Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

13/12/2017

Grandes voix : Tidiane N’Diaye sur la traite négrière.

le génocide voilé.jpeg

 

Alors qu’on semble découvrir l’esclavagisme en Libye, une lecture édifiante : « Le génocide voilé » de Tidiane N’Diaye.

« Les Arabes au cours de leurs mouvements de conquête, ont d’abord pris, soumis et islamisé l’Afrique du Nord, avant de se diriger vers l’Espagne. Dans ce pays, ils développèrent une brillante civilisation, symbolisée par les émirats et califats de Cordoue. Puis, à leur retour en Afrique, dans une nouvelle vague d’islamisation des peuples, ils amenèrent avec eux une cascade de malheurs. Sous l’avancée arabe, la survie était un véritable défi pour les populations. Des millions d’Africains furent razziés, massacrés ou capturés, castrés et déportés vers le monde arabo-musulman.

Cela dans des conditions inhumaines, par caravanes à travers le Sahara ou par mer, à partir des comptoirs à chair humaine de l’Afrique orientale. Telle était en réalité la première entreprise de la majorité des Arabes qui islamisaient les peuples africains, en se faisant passer pour des piliers de la foi et les modèles des croyants. Ils allaient souvent de contrée en contrée, le Coran d » une main, le couteau à eunuque de l’autre, menant hypocritement une « vie de prière », ne prononçant pas une parole sans invoquer Allah et les hadiths de son Prophète.

Beaux et nobles principes en vérité, mais que foulaient aux pieds - avec quelle allégresse, quelle indignité et quelle mauvaise foi ! - ces négriers arabes, qui mettaient l’Afrique à feu et à sang. Car derrière ce prétexte religieux, ils commettaient les crimes les plus révoltants et les cruautés les plus atroces. Cela fit dire à Édouard Guillaumet : « Quel malheur pour l’Afrique, le jour ou les Arabes ont mis les pieds dans l’intérieur. Car avec eux ont pénétré et leur religion et leur mépris du Nègre. »

Si de nos jours, pour ce qui est de l’islamisation de peuples africains, dans la plupart des pays, la religion du prophète Mohamed - avec son prestige social et intellectuel – a fait d’énormes concessions aux traditions ancestrales en s’intégrant harmonieusement sans détruire les cultures et les langues, il n’en a pas toujours été ainsi : l’histoire de ces Arabes qui plongèrent les peuples noirs dans les ténèbres fut surtout celle du mal absolu.

Alors que la traite transatlantique a duré quatre siècles, c’est pendant treize siècles sans interruption que les Arabes ont razzié l’Afrique subsaharienne.

La plupart des millions d » hommes qu’ils sont déportés ont disparu du fait des traitements inhumain et de la castration généralisée.

La traite négrière arabo-musulmane a commencé lorsque l’émir et général arabe Abdallah ben Saïd a imposé aux Soudanais un bakht (accord), conclu en 652, les obligeant à livrer annuellement des centaines d’esclaves. La majorité de ces hommes était prélevée sur les populations du Darfour. Et ce fut le point de départ d’une énorme ponction humaine, qui devait s’arrêter officiellement au début du XX° siècle

Cette douloureuse page de l’histoire des peuples noirs n’est apparemment pas définitivement tournée. Au lendemain du second conflit mondial et de la découverte des horreurs de la Shoah, l’humanité a pris la mesure exacte de la cruauté de l’homme et de la fragilité de sa condition. Sous le choc, la communauté internationale déclara, en l’espèce d’un célèbre et mémorable never again, que plus jamais elle ne laisserait de tels événements se produire. Il apparaîtra d’autant plus absurde aux historiens du futur qu’en ce début du XXI° siècle, au Soudan, se déroule une véritable entreprise de nettoyage ethnique des populations du Darfour.

En avril 1996, l’envoyé spécial des Nations unies pour le Soudan faisait déjà état d’une « augmentation effrayante de l’esclavagisme, du commerce des esclaves et du travail forcé au Soudan ». En juin de la même année, deux journalistes du Baltimore Sun, qui s’étaient également introduits dans ce pays, écrivaient dans un article intitulé « Deux témoins de l’esclavage » qu’ils avaient réussi à acheter des jeunes filles esclaves, pour les affranchir. Décidément, du Darfour VII° siècle au Darfour XXI° siècle, l » horreur continue avec cette fois le nettoyage ethnique en plus.

Il serait grand temps que la génocidaire traite négrière arabo-musulmane soit examinée et versée au débat, au même titre que la ponction transatlantique. Car, bien qu’il n » existe pas de degrés dans l » horreur ni de monopole de la cruauté, on peut soutenir, sans risque de se tromper, que le commerce négrier arabo-musulman et les djihads (guerres saintes) provoqués par ses impitoyables prédateurs pour se procurer des captifs furent pour l’Afrique noire bien plus dévastateurs que la traite transatlantique. Et ce, encore sous nos yeux aujourd’hui (janvier 2008), avec son lot de massacres, avec son génocide à ciel ouvert. »

TIDIANE N’DIAYE

Écrivain et anthropologue d'origine franco-sénégalaise, Tidiane N`Diaye vit en Guadeloupe, ou il travaille comme économiste à l’lnsee. Il est également directeur de recherches à Sup de Co Caraïbes. Auteur de nombreuses études économiques et sociales sur les départements français d’Amérique et de plusieurs ouvrages sur les civilisations négro-africaines, il a déjà publié dans la collection « Continents Noirs », aux Éditions Gallimard, quatre « enquêtes historiques » : Les Falachas, Nègres errants du peuple juif (2004), Le génocide voilé (2008), Par-delà les ténèbres blanches (2010), Le jaune et le noir (2013) et L’appel de la lune (2017).

https://www.laboutiqueafricavivre.com/livres/216-le-genoc...

https://www.youtube.com/watch?v=FhJH4O5lISk

 

Photo X - Droits réservés

 

11/12/2017

Lactalis dans la tourmente. #balancetavache !

SalmonellaNIAID.jpg

Le gouvernement a annoncé un retrait massif de laits infantiles fabriqués par le groupe Lactalis en raison d’un risque de contamination par des salmonelles. Bercy a annoncé dimanche dans un communiqué une extension des mesures de retrait et rappel de produits de nutrition infantile fabriqués par le groupe laitier Lactalis à Craon (Mayenne), La liste des références concernées est disponible sur www.solidarites-sante.gouv.fr. Et surtout là : http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/liste_des_refere...

