vous voulez faire la guerre

Payez-la de votre peau

 

Photo X - Droits réservés

14/04/2017

Les vautours, Élise, Élise et nous !

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Élisez-moi clament tous les candidats.

Élise, elle, met les mains dans le cambouis. Pire encore, dans la fiente nauséabonde de « l’adversaire » de Flamby : LA FINANCE.

Courageuse, pugnace Élise Lucet, honneur de la profession de journaliste. Cette fois, elle a démonté les mécanismes du capitalisme financier qui s’engraisse sur la ruine des entreprises et la détresse des ouvriers et employés. Elle et son équipe ont enquêté, malgré les barrages, l’omerta et les menaces sur le dépeçage de ce qui était un des fleurons de l’habillement grand public français : « Vivarte », holding qui possède notamment les marques André, Caroll, Chevignon, Kookaï, La Halle, Minelli, Naf Naf et Pataugas. Douze à treize mille personnes jetées à la rue par l’avidité des fonds de pensions étasuniens et britanniques. Elle nous fait toucher du doigt le cynisme révoltant de ces dirigeants voyous et de leurs complices banksters. Son enquête nous montre aussi le désespoir des « gens de peu », des prolos, des « sans-dents » victimes de ces fonds vautours. Mais attention : le désespoir crée les « desesperados », ceux qui n’ont plus rien à perdre et peuvent succomber à la tentation de faire en sorte que la peur change de camp.

Comment ? Vous n’avez pas d’idée ? Vous n’avez pas d’imagination ? Je vais en avoir pour vous.

 

L’inquiétude commence à faire sournoisement son chemin dans les têtes des membres du conseil d’administration de Beechtree, ce fonds de pension anglo-étasunien propriétaire, après une juteuse L.B.O., du groupe d’habillement Mortarte. Patrick Welle n’a pas donné de nouvelle depuis trois jours. Il n’a pas assisté à la dernière réunion restreinte du fonds consacré aux résultats des « plans sociaux » qu’il a réalisé et qui donne toute satisfaction aux actionnaires. Patrick Welle, ce n’est pas n’importe qui. Dans le milieu, on l’appelle le « grave digger », le fossoyeur. C’est lui qu’on met à la tête des entreprises piratées par le moyen des LBO, avec pour mission de tailler dans la viande : prendre le gras pour les actionnaires et jeter le reste. Le reste, ce sont les usines, les ateliers, les magasins qui ferment, ce sont les ouvriers et les employés mis au chômage, c’est du malheur et du désespoir. Mais ça, Patrick Welle n’en a rien à foutre. S’il faut lourder, il lourde. Sans état d’âme. Au sabre ! Bien des salariés de marques françaises en ont subi les ravages. Mais bien des actionnaires ont bénéficié du résultat de ses coups de sabre.

Mais voilà que Patrick Welle a disparu. Et, à partir du quatrième jour, l’inquiétude tourne à l’anxiété voire à l’angoisse chez les vautours…

Les vautours, Sébastien Laurent les observe. Il arpente, l'œil aux aguets, les vastes plateaux calcaires qui s’effondrent en gigantesques chaos minéraux pour former les gorges du Tarn et de la Jonte, dans le sud de sa Lozère natale. Il a longtemps été chasseur. C’est une tradition familiale. Pas un viandard, plutôt un amoureux de la nature. Et depuis quelques années il a troqué son Verney-Caron pour un Nikon.

Le soleil se lève et la brume monte en filets diaphanes depuis les eaux cristallines de la Jonte qui va bientôt mêler ses eaux à celles du Tarn, au confluent des deux gorges. L’endroit est particulièrement beau. D’une beauté sauvage. La Jonte, dévalant depuis les pentes Nord de l’Aigoual, a creusé sa gorge à travers une montagne aride, sauvage, avec une pauvre végétation rabougrie et plaintive essayant de subsister parmi les escarpements verticaux. C’est la splendeur de la roche rongée par l’opiniâtreté de l’eau, clivée et emportée par les glaces millénaires, avec cet émiettement, cette grandeur dévorée, cette immensité de trous et d’escarpements, cette ruine fondamentale qu’est la montagne. De gigantesques falaises de pierres couleur d’ivoire tombent par des à-pics vertigineux vers les cascades du torrent qui gronde et écume de colère entre les parois resserrées. C’est un endroit qui glace de terreur les plus courageux quand la tempête se déchaîne, que les éclairs strient la gorge de lueurs blêmes et que l’énorme fracas du tonnerre explose et roule entre les murailles de rocs tandis que toute l’eau du ciel s’abat en cataractes. La légende dit d’ailleurs que le diable les habite parfois… C’est là aussi que les grands vautours fauves ont élu domicile.

Les vautours, Sébastien les voient tourner, haut dans l’azur. Puis ils plongent tous en piqué et disparaissent derrière le bord de la falaise. Sébastien approche lentement de la cassure minérale et il les voit, regroupés sur une vire calcaire. Ils ont dû trouver la carcasse d’une chèvre tombée là, pense l’homme. Voilà de belles photos à faire ! Seb retrouve ses instincts de chasseur et, se confondant avec la roche, s’approche du bord du plateau, à moins de cent mètres du redan rocheux où les vautours se disputent les restes de ce qui fut une vie. Il sort ses petites jumelles et regarde. Les vautours plongent leur cou pelé dans l’intérieur de la carcasse pour en extraire les viscères, les parties les plus savoureuses pour eux. Ils en sortent les tripes qui pendent le long de la falaise en guirlandes irisées sous le soleil. Ils se querellent, étendent leurs grandes ailes, sautillent sur place, arrachent un morceau de viande et s’écartent pour le manger à l’aise, laissant ainsi la place à d’autres. Seb est fasciné par ce spectacle sauvage. Il fixe un long téléobjectif à son Nikon, met l’œil dans son viseur et se lève brutalement, comme piqué par un taon.

