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24/07/2017

Tour de France : le sourire de Marion !

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Je suis accro. Au tour de France. Lorsque j'étais miston, j'étais Bobet ou Rivière appuyant comme un fada sur les pédales de ma vieille cranque. Mes potes étaient Kubler ou Van Stenberguen, certains osaient même être Fausto Copi, le dieu ! Les résultats du jour étaient affichés dans tous les bistros du pays. Il n'y avait pas la télé mais on écoutait, béats, les retransmissions de Georges Briquet. J'ai vu Bobet gagner à Avignon, sur les Allées de Loulle, devant Malléjac, après avoir battu tous ses concurrents dans la montée du Ventoux. Plus tard, jeune journaliste, j'ai suivi de près le drame de Simpson crevant sous le soleil menteur de ce même Ventoux et j'ai eu la chance et l'honneur de boire des canons avec Antoine Blondin et René Fallet. Bref, j'ai toujours été accro à cette formidable aventure qu'est le Tour de France.

Eh bien depuis plusieurs années, le Tour me gonflait les aliboffis. Pire, il m'emmerdait profondément tellement il était devenu soporifique, prévisible, sans surprise. Cette année, on a un peu plus vibré. Par le talent de quelques jeunots sans complexes comme Calméjane, Bargill, Bardet. Mais aussi par le panache de Contador n'hésitant pas à se lancer dans les Pyrénées à une grande aventure hélas pas couronnée de succès.

Heureusement il reste ce formidable survol de notre beau pays, et des pays limitrophes visités. Au fait, et si le Tour, je veux dire la course, n'était plus qu'un prétexte pour faire découvrir au monde entier les paysages somptueux de notre beau pays, filmés avec des débauches de moyens, nous faire découvrir des lieux discrets, retrouver, d'une année sur l'autre, des stars du paysage français comme le Mont-St-Michel, les Gorges de l'Ardèche ou le Mont-Blanc, cette année Foix et l'Ariège si chère à mon coeur, Marseille la somptueuse rebelle, les grandes cathédrales, les châteaux chargés d'histoire, s'extasier devant la beauté intimidante des grandes montagnes, lieux mystérieux entre tous, où se forgent les légendes.

Oui mais… Et la course ?

Le Tour, c'est aussi et surtout une grande caravane publicitaire, un outil gigantesque de bourrage de crâne commercial camouflé derrière un raout folklorique et festif. Pourquoi pas ? Mais le sport la-dedans ?

Le sport ? La course ?

Elle se résume à une confrontation plus ou moins virulente entre quelques équipes qui sont des machines de guerre au seul service du lideur, du chef. Il y a celles qui jouent en première division, les Sky de Froome, la seule réelle cette année. Puis il y a les autres...

Les Sky, c'est en budget (35 millions) près du double de celui de l'Agence mondiale antidopage (AMA) !

Cette équipe est là pour gagner, pas pour soulever l’enthousiasme, encore moins pour faire rêver. Le Tour, pour eux, c'est du business. Il faut gagner, et tous les moyens sont bons.

Les moyens organisationnels : embaucher les meilleurs coureurs qui doivent dès lors, moyennant des salaires conséquents (six millions par an pour Froom), renoncer à toute ambition sportive individuelle pour se mettre au service exclusif de leur lideur. Ainsi, l'Espagnol Landa au service de Froom alors qu'il aurait fort bien pu gagner le Tour. Ces machines à rouler tuent la course en neutralisant toute tentative de bagarre. C'est ce qui se passe sur les étapes de plat où les machines à rouler se mettent au service du sprinter maison, c'est aussi ce qui se passe dans tous les cols. Et puis ces sordides « oreillettes » qui enlèvent toute initiative aux coureurs...