Les quantités concernées sont « énormes », a reconnu un porte-parole de Lactalis, qui se présente comme « leader mondial des produits laitiers », mais visiblement pas au top s’agissant de la sécurité de la chaîne de production si l’on en croit Bercy, qui explique dans son communiqué que les mesures prises par le groupe depuis le 2 décembre ne sont « pas de nature à maîtriser le risque de contamination » par ces bactéries. Une charge inhabituelle de la part des pouvoirs publics pour qui il est donc temps que Lactalis se bouge, s’agissant de surcroît du sujet sensible de l’alimentation des bébés…

Mais les pouvoirs publics sont décidés à maintenir la pression. L’usine de Lactalis ne pourra reprendre sa production sans « mesures correctives », indique le directeur général de la Santé. « Il faut que l’entreprise fasse un plan de correction de sa production pour être capable de rouvrir sa production de laits en poudre ». Ce grand nettoyage des installations est encadré par l’État : un arrêté préfectoral a été pris samedi, si bien « qu’ils (Lactalis) ne peuvent plus redémarrer sans avoir mis en place les mesures correctives qui s’imposent », a souligné Benoît Vallet. Personne ne comprendrait, en effet, qu’il en soit autrement.

Après avoir tenté d’assassiner le véritable camembert et les meilleurs fromages de France au lait cru, après avoir asphyxié et poussé au suicide de nombreux éleveurs, Lactalis empoisonnerait les bébés ? Pourtant, dans des publicités multisupports, Lacatalis met en avant la qualité du lait français et le savoir-faire des producteurs… qu’elle met sur la paille. Une manière de se ménager la presse, grâce à des budgets pube généreux… que l’on peut suspendre en cas de « mauvais articles ». Ben voyons.

Il s’agit de 3 produits de lait infantile. Trois sortes de boîtes sont concernées : le lait Picot sans lactose 350 g, Pepti Junior 460 g et Milumel Bio 900 g sans huile de palme. Ce n’est pas la première fois cette année que Lactalis retire certains de ses produits du marché. Il y a un mois, le groupe avait dû rappeler des milliers de yaourts la laitière, fabriqués en Mayenne à Changé où du verre était tombé sur une ligne de production.

Lactalis est pourtant l’exemple d’une petite PME familiale de province – Besnier - qui a brillamment réussi en se hissant au premier plan tant européen que mondial. Chapeau ! Oui mais on ne réussit dans ce monde sans pitié, sans foi ni loi, des multinationales qu’en piétinant allègrement ses sous-traitants et ses producteurs. Et qu’en agissant souvent aux limites de la loi. Ainsi, en 2000, le groupe, qui s’appelait encore Besnier, a été condamné pour « fraude sur le lait et publicité mensongère » pour mouillage (ajout d’eau) systématique du lait de consommation (https://fr.wikipedia.org/wiki/Lactalis). En décembre 2012, le Canard enchaîné dénonce les pratiques du groupe, l’accusant de vendre du lait UHT pour du lait frais pasteurisé, au prix bien plus élevé. Cette fraude a été découverte en 2010 lors d’un contrôle d’une laiterie dans l’Ille-et-Vilaine par la répression des fraudes. Le parquet de Rennes n’a cependant pas donné suite à leur rapport en raison d’un vide réglementaire. « Selon que vous serez puissants ou misérables, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir… »

En mars 2015, l’entreprise est condamnée dans l’affaire dite du « Cartel du yaourt », pour entente illicite sur les prix et les appels d’offres pour produits laitiers frais vendus sous marque de distributeur à une amende de 56,1 millions d’euros, par l’Autorité française de la concurrence. Le groupe a aussi tenté de faire modifier par l’INAO (institut national des appellations d’origine) le cahier des charges très strict des AOC (appellation d’origine contrôlée) fromagères afin de pouvoir vendre sous ce label prestigieux ses camemberts industriels au lait pasteurisé ou thermisé. Lactalis a perdu mais dans les rayons des grandes surfaces, il faut vraiment avoir l’œil exercé pour trouver des vrais camemberts (portant le logo AOC ou AOP) au milieu des flopées de fromages industriels agrémentés de belles images et de mentions ne voulant rien dire…

Bon. En attendant les résultats de l’enquête en cours, on peut toujours faire meffi avec les produits suivants :

Fromages :
- la marque Président regroupe 150 produits, dont de nombreux fromages : camembert, mais aussi cancoillotte, brie, chèvre, emmental, comté, fromage râpé, cheddar, mimolette, fêta, etc. ;
- Bridel (camembert, emmental), et ses différentes gammes : Bridélight, Rondelé ;
Camembert : Lanquetot, Lepetit ;
- Le Roitelet (brie, camembert et coulommiers) ;
Société : roquefort, fêta Salakis, les fromages basques Istara et le Corsica ;
Galbani et ses fromages italiens : mozzarella Santa Lucia, gorgonzola, parmesan, mascarpone, pecorino, etc. ;
- Bel : Babybel, La Vache qui rit, Sylphide, Leerdamer, Boursin, Kiri, etc..

Lait :
- Lactel : lait UHT, lait de croissance (Eveil), spécialités dédiées aux enfants (Max), aux sportifs (Sporteus), sans lactose ;
- Bridel ;
- Et à l’étranger : Parmalat, Puleva.

Yaourts et desserts lactés en « joint-venture » avec Nestlé : La Laitière, Sveltesse, Yoko, Nestlé, B’A, etc.

Beurres et crèmes :
- Marques Président, Bridel et Galbani.

Nutrition infantile :
- Celia : lait infantile en poudre pour les 0-3 ans, céréales infantiles ; Picot ; Milumel.

Autres produits :
- de la nutrition pour les sportifs : marque Apurna ;
- des produits pour la restauration (comme le beurre en portion individuelle) et des ingrédients comme le sérum et le lait en poudre pour les professionnels de l’agroalimentaire ou de la pharmacie.