Ce qu’il vient de voir change du tout au tout son programme. Au bout de son viseur il a vu, non pas une carcasse de chèvre mais un cadavre humain. Nu. Déchiqueté sans ménagement par les serres et les becs acérés des vautours avides.

Il s’approche sans plus de précaution, faisant fuir les grands oiseaux, toujours farouches et craintifs devant le prédateur suprême. Et il voit les restes d’un cadavre humain. Nu. Aucun vêtement autour. Ce n’est donc pas un accident. Sébastien ne touche à rien, son son iPhone et appelle la gendarmerie…

À Paris, au siège français du fonds de pension Beechtree un livreur vient de remettre un paquet adressé à M.Patrick Welle. Les deux membres du C.A. présents au siège ouvrent le colis et restent saisis de stupeur.

Dans le carton, ils trouvent les vêtements de Patrick Welle ainsi que son portefeuille.

Dans les gorges de la Jonte, les gendarmes de Meyruès trouveront, enfoncé dans la gorge du cadavre, une carte bancaire « Premium » au nom de Patrick Welle.

Dans le milieu sans merci des banksters, la peur va commencer à changer de camp…


Photo X - Droits réservés

 

12/04/2017

Au bistro de la Toile : « On peut ga-gner ! On va ga-gner ! »

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- Bon, Victor. Il va bien falloir s’en choisir un de guignol pour les cinq prochaines années. Pas facile…

- Pour bien choisir, Loulle, on met tous les éléments sur la table. Puis on détermine ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas. Ça, c’est le côté « raison ». Mais il y a aussi le côté passion, impulsif.

- Moi, je ne sais pas encore ce que je veux, mais je sais ce que je ne veux pas.

- C’est déjà ça. Donc tu élimines. Si tu as une culture nationaliste, autoritaire, tendance facho, tu vas éliminer d’autorité Mélenchon, Hamon, Poutou, Arthaud, Lassalle. Si tu as la fibre justice, égalité, ouverture, tu vas éliminer Le Pen, Fillon, Dupont-Aignan, Asselineau, Cheminade, Macron.

- Bon, on retrouve donc le clivage droite-gauche. Rien de nouveau…

- Si, il y a du nouveau. Les sondages – qui valent ce qu’ils valent mais qui donnent tout de même de grandes indications – montrent un rejet de ceux qui représentent les partis en place, soit Fillon pour LR et Hamon pour le PS. À partir de là, pour bien choisir, il faut revenir à la règle du jeu de cette élection. La Présidentielle est impitoyable. On n’est pas aux Jeux Olympique où il suffit de participer. Il n’y a pas de podium, pas de places d’honneur. Il n’y a que deux sélectionnés au premier tour, et un seul vainqueur au second. Donc ton choix doit être efficace, sinon il ne servira à rien. L’éventail se referme dès lors considérablement. Par ordre alphabétique : Fillpn, Le Pen, Macron, Mélenchon. Tous les autres ne peuvent que neutraliser ton bulletin. Sauf à seulement vouloir faire un vote de témoignage. Après, à toi de voir selon tes affinités.

- Selon ta théorie du rejet des partis « de gouvernement », on peut encore éliminer Fillon, ancien Premier ministre et Macron, ancien ministre. Resterait donc en finale Mélenchon et Le Pen ?

- C’est une hypothèse qui n’est plus à prendre à la rigolade.

- Il y a aussi un truc qui me gonfle les aliboffis, c’est cette acceptation fataliste du fait Le Pen. Les médias comme les candidats semblent avoir accepté l’inéluctable victoire de Le Pen au soir du premier tour ! Ils poulidorisent tous. C’est incroyable comme attitude, non ?

- Je suis bien d’accord avec toi, Loulle. Ils semblent tellement sûrs que Le Pen ne franchira jamais le « plafond de verre » des 50 % au second tour, qu’ils se foutent comme de leur première magouille du fait qu’elle puisse virer en tête, ce qui donne pourtant un avantage psychologique évident. Personne, ou pas grand monde, ne souligne les magouilles de cette PME familiale qui prospère sur les embrouilles. Personne ne met en avant son lourd héritage collabo. Personne ne met en évidence que c’est chez les quelques élus de ce parti que l’on trouve le plus de « mis en examen ». Personne ne parle de son programme bâti sur des mensonges : le programme social volé à Mélenchon et qui ne sera évidemment jamais mis en oeuvre, une sortie de l’Europe qui renverrait la France au niveau du Montenegro. Personne ne met en garde contre le bouton nucléaire mis dans les mains de la Führere.

- Alors, le vote « efficace », c’est quoi ?

- Si tu es tendance facho, c’est Le Pen. Si tu es tendance ultralibérale, c’est Macron. Si tu es de gauche, c’est Mélenchon.

- Tu crois qu’il pourrait arriver en finale ?