Plus de grandes chevauchés solitaires, plus de Koblet tenant – seul - à distance, pendant 140 kilomètres une meute de poursuivants ayant nom Bobet, Coppi, Ockers, Kubler, excusez du peu, lors d'une étape de légende entre Brive et Agen. Plus de Fausto Coppi et de Gino Bartali arrivant au pied des Alpes avec 30 minutes de retard sur le maillot jaune et prenant le maillot le soir. Plus de Bobet attaquant dans Vars, soutenu dans la Vallée du Guil par son fidèle Deledda parti dès le départ de Gap, puis réussissant une formidable chevauchée solitaire, survolant les terribles cols de Vars et d'Izoard.

Cette année, on s'est enthousiasmé de la chevauchée victorieuse de Barguil, mais la bagarre a commencé seulement juste un peu avant la Casse déserte… Avec des « écarts » se comptant en quelques secondes. Bof...

Les moyens physiologiques : on se demande pourquoi ces gaillards sportifs jeunes, en pleine forme, ont besoin d'être suivis par des escouades de « médecins »... Le soupçon (??!!) de dopage est toujours là. Comme dans tous les sports professionnels d'ailleurs, football, tennis, rugby, athlétisme et autres. Pourquoi les autobus des grosses équipes sont-ils protégés par des vitres fumées et fermés comme des coffre-forts ? Les voleurs ayant toujours une longueur d'avance sur les gendarmes, beaucoup de traitement sont indétectables. Les « médecins » sont là pour faire en sorte que les coureurs « traités » respectent les périodes d'incubation, que les « traitements » se fassent dans des périodes précises avant les courses, que les éventuelles auto transfusions de sang se fassent dans la plus grande discrétion. Pas vu, pas pris. Et seuls les crétins se font prendre. Et pas question de balancer ! Sinon les lendemains seront durs pour la balance. Pareil pour les anciens champions s'ils ne veulent pas être éjectés du milieu qui est toute leur vie... Quant aux médias, les journalistes « sportifs » restent désespérément discret à ce sujet…

Le vainqueur, Froom, gagne sans avoir remporté la moindre étape. Sympathique et talentueux au demeurant ce coureur, qui fait l'effort de parler le français, chose très rare chez les anglophones. Mais un comportement de comptable… On peut s'étonner qu'un champion de cette classe n'ait cette année, gagné aucune course. Comme s'il avait été programmé pour être au top de sa forme uniquement pendant les trois semaines du Tour… Pas avant, pas après.

Les moyens techniques : Cette année, il y a commissaires à moto qui, paraît-il, détectent au moyen d'étranges tablettes, les éventuels moteurs électriques. Il est vrai que cette année, on n'a pas encore vu Froome faire comme dans la montée vers la Pierre-Saint-Martin, lorsqu'il a démarré comme s'il avait une mobylette ! Comme il l'avait fait au Ventoux en 2013. Ça donne à réfléchir. Les vélos peuvent être changés sans contrôle en cours de course. Ils sont rarement vérifiés à l'arrivée où, dans la cohue, il est très facile de remplacer un vélo « motorisé » par un vélo « propre »… Cette année, paraît que ça n'existe pas. On veut bien le croire.

Est-ce vraiment nouveau ? C'était mieux avant ? Plus propre ? Ça faisait rêver ? Le rêve n'a plus de raison d'être dans le monde du fric-roi. Et puis soyons honnêtes : où sont les champions, les « campionissimi » d'avant ? La plupart sont...morts, jeunes ! Bobet : mort. Coppi : mort. Koblet : mort. Anquetil : mort. Fignon : mort. Etc. Restent tout de même Poulidor, Thevenet et Mercx. Il faut croire qu'ils sont plus solides que les autres…

Oui mais cette année, on a eu droit à la télé à une princesse de la petite-reine, la lumineuse Marion Rousse ! Madame Galopin dans la vie civile. Compétence, humour, sérieux dans ses commentaires. Et pour cause : ancienne championne de France de cyclisme féminin, elle a reconnu avec son champion d'époux – Tony Galopin – plusieurs étapes, et plusieurs cols.

Votre sourire, jolie Marion, a éclaboussé de bonheur ce Tour de France ! Mille mercis.


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