Pour la grande distribution :
- des produits du groupe sont vendus sous l’enseigne de Casino, Carrefour, Système U, Auchan, Aldi ou Lidl

On voit que le choix des produits échappant à la pieuvre Lacatalis est des plus restreint. Sauf à élever une vache dans son HLM…

 

Sources :

https://www.ladepeche.fr/article/2017/12/11/2702193-laits...

http://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/commun...

https://www.mediapart.fr/journal/france/230816/lactalis-l...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lactalis


Photo X - Droits réservés

 

 

10/12/2017

Ouiquinde gastronomique ardéchois.

 

 

Les temps de pénurie ne sont guère de mise

Et chacun, plus ou moins, peut manger à sa guise

Bien sûr, ce sont souvent des bouffes dégueulasses :

Sous vide, surgelés ou conserves fadasses.

Le pire étant bien sûr ces affreux "hambourgeois"

Dont les Zétazuniens, puritains rabat-joie,

Punissent tristement tout le reste du monde

En voulant le gaver de leur pâtée immonde :

Un peu de vache folle en tranche agglomérée

Prise entre deux éponges assaisonnées diarrhée

Pourtant, il y a peu – trois, quatre décennies –

Faire bouillir la marmite donnait des insomnies

À bien des ménagères. Mais avec presque rien,

Des patates, des restes, et du goût, ô combien!

Elles vous mitonnaient de solides gamelles

Qui régalaient le ventre mieux que des regardelles.

René-Louis Thomas, mon ami ardéchois,

Grand amateur de vins et de repas de choix

M'a préparé un jour - j'en lèche mes babines –

De sa Mamé Zizou la fameuse Bombine.

- Je t écoute Victor : comment ça se prépare,

Avec quels ingrédients, cette recette rare ?

Ce n'est pas compliqué comme tu vas le voir,

Pourtant c'est un bouquet de saveurs du terroir.

Hache fin deux ou trois cèbes de Lézignan

Que tu feras blondir dans l'huile lentement.

Quand je dis dans de l'huile, c'est d'olive bien sûr

Et non les jus douteux de quelques grains obscurs.

Ajoute des lardons, si possible un peu rances,

Ça apporte un parfum, mais évite l'outrance.

Il est temps maintenant de remplir ta toupine

De ce qui constitue le corps de la bombine :

Des rattes de l'année, entières, avec leur peau,

Mêlées de rattes vieilles, pelées et en morceaux.

Couvre juste à niveau d'eau chaude assez salée,

Met une gousse d'ail, du laurier et du thym

N'oublie pas d'ajouter un verre de bon vin,

Ferme et met en cuisson deux heures d'affilée,

À petit feu bien sûr, il faut que ça mijote.

Ce plat de fin de mois des montagnes gavottes

Te remplit le palais de fragrances rugueuses.

Il cala l'estomac des gavots et des gueuses

L'arrosant de clinton, ce cépage ardéchois

Qui te chauffe la tête et maltraite le foie.

Mais, comme dit Ferrat, il fait des centenaires

Qui ne vont pas souvent chez les apothicaires.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire.

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 ou 4 cèbes de Lézignan (ou autres oignons doux si vous n'en trouvez pas), - 2 hectos de lards (si possible un peu rance), - 1 kilo de pommes de terre rattes nouvelles, - 1 kilo de rattes vieilles, - 1 cuillerée à soupe de gros sel, - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - 2 litres d'eau améliorée d’un verre de vin blanc.

 

Les vins conseillés:

Vous ne trouverez plus de clinton, ce cépage qui poussait sur les arides restanques ardéchoises, car, dangereux, il est interdit et c'est une bonne chose. Mais essayez un de ces rouges étonnants de fraîcheur et de parfum des Coteaux ardéchois : Saint-Désirat, Saint-Joseph, Tournon, La Roche-de-Glun ; des rouges des Corbières ; des rouges des Coteaux varois.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

09/12/2017

Ouiquinde érotique avec Léo Ferré

dentelles 2.gif

 

 

Géométriquement tien

Ton corps est comme un vase clos
J'y pressens parfois une jarre
Comme engloutie au fond des eaux
Et qui attend des nageurs rares
Tes bijoux ton blé ton vouloir
Le plan de tes folles prairies
Mon squale qui viendra te voir
Du fond de moi si tu l'en pries

Un herbe douce comme un lit
Un lit de taffetas de carne
Une source dans le midi
Quand l'ombre glisse et me décharne
Un sentiment de rémission
Devant ta violette de Parme
Me voilà soumis comme un pion
Sur l'échiquier que ta main charme

Mon organe qui fait ta voix
Mon pardessus sur ta bronchite
Mon alphabet pour que tu croies
Que je suis là quand je te quitte
Ma symphonie dans ton jardin
La mer dans ta rivière close
L'aigre parfum de mon destin
Sur le delta d'où fuit ta rose

L'odeur canaille de ta peau
Tendue comme un arc vers sa cible
Quand pointe de mes oripeaux
Le point de mire inaccessible
Du feu pour le bel incendie
Que j'allumerai à ta forge
Cette nuit puisque tu me dis
Que ça te remonte à la gorge

Et moi qui ne suis pas régent
De tes propriétés câlines
J'irai comme l'apôtre Jean
Dormir un peu sur ta poitrine
J'y verrai des oiseaux de nuit
Et leurs géométriques ailes
Ne pourront dessiner l'ennui
Dont se meurent les parallèles

 

Léo Ferré

Ecoutez, là!

 

Photo X – Droits réservés

 

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Un mari dit a sa femme pendant qu’ils sont en train de faire l’amour : 

- « Dis-moi chérie, tu pourrais me le dire quand tu auras un orgasme ? » 
- « Mais chéri, tu ne veux quand même pas que je t’appelle à ton travail ! »

07/12/2017

Au bistro de la Toile : Jonhysse, smic, Jérusalem

chimulus bistro copie.jpg

- Oh ! Victor, on t’a pas vu hier. C’est le deuil national qui t’a empêché de sortir ?