- Oui. Sans être d’un optimisme béat, c’est fort plausible. À une condition : que les électeurs fassent par leur bulletin ce que les candidats Hamon et Mélenchon n’ont pas fait : l’unité. C’est-à-dire que tous ceux qui voulaient voter pour Hamon – dont le programme était novateur mais qui a été saboté par son propre parti, comme Ségolène jadis – changent leur bulletin pour celui qui sera le seul représentant de la gauche capable de disputer une des deux places en finale aux trois représentants de la droite. C’est d’autant plus jouable, et gagnable que, justement, en face, ils sont trois à se partager les suffrages des électeurs de droite. Une telle conjonction des planètes ne se reproduira pas de sitôt.

- Eh bien, je crois qu’on a bien éclairci les choses, Victor. L’avenir n’est pas si sombre que ça. À la nôtre, je mets ma tournée !

- À la nôtre. Et Banzaï !

 

 

Illustration : merci au regretté Chimulus

 

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Avec ce coquin de printemps

dégustez

élections

 

 

 

 

10/04/2017

Coût de l’attaque Trump en Syrie : 33 millions de repas au Restos du cœur.

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10 morts suite à la destruction, par 59 missiles étasuniens Tomahawks, de la base aérienne syrienne de Shayrat. À noter que pas un avion n’a été touché : ils avaient été évacués avant !

Bravo ! S’exclame la « communauté internationale » (en fait les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France, maintenant lèche-bottes docile des Yankees.)

Prix catalogue d’un missile Tomahawks : 575 000 $. Le prix de revient de ces dix morts est donc de 33 925 000 $ soit au cours du jour 31 889 500 € soit 3 188 950 € pièce. Ce n’est tout de même pas donné l’occis « Trump made », même pour des soldats syriens. Mais l’Oncle Sam est généreux… Cette petite démonstration de force de Trump représente 21 547 mois ou 1 795 années de SMIC français. Ou encore 33 millions de repas au Restos du cœur.

130 morts civils quelques jours avant dans les bombardements de la partie ouest de la ville de Mossoul. Là, ça passe dans la colonne pertes collatérales. Peu d’émotions dans les médias. C’est en Irak, donc les morts, même par centaine, c’est la routine. « Pas vendeur ça, Coco. Tu m’en fais une brève »

40 ou 50 morts dans des églises en Egypte. « Discret Coco, discret, faut pas irriter les patrons du PSG ».

58 morts dans le bombardement de Khan Cheikhoun, petite ville syrienne tenue par les islamistes. Les morts seraient victimes d’une intoxication foudroyante aux gaz.

« Oui, Coco ! C’est bon ça ! Gazés. T’entend Coco ? Gazés. Ça c’est vendeur ! Tu m’en fais la Une. Avec une photo de gosses morts, étendus, presque nus si possible. Fais-moi au Photoshop un montage qui tire les larmes. C’est le buzz assuré. Comme pour le petit Aylan sur une plage turque. Les ventes vont monter, et nos patrons milliardaires seront contents ! »

Haro sur Assad, ce boucher qui massacre son propre peuple. Et qui le gaze en plus !

Pendant que j’écris, j’entends, plus que je n’écoute, ce falot de Ayrault, ministre des affaires étrangères, asséner les vérités de ses maîtres otaniens : aucun doute possible : c’est le régime de Bachar el Assad qui est responsable du massacre chimique de Khan Cheikhoun. Aucune preuve solide mais tous les médias agitent la grosse caisse à manipuler. Ceci avant même qu’une enquête n’ait été diligentée et établisse soit qu’il s’agissait de bombes chargées de gaz toxiques (thèse des Étasuniens et de leurs lèche-bottes), soit de bombes ayant touché un atelier de production de gaz toxiques (thèse des Russes). Aucun journaliste sur place, aucune ONG digne de foi. Des images qui ne prouvent rien.

Les infos viennent de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), une source particulièrement fiable puisque représentée en tout et pour tout par une seule personne courageusement planquée en Angleterre, et qui répercute aux médias de la « communauté internationale » les « fakes » de ses amis égorgeurs islamistes. Derrière l’OSDH, un seul homme : Rami Abdel Rahman, de son vrai nom Ossoma Suleiman, sunnite laïc, membre de l’opposition, qui vit à Coventry en Grande-Bretagne. Il n’a pas mis les pieds en Syrie depuis 2000, date à laquelle il a quitté le pays pour des raisons politiques. Oui mais il y a aussi des autopsies. Sauf qu’elles sont faites par les Turcs de ce grand démocrate d’Erdogan, autre source particulièrement fiable !

Que Assad soit le responsable de ce gazage, c’est possible mais pas prouvé. Le fiston à Hafez est une sombre crapule fort capable du fait. Mais l’action impulsive de Trump - après la comédie de son ambassadrice à l’ONU montrant, des trémolos dans la voix, des photos de gosses gazés – met le monde au bord du gouffre. On se souvient des « preuves » de la possession d’armes « de destructions massives par Saddam Hussein » brandies par les responsables étasuniens à cette même ONU. Mensonges, manipulations soutendus par la volonté de main mise sur les richesses pétrolières de l’Irak.

Ça sent le gaz ! Oui, ça sent le gaz ! Oui mais pas seulement celui des bombes utilisées contre les populations civiles par Assad ou/et par l’État Islamique à Khan Cheikhoun.