- Bof… À vrai dire Loulle, je fuis ce harcèlement johnnyxuel. Il faut donner aux choses l’importance qu’elles ont. Certains en sont à comparer notre sympathique Jojo à Victor Hugo. Tè, je vais te réciter quelques vers de l’immense Hugo qui pourraient convenir à la mort de Johnny :

Il n’avait pas encor pu saisir une cime,
Ni lever une fois son front démesuré.
Il s’enfonçait dans l’ombre et la brume, effaré,
Seul, et derrière lui, dans les nuits éternelles,

Tombaient plus lentement les plumes de ses ailes.
Il tombait foudroyé, morne silencieux,
Triste, la bouche ouverte et les pieds vers les cieux,

L’horreur du gouffre empreinte à sa face livide.
Il cria : Mort ! les poings tendus vers l’ombre vide.

-… tenh ! C’est pas gai ton truc.

- Eh ! La mort n’est pas souvent gaie. J’ai une autre idée pour ne pas oublier le ci-devant Smeet Jean-Philippe, Victor Hugo de consommation courante, ersatz d’Étasunien mais vrai contribuable helvétique : mettre sa photo et celle de ses poumons sur les paquets de clopes !

- Eh ! Oh ! Tu veux la mort des buralistes ? Déjà que les Smicards sont dans le collimateur des « Zexperts », qui viendra s’encanailler dans mon rade ?

- Les riches Loulle. Les riches. Voilà une clientèle solvable, et qui est en progression. Pour augmenter leur pouvoir d’achat, un ami m’a proposé quelque chose d’intéressant : « Instaurer le DMIC, le Dividende Minimum Inter-actionnarial de Croissance, d’un montant de 100 000 € alloué à chaque actionnaire, qui serait financé par une cotisation de 50 % des revenus bruts de tous ces salauds de nantis que sont les smicards, les RSAïstes, les polemployïstes et les fonctionnaires. »

- Il manie avec bonheur l’ironie sarcastique ton pote, comme toi concernant Johnny. Bon. Changeons de sujet. Tiens, la dernière Trumpade n’est pas mal et ressemble à une chanson de Johnny : « Allumer le feu ! ». Voilà que ce taré veut en remettre une couche au Moyen-Orient avec son truc d’ambassade à Jérusalem…

- C’est vrai que ce type se révèle grandiose : le Mozart de la konnerie. Il devient une illustration parfaite de cette boutade d’Einstein qui dit en substance : « Il y a deux choses dont je sois sûr : la bêtise humaine et l’expansion de l’univers. Encore que pour l’expansion de l’univers, on peut douter… », et que moi je reprends en disant : « La konnerie humaine est la seule approche que l’on puisse avoir de l’infini. »

Jérusalem, Loulle, je ne vois que deux solutions concernant le devenir de cette ville qui est le symbole des pires névroses collectives en « isme » : le judaïsme, le christianisme, l’islamisme. Soit en faire une ville ouverte, un territoire en soi, indépendant comme l’est le Vatican par exemple, ou Monaco. Avec bourrage de crâne à tous les étages et promesse de paradis, fiscal bien entendu, c’est plus réaliste que l’autre !

- Et la seconde solution ?

- Puisqu’on est dans le sarcasme et l’exagération : faire fuir la population dans le désert puis vitrifier la ville avec trois bombes atomiques, l’une venant d’Israël, l’autre de chez Trump, la troisième fournie par le Pakistan…

- Fatche ! Tè ! Puisqu’on est dans les machines de mort, buvons plutôt un canon…

 

Illustration: hommage à Chimulus

06/12/2017

Trop riches les smicards ! Ils ruinent la France…

Doigt_d_honneur en or.jpg

Ce sont les « Zexperts » qui le disent, et c’est ce que nous claironnent depuis mardi tous les canards laquais, toutes les machines à bruits et toutes les lucarnes à décerveler de France. En conséquence le « Groupe d’experts pour le Smic » - si, si, ne rigolez pas, ça existe et c’est comme ça que ça s’appelle - s’est prononcé contre une hausse du Smic au 1er janvier. Pas de « coup de pouce » afin de ne pas « fragiliser les améliorations en cours ». Faut pas tracasser ce pauvre Gattaz…

L’Etat n’a plus accordé de coup de pouce au Smic depuis juillet 2012, au lendemain de l’élection de François Hollande. Lors de la dernière revalorisation, début 2017, le Smic avait augmenté de 0,93 % (mais de 0,43 % effectif compte tenu de l’inflation à 0,50 %), atteignant 1 480,27 euros brut mensuels (9,76 euros de l’heure) et 1 151,50 euros net. Vraiment trop riches ces salauds de smicards ! Ils saignent les entreprises. Faudrait quand même pas qu’ils s’embourgeoisent avec tout le pognon que les riches leur font ruisseler dessus !

Au fai, les Zexperts – tous grassement pays – qu’est-ce qu’ils connaissent de la vie d’un smicard ? Qu’est-ce qu’ils savent des augmentations des transports, des biens de première nécessité, du prix des études des gosses, des loyers, du carburant, de l’électricité, du gaz, des frais de santé, du prix des prothèses pour les sans-dents ?

Ce fameux « groupe d’experts du Smic », personne ne sait qui ils sont. En tout cas c’est soigneusement occulté dans les médias. Moi qui suis un affreux fouille-merde, j’ai cherché et j’ai trouvé. #balancetonexpert !

Renouvelé en août, le groupe d’experts sur le Smic est présidé par Gilbert Cette, professeur d’économie associée à l’université d’Aix-Marseille (également fonctionnaire de l’OCDE, il a le privilège de ne pas payer l’impôt sur le revenu ! Ben voyons !) et se compose des économistes Andrea Garnero (OCDE), Isabelle Méjean (Crest), Marie-Claire Villeval (CNRS) et André Zylberberg (CNRS et Ecole d’économie de Paris). Suivez les liens pour connaître leurs pedigrees à ces braves Zexperts et vous verrez qu’ils sortent tous du même moule.

Pour connaître le Smic, il aurait peut-être fallu au moins un Smicard dans la bande, au moins un ouvrier, une employée, un syndicaliste. Tè ! Fume…

Ils ne sont que des larbins de l’oligarchie des nantis, des escrocs, des profiteurs. Et leurs préconisations à la kon ne sont que de vulgaires et sempiternelles vulgates ultralibérales.

Le rothschild-boy Jupitounet osera-t-il contredire les « Zexperts » ? Allons, allons, soyons sérieux. Ce sont tout de même des Zexperts…

Comme disait Johnny, il serait peut-être temps de "Allumer le feu"!