La guerre de Syrie est une guerre du gaz. Assad refuse depuis des années le passage d’un gazoduc qatari sur son territoire. Ce gazoduc est destiné à faire concurrence au gaz russe qui alimente largement l’Europe.

Le gaz sera la principale source d’énergie fossile de ce siècle, plus que le pétrole. Or il a été découvert, à partir de 2009, dans la partie Est de la Méditerranée, d’énormes ressources de gaz mais aussi de pétrole de très bonne qualité. Les estimations actuelles font état de 9 700 milliards de m3 de gaz et de 3,4 milliards de barils de pétrole. Planqué sous la mer et sous la terre. Principaux bénéficiaires potentiels : Israël et la Syrie. L’exploitation n’a pas commencé.

Mais ce n’est pas tout. Du gaz et du pétrole, il y en a des millions de barils et de m³ en Russie, en Iran et dans les pays du Golfe. Ce gaz, il faut l’acheminer vers les clients les plus gourmands : les pays européens. La manière la plus rentable, c’est le tuyau, le gazoduc. Mais on ne peut pas faire passer les tuyaux n’importe où. Il faut qu’il traverse des pays « amis ». Or il y a une féroce rivalité entre la Russie et les pays du Golfe (Qatar, Arabie, etc.) sous influence étasunienne pour le passage de ces oléoducs. Les Russes avancent leurs projets Nord Stream, à travers la Baltique et South Stream, à travers la Mer Noire.

Ces projets concurrencent le projet « occidental » Nabucco qui devrait traverser la Syrie et la Turquie. Aucun des projets ne peut être mené à bien dans la situation chaotique du Moyen-Orient. C’est beaucoup de pognon de perdu pour les rapaces pétroliers et gaziers étasuniens, européens et russes. Mais aussi turcs qui voudraient bien prélever leur commission sur le stockage et le passage de tout m³ de gaz qui traverserait son territoire ! Seulement il y a un hic : Bachar el Assad ne veut rien savoir ! Il faut donc détruire ce mauvais coucheur, quitte à détruire son pays. Mais il y a un deuxième hic qui reste en travers de la gorge des oligarques gaziers occidentaux : les Russes. Ceux-ci sont en concurrence directe avec les monarchies du Golfe pour vendre leur pétrole et gaz ainsi que ceux venant d’Azerbaïdjan et d’Iran. Et donc se positionnent en protecteur de Bachar el Assad.

Se greffe sur ces rivalités économiques une composante religieuse, secondaire mais bien réelle. Les pétromonarchies sunnites du Golfe ont une haine viscérale des chiites. D’où leur volonté de détruire la Syrie de Bachar qui est Alaouite (une branche du chiisme).

Le massacre chimique de Khan Cheikhoun fournit à Trump un prétexte inespéré qui lui permet de reprendre pied dans un conflit où son pays n’a pris que des bouffes depuis des mois. Il n’est qu’une excuse pour une intervention militaire. Les actions unilatérales sont des actions impérialistes, et les Etats-Unis se moquent bien du droit international. Ils l’ignorent lorsque cela les arrange. Et puis il faut fournie du travail au complexe militaro-industriel qui fait la pluie et le beau temps dans ce pays qui a besoin de guerres. Les problèmes internationaux entre Etats doivent être résolus par le dialogue et non par les bombardements.

Et nous qu’est-ce qu’on fait dans cette galère ? On joue les supplétifs des Étasuniens. En espérant bénéficier d’avantages tarifaires sur le gaz du Golfe et de contrats d’armes juteux avec les tyrans de ces pays féodaux. Les belles paroles sur les droits-de-l’homme n’ont pas grand-chose à voir avec les affaires… Et Ayrault continue à dégoiser ses konneries. Comment peut-on avoir confié la diplomatie française à se sous-nul ?

Mais alors, Daech ? L’État islamique ? Ils sont gênants mais sont un bon prétexte pour intervenir dans ces régions. Et puis, il faut faire la part du feu : quelques attentats sont bien utiles pour mettre en place un État « musclé » à travers l’état d’urgence…

Mondo cane…

 

Sources :

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2013/08/30/syrie-ca-sent-le-gaz-246283.html

http://www.tdg.ch/monde/poutine-denonce-agression-syrie/story/13567172

http://www.voltairenet.org/article174022.html


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09/04/2017

Gastronomie dominicale épicée et caliente

 

 

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Adrienne.

 

Je n’oublierai jamais les grands yeux d’Adrienne,

Pervenche le matin, lilas au crépuscule,

Lacs bleus où l’on se noie, brasiers où l’on se brûle.

J’en étais amoureux et je la voulais mienne.

 

Le geai de sa crinière, la blancheur de sa peau

Enfiévraient les pensées de mes nuits sans repos.

Je les voulais pour moi ces belles tiédeurs rondes,

Ces courbes satinées et ces vallées profondes,

 

Je rêvais ses parfums, son porte-jarretelles,

Je rêvais plus encor d’effeuiller ses dentelles

Je rêvais de l’avoir pour la nuit, pour la vie,

 

Je me serais damné tant j’en avais envie

Peu m’importait alors de courir à ma perte

Je la voulais à moi, amoureuse et offerte.

 

 

- Eh alors ! Tu l’a eu, Victor, ton Adrienne ?

- Exact ! Je l’ai séduite à la cuisine indienne !

La pièce était tendue de tissus de Madras,

Sur le tapis, des poufs et une table basse,

Un encens très musqué, en volutes diaphanes

Créait une atmosphère de chaude nuit persane,

Ravi Shankar jouait un doux raga du soir.

Tout me semblait propice à combler mes espoirs.

J’ai servi dans les verres une douceur exquise :

Par tiers : menthe poivrée, gin, Beaumes-de-Venise.

A la deuxième coupe, ma compagne avait chaud,

J’ai, pour la rafraîchir, servi le Gaspacho.

Trois tomates, oignon, ail, basilic, persil,

Un demi poivron rouge cuit avant sur le gril

Côtes de céleri débitées en lichettes

Sel, poivre du moulin et piment d’Espelette.

Mixez ces ingrédients avec quelques glaçons

Puis passez au chinois et servez sans cuisson.

Adrienne, à l’issue de cette mise en bouche,

S’alanguit quelque peu, tout en restant farouche.

Alors, pour transformer mon oie blanche en houri,

J’ai servi une bombe : le poulet au curry.

Un beau poulet fermier coupé en six portions

Auquel on fait subir quelques préparations.

Mêlez dans une jatte deux yaourts goût nature

Trois cuillerées à soupe de poudre de curry,

Ou de carry “ Vinday ” ; lissez bien la mixture,

Huile, ail, sel marin et sel de céleri.

Enduisez le poulet avec cet appareil,

Et laissez au frigo, deux, trois heures, en sommeil.

Dans un profond poêlon ou, mieux, un “ wok ” chinois,

Blondissez dans de l’huile ou de la graisse d’oie

Quatre oignons émincés et quatre gousses d’ail.

Quand c’est prêt, rajoutez vos morceaux de volaille,

Saisissez à feu vif en tournant constamment.

Lorsque c’est coloré, mouillez abondamment

Avec de l’eau salé dans laquelle a trempé

De la noix de coco en copeaux ou râpée.

Couvrez et laissez cuire doucement, à feu doux

Quarante cinq minutes, sans découvrir surtout.

Pelez et découpez quelques pommes de terre,

Découvrez et posez vos tranches maraîchères

Sur les bouts de poulet, dans le jus qui frémi,

Tout doit être immergé, et non pas à demi.

Laissez cuire à feu doux pour un quart d’heure encor

Puis vous servez très chaud ce plat subtil et fort.

A Delhi, à Bombay ou à Pondichéry

On mange avec les doigts, mais si votre chéri(e)

Répugne à se servir de ses mains dans l’assiette,

Prévoyez tout de même le couteau, la fourchette.

N’oubliez pas surtout de mettre un rince-doigts,

Un seul, car il permet quelques contacts courtois,

Préludant ces élans de plus grande tendresse

Qui guident la passion, entre amant et maîtresse.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

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08/04/2017

Ouiquinde érotique avec Charles Timoléon

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Le Gaude Michi

 

L'on m'a dit que, le plus souvent,
L'amour vous contraint, en dormant,
De faire à l'envers la grenouille ;
La nuit sait vos ardants regrets,
Et les doux mystères secrets
De votre doigt qui vous chatouille.

Mais, je me plains que, tout le jour,
Fuyant même le nom d'Amour,
Vous contrefaites la doucette,
Cependant que, toute la nuit,
Vous prenez un nouveau déduit
Avec un manche d'épousette.

Mais un clou qui se détacha,
Ces jours passés vous écorcha,
Dont vous faites si triste mine
Que vous allez tout dédaignant
Et ne pouvez plus maintenant,
Tenir le cours de votre urine.

Une autrefois, il faut choisir
Le temps, le lieu, et le plaisir
De vous caresser à votre aise ;
Usant de ces bâtons polis
Dont l'on rehausse les gros plis
Et les bouillons de votre fraise.

Ceux de velours ne coulent pas,
Ceux de satin deviennent gras,
Et sont rudes à la couture ;
Ceux de verre, par un malheur,
S'ils se cassaient, en la chaleur,
Vous pourraient gâter la nature.

Si vous en prenez un de fer,
Avant qu'il se puisse échauffer
Il ne fera rien qui vous plaise ;
Mais je me trope en cet endroit,
Car aussitôt il se fondroit
Comme dedans une fournaise.

Il vaudrait bien mieux pratiquer
L'amour même, sans se moquer,
Sans aimer l'ombre de son ombre,
Et sans, par un ébat nouveau,
Vous jouer de quelque naveau
Ou d'un avorton de concombre.

Ce n'est pas ainsi qu'il vous faut
Contenter cet endroit si chaud
Qui d'une feinte ne s'abuse,
Et qui pourrait, en un instant,
Allumer dans un régiment
Toutes les mêches d'harquebuse ; 

Ni se tromper de la façon
De celle qui, pour un garçon,
Embrassait souvent une femme,
Et qui mourant de trop aimer,
Ne trouva qu'au fond de la mer
Un remède à sa chaude flamme.

Vous n'attendez qu'un mari neuf,
Quelque veau pour devenir bœuf,
Qui vous ôte ce faux nom de fille,
Et, en tenant clos votre vallon,
Craignant l'enflure du ballon,
Vous vous ébattez d'une quille.

Mais qui que ce soit le sot né,
Votre mari prédestiné,
Bien qu'il ne soit qu'une bête,
Heureux il sera, le cocu,
Oui bien, si vous avez le cul
Aussi léger comme la tête !