Photo X - Droits réservés

 

04/12/2017

Réunion Europe-Afrique : la raison du plus fort est-elle toujours la meilleure ?

afrique crève la faim.jpg

 

Le cinquième sommet entre l’Union africaine et l’Union européenne (UA-UE) s’est tenu la semaine dernière, les 29 et 30 novembre 2017 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Au cours de ce sommet ont été passés en revue la paix et la sécurité, la gouvernance, la démocratie, les droits de l’homme, les migrations et la mobilité, l’investissement et le commerce, le développement des compétences, la création d’emplois, mais également le terrorisme et une de leur conséquence : la résurgence de l’esclavagisme.

Macron et ses comparses de l’U.E. se sont offusqués de bon ton avec leurs homologues de l’Union Africaine de l’esclavage sans complexe pratiqué en Libye. Ben voyons ! Qui a planté la zone dans ce pays ? Sarko, Blair, Obama. Qui morfle grave ? Les Africains.

Les jocrisses, les bien-pensants, les tartuffes s’horrifient – à juste titre – de ces centaines, de ces milliers de femmes, enfants, hommes attirés par le miroir aux alouettes de l’eldorado européen et qui après avoir engraissé les maquereaux passeurs finissent en patapon pour requin et crabes de la Méditerranée.

Il faut savoir pourquoi ils partent de toute l’Afrique en une migration suicidaire vers le nord, vers ce continent européen que les séries télés, les films, les magazines leur montre comme le paradis, le bonheur consumériste à la portée de tous. On ne leur montre pas, dans le « paradis européen », les milliers de sans-abri et de sans-dents, de chômeurs, de grévistes. On ne leur dit pas que la traite humaine transsaharienne a été remise au goût du jour. On s’efforce de leur cacher les bateaux surchargés qui chavirent, jetant à la mer, dans le froid de la nuit, leur cargaison dérisoire d’espoirs déçus, de vies perdues. Pourtant ils veulent malgré tout venir…

S’ils fuient l’Afrique, c’est parce qu’ils sont victimes, chez eux, du pillage des richesses de leur continent par les entreprises multinationales, et en particulier européennes. Ce pillage découle de la faiblesse politique de quasiment tous les pays africains. Faiblesse résultant des conflits internes et externes, de la corruption d’une caste et des budgets des dépenses militaires en Afrique qui dépasse l’entendement humain au détriment de l’allocation des ressources à des fins de développement et accentuent la misère et la famine.

Cette faiblesse génère des accords économiques léonins, d’inspiration ultralibérale. On les appelle les A.P.E. (accords de partenariat économique), proposées par l’Union européenne à l’Afrique. Ces accords sont entre l’Union européenne et l’Afrique ce que les accords Tafta – heureusement mal barrés actuellement, contrairement à leur miroir CETA - sont entre les États-Unis et l’Europe : des traités de vassalisation organisant le pillage du plus faible par le plus fort. Vis-à-vis des États-Unis, nous sommes les victimes, vis-à-vis de l’Afrique, nous sommes les bourreaux. Mais il n’y a pas les Européens…

Quelle sera l’évolution à donner au partenariat avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) après l’expiration des accords de Cotonou, en 2020 ? L’intégration africaine n’est pas assez avancée pour que l’UA (Union Africaine) puisse vraiment peser sur les négociations. Tant que son financement sera assuré par les contributions extérieures, à commencer par celle de l’UE, l’idée d’un partenariat d’égal à égal reste une vue de l’esprit. Les dés sont pipés.

De l’esclavage à la colonisation et de celle-ci à la mondialisation, nous sommes en face de la même logique : décider pour les Africains (et d’une manière toujours conforme aux intérêts de l’Europe) la manière dont ils doivent exister face au reste du monde. La seule différence entre hier et aujourd’hui réside dans la nature des gadgets avec lesquels la lucidité de l’Africain est assommée : aux pacotilles ont succédé les « attestations » de leadership délivrées par l’Europe à des chefs d’État africains - dont quelques-uns sont pourris jusqu’à la moelle - qui se disputent sans gêne la reconnaissance de l’homme blanc et de son système politico-économique. Ce qu’il y a surtout à redouter aujourd’hui au sujet de ces APE et de la lecture qu’en fait l’Afrique c’est essentiellement une stratégie de déconstruction des zones économiques et monétaires ou tout bonnement une décomposition de l’Union africaine par l’alignement d’un cartel de chefs d’États corrompus sur les ambitions impérialistes de l’U.E.

L’Afrique n’a absolument rien à gagner dans les APE : la Côte d’Ivoire a beau espérer vendre son cacao, mais elle doit savoir qu’elle ne maîtrise guère ses cours mondiaux. Le Sénégal n’a que son huile d’arachide que personne ne veut plus consommer en Europe et dont le cours a été fortement déprécié par les autres huiles. Le bois brut gabonais ne peut nullement contrebalancer la perte de devises qu’entraînerait l’ouverture des frontières gabonaises à l’UE. De toute façon la question que soulèvent les APE n’est pas fondamentalement une simple question économique : c’est une question de justice, d’équité et de morale universelle, et pour cette raison, c’est un combat que l’Afrique peut et doit mener avec tous les autres hommes et toutes les autres régions économiques de cette planète.

Tout comme les États-Unis font avec elle avec le Tafta, l’Union européenne exerce des pressions sur les pays africains argumentant que « l’aide au développement » pourrait diminuer drastiquement en cas de refus de signer. C’est un chantage d’autant plus insupportable que l’Afrique voit s’échapper chaque année 192 milliards de dollars causés par des flux illicites contre seulement 30 à 40 milliards d’aide au développement, a révélé le 30 novembre 2016 à Dakar, Amath Soumare, président fondateur de Sopel International et président du Centre africain de la Nouvelle économie, CANE Executive.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Un peu d’histoire économique récente éclaire le sujet. Ainsi en 1963, la convention de Yaoundé (Cameroun) portait sur le commerce mais avec des préférences tarifaires non réciproques en faveur des produits des 18 états concernés sur la coopération financière et technique et sur des projets d’infrastructures économiques et sociales. Plus tard, en 1975, la convention de Lomé (Togo), fondée sur le partenariat et la solidarité, était signée avec un groupe de 46 pays. De 1984 à 1995 vont se succéder les conventions Lomé III, IV et IV bis, qui concernent finalement 70 pays. Mais peu à peu, les accords s’imprègnent des thèses néolibérales émergentes.