Charles Timoléon de Beauxoncles (1609)

 

 

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06/04/2017

Les multinationales à l’assaut des États

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Pendant les péripéties électorales, les affaires continuent. Non, il ne s’agit pas des « affaires » glauques de M.Fillon ou de Mme Le Pen mais des Affaires, les vraies, celles de ceux qui tirent les ficelles de ces marionnettes. Et ces affaires-là sentent surtout le pétrole.

Les firmes multinationales ont-elles encore un quelconque intérêt à ménager les États ? De moins en moins avec la primauté politique actuelle des gouvernements ultralibéraux qui sévissent de par le monde dit démocratique. Ces pays sont gérés – et non plus gouvernés – par les politiciens véreux dont les banksters et les multinationales agitent les ficelles. Ces derniers n’hésitent pas à ruiner des pays, à saccager la planète voire à déclencher des guerres afin de satisfaire leur avidité de profit à court terme.

Quelques exemples ? La guerre de Syrie, sous le faux nez d’un conflit religieux, est sous-tendue par le passage ou non de gazoducs et d’oléoducs. Le gaz est devenu, plus encore que le pétrole, la principale source d’énergie en ce XXIe siècle, que ce soit comme solution de rechange au pétrole en raison de la diminution des réserves, ou comme source d’énergie propre. Par conséquent, le contrôle des zones gazières du monde par les différentes puissances anciennes ou émergentes est à la base d’un conflit international dont la manifestation est régionale. Actuellement le potentiel du pouvoir ne réside plus dans l’arsenal militaire nucléaire, mais plutôt là où se trouvent les ports d’exportation de l’énergie. Et, c’est ce qui explique le mieux la rivalité russo-américaine au Moyen-Orient. Projet de création des ouvrages de transport de produits pétroliers et gaziers North Stream et South Stream pour les Russes, projet concurrent Nabucco pour les Étasuniens.

Autres exemples ? La mise sous tutelle des États à travers les mécanismes de résolution des litiges État investisseurs, ou ISDS (pour Investor-State Dispute Settlement, en anglais). L’arbitrage signifie que deux entreprises, en désaccord sur un sujet, soumettent leur litige à un jury commercial, qu’elles désignent elles-mêmes, pour juger laquelle des deux a raison selon les termes du contrat qui les lie. Mais par le même mécanisme les investisseurs peuvent poursuivre un État s’ils estiment avoir été traités de manière inéquitable. Les multinationales se voient ainsi donner le pouvoir sans précédent d’échapper aux lois, à travers une sorte de système de justice privatisée contre lequel aucun appel n’est possible.

Ainsi, l’Italie est poursuivie devant un tribunal d’arbitrage international par Rockhopper Exploration, une compagnie britannique pétrolière et gazière qui lui réclame des dommages et intérêts. En cause : l’interdiction votée par le Parlement italien en janvier 2016 de toute nouvelle activité d’exploration et de production à moins de 12 mille marins de la côte, soit une vingtaine de kilomètres. Mais attention, la multinationale ne poursuit pas l’État italien devant un tribunal d’arbitrage international pour des dommages concernant des investissements déjà effectués mais pour « des dommages financiers très importants » sur la base de ses potentiels futurs profits et non des investissements passés !

Ce type de demandes de compensation de la part de multinationales se multiplie, en particulier sur le pétrole, le gaz ou l’exploitation minière, des secteurs que tentent d’encadrer les législations environnementales et de protection des travailleurs. En Europe, le géant suédois de l’énergie Vattenfall réclame plus de 3,7 milliards d’euros à l’Allemagne en compensation de sa décision de sortir du nucléaire.

Ces situations ubuesques sont de puissants leviers pour intimider un État qui menacerait les intérêts des tentaculaires compagnies multinationales et leurs complices financiers. Elles s’appuient sur un discret mécanisme mis en place pour régler les litiges entre États et investisseurs : l’« ISDS », pour Investor-State Dispute Settlement, intégré dans tous les traités commerciaux, dont celui en négociation entre l’Europe et les États-Unis (Tafta) et celui signé avec le Canada, le Ceta. Les multinationales bénéficient ainsi, à travers ce mécanisme, d’un pouvoir sans précédent pour échapper aux lois.

Cette privatisation de la justice, au seul profit des entreprises et au détriment des peuples et des États qu’ils se sont choisis, est scandaleuse. Elle est rejetée par toutes les populations formant l’U.E.

Dans les faits, à travers de telles juridictions privées, composées d’avocats d’affaires et de juristes au service des entreprises, les multinationales peuvent attaquer un gouvernement qui, prendrait, par exemple, des décisions contre le tabagisme, et réclamer des sommes fabuleuses pour « compenser » leur manque à gagner.

En creusant la question, on découvre qu’un pays européen est devenu la plaque tournante de très nombreuses procédures des multinationales contre les États. Ce pays, c’est les Pays-Bas. Celui-ci abrite un maximum de sièges sociaux fictifs ou non et de filiales sans activités réelles d’entreprises transnationales. Ces firmes signent discrètement un traité d’investissement avec les Pays-Bas qui prévoit la possibilité, pour tous les investisseurs néerlandais qui auraient l’impression de ne pas avoir été traités de manière équitable par leur pays hôte, de le convoquer devant un jury d’arbitrage. Une procédure qui s’inscrit dans le cadre de la Banque mondiale.

Les Pays-Bas sont ainsi devenus le pays d’origine du plus grand nombre de procédures ISDS. Pas moins de 16 % des cas soumis au cours de l’année 2014 l’ont été par des firmes néerlandaises. « Néerlandais » est toutefois un terme relatif dans ce contexte. L’analyse détaillée de ces investisseurs montre que plus des deux tiers sont des filiales fantômes, n’existant que sous la forme de boîtes à lettres. Seulement une sur six est véritablement néerlandaise.

N’y a-t-il pas là des questions impératives à résoudre afin que l’Europe cesse d’être un machin détesté par les populations pour redevenir un formidable espoir ?

Entendez-vous, dans les carcagnages entre candidats, ce genre de questions être débattues ?

Non. Jamais. L’important, c’est que Poutou n’ait pas de cravate…

 

Sources:

http://www.bastamag.net/Une-multinationale-petroliere-pou...

http://www.bastamag.net/1-5-Quand-des-multinationales-s-a...

http://www.bastamag.net/Ce-petit-milieu-d-avocats-d-affai...

 

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03/04/2017

La (molle) chasse aux évadés fiscaux.

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On estime les diverses fraudes fiscales entre 80 et 100 milliards d'euros par an. Largement plus que le déficit du pays ! Plus que le budget de l'éducation et de la défense réunis !

Il y a bien sûr les transactions payés en liquide. Faciles et efficaces pour squizer la TVA.

Il y a le bon vieux système éprouvé des fausses factures : on gonfle les frais déductibles afin de réduire le revenu imposable.

Plus sophistiquée, il y a la fraude basée sur la double comptabilité : une caisse officielle, avec factures à l’appui, et une caisse noire, pour les transactions « effacées ». Ils sont désormais aidés par des logiciels, phantomwares ou zappers, installés dans les caisses enregistreuses (des pharmaciens se sont fait épinglés récemment pour cette juteuse innovation) mais aussi dans les systèmes de gestion ; ces logiciels rufians « allègent » automatiquement la comptabilité officielle.

Nouvelle venue au monde de l'évasion, l’économie dite collaborative, genre les transactions à travers des sites comme Le Bon Coin, Ebay, Amazon, Airbnb, Blablacar, etc. Comment établirl a réalité d’une activité économique ? À quel moment un vendeur occasionnel sur ces sites devient-il un professionnel du commerce en ligne ?

Mais tout ça, c'est de l'entrée de gamme. Il y a mieux, parce que jouant sur d'autres montants, ce sont les magouilles des multinationales. Une des combines de ces compagnies mondialisées s'appuie sur les « prix de transferts ». Il s'agit de transferts de pognon entre filiales d'une même multinationale installée dans le monde entier. Cette pratique implique une sur-tarification délibérée des importations ou une sous-tarification des exportations des biens et des services entre les filiales. Ainsi, en affectant des tarifs « pittoresques » à divers services et produits échangées entre ces filiales, les multinationales s'arrangent pour être déficitaires ou très peu bénéficiaires dans les pays à fort taux d'imposition, et ainsi faire passer l'essentiel de leurs bénéfices dans des pays « accueillants » en matière fiscale. Ainsi, Apple, Google, Dell, IBM, Starbucks, MacDo, mais aussi Ikea, Zara, Vodafone et autres multinationales reversent la quasi-totalité de leurs bénéfices effectués en France, en Allemagne, en Italie et dans toute l'U.E., sous forme de « royalties », à leur filiale Irlandaise dans laquelle elles concentrent la propriété des brevets et donc de tous les droits d'utilisation. Et voilà comment je t'embrouille !

Mais il n'y a pas que l'Irlande comme état-pirate en Europe, les Pays-Bas et surtout le Luxembourg – pays de Junker – en sont d'autres, et pas des moindres. Le Luxembourg concentre les sièges ou les filiales financières de beaucoup d'entreprises multinationales, et par des accords secrets entre l’État luxembourgeois (mais aussi hollandais, belge, britannique) et ces multinationales (les « tax ruling »), se montre très accommodant sur les taxations...

Bon. Et nos candidats à la présidence, qu'est-ce qu'ils en pensent de tout ça ?

Le plus rugueux est, évidemment, Mélenchon. Il veut obliger les entreprises à déclarer leurs résultats pays par pays et taxer les bénéfices des entreprises là où ils sont réalisés, organiser le blocus des paradis fiscaux et faire sauter le fameux « verrou de Bercy ?

Hamon, lui,veut renforcer les moyens du Parquet national financier (PNF) ainsi que ceux des services fiscaux. Il veut aussi établir une liste "crédible" des paradis fiscaux, et instaurer une taxe sur les bénéfices détournés par les multinationales.

Le Pen veut priver d’accès aux marchés publics les multinationales qui pratiquent "l’évitement fiscal" ; et surtout, elle souhaite dénoncer les conventions fiscales avec les pays du Golfe qui facilitent selon elle le contrôle de l’économie française.

Cheminade veut supprimer le « verrou de Bercy » (cette aberration qui fait qu'un procureur ne peut pas attaquer une entreprise pour fraude sans passer par le feu vert – on le barrage – du ministre de l'économie), renforcer les moyens du Parquet national financier et réintégrer la fraude fiscale dans le droit commun pénal.

Ce n'est bien sûr ni chez Fillon, ni chez Macron, les marionnettes du Medef, qu'il fut chercher des solutions à l'évasion fiscale.