Après la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995, la nécessité de « s’insérer dans l’économie mondiale » devient la priorité. L’Union Européenne a choisi d’imposer les règles de l’OMC aux pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) plutôt que de s’associer à eux pour les rendre plus équitables. Elle a choisi de faire perdre aux pays les moins avancés (PMA) de la zone ACP (40 sur 77) les dérogations que leur accordent les règles de l’OMC lorsqu’ils ne signent pas d’accords de libre-échange. Les préférences tarifaires non réciproques doivent disparaître. Elles ne sont en effet pas compatibles avec les règles de l’OMC qui imposent la réciprocité : les pays ACP doivent s’ouvrir aux produits européens de la même manière que le marché communautaire s’ouvre aux produits ACP. Ce sont les accords de Cotonou où l’on passe du respect de la souveraineté au dogme de la « croissance » que favoriserait (!!??) un marché « libéré » des obstacles à la concurrence. Dans les négociations, la Commission, négociateur unique au nom des Etats membres de l’Union, en a imposé la langue, le contenu et le rythme, en dépit des protestations des gouvernements ACP. Les documents sont rédigés en anglais, et les discussions ont lieu dans cette langue. Or les pays concernés d’Afrique, qui représentent 94 % de la population ACP, ont, très largement, le français comme langue véhiculaire. Bonjour la francophonie et l’influence de la France en Europe…

Séparer pour mieux régner est la devise de l’U.E. Elle divise ainsi les ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique autrement dit les anciennes colonies) signataires des accords de Lomé en six régions : Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Afrique de l’Est et Corne de l’Afrique, Afrique australe, Caraïbes et région Pacifique. Et elle négocie avec chaque sous ensemble séparément. Pour la Commission, il ne s’agit pas de traiter les pays ACP en partenaires, mais bien d’organiser leur mise en concurrence, c’est-à-dire, selon la formule désormais consacrée, de les « intégrer dans le commerce mondial ». Les négociations visent à remplacer les mécanismes de solidarité des conventions de Lomé par la concurrence économique et commerciale orchestrée par l’OMC. La convention de Cotonou contraint ainsi des économies faiblement développées à affronter sur un pied d’égalité les entreprises des pays les plus riches. La vision du monde que propage désormais l’UE, à l’instar des États-Unis, s’organise autour de l’idée dominante de compétition.

L’U.E. ressert le discours des lobbies patronaux selon lequel les dérégulations favoriseraient les investissements. Elle exige donc la suppression des restrictions aux investissements dans le domaine des services. Il s’agit, en fait, d’interdire à ces pays de choisir eux-mêmes les investisseurs étrangers et de définir quel type de société ils entendent construire. Elle exige la concurrence, dont il faut assurer, selon une expression digne du traité constitutionnel européen, le caractère « libre et non faussé » ; les marchés publics, où elle entend qu’entreprises étrangères et entreprises nationales soient traitées sur un pied de stricte égalité ; et enfin l’investissement, où elle réclame une dérégulation des régimes en vigueur dans la plupart des pays ACP.

Les firmes européennes entendent opérer en toute liberté là où elles investissent, et tirer le profit maximum de l’absence d’exigences salariales, de législations sociales et de contraintes environnementales. C’est le renard libre dans le poulailler…

Mais la résistance s’organise. Ainsi en 2004, à Maputo (Mozambique), des centaines d’associations africaines, réunies à l’invitation de Third World Network Africa, un des réseaux altermondialistes les plus actifs, adoptent la déclaration de Maputo. Véritable document fondateur de la résistance africaine à la recolonisation par le libre-échange, elle dénonce les APER comme un instrument de la domination européenne sur les marchés émergents ; comme une agression contre les droits à l’autodétermination et à la souveraineté sur les ressources et les capacités des États ; comme une volonté d’exacerber les tensions entre sous-groupes africains et comme une négation des préoccupations légitimes des pays africains demandant un changement des règles de l’OMC. Reprise par le Forum social africain (Lusaha, décembre 2004), elle appelle à une transformation radicale des relations entre l’Europe et les pays ACP, fondée sur un principe : l’émancipation des peuples africains doit être leur propre œuvre.

Le développement de l’Afrique sera profitable à l’ensemble des autres espaces économiques évitant cette migration clandestine avec des milliers de morts. Mais avant tout, l’Afrique sera ce que les Africains voudront qu’elle soit.

Tafta, Ceta, APE, même logique de la loi du plus fort, mêmes combats à mener.


Photo X - Droits réservés.



03/12/2017

Gastronomie de régime avant Noël: Le catigot d’anguilles d’Alexis

catigot d'anguille.jpg

Le métier d'Alexis: facteur, mais en Camargue.

La passion d'Alexis: les taureaux que l'on nargue

En courant la cocarde, le dimanche aux arènes

Pour les yeux de velours d'une belle Arlésienne.

En ces temps difficiles de guerre et de malheur,

Alexis, à vélo, pratiquait son labeur.

Pour livrer dans les mas les colis et les lettres,

Il roulait, chaque jour plus de cent kilomètres.

Il n'hésitait donc pas, pour prendre un raccourci,

À traverser les champs où paissaient les taureaux,

Son vélo à la main, sans beaucoup de soucis,

Car il "sentait" les bioù tout comme un torero.

Or donc voilà qu'un jour, sautant la barricade,

Notre Alexis marchait à travers la manade.

Il venait de quitter les animaux grégaires

Lorsque, venant de loin, un taureau solitaire,

Étalon portugais ombrageux et sournois, ­

Chargea notre facteur, son vélo et ses lettres!

Alexis, razeteur, par un écart adroit,

Évite les poignards meurtriers de la bête.

Le vélo vole en l'air ainsi que la sacoche.

Le taureau la reprend et sa corne l'embroche.

Alors notre Alexis fait son plus beau combat.

Il cite le taureau par le haut, par le bas,

Il virevolte autour des cornes de la bête,

Puis, en un geste sûr, enfin sa main crochète

La musette de cuir de l'Administration.

Le fauve, dépité, a baissé pavillon

Pour se fondre à nouveau parmi ses congénères

Et se faire moquer parmi la gent vachère...