Par ailleurs, le Brexit fait aussi planer le déclenchement d'une guerre à la baisse de l'impôt sur les sociétés au sein de l'union Européenne. Avec pour corolaire obligatoire une plus grande pression fiscale sur...les citoyens, bien sûr.

Ainsi avec notre petit bulletin, dans quelques semaines, nous pourrons choisir celui qui luttera le mieux contre ce vol organisé qu'est l'évasion fiscale


Illustration: merci à Charb, assassiné pour sa passion de la vérité

02/04/2017

Ouiquinde gastronomique : La truffade de morue

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Avoir du poisson frais, aujourd'hui est banal

Même si l'on habite loin du littoral.

Cependant bien souvent, dans les grandes surfaces,

Le frais est remplacé par le froid de la glace,

Si bien que pour le nez, l'étal du poissonnier

Fait penser que le « pei » (1) a dû venir à pieds !

Avant l'avènement du sous-vide attrayant,

Du surgelé vainqueur, du frigo triomphant,

Le seul poisson des provençaux de l'intérieur

N'était pas le plus cher, n'était pas le meilleur,

C'était la « merlusso » (2), c'était la morue sèche

Que les rudes bretons faisant la Grande Pêche

Venaient, par tombereaux, troquer contre le sel

À Salin-de-Giraud, Aigues-Mortes ou Lunel.

Ah ! il fallait les voir tous ces rugueux rouliers

Descendant en convois par chemins et halliers,

Poussant à coups de gueule, coups de fouets, coups de pieds,

Leurs grands chevaux fumants tractant leurs lourds fardiers.

Quand les jours étaient longs et qu'ils étaient pressés,

Ils dormaient à la dure, dehors, dans les fossés,

Et lorsqu'ils emplissaient les auberges routières

Pour boire et pour bâfrer, pour rire sans manière,

Ces hommes au sang chaud et à la poigne leste

Jouaient du poing, du fouet pour la moindre conteste.

Les convois descendant amenaient la morue

Fournie par la Bretagne et ses marins bourrus.

Les convois remontant en un grand carrousel

Vers les ports océans étaient chargés de sel.

De ce commerce ancien sont nées des accointances

Entre gens de Bretagne et gens de la Provence.

C'est ainsi que naquit la morue en truffade

La « merlusso'n raïto » " (3) ainsi que la brandade.

 

Fais dessaler, petit, une morue épaisse

Vingt-quatre heures au moins en changeant l'eau trois fois,

Ôte peau, cartilage avec délicatesse,

Puis tu coupes, en portions, mais en faisant bon poids.

Dans de l'huile d'olive tu feras revenir

Deux oignons émincés sans les faire roussir,

Ajoute trois tomates pelées, mondées, hachées

Trois belles gousses d'ail, du thym et du laurier

Du poivre du moulin, safran, zeste d'orange,

Mais surtout pas de sel. Tourne bien ce mélange

Qu'après tu vas mouiller avec deux litres d'eau.

Ajoute douze « truffo » (4) coupées grosso-modo.

Les « truffo » par chez nous sont les pommes-de-terre,

Les véritables truffes, elles, sont les « rabasso » (5),

Joie des meilleurs gourmets ainsi que des pourceaux,

Et des chiens « rabassié » (6) qui les sentent sous terre.

Tu fais cuire à feu vif, surveille la cuisson

De tes pommes-de-terre. Goûte. Lorsqu'elles sont

Cuites à mi-parcours, avec une écumoire

Tu déposes dessus tes morceaux de morue.

Complète la cuisson à feu vif maintenu

Tu rectifies en goût, un canon tu vas boire.

Tu sers dans chaque assiette la morue, les patates,

Tu purges le bouillon de tous ses aromates

Et tu le sers à part, en soupière fumante.

Enjolive ton plat de façon élégante

En piquant ça et là quelques brins de persil.

Qui l'agrémenteront de leur parfum subtil.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

(1) Pei : poisson. (2) Merlusso :  morue. (3) Merlusso'n raito : morue aux pommes-de-terre. (4) Truffo : pommes-de-terre (on dit aussi « tartifles »). (5) Rabasso :  truffes véritables (melanosporum).

(6) Chiens rabassié : chiens truffiers.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 1 morue sèche de 600 g environ, - 3 cuillerées d'huile d'olive, - 2 oignons émincés, - 3 tomates, - 3 ou 4 gousses d'ail triées, - thym, - laurier, ­safran, - poivre, - zeste d'orange, - 12 pommes de terres, - 3 branches de persil plat.

 

Les vins conseillés:

Tous les vins rosés. En vallée du Rhône: Tavel, Lirac, Jonquières-St.­Vincent, Chusclan, Ventoux, Luberon, Valréas, Roaix, Gaujac, Domazan, St- Victor-la-Coste, Remoulins.

En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Saint-Drézery, Saint-ChristoL

En vins de Provence: Côtes-de-Provence, Coteaux varois.

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

Il y a une paillotte près de l’étang du Vaccarès, en Camargue. Il se dit qu’un énorme monstre hante cet étang.

 

Un touriste questionne un vieux gardian :

-          Il parait qu’un monstre hante ces eaux. Quand apparait-il généralement ?

-          Ça dépend, mais c’est souvent après le septième ou le huitième pastaga !

 

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Excitez votre curiosité :

 

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