C'est à pieds, son vélo démoli sur l'épaule

Qu'Alexis a fini sa tournée un peu folle...

Il ramenait toujours des fermes et des mas

Quelques lapins de champs, des anguilles bien grasses

Que dans tous les canaux on attrape à gogo.

Le plat qu'il préférait: l'anguille en catigot.

- Dis donc, ton Alexis, c'était un homme fort!

Mais comment on les fait ces anguilles Victor?

- Tu prends deux, trois anguilles, pas trop grosses, vivantes,

Que tu vas estourbir de manière décente.

N'enlève pas la peau, mais au papier journal

Enlève le mucus du gluant animal.

Les anguilles trop grosses, pèle, ça va de soi.

Vide-les, coupe-les en bouts de quatre doigts

Que tu farineras et mettras à raidir

Dix petites minutes dans un large faitout.

Puis tu sors les morceaux, sales et poivres le tout

Et tu mets de côté sans laisser refroidir.

Dans de l'huile d'olive tu mets à colorer

Deux oignons émincés et deux blancs de poireaux,

Ne laisse pas roussir, tu fais juste dorer.

Mouille d'une bouteille de rouge de Pujaut,

Incorpore girofles, céleri, thym, laurier,

Gousses d'ail écrasées, tomates concassées,

Sel, poivre du moulin, une écorce d'orange

Sommités de fenouil. Et tu cuis ton mélange

Demi-heure à feu doux. Dans une autre sauteuse,

Avec un peu de beurre, dore des champignons

De couches émincés et des petits oignons.

Tu arrêtes, et réserves quand l'odeur est flatteuse.

Quand ta sauce est bien cuite, tu vas éliminer

Thym, écorce d'orange, le fenouil, le laurier,

Puis au moulin légumes il te faut la passer,

Avec la grille fine, qu'elle soit bien lissée.

Range dans le faitout poisson, légume et sauce,

Tu mijotes un quart d'heure pour que les goûts s'exhaussent,

Puis tu sers, décoré de persil vert et gai,

Avec du riz pilaf, mais du riz Camarguais.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce divin nectar de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne!

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 ou 4 anguilles de taille moyenne, - 1 verre d'huile d'olive, - 2 cuillerées à café de sel fin de Camargue, - poivre du moulin, - 2 oignons, - 2 blancs de poireau, - 1 bouteille de vin rouge, - 1 branche de céleri épluchée et hachée, côte et vert, - 4 gousses d'ail, - 4 tomates concassées, - sommités de trois branches de fenouil, - thym- laurier, - écorce d'orange séchée, - 1 noix de beurre, - 3 hectos de champignons de cou­che, - 1 demi kilo de petits oignons, - 1 branche de persil, - 1 demi kilo de riz long de Camargue.

 

Les vins conseillés:

Ce plat typique des mas de Camargue s'accorde tout naturellement avec des vins rouges frais tels, en vallée du Rhône: Costières-de-Nîmes, Domazan, Comps, Estézargues, Fournès, Montfrin, Remoulins, Saze, Saint- Hilaire-d' Ozilhan.

En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Cabrières, Cazevieille, Saint­Gély-du-Fesc, Valflaunès.

En vins de Provence: Coteaux des Baux, Coteaux d'Aix, Coteaux varois de Saint-Zacharie, Saint-Maximin, Barjols, Sainte-Anastasie.

 

 Illustration originale Vincent Barbantan


02/12/2017

Au Tribunal International: "Accusé Dieu, levez-vous !"

chimulus dieu tout puissant.jpg

 

Le Tribunal International de La Haye doit fermer. C’est bien dommage. Il aurait dû juger les prévenus Sarkozy, Blair et Obama pour crimes contre l’humanité en Libye.

Faute de ces accusés bien de chez nous, il aurait pu juger le « patron » :

 

- Nom, prénom, qualité ?

- Dieu, Jéhova, Yahvé, Allah, Jésus, Bouddha, Vishnou, Zeus, Odin, Mahomet, Gengis Khan, Cortez, Napoléon, Hitler, Pol pot, Pinochet, Franco, Staline, Mao, Salazar, Idi Amin Dada, Omar Bongo, Mussolini, Suharto, Ferdinand Marcos, Mohammad Reza Shah Pahlavi, Bokassa, Bush Junior… Qualité : menteur. Profession : calamité inventée par l'Humain.

- Vous êtes accusé d'avoir créé l'Homme à votre image. Est-ce exact ?

- Ce n'était pas facile. Il a fallu créer l'univers, le jour, la nuit, la mer, les montagnes, les étoiles, le vent, la pluie, la neige, le smartphone, le coq au vin, Zizou, les guerres, la mort, le mac-do. Je me suis peut-être un peu gourré sur l'Homme. Puisqu'à mon image, il était parfait, alors il était emmerdant, parfaitement ennuyeux. Alors j'ai repris le taf et j'ai créé à la fois l'homme et la femme. Avec des gros nichons et des gros culs, un sourire à craquer et la tentation à fleur de peau. J'étais sûr qu'il y aurait de la distraction. Mon erreur : j'ai laissé l'homme croire qu'il était supérieur à la femme, que les neurones étaient livrées avec les couilles. Ce qui est évidemment faux.

- Ainsi, à cause de vous, pour votre distraction comme vous dîtes, la moitié de l'humanité méprise, exploite, ridiculise, bat, humilie, enferme sous des linceuls de toile, maltraite l'autre moitié.

- Ce n'étais pas mon intention.

- Admettons. Mais enfin, il faut être tracassé du bulbe, même pour un dieu, d'empester l'univers, en tout cas le quartier Terre de l'univers avec cette saloperie appelée Homme. Parce que c’est l’homme, votre créature qui sera le fossoyeur du monde. Ça a commencé lentement, tranquille, à la petite semaine. Gengis Khan, c’était encore du bricolage. Napo, de l’artisanat. Maintenant, c’est du sérieux. Quand on se tue c’est par millions... Et on est capable de faire beaucoup mieux ! Hiroshima, c’était un pétard du I4 juillet par rapport à ce que ces kons qui gouvernent ont dans leurs frigos de l’épouvante.

- J'ai essayé de remettre un peu d'ordre. Regardez en terre de Sodome. J'ai prévenu ces kons d'homme qui s'enfilaient comme des malades, sans m'inviter en plus. Je leur ai envoyé des anges mercenaires qui leur ont remonté les bretelles : « Nous allons détruire ce lieu, parce que le cri contre ses habitants est grand devant l'Éternel. L'Éternel nous a envoyés pour le détruire.[...] (19.23) Alors l'Éternel fit pleuvoir du ciel sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu.(19.25) Il détruisit ces villes, toute la plaine et tous les habitants des villes, et les plantes de la terre.(19.26) Abraham se leva de bon matin, pour aller au lieu où il s'était tenu en présence de l'Éternel.(19.28) Il porta ses regards du côté de Sodome et de Gomorrhe, et sur tout le territoire de la plaine; et voici, il vit s'élever de la terre une fumée, comme la fumée d'une fournaise. » Eh ! Hiroshima, c'est de la branlette à côté !

- Bel exemple. Mais c’est pas le tout. Je sais bien que vous êtes éternel, mais pour revenir à notre temps, il y a eu deux énormes guerres de l’Homme contre l’Homme. On s’est trituré la viande, on s’est fait cuire au napalm, on s’est un tout petit peu atomisé, on s’est foutu du gaz plein les éponges. Du bon gaz fétide qui te fait tomber le mou en quenouille... De la bonne bidoche partout, saignante à souhait. Avec des bras arrachés, des jambes arrachées, des tronches fendues avec une belle cervelle bien lisse et palpitante qui sort par les trous du nez. Manque plus que la branche de persil... De belles tripes bien ondulées, chatoyantes, irisées sous le soleil des bombes. On a pataugé, on patauge dans le bon sang chaud et âcre. Jusqu’aux genoux. Jusqu’au cou. Noyés dans le bon raisiné du prolo... On glisse sur les yeux arrachés et qui te font encore un clin d’œil étonné. Pas compris... Et je te file une indigestion de plomb dans le buffet. Et tu me coupes les couilles. Et je te fais griller tes gosses dans du bon napalm made in Houston. Et tu me passes mes femmes au court-bouillon. Ça sent bon la barbaque. Ça grille. La peau craquèle. Et les bons cris d’horreur. De souffrance. De terreur de pauvres kons qui comprennent pas pourquoi on les trucide. Et ça fait tourner mes usines. Et j’en essaye des bons produits insecticides, pesticides, hommicides, nyakouéicides, bougnoulicides, proloicides...

Et je t’endoctrine, et je te baratine, et je te démocratise, et je te démagogise, et je te missionnairise, et je te sectarise, et tu me votes, et tu me choisis, et tu bénis le fouet qui te torture, le bras qui te saigne, le garrot qui t’étrangle, la muselière qui te bâillonne, la télé qui t’abrutit. Une chaîne, deux chaînes... Des chaînes. Toujours des chaînes, des chaînes...

 

- Eh ! Vous êtes de bons élèves ! Vous n'avez presque plus besoin de moi pour vous pourrir la vie. La troisième de guerre, c’est plus contre l’Homme qu’elle est déclarée. Ou plutôt pas directement. C’est contre la nature. C’est contre la planète. C’est contre la vie. Et là, je n'y suis pour rien. Ces kons d’hommes, dits évolués, ont plus fait de mal à la planète en 50 ans que le reste de l’humanité depuis qu’elle existe !

 

- Trop facile de se défiler, accusé Dieu. C’est la terre qui a le cancer. Et ce cancer, c’est l’homme ! L'homme que vous avez créé. L’homme blanc ou occidentalisé étant la pire métastase. On bouffe du dichlorurophényl-trichloro-éthanuromerdique, et va z’y que j’te pousse, du chloruane, de l’heptachlore, de l’époxyde, des naphtalènes chlorurés, de la diodrine manches courtes, de l’aidrine angora et plein d’autres saloperies qui regorgent d’atomes crochus de carbone qui lâchent un H pour récupérer d’autres C et d’autres H. Que des H, mais c’est pas du hasch, c’est les haches du bourreau. Qui nous tuent par-dedans ! Un bon foie à la dioxine... Bien bouffi, avec de belles scrofules purulentes. Des couilles pleines de Glyphosate, un foutre plein de pesticides. Tu baises une femme : tu lui soignes ses morbacs ! Ça tue les moustiques, ça tue les puces et les punaises, ça va bien réussir à nettoyer cette larve qui s’appelle Homme. Et on n’en parlera plus. Bhrama – c'est un de vos noms - pourra passer une nuit tranquille.

Et si ça suffit pas, on va te radioactiver ! De bons gros neutrons dans les gencives. Et ça t’en fait de belles leucémies, ça ! Très poétique... On crève de langueur... Mon cul ! Et je te file des centrales nucléaires partout. Je te fissionne, je te fusionne l’uranium, le plutonium, le plutôt nie homme, le plus tôt gnome ! Et je te l’enrichis cet uranium. Pour pas t’enrichir toi surtout... Et je te balance de bonnes giclées de rontgens bien cancérigènes, leucémirigènes, crétinigènes et ça te fait de beaux fadas, de beaux anormaux. Avec six pattes et pas de tronche. Un toutes les vingt minutes rien qu’en France...

 

- Eh ! Je vous disais bien que l'Homme était distrayant, pour nous les dieux. Mieux que vos films catastrophe ! J'me marre ! J'me marre ! Et en plus, je vous fait croire que tout ça c'est pour votre bien ! Quels kons. Mais quels stupides kons ! Et vous vous crevez la paillasse pour gagner votre croûte « à la sueur de votre front ». Et vous bénissez les chaînes qui vous enserrent, la main qui vous exploite, le fouet qui vous humilie.

Le plus intelligent des esclavagistes c’est celui qui a eu l’idée de donner quatre sous à ses esclaves. Comme ça ils se tiennent tranquilles... La pointeuse remplace le garde chiourme et les quatre ronds, remplacent le fouet... Cocus, battus et contents... Ça fait les prolos.

Allez ! Je dégage, « j'ascentionne ». Démerdez-vous seuls. Comme disait tonton Pilate « J'm'en lave les mains ! ». Ciao…

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

08:19 Publié dans actualités, humour, religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dieu